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International Power Rock

The Last Internationale : fighting for freedom [Interview]

Dans un Rock brut, autant nourri de Hard Rock que de sonorités bluesy et paré d’un léger voile vintage, les New-yorkais font un peu figure d’épouvantail dans un paysage musical, où la fraîcheur manque souvent et où les cases se remplissent de bons élèves bien tranquilles. THE LAST INTERNATIONALE est là pour sonner la révolte et la liberté, n’en déplaisent aux rockeurs de salon. Avec la musique comme instrument de lutte, il porte haut et fort une parole qui alerte sur l’état de notre société et les inquiétudes qu’elle suscite. Pour autant, le duo chante l’espoir et ce nouvel album est exaltant à plus d’un titre. Sensible et percutant, il continue aussi d’avancer en totale indépendance en ne suivant que les contraintes qu’il se fixe lui-même. Forcément, en plus d’être musicalement appliquée, fougueuse et inspirée, la démarche du groupe est également très engagée. Une chose qui tend aussi à disparaître dans une industrie musicale apathique. Avec « Road To Freedom », la chanteuse Delila Paz et le guitariste Edgey Pires donnent des indication sur la voie à suivre dans un style authentique aux riffs appuyés, qui ne ressemble qu’à eux et qui conjugue la force des émotions d’une voix libre dans un combat artistique captivant et saisissant de vérité. Un entretien évidemment un peu politique…

– Avant de parler de ce nouvel album, j’aimerais que l’on revienne sur ce « Live In Europe » que vous avez sorti en janvier dernier. On sait, et on y reviendra, que vous tournez beaucoup. Est-ce que c’est important aussi pour vous d’en garder une trace sur disque ?

Delila : Cela fait déjà un moment qu’on voulait le faire, alors nous avons décidé d’enregistrer nos concerts, spécialement quand nous venons en Europe. Il se passe aussi quelque chose au niveau du son. Je trouve qu’il s’améliore au fil des dates. C’est aussi pour ça qu’on avait envie de montrer à quoi ressemblent nos concerts. Ce sont toujours des moments particuliers et nous avions choisi les meilleurs.

– A propos de concert justement, vous allez entamer une grande tournée européenne ce mois-ci avant de revenir en France pour une douzaine de dates en février prochain. J’ai l’impression que vous entretenez une relation particulière avec le public européen et notamment français. Qu’est-ce qui change par rapport aux Etats-Unis notamment ?

Edgey : Oui, c’est vrai que nous entretenons une relation particulière avec le public français, c’est sûr, beaucoup plus qu’avec Los Angeles ! (Rires) Et c’est pour ça qu’on revient toujours ! (Sourires) Et puis, nous ne tournons pas beaucoup aux Etats-Unis, non plus ! (Sourires) La France est spéciale pour nous…

Delila : Même si nous chantons en anglais, les Français sont attentifs et très concentrés sur les paroles. Ils viennent toujours nous en parler avec beaucoup de profondeur et de sens, c’est très intéressant.

– D’ailleurs, quand on parle de THE LAST INTERNATIONALE, on parle essentiellement de votre duo et à juste titre. Pourtant, vous êtes accompagnés en concert. Est-ce que vous avez aujourd’hui un groupe stable pour la scène ?

Edgey : Oh non, je ne pense pas ! Nous n’en avons jamais vraiment eu ! (Rires) Mais ce sera le cas sur notre prochaine tournée. On a joué avec le batteur anglais Joe Lazarus, qui est phénoménal et à la basse, on avait Chris #2 d’Anti-Flag. Mais c’était surtout un line-up spécial pour des festivals qui étaient des évènements un peu spéciaux. Pour la prochaine tournée, notre ami et bassiste Anthony Meier, qui a joué avec Radio Moscow, va nous rejoindre. Nous travaillons avec lui depuis longtemps et il est vraiment incroyable. C’est vrai que nous avons une rythmique fantastique pour cette prochaine tournée. Donc, cette année, c’est stable, mais on verra bien ce qu’il se passe ! (Rires) Après, tu sais, c’est toujours compliqué lorsque tu veux avoir les meilleurs musiciens. Ils ont toujours d’autres groupes ou d’autres engagements et c’est parfois difficile de concilier les plannings, car on veut toujours jouer avec les meilleurs. Et puis, on annonce souvent nos tournées à la dernière minute aussi, ce qui n’aide pas beaucoup ! (Sourires) Pour l’instant, nous sommes très chanceux pour l’année prochaine, car tout le monde est à bord.

– Parlons de ce sixième album, qui est tout en contraste. De prime abord, c’est peut-être le plus sombre et d’un autre côté, il est réellement porteur d’espoir. Est-ce une manière de dire que, même si l’époque est difficile et incertaine, il faut rester optimiste quoiqu’il arrive et relever le défi de l’actuelle dérive mondiale ?

Delila : C’était vrai qu’il est difficile de trouver de l’espoir sur l’album. Mais c’est pourtant ce que nous avons tenté de faire avec « Road To Freedom », et on peut aussi en retrouver jusque sur la pochette de l’album d’ailleurs. L’idée n’est pas tellement de rester optimiste, car le monde est tellement sombre. Il s’agit plutôt de se concentrer que ce qui est en train de se passer et d’essayer de trouver quelques fragments d’espoir. C’est ça qui peut atteindre les gens.

Edgey : Oui, et cela a beaucoup de sens pour moi. La musique sert à ce dessein. Elle apporte l’espoir dans les vies, mais c’est une chose difficile à diffuser. Lorsque j’ai lu les ‘Situationnistes’ (organisation de théoriciens, stratèges et activistes révolutionnaires opérant dans les domaines culturels, artistiques, politiques, sociaux et désireux d’en finir avec la société de classes et la « dictature de la marchandise » – NDR), il y a une phrase qui m’a frappé. Elle disait que l’espoir est la main de la soumission. Donc, l’espoir peut être une mauvaise chose, si vous ne la transformez pas en une action concrète. Et c’est précisément ce que nous essayons de faire, c’est le but de notre musique. Ne pas juste espérer un meilleur avenir, mais faire en sorte qu’il arrive à travers l’action justement.

– THE LAST INTERNATIONALE a toujours été un groupe engagé sur un terrain social et humain d’abord. Avec « Road To Freedom », on sent des positions clairement politiques, même si elles sont passées sous un prisme personnel. Selon vous, est-ce que, plus que jamais, le premier des combats à mener actuellement est-il celui de la liberté ?

Delila & Edgey : Plus que jamais ! (Rires)

Edgey : Oui, plus que jamais, bien sûr. Cette lutte pour la liberté a toujours existé, cela fait des générations. C’est la même que menait Martin Luther King. S’il était encore vivant, il serait dans la rue et aussi radicalisé que Malcolm X ou Che Guevera. En tout cas, c’est mon opinion, car les risques sont très élevés. Il y a les armes nucléaires, le réchauffement climatique, etc… Je pourrais te donner une liste complète de tous ces risques, mais tout le monde les connaît. Le monde entier connaît ces problèmes et sait qui en est responsable. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de nous organiser et de trouver une manière de nous défendre.

– Pour rester sur cette thématique de la liberté, j’ai aussi remarqué que c’était un mot qui revenait souvent dans vos chansons, et pas seulement sur ce nouvel album. Est-ce quelque chose qui reste au cœur de la musique et de la démarche de THE LAST INTERNATIONALE ?

Edgey : Delila aime chanter la liberté, c’est sûr ! (Sourires)

Delila : Oui, il y en a, mais il n’y en a pas encore assez ! (Sourires) C’est vrai que c’est un mot qui revient souvent dans notre musique. C’est une question de liberté personnelle, car on peut vite se sentir emprisonnés en tant qu’être humain. D’ailleurs, je porte un t-shirt avec le mot ‘Liberté’ écrit dessus ! C’est inconscient ! (Rires)

Edgey : Oui, je n’avais même fait fait attention ! (Rires) Et puis, tu sais, si vous avions cette liberté, nous ne la chanterions pas…

– En 2014, vous chantiez « 1968 », qui faisait écho aux mouvements sociaux en France, en 2023 c’était « 1984 » en référence au livre d’Orwell et aujourd’hui « Animals » décrit parfaitement ce que l’on retrouve un peu partout dans le monde, y compris dans nos démocraties. THE LAST INTERNATIONALE est-il plus que jamais un groupe engagé et revendicatif ? On a vraiment le sentiment que votre démarche va bien au-delà de la musique…

Edgey : Oui, je pense que c’est l’essentiel. Que disait déjà le grand Pete Seeger que j’adore ? ‘La musique peut changer le monde, mais pas un seul musicien dans son coin’, ou quelque chose comme ça. Cela signifie que la musique est une chose puissante, mais qui a aussi ses limites. Pour nous, en tant que groupe, nous utilisons notre musique comme un outil. Mais en dehors du groupe, chaque artiste dans le monde est un individu et un citoyen. C’est une responsabilité que nous n’oublions pas, que ce soit en tant qu’artistes ou comme citoyens. Tout cela va bien au-delà de la musique. Donc, si nous n’avions pas été musiciens, tu nous aurais de toutes façons aussi vu dans les rues !

Delila : Tout a commencé pour moi lorsque j’avais huit ou dix ans. Je suis allée protester devant un cirque. Je pense que c’est là que tout a commencé. On écrivait déjà des pamphlets sur la cruauté animale envers les éléphants. De New-York à Paris, les gens protestent d’une manière ou d’une autre. D’ailleurs actuellement en France, les lycéens et les étudiants manifestent en nombre. C’est la même chose ici.

– D’ailleurs et pour clore le sujet, comment vivez-vous l’actuelle situation chez vous à New-York ? Même si votre maire est un homme ouvert et attentif à l’aspect social de sa politique, quel est l’état d’esprit et l’ambiance globale aux Etats-Unis, en tout cas de votre point de vue ? L’atmosphère a-t-elle beaucoup changé ces dernières années ?

Edgey : Oui et c’est totalement l’inverse de ce que portent les médias. Le peuple américain et sa population sont toujours déconstruits par les médias. C’est pour cette raison que les organisations sociales ont du mal à se mettre en place. Les médias, le gouvernement et la classe aisée travaillent ensemble pour s’assurer que le peuple soit divisé. Et tu peux le constater dans la mouvance MAGA. Tu poses là une question complexe, qui demanderait des heures de discussion. Si je peux la résumer rapidement, je dirai que les Etats-Unis ont également une classe ouvrière, mais elle n’est pas aussi consciente comme elle peut l’être en France, par exemple. C’est donc plus facile de nous diviser. Les aspirations des classes ouvrières et moyennes sont légitimes, tout comme leurs préoccupations. C’est là-dessus que le mouvement fasciste porté par quelqu’un comme Donald Trump a capitalisé sur les deux dernières élections présidentielles. Dieu merci, il n’a rien de d’impressionnant. C’est un idiot, un abruti et ça, tout le monde le sait. Il nous faut donc une personne charismatique et intelligente pour galvaniser les gens, comme Trump l’a fait. La réponse est très simple. Nous devons non seulement tous nous unir sur des lignes idéologiques claires, mais aussi sur le fait qu’il faille bâtir des digues pour que des gens comme Trump ne soient plus élus. C’est un coup de pression qu’il faut mettre. C’est une lutte très sérieuse, car nous sommes tous de la classe ouvrière et il faut éviter que l’on puisse nous diviser. Nous devons débattre intelligemment de tout ça.

– Revenons à votre album et j’aimerais qu’on dise un mot de la production de « Road To Freedom » que vous avez assuré avec trois autres producteurs. Elle est nettement plus ample et bénéficie d’un gros travail sur les arrangements. Aviez-vous besoin de passer un cap au niveau du son ? D’être peut-être un peu moins ‘roots’ et brut qu’auparavant ?

Edgey : Oui, peut-être, mais ce n’est pas si évident. Je me suis beaucoup impliqué dans le mixage, c’est vrai. Et j’ai appris tellement de choses. J’ai commencé à m’en occuper et j’ai donc beaucoup appris la prise de son et le mix pour que l’album sonne mieux. Et crois-moi, cela s’est traduit par des nuits blanches et pas mal de frustration… De quoi s’arracher les cheveux ! (Rires) Ce n’est pas un processus si amusant que ça. De manière générale, il y a eu quelques changements dans l’écriture et aussi peut-être un peu dans la façon de chanter de Delila…

Delila : Je pense qu’on a travaillé différemment et on a aussi beaucoup appris, c’est vrai. On n’a jamais abordé un album en se disant qu’on allait le faire sans en retirer quelque chose et en se disant que ce serait bon de toutes façons. Nous sommes allés plus loin, on a vraiment poussé tous les paramètres au maximum.

Edgey : Cela dit, il n’y a jamais eu le moindre compromis au niveau du son. L’album nous a coûté très cher, car nous avons voulu enregistrer certaines chansons deux ou trois fois. Et on a aussi joué certains titres avec plusieurs batteurs que l’on n’a pas retenu…

– Enfin, vous avez enregistré « Road To Freedom » loin de New-York, puisque vous êtes allés au Portugal. Aviez-vous besoin de vous couper de votre milieu urbain au point de mettre un océan entre vous ?

Delila : Oui, nous avons même conçu un studio nous-mêmes là-bas. Par ailleurs, Edgey a des racines familiales au Portugal, et c’est vrai que c’est un endroit vraiment super pour réfléchir tranquillement et se concentrer sur la musique. Cela nous a permis de nous poser. Nous avons même travaillé le bois pour construire le studio. Mais New-York est en nous et on ne peut pas y échapper ! (Rires)

Edgey : En fait, une bonne partie de l’album a été composée à New-York. Une fois que le travail d’écriture était fait, nous sommes ensuite partis au Portugal nous isoler et enregistrer les morceaux. Là, nous nous sommes vraiment déconnectés de tout. Nous n’avons parlé à personne et notre seule interaction avec le monde extérieur était avec la caissière du supermarché, notamment. C’est quelque chose que nous faisons en général quand nous enregistrons, mais cette fois, nous étions encore plus isolés de tout. Bien sûr, nos avons beaucoup interagis avec les autres musiciens et nous savions aussi ce qui se passait dans le monde, mais nous n’avons vraiment réellement rencontré personne. Et pour conclure, je voulais dire quelque chose qui m’a un peu déçu concernant ce nouvel album. Nous avons enregistré une chanson avec Tom Morello, mais comme nous étions hors délai, elle ne figure pas sur l’album. Cependant, vous allez bientôt la découvrir. Nous ne savons pas encore sous quel format, ni quand, mais elle arrive ! Peut-être sur une version Deluxe de l’album ! (Rires)

Le nouvel album de THE LAST INTERNATIONALE, « Road To Freedom », est disponible chez Vivienne Music Label.

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Power Rock Stoner Rock

B&L : instinctif

Depuis leur Belgique natale, les deux membres de B&L vibrent à l’unisson dans un Rock, qui conjugue puissance et élégance. Direct, subtil, rugueux et d’une grande finesse, son registre offre un équilibre savoureux à cette réalisation très bien produite. Jouant sur les tessitures avec un esprit indépendant et une immédiateté constante, le Power Rock emprunt de Stoner déployé sur « B&L » révèle bien des facettes et une multitude d’ambiances.

B&L

« B&L »

(Independant)

B&L, ou BeL c’est à vous de voir, est le fruit de l’alchimie artistique entre Bryan Hayard (batterie) pour le ‘B’ et Ludwig Pinchard (guitare) pour le ‘L’. Et en fait d’alchimie, il y a une réelle connexion entre les deux musiciens, qui n’en sont d’ailleurs pas à leur coup d’essai. Le premier a œuvré chez It It Anita, Girls In Hawaï et Eté 67, tandis que son complice est passé par The Banging Souls, Goliath et The Von Dead. Et l’expérimenté duo livre aujourd’hui un premier l’album éponyme pour le moins électrique.

« B&L » est un opus assez insaisissable. Une chose est sûre, les Belges se nourrissent du Rock sous toutes ses formes. Et leur palette est très large, puisque leur style puise autant dans le Stoner, le post-Rock et le Noise avec même quelques fulgurances Metal. Même instrumental, le tandem a une manière bien à lui de dérouler un fil narratif très expressif et tout en nuances. B&L joue sur les reliefs avec beaucoup d’explosivité et une énergie débordante dans une approche très live.

D’ailleurs, c’est sans surprise que l’on retrouve quatre morceaux de l’EP « Live Session @AMS » sorti l’an dernier. Quant aux nouvelles compositions, elles se fondent parfaitement dans l’univers du combo. Car, malgré la diversité des sonorités, il y a une vraie touche B&L, basée sur une batterie incisive et très groove, aussi percutante que légère, et une guitare capable de s’ériger en mur pour faire dans la dentelle l’instant d’après. Brute, mélodique et sinueuse, l’ensemble frappe et captive.

Photo : JC Guillaume

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Hard Rock Power Rock

Danko Jones : animal

Vigoureux et précis dans son jeu, le groupe de l’Ontario a toujours affiché beaucoup de fraîcheur et de liberté à travers ses disques, et « Leo Rising » ne vient pas trahir l’ADN du combo. Intense et bien charpenté, ce nouvel opus est aussi fougueux que groovy et, comme toujours, DANKO JONES est sûr de sa force, se montre également sleazy à l’occasion et surtout, il semble mettre un point d’honneur à ne pas sombrer dans des sonorités actuelles fadasses et stéréotypées.

DANKO JONES

« Leo Rising »

(Perception)

Après une trentaine d’année de carrière, DANKO JONES fait toujours figure d’électron libre. Un pied dans l’underground malgré une reconnaissance mondiale, il ne dévie pas d’un iota de sa trajectoire musicale. Comme toujours, « Leo Rising » percute d’entrée de jeu et les Canadiens ne lèvent pas le pied un seul instant. Imperturbables, ils balancent leur Hard Rock brut et tendu, délivrant au passage une énergie communicative. A priori franchement rude, ce douzième album est surtout une invitation au partage. En effet, il y a toujours cette envie très perceptible, qui transpire de ses morceaux et leur offre cette vélocité particulière.

Et la première chose que DANKO JONES a à partager, c’est son puissant Rock virevoltant et incisif. Coriace et sans compromis, « Leo Rising » ne manque pourtant pas d’humour et d’ironie, et avance au pas de charge. Le power trio se fait plaisir et la bonne production signée Erik Ratz ferait presque oublier que les chansons ont été enregistrées à distance, le bassiste John Calabrese étant en Finlande. Cependant, il y a une réelle cohésion et un bel esprit de corps, et cela se sent sur ces onze bâtons de dynamite. L’alchimie fait le reste et on peut compter l’implication de chacun d’entre eux pour faire parler la poudre.

Il y a aussi ce côté évident chez les Nord-Américains. L’aspect direct et frontal de leur musique y est pour beaucoup, tant le rythme est effréné et la succession de riffs tranchants efficace (« Diamond In The Rough » avec un solo de Marty Friedman, « Everyday Is Saturday Night », « Hot Fox », « Gotta Let In Go », « I ‘m Going Blind », « Pretty Stuff »). Tout en diffusant des titres costauds, DANKO JONES n’élude pas une certaine légèreté, et reste fidèle à une ligne de conduite très Rock’n’Roll. Taillée pour la scène, cette nouvelle réalisation s’inscrit dans une belle et robuste continuité et sans renier sa ligne de conduite.

Photo : Ole Martin Wold

Retrouvez l’interview du groupe à l’occasion de la sortie de « Power Trio » en 2021 et la chronique de l’album :

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International Power Pop Power Rock Rock/Hard

The Hot Damn! : living colors [Interview]

En quatre ans, le quatuor britannique a marqué les esprits lors de concerts endiablés à travers leur pays et fait en sorte que leur musique dépasse largement les frontières du Royaume-Uni. Après un premier EP, c’est avec un album hyper-punchy à l’énergie débordante et aux textes francs et directs, « Dancing On The Milky Way », qu’elles viennent épicer une scène Rock, qui se prend peut-être un peu trop au sérieux. Coloré et irrévérencieux, le style de THE HOT DAMN! passe de la Power/Pop au Metal/Punk sans transition, mais avec une étonnante fluidité et surtout une joie communicative, tout en dénonçant les travers de notre société. Lzi Hayes (basse, choeurs) et Gill Montgomery (chant, guitare) ont pris le temps de répondre à quelques questions pour expliquer la démarche de leur formation survitaminée.

– Vous avez toutes un passé musical au sein de The Amorettes, Tequila Mockinbyrd, New Device, Aaron Buchanan & The Cult Classics et Sophie Lloyd avec une certaine reconnaissance. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous retrouver et fonder THE HOT DAMN! ? Un manque de fun dans vos groupes respectifs ? 

Lzi : Nous nous sommes rencontrées par hasard, en fait. Nous étions toutes dans nos groupes respectifs et je pense que nous cherchions chacune de nous à clore un chapitre de nos vies musicales, afin d’en commencer un autre. Nos groupes étaient tous très sérieux, vêtus de noir avec des vibrations sombres et je suppose que nous voulions tous faire quelque chose d’un peu différent et d’un peu plus unique.

– Cela n’aura échappé à personne, THE HOT DAMN! est entièrement féminin. Ça aussi, c’était une condition pour fonder le groupe, et peut-être aussi perpétuer cette belle tradition des femmes dans le Rock ?

Nous avons des opinions bien arrêtées sur ce sujet. Bien sûr, ce n’était pas une condition pour fonder le groupe ! Être quatre femmes dans un groupe ne devrait pas être un sujet de discussion au 21ème siècle ! Toute notre vie, nous avons dû nous contenter de ‘elles sont bonnes… pour des filles’, ou de tout autre compliment indirect du même genre. Nous en avons marre. Nous sommes des femmes, oui. Nous jouons de la musique, oui. Quel est le problème ? Notre anatomie n’a rien à voir avec la musique que nous jouons, ou pourquoi nous la jouons. Nous sommes juste quatre amies qui rigolons ensemble !

– D’ailleurs, un groupe entièrement composé de femmes doit-il forcément être aussi féministe dans ses textes et son attitude ?

Les chansons parlent d’elles-mêmes, non ? Nous ne voulons pas représenter un seul sexe. Nous voulons représenter les gens de tous les genres qui se sentent battus et maltraités. La chanson « I Didn’t Like You Anyway » est un grand ‘Fuck You’ à tous les connards ! C’est quelque chose auquel tout le monde peut s’identifier en adoptant une position de force et de pouvoir en se disant ‘tu ne me peux pas me battre !’. Alors oui, nous sommes des femmes, mais nous chantons sur des sujets universels. Nous pensons que ça craint vraiment pour les femmes, les LGBTQ+, les POC (personnes de couleurs – NDR), … Bref, tout le monde, en fait, est traité comme de la merde et nous nous donnons pour mission de le dénoncer dans chacune de nos chansons.

– Vous avez créé et officialisé le groupe il y a quatre ans en pleine pandémie, et vous en avez d’ailleurs beaucoup joué à l’époque sur les réseaux sociaux. Il fallait tout de même avoir la foi ! Vous avez cru dès le début au potentiel de THE HOT DAMN! ?

Il fallait avoir foi en quelque chose… C’était une période si sombre pour tout le monde, nous voulions simplement nous donner pour mission de remonter le moral des gens et de mettre un peu de couleur dans leur vie. Notre premier objectif a été de commencer par être une entité et donc un groupe, qui nous faisait rire et qui nous apportait de la joie. Nous avons pensé que si cela nous amusait, cela ferait aussi sourire les autres pendant cette période très difficile de notre vie.

– Et vous voici aujourd’hui avec votre premier album, « Dancing On The Milky Way », qui ne manque pas de piquant. Vous l’avez enregistré à Melbourne en Australie et en Angleterre à Doncaster. Pourquoi autant de distance entre les studios ? Il vous fallait des changements d’ambiances ?

Josie (O’Toole, batterie – NDR) avait juste envie de vacances et ne voulait pas que nous venions la déranger ! (Rires) Non, elle voulait juste enregistrer la batterie avec une très bonne amie, pendant qu’elle allait rendre visite à d’autres en Australie, car elle a vécu à Melbourne pendant dix ans. Sur place, elle a rencontré Ricki Rae, avec qui elle avait travaillé sur quelques projets musicaux et elle a pensé que ce serait donc le meilleur endroit pour enregistrer la batterie avec lui. Nous autres avons enregistré nos parties à Doncaster, car il était logique de tirer le meilleur parti de nos congés annuels pour nous permettre de faire ensuite quelques grandes tournées la même année. Et nous adorons le résultat ! (Sourires)

– L’album présente également une grosse production que l’on doit à Ricki Rae et Matt Elliss. Malgré les deux producteurs, « Dancing On The Milky Way » est très homogène dans le son. Vous aviez besoin d’autant d’émulation pour obtenir ce que vous recherchiez ?

Ricki a produit et mixé tout ce que nous avons fait jusqu’à présent. Il fallait évidemment que nous ayons une certaine continuité dans le son et nous adorons aussi son travail. Il nous fait sonner comme les dures à cuire que nous sommes.

– Vous évoluez d’ailleurs dans un Power Pop/Rock parfois Metal très coloré, et aussi explosif que festif. La scène Rock actuelle vous parait-elle à ce point terne qu’il vous faillait l’aciduler un peu ?

Nous ne disons pas que la scène Rock actuelle est ennuyeuse… Mais nous pensons que le modèle est le même depuis très longtemps. Tout ce que nous essayons de faire, c’est de briser un peu le moule et injecter un peu de fun et de couleur dans une scène musicale par ailleurs sombre et sérieuse. Nous prenons cette direction Pop-Punk et l’injectons dans une musique Rock moderne.

– Vos chansons renvoient à des époques différentes et aussi à des artistes très variés, qui rappellent autant le courant Punk que Pop et même Hard Rock avec un côté Glam Sleaze. C’est une sorte de nostalgie, ou plutôt l’idée de reprendre les choses là où elles en étaient avec un spectre moderne et très actuel ?

Je pense que nous essayons simplement de saluer tous les groupes avec lesquels nous avons grandi et que nous admirons. Nous avons toutes des goûts tellement variés que je pense que tout se combine d’une manière nouvelle, étrange et merveilleuse ! Nous n’avons pas la prétention de faire quelque chose qui n’ait jamais été faite auparavant, mais nous le faisons d’une manière qui, nous l’espérons, fait entrer le tout dans le 21ème siècle.

– Il y a aussi un gros travail sur les guitares notamment. Est-ce un aspect sur lequel vous vouliez vraiment vous éclater et quels sont vos références dans le domaine ?

Gill adore l’époque Glam et Punk des années 70 ! Elle adore Bowie, Kiss, The Sweet et tous ces groupes incroyables. Je pense qu’avec ses influences, elle apporte un côté théâtral et un son moderne, mais rétro, à son jeu. Laurie (Buchanan, guitare et chœurs – NDR) est beaucoup plus influencée par les groupes modernes comme Coheed et Cambria. Nous voulions vraiment créer des paysages sonores avec beaucoup de couches de guitares massives pour qu’à chaque écoute, on entende quelque chose de nouveau.

Gill Montgomery

– Gill, tu apparais également sur le nouvel album de The New Roses, « Attracted To Danger », sur la power-ballad « Hold Me Up » en duo avec Timmy Rough. Comment une chanteuse écossaise se retrouve-t-elle sur l’album d’un groupe de Hard Rock allemand ? Vous vous connaissez depuis longtemps, car vous ne partagez pas non plus le même label ?

Gill : Nos managers se connaissent et nous ont présentés. Je crois qu’ils me connaissaient dans mon précédent groupe, The Amorettes. Nous étions sur le label de Heavy Metal allemand Steamhammer, une société sœur d’UDR. Ils avaient au moins entendu parler de nous quand nous leur avons volé la tournée en soutien des Dead Daisies ! Oups ! (Rires) J’avais entendu leur nom sur le circuit depuis quelques années et finalement, nos chemins se sont croisés.

– Enfin, THE HOT DAMN! étant déjà réputé pour ses prestations scénique enflammées, j’imagine qu’une tournée est prévue pour défendre « Dancing On The Milky Way » ? Peut-être avec The New Roses d’ailleurs… ?

Nous partons en tournée au Royaume-Uni dès le 1er novembre, en passant par Cardiff, Nottingham, Londres, Newcastle, Whitby, Glasgow et nous terminerons à Manchester ! Nous retournerons ensuite en Allemagne pour assurer la première partie de D-A-D, et terminerons par un concert spécial avec nos amis de The New Roses le 14 décembre à Wiesbaden ! Nous avons hâte !

Le premier album de THE HOT DAMN!, « Dancing On The Milky Way », est disponible chez Fat Earth Records et sur le site du groupe : www.thehotdamn.com

Photos : Blackham Images et Robert Sutton (5)

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Alternative Metal Power Rock

The Warning : une intensité épanouie

Avec « Keep Me Fed » », Daniela (chant, guitare), Paulina (batterie, chant) et Alejandra Villareal (basse, chœurs), également pianistes, affirment avec force une identité musicale désormais identifiable. Entre Rock et Metal, avec une touche combative très fédératrice, leur audace fait mouche sur ces 12 nouveaux titres, véritablement taillés pour la scène, devenue entretemps leur terrain de jeu favori. L’heure de la maturité a donc sonné pour les jeunes femmes qui ont fait de THE WARNING une machine bien huilée et irrésistible.

THE WARNING

« Keep Me Fed »

(Lava Records/Republic Records)

Alors qu’elles avaient sorti « XXI Century Blood » (2027) et « Queen Of The Murder Scene » (2018) juste après leur premier EP, « Escape The Mind » (2015), les trois sœurs n’étaient que très peu sorties de leur Mexique natal et avaient pourtant attiré mon attention dès 2020. S’en étaient suivi « Error » (2022) après le six-titres « Mayday » (2021) et c’est à partir de ce moment-là que THE WARNING a vraiment explosé, tant que le plan artistique qu’au niveau de sa notoriété, bien aidé par une maîtrise des réseaux sociaux avec lesquels elles ont grandi.

Depuis une grosse dizaine d’années maintenant, le trio de Monterrey suit une trajectoire parfaite, qui les propulse aujourd’hui parmi les révélations, et même un peu plus, de la scène Rock/Hard. Il faut dire qu’elles n’ont eu de cesse d’enchaîner les concerts aux côtés de grands noms, parmi lesquels leurs idoles de Metallica, et c’est même entre leurs tournées qu’elles ont composé « Keep Me Fed », où THE WARNING fait définitivement sa mue en se présentant avec des nouveaux titres beaucoup plus matures et toujours aussi accrocheurs.

La première chose qui surprend agréablement sur ce quatrième opus, c’est la puissance et le coffre de la production. Le trio montre ainsi toute l’ampleur de son potentiel et la fratrie Villareal se hisse à un niveau dont l’impact, tout en nuances, est saisissant. « Six Feet Deep », « S!ck », « More », « Consume » et celui qui devenu un hymne dans leur pays « Qué Más Quieres », chanté en espagnol, offrent un relief auquel THE WARNING ne nous avait pas encore habitué. Et cette rage toute féminine brille et résonne comme un rugissement. 

Retrouvez les chroniques précédentes :

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Grunge Power Rock Rock

BikiniMood : Rockalissimo

Parce qu’ils sont italiens et que leur langue est intimement liée à l’art, les membres de BIKINIMOOD ont naturellement opté pour leur mode d’expression maternel et l’entreprise est plus que réussie, puisqu’on est embraqué dans ce Rock savoureux où les couleurs sont nombreuses et s’entrechoquent avec une spontané attractive. Ce cocktail à l’œuvre sur « Ti Fidi Di Me? » se déguste sans modération au gré des accélérations, des instants plus doux et d’un feeling permanent. Une très belle entrée en matière.

BIKINIMOOD

« Ti Fidi Di Me? »

(Independant)

Ils sont quatre amis, tous originaires de Turin, et c’est en février 2022 qu’ils décident de se lancer dans l’aventure BIKINIMOOD. Ayant pris un peu de bouteille, l’idée est de créer un Rock rassemblant leurs goûts musicaux, regroupés et puisés pour l’essentiel dans les années 90, une décennie tellement vaste artistiquement et d’une richesse qu’on peine à retrouver aujourd’hui. Direct et efficace, le style du groupe est un bon condensé de tous ces styles, où l’on retrouve des saveurs Grunge, Alternative à la Deftones avec même quelques touches Stoner plus appuyées.  

Sans prétention, mais avec beaucoup sérieux, le quatuor a fait naître en studio un premier album entièrement autoproduit en mai dernier. Et le résultat est plus que convaincant. Solide et mélodique, « Ti Fidi Di Me? » ne manque pas de consistance, bien au contraire, et c’est sur un chant en italien que BIKINIMOOD livre des compositions très équilibrées avec une liberté directement liée à la poésie et à l’aspect romantique de la langue de Dante. En tout cas, le pari est réussi et les textes se fondent avec beaucoup d’élégance dans un Rock souvent rugueux, mais toujours agréable.   

Davide Bruno (chant), Stefano Sungia (basse), Roberto Spiga (batterie) et Dry (guitare) savent très bien où ils vont et ce qu’ils présentent montre d’abord une passion commune, mais aussi et surtout une belle énergie. Bien enregistrés, les morceaux libèrent beaucoup de fluidité, ce qui offre à BIKINIMOOD une grande latitude dans les tempos et les ambiances abordées. Très varié, « Ti Fidi Di Me? » montre l’envie des Transalpins de vraiment se faire plaisir et d’embarquer avec eux les fans de Rock authentique et costaud interprété dans cette langue si musicale et séduisante.   

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Alternative Rock Pop Rock Power Rock

Amy Montgomery : une explosive dualité

Elle rayonne, elle rugit et elle envoûte une fois encore sur ce nouvel EP. Avec « Astil », AMY MONTGOMERY prouve qu’elle est aussi à son aise sur des morceaux massifs et rentre-dedans que sur des chansons poignantes. La spontanéité de la volcanique irlandaise fait des merveilles sur ce nouvel effort, qui promet un bel album à venir l’an prochain. 2024 sera sans nul doute son année et ces nouveaux titres sont autant de perles à déguster pour patienter… avant de l’accueillir sur les scènes françaises.  

AMY MONTGOMERY

« Astil »

(Independant)

Au printemps dernier, la déflagration Rock est venue de Belfast avec le single « Change Change » d’AMY MONTGOMERY qui, petit à petit et à force de tourner aux quatre coins de l’Europe, commence à se faire un nom. Il faut dire que la jeune chanteuse (et multi-instrumentiste) n’a pas froid aux yeux et se livre dans un registre explosif, mélodique et très rapidement addictif. Inspirée de figures féminines comme Alanis Morissette, Beth Hart et quelques autres, elle a su imposer son style, grâce à une forte personnalité et une combinaison de sons d’une puissance rare et d’une sincérité absolue.

Après un été passé sur les routes, l’Irlandaise est de retour avec « Astil », un nouvel EP qui nous permet de découvrir d’autres facettes de son jeu. Très bien autoproduit avec son partenaire Michael Mormecha, également touche-à-tout, le duo fait des étincelles en combinant les ambiances, des approches musicales différentes et une émotion qui se traduisent autant dans de délicates déclarations (« Forever And You ») comme sur des intentions plus guerrières (« Astil »). AMY MONTGOMERY ne s’interdit rien et se montre même d’une incroyable polyvalence.

Oser affirmer que la songwriter est l’incarnation-même du Power Rock moderne au féminin n’a flanchement rien d’extravaguant ou d’exagéré. Les morceaux d’« Astil » sont d’une telle variété que rien ne semble lui résister. Sensible et d’un dynamisme à toute épreuve, la frontwoman livre des morceaux très bien arrangés, où les guitares et sa voix percutent à l’envie, bien aidées par des synthés discrets et témoins d’une orchestration très maîtrisée (« Way For Free Limit », « Meet You In The  Sun »). Solaire et fougueuse, AMY MONTGOMERY fait bel et bien partie de ses futures très grandes, qu’on se le dise !

Le nouvel Ep d’AMY MONTGOMERY, « Astil » est disponible sur le Bandcamp de l’artiste :

https://amymontgomery.bandcamp.com/album/astil

Retrouvez également la longue interview qu’elle a accordé à Rock’n Force en mars dernier :

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Heavy Rock Power Rock Rock Hard

Heavy Water : business family

Même s’il est le fils d’une légende du Heavy Metal, Seb Byford n’entend pourtant pas marcher dans les pas de son père musicalement. Cela dit, il est parvenu à l’embraquer dans l’aventure HEAVY WATER loin de l’institution Saxon. Avec « Dreams Of Yesterday », l’ambiance est plutôt Rock, même si quelques sonorités assez Old School et un brin Hard Rock émanent de ce deuxième effort rondement mené par le mythique frontman et sa progéniture.

HEAVY WATER

« Dreams Of Yesterday »

(Silver Lining Music)

Si le rapprochement artistique père/fils qui a donné lieu à « Red Brick City » il y a deux ans en pleine période de Covid, il semblerait que la Byford Family ait décidé de récidiver et d’inscrire HEAVY WATER dans le temps. Même si Biff a depuis sorti « Carpe Diem » et le navrant « More Inspirations » avec Saxon, le duo créé avec le fiston n’a pas été un one-shot, puisque les revoilà avec « Dreams Of Yesterday », un deuxième album varié et solide, dans la lignée du premier.

A la guitare et au chant, Seb paraît toujours tenir la boutique avec force et talent, Biff assurant la basse et les chœurs avec son inimitable timbre de voix. Loin de son Heavy Metal habituel et même s’il avait laissé entrevoir d’autres registres sur les deux non-essentiels opus de covers de Saxon, c’est assez surprenant de le retrouver dans certains styles abordés sur « Dreams Of Yesterday ». Mais il ne fait que tenir la basse sur HEAVY WATER… et d’ailleurs cela s’entend !

Le groupe a trouvé ses marques et même s’il se cherche encore un peu, une empreinte et une identité commencent à se dessiner. Très ancré dans les années 80 et 90, HEAVY WATER rappelle autant Led Zeppelin que Soundgarden ou Alice In Chains et penche sur des titres assez nerveux dans un Rock Hard classique, bluesy parfois, alternatif et légèrement Stoner (« Another Day », « Be My Savior », « Don’t Take It Granted », « Castaway »). Un peu éparse, mais très soudé !

Photo : Steph Byford

Retrouvez la chronique du premier album :

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Power Rock Rock Hard

Seraina Telli : rockin’ rainbow

Après quatre petites années au sein de Burning Witches (2015-2019), la frontwoman helvète a décidé de changer de voie et de se lancer seule dans un registre musclé, certes, mais loin du Metal qu’elle assenait auparavant. Plus féminines aussi, les compositions de « Addicted To Color » n’en demeure pas moins solides et entêtantes. Avec ce très bon deuxième album, SERAINA TELLI montre beaucoup de caractère.

SERAINA TELLI

« Addicted To Color »

(Metalville)

Après seulement deux albums studio et un live avec Burning Witches, la Suissesse SERAINA TELLI a pris son envol et il faut  bien reconnaître que depuis l’an dernier et son premier opus, « Simple Talk », elle semble plus rayonnante que jamais. Le chemin qu’elle emprunte en solo est lui aussi différent de son ancien groupe avec une approche plus Rock, plus mélodique et plus ouverte. Bien sûr, il reste des éléments Hard Rock dans son jeu et on ne saurait s’en plaindre.

La trentaine épanouie, elle réussit avec « Addicted To Color » le tour de force de concentrer une belle énergie, une qualité d’écriture indéniable, une voix puissante, une grande polyvalence musicale et un jeu de guitare très efficace. Loin d’une vision souvent en noir et blanc du Rock et du Metal, SERAINA TELLI met de la couleur, de la joie et de la profondeur dans les morceaux de son deuxième album. Positive et dynamique, la musicienne creuse son sillon.

Musicalement positionnée entre Rock Hard et Power Rock, elle affiche une grande diversité et « Addicted To Color » est bien plus complet et personnel que « Simple Talk », qui ne bénéficiait pas non plus d’une production aussi ample. Evidemment très à son aise sur des titres rentre-dedans (« Songs Fort The Girls », « Be Somebody », « Boogied Man », « Left Behind »), SERAINA TELLI libère de magnifiques charges émotionnelles sur des chansons plus lentes voire acoustiques (« All Your Tears », « The Harder Way »). Bien joué !

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Metal Pop Rock Power Rock

Sun : rayonnante !

Une telle audace de la part d’une chanteuse dont la créativité semble sans limite est suffisamment rare pour être soulignée. Dans un esprit très indépendant et DIY, SUN brise les codes de la Pop, d’un Power Rock exalté et d’un Metal souvent convenu, et tout ça fait franchement plaisir à entendre. Avec « Brutal Pop II », la musicienne s’affirme pleinement, tout en installant un style bien à elle.

SUN

« Brutal Pop II »

(Independant)

L’artiste franco-allemande, pour le moins singulière, peut se targuer d’avoir créé un registre à part entière et dont elle a même nommé ses deux premiers EP, « Brutal Pop ». Et cette fois, c’est avec le ‘Volume II’ qu’elle vient confirmer et peaufiner une musique aussi étonnante qu’accrocheuse. SUN a trouvé sa voie, elle est toute tracée et tellement évidente. Une espèce d’OVNI musical rafraîchissant et dynamique.

Bien sûr, on retrouve tous les éléments propres à la Pop avec des refrains addictifs et des mélodies légères et efficaces. Pourtant, Karoline Rose, alias SUN, qui cumule les postes de chanteuse, guitariste, claviériste, parfois bassiste et bien sûr songwriter, livre un univers très particulier où se mêlent de puissants screams et des double-pédalages cher au Metal. L’art de se fondre dans les contraires avec beaucoup d’originalité et d’agilité.

Après une première réalisation de six titres et ce « Brutal Pop II » qui en compte cinq, les deux EP de SUN sont finalement indissociables l’un de l’autre, afin de mieux saisir la démarche et l’œuvre très personnelle de la frontwoman. Dans une atmosphère marquée par le son des 90’s, elle enchaîne brillamment des morceaux aux arrangements subtils (« Wave », « Strength », « Princess Erakin », « John And I »). A découvrir d’urgence !