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Heavy Stoner Psych Occult Rock Stoner Doom Metal

Green Lung : occult stories

Sur ce quatrième album, les Anglais atteignent un sommet de leur courte carrière discographique. Déjà très prometteurs, ils affichent un style personnel, oscillant entre Stoner Psych et Doom Rock avec une touche Heavy délicieusement vintage. Avec « Necropolitan », GREEN LUNG s’attaque à l’aspect occulte de sa ville et à ses sept nécropoles au XIXème siècle. Et l’enregistrement dans les légendaires studios Rockfields lui donne un caractère spécial et authentique.

GREEN LUNG

« Necropolitan »

(Nuclear Blast Records)

Depuis sa création en 2017 et surtout après la sortie de « Woodland Rites » deux petites années plus tard, GREEN LUNG nous avait habitué à un rythme soutenu à raison d’une réalisation tous les deux ans. « Necropolitan » accuse donc un léger retard, mais à son écoute, il est totalement pardonné. Conceptuel dans la forme et le fond, plantons le décor. Les Londoniens nous replongent dans l’époque victorienne et ses sinistres bas-fonds, à savoir ses sépultures. Ici, la nature rejoint l’occulte, et l’étrange et le pouvoir des morts s’offrent une étonnante rencontre.

Grâce à un son qui colle parfaitement à l’ambiance générale de « Necropolitan », le groupe livre une performance très inspirée et concise. Quelques clins d’œil nous renvoient à Black Sabbath, King Diamond et même Wytch Hazel à l’occasion, mais GREEN LUNG impose sa patte de belle manière. Les riffs sont colossaux, les parties d’orgue captivantes et les mélodies multiplient les paysages sonores, naviguant entre une urgence très Metal et l’intemporalité du Hard Rock 70’s. Et sur un groove insaisissable, l’ensemble bascule entre envolées musicales et explosivité.

C’est à Tom Dalgety (Opeth) que l’on doit cette belle production organique et par certains aspects assez solennelle. Le Heavy Stoner des Britanniques nous fait pénétrer dans les limbes de leur capitale et le fil narratif est rendu vraiment prenant par un chant très expressif. GREEN LUNG explore et marque les esprits sur les bases d’une NWOBHM réoxygénée, qui se réinvente et prend des sentiers audacieux (« The Heathen Land », « Ozymandias », « Together In Death » accompagné de Riley Pinkerton de Castle Rat, « Black Magick Radio »). Epoustouflant !

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Desert Rock Heavy Stoner Psych

Spirit Mother : un espace imposant

Dès son premier album, « Cadets » sorti en 2020, SPIRIT MOTHER s’est distingué de la scène Stoner grâce à une touche singulière. L’année suivante, son « Live In The Mojave Desert » vient confirmer ce bel élan dans un décor où il semble littéralement dans son élément. Après « Trails » en 2024 et un départ de Californie, des touches plus Desert Rock et Americana viennent se greffer à leur univers, qui est aujourd’hui atypique, imprévisible et profondément vivant.

SPIRIT MOTHER

« Thistle »

(Sound Of Liberation Records)

Après avoir quitté Long Beach pour le Haut Désert de l’Oregon, SPIRIT MOTHER a trouvé un nouveau souffle et surtout une source d’inspiration intarissable. Depuis « Trails » sorti il y a deux ans, le groupe a quelque peu remanié son line-up. Le chanteur Armand Lance a laissé la basse à Michael Feuris pour prendre la guitare. SJ Lance est aujourd’hui soutenue par l’autre violoniste Mia Rose et elles assurent également toutes les deux les chœurs. Et enfin, Chase Howard de Kadabra qui œuvre derrière les fûts et livre une prestation de haute volée.

Pour son troisième album, SPIRIT MOTHER est allé puiser au cœur même de ses influences, et elle sont aussi nombreuses que différentes. Et il faut reconnaître aussi qu’il faut vraiment apprivoiser « Thistle », tant il multiplie les atmosphères. Heavy Rock, Stoner Psych, Grunge et Americana cohabitent ici très bien et contribuent, s’il en était encore besoin, à sceller la signature et l’identité du combo. Ecrit, enregistré et autoproduit dans l’ancienne cabane du chanteur, on entre en immersion pour faire corps avec l’aride et sauvage paysage alentour.

SPIRIT MOTHER est également passé maître dans l’art de conjuguer la puissance de son jeu avec une certaine nonchalance, tout en préservant une tension palpable grâce à un Fuzz omniprésent enrobé des deux violons. Ceux-ci sont d’ailleurs parmi les acteurs les plus pertinents de la formation. Derrière les vapeurs psychédéliques, « Thistle » propose un voyage sonore assez inédit et très original. Parfois mélancolique, ce nouvel opus trouve sa force dans un aspect brut et soigné (« Dog Machine », « Good Faith », « Crux », « Odetta »). Captivant !

Retrouvez les dernières chroniques des albums de SPIRIT MOTHER :

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Heavy Stoner Psych Stoner Metal

Shadow Of Jupiter : une puissance divine

Sur un socle très Southern, le Stoner de SHADOW OF JUPITER repose sur des fondations Old School, qui emprunte au Hard Rock comme au Heavy Metal. Véloce et ténébreux, ce premier album chez Ripple Music se veut rassembleur, à commencer par les courants à l’œuvre ici. Et si les références sont nombreuses, « Bones » sort du lot grâce à une justesse impressionnante, des guitares incisives, une rythmique lourde et un frontman habité par son propos. Une fraîcheur sortie tout droit des origines du genre et située aux confins du Metal.

SHADOW OF JUPITER

« Bones »

(Ripple Music)

Viscéralement underground, SHADOW OF JUPITER en possède toute la culture, mais n’en oublie pas pour autant de faire preuve de beaucoup de créativité. Pour preuve, une production massive et limpide aux services de morceaux, qui incarnent eux aussi l’esprit Stoner sous toutes ses formes. Entre Rock et Metal, le quatuor développe un Doom/Psych profond au relief saisissant et laisse respirer ce deuxième opus avec talent. Sombre et rageur, « Bones » explore de multiples atmosphères pour se faire captivant.

Depuis 2022, SHADOW OF JUPITER peaufine son style et son premier album, « Porta Coeli », sorti l’année suivante en indépendant, avait déjà posé les bases du Stoner où l’on retrouve aussi des éléments Psych et même légèrement bluesy. On doit d’ailleurs peut-être cette dernière composante au fait que le groupe ait un pied à Chicago, tandis que l’autre se situe dans le Nord-Ouest de l’Indiana. Et le mix entre proto-Doom et Metal, le tout marqué par l’empreinte de Clutch, est assez savoureux.

Guidé par la voix puissante et lointaine de John Piotrowski, les Américains distillent des riffs épais et tranchants, en multipliant les changements de tempos. Dès le morceau-titre, SHADOW OF JUPITER s’affirme avec force dans un crescendo démoniaque. Tout en substance et sur des tessitures grondantes, il poursuit son exploration avec une assurance imperturbable (« Ugly On The Inside », « Echo Chamber », « Rumblestrip », « Riot Dogs »). Malgré ses sept plages seulement, dont certaines s’étalent en longueur, « Bones » a de quoi rassasier les fans de Stoner.

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Heavy Stoner Psych Stoner Doom

Birds Of Nazca : tellurique

Si l’intention de BIRDS OF NAZCA a toujours été de prendre son envol à la découverte de territoires et de panoramas hors-normes, le fait qu’il évolue dans un registre instrumental laisse à chacun le loisir de faire voguer son imagination au gré de sa perception personnelle. Avec « Pangaea », le voyage passe par des terres gelées, de montagnes majestueuses et de grands espaces qu’on a le sentiment de survoler au fil d’intempéries retentissantes, et qui viennent se fondre dans des ambiances captivantes. Spontané et épais, le Stoner des Nantais prend ici un essor organique plein de rebondissements. 

BIRDS OF NAZCA

« Pangaea »

(Independant)

Pour avoir vu éclore et évoluer le duo depuis ses débuts en 2020 avec un album éponyme déjà prometteur, BIRDS OF NAZCA prend avec « Pangaea » une toute autre dimension. Son style s’est réellement peaufiné et il affiche aujourd’hui une identité propre, qui demeure d’ailleurs toujours aussi délicieusement complexe. Pas de profond changement dans l’approche musicale, mais plutôt une maîtrise affinée des tessitures et des textures des morceaux qui composent ce deuxième opus, où le son est nettement plus massif.

Grâce à une production profonde, le tandem joue surtout sur les reliefs dans un climat aride, du aussi à sa formation très resserrée et qui, sans effet supplémentaires, se veut aussi rêche que rugueuse. Pour autant, BIRDS OF NAZCA n’écrase pas toujours tout sur son passage, malgré des fulgurances Doom musclées, et s’échappe également dans des envolées plus légères et épurées. Guillaume Kerdranvat (guitare) et Romuald Chalumeau (batterie) ont enregistré « Pangaea » en condition live pour plus de vérité et le ressenti est bien présent.

Hormis quelques samples de chant d’oiseau (évidemment !) ou de la nature plus largement, l’approche du groupe est toujours aussi brute et directe, ce qui offre à son Heavy Stoner Psych un aspect compact aux nuances plus subtiles qu’il n’y parait. BIRDS OF NAZCA  multiplie les ponts et les breaks, transite par des élans aériens avec toujours en ligne de mire un travail minutieux sur le riff, servi par un batteur au service d’escapades sonores parfois brusques. « Pangaea » montre une maturité certaine et une assurance sans faille.

Photo : Bérénice Tatoo

Retrouvez la chronique de « Héliolite », ainsi que celle du premier album sur Facebook :

https://www.facebook.com/photo?fbid=764597594096010&set=a.171191596769949

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Heavy Stoner Doom Psychedelic Rock

The Oil Barons : contemporary western

Avec un goût prononcé pour l’improvisation, Lou Aquiler (guitare), Andrew Huber (basse, chant), Jake Hart (batterie) et Matt Harting (orgue, guitare acoustique) s’ouvrent les champs du possible en se distinguant de la scène Stoner Rock classique. Aérien et sauvage, THE OIL BARONS défie les conventions de manière inspirée avec des passages Heavy Psych, Doom et Americana à travers de longues plages instrumentales et un chant qui semble flotter avec une authenticité que l’on doit sûrement à un enregistrement en conditions live. Une exploration dantesque.

THE OIL BARONS

« Grandiose »

(Third Revelation Music)

Il y a des titres qu’il faut oser donner à des albums. Pour autant, pas sûr que THE OIL BARONS parle ici de son travail, mais plutôt de l’univers dans lequel il nous embarque. Il y est question de paysages sonores souvent incroyables pour peu qu’on se laisse porter par la vision des Américains. Il est facile aussi de parler de western avec cette nouvelle partition, tant les atmosphères s’y prêtent et se bousculent. Le spectre est vaste et l’aspect narratif oscille entre moments presque contemplatifs et scènes d’action savamment orchestrées.

Dès son premier album, « The West Is Won » (2019), THE OIL BARONS avait confié la production à Zach Fisher (Weezer, Bad Religion), avant de poursuivre avec l’EP « Grease Up » l’année suivante. Cinq ans plus tard, le quatuor a peaufiné son registre et s’affirme pleinement dans un Psych Rock très DIY avec une démarche très variée dans les ambiances. Les Californiens y livrent des saveurs parfois opposées, mais toujours cohérentes. Sur des bases Stoner Rock, de lourdes chapes Doom viennent aussi ponctuer une certaine sérénité.

Dans un Rock parfois chaotique et souvent Heavy, THE OIL BARONS injectent des touches de Country aux airs cosmiques, façon Sergio Leone sur « The Surrender », avant de se faire oublier sur le tonitruant « Wizard ». Puis, « Gloria », et « John Brown’s Body », presque indissociables, montrent un quatuor qui s’amuse et joue avec les tessitures et les amplis. Insaisissables, « Vivienne » et « Death Hangs » font monter la tension préparant les géniaux « Quetzalacatenango » et « Morning Doom », avant l’apothéose « Grandiose ». Imposant !  

Photo : Molly Perez

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Heavy Stoner Psych

Bask : Appalachia’s vibes

Chaque production de la formation de Caroline du Nord est une nouvelle exploration. Avec « The Turning », elle continue avec beaucoup de robustesse et des rythmiques appuyées sa belle aventure. Basé sur un Stoner Rock aux teintes sudistes, l’univers de BASK est aussi complexe que ses contours sont parfois si nombreux que l’on peut s’y perdre. Pourtant, l’unité artistique des Américains est évidente et c’est ce côté insaisissable qui la rend justement irrésistible.

BASK

« The Turning »

(Season Of Mist)

Il y a déjà un peu plus de dix ans, BASK faisait son apparition avec « American Hollow » (2014), un premier album audacieux qui affichait déjà beaucoup d’ambition. Depuis, le groupe n’a pas revu ses prétentions à la baisse, « Ramble Beyond » (2017) et « III » (2019) attestant de sa grande créativité. En l’espace de trois réalisations, il a créé ce qu’il nomme lui-même de la ‘Heavy Americana’, un style qui est le point de rencontre entre le Roots Rock, le Psychédélique, le Stoner et le Desert Rock avec une touche Southern des Appalaches.

Cela dit, même si toutes ces sonorités sont présentes, et auxquelles on peut aussi ajouter un soupçon de Space Rock, considérer que BASK fait partie de la grande famille Heavy Stoner Psych résume assez bien les choses. Et « The Turning » s’inscrit parfaitement dans cette veine aussi solide que tourbillonnante. Puissant et aérien, ce nouvel opus accueille également le guitariste Jed Willis, qui brille ici par son jeu de pedal steel et projette les morceaux dans une dimension encore plus Psych. Les tessitures s’y multiplient et sont sinueuses.

Le voyage commence dès d’intro et promet d’entrée de jeu d’être immersif. « The Turning » est une sorte de labyrinthe musical, où se succèdent des atmosphères liées par un chant qui tient lieu de guide. Avec un aspect compact, BASK se montre très changeant tout en gardant un cap hypnotique (« In The Heat Of The Dying Sun », « The Traveler », « Unwound », « Dig My Heels », « Long Lost Night » et le morceau-titre). Dans un élan cosmique, le quintet se fait narratif, Sludge, progressif et même Folk. Une véritable prouesse d’ingéniosité.

Photo : Garrett Williams

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Heavy Stoner Psych

Slung : céleste

Entre ambiances aériennes et riffs dévastateurs, SLUNG joue sur les nuances et apporte beaucoup de soin à l’élaboration d’un Stoner Rock aussi Heavy que Psych. S’ils peuvent compter sur leur frontwoman, dont la prestation surclasse nombre de ses actuelles consœurs, les Anglais brillent aussi par leur impact instrumental, dont les inspirations sont d’une intensité qui les rend intemporels. « In Ways » se dévoile un peu plus à chaque écoute, même si son immédiateté séduit par une créativité très instinctive. A surveiller de très près !

SLUNG

« In Ways »

(Fat Dracula)

Assez éloigné de l’idée que l’on peut avoir de la scène musicale de Bristol, SLUNG est la vraie belle surprise en matière de Stoner britannique depuis bien longtemps. Elle se sera faite même fait sacrément attendre. Cela dit, les singles parus précédemment nous avaient déjà mis la puce à l’oreille sur ce à quoi nous pouvions nous attendre avec « In Ways », un premier album très abouti, tant au niveau de la composition comme de la production et de ses remarquables arrangements. Et avec la classe affichée, la boucle est bouclée.

Il est devenu très rare aujourd’hui de voir un groupe sortir un premier fort aussi raffiné et mature. C’est pourtant le cas avec SLUNG, dont on se doute sans mal que ses membres n’en sont pas à leur coup d’essai. Le travail d’écriture montre une belle osmose entre Katie Oldman (chant), Ali Johnson (guitare), Vlad Matveikov (basse) et Ravi Martin (batterie). Car si, bien sûr, la chanteuse interpelle d’entrée de jeu avec le fulgurant « Laughter », elle promet par la suite une performance hors-norme.

Au fils des morceaux, le quatuor impressionne et surtout parvient à surprendre tout au long de « In Ways ». Basé sur un Stoner Rock classique et groovy, SLUNG s’avance aussi dans des atmosphères psychédéliques et progressives, rappelant d’ailleurs certaines formations vintage. Très expressif, le chant offre un relief étonnant, tant la palette est riche, mais ce serait vite oublier les autres ressources du combo (« Class A Cherry », « Come Apart », « Collider », « Matador », « Limassol », « Heavy Duty », « In Ways »). A découvrir d’urgence !

Photo : Ian Coulson

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Heavy Stoner Psych post-Rock Stoner Prog

Ikitan : the breath of the earth

Après deux formats courts, les Transalpins passent enfin à la vitesse supérieure et après des années de travail durant lesquelles ils ont investi les Marsala Studios de leur ville de Gênes, voici « Shaping The Chaos ». Mêlant Heavy Stoner Psych et post-Rock progressif, IKITAN se fait très original et paraît avoir minutieusement assemblé ses nouvelles compos en prenant soin de chaque détail. Sur une production parfois rugueuse, mais lumineuse et organique, l’ensemble est fluide et très dynamique.

IKITAN

« Shaping The Chaos »

(Taxi Driver Records)

Découvert il y a cinq ans à l’occasion d’un EP audacieux, « Twenty-Twenty », constitué d’un seul titre de 20 minutes et 20 secondes, IKITAN avait ensuite récidivé l’année suivante avec « Darvaza y Brinicle », sorti en cassette à une poignée d’exemplaires. On retrouve d’ailleurs ces deux titres sur ce premier album que les Italiens travaillent depuis 2021. Ils y ont peaufiné leur Heavy Stoner Psych aux teintes post-Rock et progressives, et comme « Shaping The Chaos » est entièrement instrumental, il est franchement hypnotique.

Cette fois, le power trio propose près d’une heure de voyage sonore, où il nous offre sa vision d’évènements naturels ayant secoués la planète à des endroits bien spécifiques, neuf au total. Ainsi, ce concept commence avec « Chicxulud », qui fait office d’intro et livre le ressenti puissant et massif d’IKITAN sur le cratère de l’impact qui a tué les dinosaures. Deux minutes qui imposent « Shaping The Chaos » de belle manière. Et la suite nous mène dans la Vallée de la Mort, au Kenya, en Antarctique et même aux côté d’une baleine…

Toujours aussi progressif, variant les tempos et avec à un beau travail sur les tessitures, le groupe se montre particulièrement accrocheur. IKITAN monte en puissance au fil des morceaux, multipliant les riffs solides, les lignes de basse hyper-groovy et avec un batteur très aérien et parfois aussi assez Metal. D’atmosphères planantes en grondements sauvages, le combo fait preuve de beaucoup de créativité comme sur « Natron », pièce maîtresse du disque où s’invitent percussions et violon, ou encore le génial « 52Hz Whale ». Exaltant !

Retrouvez l’interview du groupe à la sortie de sa première production :

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Heavy Stoner Psych Stoner Doom

Torpedo Torpedo : blasted orbit

Rarement un si jeune groupe aura paru aussi insaisissable. Si les premiers titres de ce premier opus peuvent laisser présager de la suite, le combo prend tout le monde à contre-pied avec une dextérité et une fluidité très réfléchies. Sans intellectualiser son style et son jeu, TORPEDO TORPEDO déploie beaucoup de sensibilité et de feeling. Le groupe sait déjà parfaitement où il va, et les émotions sur lesquelles il se meut font écho à un nombre impressionnant de courants musicaux. « Arrows Of Time » développe des allures cosmiques et accrocheuses avec une justesse puissante et très personnelle.

TORPEDO TORPEDO

« Arrows Of Time »

(Electric Fire Records)

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la scène Stoner autrichienne est d’une grande discrétion, pour ne pas dire d’une confidentialité presqu’absolue. Cela dit, les choses pourraient changer, car les Viennois font une entrée assez fracassante et surtout très convaincante avec leur premier album, « Arrows Of Time ». Après avoir sorti un premier EP de quatre titres en 2022 (« The Kuiper Belt Mantras »), TORPEDO TORPEDO se présente cette fois sur la longueur, ce qui permet de constater et de savourer toute la richesse et l’originalité de son Heavy Stoner Psych extrêmement varié.

Car, dans une ambiance assez cinématique, le power trio multiplie les embardées et se montre d’un éclectisme parfois surprenant. Empruntant au Space Rock, au post-Rock, au Doom essentiellement, mais aussi en glissant quelques touches bluesy dans les guitares, on y décèle même des réminiscences Grunge dans la voix. Autant dire que les membres de TORPEDO TORPEDO ont parfaitement assimilé un nombre important de styles et, même en opposition, ils parviennent à leur donner vie dans une unité bluffante et singulière. Une belle preuve d’intelligence et de maîtrise.

Résumer « Arrows Of Time » en quelques mots est peine perdue, puisque chacun des huit morceaux sont très différents dans leur approche. Pourtant, on s’y retrouve ! TORPEDO TORPEDO prend le soin de ne pas nous perdre en route, malgré des envolées aériennes qui viennent côtoyer des déflagrations chaotiques volcaniques dans un Doom Metal lourd. Ecrasant, mais terriblement groovy, ce premier effort joue sur une technique, plus qu’une technicité, dans des atmosphères qui peuvent être intrigantes, légères, progressives, enivrantes ou carrément épiques. Spectaculaire !

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Heavy Stoner Psych Stoner Doom

Starmonger : occulte et sinueux

Si les pointilleux trouveront toujours quelques références, parfois évidentes, dans cette nouvelle réalisation des Français, il faut reconnaître une chose, c’est qu’ils ont franchi un cap et que le Stoner aux teintes multiples proposé ici est original et très personnel. Compact et tranchant, « Occultation » change d’ambiance au fil des titres, tout en conservant une ligne directrice claire. STARMONGER avance sur un groove épais et affirmé, et laisse de la place pour des solos de guitare bien menés et convaincants.     

STARMONGER

« Occultation »

(Interstellar Smoke Records)

STARMONGER fêtera ses dix ans d’existence l’an prochain et « Occultation » sera une belle occasion de les célébrer sur scène. Sur une pente ascendante depuis ses débuts avec la sortie de quatre EPs consécutifs et d’un premier album autoproduit en 2020, « Revelation », le trio se présente avec de bonnes intentions sur ce deuxième opus solide et massif. S’il taquine toujours autant quelques registres comme le Classic et le Space Rock, l’ensemble trouve son identité dans un Heavy Stoner Psych plus assumé, semble-t-il, et surtout de plus en plus probant.

Les Parisiens gardent aussi cette couleur très Doom et un élan épique, notamment dans le chant (« Conjuction »). Composé dorénavant d’Arthur Desbois (chant, guitare), Mathias Friedman (basse) et Seb Antoine (batterie), ces deux derniers assurant aussi les chœurs, STARMONGER s’appuie sur une rythmique bétonnée, qui donne du corps à des plages instrumentales conséquentes. Avec des titres dépassant les formats standards d’autres styles, le power trio prend son temps pour installer des atmosphères tortueuses et captivantes.

Assez progressif dans la structure de ses morceaux, le groupe nous guide dans un univers sombre et souvent pesant, d’où surgissent de puissantes déflagrations. Grâce à un sens du riff aiguisé et soigné, « Occultation » se fait aussi lancinant avant de nous rattraper avec des attaques frontales flirtant avec le Metal. Et STARMONGER a également pris soin de ne pas boucher l’espace sonore et laisse intelligemment respirer ses compositions, grâce aussi à des lignes de basse irréprochables (« Black Lodge », « Serpent », « Page Of Swords », « Phobos »). L’ensemble est vif et bien ciselé !     

Photo : Cécile Corbois