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Stoner Rock

Valley Of The Sun : une robuste sincérité

C’est une Amérique sous le soleil, et souvent même sous le cagnard, que VALLEY OF THE SUN met en musique depuis un peu plus d’une décennie déjà. Avec « The Chariot », le quatuor de Cincinnati signe un petit chef-d’œuvre bluesy, très Rock et brut. Sur un Stoner frontal, les Américains vont au plus près, et au plus juste, du plaisir.  

VALLEY OF THE SUN

« The Chariot »

(Fuzzorama Records/Ripple Music)

Stellaire et surtout lumineux et solaire, ce nouvel album de VALLEY OF THE SUN coche toutes les cases d’un disque Stoner Rock fédérateur et vraiment inspiré. En 12 ans de carrière, le quatuor de Cincinnati, Ohio, continue sa route sur un rythme effréné, c’est vrai, et toujours guidé par un instinct incroyable. Sans fioriture, ni excès de zèle, le groupe se livre encore avec élégance et détermination.

« The Chariot » transpire l’Amérique dans ce qu’elle a de plus authentique, à la manière d’un Clint Eastwood ou d’un Sean Penn : avec une vérité chevillée au corps (« As We Decay »). Hypnotisant grâce à la voix de Ryan Ferrier (également à la guitare), VALLEY OF THE SUN s’affranchit des codes du Stoner Rock pour nous embarquer dans une vision très actuelle de son quotidien (« Images », « Running Out Of Love »). 

Sur un Fuzz très maîtrisé et surtout un panache Heavy Rock très américain, le combo s’appuie sur une rythmique millimétrée et pourtant sauvage, parfaitement enrobée des riffs aériens, ou appuyés, des deux guitaristes. VALLEY OF THE SUN distille un souffle Rock’n’Roll en continue entre un Stoner habile et musclé et un Rock US affûté très captivant (« Evil I’ve Become », « The Chariot », « Headlights »). Du grand art et de la belle ouvrage.

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Doom

Las Cruces : monstres sacrés

Le Doom à l’état pur, originel. Voilà comment on pourrait résumer ce tant attendu nouvel album des Texans de LAS CRUCES. « Cosmic Tears » est un parfait concentré de ce que représente ce courant du Metal, qui compte aujourd’hui tant de branches. Epique et mélodique à souhait, reposant sur un chant très expressif et non-growlé, le combo distille des riffs qui nous plongent dans des torpeurs captivantes sur une rythmique redoutable.Un cran au-dessus !

LAS CRUCES

« Cosmic Tears »

(Ripple Music)

Fondé en 1994 à San Antonio au Texas, LAS CRUCES fait partie de la légende du Doom Metal américain au même titre que Trouble, notamment. Avec seulement quatre albums, dont « Cosmic Tears », et quelques singles, le trio (quintet en live) s’est fait un nom et est considéré aujourd’hui comme une référence incontestable du genre. Et après ses débuts fracassants, le groupe atteint de nouveaux sommets avec une classe éblouissante.

Si les vétérans avaient marqué les esprits avec « Ringmaster » (1998), il se pourrait qu’ils en fassent de même avec « Cosmic Tears », qui s’étale sur une heure et qui s’inscrit dans la plus pure tradition Doom. On retrouve chez LAS CRUCES beaucoup de similitudes avec d’autres maîtres du genre comme Candlemass, par exemple. Mais sans sonner Old School, les Texans présentent surtout une intemporalité assez incroyable jusque dans la production.

Sur ce quatrième album, on mesure toute l’influence du trio sur la scène internationale. Les riffs de George Trevino sont massifs et tranchants, la rythmique pesante et aérienne mène la danse et le chant de Jason Kane transcende les morceaux avec une clarté et une puissance très Heavy (« Cosmic Tears », « Wizard From The North », « Egypt », « Holy Hell »). LAS CRUCES fait une véritable démonstration de force avec un panache hors-norme.

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Stoner Rock

Besvärjelsen : l’attraction du grand nord

Envoûtant et entraînant, ce deuxième album des Suédois de BESVÄRJELSEN est une sorte de voyage initiatique d’une incroyable richesse musicale. « Atlas » est une avalanche de mélodies pêchues et hypnotiques guidée de main de maître par une très bonne chanteuse et ancré dans un Stoner Rock harmonieux et très créatif. A ne surtout pas manquer !

BESVÄRJELSEN

« Atlas »

(Magnetic Eye Records)

Fondé en 2014 en Suède, dans le grand nord à quelques encablures de la Finlande, BESVÄRJELSEN aurait pu compter parmi les nombreuses formations de musique païennes locales tant leur terre est riche de cultures anciennes et de légendes. Pourtant, le groupe œuvre dans un Stoner Rock mélodique d’où s’échappent aussi quelques consonances progressives, Folk et Classic Rock. Un savoureux mélange des genres !

Initialisé par les guitaristes et chanteurs Andreas Baier et Staffan Stensland rejoints par la flamboyante chanteuse Lea Amling Alazam, le combo suédois accueille rapidement l’ancien batteur et l’ancien bassiste de Dozer et de Greenleaf : Erik Bäckwall et Johan Rockner. Autant dire qu’avec une telle rythmique, BESVÄRJELSEN repose déjà sur de solides fondations et l’inspiration est plus qu’au rendez-vous.

Après deux EP et un album, « Atlas » est donc le deuxième opus du quintet scandinave et il propose une belle épopée musicale, grâce notamment à la voix de sa frontwoman qui est un atout majeur dans les lignes mélodiques des morceaux. Très dense et soigneusement arrangé, ce nouvel effort regorge littéralement de pépites et il s’écoute sur la longueur avec un émerveillement constant. BESVÄRJELSEN se montre original, inventif et très séduisant.

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Heavy Psych Rock Stoner Blues Stoner Rock

Geezer : une épopée grisante

Lorsque trois musiciens sont guidés par une volonté commune elle-même portée par un groove exceptionnel, cela donne vie à l’un des meilleurs groupes de Heavy Stoner Blues de ces dix dernières années. Avec ce sixième album, « Stoned Blues Machine », GEEZER partage le plaisir de son jeu bluesy et Psych sur des morceaux addictifs et d’un feeling exceptionnel.

GEEZER

« Stoned Blues Machine »

(Heavy Psych Sounds Records)

Cosmique et Heavy, le Stoner Blues du trio new-yorkais fait de nouveau des étincelles sur le bien-nommé « Stoner Blues Machine ». Avec ce sixième album, GEEZER vient affirmer son étincelante vision d’un registre qu’il contribue à élever au fil de ses réalisations. Pat Harrington (guitare, chant), Richie Touseull (basse) et Steve Markota (batterie) repartent en croisade avec une vision bluesy très personnelle.

Cette fois encore, les Américains nous embraquent dans un voyage musical dont ils le secret sur un groove surpuissant, magnifié par l’excellente production  de Chris Bittner qui parvient à projeter GEEZER dans une autre dimension. Si le Blues reste la base du combo, « Stoned Blues Machine » va bien plus loin en explorant un espace sonore totalement investit par la créativité et la technicité du trio.

Le groupe se fond dans une détente psychédélique pourtant portée par des riffs épais où le feeling des trois musiciens met en évidence leur plaisir de jouer (« Saviours »). Entraînant, ce sixième opus avance sur des rythmiques hypnotiques et d’une incroyable fluidité (« Logan’s Run », « Broken Glass », « Stoned Blues Machine »). GEEZER transmet une joie palpable grâce à un style plein de vie. Hors-norme !

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Ambient Doom Progressif

Cities Of Mars : le son de la planète rouge

Depuis sa création en 2015, le trio de Göteborg s’est lancé dans une aventure, dont le concept de base est axé sur la science-fiction. Et CITIES OF MARS explore l’espace à travers ses textes aussi intensément que dans une musique très narrative. Avec ce troisième éponyme, les Suédois nous font voyager sur les reliefs chaotiques de Mars et dans un Doom Progressif intense et captivant.

CITIES OF MARS

« Cities Of Mars »

(Ripple Music)

Depuis maintenant sept ans, CITIES OF MARS s’est lancé dans la narration, sur fond de Doom Progressif, de l’histoire d’un astronaute soviétique en mission spatiale secrète en 1971. Celui-ci découvre une ancienne cité martienne et réveille du même coup une conspiration endormie depuis l’aube de l’humanité. Et avec ce troisième album éponyme, le trio relate un nouvel épisode, tout en apesanteur.

Album concept, « Cities Of Mars » nous invite à la découverte de l’histoire des sept villes de la planète rouge et le voyage est plus que saisissant. Danne Palm (chant, basse, claviers), Christoffer Norén (guitare, chant) et Johan Aronstedt (chant, batterie) font de CITIES OF MARS un groupe assez unique en son genre. A la fois sophistiqué et doté d’arrangements très soignés, ce Doom Progressif est d’un niveau exceptionnel.

Sur des effets savamment dosés et parfaitement orchestrés, la musique des Suédois devient très vite immersive et presqu’obsédante. Dans une atmosphère globalement Ambient, les riffs se font précis et lourds, et parfois même acoustiques. Et si les morceaux sont éthérés, la richesse des mélodies et le travail incroyable effectué sur les voix montrent que CITIES OF MARS et son univers Sci-Fi regorgent de créativité.

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Heavy Psych Rock Stoner Rock

Ecstatic Vision : vibrations sauvages

Façon bêtes de somme sous acid, les Américains d’ECSTATIC VISION déversent sans ménage leur Stoner Heavy Psych sur un quatrième album, où le quatuor de Philadelphie vient se placer au-dessus de la mêlée. « Elusive Mojo » associe une vitesse d’exécution et une imposante puissance pour tout écraser sur son passage.

ECSTATIC VISION

« Elusive Mojo »

(Heavy Psych Sounds Records)

S’ils n’étaient pas musiciens, ces quatre-là pourraient être bûcherons sans aucun problème. Plus musclé et féroce que jamais, le combo de Philadelphie élève d’un cran la folie qui l’habite avec ce « Elusive Mojo », où son Stoner très Heavy et Psych atteint une dimension quasi-cosmique. ECSTATIC VISION plane très haut, joue très fort et ne fait pas dans le détail.

Enregistré en condition live sur une bande 2 pouces probablement pour mieux saisir toute l’épaisseur de son jeu, ce quatrième album dégage une lourdeur et une saveur Rock’n’Roll authentique, brute et même brutale. Noyant même la wah-wah dans des distorsions inouïes, ECSTATIC VISION développe un groove sauvage et une débauche de décibels hors-norme.

Solidifié par le mastering de Tim green (Melvins), ce nouvel opus défie les lois du Stoner Rock grâce à des vibrations presque déstabilisantes, tant l’énergie déployée est d’une puissance phénoménale (« Times Up », « Venom », « The Countdown »). Les parties de saxophone et de basse font d’ECSTATIC VISION un combo à part dans le paysage Rock Heavy Psych.  

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Desert Rock Heavy Psych Rock Stoner Rock

Stöner : ascensionnel

Avec « Totally… », le power trio passe à la vitesse supérieure avec un deuxième album, qui reflète parfaitement les influences de ses fondateurs Brant Bjork et Nick Oliveri. Le côté épais et Punk de son bassiste entremêlé avec le jeu solaire et Desert de son guitariste font de STÖNER la quintessence-même d’un Stoner/Desert Rock incandescent, riche et ardent.

STÖNER

« Totally… »

(Heavy Psych Sounds Records)

La réunion entre Brant Bjork (Kyuss, Fu Manchu) et Nick Oliveri (Kyuss, QOTSA, Mondo Generator) bien accompagnés par Ryan Güt derrière les fûts s’était révélée plus qu’enthousiasmante sur l’excellent Volume 4 des « Live In The Mojave ». Quelques semaines plus tard, STÖNER confirmait cette belle créativité avec « Stoners Rule », un premier album en forme de gigantesque et addictive jam.

Le trio américain transpire le Rock’n’Roll et « Totally… » vient confirmer les espoirs placés dans ces monstres sacrés d’un style qu’ils ont eux-mêmes fortement contribué à créer. Se partageant le micro, le duo Bjork/Oliveri emporte STÖNER dans un tourbillon où le Hard Rock Old School, le Heavy Blues, le Desert et le Punk Rock font la fête sans relâche. Et cette solide communion emporte tout sur son passage.

Soufflant le chaud et le froid, le combo déploie un groove imparable où un chaos sourd côtoie des riffs solaires et où le jeu des Californiens se fait aussi galopant que lancinant. Très coloré, le style de STÖNER se précise et s’ouvre à d’autres dimensions dans une complicité à trois très décontractée (« A Millions Beers », « Space Dude & The Burn », « Turn It Around Now », « Great American Sage »). Brillant.

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Heavy Psych Rock Stoner Rock

Saturna / Electric Monolith : stoned in Barcelona

Ripple Music parcourt le monde en quête de ce qui se fait de mieux en termes de Stoner Rock et de ses dérivés et c’est dans la capitale catalane, Barcelone, que cette nouvelle escale se déroule. Entre ambiances Southern et 70’s, le groove et le feeling des deux formations s’enflamment dans un psychédélisme authentique, solide et planant.

SATURNA / ELECTRIC MONOLITH

« Turned To Stone Chapter 4 : Higher Selves »

(Ripple Music)

En plus de sortir très régulièrement les albums des meilleurs représentants de la scène Stoner, Doom et Psych de la planète, Ripple Music a lancé avec ingéniosité quelques séries de collaborations audacieuses à travers des splits, dont ceux intitulés « Turned To Stone », et voici le quatrième chapitre. C’est à Barcelone que ce nouveau volet nous invite avec les groupes SATURNA et ELECTRIC MONOLITH pour ce « Higher Selves » de haute volée et captivant d’un bout à l’autre.

Commençons donc avec SATURNA qui ouvre le bal avec talent et affiche d’entrée la luminosité si caractéristique et chère et à la capitale catalane. Stoner évidemment, le combo et sa décennie d’existence nous enveloppent dans un Rock d’où émanent des effluves Southern bienfaisantes et pleines de finesse. Avec une belle fraîcheur et après quatre albums, les Espagnols présentent des morceaux aux envolées classiques et efficaces (« Following The Sun », « Drowning », « Don’t Run »).

Place ensuite à leurs voisins d’ELECTRIC MONOLITH dans un registre pas si éloigné, qui se veut toutefois plus Heavy Rock et Psych dans l’approche. Du haut de ses sept années de Stoner, le trio barcelonais joue sur de belles nuances empruntées aux 70’s et aux maîtres du genre, Black Sabbath et Led Zeppelin en l’occurrence, en y apportant une touche originale et actuelle (« Hold Me Again », « By My Side »). Les Catalans sont à la fois cosmiques et perchés, alors pas question de leur en vouloir (« So Lonely Drying »).

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Heavy Psych Rock

Decasia : un féroce engagement

Sur des rythmiques décomplexées et des ambiances surprenantes, ce premier album des Français est original et très mature. Grâce à des morceaux très bien structurés qui sont restés sauvages et explosifs, DECASIA livre une réalisation aboutie et impressionnante de maîtrise. Avec « An Endless Feast For Hyenas », le trio sort définitivement de l’ombre sur un Heavy Psych Rock et Stoner bien bâti.

DECASIA

« An Endless Feast For Hyenas »

(Heavy Psych Sounds Records)

Il aura suffit de deux EP, un premier album éponyme en 2004 et « The Lord Is Gone » en 2017, à DECASIA pour taper dans l’œil du label italien Heavy Psych Sounds Records et signer son premier album. Le trio nantais, désormais exilé à Paris, n’en a pourtant pas perdu son esprit live et électrique et « An Endless Feast For Hyenas » apparaît comme une première étape franchie.

Toujours dans cette volonté d’indépendance qui l’anime, c’est dans une grange transformée en studio que DECASIA a enregistré son premier album et le son très organique et profond qui s’en dégage révèle d’une authenticité sans faille. Le Rock musclé et très Psych du combo emprunte au Stoner jusqu’au Space Rock dans une déferlante de décibels enveloppantes. « An Endless Feast For Hyenas » est tout ça à la fois.

Si DECISIA aime jouer sur les atmosphères, son jeu et ses nouveaux morceaux restent explosifs, grâce à des riffs épais et massifs (« Iliod », « Cloud Sultan », « Override »). Un brin épique dans son approche (« Sunrise », « Hyenas On The Gate »), le trio monte en régime au fil de l’album et se montre très solide en plus d’être particulièrement original et d’une belle fraîcheur.

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Stoner Rock

Steak : céleste

Sobre et presqu’épuré, et tout en jouant sur une densité particulièrement maîtrisée, STEAK affiche une ambition à la hauteur de son inspiration… très élevée. Le quatuor anglais absorbe des codes Stoner pour mieux se les approprier, variant la puissance de ses guitares, la souplesse de son duo basse/batterie et présentant un chant solaire sur lequel les voix de Chantal Brown (Vodun) et Tom Cameron (ex-Crystal Head) ajoutent une dimension quasi-mystique. Parfaitement produit, « Acute Mania » est un modèle du genre, un mètre étalon.

STEAK

« Acute Mania »

(Ripple Music)

Avec ce troisième album, les Londoniens de STEAK viennent définitivement assoir leur talent et leur influence devenue majeure sur la scène européenne du Stoner Rock. Depuis bientôt 15 ans, le quatuor se forge un style original, mélodique et surpuissant, s’affranchissant de belle manière des références assez naturelles et presqu’instinctives de ses débuts. Et en pionnier du registre en Angleterre, c’est aujourd’hui avec le statut de fer de lance que le groupe livre « Acute Mania ».

Après avoir fait ses armes en indépendant sur une série d’EP, puis avec « Slad City » (2014) et « No God To Save » (2017), STEAK affiche dorénavant une identité unique et singulière, loin des stéréotypes Stoner habituels. Edifié sur des riffs massifs et aériens, des rythmiques soufflant le chaud et le froid et intégrant même des percussions et surtout sur des parties vocales à couper le souffle, « Acute Mania » devient très vite addictif.  

Dès « Wolves », STEAK pose les jalons de ce nouvel album. Départ planant et en douceur sur la voix envoûtante de son chanteur Kippa avant une explosion de décibels libératoire, qui annonce déjà ce que nous réserve ce nouvel opus. Grâce à une chaleur Blues très Desert Rock, le Stoner des Britanniques offre une variété de sonorités incroyables entre puissance et délicatesse (« Ancestors », « Last Days », « System », « Mono »). Epoustouflant et monumental !