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Heavy metal

Attika : la fougue retrouvée

Après un album éponyme en 1988 et un second trois ans plus tard, ATTIKA a complètement disparu de la circulation, la faute à un Heavy Metal américain qui ne séduisait plus autant les foules. Trois décennies plus tard, motivés et remontés à bloc, les Américains de Floride font leur retour… et il est fracassant.

ATTIKA

« Metal Lands »

(Pure Steel Records)

Fondé à la fin des années 80, ATTIKA a connu une belle ascension jusqu’à son deuxième album en 1991 (« When Heroes Fall »), avant de retomber dans l’oubli ne réussissant pas à passer le cap des années 90/2000, fatal à pas mal de groupe. Le quatuor de Melbourne aux Etats-Unis s’est donc éteint par la force des choses et 30 ans plus tard, les revoici avec « Metal Lands ».

Robert Van War (chant) et Jeff Patelski (batterie) se sont depuis adjoints les services de Glenn Anthony (basse) et du très bon Bill Krajewski (guitare) pour un nouvel opus qu’on espère être celui du renouveau. En tout cas, le frontman du groupe semble avoir retrouvé la fougue de sa jeunesse et livre une prestation solide et franchement enthousiaste. ATTIKA est reparti pour un tour, et c’est plutôt réjouissant.

Dès le morceau-titre qui ouvre l’album, le quatuor fait preuve d’une vigueur exceptionnelle et les réflexes sont intacts (« Like a Bullet », « The Price »). De belles envolées lyriques aux solos millimétrés en passant par des riffs tranchants et racés, les Américains renouent avec leur Heavy Metal estampillés US, qui a forgé la marque de fabrique d’ATTIKA (« Run with the Horseman », « Sincerely Violent »). 

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Heavy metal

Aeonblack : riffs d’acier

Très rentre-dedans tout en restant mélodique, les Allemands d’AEONBLACK sortent les crocs après six ans d’absence sur ce nouvel album, « The Time Will Come », où le quatuor s’engouffre dans un Heavy Metal costaud. Sur des refrains très accrocheurs, les Teutons ne révolutionnent pas le genre, mais y apportent de belles envolées épiques à travers une interprétation remarquable.  

AEONBLACK

« The Time Will Come »

(Black Sunset/MDD Records)

Le quatuor aura mis plus de cinq avant de livrer le successeur de « Metal Bound », son premier album. Et c’est toujours dans la grande tradition du Heavy Metal germanique inscrite par Helloween ou Accept qu’AEONBLACK poursuit sa route. Acéré et vif, le groupe n’a pas levé le pied sur ce « Time Will Come » de très bonne facture, et qui affiche une belle dynamique.

Dès « Specter In Black », le ton et le rythme sont donnés : puissant et rapide, le style des Allemands s’est étoffé et reste recentré sur des riffs super-efficaces et des solos incisifs (« I Won’t Think About Tomorrow »). Mixé et masterisé par Dennis Ward (Pink Cream 69, Magnum), ce deuxième album d’AEONBLACK étonne aussi par sa qualité de production et son jeu très fluide.

Mené par son chanteur Holger Berger, dont la voix présente de grandes similitudes avec celle de Rob Halford, le combo délivre des morceaux solides et percutants (« Warriors Call », « The Phantom of Pain », « Fire Wheels »). Avec un morceau-titre véritable pièce maîtresse de l’album, AEONBLACK propose une belle intro (« 1999 Annihilation Overture ») et pose une atmosphère presqu’épique avant huit minutes d’un Heavy Metal rageur. 

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edito

Ah ! Les Etasuniens…

La première fois que j’ai vu cette expression, j’avoue que ça m’a bien fait marrer ! Et comme il s’agissait d’un média musical spécialisé plutôt sérieux, j’ai trouvé le jeu de mot assez marrant. Sauf que c’est devenu une habitude et presqu’un réflexe. On le lit un peu partout, et ça en devient presque gênant. C’est une très bonne chose que la langue évolue, mais ce serait dommage de se pencher pour devoir la ramasser. Bref, les Etasuniens…!

Outre cette ignominie linguistique, il faut reconnaître que, culturellement, le Rock, le Blues ou le Metal sont nettement plus présents et surtout depuis beaucoup plus longtemps dans la culture américaine. A savoir si c’est mieux… En tout cas, c’est super plaisant de faire ses courses en écoutant Aerosmith ou Lynyrd Skynyrd, ou d’aller poster une lettre sur fond de Bon Jovi ou de Springsteen. Testé et approuvé. Ah, les Etasuniens…!

Pour en venir à Rock’n Force, aux albums chroniqués et aux groupes interviewés, il reste toujours ce fossé immense dans le respect que les artistes ont pour les (petits) médias. Arrivant bons derniers en termes de respect et de courtoisie, nos chers représentants français se maintiennent en pôle position sur l’arrogance et la prétention. Mais pas tous, hein… Bien sûr ! Et rien à voir avec les Paybasiens non plus. Alors, encore bravo les Etasuniens !

Une dernière remarque après un peu plus d’un mois de vie sur le Net pour Rock’n Force, à  laquelle je ne peux résister. Parmi les statistiques en tout genre que livre WordPress quotidiennement, il y en a une qui me surprend à chaque fois : celle des pays qui visitent le site, lequel est écrit en français, rappelons-le. Et très régulièrement, ce sont les Etats-Unis qui arrivent en tête avec d’autres pays anglophones ! Alors, la question se pose : dois-je rédiger mes articles en étasunien ?   

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Stoner/Desert

Acid Mammoth : c’est là que les Athéniens anéantirent !

Révélation du Doom grec avec « Under Acid Hoof », ACID MAMMOTH continue de creuser son épais sillon. Le quatuor a profité de l’atmosphère sombre et étrange du confinement pour s’enfoncer dans des profondeurs métalliques pour concevoir « Caravan », un nouveau périple où les rythmiques pachydermiques côtoient des solos étourdissants.

ACID MAMMOTH

« Caravan »

(Heavy Psych Sounds Records)

Depuis 2015, ACID MAMMOTH a entamé sa lourde marche à travers un Stoner Doom massif et assommant. Troisième étape pour le quatuor grec qui a conservé l’esprit et les codes de son précédent album dans le design de la pochette de « Caravan ». Et cette descente en rouge et noir dans les abysses musicaux semble vraiment inscrite dans les gènes du combo, qui présente son album le plus complet et abouti à ce jour. 

L’an dernier, « Under Acid Hoof » avait déjà révélé les qualités des Hellènes, confirmées sur le volume 2 des « Doom Sessions » de leur label aux côtés de 1782 un peu plus tard. Avec ce nouvel opus, les Babalis père et fils (guitares et chant), Dimosthenis Varikos (basse) et Marios Louvaris (batterie) imposent leur style avec force et conviction. ACID MAMMOTH fait rimer Metal hypnotique et Fuzz frénétique.

Si l’album démarre par un petit rire démoniaque et un morceau clairement Stoner Rock et mélodique (« Berserker »), le groupe retournent très vite dans un Doom caverneux sur des morceaux aussi massifs qu’épais (« Psychedelic Wasteland », « Ivory Towers »). Et ACID MAMMOTH continue son imposante mainmise sur le morceau-titre long de 11 minutes avant de porter le coup de grâce sur le diabolique « Black Dust ». On en redemande !

Bandcamp : http://acidmammoth.bandcamp.com/

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Blues

Skylar Rogers : made in Chicago

SKYLAR ROGERS puise son Blues dans son cheminement personnel pour livrer un premier album très Rock et Soul. Authentique, la chanteuse américaine joue autant de la puissance de sa voix que de la sincérité et de la profondeur qu’elle lui accorde. Sans coller aux standards de Chicago, sa ville, la chanteuse propose un Blues Rock authentique, généreux et saisissant.

SKYLAR ROGERS

« Firebreather »

(Independant)

Etant née et ayant grandi dans les quartiers difficiles de Chicago, SKYLAR ROGERS vit le Blues comme qu’elle le chante… avec force ! Après un premier EP en 2019 (« Insecurities »), elle sort enfin son premier album dans cette période malheureusement difficile et qui lui a valu d’arrêter une grande tournée américaine bien lancée. La chanteuse a d’ailleurs co-écrit « Firebreather », qui est aussi sensible que punchy.

Toujours accompagné de son groupe, l’excellent The Blue Diamonds, la frontwoman n’est pas là pour faire de la figuration et distille un Blues Rock teinté de Soul avec quelques touches rappelant même la Motown. Multipliant les morceaux assez mid-tempos (« Hard Headed Woman », « Back To Memphis »), SKYLAR ROGERS n’en oublie pas pour autant le côté mordant que lui permet ses capacités vocales (« Failure », « Moving On »).

Très varié dans son ensemble, « Firebreather » ne ressemble pas aux albums enregistrés à Chicago, malgré bien sûr quelques piqûres de rappel (« Thankful »). En marge des dynamiques morceau-titre et « Like Father Like Daughter », SKYLAR ROGERS sait aussi se faire plus émotive et touchante comme sur le délicat et poignant « Drowning ». Avec un premier album aussi abouti, l’Américaine fait son entrée par la grande porte.

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Extrême

The Generals : Death’n’Roll

Bienvenue dans l’enfer des GENERALS, combo atypique qui opère un savoureux mélange de Death Metal et de Rock’n’Roll, en version écrasante et épique. Les Suédois se sont accaparés l’héritage du son cher à Dismember pour le mêler à une inspiration très Rock totalement massive et débridée.

THE GENERALS

« To Hell »

(Black Zombie Records)

Passé au filtre Rock’n’Roll, le Death Metal de THE GENERALS a quelque chose de généreux dans son approche, et c’est ce qui fait toute l’originalité du quatuor : une sorte de mix entre Entombed et Motörhead. Pour leur troisième album, les Suédois présentent des titres aux riffs écrasants, aux refrains homériques et aux mélodies apocalyptiques… « In Hell » porte bien son nom.

La première chose notable sur ce nouvel album est la production qui éclaircit très nettement les compos du groupe, affichant du même coup une identité plus marquée. Et « To Hell » démarre sur les chapeaux de roue avec des titres massifs et bien huilés (« Faith In Fire », « Demonical Trait », « Deadlock »). THE GENERALS donne le ton en s’enfonçant dans un registre nettement plus Death Metal sur des structures très Rock.

Le Suédois se reposent sur les riffs épais et tranchants de Richard Fäldt et Marius Tömte, les sauvages rythmiques de Martin Svensson et surtout la basse et le chant assassin de Rickard Heduar. THE GENERALS n’est pas là pour rigoler, mais pour mettre des claques à chaque titre (« Thrill Kill », « Undying Death »). Grâce à son style original et une technique rompue à la baston, le quatuor est une machine brutale et assommante. 

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Blues

Joanna Connor : wild slide woman

Produite par Joe Bonamassa, qui joue également sur deux titres de ce nouveau petit bijou, la chanteuse et guitariste JOANNA CONNOR déverse un Blues plein d’émotion et d’une énergie incroyable. Accompagnée par un groupe de classe mondiale, l’Américaine irradie de son talent les dix morceaux de « 4801 South Indiana Avenue », qui est d’une élégance totale. Un must !

JOANNA CONNOR

« 4801 South Indiana Avenue »

(KTBA Records)

Présente depuis les années 80 sur la scène Blues de Chicago, on ne présente plus JOANNA CONNOR, l’une des reines incontestables du Blues Rock et surtout une virtuose de la slide. Toujours très bien entourée, l’Américaine s’est adjoint les services d’un groupe hors-norme pour son 14ème album, le premier sorti sur le label indépendant de Joe Bonamassa, qui produit avec Josh Smith ce magnifique « 4801 South Indiana Avenue ».

Tirant son titre d’un haut lieu du Blues et Funky de Chicago, l’atmosphère qui se dégage de ce nouvel album de la songwriter est juste exceptionnelle. Soutenue par le claviériste Reese Wynans (SRV), du bassiste Cavin Turner, du batteur Lemar Carter et d’une session cuivre renversante, JOANNA CONNOR explose et tire des sons incroyables de sa Gibson. Toute aussi puissante vocalement, elle rayonne sur les dix morceaux.

Dominant les débats sur « Destination », « For The Love Of A Man » ou « I Feel So Good », la guitariste livre une prestation à la hauteur de sa réputation : fougueuse, dynamique et intense. Honky-Tonk sur « Come Back Home », pleine d’émotion sur « Bad News » en hommage à Luther Allison et presque psychédélique sur « It’s My Time », JOANNA CONNOR livre un vrai chef- d’œuvre, qui s’annonce comme un futur classique du genre. 

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Rock

Mason Hill : une brûlante douche écossaise

Grâce à un songwriting terriblement efficace, des refrains accrocheurs, des guitares explosives et percutantes et un chanteur rappelant très clairement un Chad Kroeger au meilleur de sa forme, MASON HILL se pose avec une évidence comme le renouveau du Rock britannique, version alternative et fortement marquée US. « Against The Wall » s’impose de lui-même et pour un premier album, va propulser les Ecossais sur le devant de la scène.

MASON HILL

« Against The Wall »

(7Hz Recordings – ADA/Warner)

S’inscrivant dans la lignée de Nickelback, Three Days Grave, 3 Doors Down ou Seether, MASON HILL fait son apparition sur la scène Rock Alternative avec un premier album, qui donne un sacré coup de pied dans la sphère Rock britannique. Il faut aussi dire que le quintet écossais n’est pas complètement inconnu, puisqu’il compte plus de 850 concerts à travers toute l’Europe avec l’émergence dans la foulée d’un solide following.

Autant dire que ce premier opus était très attendu. Et dès la première écoute, « Against The Wall » ne déçoit pas. Fougueux et mélodiques, les deux guitaristes du combo assènent autant de gros riffs que des parties instrumentales plus délicates. Avec un virevoltant et imposant Scott Taylor au chant, MASON HILL a tout pour séduire un jeune public en mal de Rock fédérateur que les plus aguerris qui apprécieront le côté impertinent de la formation.  

Enregistré il y a plus d’un an chez eux à Glasgow, puis à New-York pour les parties vocales, les Ecossais ont confié le mix de l’album à l’expérimenté Chris Sheldon (Biffy Clyro, Foo Fighters, …) qui a su en extraire une bonne dizaine de hits potentiels. En témoignent les trois premiers singles (« Against The Wall », « Find My Way », « D.N.A. »), qui ne sont que le prélude de la déferlante MASON HILL qui s’annonce.

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Blues

Selwyn Birchwood : éclatant de vérité

Remarqué dès ses débuts pour sa technicité et surtout son feeling, le guitariste et chanteur américain SELWYN BIRCHWOOD brille une fois encore sur ce troisième album, « Living In A Burning House », au groove et à l’originalité imparable. Accrocheur et sensible, le bluesman se veut très contemporain, tout en respectant l’héritage de ses aînés, et affiche une touche très personnelle.

SELWYN BIRCHWOOD

« Living In A Burning House »

(Alligator Records)

Après avoir été le guitariste de Sonny Rhodes, SELWYN BIRCHWOOD s’est lancé en solo en 2014 avec « Don’t Call No Ambulance », puis «  Pick Your Poison » deux ans plus tard. C’est sur le prestigieux label Alligator Records que le Floridien livre son troisième album, gage de la qualité et du talent du musicien. Et produit par Tom Hambridge (Buddy Guy, Susan Tedeschi), « Living In A Burning House » est une fois encore très relevé.

Brillamment accompagné par le saxophoniste baryton Regi Oliver, l’expérimenté batteur Philip Walter, le bassiste Donald Wright et Walter May aux claviers, SELWYN BIRCHWOOD fait parler le groove et son feeling à travers un Blues teinté de Rock et de Soul. Joueur de lap steel, on retrouve ce son si particulier au fil de l’album, apportant beaucoup de fraîcheur à des morceaux d’une énergie folle et d’une grande authenticité.

Influencé par Buddy Guy, Muddy Waters et Jimi Hendrix, l’Américain a parfaitement réussi à se créer une réelle identité, très identifiable grâce notamment à sa voix grave, son jeu virevoltant et un humour très présent. Sur une belle dynamique, SELWYN BIRCHWOOD distille ses morceaux avec une envie communicative et contagieuse (« Freaks Come Out At Night », « Can’t Steal My Shine », « I Got Drunk Laid And Stoned », le morceau-titre et « Mama Knows Best », un duo endiablé avec Diunna Greenleaf). Réjouissant !

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Heavy metal Progressif

Witherfall : chauffé à blanc

Lorsque quatre virtuoses décident de se défouler et de n’en faire qu’à leur tête, ça peut vite tourner au cauchemar… ou au mal de crâne. Avec WITHERFALL, c’est plutôt une explosion de mélodies mêlées à une technique et un groove hors-norme qui prend le dessus. Animés par une rage très virulente, les Californiens sont venus pour en découdre et « Curse Of Autumn » fait ressortir toute la classe de cet incroyable quatuor.   

WITHERFALL

« Curse Of Autumn »

(Century Media)

En seulement deux EP et ce troisième album, WITHERFALL s’est fait une place de choix dans le paysage Metal. Terriblement Heavy, un brin vintage, hyper-technique et très mélodique, le quatuor américain s’est créé un univers autour d’un style unique et original. Il faut dire qu’avec un line-up et une équipe pareille, le quatuor est à même d’en laisser plus d’un sur le carreau. Et pourtant, les Californiens sont en colère et « Curse Of Autumn » a été conçu dans l’optique de régler certains comptes et d’exorciser leur exaspération.

Avec pour ambition d’enterrer littéralement tous ceux qui ont entravé leur parcours, la formation menée par le chanteur et claviériste Joseph Michael et l’incroyable guitariste Jake Dreyer se fait franchement plaisir. Accompagné par Marco Minnemann (Demons & Wizards) derrière les fûts et Anthony Crawford et son groove légendaire à la basse fretless, le duo prend le taureau par les cornes et s’abat comme la vérole sur le bas-clergé… WITHERFALL n’en fait qu’à sa tête en brouillant sans cesse les pistes.

Faisant sans trembler le grand écart entre un Heavy Metal musclé, un Metal Progressif très structuré et un Technical Thrash totalement débridé, les Californiens en rajoutent et ne se perdent jamais. Breaks et ponts à perte de vue, solos à faire pâlir un Malmsteen (« The Last Scar ») et longs titres épiques (« And They All Blew Away », « Tempest »), WITHERFALL met tout le monde à terre entre demonstrations hallucinantes et mélodies radieuses (« As I Lie Awake », « Curse Of Autumn », « The Other Side of Fear »). Juste éblouissant !