Avec « Great Deception », les Azuréens proposent un EP de six titres, qui devient rapidement addictif. Issus de formations plutôt extrêmes, les musiciens de DIRTY BLACK SUMMER livrent cette fois un Stoner Rock penchant très sévèrement vers un Alternative Rock très américain. Relevé et affichant puissance et fermeté, le quintet nous embarque dans un registre irrésistible en surfant sur une belle dynamique.
DIRTY BLACK SUMMER
« Great Deception »
(Nova Lux Production/Season Of Mist)
Qui aurait cru que des membres de Svart Crown, In Other Climes et Wormsand se retrouveraient, un peu forcés par la situation sanitaire quand même, dans une nouvelle entité musicale si éloignée de leurs terrains de jeu habituels ? C’est pourtant la belle surprise créée récemment par DIRTY BLACK SUMMER et un premier EP oscillant entre Alternative Rock et Stoner, et franchement bluffant pour une production hexagonale. « Great Deception » a un parfum d’Amérique savoureux.
Certes, les ombres de Soundgarden et Nickelback planent sur les compos du groupe, mais avec un accent tout de même nettement plus marqué par le Stoner Rock. Grosse rythmique, guitares épaisses et une voix rappelant inévitablement Chad Kroeger (« Know Better »), DIRTY BLACK SUMMER propose un registre aussi rafraîchissant que convaincant et fédérateur. Assez inédit en France, les chœurs sont mis en avant avec une justesse rare et franchement remarquable (« You And I »).
Certains trouveront dans « Great Deception » une petite pointe de nostalgie, et pourtant le quintet sonne résolument moderne. Soutenu par une production efficace et massive, DIRTY BLACK SUMMER propose des morceaux solides, parfaitement interprétés et avec un parfait équilibre entre des mélodies accrocheuses et des riffs très rentre-dedans (« Forget My Name, », « Your Great Deception »). On aurait cependant largement pu se passer de « Womanizer » de la jolie Britney Spears, qui reste forcément aussi essentielle que l’originale.
Entre Dark Metal et Rock atmosphérique, (NO) HOPE IN SIGHT dévoile un registre original, musclé et mélodique. Avec un tel premier album, aussi pertinent dans ses compos qu’irréprochable dans sa production, le quatuor français présente un « Embrace » de grande qualité et de haut vol.
(NO) HOPE IN SIGHT
« Embrace »
(Independant)
La pochette de ce premier album de (NO) HOPE IN SIGHT est à l’image de la musique du groupe : élégante et sombre. Et ce n’est pas un hasard si le quatuor a choisi un morceau de Paradise Lost pour patronyme. On y retrouve cette même mélancolie mêlée à un jeu racé, mélodique et aux multiples facettes, le tout avec une touche très personnelle et également une production particulièrement soignée.
Grâce à ses musiciens aguerris, anciens membres ou toujours actifs de The Real Mac Coy, Godisdead, Clone Shop, Vicious Grace et Scarlean, (NO) HOPE IN SIGHT propose un album consistant et créatif. Jouant sur les ambiances, la musique du quatuor avignonnais passe du Metal au Rock avec même quelques touches New Wave et progressives très bien senties. « Embrace » est limpide et efficace.
Résolument moderne, le combo est guidé par la qualité d’interprétation et la précision de son chanteur, le groove de sa rythmique basse/batterie et un guitariste maîtrisant autant les riffs appuyés du Metal que les chorus plus Rock avec la même élégance (« One Day », « Promises », « Path », « In The Next Room »). (NO) HOPE IN SIGHT a de solides cartes en main et très probablement un avenir (souriant) devant lui.
Personnage incontournable du monde du Stoner/Desert, le bassiste/chanteur (et pas seulement !) NICK OLIVERI est devenu au fil des années une figure du genre. Originaire de Californie, il n’a pas mis longtemps à incarner l’âme du désert de Mojave et de Joshua Tree et son jeu groovy et percutant à la basse le rend immédiatement indentifiable. Acteur actif des groupes fondateurs du mouvement, c’est son côté Punk qui ressort sur ses projets solos et qui vient renforcer cette personnalité hors-norme.
NICK OLIVERI – « N.O. Hits At All vol. 7 » – Heavy Psych Sounds Records
Le très prolifique NICK OLIVERI livre l’ultime volet de ses compilations d’inédits et de raretés. C’est le septième volume et comme d’habitude, il regorge de titres étonnants et toujours aussi ravageurs. Pour rappel, le Californien fut le bassiste de Kyuss et de Queens Of The Stone Age avant d’œuvrer pour The Dwarves et de participer à un ombre incalculable d’albums. En 1997, le frontman créé Mondo Generator, qui devient son projet le plus personnel. Lancée en 2017 à sa signature chez Heavy Psych Sounds Records, la série « N.O. Hits At All » regroupe des morceaux pour l’essentiel inédits que NICK OLIVERI a joué avec les groupes par lesquels il est passé… et la liste est longue ! Une chose est sûre, on découvre une autre facette du bassiste/chanteur à travers une somme de titres très éclectiques. Incontournable.
MONDO GENERATOR – «Live At Bronson » – Heavy Psych Sounds Records
Fondé au milieu des années 90 avec Josh Homme, ce n’est qu’en 2000 que sort « Cocaine Rodeo », le premier album de MONDO GENERATOR, dont le célèbre homme du désert reste dorénavant le seul et unique leader. Après quelques réalisations jusqu’en 2012 et plusieurs mises en sommeil dues aux multiples projets et groupes d’Oliveri, le combo se remet en ordre de marche en février 2020 avec « Fuck It », où l’on retrouve toute l’ardeur du Stoner/Desert Punk décapant du trio. A la même époque, MONDO GENERATOR est au Bronson Club de Ravenne en Italie et y enregistre ce concert explosif comprenant 18 titres incandescents retraçant l’essentiel des classiques du groupe, mais aussi de Kyuss et Q.O.T.S.A. Un must !
Le Doom’n Bass de SEUM s’inscrit dans un Sludge Metal acéré et ravageur. Le trio français exilé au Québec sort enfin « Winterized », son premier album, après un EP et un split très convaincants. Ici, pas de guitare, mais une basse protéiforme qui guide une batterie infaillible et massive sur un chant rageur et incisif. Pleine face !
SEUM
« Winterized »
(Independant)
Si vous suiviez Rock’n Force sur Facebook avant la création du site, vous n’aurez aucun mal à retrouver l’interview et la chronique du premier très bon EP de SEUM. Expatrié au Québec, le trio français évolue dans une fulgurante formule basse/batterie/chant et a imaginé un Doom’n Bass décapant, qui vient donner un bon coup de frais au Sludge Metal. Le Canada semble leur avoir offert une nouvelle inspiration.
Après le très bon « Summer Of Seum », l’étonnante reprise de Prince et le split avec leurs amis parisiens de Fatima, SEUM livre enfin son premier album, très abouti et tout en puissance. Le trio a effectué un gros travail sur la production en apportant autant de corps que de finesse dans les ambiances. Toujours sans guitare, la basse se fait lourde, épaisse et le groove vrombissant fait le reste.
Gaspard (chant), Piotr (basse) et Fred (batterie) sont plus inventifs et inspirés que jamais comme en témoignent les sept plages de « Winterized ». A travers cinq nouveaux titres percutants, SEUM peaufine et affirme son style, tout en faisant un clin d’œil aux Ramones avec la reprise de « Pet Semetery », rebaptisée « Red Semetery ». Le trio va vous sauter à la gorge et vous allez en redemander !
Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !
DRAEMORA – « Death Rectangle » – Independant
Basé à Seattle, DRAEMORA semble aussi véloce dans sa démarche que dans sa musique. Après avoir sorti un premier EP, « Awakening » l’an dernier, le quatuor sort son premier effort et travaille déjà sur son deuxième opus. Autant dire que les Américains enchainent et pourtant « Death Rectangle » est loin d’être bâclé. Au contraire, il regorge de créativité. Basé sur un groove incroyable combiné à des éléments Death Progressif, le combo se montre aussi musclé que mélodique grâce à des titres racés et efficaces. Très actuelle, la production de « Death Rectangle » est massive et soignée, et le niveau technique du quatuor montre de belles choses. Musicalement, DRAEMORA rappelle des formations comme Lamb Of God ou Gojira, tout en gardant une identité propre et originale. Une belle découverte.
INTERPOLER – « Search Party » – Nuclear Blast
Alors qu’il avait sorti un EP (« A Revenant Legacy ») un peu plus tôt dans l’année sans doute pour tâter le terrain, le trio californien se présente avec « Search Party », son premier album. Composé de Dimitri Baker ((guitare), Aaron Stechauner (batterie) et d’Andrew Virrueta (guitare, chant), le groupe évolue dans un Metal Progressif, qui sonne étonnamment européen. Bien servi par la production de Joey Virrueta, frère d’Andrew, INTERLOPER propose des titres matures, dont certains manquent encore un peu de pertinence et d’audace, même si l’intention est là. Peut-être un peu à l’étroit dans une formule en trio, les Américains sont pourtant solides et véloces. Les structures des morceaux sont abouties sans être trop complexes et l’aspect Heavy Metal domine le Progressif dans l’ensemble. A confirmer.
VAREGO – « Varego » – Independant/Distrokid
Fondé à Gênes en Italie il y a un peu plus de dix ans, VAREGO livre son quatrième album. Evoluant désormais en trio, le groupe livre une approche singulière et créative d’un Metal Post-Prog qui aborde bien des registres. Energique et massif, ce nouvel opus des Transalpins présente un répertoire à la fois lourd et aérien avec des riffs Stoner, quelques embardées Post-Metal et progressives. Grâce à un chant tout en nuances, VAREGO offre une large palette d’atmosphères, flirtant même avec des styles plus extrêmes, qui renvoient à des aspects plus techniques et très directs. Difficile à saisir, le trio, qui reste indépendant depuis ses débuts, montre une cohérence saisissante à travers un son très organique et puissant. Une belle surprise.
Avec « T(h)en » son deuxième album, CATAPULT THE RHINO compte bien mettre en lumière dix années de dur labeur passées à peaufiner un Rock aux saveurs Stoner et Desert. Le quatuor parisien s’est donné les moyens de présenter le meilleur de lui-même à travers six titres aboutis et très convaincants. Une belle surprise et surtout la confirmation de sa créativité.
CATAPULT THE RHINO
« T(H)en »
(Independant)
La scène alternative et Stoner commence très sérieusement à prendre de l’épaisseur dans l’hexagone. Réchauffement climatique ou pas, on se dirige vers le désert de Mojave, du côté de Joshua Tree, et CATAPULT THE RHINO commence discrètement, mais sûrement, à se faire une place parmi les formations solides et créatives du pays. Et avec « T(h)en », le groupe assoit sa position.
Assez expérimental dans son approche, le quatuor parisien construit minutieusement son répertoire avec patience livrant une musique Rock où la puissance du Stoner vient côtoyer les subtilités du Desert Rock. Souvent saturé mais jamais brouillon, CATAPULT THE RHINO élabore consciencieusement un style très personnel à la fois exaltant et sensible. Très carré et mélodique, le combo séduit.
Très bien produit, le groupe a également mis l’accent sur les arrangements qui sont aussi fins que discrets et efficaces (« Rhino », « Icarus »). Avec un chanteur littéralement habité par ses textes, CATAPULT THE RHINO montre autant de puissance que de sensibilité (« Natural Enemy », « Made In Nowhere »). Avec ce deuxième EP de six titres très abouti, les Parisiens prennent de l’épaisseur.
De prime abord, WILDSTREET semble tout droit débouler de Californie et pourtant, c’est depuis New-York que le quintet compose et distille un Hard US Sleaze et Glam à souhait. Avec un petit côté horrifique qui tranche avec l’habituel style ensoleillé, les Américains se sont forgés une réelle identité et surtout un son très personnel. Troisième album et première signature avec ce « III » dont l’explosivité va vite se propager.
WILDSTREET
« III »
(Golden Robot Records)
Depuis 2006, WILDSTREET secoue l’underground new-yorkais grâce à un Hard US très Sleaze qu’on a d’ailleurs plutôt l’habitude d’entendre du côté de Los Angeles. Malgré deux précédents albums et une multitude de morceaux sortis uniquement sur le Net, le fougueux quintet à l’allure très Glam n’est toujours pas parvenu à traverser l’Atlantique, mais « III » devrait fortement y contribuer.
Alors qu’il évoluait jusqu’à présent en indépendant, le gang vient enfin de signer son premier contrat, ce qui devrait lui permettre de prendre la lumière et ce troisième album, chaud comme la braise, ne va pas laisser indifférent. WILDSTREET est fin prêt et même si « III » a été concocté entre 2018 et 2019, il sonne très actuel et n’a pas franchement pas à rougir face aux récentes productions, loin de là.
Ces dernières années, WILDSTREET a écumé les scènes de son pays aux côtés de grands noms et le moins que l’on puisse dire est que l’expérience accumulée lui a donné des ailes. Mixé par Jon Kaplan (Paul McCartney) et masterisé par Howie Weinberg (Def Leppard, Korn), « III » regorge de pépites et redonne ses lettres de noblesse à un style immortel (« Tennessee Cocaïne », « Mother », « Three Way Ride », « Midnight Children ») Un régal !
A force de préciser systématiquement quand il s’agit de Thrash Metal qu’il est Old School, pourquoi ne pas se résoudre au fait que c’est l’essence-même du style et qu’il est inamovible et intemporel ? C’est en tout cas, le parti pris de DEAD TREE SEEDS qui revient sous les projecteurs avec un très bon deuxième album. Old School certes, mais résolument moderne dans le son, l’approche et la production, le quintet francilien monte en gamme comme l’atteste la puissance de « Push The Button ». Entretien avec Alex, batteur indéboulonnable du combo depuis ses débuts.
– La première chose qui interpelle à la lecture de votre biographie, ce sont les innombrables changements de line-up. Depuis Triakanthos, on les compte plus. Pourtant malgré tout, vous n’avez cessé de tourner. Vous êtes sacrément tenaces, dis-moi ?
Oui, c’est clair et ce qui est important de rappeler, c’est qu’à fois il n’y a eu aucune animosité. Ce sont des changements simplement liés à la vie avec des départs dans d’autres pays, des changements d’activités professionnelles ou juste le fait d’arrêter la musique pour faire autre chose. Il n’y a jamais rien eu de dramatique ! On continue d’y croire, on aime ce qu’on fait et je pense que ce nouveau line-up, musicalement et humainement, est vraiment stable. C’est plus costaud déjà, et puis on a aussi vieilli et ça nous permet de voir l’avenir plus sereinement.
– D’entrée de jeu, vous avez annoncé la couleur avec un Thrash Metal orienté Old School. C’est le style qui vous parle le plus, même si vous avez fait évoluer votre registre vers une orientation plus technique ?
En fait, on n’y prête pas vraiment attention, ce n’est pas intentionnel. C’est vraiment instinctif, c’est notre style de prédilection. Il n’y a aucun calcul. Il se trouve juste que lorsque chacun apporte quelque chose, c’est ce qui en ressort naturellement.
– Justement, on assiste depuis quelques temps à l’émergence de multiples courants avec des aspects plus progressifs, d’autres tirants sur le Death et bien sûr un groove que vous vous êtes d’ailleurs appropriés. On a le sentiment que votre désir est vraiment d’aller à l’essentiel. C’est le cas ?
Le désir est simplement de faire ce qu’on aime, tout simplement. Certains titres sont peut-être plus techniques, mais on garde cette puissance que dégage le Thrash Metal. C’est vraiment notre subconscient qui parle.
– Depuis 2013, vous évoluez sous le nom de DEAD TREE SEEDS. C’était important pour vous de changer de nom, pour peut-être aussi donner une nouvelle impulsion au groupe ?
C’était même obligatoire ! En fait, après pas mal de péripéties, nous nous sommes retrouvés à trois dans Triakanthos avec une pleine liberté sur le répertoire du groupe et la suite à donner. Le nom du groupe est celui d’un arbre d’Amérique, et nous nous sommes fait la réflexion qu’il était finalement mort. Mais il restait les graines, d’où le nom « les graines de l’arbre mort » : DEAD TREE SEEDS. Et musicalement aussi, on était vraiment parti sur autre chose.
– Est-ce que, malgré tous ces changements de line-up, il reste une ligne directrice à DEAD TREE SEEDS, moi qui n’ai malheureusement pas pu écouter votre premier album ?
Oui bien sûr, notre ligne directrice reste la puissance telle qu’on la perçoit. Ce qui est marrant, c’est notre premier album était composé d’anciens et de nouveaux morceaux. Cette fois, l’approche est très différente : c’est plus travaillé et plus approfondi. Et le fil rouge reste le Thrash Metal Old School, tel qu’on le ressent.
– Depuis une dizaine d’années que vous évoluez sur la scène Thrash hexagonale, quels sont les changements ou les évolutions que vous avez pu noter. Est-ce que, selon vous, le style a gagné en visibilité et s’est développé sur la scène française ?
Avec les réseaux sociaux, on voit apparaitre beaucoup de groupes qui font parler d’eux et peut-être même parfois un peu trop. Avant, il y avait assez peu de groupes et on en parlait. Maintenant avec le Web, on est un groupe parmi des milliers d’autres. C’est plus compliqué d’émerger aujourd’hui qu’auparavant. Après, sur la scène française actuelle, il y a vraiment de très bons groupes, qui sont malheureusement pour beaucoup noyés dans la masse.
– Parlons de « Push The Button », qui est remarquablement bien produit et qui regorge d’excellents morceaux, le tout dans une belle homogénéité. De quelle manière l’avez-vous composé et est-ce que vous êtes partis d’anciens morceaux ou, au contraire, sur de nouvelles bases ?
De l’ancienne époque, il ne reste qu’un seul morceau, qui n’avait pas figuré sur le premier album. Entre les deux line-up, il ne reste que moi qui suis membre du groupe depuis le départ. Tout est neuf et a été composé au feeling, comme on le fait habituellement.
– Ce deuxième album sort sur le label Music Records avec une première parution en digitale cet été, puis en physique en octobre. Pourquoi un tel choix ? C’est dû aux contraintes commerciales et marketing ou, plus simplement, parce que vous êtes impatients de le faire découvrir à votre public ?
C’est un peu ça ! (Rires) On a eu des opportunités auxquelles on en s’attendait pas vraiment. Au départ, on n’avait pas de label et on devait le sortir en mars 2020 et le hasard a fait que nous sommes entrés en contact avec Music Records. On a signé chez eux, mais il y avait des sorties, etc… Donc, on s’est calé avec eux. Il y avait aussi beaucoup d’impatience, car sept ans entre deux albums, c’est très long ! On voulait vraiment sortir de toutes ces galères de line-up et véritablement se lancer ! C’est un peu pour ça que l’album sort d’abord en digital, et ensuite en physique.
– Enfin justement, les concerts reprennent peu à peu et les tournées se mettent en place surtout à partir de cet automne. Où en êtes-vous de ce côté-là, vous y travaillez aussi ? La scène reste tout de même un instant de vérité incontournable ?
Bien sûr et surtout pour le Thrash, qui est véritablement une musique de concert et de scène. Quand j’écoute du Thrash, j’ai plutôt tendance à écouter des albums live, parce que c’est là où le style prend toute sa mesure. Il y a un côté rouleau-compresseur imparable. En ce qui concerne les concerts, nous avions quelques dates en 2020, qui seront sûrement reportées à 2021 ou 2022. En fait, on attend un peu plus de perspectives et surtout de savoir qui aura survécu à la pandémie, car c’est un gros problème pour le monde de l’organisation et de nombreux lieux. A partir de ce moment-là, nous allons remonter des choses forcément !
L’album de DEAD TREE SEEDS, « Push The Button », sera disponible le 3 juillet en digital et le 2 octobre en physique chez Music Records.
Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !
FEAR FACTORY – « Aggresion Continuum » – Nuclear Blast
Alors qu’on célèbre les 25 ans de « Demanufacture », album emblématique et inégalé du groupe, FEAR FACTORY revient avec « Aggression Continuum », son onzième opus en presque 30 ans de carrière. Désormais seul rescapé du line-up originel, Dino Cazares (guitare) semble en avoir terminé avec les procès à répétition et continue l’aventure. Etonnamment, on retrouve Burton C. Bell au chant avec une bonne prestation et, pour le reste, l’impact chirurgical est toujours à l’œuvre tant à travers les riffs que dans la froide rythmique qui sévit sur l’album. Pourtant, « Aggression Continuum » a une sonorité plus organique que ses prédécesseurs et ce malgré la présence plus marquée des claviers. Aussi, l’ensemble fait penser au chant du cygne de FEAR FACTORY, qui va devoir se réinventer, afin de retrouver la créativité et la puissance qui ont fait sa force.
FRACTAL UNIVERSE – « The Impassable Horizon » – Metal Blade Records
Originaire de Lorraine, le quatuor commence à avoir une solide discographie. Après un EP, trois albums et un Live, FRACTAL UNIVERSE signe donc un quatrième opus dans lequel le combo confirme déjà tout le bien que l’on pense de lui. Créatif, complexe et remarquablement bien produit, le groupe n’en finit de surprendre et « The Impassable Horizon » est sans doute l’une de ses réalisations les plus concluantes. Technique et mélodique, le Death Metal des Français fait aussi la part belle à des parties progressives avec même un saxophone qui se fait assez présent. Costaud et massif, FRACTAL UNIVERSE fait preuve de maîtrise et ne semble connaître aucune limite dans l’expérimentation d’un style qui se détache peut à peu. Le groupe s’avère très, très convaincant.
KOLLAPSE – « Sult » – Fysisk Format
Malgré sa courte existence et « Angst », premier album sorti il y a quatre ans, KOLLAPSE a marqué de son empreinte la scène la scène danoise et même bien au-delà. C’est aujourd’hui sous la forme d’un power trio que le groupe livre « Sult ». Hors-norme et décapant, ce deuxième opus frappe fort avec son Sludge post-Metal et post-HardCore et cette fois mâtiné de sonorités Noise, qui viennent se répandre sur des titres massifs et gras. Fracassant et puissant, le trio scandinave appuie là où ça fait mal et, entre désespoir et réalisme, « Sult » vient jeter un énorme pavé dans le petit monde du Metal. KOLLAPSE réveille autant qu’il assomme et ne laisse pas indifférent. Anticonformiste au possible, le combo affiche une force et une détermination sans faille. Une belle et grosse claque.
Aussi contemplatif que remuant, ce troisième album du trio L’EFFONDRAS bouscule les perceptions à travers un post-Rock inventif, homogène et très contemporain. Avec « Anabasis », les Français sortent du cadre tout au long de ces cinq moreaux longs et envoûtants. Egalement instrumental, l’imagination est à l’œuvre dans cet univers poétique et sans frontière.
L’EFFONDRAS
« Anabasis »
(Araki Records/Medication Time Records/Kerviniou Recordz/98db)
Ce troisième album de L’EFFONDRAS est une invitation au voyage. Entièrement instrumental (ou presque), le terrain de jeu du trio de Bourg-en-Bresse est aussi vaste qu’il est apaisant, entraînant et même effrayant. Son post-Rock très ambiant aux couleurs bluesy offre des variations étonnantes, passant par des atmosphères et des ambiances surprenantes. Une chose est sûre, le groupe ne laisse pas indifférent.
Réparti sur cinq morceaux s’étalant jusqu’à onze minutes, « Anabasis » se montre très captivant et même assez noir, dès lors qu’on se laisse aller dans les méandres de ce très bon album. Pourtant, L’EFFONDRAS offre des repères qui sont aussi intimes que libérateurs. Techniquement irréprochable, le trio bénéficie également d’une production qui sert parfaitement ses compositions.
Aérien et souvent épuré, « Anabasis » reste très intense, grâce à des titres hypnotiques et tout en contraste (« Ce Que Révèle L’Eclipse », « Anhedonia »). Les structures audacieuses et les changements de tempos présentés par L’EFFONDRAS sont parfois déroutants, délivrant un album très homogène, original et immersif (« The Grinding Wheel », « Aura Phase » et l’envoûtant « Norea » et ses fantomatiques paroles échappées avec délicatesse).