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Death Metal Livre

Obituary : les pages dorées du Death Metal [Livre]

Pilier et figure incontournable du Death Metal, OBITUARY est l’origine de la création du mouvement avec quelques autres. A cette différence près que le combo des frères Tardy a duré dans le temps, essuyant tempêtes et changements de line-up avec force et caractère. Mais ce que l’on retient surtout des Américains, c’est un son et un identité musicale reconnaissables entre tous, ainsi qu’une discographie hors-norme. Avec « Turned Inside Out », on pénètre dans le quotidien de ces musiciens de l’extrême.

TURNED INSIDE OUT

David E. Gehlke

(Editions des Flammes Noires)

Initialement publié en 2022 en Amérique du Nord, les Editions des Flammes Noires offrent enfin à tous les fans de Death Metal le plaisir de plonger dans l’histoire, à la fois riche et chaotique, de l’un des plus grands acteurs du genre. Une légende parmi les légendes : OBITUARY. Avec la complicité des anciens comme des actuels membres du groupe, cette biographie retrace l’étonnante carrière des Floridiens sur pas moins de 40 ans d’activité. Entre anecdotes parfois déconcertantes et photos inédites, « Turned Inside Out » est d’une authenticité rare.

Préfacé par un autre monstre sacré, Max Cavalera, fondateur de Sepultura et Soufly, revient sur sa rencontre pour le moins débridée avec OBITUARY, alors qu’il venait terminer les voix de l’incontournable « Beneath The Remains » aux célèbres Morrisound Studios de Tampa. La naissance d’une amitié qui allait durer. D’ailleurs, le Brésilien ne tarit pas d’éloge sur ceux qu’il considère comme les précurseurs du Death Metal, élevés aujourd’hui au rang d’influence majeure et avec qui il partage une passion commune pour ses fans et le Metal.

Achevé au moment où OBITUARY travaillait sur son onzième album, « Dying Of Everything » (2023), même les fans les plus fervents en apprendront davantage sur le parcours unique de ceux qui sont aussi à l’origine de l’essor et de effervescence de la scène de Tampa et de ses mythiques studios, qui ont façonné le Metal extrême de toute une époque. De leur ascension à leur déboires avec leur label Roadrunner, en passant par une longue pause au début des années 2000, « Turned Inside Out » est riche en révélations et livre un éclairage pertinent.

Couverture cartonnée 16x23cm / 444 pages / 27€

Disponible sur le site de l’éditeur : www.edt-flammes-noires.com

Retrouvez aussi l’interview du fondateur des Editions Des Flammes Noires et quelques récentes chroniques sur les derniers livres parus :

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Progressive Heavy Metal

Crimson Glory : back in the game

Depuis qu’il a complété et solidifié son line-up il y a trois ans en le rodant sur quelques scènes notamment, CRIMSON GLORY prépare son retour discographique, afin de livrer son cinquième album en plus de quatre décennies d’existence. Avec « Chasing The Hydra », le quintet reprend les choses là où il les avait laissé, nourri d’une inspiration réactivée. Toujours très progressif, son Heavy Metal s’est aussi durci, grâce à un travail exemplaire sur le son, mais surtout sur des compositions pointues et enflammées.

CRIMSON GLORY

« Chasing The Hydra »

(Bravewords Records)

27 ans après sa dernière réalisation studio, « Astronomica », CRIMSON GLORY ose le pari d’un retour très attendu. Grâce à une fan-base d’une rare fidélité et surtout l’arrivée de Mark Borgmeyer à la guitare et de Travis Wills au chant. D’ailleurs, le nouveau frontman est le point fort du groupe et il parvient sans mal à nous faire oublier les passages de Wade Black et de Todd La Torre derrière le micro. Les Américains tiennent enfin le digne successeur du regretté Midnight, et « Chasing The Hydra » vient se hisser au rang de leurs meilleurs disques.

Fidèles au poste, on retrouve le guitariste Ben Jackson, le bassiste Jeff Lords et le cogneur Dana Burnell, qui restent à eux trois l’âme et les solides fondations de CRIMSON GLORY. Avec une très bonne production signée par l’incontournable Jim Morris, « Chasing The Hydra » s’inscrit dans les traces et la tradition du groupe. Certes, il y a une saveur Old School sur ce nouvel opus, et cela devrait rassurer les fans de la première heure. Et c’est ce côté intemporel qui fait le charme de ces nouveaux morceaux. Pas de révolution, mais une belle continuité.

Précis et tranchant, le Heavy Metal Progressif de CRIMSON GLORY fait toujours des étincelles et libère une puissance intacte. Dans l’esprit de sa dynamique scénique, la formation floridienne se met en ordre de marche dès « Redden The Sun » et son côté aussi atmosphérique que frontal. Et si le fond est assez sombre, l’ensemble est à son image avec des titres très bien structurés, jalonnés de breaks aériens qui servent de rampes de lancement à une nouvelle réalisation racée (« Chasing The Hydra », « Indelible Ashes », « Pearls Of Dust », « Angel In My Nightmare »). Retour gagnant !

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Blues Blues Rock Contemporary Blues

Selwyn Birchwood : passion preacher

Familier des prestations enflammées, SELWYN BIRCHWOOD déclare pourtant avoir longtemps cherché sa voie. En s’émancipant de cette manière sur ce trépidant « Electric Swamp Funkin’ Blues », il rassemble tout ce qui le fait vibrer. De plus, le guitariste et chanteur s’est entouré de cuivres chaleureux, d’un orgue Hammond rassurant et de chœurs scintillants. Le songwriter colle au plus près de ce Blues bigarré et dynamique qu’il affectionne tant pour y plonger profondément. Positif et pointilleux, il libère une énergie communicative.

SELWYN BIRCHWOOD

« Electric Swamp Funkin’ Blues »

(Alligator Records)

Huitième album, cinquième chez Alligator Records et premier en tant que producteur pour SELWYN BIRCHWOOD, qui s’impose de plus en plus comme l’un des meilleurs bluesmen de sa génération. Produit par Tom Hambridge (Buddy Guy, Susan Tedeschi) sur ses deux précédentes réalisations, le Floridien a donc décidé de tout gérer seul et ça commence par l’écriture complète de ce génial « Electric Swamp Funkin’ Blues », dont le titre résume parfaitement l’état d’esprit de l’Américain et le contenu du disque. Entre modernité et un profond respect de la tradition.

Celui qui a remporté en 2013 l’International Blues Challenge et le prix Albert King du meilleur guitariste dans la foulée dévoile ici tout son talent avec sa fraîcheur habituelle et en étant toujours bien accompagné. Et les sept musiciens qui œuvrent à ses côtés sur ce nouvel opus sont aussi chevronnés qu’inspirés. Outre sa grande technicité, SELWYN BIRCHWOOD a particulièrement soigné le songwriting d’« Electric Swamp Funkin’ Blues », tout en s’attardant sur les moindres détails, à savoir des arrangements d’une grande finesse.

L’influence assumée du bayou sur son jeu, comme celle de Jimi Hendrix d’ailleurs, lui donne un aspect sauvage et insaisissable. Grâce à sa voix captivante, sa virtuosité et son incroyable approche de la lap-steel, SELWYN BIRCHWOOD est un artiste vraiment original, dont la touche personnelle est désormais immédiatement identifiable. Très varié dans les atmosphères et les registres empruntés, on se faufile avec délectation dans ces dix chansons qui sont autant de belles surprises (« All That Algorithm », « Talking Heads », « The Church Of Electric Swamp Funkin’ Blues »). Grand !

Photo : Laura Carbone

Retrouvez aussi la chronique de « Living In A Burning House » :

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Blues Rock International

Dana Fuchs : so alive [Interview]

Capté sur le vif lors d’une tournée en octobre 2025, « Live In Denmark » est la parfaite expression de l’énergie, de la puissance vocale, mais aussi de toute la délicatesse et la profondeur de DANA FUCHS. Sur scène, entourée d’une formation classique (guitare, basse, batterie), la chanteuse américaine transcende les émotions sans filtre et avec sincérité pour emporter son public vers des sommets Blues Rock. Surtout basé sur son dernier album studio en date, « Borrowed Time », cette prestation de la Floridienne montre à quel point sa voix est unique avec cette tessiture brute, qui la rend si attachante et perçante aussi sur ses textes d’une intense vérité. Rencontre avec une musicienne, qui vit le Blues pour son public avec une passion débordante. 

– Ton dernier album, « Borrowed Time », date de 2022 et est malheureusement sorti en pleine pandémie. J’imagine donc que tu as commencé à tourner dès que tu en as eu la possibilité. Du coup, est-ce que tu as fait une pause dans la composition pour te consacrer tout de suite à la scène ?

Je ne m’accorde jamais de véritable pause dans l’écriture. Même en pleine tournée, les idées fusent. Des chansons surgissent entre les balances et le concert, parfois dans des chambres d’hôtel à deux heures du matin. Mais avec la réouverture progressive du monde, les concerts sont redevenus la priorité. Ce lien avec le public nous avait tous cruellement manqué et nous en avions autant besoin qu’eux. Alors oui, les concerts ont occupé le devant de la scène pendant un temps, mais l’écriture, elle, ne s’arrête jamais complètement. Je suis, de nature, une collectionneuse d’histoires et d’expériences… (Sourires)

– D’ailleurs, sur « Live In Denmark », ce dernier album studio est bien représenté avec six morceaux. Etait-ce une setlist logique, que tu as construite en fonction de ta tournée, plutôt qu’autour de tes chansons les plus emblématiques ?

C’était un peu des deux, en fait. Quand on joue ses nouveaux morceaux depuis un moment, que le groupe les maîtrise et qu’on se sent plus à l’aise pour prendre des risques, ces chansons prennent une dimension particulière sur scène. « Borrowed Time » est un album très personnel pour moi, et après l’avoir joué en tournée, les morceaux ont trouvé leur place dans le setlist. On ajoute d’ailleurs encore des titres de cet album pour la tournée de printemps en Allemagne et en Suisse ! Je pense toujours au déroulement de la soirée. De quoi le public a-t-il besoin ce soir ? Qu’est-ce qui va le faire vibrer ? C’est une question qui me préoccupe constamment pendant un concert, et heureusement, j’ai maintenant un groupe capable de jouer quasiment n’importe quel morceau que je choisis, ou même que le public demande ! (Sourires)

– Tu as expliqué que la décision d’enregistrer ce concert au Godset de Kolding en octobre dernier avait été prise un peu rapidement en accord avec ton management et ton label. A priori, tu avais donc un peu de pression et tu as pourtant livré une prestation incroyable. Dans quel état d’esprit est-on dans ce genre de situation en montant sur scène, sachant que tout est enregistré ?

Une fois sur scène, la musique prend le dessus. J’ai suffisamment d’expérience pour avoir confiance en mon processus créatif et rester pleinement présente. Je suis parfaitement consciente de l’enjeu d’un enregistrement live, mais la pression, pour moi, a plutôt tendance à aiguiser les choses qu’à les bloquer. Je fais confiance au groupe, à l’énergie de la salle, et je me laisse aller. C’est la seule façon pour moi de réussir ! (Sourires)

– Pourtant, lorsqu’on ne le sait pas à l’écoute de l’album, on ne s’en rend absolument pas compte, bien au contraire. Est-ce que, justement, ce n’est pas une bonne manière pour se surpasser ?

Oui, je le crois. Il y a quelque chose de magique dans la spontanéité, et quand on n’a pas de filet, un instinct primitif se réveille. Il faut arrêter de se poser des questions et se laisser guider par ses sensations. Et c’est là que surviennent les meilleurs moments, ceux qu’on ne peut jamais prévoir.

– On sait que tes concerts sont toujours des moments forts et intenses. Et en tant qu’artiste, tu es bien sûr dans ton élément sur scène, mais éprouves-tu le même plaisir à sortir un album studio et un live, qui est le témoin d’un court moment ?

J’ai constaté qu’un album studio se construit au fil du temps… même en seulement dix jours, comme celui qu’il nous a fallu pour enregistrer « Borrowed Time » ! (Sourires) « Live in Denmark » est un véritable témoignage, un document qui raconte ce qui s’est passé dans cette salle, ce soir-là. Impossible de revenir en arrière et de corriger ce qui n’a pas fonctionné. Tout est capturé, y compris les imperfections, les moments spontanés, ces instants où la musique prend une dimension inattendue. J’aime les deux, mais pour des raisons différentes… (Sourires)

– Pour rester sur les albums live, tu n’en es pas à ton coup d’essai, puisque tu en as déjà sorti trois, si l’on prend en compte « Broken Down – Acoustic Sessions » en 2008. « Live In Denmark » retranscrit parfaitement toute ta force, mais aussi ta vulnérabilité. Est-ce que, finalement, la scène ne reste-t-elle pas le seul endroit où l’on ne peut pas tricher ? Ou l’on doit être absolument authentique, car ‘retoucher’ les albums comme on pouvait le faire il y a quelques années a complètement disparu ?

La scène a toujours été pour moi le lieu de l’authenticité. On ne peut pas tricher devant un public. Il ressent tout, et il est essentiel pour moi d’être pleinement présente et de laisser les chansons prendre vie sur le moment, et pas seulement de les interpréter. Certes, la technologie a transformé les possibilités en studio, mais je n’ai jamais été attiré par cette forme de perfection. Je veux que les gens entendent un être humain partager une expérience humaine.

– Si tu avais une certaine pression cette soirée-là, le disque quant à lui est d’une grande proximité et ton jeu d’une belle vivacité. Est-ce que le choix de la salle a aussi joué ? As-tu choisi un endroit pas trop grand pour développer cette communion et cette intimité aussi avec le public, qui était d’ailleurs particulièrement attentif ?

Je ressens toujours une forme d’intimité avec n’importe quel public, quelle que soit sa taille. C’est une forme d’authenticité essentielle. On ne peut pas se cacher derrière une mise en scène ou un spectacle, il faut juste la musique et les gens devant soi. Godset (la salle de la ville où a été enregistré l’album – NDR) était parfait pour ça. Le public était là, pleinement présent, et cela m’a apporté tout ce dont j’avais besoin ! (Sourires)

– Avec cette setlist savamment choisie, tu donnes aussi l’impression de beaucoup de certitudes sur ton jeu, sur ta voix et bien sûr tes compositions. Est-ce que ce sont des émotions qui peuvent être difficile à retrouver en studio par la suite, car c’est un contexte forcément très différent ?

C’est l’une des tensions centrales du métier d’artiste en studio. Ce qui se passe en live, c’est-à-dire la spontanéité, l’improvisation, cette volonté d’explorer des territoires inconnus, est très difficile à reproduire en studio. En studio, on est conscient du temps qui passe et des choix que l’on fait. Sur scène, on peut oublier tout ça ! Bien sûr, j’essaie de recréer cette ambiance en studio autant que possible. J’enregistre en live avec le groupe dès que c’est faisable. Et capturer cette énergie, c’est ce qui distingue un album comme « Live in Denmark ».

– En fin d’album, tu reprends « Sympathy For The Devil » des Rolling Stones et il prend une tout autre résonance avec ta voix. Qu’est-ce que ce tube a de particulier pour toi, car on te sent littéralement habitée dans son interprétation ?

C’est une chanson d’une profondeur magistrale ! La façon dont elle parcourt l’histoire de l’humanité et met en lumière notre penchant pour les ténèbres me touche toujours autant. Elle refuse de mentir. Elle affronte la douleur et le mal de front et continue de chanter. Quand je chante cette chanson, je ne me contente pas d’interpréter un classique des Rolling Stones. Je me laisse guider par les paroles. Je crois que le public le ressent parce que cela émane d’une expérience authentique, et non d’une simple imitation.

– Enfin, tu seras de retour en Europe au printemps pour une autre série de concerts. Est-ce qu’entre-temps, tu t’es un peu penchée sur la composition d’un nouvel album ? Et peut-on savoir si tu as déjà planifier quelque chose dans ce sens ?

J’écris sans cesse, je rassemble constamment de la matière. Est-ce que ça deviendra mon prochain album, ou autre chose ? Je ne peux pas encore le dire. Ce que je sais, c’est que chaque tournée m’apprend quelque chose sur ce qui touche le public, sur ce que je n’ai pas encore exprimé, sur la direction que prend ma musique. En ce moment, je suis impatiente de retrouver les publics allemands et suisses. C’est ce qui m’occupe l’esprit aujourd’hui. La nouvelle musique sortira quand elle sera prête ! (Sourires)

« Live In Denmark » de DANA FUCHS est disponible chez Ruf records.

Photos : Bobby Harlow (1), John Loreaux (2) et Merri Cyr (3).

Retrouvez aussi la chronique de son dernier album studio, « Borrowed Time » :

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Hard Blues Southern Rock

Two Wolf : the Indian shadow

Son groove est inimitable, tout comme le son de sa basse. Véritable institution du Rock Sudiste dans sa branche la plus musclée, proche du Hard Rock, Greg T Walker fait un retour discographique marquant avec la première réalisation de TWO WOLF. Puissant et rebelle, le jeu du quatuor fait feu de toutes parts avec des duels guitaristiques éclatants, une rythmique sismique et trois chanteurs explosifs. La Floride reste une place forte du Southern Rock, version survoltée.

TWO WOLF

« Two Wolf »

(Cleopatra Records)

Il aura fallu une dizaine d’années au légendaire Greg T Walker pour fixer enfin un solide line-up à TWO WOLF. Et s’il dirige l’ensemble, il faut reconnaître qu’il s’est entouré de fines gâchettes, à savoir l’excellent Lance Lopez et le non-moins électrisant Kris Bell. Les deux guitaristes, qui mènent de solides carrières de leur côté, se partagent le chant avec le Floridien et surtout rivalisent de fougue et de fraîcheur sur des riffs sauvages et des solos où ils se répondent  brillamment dans une belle tradition sudiste respectée.

Derrière les fûts, c’est Rusty Valentine qui hypnotise le groove avec le patron et offre une belle dynamique à ce premier album éponyme. Cela dit, l’emblématique bassiste, passé chez Lynyrd Skynyrd et surtout fondateur de Blackfoot, ne reste pas très éloigné de sa formation originelle. En effet, TWO WOLF reprend « Too Hard To Handle » et « Diary of A Working Man » (issus de l’album « Marauder », sorti en 1981) et « Fox Chase » (« Tomcattin’ » – 1980) dans des variantes qui sentent la poudre et prennent ici un bon coup de jeune.

Outre l’envie très compréhensible de revisiter ces morceaux avec cette belle armada, Greg T Walker se montre toujours aussi impressionnant sur des titres composés par Kris Bell (« Will I Believe », « The Wrong Road », « Livin’ For Tomorrow ») Lance Lopez (« Romeo »), ou co-écrits (« Traveler » avec feu-Jackson Spires et « Great Spirit » avec R Luciano). Entre un Hard Rock brut et un Southern Rock intemporel, TWO WOLF traverse les générations et fait le pont entre l’héritage de Blackfoot et l’énergie d’un Black Stone Cherry avec classe.

Photo : Darin Back

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Blues Rythm'n' Blues Soul

Kat Riggins & Her Blues Revival : l’éveil des sens

KAT RIGGINS chante le Blues comme elle respire et les notes de Gospel et de Rythm’n Blues, dans lesquelles elle se meut, le rendent encore plus joyeux et pétillant. Sur « Revival », elle confirme la classe dont elle a toujours fait preuve depuis ses débuts. Avec un naturel et une vivacité de chaque instant, le voyage devient vite addictif et on se laisse guider par cette voix chaleureuse et envoûtante. Une magie qui devient très vite évidente et irrésistible.

KAT RIGGINS & HER BLUES REVIVAL

« Revival »

(House Of Berry Productions)

Et de six pour KAT RIGGINS qui, deux ans après l’excellent « Progeny », surgit avec « Revival » qui n’est pas sans rappeler dans son titre son premier effort, « Blues Revival » sorti en 2016. Un réveil qui semble se faire par étape pour la chanteuse et compositrice floridienne, qui en a aussi profité pour quitter le label de Mike Zito, Gulf Coast Records. Après ces deux dernières belles réalisations qui l’auront particulièrement mis en lumière et lui valurent deux nominations aux Blues Music Awards, celle-ci devrait suivre leurs pas…

Paru il y a quelques semaines parmi beaucoup d’autres, « Revival » dénote quelque peu de son prédécesseur. Vocalement, KAT RIGGINS est toujours exceptionnelle de puissance, de polyvalence et de feeling. C’est essentiellement le contenu qui peut peut-être surprendre par son côté plus classique, plus roots aussi et donc moins moderne, mais solidement intemporel. L’Américaine et son groupe montrent une fois encore qu’ils sont à leur aise dans tous les registres et qu’il n’y a pas grand-chose qui leur résiste.

Conçu avec Tim Mulberry qui l’a produit, mixé et masterisé, la frontwoman a co-écrit l’ensemble de « Revival » et les morceaux respirent toujours cet aspect optimiste et positif, dont elle a fait sa marque de fabrique. Malgré un son un peu en dessous et étouffé (à moins que ce ne soit le numérique), KAT RIGGINS est rayonnante et porte aussi ce nouvel opus grâce à des textes enthousiasmants et pertinents (« Lucky », « Revived », « Southern Soul », « Mojo Thief », « Mighty », « Healer »). Brûlant et enjoué, « Revival » réveille les sens.

Retrouvez la chronique de « Progeny » :

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Alternative Metal Alternative Rock

Scott Stapp : combatif

Frontman iconique de Creed, puis d’Art Of Anarchy deux petites années, SCOTT STAPP mène également une carrière sous son nom depuis 2005 et cinq ans après « The Space Between The Shadows », son dernier fait d’armes, il signe « Higher Power » au moment-même où toutes les planètes sont alignées. Le Floridien démontre qu’il demeure un chanteur hors-norme, déterminé et toujours capable de livrer des lignes vocales imparables. Percutant, il combat ses tourments dans un disque très personnel et toujours fédérateur.

SCOTT STAPP

« Higher Power »

(Napalm Records)

Alors que Creed va enchaîner les concerts avec 3 Doors Down, Daughtry et quelques autres, puis avec Mammoth WVH en remplacement de ce dernier, son leader revient avec un nouvel album solo, son quatrième, comme pour mieux sonner la charge. Et ce cumul de bonnes nouvelles nous replonge à l’aube des années 2000, où l’Alternative Metal/Rock submergeait les Etats-Unis et un tout petit peu l’Europe aux côtés des inévitables Nickelback. Et l’autre bonne nouvelle est que SCOTT STAPP est en pleine forme.

Toujours marqué par les séquelles de son accident à Miami en 2006, le chanteur semble avoir mené à terme son combat contre la dépression et la dépendance. D’ailleurs, « Higher Power » vient clore en quelque sorte ce chapitre, même si les textes sont, pour l’essentiel, assez sombres et ténébreux. Mais SCOTT STAPP affiche beaucoup de détermination et celle-ci se traduit par une performance vocale puissante et toujours très mélodique. Certes, le virtuose Mark Tremonti n’est pas de la partie, mais d’autres ressources sont à l’œuvre.

Entouré d’une belle équipe de production, dont il fait partie, l’Américain surfe sur une sorte de Hard Rock moderne et accrocheur, pêchu et assez mid-tempo aussi sur la seconde partie de « Higher Power ». La présence du guitariste grec Yiannis Papadopoulos sur trois titres et le duo avec Dorothy Martin (« If These Walls Could Talk »), ainsi que la collaboration de Steve McEwan, faiseur de hits, à l’écriture donnent un souffle de fraîcheur à cette réalisation solo d’un SCOTT STAPP revigoré, entreprenant et qui se bonifie avec l’âge.

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Southern Rock

Duane Betts : southern legacy

Chez certains artistes, l’héritage familial peut avoir un effet pesant et paralysant. Il n’en est rien pour DUANE BETTS à qui cela aurait plutôt tendance à donner des ailes et de l’inspiration. Avec « Wild & Precious Life », il s’affirme dans un registre qu’il maîtrise à la perfection et qu’il contribue de belle manière à entretenir. Le songwriter a grandi au son du Southern Rock paternel et il livre ses compositions avec le plus grand des naturels.

DUANE BETTS

« Wild & Precious Life »

(Royal Potato Family)

Fils de l’immense Dickey Betts, co-fondateur du légendaire Allman Brothers Band, DUANE BETTS affiche aujourd’hui un très beau début de carrière. Après avoir joué avec Blackbone69 et Whitestarr, il a monté le Allman Betts Band avec Devon, fils de l’autre fondateur et le duo a sorti deux brillants albums, « Down To The River » et « Bless Your Heart ». En 2018, le guitariste avait sorti un EP, « Sketches Of American Music », et il est aujourd’hui de retour avec un premier long format.

C’est justement entouré des musiciens du Allman Betts Band, Johnny Stachela à la guitare, Berry Duane Oakley à la basse, le claviériste John Ginty et avec le batteur Tyler Greenwall en complément, que DUANE BETTS a enregistré « Wild & Precious Life ». Et, par ailleurs, le tout a été élaboré et mis sur bande au Swamp Raga Studio de Derek Trucks et Susan Tedeschi à Jacksonville en Floride. Les conditions étaient donc idéales et réunies pour réaliser un pur et bel album de Southern Rock.

L’Américain enchaîne les morceaux positifs et ensoleillés, où les twin-guitares sont légions et rayonnent. La slide se fond dans des refrains entêtants et DUANE BETTS réserve encore quelques surprises. La chanteuse Nicki Bluhm apparait pour un instant Country sur « Colors Fade », Derek Trucks livre un beau solo sur « Store At The Sun » et Marcus King rivalise d’audace sur « Cold Dark World ». Et on retiendra aussi « Evergreen », « Waiting For A Song » et le génial « Saints To Sinners ». Une belle respiration !

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Heavy metal

Todd la Torre : acier trempé

Profitant de l’arrêt brutal de la tournée mondiale de Queensrÿche il y a trois ans, TODD LA TORRE avait pu apporter la touche finale à son premier effort solo. Après une sortie initiale passée un peu incognito, « Rejoice The Suffering » retrouve les bacs et les fans qui l’auraient manqué vont pouvoir enfin se régaler du Heavy Metal tranchant et incisif du chanteur… et batteur !

TODD LA TORRE

« Rejoice In The Suffering »

(ROAR! Rock Of Angels Records)

Sorti en catimini en février 2021 chez Rat Pak Records, le premier album de TODD LA TORRE s’offre une nouvelle mise en lumière grâce à ROAR ! Rock Of Angels Records et c’est une très bonne chose compte tenu de sa qualité. L’ex-Crimson Glory et actuel frontman de Queensrÿche s’offre sa première expérience solo et « Rejoice The Suffering » est un intense et incandescent témoignage de pur Heavy Metal.

Avec son complice Craig Blackwell (guitare, basse, claviers), TODD LA TORRE tient le micro bien sûr, mais on le retrouve aussi derrière les fûts où il livre une très belle prestation. L’autre tour de force du natif de Floride est également de nous faire oublier Queensrÿche et la réussite est totale. Si on pense à Judas, Maiden et Annihilator pour les guitares, « Rejoice The Suffering » s’en démarque facilement pour s’imposer de façon très personnelle.

D’une grande variété, le disque de l’Américain brosse un vaste état des lieux en parcourant presque tous les courants du Heavy Metal avec une modernité et une dynamique qui ne faiblissent pas (« Dogmata », « Apology », « Critical Cynic », « Darkened Majesty », « Vanguards Of The Dawn Wall »). TODD LA TORRE se montre brillant, se présente sous un visage nouveau et prend ici une dimension qu’on ne lui connaissait pas forcément.

Photo : Joe Helm of Silly Robot Studios
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Blues Blues Rock Contemporary Blues

Alex Lopez : un feeling boosté par l’expérience

Très ancré dans son époque, le Blues d’ALEX LOPEZ est pétillant d’autant qu’il se complète avec de multiples autres styles, tout en gardant une identité propre. Songwriter, chanteur et guitariste, l’Américain joue avec les mêmes musiciens depuis de longues années et « Nasty Crime » reflète parfaitement cette belle entente et ce feeling commun.

ALEX LOPEZ

« Nasty Crime »

(Maremil Imprint)

Arrivé en Floride pour y faire ses études, ALEX LOPEZ a passé plus de temps à jouer et à composer, et bien lui en a pris. Le chanteur et guitariste a sorti son premier album solo en 2013, « Back Bedroom Blues », et « Nasty Crime » est le sixième effort de sa courte et déjà belle carrière. Et dans un registre très contemporain, le natif de l’Ohio livre un Blues très Rock varié et original, mais pas uniquement.

Fin guitariste et possédant une voix claire et haute, ALEX LOPEZ est toujours accompagné de son groupe de longue date, The Xpress, et la complicité affichée est plus que palpable. Le groove de Steve Roberts à la basse et de sa batteuse Kana Leimbach combine à merveille avec les envolées de l’orgue de Kenny Hoye. Aussi bien entouré, le songwriter a le champ libre et tous les atouts pour mener à bien ce nouvel opus.

Très affûté, il a co-produit « Nasty Crime » avec George Harris (Cheap Trip, Rick Derringer, Brian Johnson d’Ac/Dc) et à eux-deux, ils ont parfaitement capturé l’esprit et l’essence du style d’ALEX LOPEZ. Rock et fougueux, (« World On Fire », « Just Wait »), swing et délicat (« When The Sun Goes Down »), funky (« Nasty Crime ») ou en mode acoustique (« The First Time »), il ne s’interdit rien laisse son talent s’exprimer.