Bercé par le son et la créativité des années 90-2000, les Russes de STARIFIED signent un troisième album ancré dans son temps et terriblement efficace. La rugosité de leur style n’a d’égal que la qualité mélodique de ce Stoner d’une richesse incroyable.
STARIFIED
« Fat Hits »
(Ripple Music)
Un Stoner aux multiples facettes, des mélodies imparables, des refrains entêtants et surtout de la folie à tous les étages : voici les ingrédients de « Fat Hits », troisième album de STARIFIED récemment signé chez Ripple Music. Et le label californien ne s’y est pas trompé (une fois encore !), car le trio russe brasse autant qu’il rassemble et de QOTSA à Led Zeppelin ou Pearl Jam et Black Sabbath, le spectre est large.
Heavy et terriblement groove, le combo possède d’énormes atouts que ce mix de Stoner, de Metal, de Grunge et de Psych rend assez unique. Evoluant en trio depuis deux ans, STARIFIED présente une formule étonnante. Mené par leur fou furieux chanteur-batteur aussi doué que complet, les Moscovites brillent aussi par la qualité des compositions du guitariste et du bassiste.
Excellemment masterisé par Magnus Lindberg qui sort ici de sa zone de confort, « Fat Hits » est bel et bien constitué de succès en puissance. Grâce à un songwriting de haute volée, les dix titres de l’album sont solides, très bien arrangés et redoutables d’efficacité (« Scapegoat », « Don Loco », « Wider Lane », « Pick a Fight », « Same Old River »). STARIFIED pose les socles d’une carrière qui prend enfin son envol et de belle manière.
Après un peu plus de deux ans de chroniques et d’interviews sur Facebook, Rock’n Force prend son envol tout gardant son esprit très libre, qui lui permet de passer d’un style à l’autre et de ne subir aucune pression quant à son contenu éditorial. L’idée est juste de partager une même passion et de le faire le plus objectivement possible.
Des grosses productions aux plus modestes en passant le plus souvent possible par des autoproductions, tout le monde a sa place dans Rock’n Force… à la seule condition que cela me touche d’une manière ou d’une autre. Le spectre est donc large et c’est tant mieux ! Et comme indiqué plus haut, le tout « sans œillères, ni notes ».
Sans œillères, car on passera tranquillement du Heavy Metal au Blues en passant par le Stoner ou le Death. Et cet esprit d’indépendance aura toujours le dessus et aucun dictat n’aura sa place chez Rock’n Force. Et enfin, pas de notes sur les albums, car nous ne sommes pas au patinage artistique et un travail artistique ne doit pas non plus être un résultat de PMU.
Le site démarre donc aujourd’hui, et son contenu va rapidement s’étoffer au fur et à mesure. Mais vous pouvez d’ores et déjà retrouver quelques chroniques et interviews réalisées ces derniers mois en fouillant un peu… Je vous souhaite une bonne lecture et évidemment Rock’n Force ne s’améliorera que grâce à vous, alors n’hésitez pas m’envoyer un petit mot !
Le talent n’attend pas le nombre des années, et FROZEN SOUL est là pour le confirmer. Nouvelle signature chez Century Media, le groupe américain avance sur un Death Metal très Old School, mené de main de maître par un quintet déjà sûr de son fait. « Crypt Of Ice » rafraichit les esprits avec une grande efficacité.
FROZEN SOUL
« Crypt Of Ice »
(Century Media Records)
Avec ce premier album de FROZEN SOUL, une première précaution d’impose : mettre une petite laine ! Si les premiers morceaux de « Crypt Of Ice » font indéniablement penser à la scène européenne nordique, c’est pourtant vers la Texas qu’il faut aller chercher le quintet. Et c’est d’ailleurs aussi peut-être de là que vient la variété des titres. Pas de carcans, mais plutôt une belle envie de se démarquer des pionniers du genre.
Anciennement batteur de Vulgar Display, c’est Chad Green qui tient vaillamment le micro avec un growl aussi profond qu’ancré dans un Death Metal Old School, qui ne vieillit pas (« Arctic Stranglehold, « Wraith Of Death »). Plus métronomique qu’étalant une technique dont on sent FROZEN SOUL largement capable, le combo présente un « Crypt Of Ice », rondement mené et incisif.
Grâce à de bonnes intros qui apportent une ambiance toute particulière et glaciale, le quintet américain livre un premier album de grande qualité et largement à même de rivaliser avec certains groupes bien installés (« Encased In Ice », « Twist The Knife »). FROZEN SOUL fait preuve d’un savoir-faire incontestable, tout en maintenant l’esprit et la tradition du Death Metal avec brio.
Rare institution du Heavy Metal allemand encore debout, ACCEPT fait son retour et affiche une volonté farouche et très animale d’en découdre. Cependant, « Too Mean To Die », son seizième album, est assez inégal et peu convaincant. Cela dit, les fans y trouveront sans doute leur compte.
ACCEPT
« Too Mean To Die »
(Nuclear Blast Records)
En dehors de son inamovible guitariste Wolf Hoffmann, que reste-t-il de la légende allemande ACCEPT ? C’est le seizième album pour la formation qui a vécu tant de changements de line-up et autant d’années d’incertitude. « Too Mean To Die » a été enregistré à Nashville avec le fidèle Andy Sneap (Judas Priest, Megadeth) aux manettes, et se maintient dans la lignée des derniers albums du groupe.
Pas de surprise donc sur cette cuvée 2021 des piliers du Heavy Metal allemand, qui reste axé sur des riffs efficaces et directs. Et comme depuis quelques années maintenant, on retrouve quelques touches de musique classique chère à Hoffmann (l’orientalisant « Samson And Delilah »). Pour le reste, ACCEPT offre un Heavy incisif et racé (« Zombie Apocalypse », « The Undertaker », « Too Mean Too Die »).
Sans son emblématique bassiste Peter Baltes, le sextet teuton semble ne pas avoir perdu le cap, et il faut reconnaître que ce nouvel album ne vient ni révolutionner le genre, ni bouleverser la discographie du combo. Pourtant à trois guitaristes, on pouvait s’attendre à un ACCEPT remonté et à des solos plein de fougue. Mais « Too Mean Too Die » ne remplit pas ces conditions et espérances.
Depuis un peu plus de deux ans, VOLBEAT est sur tous les fronts. Un Live, un album couronné de succès et maintenant un nouveau témoignage scénique enregistré lors de sa dernière tournée en Allemagne, le combo danois embrase les foules et offre de belles sensations.
VOLBEAT
« Rewind, Replay, Rebound (Live in Deutschland) »
(Republic Records)
VOLBEAT fait partie de ces groupes qui s’épanouissent vraiment sur scène. Deux ans après le très bon « Let’s Boogie, Live in Tella Parken » et « Rewind, Replay, Rebound » dans la foulée, les Danois ont profité de leur tournée allemande pour en capter les meilleurs moments. Enregistré à Stuttgart, Cologne et Hambourg, ce nouveau Live et son ambiance font plaisir à entendre.
Quelques 27 morceaux viennent garnir ce nouvel opus, où l’on retrouve d’ailleurs l’intégralité du dernier album, soigneusement complété par les classiques du groupe. Le frontman Michael Poulsen a reconnu que le public allemand leur avait toujours réservé un accueil chaleureux, et VOLBEAT le leur rend bien à travers des prestations enflammées, une foule enthousiaste et une belle communion entre les deux.
« Leviathan », « When We’re Kids », « The Awakening of Bonnie Parker », « The Everlasting » ou le virulent « Cheapside Sloggers » retournent littéralement l’assemblée. Le Metal/Rockabilly des Scandinaves prend toute son ampleur sur scène et VOLBEAT rend aussi hommage au grand Johnny Cash (« Ring Of Fire ») et à Elvis (« Pelvis On Fire »). Mélodique et rentre-dedans, le combo nous envoie de belles vibrations.
Guitariste reconnu et devenu incontournable dans l’hexagone, Yarol Poupaud a contribué à l’explosion de FFF avant de multiplier les collaborations aussi diverses que variées. Et curieusement, UNITED GUITARS est un projet qui l’a surpris à bien des égards…
Photo : Christian Viala
– Tout d’abord, dans quelle mesure la participation à un project collectif est-elle différente d’un projet solo ? Même si là aussi, tu composes le morceau…
Il y a pas mal de choses qui diffèrent. Par exemple, je ne connaissais pas les musiciens de la section rythmique avec qui j’allais travailler. Déjà, j’étais ravi de les rencontrer et de bosser avec eux. Et puis la différence aussi, c’est qu’on n’avait pas tout un album à faire ! (Rires)
– Est-ce que le fait de figurer aux côtés d’autres guitaristes aussi talentueux créé une forme d’exaltation, une envie de se dépasser ou un désir d’impressionner techniquement les autres musiciens ?
En fait, je suis passé par plein d’états d’esprit. Quand j’ai dit oui à Ludovic (Egraz – réalisateur de l’album – NDR), je me demandais ce que j’allais faire. Ce n’est pas ma tasse de thé la musique instrumentale. En général, je fais des chansons ou des choses en groupe. J’étais un peu paniqué au départ. Et c’est vrai que la barre était très haute au niveau des autres participants. Ensuite, le riff est venu en faisant un jam lors de l’un de mes rares concerts de cet été, et puis on a développé le thème. En ce qui concerne les autres guitaristes, soit je me mettais une pression de dingue ou alors je passais à autre chose, et c’est ce que j’ai fini par faire.
– Cette participation à « United Guitars » a-t-elle aussi été l’occasion pour toi de sortir de ton registre ou de bousculer certaines habitudes ?
Ah oui, je ne fais jamais de morceaux instrumentaux comme je te le disais. Ensuite, mon registre musical est tellement vaste que je ne réfléchis pas de cette manière. Je fais aussi bien des disques de Reggae que des albums de Country, de Punk Rock ou de la musique Electro. Je ne suis pas figé dans un style. C’est sûr que guitaristiquement, j’apporte ma patte et mon identité et j’espère que cela s’entend. Mais c’est vrai que je suis sorti de ma zone de confort pour composer ce morceau et faire un titre instrumental qui tienne la route.
– Parmi, les talentueux guitaristes qui figurent sur ce volume 2 de « United Guitars », avec qui aurais-tu vraiment eu envie de faire un duo si l’occasion s’était présentée ?
Il y en a plein, car je fonctionne par rencontre. Malheureusement, je n’ai pas croisé grand-monde sur le projet et j’espère qu’on aura vite l’occasion de faire un concert avec tout ce beau monde. C’est vrai qu’avec Fred Chapellier, on se connait bien depuis les « Vieilles Canailles » et on s’entend très bien. J’aime beaucoup Nina Attal aussi. Elle a vraiment du talent et fait plein de choses intéressantes.
Quelle idée de vouloir réenregistrer ses trois premiers albums ! A la base, Nono avait en tête trois concerts différents, uniques, distincts et consacrés à chacun de ces disques. C’est finalement en configuration live, en une seule prise et filmé que TRUST revisite ses grands classiques. Avec un Bernie en pleine forme et un Nono étincelant, le groupe se balade quelques décennies en arrière et « Recidiv » est une réussite totale.
TRUST
« Recidiv »
(Verycords)
Soyons tout de suite clair : si vous n’avez pas adhéré aux derniers albums de TRUST (« Dans Le Même Sang » et « Fils de Lutte »), ces réenregistrements des trois légendaires premiers disques du groupe ne devraient pas non plus vous conquérir… à moins que ! La bande de Bernie et Nono a bien changé en plus de 40 ans de carrière, et musicalement l’évolution est elle aussi très naturelle.
Avec « Recidiv », les patrons du Rock hexagonal se sont donnés comme challenge de réinterpréter « L’Elite », « Répression » et « Marche ou Crève » dans les conditions d’un concert, en une seule prise et après moins d’un mois de répétition. L’idée était bien sûr de réarranger les morceaux avec le son actuel du groupe, et aussi de réécrire certains textes qui pour l’essentiel sont restés étonnamment d’actualité.
Nono me disait récemment : « On nous a toujours catalogué Hard Rock, mais on fait du Rock’n’Roll avec donc des côtés Blues ! ». Alors, si certaines chansons n’ont presque pas bougé (« Préfabriqués », « Bosser Huit Heures », « L’Elite », « Police-Milice »), d’autres ont subi un sérieux lifting qui leur va plutôt bien (« Palace », « H & D », « Dialogue de Sourds »). Ce premier album de TRUST est d’ailleurs sans doute celui qui est le plus fidèle à l’original.
« Répression », le plus emblématique des albums du groupe, est tout aussi nerveux et rentre-dedans que la première version (« Antisocial », « Instinct De Mort », « Au Nom De La Race »), et présente quelques bonnes surprises (« Fatalité », « Le Mitard », « Les Sectes »). L’atmosphère n’a pas changé chez TRUST et c’est un Nono percutant dont le feeling est plus que jamais présent qui mène la danse.
Enfin, « Marche Ou Crève » est l’album qui a été le plus réarrangé par le groupe. Quand le TRUST d’antan rencontre la formation actuelle… L’émotion et la rage sont très présentes. Peut-être plus bluesy, plus Rock mais toujours aussi revendicatifs, les classiques prennent une autre dimension (« La Grande Illusion », « La Junte », « Certitude… Solitude »). Et les chœurs féminins y apportent une petite légèreté et un esthétisme certain.
Parmi les morceaux offrant le plus de surprises, on retrouve « Misère » et « Ton Dernier Acte », qui prennent un relief saisissant. Et comme TRUST aime à se poser là où on ne l’attend pas, c’est avec six titres en version acoustique que l’on retrouve des extraits des deux derniers albums (« Démocrassie », « Miss Univers », « Y a pas le feu mais faut bruler ») sur un quatrième album étonnant.
Plus qua jamais d’actualité, le groupe nous fait un beau cadeau avec ces interprétations de haut vol et d’un feeling énorme. Un régal… sur lequel les grincheux ne manqueront pas de se casser les dents. Il reste les versions originales, n’ayez crainte !
Pendant très longtemps, SOILWORK a brouillé les pistes ou s’est cherché derrière un style, c’est selon. Avec ce nouvel EP, les Suédois affichent un style qui leur est propre et très personnel, effaçant toutes les étiquettes et brisant les cloisonnements musicaux qui les ont trop longtemps bridés.
SOILWORK
« A Whisp Of The Atlantic »
(Nuclear Blast)
Presque deux ans jour pour jour après le très bon « Verkligheten », SOILWORK revient en cette année noire avec un EP, qui vient s’ajouter aux onze albums du groupe suédois. Souvent sous-estimé, le quintet revient remettre les pendules à l’heure et David Andersson, guitariste du combo, a cette fois pris les choses en main pour livrer cinq titres au large spectre musical.
Dès les premières notes du morceau-titre long de 16 minutes, on est saisi par la densité et la polyvalence dans la composition de cette fresque très progressive, où SOILWORK joue autant sur les émotions que sur la fulgurance de son jeu. On est très loin du Death mélodique des débuts, et c’est réjouissant. Guidé par le chant polymorphe de Björn Strid qui combine les parties claires et growl avec facilité, les Suédois font étalage de leur classe.
Audacieux et aussi technique qu’agressif, le groupe enchaine avec « Feverish » et « Desperado » entre tradition très Heavy et assez classique, mais toujours avec deux guitaristes, qui n’en font qu’à leur tête. « The Nothingness And The Devil » vient définitivement poser l’empreinte musicale de SOILWORK, qui s’affranchit enfin de toutes les étiquettes souvent malvenues qui leur collaient à la peau.
Pour ce quatrième album de PURE REASON REVOLUTION, Jon Courtney (chant, guitare, claviers) et Chloë Alper (chant, basse, claviers) reviennent à un Rock Progressif épuré aux frontières du Metal. « Eupnea » est d’une richesse musicale incroyable, et le duo signe là probablement l’un des ses meilleurs albums. Après huit ans d’absence, c’était l’occasion de faire le point avec Jon Courtney sur le retour de PRR, le processus de composition de ce nouvel album et parler aussi un peu de l’avenir du groupe qui est plus motivé que jamais… mais pour le moment à l’arrêt.
– PURE REASON REVOLUTION est de retour après huit ans de silence, et « Hammer And Anvil » il y a dix ans. Pourquoi une si longue absence ?
Revenons un peu en arrière. En 2011, nous pensions que le groupe allait continuer sur sa lancée. Et nous avions aussi tous envie de nous investir dans différents projets, et c’est ce que nous avons fait. J’ai alors déménagé à Berlin, et j’ai commencé à travailler sur Bullet Height. Une fois ce cycle achevé, j’ai d’abord fait une pause et je suis retourné en studio. Ce qui s’est passé, c’est que ce qui ressorti des démos ne ressemblait pas à Bullet Height. C’était beaucoup plus Progressif et très proche de PRR. Et au fur et à mesure que j’avançais sur le matériel et que je le développais, je me suis rendu compte que cela ressemblait vraiment à PRR. J’ai donc contacté Chloë en lui demandant ce qu’elle pensait de l’idée de reformer le groupe. Elle avait aussi travaillé avec Tiny Giant et fait des concerts entre temps. Elle a trouvé l’idée excellente, et nous revoilà… entre autre !
– « Eupnea » vient de sortir et vous effectuez un brillant come-back. Depuis combien de temps est-ce que vous travailliez sur cet album ?
Je dirai que ça nous a pris environ un an, depuis les premières démos jusqu’au mix final. Et nous sommes désormais décidés à prendre un bon rythme et faire des dates dès que possible. Et cette fois, nous n’attendrons pas dix ans !
– Est-ce que vous étiez dans un état d’esprit différent pour ce nouvel album, car beaucoup de monde, notamment les fans, attendaient votre retour ?
Pas vraiment, car nous savons que nous avons une superbe et fidèle fan-base, qui était très impatiente d’écouter de nouveaux morceaux. Je pense que la direction très naturelle prise sur « Eupnea » a été une belle surprise pour les fans, et nous sommes très touchés par l’accueil reçu.
– Sur ce nouvel album, on a le sentiment que vous avez épuré votre registre en le rendant aussi plus tranchant, plus incisif et même assez Metal dans les guitares. Vous avez cette impression d’avoir durci le ton ?
Nous avons toujours eu des influences allant de NIN à Tool ou Bring Me The Horizon. J’ai d’ailleurs travaillé sur quelques remixes pour eux. Pour « Eupnea », on voulait quelque chose de plus massif, de plus heavy, de plus extrême… et on espère que vous aimez !
– Il y a un travail incroyable effectué au niveau vocal. Vous semblez avoir trouvé votre propre espace tous les deux et votre complicité est évidente. Tu as le même sentiment ?
Merci beaucoup ! Sur ce nouvel album, je me suis vraiment efforcé de faire ressortir nos particularités vocales respectives. C’est quelque chose qui manquait sur l’album précédent. Les voix sont plus « solos » par moment avec une piste centrale qui donne la direction. On obtient du coup plus d’harmonies tout en gardant un aspect très brut, ce qui est très important. Nous sommes très influencés par Fleetwood Mac, les Beach Boys et Crosby, Stills, Nash and Young pour ce qui est des harmonies vocales. Et personnellement, j’aime beaucoup les chanteurs Brian Wilson et Billy Corgan.
– PRR reste toujours aussi mélancolique et aérien, et c’est encore évident sur vos nouveaux titres. C’est définitivement la signature du groupe ?
Nous avons juste suivi notre processus créatif sans nous fixer de limites, ni de frontières et sans restriction. Dans notre musique, il y aura toujours des choses qui prévalent sur d’autres. Les harmonies vocales, la structure et les mélodies inhabituelles de nos chansons sont quelque chose que l’on retrouve sur tous nos albums. C’est peut-être notre signature, en effet. La mélancolie des textes se glisse aussi dans une certaine mesure, mais toujours en équilibre avec la positivité, la passion et l’espoir.
– « Eupnea » est sorti au début de la crise du Covid-19. Comment vivez-vous la situation et le fait que vous ne pourrez pas défendre votre album sur scène dans l’immédiat ?
Nous sommes heureux que l’album soit sorti juste à temps, et j’espère qu’il apporte un peu de réconfort durant ce confinement. Pour le moment, je vais au studio tous les jours mais j’ai beaucoup de mal à me concentrer. L’incertitude actuelle provoque un sentiment d’étrange décomposition. J’ai aussi du annuler des sessions d’enregistrement en avril, et je devais également m’envoler pour Portland, Oregon, quelques semaines. On se sent vide. Tous nos festivals de cet été ont été annulés et c’est une grande déception. Pour le moment, cela n’a pas encore d’impact sur nos dates d’octobre, mais attendons de voir…
L’héritage paternel de l’ancien compagnon de route de Lemmy parait avoir été parfaitement assimilé par ses trois bambins. En effet, PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS livre un deuxième album aussi énergique que vivifiant. Des riffs à la pelle et un groove exemplaire font de « We’re the Bastards » un bien bel album.
PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS
(Nuclear Blast)
« We’re the Bastards »
Réunion de famille ! Après une petite excursion en solo l’an dernier (« Old Lions Still Roar »), l’ancien guitariste de Motörhead a rappelé ses rejetons pour ce nouvel album avec ses BASTARD SONS. Entouré de Todd (guitare), Tyla (basse), Dane (batterie) et l’ami de la famille Neil Starr (chant), PHIL CAMPBELL renoue avec un Hard Rock moins brut de décoffrage qu’avec son ancien groupe, mais tout aussi percutant.
Moins rugueux mais toujours aussi énergique, le faiseur de riffs ne ralentit pas la cadence et se montre toujours aussi costaud (« Son of a Gun », « Riding Straight to Hell », « Hate Machine »). Très Hard Rock dans l’ensemble, PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS ne manque pas de groove et la petite famille envoie du bois.
Grâce à la polyvalence de son chanteur, « We’re The Bastards » multiplie les ambiances passant d’un Stoner Blues bien huilé (« Desert Song ») à un Punk Rock endiablé (« Destroyed ») et au Heavy Metal (« Lie to Me »). PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS régale et semble décidé à ne pas s’endormir sur ses lauriers. Et le titre de l’album résume à lui seul l’état d’esprit du combo.