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Heavy Stoner Prog

Stoned Jesus : en orbite

L’entreprise dans laquelle s’est lancée la formation ukrainienne ne manque pas de piquant. C’est toujours un moment à part dans une carrière et bien souvent une sorte d’accomplissement pour les artistes. Et cette épopée progressive repose autant sur un fuzz tranchant que sur des notes plus aérées. Les atmosphères se bousculent, mais le concept conserve un fil rouge clair sur ce « Songs To Moon », traversé de post-Metal et Heavy Stoner Prog. Ce deuxième volume donne un bel éclairage sur la suite à venir…

STONED JESUS

« Songs To Moon »

(Season Of Mist)

L’an dernier, le trio s’était engagé dans une ambitieuse trilogie avec « Songs To Sun », ouvrant ainsi un chapitre majeur de sa discographie. L’idée est en effet de dévoiler ses multiples facettes musicales. Essentiellement composé par le multi-instrumentiste et chanteur Igor Sydorenko, « Songs To Moon » continue l’introspection de STONED JESUS dans l’univers progressif. Librement inspiré par Opeth, Alice In Chains et Mastodon, ce deuxième volet s’en détache facilement pour mettre en lumière une identité artistique développée depuis 2009.

En attendant « Songs To Earth », probablement l’an prochain si le rythme est respecté, « Songs To Moon » se distingue par un aspect plus expérimental et plus sombre également. Ces nouveaux morceaux se focalisent sur le côté émotionnel du registre de STONED JESUS. Les passages plus délicats et parfois acoustiques sont plus nombreux, même si l’empreinte Heavy Rock n’est jamais bien loin. Elle résonne d’ailleurs dès le titre d’ouverture, « Under The Skin », dont la puissance, y compris vocale, explose littéralement à travers des nuances bien senties.

Sur une production jumelle à son prédécesseur, « Songs To Moon » s’inscrit dans une même continuité artistique. Si le curseur a bougé, le propos semble plus mélancolique, à l’instar d’ailleurs de sa ténébreuse pochette. Comme pour marquer cette trilogie, STONED JESUS s’offre aussi une sorte de point cardinal entre les deux premiers volets avec « Syzgy », son premier morceau instrumental, qui se situe d’ailleurs précisément et musicalement au milieu des trois réalisations. Mieux, il emprunte une mélodie de chaque disque pour n’en faire qu’une. Une suite captivante.

Photo : Babbibrun

Retrouvez l’interview du groupe à l’occasion de la sortie du premier volet, « Songs To Sun » :

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Acoustic Metal Progressif

Vanden Plas : sans filtre

Brillant sur album où sa vélocité fait mouche, captivant sur ses albums live, VANDEN PLAS se montre également assez phénoménal en acoustique, où sa facilité à se réinventer est à la fois sophistiquée et intimiste. Avec « AcCult II », son inimitable Metal Progressif se fait plus Rock, même si les arrangements dans cet aspect plus organique nous rappellent son style d’origine. La connexion entre les musiciens offre aussi une chaleur inattendue et irrésistible.

VANDEN PLAS

« AcCult II »

(Frontiers Music)

Deux ans après « The Empyrean Equation Of The Long Lost Things », qui avait acté l’arrivée d’Alessandro Del Vecchio en lieu et place du claviériste Günter Werno, les Allemands signent le deuxième volet d’« AcCult », sorti il y a 30 ans. On y retrouve donc cette ambiance acoustique, mais pas forcément épurée, de l’album paru en 1996. Là où le précédent revisitait l’album « Colour Temple », première réalisation du quintet, celui-ci parcourt plus largement la discographie de VANDEN PLAS et dévoile également deux reprises.

« AcCult II » fait l’impasse sur les habituelles structures complexes des morceaux, qui ont fait la renommée du groupe pour laisser place à un style jouant directement sur le côté émotionnel. Et là où il se distingue, c’est que sa personnalité musicale et sonore est intacte. VANDEN PLAS évolue tout en maîtrise dans un registre auquel il n’est pas forcément habitué et reste cependant immédiatement identifiable. Il démontre avec habileté et virtuosité la qualité intrinsèque de ses compositions dans un vibrant état des lieux.

En ouvrant « AcCult II » avec « Far Off Grace », la formation place la barre très haut et d’ailleurs, on ne saurait que saluer l’intégration et l’approche tout en retenue de l’Italien aux claviers, qui intervient sur toute la seconde moitié de ce long morceau. Puis, VANDEN PLAS arrive encore à surprendre avec des versions pleine d’élégance de « Holes In The Sky » et « You Fly » avec la présence du saxophoniste de Supertramp, John Helliwell. Enfin, les covers « Boat On The River » de Styx et « Nothing Else Matters » de Metallica sont aussi de toute beauté.

Photo : Jannik S. Wagner

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Blues Rock

Philip Sayce : life on stage

Brute et généreuse, on n’en attendait pas moins de la seconde partie de « Scorched Earth », la série de ‘Live’ entamée il y a une décennie déjà par le Britannique et qui avait démarré au Canada, son pays d’adoption. Les concerts de PHILIP SAYCE font le plein à chaque passage et c’est cette intensité mêlée à la fougue du songwriter qui ressurgit sur ce « Volume 2 – Live in LA/London ». Car c’est sur les deux continents qu’il a sélectionné ces huit morceaux, où le six-cordiste fait parler la poudre grâce à une approche fougueuse de son instrument, mais aussi avec une voix qui traverse les émotions avec naturel.

PHILIP SAYCE

« Scorched Earth Volume 2 – Live In L.A./London »

(Atomic Gemini Records)

On n’osait plus y croire ! Dix ans après le ‘Volume 1’, PHILIP SAYCE offre donc une suite à « Scorched Earth » et l’ambiance est toujours aussi électrique. Si le premier volet avait été enregistré à Toronto au Canada où il réside, cette fois le musicien fait le grand écart entre Los Angeles et Londres, plus précisément au club ‘The Baked Potato’ de la Cité des Anges et au ‘Garage’ de la capitale anglaise. Et dans les deux cas, il faut bien avouer que le bluesman a littéralement retourné les lieux et les extraits proposés ici sont de la dynamite.

Avec sept albums au compteur, dont l’excellent « The Wolves Are Coming » sorti il y a deux ans, PHILIP SAYCE mène pourtant une carrière bien trop discrète au regard de son talent. Chanteur et guitariste, il distille un Blues Rock explosif, à la fois massif et virtuose. Et si ses enregistrements studios sont toujours pointilleux et plein de feeling, c’est bel et bien sur scène que sa musique prend tout son sens et que la puissance de son jeu change de dimension. Chargé d’émotion et incendiaire, « Scorched Earth » atteint encore des sommets.

Et pour sublimer le tout, le Gallois a fait appel au réputé Mark Rains pour le mastering, lequel a su révéler tout le relief et l’exceptionnelle prestation du groupe. Car pour l’accompagner, PHILIP SAYCE s’est entouré du bassiste Sam Bolle et du batteur Bryan Head : un power trio relevé qui fait corps et qui a régalé le public. Les versions de « Bitter Monday » et « Once » sont éblouissantes, celles de « Peace Machine » et de « Lady Love Divine » tout aussi incroyables, et le survitaminé « Spanish Castle Magic » de Jimi Hendrix confirme une filiation plus qu’évidente.

Photo : Robert Sutton

Retrouvez aussi la chronique de « The Wolves Are Coming » :

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Metal Progressif

Green Carnation : une sombre splendeur

Qualifier GREEN CARNATION de formation titanesque du Metal Progressif est tout sauf exagéré. Avec une exigence de chaque instant et un sens du détail aussi pointilleux, il empreinte autant au Prog des années 70 qu’au Metal de ce nouveau millénaire et la fusion est réellement inédite au regard de la scène actuelle. S’inspirant du personnage d’Ophélie du « Hamlet » de Shakespeare, le côté dramatique prend ici encore tout son sens et fait de cette deuxième partie un moment suspendu, autant qu’une aventure aux multiples rebondissements. « Sanguis » laisse présager un acte final irrésistible.

GREEN CARNATION

« A Dark Poem, Part II : Sanguis »

(Season Of Mist)

Quelques mois seulement après le premier volet de sa trilogie « A Dark Poem », les Norvégiens livrent déjà la suite et elle se montre tout aussi inspirée et captivante que sur la très belle entame, «The Shores Of Melancholia ». Avec « Sanguis », GREEN CARNATION développe son concept et aborde une facette plus sombre et plus personnelle que sur le précédent. Entre tradition progressive et fulgurances Metal, on se laisse souvent porter par des mélodies aussi subtiles qu’accrocheuses. Cette force tranquille se traduit dans une maîtrise totale et une technique qui ne s’imposent pas au détriment des compositions, mais forment au contraire un ensemble compact.

Peut-être plus profond et plus introspectif que le premier, ce deuxième volume met en avant un esprit de groupe et une implication de chacun à œuvrer dans un même but. Plus de 30 ans après sa création, le sextet n’a pas tout dit, loin de là, et parvient à se renouveler sans mal tout en conservant brillamment les fondations de son style si reconnaissable. GREEN CARNATION se fait ici plus brut et organique dans la production, ce qui lui confère un aspect d’une intemporalité assez bluffante. Guidé par son chanteur Kjetil Nordhus, qui reconnaît s’être vraiment dévoilé sur certains morceaux, les Scandinaves fascinent toujours autant par un sens du narratif assez unique.

Bien sûr, chaque chapitre de « A Dark Poem » possède son histoire et ses teintes sonores, mais l’évolution musicale est pourtant manifeste, enrichie de nouvelles nuances et d’une approche des émotions chaque fois distincte. Aussi fragiles que massifs, les six morceaux de « Sanguis » paraissent suivre un même chemin et chacun se présente comme un obstacle ou une étape supplémentaire, qui nous mènerait jusqu’à son ultime partie qu’on imagine volontiers somptueuse. GREEN CARNATION élève encore un peu plus son jeu entre désespoir et envolées presque lyriques (« Sanguis », « I Am Time », « Fire In Ice », « Lunar Tale »). Magistral !

Photo : Lars Gunnar Liestøl

Retrouvez la chronique du premier volet volume de « A Dark Poem » :

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Alternative Metal Alternative Rock Nu Metal

Headkeyz : reflet de sa génération

Fidèle à son époque, à l’air du temps et à ses inquiétudes, le quintet livre la suite et la fin de son concept-album, « The Cage & The Crown », démarré deux ans plus tôt. En jouant sur une certaine modernité et en faisant l’amalgame de nombreux courants, HEADKEYZ se perd parfois et semble courir après une identité qui lui échappe encore. Si le combo peut se reposer sur une production solide, celle-ci souffre d’un manque de relief et d’une authenticité, qui lui conféreraient pourtant une belle assise. Un « Chapter II » qui aurait mérité plus de panache et moins d’arrangements. 

HEADKEYZ

« The Cage & The Crown Chapter II »

(Independant)

Sorti en 2023, « The Cage & The Crown Chapter I » avait dévoilé un groupe pour le moins audacieux. En optant pour un diptyque dès ses premiers pas sur la scène hexagonale, HEADKEYZ n’a pas hésité à placer la barre très haut. Et il faut reconnaître que la maîtrise et l’univers du groupe ont de quoi séduire, tant ils sont le reflet de leur temps et surtout de leur génération. Entre Rock et Metal, avec des bases alternatives et Nu Metal, les Montpelliérains savent où ils vont, guidés par leur frontman Edge (Adrien Girard), garant et maître d’œuvre de la direction artistique.

Comme son style et sa personnalité musicale semblent encore chercher une voie claire et précise, HEADKEYZ ne se refuse à peu près rien sur ce « Chapter II », pourtant solide malgré des absences créatives comme ce « Rotten Party » presque surréaliste. Mais cet égarement ponctuel laisse place rapidement à des morceaux plus costauds, dans le fond comme dans la forme. Et l’un des éléments notables de ce second volet est sa production. Alors que le premier avait été masterisé par Howie Weinberfg (Nirvana, Deftones), celui-ci l’est par Emerson Mancini (Linkin Park, Paramore).

Forcément conceptuel, ce deuxième opus possède un petit côté cinématographique agréable, mais il peine à réellement accrocher l’auditeur, malgré quelques envolées bien senties (« The Crown », « Intoxicated », « Revenge »,« The End »). L’arrivée de Stella Cristi en seconde guitariste apporte du punch et de la vélocité à l’ensemble et lui permet surtout de sortir de sa zone de confort. HEADKEYZ maîtrise son sujet, se montre techniquement à la hauteur, mais manque trop souvent de ce grain de folie qui pourrait tout faire décoller. La route est encore longue.

Photo : Bastien Sablé

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Hard Rock

Mike Tramp : ultimate focus

Non qu’il soit poursuivi par son passé, car MIKE TRAMP mène une carrière solo brillante depuis la fin de White Lion, ou qu’il ait lui-même le désir de retrouver quelques sensations passées, le chanteur et compositeur a simplement décidé d’en finir avec un cycle. De retour sur scène où il interprète les hits de son ancien groupe, le Danois s’est attelé en 2023 au premier chapitre des « Songs Of White Lion », dont voici l’épisode final, une fois encore très bien revisité par son fondateur.

MIKE TRAMP

« Songs Of White Lion Vol. III »

(Frontiers Music)

En replongeant dans ses années White Lion, MIKE TRAMP a tenu à écarter tout de suite toute forme de nostalgie. Et c’est vrai qu’à l’écoute de ce troisième volume, il s’agit surtout de perpétuer une sensation de fraîcheur et surtout l’envie non-dissimulée de lui offrir une seconde vie dans un nouvel écrin. Les mauvaises langues auraient pu dire qu’un seul volet, en guise de ‘Best Of’, aurait amplement suffit à faire le tour de cette institution européenne, et même mondiale, de ce groupe iconique pour tous fans de Hard Rock des années 80.

Et pourtant, il en aurait manqué des morceaux devenus des classiques sur un seul disque. « Songs Of White Lion Vol. III » vient nous rappeler au bon souvenir de mélodies et de riffs qui font immédiatement l’effet d’une madelaine de Proust, qui n’attendait juste qu’on en prenne une bouchée. Non que la recette ait été modifiée, mais l’interprétation bénéficie d’un élan particulier, de subtils nouveaux arrangements et surtout de la voix devenue bien sûr plus mature, mais toujours magnétique et puissante, d’un MIKE TRAMP inamovible.

Ainsi, on ne boudera pas son plaisir de réentendre près de 40 ans après des titres comme « Dirty Woman », « War Song », « Fight To Survive », « If My Mind Is Evil », « Cherokee », « All Burn In Hell » ou « Radar Love ». Autant de petits plaisirs qui remontent à la surface avec la même force. Et pour les rendre toujours aussi incisif, MIKE TRAMP peut compter sur ses musiciens et compagnons de route Marcus Nand (guitare), Claus Langeskov (basse) et Morten Hellborn (batterie). Un ultime effort qui vient clore une belle et grande trilogie !    

Photo : Michael Anthony

Retrouvez l’interview de MIKE TRAMP à l’occasion de la sortie du volume 2 :

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Doom Folk Metal Metal Progressif

Dun Ringill : evil church

Une rythmique lourde, des riffs où s’entremêlent twin-guitars imposantes aux côtés de solos épiques et un chanteur littéralement possédé par son propos, les recettes de DUN RINGILL font encore des merveilles sur le deuxième volume de la sage entreprise il y a maintenant deux ans. Un projet audacieux, et mené de main de maître par son compositeur et bassiste Patrick Andersson, qui offre au Folk Metal Progressif de  « 150 – Where The Old Gods Play Act 2 » un relief inédit et une dimension aussi étrange que singulière.

DUN RINGILL

« 150 – Where The Old Gods Play Act 2 »

(The Sign Records)

Deux ans après un premier acte saisissant, DUN RINGILL nous livre le second et ce « 150 – Where The Old Gods Play Act 2 » est largement à la hauteur des attentes placées en lui. Un changement de batteur plus tard, revoici donc les Suédois qui mettent un terme à cette histoire pour le moins tourmentée. Pour rappel, nous sommes au début du XXème siècle en Ecosse et on suit les manipulations de l’Église par un prêtre aux desseins secrets et malveillants. C’est par le prisme de l’empreinte ecclésiastique sur la population que Lucia, le personnage principal, nous guide dans ses ténébreuses pérégrinations.

Et si le thème est particulièrement obscur, le musique de DUN RINGILL est en parfaite adéquation, tant l’atmosphère dans laquelle il nous plonge a des aspects terrifiants. Même si des sonorités de flûte et de violon laissent entrer par fragments une petite lumière, le Doom Folk vient très vite l’absorber. Les Scandinaves se font les incroyables conteurs de cette effroyable épopée et leur registre, aussi narratif que pesant, n’a aucun mal à captiver. Par ailleurs, la prestation du frontman, Thomas Eriksson, reste l’un des atouts majeurs du disque, grâce à une polyvalence vocale presqu’ensorcelante sur certains morceaux.

Mais ne nous y trompons pas, le style de la formation nordique n’a rien de franchement contemplatif. Celle-ci sait aussi se faire très Heavy (« Dark Clouds Are Rising ») et surtout progressive comme sur les monumentaux « The Robe & Crown », « My Father » et surtout le génial « Lucias Monologue Part 1 & 2 » et ses presque dix minutes. DUN RINGILL parvient avec ce second volet à nous faire oublier les ombres de Skyclad et de Manilla Road présentes sur le premier. « 150 – Where The Old Gods Play Act 2 » délivre exactement la fraîcheur d’écriture et la puissance musicale attendues. Un concept-album magistral !

Retrouvez la chronique du premier acte :

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Blues

Le Barda : across the lands

A mi-chemin entre le cow-boy et le desperado, LE BARDA poursuit son chemin, fait des bornes et surtout soigne son style. Un an après « Dead Man’s Shadow », il se présente avec la seconde partie de sa trilogie « Punch And Badass », « Clash », et elle est aussi enthousiasmante que la première. Le multi-instrumentiste alterne les atmosphères sans jamais perdre le fil de son Blues. Evoluant aussi désormais en trio, il surprend encore et s’impose avec classe.  

LE BARDA

« Punch And Badass Volume 2 – Clash »

(Inouïe Distribution)

Habituellement,  il conçoit seul et chez lui ses albums. Sauf que cette fois, le baroudeur s’est enfermé en studio une petite semaine, jour et nuit, pour y concocter son septième opus et accessoirement le deuxième volume de « Punch And Badass », baptisé « Clash ». Et LE BARDA n’a pas fait les choses à moitié, s’occupant du moindre détail et offrant surtout à cette nouvelle réalisation un large éventail de couleurs. Il parcourt le Blues sous toutes ses coutures avec dextérité, une envie débordante et une joie communicative.

Sur ce nouveau volet, Olivier Barda, alias LE BARDA, a fait appel au batteur Sacha Cantie, au bassiste Eric Belot et à Remy Tranzeat pour quelques notes de trompette, ce qui apporte beaucoup de relief à l’ensemble. Son ‘Western Badass’ prend donc du volume et les possibilités musicales se multiplient aussi. A l’instar d’un Jeff Healey ou de Meghan Lovell de Larkin Poe et sa lap-steel dans un autre registre, le Français joue aussi de la guitare à plat et les sonorités de son jeu s’offrent une dynamique toute particulière.

Et si notre globe-trotter s’est sédentarisé, ses morceaux ne sont pas beaucoup plus calmes pour autant, car l’énergie insufflée dans « Clash » les rend exaltants. L’harmonica toujours à portée de main, LE BARDA s’autorise de beaux écarts, passant d’un claquement de doigt du Delta Blues à la Folk, du Blues Rock à l’Alt-Country débridée tout en faisant escale du côté du Mexique (ou de l’Espagne, c’est selon). Le dépaysement est donc total, mais malgré les changements d’ambiances, il impose sa patte avec élégance.

Photo : Colorblind31

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Blues Blues Rock

Kenny Wayne Shepherd : diamant brut

Même si seulement un an sépare les deux volumes de « Dirt On My Diamonds », que l’attente a paru longue ! Il faut reconnaître que le songwriter, guitariste et chanteur avait placé la barre très haut et qu’une suite du même niveau était espérée. Et elle ne déçoit pas, bien au contraire, elle enchante. KENNY WAYNE SHEPHERD, entouré d’un groupe hors-norme, se montre une fois encore très inspiré et l’ambiance des studios de Muscle Shoals ne semble pas y être étrangère. Après ce « Vol. 2 », vous n’aurez qu’une envie : (ré)écouter le « Vol. 1 » !

KENNY WAYNE SHEPHERD

« Dirt On My Diamonds Vol.2 »

(Mascot Label Group)

Cela fait déjà un bon moment que les doutes se dissipent fortement et « Dirt On My Diamonds Vol.2 » vient clore une réflexion commencée il y a longtemps déjà. Je pense donc, et cela n’engage que moi, que KENNY WAYNE SHEPHERD est tout simplement le meilleur bluesman de sa génération. Sa technique, sa dextérité, son feeling et son écriture semblent désormais très au-dessus du lot. Parce qu’il n’élude aucun style, qu’il est aussi pertinent et doué au chant qu’à la guitare, il coche donc toutes les cases. Et ce second volet achève brillamment un cycle créatif entamé l’an dernier avec ses musiciens pour obtenir ce brillant double-album.

En moins de 30 ans de carrière, il s’est montré éblouissant à de très nombreuses reprises, mais c’est surtout cette constance et une régularité infaillible dans la qualité de ses albums, qui font la différence. KENNY WAYNE SHEPHERD ne traverse jamais le désert et son inspiration va même grandissante. Et puis, contrairement à bon nombre de ses confrères, il se met toujours au service des morceaux, et non l’inverse comme tellement d’autres. A l’instar du premier volume, c’est dans les légendaires studios Fame à Muscle Shoals, en Alabama, qu’a été enregistrée cette seconde partie et elle est encore bien compacte avec huit titres chaleureux et enflammés.

Ce n’est donc pas très loin de sa Louisiane natale que le songwriter est allé mettre sur bande les deux « Dirt On My Diamonds ». Comme précédemment, c’est Noah Hunt qui tient le chant principal, même si KENNY WAYNE SHEPHERD ouvre le bal avec le groovy « I Got A Woman » et se montre très attachant sur « My Guitar Is Crying ». On retrouve aussi des cuivres chaleureux (« Watch You Go »), des chansons plus funky (« Pressure ») et une superbe reprise de « She Loves My Automobile » de ZZ Top, élevée par des parties de guitare époustouflantes. Si le premier volume était déjà génial, on peut, sans exagérer, affirmer que celui-ci est encore meilleur. Une prouesse !

(Photo : Mark Seliger)

Retrouvez les chroniques de « Dirt On My Diamonds Vol.1 » et de « Trouble Is…25 » :

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Hard FM Hard'n Heavy

Eclipse : un air de conquête

Depuis quelques albums déjà, les Suédois resserrent leur jeu, gagnant ainsi en efficacité, et misent aussi sur des riffs racés et des refrains accrocheurs. Fortement marqué par les années 80/90 et avec un son typiquement, et forcément, nordique, ECLIPSE lorgne sur le Hard FM sans complexe, tout en distillant des titres puissants et fédérateurs. Dans la continuité du premier volume, « Megalomanium II » est Heavy, Rock et entraînant. Un opus costaud et dynamique, qui devait faire son effet en concert.

ECLIPSE

« Megalomanium II »

(Frontiers Music)

Un  an tout juste après « Megalomanium », le quatuor de Stockhölm livre le second volet et celui-ci confirme avec brio sa bonne marche à travers un style pleinement affiché et assumé. Car si ECLIPSE œuvre sur des fondations Hard Rock et Heavy Metal, il tend de plus en plus vers un registre plus mélodique qui s’adresse à un très large public. Très moderne dans l’approche comme dans  la production assurée de bout en bout par le frontman, guitariste et claviériste Erik Mårtensson, ce onzième album garde un côté musclé.

Du côté du line-up, c’est aussi du solide avec les mêmes musiciens que sur le très bon « Wired » (2021). Magnus Henricksson fait des prouesses à la guitare, tandis que la fratrie Crusner (Victor à la basse et Philip à la batterie) guide sans trembler une rythmique implacable. ECLIPSE montre beaucoup d’assurance et l’ambition à peine voilée du titre se retrouve sur les morceaux. Le son massif et très actuel donne aussi un sérieux coup de boost au Hard’n Heavy proposé sur leurs premières réalisations.

Renforcé par quelques claviers, « Megalomanium II » met surtout en lumière le travail des deux six-cordistes, qui rivalisent de riffs acérés et de solos millimétrés. Taillées pour la scène, ces nouvelles compos n’évitent pas certaines références évidentes, mais ECLIPSE impose, par son chanteur aussi, sans mal sa patte (« Apocalypse Blues », « The Spark », « Falling To My Knees », « Still My Hero », « Until The War is Over », « One In A Million »). Les Scandinaves rendent une belle copie et ces deux récents albums consécutifs sont plus que convaincants.

(Photo : Martin DarkSoul)

Retrouvez la chronique du premier volume, « Megalomanium » :