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Hard'n Heavy International

Tygers Of Pan Tang : un mythe intact [Interview]

Après une activité riche et marquante durant les années 80, il aura fallu attendre le début des années 2000 pour que le fameux tigre de la NWOBHM se mette de nouveau en chasse. Et cette nouvelle ère s’était ouverte avec Jacopo ‘Jack’ Meille au chant. Le frontman italien a immédiatement imposé sa marque et reste depuis plus de 20 ans la voix de TYGERS OF PAN TANG. Plus régulier ses dernières années, les Anglais reviennent aujourd’hui avec « Electrifyed », un quatorzième album qui vient attester de la grande forme du quintet. Vétérans peut-être sur le papier, les cinq musiciens affichent surtout une fougue et une inspiration qui m’ont pas pris la moindre ride. Le quintet rugit encore et toujours, et ne semble pas prêt à passer le relais. Entretien avec le chanteur de l’une des formations les plus marquantes du Hard Rock et du Heavy Metal européen.

– Tout d’abord, Jack, toi qui es dans le groupe depuis plus de 20 ans et donc le chanteur de la ‘seconde vie’ de TYGERS OF THE PAN TANG, j’aimerais savoir ce que tu penses des tous débuts du groupe ? Est-ce que cela reste encore aujourd’hui une inspiration pour toi ?

Oui, j’étais déjà fan des TYGERS dans les années 80 et j’avais d’ailleurs acheté « Spellbound » (1981) et « The Cage » (1982) que j’adorais. Et c’est vrai que faire partie d’un groupe aussi mythique est toujours une source d’inspiration, près de 22 ans après les avoir rejoints ! (Sourires)

– Pour rester un instant sur cette notion d’héritage, TYGERS OF PAN TANG a été de ceux qui ont bâti la fameuse NWOBHM. Aujourd’hui, beaucoup de groupes sont encore en activité, mais est-ce que tu perçois une seconde vague au XXIème siècle ? Je n’en ai pas l’impression, pour ma part…

La NWOBHM était un mouvement unique et exceptionnel. Comment des groupes comme Def Leppard et Venom pouvaient-ils en faire partie ? Et pourtant, c’était le cas. De nos jours, ce serait impensable. A l’époque, chaque groupe possédait un son et une personnalité uniques, et tous ont contribué au succès de la NWOBHM. Aujourd’hui, les groupes suivent une tendance ou s’approprient ce qu’ils considèrent comme le son originel de la NWOBHM. Mais il n’existait pas de ‘son’ codifié à l’époque. C’était un mouvement social : la classe ouvrière anglaise cherchait une musique capable d’exprimer sa colère et sa frustration. Voilà ce qu’est la NWOBHM !

– Pour conclure sur le sujet, les groupes fondateurs de la NWOBHM encore actifs ont tous plus de 40 ans de carrière évidemment. Est-ce que, comme tous les courants finalement, celui -ci est aussi destiné à s’éteindre avec ses créateurs ?

La magie de la musique réside dans son évolution constante, même à notre insu. Les musiciens qui ont façonné la NWOBHM finiront par prendre leur retraite, mais leur musique perdurera et inspirera de nouveaux talents. Cela donnera naissance à un nouveau genre musical, qui puisera dans les sonorités et les expériences du passé.

– Revenons à ce quatorzième album, qui acte aussi l’arrivée de John Foottit en tant que second guitariste aux côtés de Robb Weir. Ils forment à eux deux un duo solide et complémentaire. Sans parler de renouveau, « Electrifyed » donne l’impression d’être plus Heavy que ses prédécesseurs. A-t-il apporté une touche plus actuelle, selon toi, dans le son et l’approche de TYGERS OF PAN TANG ?

Les morceaux que tu entends ont été écrits avant l’arrivée de John dans le groupe. Robb (Weir, guitare – NDR), Craig (Ellis, batterie – NDR), Huw (Holding, basse – NDR) et moi souhaitions composer des titres plus percutants, axés sur les riffs, tout en conservant la touche mélodique que nous avions atteinte sur « Ritual » (2019) et « Bloodlines » (2023). Mon objectif a toujours été de maintenir l’équilibre entre le son brut de « Wild Cat » (1980) et l’approche plus mélodique de « The Cage », en passant par tous les morceaux intermédiaires.

– Pour la composition d’« Electrifyed », vous avez donc dit vouloir renouer avec l’énergie de « Wild Cat » (1980) justement, le premier album du groupe. Qu’y trouvez-vous qui puisse manquer dans le Heavy Metal et le Hard Rock d’aujourd’hui pour vous replonger 46 ans en arrière ? Est-ce finalement plus une question de sensation et d’état d’esprit ?

Chaque groupe a sa propre ‘recette’. La meilleure comparaison est celle d’un cocktail : vous pouvez connaître chaque ingrédient, mais le mélange est totalement unique. Je suppose que si vous demandiez à chaque membre de ce groupe de définir notre son, la réponse serait différente… (Sourires) Ce qui est certain, c’est que nous ne nous inspirons pas des autres groupes. Notre son est la combinaison des contributions des cinq musiciens et de la conscience de ce à quoi une chanson de TYGERS OF PAN TANG doit ressembler. « Electrifyed » représente cela en 2026.

– D’ailleurs, si « Electrifyed » est plus Heavy Metal dans le son, et moins Hard Rock, cette impression de noirceur se retrouve jusque dans la pochette. Avez-vous voulu ce nouvel album plus sombre et plus grave ? Peut-être plus en phase avec une époque mondialement compliquée ?

Nous vivons une époque étrange et sombre, et même si nous voulions éviter d’être influencés par le quotidien, c’est impossible. C’est pourquoi cet album est sans aucun doute plus sombre.

– Justement, sur le morceau-titre, tu fais allusion au système judiciaire américain en introduction de la chanson. Faut-il y voir un écho à l’actuel président et ses frasques, ce qui ne manquerait pas de piquant pour un Italien chantant dans un groupe anglais ?

C’est Craig, notre batteur, qui a écrit les paroles de la chanson. Elle ne parle pas de la peine de mort en tant que telle, mais plutôt des pensées d’une personne coupable qui sait qu’elle va être exécutée. Nous voulions retranscrire en chanson ce moment où la vie et la mort coexistent dans l’esprit d’une même personne.

– Enfin, par rapport à ton chant, est-ce que ton interprétation diffère dans son approche quand tu es avec TYGERS OF PAN TANG, afin d’offrir une continuité dans son identité artistique ? Car, je rappelle que tu fais aussi partie des groupes General Stratocuster And The Marshals, Damn Freaks, Mantra, Norge et plus récemment Sainted Sinners…

Oui, tout à fait. Et pour cet album en particulier, j’ai dû travailler dur pour trouver la bonne interprétation et la bonne intention pour chaque chanson. Je traversais aussi des problèmes familiaux qui n’ont rien arrangé. On a diagnostiqué un cancer à mon père pendant que j’étais en studio. Et il est décédé moins d’un mois après la fin des enregistrements. J’ai dû trouver le moyen de transformer toute cette douleur en quelque chose de créatif. Ce n’était pas facile, mais maintenant, en écoutant l’album, je crois que j’y suis arrivé, car je peux l’écouter sans ressentir de tristesse.

Le nouvel album de TYGERS OF PAN TANG, « Electrifyed », est disponible chez Mighty Music.

Photos : Steven Christie

Retrouvez aussi la chronique de l’album précédent :

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Hard Rock International Sleaze

Kickin Valentina : raw and wild [Interview]

En un peu de plus de 15 ans, la formation d’Atlanta a imposé sa patte sur la scène Hard Rock internationale avec ce côté Sleaze, un brin Glam et sans compromis qu’elle affiche en étendard. Avec « Anthems From The Underground », KICKIN VALENTINA fait bien plus que de rendre hommage à ce milieu en marge des productions mainstream, il salue un public fidèle, sincère et amoureux d’un style que le quatuor porte haut et qu’il fait sonner avec une modernité qui ne néglige pas cet état d’esprit et cette attitude si Rock’n’Roll. Ce nouvel album est un hymne à la liberté, à un style de vie aussi et surtout à une obstination à ne pas se plier aux règles, ni aux dictâtes quels qu’ils soient. Et c’est encore le très direct frontman et parolier D.K. Revelle, qui s’exprime le mieux sur la démarche ‘underground’ et authentique, si chère au combo.

– Ce cinquième album, hors EPs bien sûr, est assez spécial puisque vous y clamez votre amour pour le Hard Rock underground, dont vous êtes issus. Pourtant, votre notoriété dépasse aujourd’hui largement le milieu. Est-ce à dire que vous ne vous sentez pas à votre place dans un cercle plus mainstream ?

Le terme ‘Underground’, tel que nous l’utilisons dans le titre du nouvel album, « Anthems From the Underground », signifie simplement que, puisque le ‘Rock’n’Roll’ n’est pas ‘grand public’ actuellement et ce depuis un certain temps, et que nous sommes un groupe de ‘Rock’n’Roll’, le style de musique que nous produisons est, selon nous, ‘Underground’ aujourd’hui. C’est ainsi qu’est né ce titre, finalement, c’est notre vision des choses.

– D’ailleurs, si l’underground est d’abord une question d’attitude et d’état d’esprit, tout se joue aussi dans le son et le contenu des morceaux et, en ce sens, KICKIN VALENTINA est sans concession. Est-ce ce qui vous rattache en premier lieu à cet univers ? Sa sonorité et son ambiance si particulières ?

Les quatre membres de ce groupe jouent et composent ce style de Rock depuis les années 80… On y était ! D’ailleurs, je me fais peut-être vieux ! (Rires) Mais honnêtement, c’est ce qu’on ressent individuellement et collectivement, et c’est ce qui fait la magie du groupe.

– « Anthems From The Underground » reste ancré dans ce que vous avez toujours joué. Cependant, je le trouve peut-être moins Sleaze et moins festif. Sans être sombre, il paraît moins léger et plus sérieux. Etait-ce votre intention de marquer une sorte de virage ? Et puis, cette fois, vous avez travaillé avec Pete Newdeck et c’est peut-être cela qui donne cette sonorité si particulière à « Anthems From The Underground ». Avez-vous senti qu’il fallait aborder un nouveau chapitre après « Star Spangled Fist Fight » ?

Non… Excellentes questions, mais non… (Sourires) L’ambiance et le son de ce nouvel album sont surtout dus à la présence de notre ami et frère Pete Newdeck à la production. Il nous a suggéré de nouvelles pistes que nous n’aurions peut-être pas explorées sur les précédents albums de KICKIN VALENTINA… De plus, l’écriture des chansons n’est pas préméditée. C’est simplement ce qui nous est venu naturellement cette fois-ci, et je trouve que c’est une évolution naturelle pour nous. Nous n’avons jamais de direction prédéfinie, ni ne suivons aucune tendance lorsque nous commençons à écrire un nouvel album. On ne se prend pas la tête, on fait juste ce qui nous vient instinctivement… (Sourires)

– Justement, est-ce également sur scène que de telles décisions se prennent avec l’envie de peut-être apporter de nouveau arrangements à d’anciens morceaux, tout en pensant aux prochains ?

Non… Les vieux morceaux sont à peu près les mêmes et nos concerts sont improvisés à 75 % et structurés à 25 %, en ce qui concerne la setlist… Et c’est le live et l’énergie du public, qui nous anime. Il n’y a pas de pistes préenregistrées, pas de métronome, etc… Et vous ne savez jamais à quoi vous attendre de nous, soir après soir ! (Sourires)

– Vous avez déclaré que vous vouliez rendre hommage à vos fans sur ce nouvel album. Est-ce que vous avez articulé l’ensemble du disque en ce sens ?

Non, encore une fois… J’aime à penser que tous nos albums rendent hommage non seulement à nos fans, la ‘Kickin Valentine Mob’, mais aussi à nos héros du Rock’n’Roll, d’hier comme d’aujourd’hui.

– D’ailleurs, il y a une chose qui peut également expliquer ce changement dans le son d’« Anthems From The Underground ». En effet, vous l’avez enregistré chez vous à Atlanta, puis il a été mixé en Angleterre avant d’être masterisé à Toronto au Canada par Harry Hess. Si la technologie permet beaucoup de choses, votre album a beaucoup voyagé. Etait-ce trop compliqué de tout faire en Georgie ?

Non… C’est juste le chemin qu’on a choisi cette fois-ci et on en est contents ! (Sourires) D’ailleurs, un grand merci à Pete Newdeck et Harry Hess !

– Enfin, il y a une question que j’aimerais te poser. Est-ce que tu connais des groupes issus de l’underground, qui sont aujourd’hui suivi par un très grand nombre de fans à travers la planète, et qui se déclarent toujours de ce milieu ? Et d’ailleurs, est-ce vraiment possible de revendiquer ce statut à partir d’un certain moment quand le succès est au rendez-vous ?

Hmmmm… Je ne suis pas sûr de connaître beaucoup de nouveaux groupes underground qui jouissent d’une grande popularité, ou d’un succès retentissant… Aux Etats-Unis, on ne soutient pas les nouveaux groupes de Rock autant qu’on le faisait avec ceux des années 80… Et à mon humble avis, il est temps de passer le flambeau à des groupes comme le nôtre… (Sourires) On est toujours là, on y croit et on y croit encore. Et grâce à nos fans du monde entier, on progresse avec succès, album après album, concert après concert, année après année. Et on continuera à le faire à la manière de KICKIN VALENTINA : en live, brut, fort et sans complexe !

Le nouvel album de KICKIN VALENTINA, « Anthems For The Underground », est disponible chez Mighty Music.

Photos : John Mortensson (3, 4)

Retrouvez aussi la chronique du précédent album de KICKIN VALENTINA :

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Alternative Metal

Black Oak County : in capital letters

Fédérateur et puissant, BLACK OAK COUNTY semble avoir trouvé son allure de croisière depuis le retour à sa formation originelle. D’un Hard Rock moderne et vivifiant, les Scandinaves ont déjà entrepris un virage Alternative Metal sur « III » et « Misprint » vient confirmer de manière indiscutable que cette décision fut la bonne. Avec un tandem très complémentaire au chant, la formation nordique est plus audacieuse que jamais et elle repousse ses limites avec un plaisir à peine contenu. Ce quatrième effort est direct et frontal, et sa dynamique est remarquable.

BLACK OAK COUNTY

« Misprint »

(Mighty Music)

Avec le retour de son frontman et guitariste Niels Beier sur le précédent album « III », BLACK OAK COUNTY affiche sans complexe un style qui lui va bien et surtout dans lequel il s’épanouit pleinement. Bien sûr, si les racines purement Hard Rock de ses débuts se font toujours ressentir, c’est bel et bien un Alternative Metal explosif et massif que distille dorénavant le quatuor. Et surtout, il a su conserver son très bon duo de chanteurs avec son bassiste René Kristensen, ce qui lui garantit beaucoup de variation et d’amplitude.

Auréolé de quelques récompenses nationales et reconnu pour ses prestations enflammées, BLACK OAK COUNTY a bien surfé sur le succès de « III » et fait même encore plus fort avec « Misprint ». Sur une production compacte et peut-être un peu uniformisée, à l’instar du registre, on pourra peut-être regretter le manque de relief. Cependant, le travail sur les guitares avec des arrangements soignés et un groove hyper-musclé apportent beaucoup de saveurs à cette quatrième réalisation des Danois. Et on se laisse vite happer par d’accrocheurs refrains.

Confié de nouveau à Niklas Sonne, qui a aussi participé à l’écriture, « Misprint » démarre avec beaucoup d’intensité sur « Kill The Pain », puis « Rock’n Roll » le bien-nommé. BLACK OAK COUNTY fait parler la poudre à grand renfort de riffs ravageurs et de mélodies entêtantes. Son Alternative Metal arrive littéralement à maturité et le fait que le combo aille à l’essentiel, en évitant toute fioriture, le rend encore plus efficace (« Starlight », « Fade », « Energy », « Sick And Tired », « The Shadow »). Agressif, tout en jouant sur les émotions, « Misprint » frappe fort et juste.

Photo : Julia Nikiforova

Retrouvez aussi la chronique de « III » :

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Alternative Metal

Black Oak County : alternative way

Alors que son pays voit un important revival Hard Rock 90’s, c’est le moment choisi par BLACK OAK COUNTY pour évoluer dans un Alternative Metal très moderne et fédérateur. Direct et mélodique, le quatuor dispose d’une force de frappe conséquente. « III » devrait ravir les amateurs de Rock très musclé et Heavy, où les effluves d’un style plus classique et intemporel résistent bien. Une réussite totale et une belle reconversion, qui offrent un avenir radieux à la formation nordique.

BLACK OAK COUNTY

« III »

(Mighty Music)

L’histoire de BLACK OAK COUNTY a connu quelques rebondissements à commencer par un changement de nom dès sa création. Ensuite, après un premier album éponyme en 2017 enregistré chez Jacob Hansen (Volbeat, Pretty Maids), le groupe connait un succès notable, ce qui n’empêche pas son chanteur et guitariste Niels Beier de quitter le navire. Qu’à cela ne tienne, le trio sort un nouvel opus avec son bassiste René Kristensen au chant en 2019 (« Theater Of The Mind »). Et c’est il y a deux ans que l’ancien frontman réintègre le combo.

Avec Jack Svendsen à la guitare et Mike Svendsen derrière les fûts, BLACK OAK COUNTY semble plus soudé que jamais et prend même un virage important dans son aventure musicale sur cette nouvelle réalisation sobrement intitulée « III ». Arborant jusqu’à présent un Hard Rock assez classique et de bonne tenue, les Danois œuvrent désormais dans un Alternative Metal, où la présence des deux chanteurs est vraiment un plus. Et c’est sans compter sur un songwriting redoutablement efficace et une production massive. 

Co-écrit et produit par Nicklas Sonne, une sommité du milieu musical au Danemark, « III » affiche une puissance dévastatrice, des riffs lourds à souhait et des refrains implacables, le tout dans une dynamique très groove. BLACK OAK COUNTY tient le bon bout et montre de solides arguments, quelque part entre Shinedown et un Nickelback sous stéroïdes (« Crossed The Line », « Save Your Breath », « No More », « « Enemy », « Timebomb », « Fire Inside », « www.lies »). Frais et énergique, le jeu des Scandinaves est très accrocheur.

(Photo : Rasmus Alenkær)

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Heavy metal Old School

Blitzkrieg : indomptable

44 ans d’existence, cinq reformations et une dizaine de disques, le bilan peut paraître chaotique. Et pourtant, BLITZKRIEG n’a pas rendu les armes, bien au contraire. Souvent dans l’ombre d’une scène anglaise effervescente, le combo de Leicester a régulièrement été précurseur et a même inspiré une grande partie de la mouvance Speed/Thrash/Power, qui a suivi. Avec ce nouvel opus éponyme à la production irréprochable, il revient à l’assaut et il serait vraiment dommage de manquer ce renouveau spectaculaire et tellement actuel.

BLITZKRIEG

« Blitzkrieg »

(Mighty Music)

Certains se souviennent peut-être qu’en 1984, un jeune groupe californien nommé Metallica reprenait sur son single « Creeping Death », puis sur « Garage Inc. », le morceau éponyme de BLITZKRIEG, le faisant ainsi et un peu plus tard entrer définitivement dans la légende. C’est vrai qu’en reprenant un titre de ce groupe anglais pas plus âgé que lui, l’impact des Américains allait le faire entrer dans la légende et surtout le propulser au rang d’influence majeure pour beaucoup d’autres. Par la suite, les deux formations n’ont bien sûr pas connu le même destin… Loin de là !

BLITZKRIEG est donc une espèce de mythe que tout le monde semble connaitre sans s’être vraiment plongé dans sa discographie pour autant. Membre (trop) discret de la fameuse NWOBHM, le combo mené par le frontman Brian Ross, dernier rescapé de l’aventure originelle, a pourtant laissé quelques albums, qui ont posé d’épaisses fondations au style (« Court Of The Act », « A Time Of Changes », « Absolute Power », « Theatre Of The Damned » ou encore « Back From Hell » et « Judge Not »). Une petite dizaine de réalisations, qui a pourtant remué les scènes des plus grands festivals.

Composé aujourd’hui du fils de Brian, Alan Ross, de Nick Jennison avec qui il forme un duo explosif et essentiel à la guitare, de Liam Ferguson (basse) et de Matthew Graham (batterie), BLITZKRIEG ne fait franchement pas son âge. Moderne et solidement ancré dans son époque, le Heavy Metal des Britanniques avance avec force et puissance. C’est simple, pour un peu, on a presque l’impression de découvrir un nouveau groupe. Racé et féroce, l’aspect traditionnel du genre n’a pas disparu, mais a subi un époustouflant lifting. Acéré et mélodique, le quintet frappe fort et on souhaite vraiment que ce ne soit qu’un début.

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Hard US Hard'n Heavy Sleaze

Kickin Valentina : a shot of nitro

Mené par un D.K. Revelle impérial au chant, KICKIN VALENTINA remet le Hard US version déjanté et aguicheuse au firmament, où il siégeait il y a encore quelques décennies. Les bases sont épaisses, le sens de l’audace nourrit les chansons avec appétit et les refrains pénètrent le cerveau pour ne plus en sortir. Avec « Star Spangled Fist First », l’exaltation se fond dans une fièvre très Rock, comme on en n’avait plus entendu depuis de longues années. Le quatuor est aussi ravageur qu’accrocheur : une belle prouesse !

KICKIN VALENTINA

« Star Spangled Fist Fight »

(Mighty Music)

Le bouillonnant combo d’Atlanta est de retour, et quel retour ! Depuis ses débuts en 2013 avec un EP éponyme qui avait fait beaucoup de bruit, il poursuit son ascension en étoffant régulièrement son répertoire. Dorénavant, aux côtés de trois formats courts, il faut ajouter un quatrième album, qui ferait presque passer le brûlant « The Revenge Of Rock » (2021) pour une simple mise en jambe. KICKIN VALENTINA a sorti la sulfateuse et ce « Star Spangled Fist Fight » démonte tout sur son passage… et dans les règles.

Et les Américains se sont aussi très bien entourés, puisqu’ils ont confié la production du disque à Andy Reilly (UFO, Bruce Dickinson, Cradle Of Filth) et le résultat est massif, moderne et véloce. Du Hard Rock très Sleaze version 2024 ! Certes, les références à la scène du Los Angeles de la grande époque, les 90’s, sont évidentes, mais KICKIN VALENTINA y a injecté le souffle vivifiant de sa Georgie natale. Mélodiques et musclés, les morceaux de « Star Spangled Fist Fight » transpirent le Rock’n’Roll par tous leurs pores.

Avec irrévérence, le groupe affiche un Hard Rock direct, où se mêlent avec parcimonie des effluves de Glam, de Sleaze et de Hard US dans un élan dénoué de toute fioriture. « Star Spangled Fist First » avance avec un enthousiasme palpable sur un groove irrésistible, bardé de gros riffs, de solos hyper-Heavy et avec un duo basse/batterie plus que complice. KICKIN VALENTINA est précis et joue brillamment avec les clichés sexy du genre (« Gettin Off », « Dirty Rythm », « Died Laughing », « Takin A Ride » et le morceau-titre). Hell Yeah !

Photo : Joe Schaeffer
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Hard Rock

Junkyard Drive : pumped !

Après s’être remise en question et avoir procédé à des changements de line-up conséquents, la formation Hard Rock du Danemark fait son retour avec « Look At Me Now », une galette de dix morceaux à croquer et très bien produite par Soren Andersen (Glenn Hughes, Thundermother). Intense et percutant, JUNKYARD DRIVE montre une belle envie et beaucoup d’assurance, qui se ressentent jusque dans la composition de ses nouveaux titres. Entre modernité et tradition, ce nouvel opus amorce même un nouveau départ plein de promesses.  

JUNKYARD DRIVE

« Look At Me Now »

(Mighty Music/Target Group)

L’air de rien, cela fait déjà dix ans que JUNKYARD DRIVE a pris la route et qu’il impose son Hard Rock musclé méticuleusement mis à jour. Les Danois sont toujours restés ancrés dans leur époque, même s’ils abordent sans détour un style qui a certainement baigné leur adolescence. Avec un œil neuf, ils empruntent le sentier très bien balisé par leurs aînés, à savoir Guns n’Roses, Skid Row et Audioslave entre autres, et ils y ont injecté un grain de folie qui rend leur patte très accrocheuse. Bardé de mélodies entêtantes et d’une fougue constante, « Look At Me Now » est leur quatrième album et il y a du neuf !

La première petite révolution du quintet est d’avoir entièrement renouvelé sa section guitare, ce qui n’est pas rien, notamment dans un style comme celui-ci où il constitue souvent l’identité sonore d’un groupe. Bienvenue donc à Oliver Hartmann et Kristoffer Kristensen, qui font beaucoup de bien à JUNKYARD DRIVE, non que leurs prédécesseurs ne fussent pas à la hauteur, loin de là. Mais il faut bien reconnaître que le sang neuf apporté au combo l’a complètement réoxygéné et revigoré. Les deux artilleurs s’entendent parfaitement et leur complicité est évidente, tant sur les riffs que sur le partage des solos.

Vocalement, Kristian Johansen semble même avoir gagné en vigueur et ose bien plus de choses que sur « Electric Love » (2022), pourtant très bon. Les Scandinaves ont fait le plein d’énergie et leur Hard Rock s’affirme de plus en plus. Très varié dans l’ensemble, « Look at Me Now » montre toute l’étendue musicale dont est capable JUNKYARD DRIVE. Bluesy, véloce, Heavy, épais et plus tendre sur les ballades, ce nouvel opus révèle une belle créativité à l’œuvre et techniquement, c’est irréprochable (« Somewhere To Hide », « Landslide », « Beauty Fool », « Blood Red Sky », « The Tide Is High »). Well done !    

Photo : Klaus Rudbæk
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Speed Metal Thrash Metal

Artillery : sans sommation

Fondé au début des années 80 par Michael Stützer, seul rescapé de la formation originelle, ARTILLERY a laissé une trace sur la scène Thrash Metal européenne et si sa route avait été moins sinueuse, elle serait même aujourd’hui bien plus importante. Qu’importe, en 2022 et après deux ans de pandémie, le combo est remontée sur scène, chez lui dans la capitale danoise, pour ce qui restera pour lui un concert d’anthologie. « Raw Live (In Copenhell) » est autant un hommage qu’il ouvre une nouvelle ère pour le groupe.

ARTILLERY

« Raw Live (In Copenhell) »

(Mighty Music)

Après 40 ans de carrière et un parcours assez chaotique avec une mise en pause assez conséquente au début des années 2000, ARTILLERY n’a pourtant jamais lâché l’affaire. Surmontant également de nombreux changements de line-up, le quintet est toujours d’attaque et ce « Raw Live (In Copenhell) » vient démontrer à quel point les Danois ont laissé une solide empreinte dans le monde du Thrash Metal. Enregistré à domicile il y a deux ans, ce live est aussi un beau témoignage.

Car malheureusement, « Raw Live (In Copenhell) » est aussi le dernier enregistrement avec le batteur Josua Madsen, disparu l’année suivante dans un accident de voiture. Depuis, les thrashers ont aussi remercié Michael Bastholm Dahl, leur frontman au chant très Heavy, et le guitariste Kraen Meier. C’est d’ailleurs Martin Steene (Iron Fire, Force Of Evil) qui se tiendra dorénavant derrière le micro. ARTILLERY se renouvelle en permanence, ce qui doit être un signe de vitalité chez lui.

Porté par un public entièrement acquis à leur cause et aussi sûrement par le fait de partager l’affiche avec le gratin du Metal mondial, les Scandinaves se donnent corps et âme dans une prestation qui frôle le sans-faute, notamment celle du batteur, exalté et rugueux comme jamais. Et ARTILLERY a également peaufiné sa setlist. Onze titres musclés et rageurs qui ne laisseront personne de marbre (« Devil’s Symphony », « The Face Of Fear », « Bomb Food », « In Thrash We Trust », « Legions », « Terror Squad »).

Retrouvez la chronique de leur album précédent :

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Hard FM Hard US

Michael Catton : taille patron

Dans la lignée des grosses locomotives américaines, et même californiennes, des années 90, le Hard Rock musclé et un brin FM de MICHAEL CATTON vient donner beaucoup de fraîcheur à une scène en plein renouveau. Grâce à un line-up expérimenté et des compositions entêtantes, le chanteur présente une copie exemplaire sur laquelle sa voix fait corps avec des rythmiques solides et des solos millimétrés. « Point Of No Return » est un modèle du genre plus que vivifiant.

MICHAEL CATTON

« Point Of No Return »

(Mighty Music)

C’est au moment du split de son groupe Tainted Lady avec qui il a sorti deux albums (« How The Mighty Have Fallen » – 2017 et « Sounds Like Freedom//Feels Like War » – 2019) et qui a connu une belle reconnaissance au Danemark que MICHAEL CATTON a décidé de prendre son envol avec beaucoup de détermination et surtout une idée bien précise du style dans lequel il souhaitait dorénavant évoluer. Après quelques singles à succès, le chanteur anglo-danois sort son premier album solo et il est très réussi.

Et pour réaliser et composer « Point Of No Return », il s’est entouré d’une équipe redoutable. Rapidement approché par le guitariste, compositeur et producteur Soren Andersen, la connexion n’a pas tardé à s’établir. Avec les membres du trio de ce dernier, Guilty Pleasures, à savoir Allan Tschicaja à la batterie (Pretty Maids) et le bassiste Michael Gersdorff (Superfuzz), le quintet est complété par son frère Chris Catton (claviers). MICHAEL CATTON dispose ainsi d’un combo à la hauteur de ses espérances et cela s’entend.

Produit par Andersen dans le temple du Rock danois, les Medley Studios à Copenhague, « Point Of No Return » s’inscrit dans une veine Hard Rock mélodique 90’s avec un son actuel et puissant sur des morceaux très accrocheurs (« Faith », « Livin’ Lovin’ », « Hearts In Danger », « Ready For The Takin’ », « Gas Of The Fire »). La prestation de son six-cordiste n’a d’égale que l’incroyable performance de MICHAEL CATTON et, à eux deux, ils donnent une âme à ce premier opus, qui en appelle déjà d’autres. Du Hard Rock efficace et pêchu !

Photo : Nikola Majkic
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Hard US Heavy Rock International Rock/Hard

Electric Boys : funky voltage [Interview]

Trois décennies de carrière, un long break, des projets annexes et ELECTRIC BOYS nous revient avec un huitième album toujours aussi musclé, festif et dynamique. Avec « Grand Explosivos », les Suédois font toujours vibrer cette corde très Hard 90’s entre Rock US et Glam pêchu. Toujours aussi peu disert et même assez taiseux, son fondateur, chanteur, guitariste et compositeur Conny Bloom revient sur cette nouvelle galette et se rappelle au bon souvenir d’une époque révolue. Entretien.

– Il y a deux ans, vous aviez sorti l’album probablement le plus sombre de votre discographie, « Up!de Down ». Composé en pleine pandémie, on peut comprendre votre état d’esprit d’alors. Qu’est-ce qu’il vous a vous apporté, selon toi ? Peut-être d’avoir abordé des thèmes dont vous n’aviez pas forcément l’habitude ?

Nous ne l’avons jamais considéré comme un album aussi sombre que ça. Cela dit, c’est vrai qu’il a été inspiré par ce qui se passait à l’époque, que ce soit du point de vue des paroles comme de la musique. Je pense qu’il en est ressorti de bons morceaux comme « Upside Down Theme », « Tumblin’ Dominoes », « It’s Not The End », « Twang Em & Kerrang Em »…

– « Grand Explosivos » est votre huitième album. Il y a eu ce long break entre 1994 et 2011 avec des projets solos et l’aventure Hanoi Rocks. Est-ce que, finalement, ELECTRIC BOYS n’est pas le groupe dans lequel tu peux artistiquement le mieux t’exprimer ?

En ce qui concerne la guitare, je dirais que ce sont plutôt mes trucs en solo, qui me donnent le plus de liberté. Mais tous les différents projets, auxquels j’ai participés, m’ont toujours apporté quelque chose de nouveau et d’enrichissant. Et puis, j’ai aussi passé de très bons moments à jouer avec Hanoi Rocks.

– On retrouve beaucoup d’efficacité dans le songwriting, tout en gardant cet esprit très fun et funky, puisque vous êtes acteurs de cette vague 90’s assez insouciante. On a l’impression que ce sont vraiment le plaisir et une certaine légèreté qui guident vos morceaux…

Hummm… Je ne sais pas trop, en fait. Je pense que je suis un peu perdu dans ma propre bulle la plupart du temps ! (Rires) Quand des idées de chansons me viennent, je les enregistre sur cassette, de la même manière dont j’ai travaillé sur « Ups!de Down » et comme tous les disques avant. Mais oui, je suppose que ce disque est assez ‘insouciant’ dans l’esprit. Pour « Grand Explosivos », c’est vrai que nous en avions assez de tout ce qui concernait la pandémie. On avait juste envie de retourner à la vie et de nous amuser.

Photo : Gabrielle Holmberg

– D’ailleurs, sur « Grand Explosivos », vous faites quelque clins d’œil sur « When Life Treats You Funky » aux Beatles et « I’ve Got A Feeling » sonne très Billy Idol, surtout dans la voix. Sans tomber dans la nostalgie, c’est une façon pour vous de retrouver cette folie et ce feeling, qui manquent peut-être un peu aujourd’hui ?

Comme tu le dis, il y a un côté très insouciant dans tout ça, Du coup, il n’y a aucune pensée plus profonde que ça, qui viendrait se cacher derrière ! Pour « I’ve Got A Feeling », j’ai commencé à chanter et quand je l’ai réécouté, j’ai pensé la même chose que toi, que la voix combinée aux guitares sonnait un peu comme Billy Idol. Et j’ai aimé ce son ! Quant au ‘Nanana’ sur « When Life Treats You Funky », ce n’était au départ qu’une blague, qui me faisait penser aux petites mélodies joyeuses de George Clinton notamment.

– Si on regarde de près votre carrière, il y a eu les fastes années 90 avec un premier album (« Funk-O-Metal Carpet Ride ») produit par Bob Rock, une grande présence sur MTV, qui était à l’époque une référence et un réflexe pour toute une génération, dont je fais d’ailleurs partie. Pourtant, depuis 2011, ELECTRIC BOYS renoue avec le succès et votre style semble plus intemporel que jamais. Comment l’expliques-tu? Les modes sont toujours cycliques ?

C’est une question difficile. Je suis très fier et reconnaissant que nous ayons réellement ‘un son’ propre à ELECTRIC BOYS. On peut jouer et varier beaucoup de choses avec mes riffs, ma voix et la batterie/basse qui sonnent comme personne. C’est vraiment ‘nous’ au final. En tant qu’auteur-compositeur, je ne suis jamais les tendances et je déteste l’idée d’être prévisible. Si cela ressemble trop à autre chose, nous le modifions immédiatement et volontairement pour éviter de tomber dans de vieilles habitudes. Et oui, pour te répondre, je crois que tout est plus ou moins cyclique, y compris dans la musique.

Photo : Gabrielle Holmberg

– ELECTRIC BOYS est une institution dans les pays scandinaves comme le Danemark et la Suède bien sûr. Qu’en est-il du marché américain, car en vous écoutant, on pense inévitablement au Los Angeles de la grande époque ? Ca reste un objectif ?

L’Amérique était un grand marché pour nous à une époque, c’est vrai. On a envie d’y retourner, mais cela nécessite une réflexion et une planification minutieuse de notre part. Au final, ce n’est pas une mince affaire !

– Enfin, ELECTRIC BOYS est un groupe très établi depuis des années, quel regard portes-tu sur la multitude, pour ne pas dire l’incompréhensible déferlante de sorties d’albums actuelle ? Sans se poser la question de savoir si elles sont toutes sont légitimes, ne frôle-t-on pas l’overdose ?

Oh que oui ! Il est devenu très difficile de faire entendre sa voix de nos jours. Quand nous avons commencé, il n’y avait que quelques chaînes de télévision comme MTV et la radio KNAC. Si tu passais chez eux, les choses se produisaient et cela avançait bien, car tout le monde était à l’écoute. De nos jours, la musique est vraiment partout. On doit juste continuer à faire ce en quoi nous croyons. J’espère que les gens en parleront autour d’eux et que la musique d’ELECTRIC BOYS pourra circuler normalement et le plus possible.

Le nouvel album d’ELECTRIC BOYS, « Grand Explosivos », est disponible chez Mighty Music.

Retrouvez le chronique de l’album précédent :