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Blues Rock Heavy Blues

Eric Johanson : un savoureux bourbier

Compositeur affûté, redoutable joueur de slide et chanteur assuré, ERIC JOHANSON a accompagné de grands noms du Blues avant de prendre son envol en solo, il y a une dizaine d’années. Homme de scène s’il en est (il compte déjà deux albums live à son actif), il revient aujourd’hui avec un cinquième opus sur lequel il est pleinement aux commandes. Avec « The Open Bayou », il rend hommage à ses racines dans un Blues Rock marécageux à souhait, où son sens du riff et la sensibilité de ses solos prennent vraiment de la hauteur. Un sans-faute !

ERIC JOHANSON

« The Open Bayou »

(Levee Ward Records)

Le musicien de la Nouvelle Orléans a décidé de voler de ses propres ailes et a quitté son label Ruf Records pour créer le sien. C’est donc sous la bannière de Levee Ward Records qu’ERIC JOHANSON sort son cinquième album studio. « The Open Bayou » donne même l’impression qu’il s’exprime en toute liberté, comme lesté d’un poids. Pourtant, ses dernières réalisations étaient loin de manquer de fraîcheur ou d’audace. Mais celui -ci dégage une saveur particulière et son titre en dit d’ailleurs déjà beaucoup sur son état d’esprit et ses intentions.

Produit par ses soins en collaboration avec Bill Skibbe, connu pour son travail avec Jack White notamment, « The Open Bayou » est probablement le disque qui lui ressemble le plus, tant il met en lumière l’atmosphère de sa Louisiane. Accompagné par son groupe de scène, à savoir Will Repholz à la basse et Jake Gartenstein à la batterie, ERIC JOHANSON est en territoire connu et son Blues Rock prend un relief incroyable. Puissant et électrisant, il est gorgé d’un fuzz chaleureux qui flirte avec le Stoner et le Heavy Blues. Et l’exploration va bien plus loin encore.

Toujours aussi virtuose, le guitariste semble faire une sorte d’inventaire de ses influences les plus profondes. Bien sûr, les bases de « The Open Bayou » repose sur un Blues Rock traditionnel, mais il est teinté de bien d’autres couleurs. Très Country sur « Alligator Smile », langoureux sur « Still I Move » ou plus sombre sur « What Makes You Real », ERIC JOHANSON est à son aise, convaincant dans tous les registres et il atteint des sommets de spontanéité et d’excellence (« Till the Sun Swallows The Earth », « The Open Bayou », « Lay Your Trouble », « Castaway »). Somptueux !

Retrouvez l’interview d’ERIC JOHANSON l’an dernier à l’occasion de la sortie de « Live In Mississippi »…

… Et la chronique de son album « The Deep And The Dirty », ainsi que celle de Blues Caravan 2024 à laquelle il participe :

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Heavy Stoner Prog

Stoned Jesus : en orbite

L’entreprise dans laquelle s’est lancée la formation ukrainienne ne manque pas de piquant. C’est toujours un moment à part dans une carrière et bien souvent une sorte d’accomplissement pour les artistes. Et cette épopée progressive repose autant sur un fuzz tranchant que sur des notes plus aérées. Les atmosphères se bousculent, mais le concept conserve un fil rouge clair sur ce « Songs To Moon », traversé de post-Metal et Heavy Stoner Prog. Ce deuxième volume donne un bel éclairage sur la suite à venir…

STONED JESUS

« Songs To Moon »

(Season Of Mist)

L’an dernier, le trio s’était engagé dans une ambitieuse trilogie avec « Songs To Sun », ouvrant ainsi un chapitre majeur de sa discographie. L’idée est en effet de dévoiler ses multiples facettes musicales. Essentiellement composé par le multi-instrumentiste et chanteur Igor Sydorenko, « Songs To Moon » continue l’introspection de STONED JESUS dans l’univers progressif. Librement inspiré par Opeth, Alice In Chains et Mastodon, ce deuxième volet s’en détache facilement pour mettre en lumière une identité artistique développée depuis 2009.

En attendant « Songs To Earth », probablement l’an prochain si le rythme est respecté, « Songs To Moon » se distingue par un aspect plus expérimental et plus sombre également. Ces nouveaux morceaux se focalisent sur le côté émotionnel du registre de STONED JESUS. Les passages plus délicats et parfois acoustiques sont plus nombreux, même si l’empreinte Heavy Rock n’est jamais bien loin. Elle résonne d’ailleurs dès le titre d’ouverture, « Under The Skin », dont la puissance, y compris vocale, explose littéralement à travers des nuances bien senties.

Sur une production jumelle à son prédécesseur, « Songs To Moon » s’inscrit dans une même continuité artistique. Si le curseur a bougé, le propos semble plus mélancolique, à l’instar d’ailleurs de sa ténébreuse pochette. Comme pour marquer cette trilogie, STONED JESUS s’offre aussi une sorte de point cardinal entre les deux premiers volets avec « Syzgy », son premier morceau instrumental, qui se situe d’ailleurs précisément et musicalement au milieu des trois réalisations. Mieux, il emprunte une mélodie de chaque disque pour n’en faire qu’une. Une suite captivante.

Photo : Babbibrun

Retrouvez l’interview du groupe à l’occasion de la sortie du premier volet, « Songs To Sun » :

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Hard 70's Heavy Blues Stoner Rock

Graveyard : nordic wave

Secoué par un récent changement de line-up, la formation de Göteborg a préféré resserrer les rangs plutôt que de se mettre en quête d’un nouveau membre. Et bien lui en a pris, car « Fever » a gagné en explosivité avec un côté direct et imposant, qui reste au plus près de l’esprit spontané qui l’anime depuis ses débuts. Non pas que GRAVEYARD se soit plongé dans le grand bain du Stoner, mais il faut reconnaître que c’est la ligne qui s’impose, toujours établit autour d’éléments Blues et psychédéliques. Une situation et une intention clarifiées au profit d’un opus massif et délicat.

GRAVEYARD

« Fever »

(Nuclear Blast Records)

Suite au départ de son guitariste, chanteur et fondateur Jonatan Larocca-Ramm en juin dernier, c’est donc en formule trio que se présente GRAVEYARD. Autour de Joakim Nilsson (guitare, chant), dernier pilier originel, Truis Mörck (basse, chant) et Oskar Bergenheim (batterie) semblent loin d’avoir laissé les bras. « Fever » arrive trois ans après « Six » et ils ont laissé son ambiance assez sombre pour renouer avec une énergie plus solaire. Toujours avec une touche vintage, leur style refuse encore d’être linéaire et il se renouvelle brillamment.

Plus frontal que son prédécesseur, ce septième album porte bien son nom. C’est un retours aux sources du Rock qu’effectue le groupe et s’il est toujours teinté de Blues et de gros riffs fuzz, le Stoner domine très largement. Il faut dire qu’en la matière, la Suède n’est pas en reste et compte même parmi les meilleurs représentants européens du genre. GRAVEYARD jour sur son aspect le plus brut pour mettre en lumière une identité forgée sur deux décennies. Organique et incandescent, « Fever » se déploie sur une production intemporelle et dynamique.

Si l’approche est différente, l’énergie reste le moteur du combo et elle alimente ce Heavy Rock solide de bout en bout. Le groove est épais, les morceaux tranchent dans le vif et GRAVEYARD semble inépuisable. Puissante, tout en restant mélodique, cette nouvelle réalisation brûle de toutes parts (« Back From The Grave », « Room Tempered », « Tongue Tied », « A Mens To An End », « Year Of The Horse » et l’excellent « Dead Note »). Efficace et sans concession, « Fever » est vraiment le disque qu’on attendait de la part des Scandinaves.

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Heavy Blues Psych Rock 70's

Oakfarm : natural vibes

Originaire du nord de l’Allemagne, c’est pourtant en Autriche que le groupe est allé enregistrer son deuxième effort, et ce changement de paysage semble l’avoir inspiré. Maniant toujours aussi habillement les contrastes, OAKFARM étend son Heavy Blues Rock dans un espace presque réconfortant, qui se fait aussi rapidement volcanique. « Too Hard For Some, Too Soft For Others » reflète avec un prisme actuel la rencontre d’un Rock instinctif et celle d’un Blues fluctuant à travers les époques. Le combo grandit et son style s’affine avec beaucoup de certitude.

OAKFARM

« Too Hard For Some Too Soft For Others »

(Pink Tank Records)

Deux ans après un premier opus éponyme réussi, OAKFARM propose un nouvel instant dans sa bulle intemporelle. Ici encore, le temps semble s’être arrêté, et la chaleur et la proximité qui émanent de « Too hard For Some Too Soft For Others » ont un effet réconfortant. L’atmosphère très 70’s, entre Rock vintage et Heavy Blues, doit beaucoup à son aspect très organique et le trio ne fait pas pour autant systématiquement dans la douceur, puisqu’il flirte avec le Stoner et un Psych Rock assez relevé. Il y a une exaltation forte qui submerge de cet environnement sonore et le rend explosif.

Tobias Lemberger (guitare, chant), Dennis Oelze (batterie) et Arne Döpper (basse) ont acquis beaucoup d’expérience grâce aux très nombreux concerts, en salles comme en festivals, donnés à travers leur pays ces dernières années. OAKFARM a consolidé son identité musicale à travers un jeu qui a beaucoup gagné aussi en fluidité et en profondeur. « Too Hard For Some Too Soft For Others » voit le groupe arriver à maturité et l’exploration artistique proposée ici est bien plus audacieuse que précédemment. C’en est même à se demander si son style est encore rétro.

Ample et dynamique, la production livre parfaitement toute l’énergie et les vibrations à l’œuvre sur ces huit nouveaux morceaux. Globalement très Blues, ils sont menés par un élan Rock où puissance et vulnérabilité s’entremêlent délicatement sur des titres rapidement captivants. Par ailleurs, OAKFARM a trouvé son équilibre dans un power trio soudé, où les contrastes des textes comme des registres restent instinctifs et pleins d’émotion (« 3000 Miles », « Lucy », « Oakpop », « Don’t Fade Away » et « Now And Then »). Une confirmation sans faute et réellement spontanée !

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Southern Blues Rock

Texas Headhunters : southern legacy

Tendre et survolté, TEXAS HEADHUNTERS est tout ça à la fois et bien plus encore. Loin d’être prisonniers d’une tradition texane qui les étoufferait, Ian Moore, Johnny Moeller et Jesse Dayton l’embrasse pleinement et y apporte une contribution, qui va bien au-delà de l’hommage. Ces trois-là respirent le Sud à plein poumon et la palette musicale de l’État à l’étoile solitaire semble même parfois un peu étroite, tant leur jeu est rassembleur et fédérateur. « Rise And Rise » est une projection musicale de leur univers personnel et ils n’ont pas leur pareil pour la rendre collégiale.

TEXAS HEADHUNTERS

« Rise and Shine »

(Hardcharger/Blue Élan Records)

Auréolé du succès de son premier album éponyme sorti il y a tout juste un an, TEXAS HEADHUNTERS remet ça avec « Rise And Shine » et le plaisir de jouer ensemble paraît même décuplé. Ian Moore, Johnny Moeller et Jesse Dayton font de nouveau vibrer l’ADN de leur Texas et le mix est toujours aussi savoureux. Et au-delà de cette explosive réunion, l’atmosphère de ces nouveaux morceaux est assez unique, tant elle joue sur les variations. Audacieux et toujours aussi roots, ce deuxième opus bénéficie surtout d’un songwriting exceptionnel tellement instinctif.

Virtuoses et flamboyants, les trois six-cordistes et chanteurs font beaucoup mieux que de rivaliser de technique. C’est surtout l’alchimie de leur personnalité qui impressionne. TEXAS HEADHUNTERS ne pourrait pas tout simplement pas existé sans l’un d’entre-eux. Le Blues profond de Moore, la dynamique funky de Moeller et le Garage Rock de Dayton ne font qu’un et explorent aussi des registres Soul, Outlaw Country et Americana. Et la force de nos trois fines gâchettes réside dans la connaissance et la maîtrise d’un style texan aussi riche que divers, et terriblement authentique.

Il y a de la joie sur ce « Rise And Shine » et elle s’entend sur chaque titre. Bien sûr, les riffs et les solos, qui peuvent être aussi discrets qu’époustouflants, restent la marque de fabrique du groupe, mais l’attention porté aux refrains est phénoménale. TEXAS HEADHUNTERS s’adresse à tout le monde et à chacun. Les guitares sont rutilantes, chaque note est à sa place et aucune n’est inutile. Cet élan collectif apporte à « Shine And Rise » une lumière particulière et les trois musiciens ne se contentent pas de se passer le flambeau, ils le partagent avec une passion palpable.

Retrouvez la chronique du premier album :

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Blues Chicago Blues

GA-20 with Charlie Musselwhite : l’âme de la tradition

Frais et vivifiants, les dix morceaux enregistrés par le grand CHARLIE MUSSELWHITE avec le jeune combo GA-20 en six jours seulement revisitent un pan de l’œuvre de l’harmoniciste, mais pas seulement. Même si la magie de « Stand Back », son premier opus sorti en 1967, flotte sur « Blues Now » qui en contient d’ailleurs deux titres. Très roots dans l’approche, on retrouve ici l’essence-même du style, sans fioritures, ni effets de manche. Complices, les voix s’entremêlent dans une rugosité chaleureuse et attachante et sur des accords sauvages et rugissants de plaisir.

GA-20 with CHARLIE MUSSELWHITE

« Blues Now »

(New West Records)

En l’espace de huit ans seulement, GA-20 a su s’imposer comme la relève du Blues urbain made in Boston avec la manière et un habile mélange de Rockabilly, de Soul, de Country et de quelques éléments Psych. Mais l’explosif trio possède une solide expérience et notamment son leader et guitariste Matthew Stubbs, qui a officié une décennie durant aux côtés d’une légende bien vivante qu’il retrouve ici pour une première collaboration. CHARLIE MUSSELWHITE est, en effet, l’invité de marque de ce « Blues Now » sur lequel il se prête à une sorte de choc générationnel enjoué.

Figure incontournable de l’harmonica et chanteur d’une grande élégance, il est né dans le Mississippi et a grandi dès l’adolescence auprès des plus grands noms de Chicago. Des bases, un savoir-faire et un talent que CHARLIE MUSSELWHITE a savamment distillé sur une quarantaine d’albums et tout autant de collaborations. Cela dit, avec les musiciens de GA-20, c’est surtout la camaraderie et le plaisir de partager un amour commun pour les pionniers du genre qui prend le dessus. L’ensemble est profond, authentique et son aspect brut le rend irrésistible.

Hormis une composition de CHARLIE MUSSELWHITE (« Strange Land »), la formation est allée creuser dans l’extraordinaire répertoire Blues de la fin des années 50 jusqu’au début des 60’s. De Willie Dixon à Elmore James en passant par Junior Wells, John Lee Hooker et bien sûr Muddy Waters, GA-20 électrise ces classiques avec fougue, bien aidé par un mentor qui semble lui aussi galvanisé par le projet. Complété par les instrumentaux, « Universal Rock » et « Christo Redentor », « Blues Now » est d’une bonne humeur contagieuse. Un grand moment, qui mérite une suite !

Photo : Elizabeth Ellenwood

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Desert Rock Heavy Stoner Doom

Holystone : apocalyptique

Le Desert/Stoner Doom des trois Australiens a de quoi étonner. Lourd et épais, le style se veut à dominante Metal, et pourtant quelques passages diffusent des ambiances plus alternatives et à l’empreinte 90’s. Avec des harmonies vocales très fortes, HOLYSTONE avance dans des reliefs changeants, sur des contrastes incroyables et avec une puissance phénoménale. N’éludant pas pour autant les mélodies, « Accepting Omega » brille par son originalité.

HOLYSTONE

« Accepting Omega »

(Independant)

Assez différent de « East Of The Sun, West Of The Moon » sorti il y a deux ans, « Accepting Omega » laisse apparaître un nouveau visage et élargit considérablement l’horizon musical de HOLYSTONE. Adepte d’un Heavy Desert Doom hypnotique, ce deuxième effort révèle un contenu assez surprenant. Bien sûr, le Metal domine, mais de nouvelles sonorités sont mises en évidence et cela ne doit rien au hasard. La formation de Brisbane dévoile des aspects plus Rock et même Grunge, qui viennent alléger certains morceaux dans leur substance et s’y fondent naturellement.

Si HOLYSTONE s’ouvre ainsi à d’autres registres moins Doom et pesants, c’est probablement du au fait que le trio a quitté son Australien natale pour les Etats-Unis pour y enregistrer « Accepting Omega ». Et pas n’importe où puisqu’une moitié de l’album a été réalisé à Seattle sous la houlette du producteur Jack Endino, connu pour son travail avec Soundgarden et Nirvana, soulignant l’aspect alternatif et grungy émergeant. Pour autant, l’univers immersif et captivant est toujours très prégnant et ces quelques respirations sont bienvenues et laissent aussi plus de place aux voix.

Car chez HOLYSTONE, elles sont deux et c’est un atout majeur. La bassiste Madison Morris et le guitariste Wolfe Peterson entremêlent leur chant et la complémentarité entre le féminin et le masculin rend saisissant leurs propos souvent sombres. A noter que l’autre partie d’« Accepting Omega » a été conçu avec Dave Catching au légendaire studio Rancho De La Luna à Joshua Tree, dans le désert de Mojave. Un lieu plus propice aux envolées Psych et aux fulgurances Doom que le combo distille dans un paysage aride, rythmé par Jonny Pickvance aux baguettes. Terrassant !

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Hard Rock International Southern Rock

FangSlinger : une nuit en enfer [Interview]

Du fond de son saloon peuplée d’âmes en perdition, le trio anglais voit défiler toutes sortes d’individus au pedigree plus ou moins respectables. Et ce sont ces histoires, et anecdotes, que nous comptent ces hors-la-loi zombifiés, originaires de Sheffield. Dans ce décorum de Far-West, FANGSLINGER élève son Hard Rock pour en faire des hymnes sur fond de Southern Rock. Une recette aussi savoureuse que percutante qui prend vie sur « Welcome To The Last Souls Saloon », un premier album hyper-fédérateur et massif, construit sur des riffs costauds et où les deux voix, féminine et masculine, se renvoient de gigantesques doses d’adrénaline sur chaque morceau. Entre vampirisme bluesy et ambiances gothiques, le chef du gang nous laisse nous frayer un passage dans cet univers aussi jouissif que groovy, façon dark western.

– Avant de parler de ce premier album, j’aimerais savoir comment a pu naître le concept de ‘Undead Redneck Rock’n’Roll’ dans l’esprit d’un groupe de Sheffield ?

Bon, il y a un petit malentendu. Nous sommes des hors-la-loi morts-vivants du Far West. Sheffield est simplement l’endroit où nous avons choisi de poser nos valises pendant notre conquête du Royaume-Uni, car c’est en plein milieu ! (Rires) Quant au ‘Undead Redneck Rock N’ Roll’, nous avons simplement pris le meilleur de la musique que nous aimons et nous l’avons mélangé à une recette du Sud pour faire headbanger les gens pendant qu’on leur prend leur âme ! (Rires)

– On vous a découvert en 2024 avec « The Last Souls Saloon », un premier single qui apparaît presque comme une carte de visite en raison de son titre notamment. Ensuite, vous avez enchaîné les morceaux avant de les regrouper sur « We Are The Night », votre premier EP. Vous aviez besoin d’avoir certaines certitudes sur l’accueil de FANGSLINGER ?

On tâtait le terrain, c’est certain. Au départ, on n’avait prévu qu’une seule chanson, mais on a tellement aimé l’écrire et l’enregistrer qu’on a voulu en faire d’autres ! (Sourires) Heureusement, elle a trouvé un écho auprès du public, suffisamment pour qu’on continue à faire de la musique ! Et on est vraiment ravis.

– Si on peut trouver une certaine proximité avec votre compatriote Kris Barras, vos références sont essentiellement américaines avec une dominante Southern. L’idée de départ était-elle d’injecter ce climat aux allures de Far-West dans un Hard Rock moderne et solide ?

Oui, absolument. Tellement de groupes actuels s’inspirent de ces influences et se tournent vers le passé, devenant presque des groupes hommage à des époques révolues. Je ne citerai pas de noms, bien sûr… (Sourires) Nous voulions faire quelque chose d’un peu plus novateur et essayer de créer quelque chose d’original en nous appuyant sur nos influences. Quant à savoir si nous avons réussi, je suppose que cela dépendra de l’auditeur ! (Sourires)

– D’ailleurs, ce qui peut surprendre dans le Hard Rock de FANGSLINGER, c’est son côté bluesy et Southern transposé dans une ambiance souvent très ‘Arena’, inspiré de l’Alternative Metal/Rock. Est-ce que c’est finalement ce à quoi pourrait ressembler le Southern Rock 2.0 ?

Je l’espère ! On a clairement écrit ces chansons en pensant aux grandes salles. Jouer dans les salles où on joue en ce moment, c’est génial, et ça nous permet de rencontrer les fans de ‘Lost Souls’ de près. Mais on ne cache pas notre ambition de jouer notre musique sur des scènes encore plus grandes. Le grand public mérite du vrai Rock, non ? (Sourires)

– Revenons à ce premier album, « Welcome To The Last Souls Saloon ». Il y règne une atmosphère très proche de celle du film de Robert Rodriguez « From Dusk Till Dawn » (« Une nuit en enfer » – NDR). Est-ce que ce film vous a influencé à la création du groupe et notamment en ce qui concerne son concept et l’aspect visuel ?

A priori, ce serait plutôt Robert Rodriguez qui se soit inspiré de nos pitreries pour réaliser son film ! (Rires) En tout cas, nous adorons les éléments cinématographiques et théâtraux, et le genre western gothique n’a pas été suffisamment exploité à notre goût. Ce film influence beaucoup nos décors et nos clips. Nous intégrons également de nombreux éléments western dans notre musique pour créer une ambiance, inspirés par des compositeurs comme Ennio Morricone.

– FANGSLINGER a aussi la particularité de présenter un chant féminin et masculin, ce qui vous offre de nombreuses possibilités narratives aussi. Il y a un équilibre assez théâtral d’ailleurs. Est-ce que ce chant à deux est une chose qui s’est imposée naturellement dans le groupe ?

Oui, mais en fait, ce n’était absolument pas prévu. Lors de l’enregistrement du premier single, BloodRose (la chanteuse – NDR) était par hasard avec nous au studio et nous lui avons simplement demandé d’enregistrer quelques chœurs. Ensuite, nous avons composé le pont, pour lequel sa voix convenait parfaitement. Depuis, son rôle a évolué et elle chante une bonne partie de l’album. Nous apprécions le contraste entre la voix masculine rauque et les lignes féminines à la fois douces et sensuelles.

– Un mot aussi sur cette très belle production, dont la richesse des tessitures et des arrangements est assez incroyable pour un premier album. Dans quelles conditions avez-vous travaillé et combien de temps avez-vous mis à finaliser « Welcome To The Last Souls Saloon » ?

Merci pour tes compliments ! Nous entretenons une excellente relation avec notre producteur, Dan Fox, qui travaille aux studios Treehouse. Il a collaboré avec certains des plus grands noms du Rock et du Metal actuels et il possède un talent exceptionnel. Honnêtement, l’enregistrement de l’album s’est fait très naturellement. Nous avons simplement échangé des idées et fait de notre mieux pour composer les meilleures chansons possibles. Je pense que le véritable art naît des personnes réunies. Et l’alchimie entre le groupe et le producteur nous a offert une immense liberté créative. Et puis, combien de producteurs adhéreraient à une idée aussi farfelue que celle de cowboys vampires faisant du Rock’n’Roll ? (Rires)

– Enfin, j’aimerais que l’on parle du côté immersif de l’album et de la façon dont on se laisse happer et guider dans ce voyage captivant. Chaque chanson raconte une histoire et il y a beaucoup de profondeur également. Aviez-vous une vison claire de l’ensemble dès le départ ?  

Après la sortie de notre premier single, nous avons décidé que tout l’univers de FANGSLINGER tournerait autour du saloon ‘Lost Souls’ et des personnages qu’on y croise. Cela nous donne un point de départ pour chaque chanson. On peut ainsi développer l’origine d’un personnage, ou raconter l’histoire d’une chasse aux vampires. On a même une chanson du point de vue de la Faucheuse, qui médite sur sa solitude. On a l’impression d’avoir un monde qu’on peut continuer à créer quasiment sans limites… Et qui sait, peut-être qu’un jour FANGSLINGER partira dans l’espace à bord d’une fusée ‘steampunk’ ! (Rires)

Le premier album de FANGSLINGER, « Welcome To The Last Souls Saloon », est disponible sur toutes les plateformes et en physique sur le site du groupe : www.fangslinger.net

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Stoner Metal

Restless Spirit : colossal

Dans les futurs classements, il va falloir déjà ajouter « Restless Spirit » à la liste des meilleures productions de l’année. Sauf tremblement de terre, il va être franchement difficile à éviter, voire à détrôner. En effet, huit ans après sa formation à Long Island dans l’Etat de New-York, RESTLESS SPIRIT est à un sommet de sa carrière, au firmament d’un parfait croisement entre Stoner et NWOBHM. Son groove est vertigineux, les riffs tranchants et le chant aérien et tout en maîtrise de son frontman et guitariste, malgré une référence absolue à laquelle on s’échappe pas, est plus incisif que jamais. Tentaculaire !

RESTLESS SPIRIT

« Restless Spirit »

(Magnetic Eye Records)

Lorsque l’on compte autant d’EPs que d’albums dans sa discographie, ce n’est pas du tout anodin que le petit dernier soit éponyme. Enfin, ça pourrait l’être chez qui n’aurait aucune imagination (et il y en a !), mais chez RESTLESS SPIRIT, il faudrait plutôt le voir comme une signature apposée à huit nouveaux morceaux, qui sont un parfait concentré de ce que le groupe développe depuis ses débuts. Et si les Américains n’ont pas attendu « Restless Spirit » pour atteindre la maturité artistique, ce nouvel opus les reflète pourtant de la manière la plus précise à ce jour.

La solidité du line-up est pour beaucoup aussi dans cette constante progression. Marc Morello (basse), Paul Aloisio (guitare, chant) et Jon Gusman (batterie) se connaissent par cœur, se trouvent les yeux fermés et surtout ont mis en place un Stoner Metal, façon rouleau-compresseur, qui fait aussi de la place au Doom, au Prog comme au Sludge et bien sûr au Heavy Metal. S’il est devenu compliqué de ne pas citer Black Sabbath dans la mouvance actuelle, RESTLESS SPIRIT n’y échappe pas non plus, et l’ombre d’Ozzy plane avec bienveillance sur cette quatrième réalisation.

« Restless Spirit » donne cette impression d’aboutissement, tant il va à l’essentiel et gomme toutes fioritures pour laisser place à un rugissement instantané et hyper-puissant. Compact et massif, le power trio fait également preuve d’une certaine finesse dans son élan. Epais et véloce, RESTLESS SPIRIT embarque tout le monde dans un Heavy d’une rare pureté, où chaque titre devient une gigantesque gifle (« The Burning Need », « Desolation’s Wake », « Phantom Pain », « Red In Tooth And Claw » et l’interlude « Ember », qui offre une courte respiration). Incontournable !

Photo : Mike Marcon

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France Sludge

Seum : une souriante fureur [Interview]

Abrasif et décomplexé, le Sludge de SEUM fait trembler les murs depuis quelques années et aujourd’hui, même le métro de Montréal ou les bretelles d’autoroutes perçoivent ses vibrations. Bien plus qu’une simple rythmique, la batterie et la basse du power trio mènent l’ensemble avec un radicalité musicale dans laquelle le frontman s’engouffre avec hargne et vigueur. Pour son troisième album, « Parking Life » vient bousculer les habitudes frontales du groupe pour une expérience musicale unique, qui fait fi des codes et poursuit une trajectoire sans compromis et dorénavant très expérimentée. Des certitudes sur lesquelles Piotr, bassiste du combo, revient à travers un entretien qui dresse aussi un rapide bilan de l’aventure québécoise de nos trois Français.

– Tout d’abord et comme je vous suis depuis six ans maintenant et la sortie de votre premier EP, « Summer OF Seum », il est temps de faire un petit bilan de votre aventure québécoise. Est-ce que ce que vous vivez aujourd’hui correspond aux attentes que vous aviez en allant créer SEUM à Montréal ?

C’est vrai que ça fait déjà six ans, et merci pour ton soutien durant tout ce temps. Tout ce que nous vivons avec SEUM dépasse de loin toutes nos attentes initiales, car nous n’en avions pas ! (Rires) Lorsque nous avons commencé à jouer ensemble en 2020, l’idée était simplement de refaire de la musique après s’être trop oubliés dans le travail pendant plusieurs années après notre immigration au Canada. Nous n’avions pas vraiment d’attentes, mais nous souhaitions faire les choses bien : prendre notre temps pour écrire de bonnes chansons, collaborer sur des visuels marquants et trouver des manières originales et fun de promouvoir notre musique. Nous voulions avoir du plaisir dans chaque domaine lié au groupe. Nous continuons avec cette approche et nous apprécions chaque moment, que ce soit une interview avec toi, ou une invitation au Hellfest. On a hâte de voir la suite.

– Vous sortez déjà votre troisième album, « Parking Life », après des EPs, des Live, des singles et des splits, et toujours avec le même line-up, bien sûr. Etre aussi soudés montre également votre détermination. Est-ce que c’est le fait d’être aussi prolifiques qui alimente votre créativité ?

Je t’avoue que nous n’y avons jamais vraiment réfléchi, on aime être dans l’action. On a aussi la chance de pouvoir enregistrer et mixer nous-mêmes ce qui nous permet sûrement de sortir des disques plus vites que d’autres groupes. Diffuser de la nouvelle musique relance la machine à chaque fois, car on peut reprendre la route, faire de nouveaux concerts et rencontrer de nouvelles personnes. C’est aussi l’occasion pour nous à chaque fois de nous remettre en cause et d’essayer de modifier un peu la formule pour que chaque sortie ait sa personnalité.

– Depuis vos débuts, vous prônez la culture DIY et vous vous y tenez. Pourtant, pour vos trois albums, vous avez fait appel à de grands noms pour les masteriser. Pour « Winterized », c’était Erwin Hermsen (Trouble, Pestilence, Dead) et pour « Double Double », ce fut John Golden (Melvins, Sleep, Weedeater). Et pour « Parking Life », c’est Chris Fielding (Conan, Electric Wizard), qui réalise le mastering. Es-ce une manière pour vous de valider votre travail en quelque sorte ?

C’est Fred, notre batteur, qui s’occupe presque à chaque fois d’enregistrer, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas pour « Parking Life », et de mixer nos projets, il en a aussi masteriser quelques-uns (le split avec Fatima, « Summer of Seum », « Live From The Seum-Cave »). On s’est rendu compte que c’était plus intéressant d’avoir quelqu’un de l’extérieur pour revenir sur notre travail, car écouter les morceaux en boucle impactait notre esprit critique. Faire appel à de grands noms nous permet aussi de réaliser un petit rêve de fan. On est à une poignée de main de groupes légendaires, car John Golden a travaillé avec Nirvana ! (Sourires) On est très contents de ces collaborations et pour « Parking Life », Chris Fielding a fait un travail remarquable. Il a réussi à donner de l’énergie aux morceaux, tout en conservant leur lisibilité.

– D’ailleurs, quel est l’apport principal de ces collaborations extérieures pour finaliser vos albums, selon vous ? Ça se joue sur la garantie d’un bon traitement sonore, car on retrouve toujours le son de SEUM ?

Collaborer avec des gens extérieurs lors du mastering nous permet d’entendre et de gommer certaines erreurs de mix que nous n’aurions pas entendu nous-mêmes. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le processus, c’est un peu comme poser une couche de vernis sur une peinture. Alors, ça nous permet de faire rentrer un peu d’air dans le processus créatif, ça fait du bien… (Sourires)

– Un petit rappel pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec SEUM, il n’y pas de guitare dans votre ‘Doom’n Bass’. En six ans, vous n’avez jamais été tenté ? Vous auriez pu croiser un six-cordiste québécois en phase avec votre Sludge, par exemple…

On a déjà rencontré des guitaristes qui se sont proposés, bien sûr ! Mais depuis son origine, le groupe s’est toujours voulu basse/batterie/chant. Ça peut apparaître comme une contrainte, mais c’est ce qui nous a permis de fabriquer notre formule avec le temps, c’est ce qui nous caractérise. Alors, pas de guitares à l’horizon, mais en revanche pourquoi pas un projet composé à deux basses distinctes ? (Sourires) Ça pourrait être une idée pour le prochain projet. A ce sujet, on a eu plaisir à jouer en tournée avec le groupe français Vantre, qui joue à deux basses et la manière de faire de la musique sans guitare est vraiment inspirante. Si vous ne connaissez pas, je vous invite à les écouter !

– L’une des nouveautés de « Parking Life » est l’apparition de voix claires et même de quelques mélodies. Vous avez déclaré avoir traité chaque morceau comme un titre Pop. Que vouliez-vous dire par là, car on en est tout de même très loin ?

La formule est volontairement provocante, car mélanger Sludge et Pop, a priori, n’a aucun sens ! Pour la promo de l’album, on comparait même le disque à la rencontre improbable et alcoolisée de Jimmy Bower d’Eyehategod et de Britney Spears ! (Rires) Ce qu’on a voulu par là, c’est créer des morceaux courts, catchy, ‘fredonnables’ et traitant de sujets que nous sommes nombreux à partager, un peu comme sur des titres de Pop. L’ajout de chant clair sur certains refrains nous permet aussi de jouer avec notre formule et d’ajouter, on espère, un petit côté entêtant aux chansons. On fait de la musique extrême, mais on est pas snobs par rapport à la musique mainstream. « Parking Life » est un album fun sur des sujets qui ne le sont pas comme la vieillesse, les ruptures, l’addiction, le travail abrutissant et ce qui nous attend tous, la mort.

– Derrière ce titre, « Parking Life », il y a aussi toute la philosophie et la démarche de SEUM, qui est résumé. Le voyez-vous comme un simple pied-de-nez à l’industrie musicale, ou est-ce que cela s’étend jusqu’à notre société actuellement en pleine dérive ?

C’est notre manière de nous exprimer sur le monde qui nous entoure. Nous avons commencé initialement comme un groupe de Sludge fumeurs de joints et buveurs de bières, mais nous nous sommes engagés de plus en plus au fur et à mesure du temps,. J’imagine que vivre à notre époque en Amérique du Nord et observer les dégâts du capitalisme de près laisse des traces. Nous essayons d’opérer des changements humblement à notre échelle. Nos disques sont maintenant à participation libre, les concerts que nous faisons aussi. Nous en organisons régulièrement qui sont ouverts aux mineurs, car d’habitude les concerts en Amérique du Nord sont réservés aux plus de 18 ans, voire plus de 21, ou dans des conditions uniques comme sous une bretelle d’autoroute ou dans le métro pour accueillir le plus de gens possible. Le monde actuel est en train de se fissurer, on peut rester dans son coin effrayé par le changement, ou en profiter pour s’insérer dans les brèches à coup de créativité. On a choisi la seconde option !

– Enfin, malgré le fait de donner l’impression d’avoir ‘popisé’ votre Doom’n’ Bass, il y a ce changement de logo qui vient apporter un sacré contraste avec son graphisme emprunté au Black Death. Le moment est bien choisi pour cette transition, alors que vous dites être en quête de plus d’accessibilité. Cela dit, SEUM n’est-il pas plus Sludge que jamais ?

Ce nouveau logo est un vrai coup de cœur! Notre graphiste Clément nous l’a proposé spontanément alors qu’il travaillait sur la mise en page de la pochette. Nous avons décidé de l’utiliser pour l’album d’autant plus qu’il se marie très bien à la photo de la pochette. Tu as raison, ce logo est en décalage avec le côté plus accessible de notre musique, mais le mariage des extrêmes est quand même une caractéristique du Sludge, non ? (Sourires) Melvins, qui ont inventé le genre, ont des albums extrêmement lourds avec des pochettes très douces… Disons que nous avons fait l’opposé ! (Sourires)

Le nouvel album de SEUM, « Parking Life », ainsi que toutes les sorties et le merchandising du groupe sont disponibles sur son Bandcamp : www.seumtheband.bandcamp.com

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