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Stoner Doom

Stones Of Babylon : au coeur des ruines antiques

Imposant et psychédélique, STONES OF BABYLON ne quitte pas la voie qu’il emprunte depuis cinq ans maintenant. Le trio de Lisbonne voyage à travers les mythes et les légendes en arborant un Stoner Doom instrumental massif. Très organique, la production de « Ishar Gate » confère à la musique des Portugais un relief qui la rend pour le moins intrigante.

STONES OF BABYLON

« Ishtar Gate »

(Raging Planet Records)

C’est dans une ancienne Babylone totalement décimée que nous plonge cette fois le trio portugais trois ans après « Hanging Gardens », qui peignait une cité florissante. Forcément, l’ambiance est devenue sombre et pesante et le Stoner Doom de STONES OF BABYLON, même s’il conserve toujours quelques touches orientales lumineuses, traverse l’antiquité avec une lourdeur incroyable.

Toujours instrumental, ce deuxième album studio explore de nouvelles dimensions musicales dans un registre hypnotique et presque rituel. Les riffs monolithiques chargés de Fuzz s’agrémentent de psychédélisme aux allures parfois inquiétantes. STONES OF BABYLON se montre aussi puissant que subtil avec des atmosphères souvent menaçantes. Et cette impression monte en puissance au fil de cette nouvelle réalisation.

Avec six morceaux s’étendant sur près d’une heure, les Lisboètes ont réalisé un gigantesque travail sur les ambiances, qui naviguent dans des sonorités à la fois progressives et capables aussi de brutales déflagrations. Crépusculaire et oppressant, STONES OF BABYLON n’a pas son pareil pour livrer un Stoner Doom captivant (« Giganesh », « Pazurn », « The Gate Of Ishar », « Tigris & Euphrates »). Un baffe !

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Groove Metal Hard Rock Southern

I’ll Be Damned : incendaire

Ils seront damnés et ça ne fait aucun doute ! Peu importe, les Danois prennent le taureau par les cornes pour asséner un album très nerveux, où la fièvre du propos s’étend sur des morceaux d’une totale liberté et d’une explosivité de chaque instant. Sur un Hard Rock massif, percutant et aux éclats de Metal, I’LL BE DAMNED livre l’un des meilleurs albums dans ce registre depuis bien longtemps ! La machine est lancée…

I’LL BE DAMNED

« Culture »

(Mighty Music/Target Group)

Présenté comme un groupe de Groove Metal, c’est pourtant bel et bien dans un registre très Hard Rock bien gras et surpuissant, d’où s’échappent des solos bien Heavy, qu’évolue I’LL BE DAMNED. Alors pour ce qui est des références, allez plutôt chercher du coté de Clutch que de Down. Résolument Rock’n’Roll dans l’attitude, mais pas seulement, les Danois livrent un troisième album survolté, hargneux et vindicatif.

Que ce soit la politique, la religion, les médias et plus largement la société dans son ensemble, tout le monde en prend pour son grade. Et pas à moitié ! Avec l’arrivée d’Anders Gyldenøhr derrière les fûts et surtout de Mark Damgaard au chant, le quintet se montre incisif dans les riffs, massif dans la rythmique et très rugueux, tout en restant mélodique dans la voix. I’LL BE DAMNED n’est pas de retour pour trier les lentilles.

Les neuf morceaux de « Culture » sont autant de grosses claques en pleine face. Avec un côté Southern marqué, les Scandinaves avancent sur un groove épais et rageur entre colère et désespoir avec un cynisme et une ironie de chaque instant. Parfaitement structurés et remarquablement bien produits, les morceaux de I’LL BE DAMNED sont autant d’uppercuts (« FuckYourMoney », « Hell Come », « Through The Walls », « Forever, Right »). Jouissif !

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Rock Progressif

Arena : la force des mélodies

Les années ne semblent pas avoir d’emprise sur ARENA, dont le Rock néo-Progressif est aussi moderne qu’emprunt d’une tradition musicale éprouvée. Avec « The Theory Of Molecular Inheritance », le quintet britannique accueille aussi un nouveau frontman d’expérience et de grand talent, Damian Wilson.

ARENA

« The Theory of Molecular Inheritance»

(Verglas Music)

Fondé il y a plus de 25 ans par le claviériste Clive Nolan et le batteur Mike Pointer, ARENA livre le dixième album de sa belle discographie avec un nouvel atout… et il est de taille. Damian Wilson (ex-Threshold) fait en effet son arrivée au micro, ce qui fait de lui le cinquième chanteur du quintet anglais. Et il faut bien reconnaître que le poste lui va comme un gant, tant il rayonne sur ce « The Theory Of Molecular Inheritance ».

Alliant puissance et émotion, le nouveau frontman se fond parfaitement dans le collectif au point que tous les membres d’ARENA ont participé à l’écriture des nouveaux titres. Pour autant, l’identité musicale est intacte et les Britanniques sont identifiables dès les premières notes de « Time Capsule ». Caractérisé par son élégance, le style du groupe continue son évolution, tout en restant ancré dans un Rock Progressif très actuel.

La finesse des parties de guitares de John Mitchell et le groove de Kylan Amos restent un maillon essentiel, tout comme les claviers qui apportent beaucoup de vélocité et des atmosphères prenantes (« Integration », « The Heiligenstadt Legacy », « Under The Microscope », « Part Of You »). Sans se réinventer, ARENA continue d’oxygéner son Rock néo-Progressif avec talent et une technicité incontestable depuis ses débuts.

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Americana Blues Rock International Southern Blues

Larkin Poe : étincelante sororité [Interview]

Présentes récemment à Paris pour présenter leur nouvel album, « Blood Harmony », Rebecca et Megan Lovell en ont profité pour annoncer quelques dates en France l’an prochain et surtout répondre à quelques questions. Avec ce brillant sixième opus, LARKIN POE se révèle d’une grande créativité et d’une interprétation remarquable. De quoi patienter tranquillement en attendant le retour du Southern Blues Rock des deux sœurs dans quelques mois. Entretien.

– Même si « Self Made Man » était très réussi, je trouve que ce sixième album vous fait vraiment franchir un nouveau cap. « Blood Harmony » montre l’affirmation de votre style. On parle souvent d’album de la maturité. Est-ce que celui-ci est le vôtre ?

Megan : Merci beaucoup, je pense que nous sommes allées encore plus loin sur cet album. On voulait vraiment marier un son très live avec celui du studio, qui est plus précis et travaillé. Sur nos albums précédents, nous avions presque tout fait toutes seules : la programmation de la batterie, les claviers, la basse et tout ce que nous jouons bien sûr sur scène. On a voulu ouvrir le processus et avoir tous ces instruments en live avec nous. Ca apporte beaucoup de fraîcheur et d’énergie au projet. Et puis, nous nous sommes beaucoup amusées !  

– Dites-moi si je me trompe, mais j’ai l’impression que toutes ces vidéos que vous avez faites durant la pandémie vous ont apporté beaucoup de certitudes musicalement. Est-ce que le fait d’avoir joué toutes ces reprises et d’en avoir fait aussi l’album « Kindred Spirits » à recentrer votre jeu et votre manière de composer ?

Rebecca : Oui, bien sûr. Nous avons passé beaucoup de temps à jouer de la musique toutes les deux à ce moment-là. Je pense que nous avons appris beaucoup sur nous-mêmes et surtout sur notre façon de jouer ensemble. Nous avions vraiment fait ça dans un esprit d’équipe et c’est ce que nous avons voulu transposer sur « Blood Harmony ». Megan et moi avons passé beaucoup de temps à jouer ces nouveaux morceaux en acoustique avant d’entrer en studio. Après, il avait juste à faire les arrangements, les perfectionner et leur donner un son plus complet avec du volume

– Vous avez aussi quitté la Georgie pour Nashville. J’ai l’impression que cela a eu un impact sur votre musique. Avez-vous aussi le sentiment de vous être peut-être encore enrichi musicalement ?

Rebecca : En effet, nous sommes nées dans le Tennessee et nous avions grandi en Georgie. On écoutait beaucoup d’Americana et de Bluegrass, lorsqu’on jouait tous en famille. Je pense qu’aller Nashville nous a fait grandir musicalement et embrasser encore plus tous ces éléments que nous adorons.

– D’ailleurs, « Blood Harmony » a des sonorités beaucoup plus Southern qui se ressentent même dans ta façon de chanter, Rebecca. Est-ce qu’il présente le vrai LARKIN POE avec son côté plus roots ?

Rebecca : Oui, nous adorons le Sud et c’est vraiment là où nous sommes bien. Nous en prenons bien sûr les bons côtés. L’authenticité de cette musique nous touche vraiment au cœur. Beaucoup de chansons de « Blood Harmony » parlent de notre enfance, de la façon dont nous avons grandi et de l’impact que cela a eu sur nous. Le Tennessee et la Georgie représentent vraiment la musique que nous aimons et que nous avons en nous. C’est vraiment la musique du Sud. Mais nous aimons aussi beaucoup la Floride, la Louisiane, Le Mississippi et le Texas où il y a beaucoup de créativité. Nous essayons de mixer un peu toutes ces influences, qui sont finalement les fondations de la musique américaine. Sur cet album, nous avons voulu célébrer tous ces héritages musicaux qui sont en nous. 

– Un petit mot aussi sur la participation de Tyler (Bryant, mari de Rebecca – NDR) sur la production de l’album qui a d’ailleurs été réalisé dans votre home-studio. Sans parler de l’aspect familial, est-ce que cela a facilité certaines choses ?

Megan : A partir du moment où l’on a décidé d’avoir un vrai batteur sur l’album, il nous fallait pouvoir apporter un meilleur son. Durant la pandémie, Tyler a beaucoup travaillé sur le home-studio et aussi sur l’ingénierie et la production. Nous avons beaucoup travaillé ensemble sur le projet et nous nous sommes aussi beaucoup amusés. Et c’est vrai que cela a été beaucoup plus confortable aussi. Il a vraiment compris le style de musique que nous voulions créer. Etant lui-même un bluesman du Texas, il a saisi là d’où nous venions et où nous voulions aller musicalement. Et je le considère vraiment comme un frère, et nous avons passé de très, très moments ensemble.

– Et puis, les sorties de vos albums respectifs sont aussi très rapprochées. Ces derniers mois ont du être très intenses pour tout le monde. Chacun va partir en tournée de son côté, comment allez-vous gérer ça ?

Rebecca : Oui, cela va être un grand bouleversement ! Tout le monde est bien sûr super content de repartir sur la route et faire des concerts ! Pour nous, cette année va être un test grandeur nature, car nous serons parties en Europe, notamment, pour sept semaines. Il y aura les festivals européens cet été aussi, et ensuite ce sera au tour des Etats-Unis. Mais maintenant que nos albums sont sortis, nous avons un peu de temps pour préparer des shows fantastiques. Et en 2023, nous reprendrons la route.

– Revenons à l’album, car il y a une chose qui est de plus en plus prononcé, c’est votre complicité au niveau des guitares. En plus des voix, c’est une autre belle harmonie. C’est une partie que vous avez plus travaillé cette fois-ci ?

Megan : Merci beaucoup ! Les pièces du puzzle s’articulent autour des voix, de la guitare et de ma lap-steel. C’est notre façon de travailler depuis maintenant de longues années. Avec un instrument aussi particulier que la lap-steel, il faut vraiment que les voix soient au niveau. Nous prenons un soin tout particulier pour les placer, car il faut trouver l’équilibre parfait. La lap-steel prend beaucoup de place musicalement, car elle est très dense. C’est un processus très organique finalement et très naturel aussi. Nous travaillons en duo, donc nous devons être aussi proches que possible, et pas seulement à travers nos deux instruments.

– Bien sûr, maintenant, la lap-steel est devenue la signature de LARKIN POE et donne une chaleur très forte à votre Blues. Megan, as-tu parfois le sentiment d’être un peu l’ambassadrice de cet instrument que l’on connait assez peu, ici en Europe en tout cas ?

Megan : C’est vrai que j’aimerais beaucoup faire connaître encore plus la lap-steel à travers le monde, si je le peux, car c’est vraiment un instrument hors du commun. Je pense qu’on devrait en trouver beaucoup plus dans le Rock’n’Roll, car il fait partie intégrante du style. La plupart des guitaristes iconiques américains ont joué de la lap-steel, mais peu de gens s’en rendent compte finalement. Même sur les albums de Pink Floyd, il y en a ! La plupart des gens pensent que c’est un instrument qu’on entend uniquement dans la musique Country, alors qu’elle est présente dans beaucoup de musiques différentes, mais pas forcément dans le lead, c’est vrai. C’est très agréable d’en jouer, alors si je peux essayer de faire en sorte que cela se propage encore un peu plus, je n’hésiterai pas.

– Un petit mot aussi à propos de vos chansons, qui s’adaptent autant à l’acoustique qu’en version électrique. Dans quel registre êtes-vous les plus à l’aise et lequel vous définie le mieux, selon vous ?

Rebecca : Oh, je ne sais pas vraiment dans quel registre nous sommes meilleures. En fait, l’acoustique et l’électrique font partie de ce que nous sommes, elles font partie de nous. Nous avons joué beaucoup de Bluegrass, et c’est vrai que c’était uniquement en acoustique et nous adorons ça. Mais en marge, nous aimons aussi vraiment brancher nos instruments et joué beaucoup plus fort. Ce sont les deux faces d’une même pièce finalement.     

– Il y a  cinq ans, vous avez créé votre propre label, Tricki-Woo Records. Qu’est-ce que cette liberté vous apporte-t-elle aujourd’hui ? Les contraintes des maisons de disques sont trop lourdes, ou est-ce que c’est l’industrie musicale qui a beaucoup changé ?

Megan : Créer notre propre label a été une grande décision pour nous, une autre manière de nous ouvrir au monde. Nous l’avons fait en 2017 et, dans un premier temps, l’objectif était d’être totalement libres de faire ce que nous voulions et quand nous le voulions. Nous pouvons aussi prendre toutes les décisions à tous les niveaux. Et nous sommes aussi en direct avec le public, la connexion est totale. Ce que les gens entendent vient vraiment de nous. C’est plus facile et c’est l’une des principales raisons qui nous a poussées à le faire. Il n’y a pas de barrage entre nous, le public et notre musique. C’est essentiellement une question de connexion directe. 

– Enfin, est-ce que vous avez dans l’idée de développer le label en signant d’autres artistes, ou est-ce qu’il est uniquement destiné à LARKIN POE pour le moment ?

Rebecca : (Rires) Seul le ciel est notre limite ! Nous adorerions enregistrer et signer d’autres artistes et même dans des styles différents. Actuellement, nous avons suffisamment à faire avec LARKIN POE, mais rien n’est exclu ! (Rires) Signer de potentiels artistes n’est pas notre vrai travail, car cela demande d’autres compétences, mais les portes sont grandes ouvertes !

L’album de LARKIN POE, « Blood Harmony », est disponible chez Tricki-Woo Records.

Retrouvez les chroniques de leurs deux derniers albums :

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Doom Occult Rock

Ciminero : tout en symbolique

Tirant son nom des mots italiens ‘cimitero’ (cimetière) et ‘nero’ (noir), le quatuor finlandais séduit autant par le mystère dont il s’entoure que par sa musique, qui est elle aussi envoûtante à plus d’un titre. CIMINERO peut compter sur la voix de sa chanteuse pour hypnotiser les amateurs de Doom Metal et d’Occult Rock avec ce très bon « Shadows Digging The Grave ».

CIMINERO

« Shadows Digging The Grave »

(Argonauta Records)

En 2019, il ne leur a fallu que cinq petits mois après leur rencontre pour composer et enregistrer leur premier album « Subterranean Awakening ». Cette fois, un changement de batteur et l’arrivée d’un bassiste a permis à CIMINERO de peaufiner ses nouveaux titres. Et le résultat est plus que convaincant, puisque les Finlandais parviennent sans mal à nous captiver d’un bout à l’autre.

Le groupe multiplie les savants mélanges à commencer par celui d’un Occult Rock raffiné et d’un Doom Metal écrasant. Basé sur les tarots, la sorcellerie et les royaumes astraux, CIMINERO est parvenu à créer un univers mystique et sensible, où l’aspect psychologique domine. Au chant, Valentina Vigato est ensorceleuse, tandis que Jukka Aravirta ajuste les ambiances sur des guitares tout en variation.

Bardé de références ésotériques et d’atmosphères saisissantes, les Scandinaves manient le chaud et le froid avec une grande habileté et une créativité très vive (« Invoke Me », « Ring Of Perpetual Insanity », « Inner Child », « Nettare d’Estasi »). Avec sa touche italienne, CIMINERO livre un deuxième opus original, inventif et plein de surprises. A découvrir d’urgence ! 

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Hard US Sleaze

BlackRain : heavy rainbow

Lumineuse et dynamique, cette nouvelle réalisation de BLACKRAIN brille par la précision et la qualité du songwriting. Grâce à un line-up inchangé, c’est un groupe très soudé, et dont l’envie semble décuplée, qui se présente avec « Untamed », un septième effort Heavy et mélodique. Entre Glam et Metal, les Français sont sur la voie royale.

BLACKRAIN

« Untamed »

(Steamhammer/SPV)

Trois ans après « Dying Breed » qui fut très bien accueilli, les Savoyards enfoncent le clou avec un septième album caractérisé par une folle énergie. BLACKRAIN continue sur sa trajectoire Heavy Sleaze dont l’écriture, toujours très 80’s, s’affine au fil des ans. Toujours aux frontières du Glam et du Hard Rock, le quatuor monte en puissance et « Untamed » montre un état d’esprit conquérant.

Alors que le précédent opus était (très bien !) produit par Chris Laney avec qui les Français avaient déjà travaillé, c’est cette fois le frontman de Kissin’ Dynamite, Hannes Braun, qui fait des prouesses. Leader du combo allemand qui a souvent partagé la scène avec BLACKRAIN, il a parfaitement saisi les attentes de ses amis et il offre encore plus de volume et de puissance à ces nouveaux morceaux.

Démarrant sur les chapeaux de roue avec le morceau-titre, « Untamed » se déploie sur des chansons accrocheuses, nerveuses et véloces. La batterie claque, les riffs fuzzent de toutes parts et Swan livre une prestation vocale hors-norme (« Demon », Summer Jesus », « Kiss The Sky »). BLACKRAIN affiche l’énorme potentiel décelé il y a quelques albums déjà et se montre d’une énergie flamboyante.

Photo Julien Zannoni
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Stoner Metal Stoner Rock

Turned To Stone Chapter 6 : épopée nordique

Grâce à ses split-albums, le label américain Ripple Music propose toujours de belles découvertes, tout en parcourant le monde et en réunissant des groupes qui se complètent bien et qui parviennent à chaque fois à se surpasser. Avec CAPTAIN CARAVAN et KAISER, la scène scandinave montre de beaux atouts et une maîtrise du Stoner Rock et Metal.

Turned To Stone – Chapter 6

CAPTAIN CARAVAN / KAISER

(Ripple Music)

C’est déjà le sixième volet des désormais fameux « Turned To Stone » de Ripple Music, qui a eu la bonne idée, il y a un bon moment maintenant, de remettre au goût du jour les split-albums. Et cette fois, le périple Stoner proposé nous emmène dans les contrées nordiques de Norvège et de Finlande, où là aussi les riffs grondent et fuzzent avec une belle ardeur. CAPTAIN CARAVAN et KAISER sont très affûtés et prêts à en découdre. 

CAPTAIN CARAVAN

La première salve vient du quatuor CAPTAIN CARAVAN qui livre cinq morceaux d’un Stoner Rock musclé et sans détour. Depuis 2015, les Norvégiens peaufinent leur style et ont sorti un album (« Shun The Sun » – 2018), un EP et deux singles avant de se faire remarquer par le label californien. Mené par la puissante voix de son frontman, le groupe distille une bonne dose de Doom dans un registre massif.

KAISER

Un peu plus dark dans les atmosphères, KAISER fait d’avantage de place au Fuzz dans ses compos, qui s’étendent aussi un peu plus en longueur. Avec sensiblement le même parcours que leurs compagnons de route, le trio a une approche plus Metal, très compacte et intense. Les Finlandais rentrent dans le lard avec une volonté et une ferveur incroyables. D’une force et d’une créativité égale, les deux groupes régalent.

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Death Metal France Thrash Metal

No Return : une identité confortée [Interview]

Pionnier de la scène Metal française au début des années 90, NO RETURN continue son bonhomme de chemin, se bonifie avec le temps et surtout peaufine son style. Avec « Requiem », le quintet français conjugue puissance et efficacité sur un album qui bénéficie d’une production massive et révélatrice d’un groupe toujours en quête de performance. Fondateur et dernier membre du line-up originel, le guitariste Alain Clément revient sur ce nouvel opus et le retour de leur ancien chanteur, notamment. Entretien.

– J’ai encore en mémoire notre première interview en 1990 à la sortie de « Psychological Torment » chez Semetery Records. A cette époque où les fanzines comme Rock’n Force étaient les principaux relais et la scène Thrash/Death était composée de NO RETURN, Loudblast, Agressor, Mercyless, Misanthrope et Massacra pour l’essentiel. Et tout le monde, ou presque, est encore là. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur vos débuts et sur le parcours du groupe ?

Ah oui, cette interview ne nous rajeunit pas, c’était hier ! On a effectivement commencé à la même période que tous ces groupes. C’était une époque où il y avait moins d’anonymat, car aujourd’hui il y a une multitude de groupes. Si je regarde l’histoire de NO RETURN, je pense que les deux premiers albums sont très importants. Pour le premier, « Psychological Torment », nous avions le batteur de Coroner, Marquis Marky, comme directeur artistique et producteur. C’était important pour nous, car nous étions jeunes et nous n’avions pas vraiment d’expérience et cet album nous a permis de tourner à la fois en France et en Europe. Le deuxième album « Contamination Rises » que nous avons enregistré à Tampa dans les studios Morrisound en Floride et qui était la capitale du Death Metal, a été très important également, car nous avons pu franchir un palier supplémentaire. Plus tard, l’album « Machinery » nous a permis, notamment en Europe, de nous faire un nom. Globalement, je suis fier de notre parcours car, même si parfois cela a été difficile au niveau du line-up ou des labels, nous avons pu au fil de toutes ces années partager notre musique dans de nombreux endroits et faire des rencontres humaines très enrichissantes.

– Onze albums en trois décennies est un bilan très honorable. Tout en restant ancré dans le Thrash/Death dans lequel s’est construit NO RETURN, comment vois-tu l’évolution de votre musique, car elle est vraiment manifeste sur cet album ?

Nous évoluons depuis plusieurs années maintenant dans un Thrash/Death mélodique. Je pense qu’on peut trouver sur cet album de nouvelles choses, car nous avons aussi évolué techniquement et cela nous apporte de la diversité, tout en gardant nos racines musicales. Nous pouvons ainsi proposer des chansons avec des atmosphères différentes. On veut mélanger le côté mélodique et l’agressivité. Je pense que c’est une bonne chose de d’offrir toutes ces possibilités et montrer ce que NO RETURN peut proposer actuellement.

– Ce qui n’a pourtant pas changé chez NO RETURN, c’est cet alliage entre le Thrash de la Bay Area et la fureur du Death suédois. Finalement, et même si le groupe a évolué pour sonner aujourd’hui différemment et très actuel, vos racines sont toujours très présentes et traversent plutôt bien l’épreuve du temps, non ?

Oui, au-delà de l’évolution musicale du groupe, il est important que ces racines soient toujours présentes et notamment ce coté Thrash de la Bay Area qui est, c’est vrai, l’ADN de NO RETURN.

– Parlons maintenant de ce nouvel album, « Requiem », tout en puissance et très bien produit. Tout d’abord, j’aimerais que l’on parle du retour de Steeve au chant, lui qui avait déjà officié sur deux albums (« Self Mutilation » et « Machinery »). Comment le rapprochement a-t-il eu lieu et qui en est à l’initiative ?

C’est Steve qui m’a contacté alors que nous recherchions un chanteur. Même si cela m’a surpris au début, j’ai vraiment réfléchi à sa proposition avec attention. Ses qualités artistiques et de frontman sont évidentes et l’expérience et la maturité qu’il a acquises au cours des 20 dernières années, ainsi que des discussions constructives, m’ont convaincu que ce serait une très bonne chose pour le groupe de travailler ensemble sur un nouvel album.

– Si l’évolution de NO RETURN s’est fait naturellement au fil du temps, « Requiem » marque, je trouve, une certaine rupture et un incroyable bond en avant. Que ce soit musicalement, vocalement et tout en restant mélodique, le groupe propose des compos massives et percutantes. A quoi cela est-il dû ? Les cinq années entre vos deux derniers albums ? Une plus grande ouverture sur d’autres registres, peut-être ?  

Ce que l’on souhaitait, c’est en fait mixer le NO RETURN de la période où il y avait Steeve et celui des derniers albums studios, c’est-à-dire un mélange de Death Metal et de Thrash assez agressif et mélodique, tout en restant moderne. Le but est vraiment de pouvoir montrer la diversité musicale du groupe en 2022 avec tous ces éléments anciens et nouveaux. Et donc ne pas jouer uniquement sur la nostalgie, car le groupe doit toujours évoluer et montrer ce que NO RETURN est capable d’aborder.

– Je sais que la question est facile, mais elle me titille ! « Requiem » est peut-être votre meilleur album à ce jour, tant dans son écriture qu’au niveau de sa production. Avec le retour de Steeve dans la balance, NO RETURN tient-il son meilleur line-up, et surtout enfin le définitif ?

Merci pour ton compliment. Nous avons essayé de faire du mieux possible, tant au niveau de l’écriture que de la production. Après comme toujours, c’est le public qui, selon ses gouts, apprécie ou pas. Artistiquement parlant, je suis très content en tout cas du résultat final, car tout le monde s’est vraiment arraché sur cet album. Et j’aimerais sincèrement que ce line-up soit définitif.

– Pour la production de ce nouvel album, vous avez confié les manettes à Olivier Didillon, qui est votre ingé-son live et à qui l’on doit aussi des albums de Manigance, Messaline et Dreamcatcher. Après avoir travaillé avec de grands noms, c’est peut-être finalement l’un de vos plus proches collaborateurs qui a su développer et peaufiner le mieux votre son. C’est une belle ironie de l’histoire et une belle satisfaction aussi, non ?

Oui, c’est une belle satisfaction, car ce choix s’est imposé comme une évidence. Olive est notre ingénieur du son live depuis plusieurs années maintenant. Il a fait plusieurs tournées européennes avec nous, dont la dernière avec Cannibal Corpse. Il connaît très bien le groupe et sait le faire sonner de manière très performante. Il est très talentueux et c’est avant tout un véritable ami doté de qualités humaines rares de nos jours dans ce milieu. Le travail et le résultat final qu’il a effectué sur ce nouvel album sont impressionnants de qualité.

– J’aimerais que l’on dise un mot aussi sur les parties de guitares et notamment sur les solos que tu partages avec Geoffroy (Lebon). Il y a une complicité palpable entre vous deux et une nette distinction dans le son et l’accroche. De quelle manière avez-vous travaillé et comment vous êtes-vous repartis les rôles ? Sans oublier le travail du riff sur les rythmiques…

Effectivement, je pense qu’il y a une bonne complémentarité et une osmose avec Geoffroy à ce niveau. Pour les solos, il n’y a pas spécialement de règles et l’idée en général, c’est vraiment de servir le morceau plutôt que d’en mettre partout. Ainsi, il peut y avoir un seul solo dans un titre, parfois deux, en fonction de l’intérêt que cela peut apporter au titre et à l’ambiance qui s’en dégage. En ce qui concerne le travail des rythmiques, on utilise la même approche. Le riff doit être accrocheur, parfois mélodique, sans être forcément trop technique, car le but n’est pas de le rendre difficile à l’écoute et qu’il soit indigeste. 

– On assiste depuis quelques années à l’émergence de très nombreux groupes français dans tout style de Metal d’ailleurs. Quel regard portes-tu sur cette nouvelle scène et est-ce qu’elle t’inspire ?

Je pense que la scène Metal française est très riche aujourd’hui tout style confondu et beaucoup plus professionnelle aussi. La diversité et la qualité fait que chacun peut y trouver son compte que ce soit dans le Heavy, le Thrash, le Death, le Black ou d’autres styles et c’est bien cela le plus important à mon sens.

– Enfin, quelle est la suite immédiate pour NO RETURN ? J’imagine que vous devez être impatients de reprendre la route ? D’ailleurs, avez-vous déjà élaboré une setlist autour de vos onze albums, ou resterez-vous concentré sur « Requiem » ?

La suite immédiate est d’effectuer la promotion du nouvel album et bien sûr, nous sommes impatients de rejouer un peu partout après cette triste période de pandémie. L’essentiel des dates arrivera en 2023. Concernant la set-list, on proposera bien évidement des morceaux de « Requiem » avec d’autres titres, mais pas autour des onze albums comme nous l’avons fait pour le live « XXX ». Le but est aussi de jouer des morceaux que nous n’avons pas joué depuis longtemps et notamment ceux de la période « Self Mutilation », ainsi que des reprises qui, je l’espère, feront plaisir au public.  

L’album de NO RETURN, « Requiem », est disponible chez Mighty Music/Target Group.

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Alternative Rock

Silence is Spoken : assourdissant de passion

Avec ce nouvel effort de SILENCE IS SPOKEN, « 11 », le beau soleil de Florence laisse place à un ciel assombrit et menaçant. L’Alternative Metal/Rock des Italiens est tellement dense qu’il procure des sensations qui nous plongent dans une immersion musicale bluffante de beauté et véritablement séismique.

SILENCE IS SPOKEN

« 11 »

(Wormholedeath Records)

Ils viennent de Toscane, se sont formés à Londres et pourtant leur son n’est pas sans rappeler Seattle et sa légendaire scène Grunge. Cependant même si Soundgarden et Eddie Vedder semblent avoir marqué le groupe, une imposante touchante Metal jaillit de ce troisième et très bon album de SILENCE IS BROKEN. En 15 ans d’existence, le quatuor s’est construit un univers sombre et captivant.

Sur une production exceptionnelle à la fois profonde et massive, les Italiens évoluent dans un Alternative Metal/Rock précis, très structuré et doté d’une énergie que le groupe catalyse parfaitement. Pour autant, SILENCE IS SPOKEN ne se fait pas prier pour la libérer avec une puissance incroyable. Et grâce à leur excellent frontman, Samuele Camiciottoli, les Transalpins jouent sur plusieurs registres.

Intense et raffiné, le combo joue sur les émotions. La densité et l’articulation des titres sont l’une de ses forces que l’on le retrouve sur l’ensemble de « 11 » (« A Good God », « 1984 », « War ABC Song »). Parfois éthérés tout en restant très solides, les morceaux de SPOKEN IS SPOKEN se révèlent addictifs (« 1000 Petaled Lotus », « Mud Bones Worms », « Genesis 19/24 »). Tout simplement époustouflant !

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Occult Rock Psych Sludge Stoner Doom

Witchfinder : dark fuzz

Très instrumental et développant des atmosphères quasi-séismiques, « Forgotten Mansion » a des allures d’ogre mastodonte. Si elle se pare aussi de mélodies captivantes et psychédéliques, celle nouvelle production de WITCHFINDER vient surtout confirmer la puissance du Stoner Doom du quatuor français avec une force tellurique.

WITCHFINDER

« Forgotten Mansion »

(Mrs Red Sound)

Long EP ou mini-album, c’est selon, « Forgotten Mansion » vient donner suite à « Endless Garden », un EP de deux titres fracassant sorti en juin dernier, et qui marquait un léger tournant avec l’arrivée aux claviers de Kevyn Raecke. Il n’en fallait pas davantage pour que le côté fantasmagorique du quatuor surgisse encore un peu plus. WITCHFINDER s’apprête à réveiller les volcans de son Auvergne natale.

Doté d’une production massive et écrasante, ce nouvel effort vient définitivement poser le statut de groupe incontournable d’une scène Stoner Doom française, qui devrait vite devenir trop petite. La trajectoire de WITCHFINDER est assez claire : conjuguer le Fuzz, le Metal et le Sludge avec un Psych Rock occulte et ténébreux. La rythmique est lourde, les riffs épais et le chant se devine au lointain.

Si l’ambiance est posée dès le pachydermique « Approaching » suivi de près par « Marijuana », les surprises sont nombreuses au sein-même de ces morceaux, qui s’étendent en longueur. Très groove, la variété des mid-tempos ensorcelle en communion avec des synthés psychédéliques aussi fins que les guitares sont sourdes et menaçantes (« Lucid Forest », « The Old Days »). WITCHFINDER en impose grâce à une créativité débordante.

Photo : Aurore Staiger