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Angelus Apatria : 20 ans de thrasherie

Pour son vingtième anniversaire, ANGELUS APATRIA n’a pas fait les choses à moitié et livre un septième album qui s’annonce déjà comme le point culminant de sa carrière. Le quatuor espagnol présente un Thrash Metal aiguisé, racé et particulièrement percutant. Ça claque et ça tabasse !

ANGELUS APATRIA

« Angelus Apatria »

(Century Media Records)

C’est avec un très bon album éponyme que les leaders de la scène Thrash Metal espagnole font leur retour… et il est carrément fracassant. Après deux décennies entre fureur et déferlement de décibels, le combo semble plus aguerri que jamais et la férocité de ces dix nouveaux titres montre la belle détermination d’ANGELUS APATRIA, qui se démarque de plus en plus de l’influence notable de la Bay Area.

Produit par le groupe lui-même et mixé et masterisé par Zeuss (Rob Zombie, Overkill, Hatebreed, Municipal Waste), « Angelus Apatria » est probablement l’un des meilleurs albums de Thrash européen depuis un moment. Dès les premiers riffs et la virulente rythmique de « Indoctrinate », ANGELUS APATRIA donne le ton et les Espagnols ne font pas de quartier (« Rise Or Fall »).

Guillermo Izquierdo (guitare, chant) et sa bande s’affichent unis, font corps et l’aspect très compact et tranchant de ce septième album ne fait aucun doute sur les intentions d’ANGELUS APATRIA. Depuis « Cabaret De La Guillotine » (2018), la progression du quatuor a encore franchi un palier et cela s’entend (« The Age Of Disinformation », « Disposable Liberty », « Through The Glass »). Renversant et virulent !

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Affect : le groove chevillé au core

Dans une belle agitation, AFFECT refait parler de lui avec quatre nouveaux titres aussi costauds que fédérateurs. Le troisième EP des Nantais vient confirmer toute la maîtrise et la créativité du combo GrooveCore. Le quatuor tabasse tout en restant mélodique et montre une fraîcheur dont on espère maintenant se délecter sur un album complet.

AFFECT

« Panem Extended »

(Independant)

Troisième EP donc pour les bouillonnants Nantais d’AFFECT qui, avec « Panem Extended », semblent jouer les prolongations de « Panem Et Circenses » sorti en mars 2019. Et si l’intention est louable, elle est aussi très bonne car ces quatre nouveaux titres (et un interlude) montrent que le quatuor n’a pas baissé en régime, loin de là, et maintient brillamment la cadence.

Mélange de Metal moderne et d’un HardCore nouvelle génération, le combo propose un GrooveCore qui porte bien son nom et qui lui colle parfaitement. La fougue et l’énergie sont là, et les gros riffs entêtants sont aussi racés que mélodiques (« Free And Disobediant »). Si le flow rappelle RATM, AFFECT est solidement ancré dans la tradition HardCore.

Revendicatifs et percutants, les Nantais ne manquent pas d’explosivité, bien aidé par une rythmique basse/batterie pied au plancher (« Burn »). Bien produit et bénéficiant d’un bon mix, « Panem Extended » aurait bien mérité une petite rallonge. Le choix de ce genre de format est en l’occurrence assez frustrant, tant AFFECT mène sa barque avec brio (« Boogie Woogie »).

Bandcamp : https://affect1.bandcamp.com/

Soutenez le groupe dans sa campagne de crowdfunding :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/affect

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Riddlebreak : dompter la bête

Brisant les stéréotypes, RIDDLEBREAK livre un DeathCore Progressif capable de passages très violents et carrément aériens et presque suspendus. Cette force créatrice, le sextet en a fait sa marque de fabrique et « Architeutis » se révèle aussi inattendu que provoquant et surtout particulièrement bien ficelé.

RIDDLEBREAK

« Architeutis »

(Independant)

Deuxième méfait pour les Sud-africains de RIDDLEBREAK après « Collapsar » sorti en 2016, le groupe revient avec un EP de quatre titres tendus et mélodiques. Le sextet explore cette fois les monstres visibles ou pas qui peuplent notre quotidien et sont l’objet de l’incompréhension de tous. Vaste programme ! Toujours aussi radical, le combo a affûté son DeathCore Progressif pour franchir des frontières musicales originales et pertinentes.

« Architeutis » fait la part belle à la technicité des membres de RIDDLEBREAK, véritable petite tribu où les extrêmes semblent cohabiter dans une belle harmonie. Ainsi, c’est tout naturellement que le violon de Laura Atkinson trouve sa place au côté de la fureur vocale de Jade Osner, qui se balade entre growl, scream et autres variations épileptiques (« The Hog », « A Momentary Brightness »).

Puissant, millimétré et ultra-tranchant, RIDDLEBREAK joue sur les mélodies en s’appuyant sur les riffs massifs de Julian Vosloo et Gareth Reed (« Allegiant » et le très atmosphérique  « Eyes OF The World Ender »). Percutant et racé, ce nouvel EP bascule entre une vigueur obstinée et des passages très Progressifs, passant par un nombre incalculable de sensations. Brut et à toute épreuve.    

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As A New Revolt : hasta la victoria siempre

L’énergie est Metal/Punk, le flow est résolument Rap et ce nouvel EP de AS A NEW REVOLT, « Fares », est sauvage et engagé. Sur cinq titres solides et fluides, le duo français revisite le genre en y insufflant une énergie positive en forme de coup de poing.

AS A NEW REVOLT

« Fares »

(KNT Label/National Palms)

Si vocalement, on pense immédiatement à Zack de la Rocha et Asian Dub Foundation, limiter AS A NEW REVOLT a ces deux belles influences serait un peu rapide et réducteur. Aiguisée et affûtée, la musique du duo grenoblois est aussi percutante que revendicatrice, et la virulence du flow de Manu Barrero (également aux samples et sound system) est aussi solide que le jeu du batteur Julien Lhuillier.

Sur de gros riffs de guitare plus vrais que nature, l’explosivité de « Fares » doit aussi beaucoup à son authentique batterie, qui donne une touche organique aux morceaux très électroniques du EP (« Kanuni »). Revendicatif et déployant une belle énergie, AS A NEW REVOLT nous replonge par moment au cœur des 90’s dans la veine des Beastie Boys, Public Enemy et bien sûr RATM.

Mais au-delà de ça, le duo tire vraiment bien son épingle du jeu avec des morceaux incisifs et très actuels (« Juan », « New Traditional ») sans renier d’où il vient. Assez Punk dans l’esprit et la démarche, AS A NEW REVOLT tente à réveiller les consciences et c’est une très bonne chose (« Peplum »). Le renouveau du Metal/Rap est en marche et il pourrait bien venir de chez nous.

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Extrême

Pedigree : immersion au cœur de l’abîme

PEDIGREE n’a pas du voir le soleil depuis un petit moment. Faisant presque passer les actuels groupes Indus pour des Bisounours, le quatuor estonien propose un Metal où se greffent Doom, Sludge et post-Metal avec une habileté saisissante… à tous les niveaux. « Funeral Child » va faire trembler dans les chaumières.  

PEDIGREE

« Funeral Child »

(PedigreeSonicUnderworld)

Depuis 1993, le quatuor estonien n’est pas resté chômer et il se présente aujourd’hui avec sa douzième réalisation, entre albums complets et remixes. Comme son nom l’indique, « Funeral Child » est d’une noirceur qui fait presque froid dans le dos. Poussant le Metal Indus dans ses retranchements en y intégrant des sonorités obscures, PEDIGREE n’est pas là pour vous mettre du baume au cœur (« One of Us Is Next », « Zen Agony »).

Sur presqu’une heure, le groupe nous plonge dans un univers sombre et pesant, métallique aux paysages industrielles tant musicales qu’atmosphériques (« Possible Child », « Nothingness of the Stars »). Samples obsédants, grosses guitares, rythmiques massives et chant aussi déchirant que déchiré, PEDIGREE présente une fresque effrayante d’un monde en souffrance (« Defenestrated Child »).    

Musicalement, l’évolution conceptuelle de « Funeral Child » mute au fil des morceaux à travers des tableaux très aboutis, riches et particulièrement bien produits (« Night Existence », « Lazarus Circle »). Très expérimental, on passe d’un Doom assommant à un post-Metal transcendant où même le Sludge trouve sa place. Très moderne dans sa conception, « Funeral Child » montre PERDIGREE au sommet de son art.  

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Scarred : une ouverture musicale très pertinente

Ces trois ans d’absence semblent avoir été plus que bénéfiques à SCARRED qui revient avec un album éponyme brillant. Reflétant sa nouvelle identité musicale, on observe avec joie la métamorphose du quintet luxembourgeois qui élargit son champ d’action passant du Death Metal à des atmosphères très post-Metal et techniques.

SCARRED

« Scarred »

(Klonosphere/Season Of Mist)

SCARRED fait trembler le Grand-duché du Luxembourg depuis 2003 maintenant, et ce n’est pas ce très bon troisième album éponyme qui va rétablir le calme dans le pays. Toujours rattaché au Death Metal de ses débuts, le quintet semble prendre un virage nettement plus mélodique et atmosphérique, tout en restant très technique. « Scarred » penche très franchement vers un post-Metal qui ne dit pas son nom, et un chant qui présente aussi des surprises, tout en conservant une énergie et une force très présentes.  

La première vue d’ensemble montre un album très structuré avec un intro, une outro et deux interludes, qui posent une ambiance particulière, presque psychédélique et moins brutale qu’un simple album de Death Metal. Artistiquement, SCARRED semble avoir mûri. Les mélodies, tant vocales que dans les guitares et le samples, ont pris le dessus sur l’ensemble des 13 plages de l’album. Naviguant entre growl et scream, le chant a lui aussi évolué pour se faire même carrément clair sur « Petrichor ».

Dès « Mirage », les Luxembourgeois affichent une belle puissance, qui ne faiblit pas par la suite (« Chupacabra »). SCARRED créé la surprise sur le très accessible et mélodique « Merry-Go-Round », où le quintet s’exprime sur un refrain entêtant et des riffs très accrocheurs. Tout en maîtrise, « In Silent Darkness » confirme l’aspect post-Metal et chamanique sur « A.H.A.I.A. », tandis que « Dance Of The Giants » évolue dans un registre proche du Technical Thrash. La belle variété de « Scarred » le rend déjà indispensable.

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Extrême Stoner/Desert

Kabbalah : Les femmes de la crypte

Entre Hard Rock 70’s et Doom, le trio féminin KABBALAH s’est frayé un chemin et bâti une solide identité. Occulte, captivant et incantatoire, « The Omen » révèle une créativité limpide et tortueuse. Les trois Espagnoles traversent les âmes en perdition dans un rituel obsédant basé sur des riffs lancinants et pêchus.

KABBALAH

« The Omen »

(Rebel Waves Records)

C’est depuis Pampelune au pays Basque que KABBALAH forge son Rock Occult depuis 2013 avec tout d’abord une série de trios EP et « Spectral Ascent », un premier album sorti il y a un peu plus de trois ans. Plus affûté et inspiré que jamais, le trio féminin vient confirmer un potentiel évident avec « The Omen », qui dégage des émotions très particulières.

Carmen, Alba et Marga mènent de main de maître cette procession Rock que l’on croirait tout droit sorti des 70’s. Si les ombres de Black Sabbath et du Blue Öyster Cult planent sur l’album, le chant clair et envoûtant guide KABBALAH dans des atmosphères rituelles et captivantes, tout en jouant habillement sur la symbolique du genre.

De « Stigmatized » à « Liturgy » en passant par le génial « The Ritual », le trio ibérique sait se faire aussi percutant que sensuel avec une délicatesse loin d’être macabre ou morose. Non, KABBALAH parvient à déchirer les ténèbres de son Rock Occult grâce à un Doom harmonieux qui le rend presqu’incandescent (« Night Comes Near », « Labyrinth », « Duna »).

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Extrême

Horskh : une énergie synthétique

Dans un univers très électronique arborant un chant brutal et des sonorités dans la veine des premiers Junkie XL ou de Prodigy, HORSKH présente un deuxième album peut-être plus adapté aux dance-floors qu’aux fosses des concerts (qui nous manquent tant !). Entre Metal Indus et Electro-Rock, le trio brouille un peu les pistes.

HORSKH

« Wire »

(Independant/Blood Blast Distribution)

Après deux EP et un premier album (« Gate » en 2017), le trio français fait son retour avec un deuxième opus en forme de coup de poing. Les 12 morceaux de « Wire » qui s’étalent sur une grosse demi-heure sont autant de beignes en pleine face. Fort d’une énergie omniprésente et directe, HORSKH assène ses titres dans une urgence presque épileptique rassemblant un grand nombre d’influences dans un maelstrom très compact.

Présenté comme un album de Metal Indus, j’avoue être un peu perplexe. En effet, il faut attendre « Trying More » pour distinguer les premiers sons de guitares, alors que le groupe compte deux six-cordistes. Certes, au niveau de la puissance affichée par HORSKH, ainsi que sur le chant, on est bel est bien dans le Metal et le côté Indus est lui aussi incontestable. Cependant, la mainmise des machines sur l’ensemble de « Wire » domine largement.

Du coup, on pense beaucoup à KMFDM, Treponem Pal, Ministry et d’autres, mais manque ce côté organique qui enflamme et libère. Très Electro de bout en bout, l’album pèche sans doute par un son très froid et synthétique… assez loin du Metal donc. Très produit, « Wire » révèle cependant des moments forts (« Mud In My Wheels », « Common Crimes », « Pull The Wire »). Alors, HORSKH : Metal Indus ou Electro-Rock ?    

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Asphyx : Au-delà du précipice

Particulièrement dense et consistant, ce nouvel album d’ASPHYX est aussi massif que violent et présente dix morceaux très volumineux. Entre Death et Doom, les Néerlandais reviennent avec un dixième opus efficace, pertinent et colérique. « Necroceros » est une bête à dompter.

ASPHYX

« Necroceros »

(Century Media Records)

En 30 ans de carrière et ce dixième album dévastateur, ASPHYX ne s’est jamais relâché et malgré des soubresauts qui auraient pu avoir sa peau, le groupe est toujours debout et revient avec le digne successeur de « Incoming Death » : « Necroceros ». Le quatuor néerlandais a toujours les crocs et montre les dents sur les dix titres de ce très bon opus.

Entièrement composé et réalisé pendant la pandémie, il n’en fallait pas plus pour démultiplier la déjà très présente rage du gang de Martin Van Drunen, dont le growl oscille entre puissance et agonie. Entre Death et Doom, ASPHYX ravage tout sur son passage bien aidé par des cascades de riffs tranchants et une rythmique aussi caverneuse que brutale.

Dès « The Sole Cure is Death », le combo fait parler la poudre (« Botox Implosion », « In Blazing Oceans » et « Knights Templar Stand »). Mais ASPHYX se laisse aussi aller à des titres plus mélodiques (« Mount Skull ») avant de se servir un Doom lugubre (« Molten Black Earth », « Three Years of Famine » et l’excellent morceau-titre). Dévastateur !

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Wardruna : l’envol du corbeau blanc

Malgré ses collaborations à la série Vikings et au jeu vidéo Assassin’s Creed Valhalla, c’est bel et bien WARDRUNA qui occupe l’esprit et la créativité du Norvégien Einar Selvik. Servant la tradition nordique avec ferveur, le musicien livre un album de Néofolk Pagan profond et organique.

WARDRUNA

« Kvitravn »

(Columbia/Sony Music)

Depuis 2009 et la trilogie « Runaljod » suivi de « Skald » en 2018, le multi-instrumentiste Einar Selvik perpétue la tradition ancestrale norvégienne à travers des compositions Néofolk Pagan. Toujours guidé par les anciennes croyances nordiques, WARDRUNA a pour objectif premier de recréer des versions modernisées des sons et de la musique ayant pu exister il y a des siècles.

Une fois encore, « Kvitravn » nous plonge dans un univers mystique et captivant grâce, notamment, à une production très actuelle, authentique et franchement saisissante. Allant jusqu’à utiliser des sonorités captées en pleine nature, WARDRUNA parvient à transporter l’auditeur dans un monde de légendes particulièrement immersif et souvent apaisant (« Synkverv », « Skugge »).  

Accompagné depuis le début par la chanteuse Lindy-Fay Hella et sa voix éthérée qui magnifie encore ce nouvel album, Einar Selvik avance dans des contrées musicales envoûtantes en y insufflant une énergie incroyable (« Kvitravn », « Kvit Hjort »). Profond et chamanique, WARDRUNA ensorcèle par son jeu précis et épuré et livre un album exceptionnel (« Ni », « Andvevarljod »). Un beau voyage initiatique !