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Blues Rock

George Thorogood And The Destroyers : born to be bad

Blues Rock ou Rock Blues, c’est selon, mais une chose est sûre, GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS ne laissent personne indifférent et ont même tendance à mettre le feu dès lors qu’ils se produisent sur scène. Pourtant, lorsque la formation reprend Howlin’ Wolf ou Willie Dixon, le doute n’est plus vraiment permis. Avec « The Baddest show On Earth : Greatest Hits Live », on parcourt près de 50 ans d’une carrière hors-norme, qui a fait du musicien du Delaware et de ses partenaires les plus explosifs et attachants de ces dernières décennies.

GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS

« The Baddest Show On Earth : Greatest Hits Live »

(Craft Recordings)

Alors qu’il nous avait laissé avec un premier album solo composé de reprises avec « Party Of One », en 2017, on aurait pu s’attendre à un nouvel opus inédit de la part de GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS. Car, depuis « 2120 South Michigan Ave », son quinzième et dernier opus studio sorti en 2011 avec son groupe, le guitariste et chanteur n’a pas proposé de nouvelles compositions, qui seraient venues grossir un répertoire déjà riche de classiques. Alors, c’est avec un témoignage live qu’il fait son retour pour nous faire patienter encore un peu. Et des standards, il en regorge ! 

Pour autant, THE DESTROYERS, constitué de Jeff Simon, Bill Blough, Jim Suhler et Buddy Leach et de leur guide GEORGE THOROGOOD ne sont jamais aussi bons et à leur aise que sur scène. Et s’il en a déjà sorti quelques uns, les Américains présentent aujourd’hui « The Baddest Show On Earth : Greatest Hits Live », une sorte de compilation de quelques moments forts passés à enflammer leur public, comme peu parviennent à le faire. Les enfants terribles du Blues Rock traversent les époques avec une setlist inédite captée entre 1978 et 2024, qui rappelle bien des souvenirs.

De la Georgie au Massachusetts en passant par New-York, la Floride, le Texas, le Missouri et aussi Toronto au Canada, GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS affichent un don incroyable pour communiquer avec son public et faire durer le plaisir à grand renfort de savoureux dialogues, donnant lieu à de longues et réjouissantes versions de « One Bourbon, One Scotch, One Beer » et de « Boogie Chillun », notamment. On notera l’enchaînement parfait entre les morceaux, laissant penser qu’il s’agit d’un seul et même concert. Un disque qui vient entretenir une belle légende !

A noter que le plus Rock des bluesmen viendra enflammer le Bataclan le 26 juin prochain !

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Heavy Stoner Blues

St. Negus : en quête de sacre

Même s’il est toujours difficile de se faire une idée sur un artiste en seulement cinq titres, il faut bien avouer que ST. NEGUS fait une très forte impression avec « Mumathil ». Au menu, vingt minutes d’un Rock musclé qui navigue entre Blues et Stoner, avec quelques touches de Metal et un soupçon de Soul. Musicien chevronné, le Français a roulé sa bosse avec de nombreuses formations dans l’hexagone, et bien au-delà. Un apprentissage qui se ressent sur chaque note de ce court format, tant elles sont soigneusement posées. Le chanteur et guitariste affiche ses certitudes avec force et talent.

ST. NEGUS

« Mumathil »

(Independant)

Après avoir longtemps écumé les scènes et enchaîné les collaborations, Nagui Mehany se lance enfin en solo et ce premier effort montre déjà une personnalité artistique très solide. Egalement membre de Dust Lovers, il mûrit son projet depuis des années et c’est peu dire s’il est très abouti. C’est sous le nom de ST. NEGUS qu’il évolue aujourd’hui et avec « Mumathil », il provoque déjà un petit séisme. L’approche est directe et brute, presque sobre, et tout en jouant la carte multiculturelle, il assène son Heavy Blues enrobé de Stoner Rock avec panache et une finesse d’interprétation.

Ce serait presque réducteur de ne pas parler aussi de la touche très Metal omniprésente sur « Mumathil », tant elle structure les cinq morceaux. Le jeu de guitare du Franco-égyptien prend toute son ampleur sur des riffs appuyés et massifs et s’il laisse une atmosphère bluesy planer, c’est pour mieux imprégner une empreinte très originale. Vocalement aussi, ST. NEGUS ne se contente pas d’évoluer en anglais, même la langue et le style s’y prêtent tellement, c’est en arabe égyptien qu’il s’exprime sur le morceau-titre.

Loin de tout folklore, c’est un aspect très universel qu’il propose et c’est avec un chant criant de vérité qu’il nous fait entrer dans son univers. Insaisissable et fougueux, le frontman avance tout en percussion sur une production, par ailleurs, taillée sur mesure. Si ST. NEGUS fait aussi parler l’expérience, il ne perd pas en spontanéité et le songwriting très intuitif est d’un rare authenticité (« Gold Veins », « Shanghai », « Gems »). Et que dire de cette rythmique solide et millimétrée ! Avec une telle entrée en matière, on attend très vite une suite.

Photo : François Capdeville

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Hard Rock Southern Blues

Jared James Nichols : l’embrasement

Intense, brut et virtuose, le jeu de JARED JAMES NICHOLS englobe à la fois la densité du Hard Rock, les saveurs du Blues et une atmosphère Southern. Six-cordiste accompli et frontman assuré, il multiplie avec naturel et beaucoup de classe les ambiances, tout en affichant une forte identité artistique. Avec « Louder Than Fate », il laisse à nouveau éclater tout son talent avec une impression de facilité assez déconcertante. Sensible et dévastateur, son charisme et son écriture sont toujours aussi renversants.

JARED JAMES NICHOLS

« Louder Than Fate »

(Frontiers Music)

Depuis ses débuts en 2015 avec « Old Glory & The Wild Revival », le guitariste et chanteur du Wisconsin, aujourd’hui basé à Nashville, réalise un sans-faute. L’an dernier, il avait brillé sur le titre « Borderline » extrait de l’EP éponyme de Hollow Souls, le nouveau projet de Kris Barras. Et il se fit remarqué aussi sur les album de Mark Morton de Lamb Of God et sur celui d’Elegant Weapons. Depuis, JARED JAMES NICHOLS a présenté quatre morceaux de « Louder Than Fate », son quatrième album (« Runnnin’ Hot », « Killing Time », « Pretend » et « Ghost »). Et vu leur qualité, le reste de cet opus commençait a nourrir beaucoup d’impatience.

Ayant toujours navigué entre Hard Rock et Blues Rock avec une touche 70’s, il a su forgé un son très personnel et organique, toujours en gardant les deux pieds solidement ancrés dans son époque. Alors, très intelligemment, JARED JAMES NICHOLS a fait appel à deux producteurs qui se complètent à merveille sur ce « Louder Than Fate » : Jay Ruston (Anthrax, Amon Amarth, Steel Panther) et Roger Alan Nichols (Larkin Poe, Tyler Bryant & The Shakedown). Et leur complicité fait littéralement briller cette nouvelle réalisation. Un juste milieu entre une rudesse aux portes du Metal et la chaleur du Blues.

C’est donc dans un Power Blues costaud et fondé sur des riffs colossaux et des solos électrisants que nous embarque JARED JAMES NICHOLS. Très authentique, son jeu est aussi percutant qu’attachant et il parvient sans mal à distiller ses émotions sur des titres efficaces, certes, mais toujours sincères (« Let’s Go », « Way Back », « Bending Or Breaking », « Dust’n’Bones »). Et ce qui est particulièrement notable ici, c’est que le songwriting repose autant sur des parties de guitare très soignées que sur le chant et les textes. Une fois encore, le musicien frappe fort et devrait ravir autant les amoureux de Hard Rock pur et dur que les amateurs de sonorités plus sudistes.

Photo : Eric Ahlgrim

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Alternative Rock Rock US Rock/Hard

Dan Byrne : new rockin’ start

Même si ce sont ses grands débuts sous son propre nom, DAN BYRNE fait déjà partie de ces artistes chevronnés, qui mêlent habillement expérience et intuition. Spontané et solide, « This Is Where The Show Begins » vient ôter d’un Rock estampillé 80/90’s une poussière engourdissante pour lui mettre un sacré coup de boost, qui acte également une évolution notable de la part du Britannique. Mélodique et accrocheur, il surgit de la Mersey avec autant de talent que d’ambition.

DAN BYRNE

« This Is Where The Show Begins »

(Frontiers Music)

Il n’aura fallu que deux albums avec le groupe Revival Black en 2019 et 2022 pour que le musicien de Liverpool se lance en solo l’année suivante. Avec « Beginnings », DAN BYRNE se fait rapidement connaître, ce qui ne l’a pas empêché de sortir un autre disque avec Marty And The Bad Punch l’an dernier. Autant dire qu’il a de la suite dans les idées et qu’il se montre plutôt créatif. Après son premier EP, il est forcément attendu au tournant sur un format long, d’autant qu’il est fraîchement signé chez les Italiens de Frontiers Music.

Son style ? Un savoureux mélange de Hard Rock, de Rock US et d’Alternative Rock très actuel et moderne, malgré des références pour le moins classiques. C’est donc un Rock d’une fraîcheur très contemporaine que propose DAN BYRNE sur le bien-nommé « This Is Where The Show Begins ». Certes, tout n’est pas parfait, mais l’ensemble est soigné, bardé de bonnes guitares et surtout enrobé de sa voix puissante et chaleureuse. Seuls quelques arrangements très AOR et hors-propos viennent assombrir plusieurs titres.

Car, il faut reconnaître que la qualité du songwriting et la prestation vocale de l’Anglais offrent une très belle dynamique à « This Is Where The Show Begins ». mais si certaines parties de claviers viennent franchement ternir le travail effectué sur des morceaux efficaces, qui auraient mérité bien mieux comme traitement pour plus de tenue. Cela dit, DAN BYRNE s’en sort plutôt bien en restant toujours très positif dans les ambiances et en déployant une fougue sincère (« Saviour », « She’s The Devil », « Death Of Me », « Pulling The Under »). Convaincant !

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Americana Blues Rock Country-Rock

Steve Louw : another South

Si beaucoup ont tendance à considérer le Blues comme universel, il l’est probablement dans sa démarche et la profondeur de son message, mais il peut également se montrer tellement différent dans ses sonorités et son jeu. STEVE LOUW, depuis son Afrique du Sud, est de ces chanteurs, guitaristes et compositeurs, qui apportent une autre vision au style. Avec son nouvel effort, « Traces Of Flood », le musicien dévoile encore quelques surprises sur un groove unique, des atmosphères somptueuses et un indéfectible espoir comme fil conducteur.

STEVE LOUW

« Traces Of Flood »

(BFD Records/The Orchard)

Ancien leader de Big Sky, un groupe de légende chez lui, pendant près de 20 ans, STEVE LOUW est une figure emblématique dans son pays, tant il embrasse les styles avec une approche très personnelle. Rock, Blues Rock, Americana ou Country-Rock, rien ne lui résiste et même après 50 ans de carrière, on le retrouve toujours aussi sincère et d’une étonnante intemporalité. Avec « Traces Of Flood », son quatrième album en solo, il arpente, avec cette fraîcheur qui le caractérise, des registres parfaitement maîtrisés et même remaniés avec la particularité de sa voyageuse touche.

Car la musique de STEVE LOUW, si elle lui est très personnelle, ressemble aussi terriblement à son univers. En effet, le Blues Rock d’Afrique du Sud présente des similitudes avec celui qu’on peut entendre en Australie notamment, et se démarque ainsi des Etats-Unis et de l’Europe. Un petit souffle de fraîcheur dans une galaxie qui se ressemble trop souvent. Pourtant, à la production,, on retrouve son ami Kevin Shirley avec qui il travaille depuis le milieu des années 80, et qui œuvre aujourd’hui pour Joe Bonamassa, Robert Jon & The Wreck, Black Country Communion, …

Assez cinématographique dans l’approche, la grandeur majestueuse des paysages qui l’entourent doit être une belle source d’inspiration. STEVE LOUW nous emmène en ballade, bercée par sa voix de velours rassurante et enveloppante, et une guitare pleine de saveurs variées. Cette ampleur, on la retrouve forcément dans le son, tant le spectre est intelligemment travaillé. « Traces Of Flood » respire et survole des compositions très attachantes et entraînantes, dont le songwriter a le secret (« Tumbling Down », « Echo Dream », « Angeline », « CBGB Xmas » et le morceau-titre).

Photo : Jacqui van Staden

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Blues Rock

Philip Sayce : life on stage

Brute et généreuse, on n’en attendait pas moins de la seconde partie de « Scorched Earth », la série de ‘Live’ entamée il y a une décennie déjà par le Britannique et qui avait démarré au Canada, son pays d’adoption. Les concerts de PHILIP SAYCE font le plein à chaque passage et c’est cette intensité mêlée à la fougue du songwriter qui ressurgit sur ce « Volume 2 – Live in LA/London ». Car c’est sur les deux continents qu’il a sélectionné ces huit morceaux, où le six-cordiste fait parler la poudre grâce à une approche fougueuse de son instrument, mais aussi avec une voix qui traverse les émotions avec naturel.

PHILIP SAYCE

« Scorched Earth Volume 2 – Live In L.A./London »

(Atomic Gemini Records)

On n’osait plus y croire ! Dix ans après le ‘Volume 1’, PHILIP SAYCE offre donc une suite à « Scorched Earth » et l’ambiance est toujours aussi électrique. Si le premier volet avait été enregistré à Toronto au Canada où il réside, cette fois le musicien fait le grand écart entre Los Angeles et Londres, plus précisément au club ‘The Baked Potato’ de la Cité des Anges et au ‘Garage’ de la capitale anglaise. Et dans les deux cas, il faut bien avouer que le bluesman a littéralement retourné les lieux et les extraits proposés ici sont de la dynamite.

Avec sept albums au compteur, dont l’excellent « The Wolves Are Coming » sorti il y a deux ans, PHILIP SAYCE mène pourtant une carrière bien trop discrète au regard de son talent. Chanteur et guitariste, il distille un Blues Rock explosif, à la fois massif et virtuose. Et si ses enregistrements studios sont toujours pointilleux et plein de feeling, c’est bel et bien sur scène que sa musique prend tout son sens et que la puissance de son jeu change de dimension. Chargé d’émotion et incendiaire, « Scorched Earth » atteint encore des sommets.

Et pour sublimer le tout, le Gallois a fait appel au réputé Mark Rains pour le mastering, lequel a su révéler tout le relief et l’exceptionnelle prestation du groupe. Car pour l’accompagner, PHILIP SAYCE s’est entouré du bassiste Sam Bolle et du batteur Bryan Head : un power trio relevé qui fait corps et qui a régalé le public. Les versions de « Bitter Monday » et « Once » sont éblouissantes, celles de « Peace Machine » et de « Lady Love Divine » tout aussi incroyables, et le survitaminé « Spanish Castle Magic » de Jimi Hendrix confirme une filiation plus qu’évidente.

Photo : Robert Sutton

Retrouvez aussi la chronique de « The Wolves Are Coming » :

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Blues Rock

Guto Konrad : une jeunesse assurée

Chanteur, guitariste et compositeur, le musicien auriverde fait des débuts très prometteurs avec « Looking For Change », un premier effort qui en dit déjà long sur ses ambitions. Agile et puissant, le Blues Rock de GUTO KONRAD puise son énergie dans une époque qu’il n’a pourtant pas connu, ce qui ne l’empêche pas d’en maîtriser les moindres rouages. Avant de le découvrir cette année en Europe sur scène, c’est l’occasion de déjà se familiariser avec ses morceaux. Il signe en tout cas une belle entrée en matière.

GUTO KONRAD

« Looking For Change »

(Independant)

Lorsqu’on évoque le Brésil, on pense surtout Bossa Nova et Metal et beaucoup plus rarement Blues. Si le nom de Mario Rossi revient à l’occasion, il faut souhaiter que celui de GUTO KONRAD s’impose à son tour dans la sphère Blues Rock. A tout juste 23 ans, il se présente avec un premier album convaincant et déjà mature. Enregistré entre 2024 et 2025, « Looking For Change » est le reflet d’une nouvelle génération, qui commence à se faire entendre et qui affiche autant d’audace que de talent. Et lui non plus n’a pas froid aux yeux.

Malgré sa jeunesse, GUTO KONRAD canalise sa fougue grâce à un jeu surtout basé sur le feeling et les atmosphères et les tessitures, même si on devine sans mal que sa technique est déjà redoutable. Certes, ses références sont claires et se nichent autant dans un esprit 70’s que dans le côté indomptable d’un Stevie Ray Vaughan. Avec un son de guitare épais et chaleureux, GUTO KONRAD s’échappe même dans des ambiances psychédéliques tout en mouvement et guidées par des mélodies soignées et des arrangements délicats et précis.

Il y a forcément une certaine naïveté dans cette première réalisation. Et elle se traduit par une agréable approche guitaristique, qui le relie à Jimi Hendrix et son côté imprévisible et débridé. Quant à la production, son amplitude lui confère une saveur live et organique. GUTO KONRAD se livre sans fard et dès l’intro, une sensation de liberté émane de « Looking For Change ». Avec des compositions virevoltantes et appuyées, on se laisse vite happer par cet enthousiasme plein de vigueur (« Ain’t No Use », « Over And Over Again », « Hope » et le morceau-titre).

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Classic Hard Rock Hard Blues Southern Blues

John Corabi : personal way

Avec un premier effort fortement imprégné par les 70’s, mais avec un son très actuel, JOHN CORABI se livre avec authenticité sur ce qui constitue sa culture musicale. Et même si on n’avait aucun doute sur le bon goût du chanteur de The Dead Daisies, il faut reconnaître qu’il se dévoile aussi comme un redoutable songwriter. Solaire et sincère, il passe en revue des atmosphères plus Rock peut-être, plus Southern aussi et portées par un groupe cinq étoiles. En s’offrant même une reprise de Sly And The Family Stone et flirtant avec la Soul et le Blues, le musicien de Philadelphie se montre impérial.

JOHN CORABI

« New Day »

(Frontiers Music)

Marqué au fer rouge par son passage chez Mötley Crüe le temps d’un album éponyme en 1994, JOHN CORABI s’est aussi essayé à d’autres formations, mais celles-ci firent beaucoup moins de bruit que le remplacement de Vince Neil. Depuis, il a enfin récupéré sa place au sein de The Dead Daisies qui a, de nouveau, retrouvé toute sa splendeur. Avec « New Day », c’est en solo qu’il se présente avec un disque qui lui ressemble beaucoup et sur lequel il se fait plaisir entre Classic, Southern et Hard Rock avec une même aisance et surtout une voix puissante.

Enregistré l’été dernier à Nashville avec le fameux Marti Frederiksen (Aerosmith, Ozzy) aux manettes, JOHN CORABI livre un opus très personnel et chaleureux. A ses côtés, le gratin du genre œuvre avec lui, à savoir son producteur, Evan Frederiksen pour la rythmique et beaucoup d’autres instruments, Richard Fortus (Guns N’Roses) à la guitare, Paul Taylor (Winger, Steve Perry) aux claviers et Charlie Starr de Blackberry Smoke aux solos. Difficile d’aligner un plus beau line-up et le résultat est à la hauteur des attentes : époustouflant !

De sa déjà longue carrière, l’Américain semble avoir rassemblé tout ce qui le fait vibrer. Que ce soit sur des titres acoustiques sensibles et délicats, ou d’autres plus entraînants aux teintes bluesy, ou évoluant dans un Rock plus brut, le frontman sait absolument tout faire et sa classe naturelle fait le reste. JOHN CORABI garde aussi un œil dans le rétro en incluant « Cosi Bella (So Beautiful) » (2021) et « Your Own Worst Enemy » (2022), sortis tous deux en singles, aux côtés d’autres pépites (« New Day », « That Memory », « When I Was Young », « 1969 »). Incontournable !

Photo : Jeff Fasano

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Blues R&B Soul / Funk

Marc Broussard : bluesy bayou soul

Du Shuffle Blues en ballade délicate, tout en négociant des virages funky et cuivrés façon big band, le frontman de Louisiane s’est laissé entraîner pour la première fois de sa carrière dans l’aventure d’une réalisation entièrement Blues, ce qui ne lui était encore jamais arrivé. Avec la complicité de Joe Bonamassa notamment et d’un groupe hors-norme, il laisse parler son talent avec beaucoup d’intensité et une précision vocale exceptionnelle. Un chapitre inédit s’ouvre à lui.

MARC BROUSSARD

« Chance Worth Taking »

(KTBA Records)

Ayant déjà sorti une bonne douzaine d’albums, c’est pourtant une première pour le chanteur Soul R&B. Réputé pour la puissance et la chaleur de sa voix, celui qui apporte sa magie au Gospel n’a pu résister à la proposition de Calvin Turner. Ce dernier lui a tout simplement envoyé 15 titres instrumentaux, en lui demandant d’y poser ses mots. Sauf que cette fois, c’est dans un environnement Blues que MARC BROUSSARD navigue et c’est une évolution somme toute très naturelle vu son parcours. Et il est en très bonne compagnie… forcément !

Signé sur le label de Joe Bonamassa, on le retrouve également à ses côtés à la guitare, bien sûr, mais aussi à la production avec Josh Smith et Calvin Turner. Comme souvent, le virtuose livre une prestation exceptionnelle, loin d’être démonstrative et préférant des solos envoûtants, des parties de slide captivantes et des mélodies tout en finesse pour laisser jaillir le talent de MARC BROUSSARD. Accompagné de pointures, il a co-écrit dix chansons de « Chance Worth Taking » avec ses producteurs et Trombone Shorty, une autre légende.

Si les singles déjà sortis ont dévoilé plusieurs aspects de ce nouvel opus (« You’ll Be Sorry », « I’m Going Home », « Trying To Do Right », « Fever », « No More »), le maître de la ‘Bayou Soul’ se montre aussi très à l’aise dans son nouveau rôle de bluesman, même si les styles se rejoignent instinctivement. Poignant, énergique et funky à l’occasion, MARC BROUSSARD brille littéralement sur ce « Chance Worth Taking » aux ambiances variées et attachantes (« Blame », « Let Me Take You Out Tonight », « Sweet Love », « Laissez Les Bons Temps Rouler »). Epoustouflant !

Photo : Jeff Fasano

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Blues Blues Rock Contemporary Blues

Selwyn Birchwood : passion preacher

Familier des prestations enflammées, SELWYN BIRCHWOOD déclare pourtant avoir longtemps cherché sa voie. En s’émancipant de cette manière sur ce trépidant « Electric Swamp Funkin’ Blues », il rassemble tout ce qui le fait vibrer. De plus, le guitariste et chanteur s’est entouré de cuivres chaleureux, d’un orgue Hammond rassurant et de chœurs scintillants. Le songwriter colle au plus près de ce Blues bigarré et dynamique qu’il affectionne tant pour y plonger profondément. Positif et pointilleux, il libère une énergie communicative.

SELWYN BIRCHWOOD

« Electric Swamp Funkin’ Blues »

(Alligator Records)

Huitième album, cinquième chez Alligator Records et premier en tant que producteur pour SELWYN BIRCHWOOD, qui s’impose de plus en plus comme l’un des meilleurs bluesmen de sa génération. Produit par Tom Hambridge (Buddy Guy, Susan Tedeschi) sur ses deux précédentes réalisations, le Floridien a donc décidé de tout gérer seul et ça commence par l’écriture complète de ce génial « Electric Swamp Funkin’ Blues », dont le titre résume parfaitement l’état d’esprit de l’Américain et le contenu du disque. Entre modernité et un profond respect de la tradition.

Celui qui a remporté en 2013 l’International Blues Challenge et le prix Albert King du meilleur guitariste dans la foulée dévoile ici tout son talent avec sa fraîcheur habituelle et en étant toujours bien accompagné. Et les sept musiciens qui œuvrent à ses côtés sur ce nouvel opus sont aussi chevronnés qu’inspirés. Outre sa grande technicité, SELWYN BIRCHWOOD a particulièrement soigné le songwriting d’« Electric Swamp Funkin’ Blues », tout en s’attardant sur les moindres détails, à savoir des arrangements d’une grande finesse.

L’influence assumée du bayou sur son jeu, comme celle de Jimi Hendrix d’ailleurs, lui donne un aspect sauvage et insaisissable. Grâce à sa voix captivante, sa virtuosité et son incroyable approche de la lap-steel, SELWYN BIRCHWOOD est un artiste vraiment original, dont la touche personnelle est désormais immédiatement identifiable. Très varié dans les atmosphères et les registres empruntés, on se faufile avec délectation dans ces dix chansons qui sont autant de belles surprises (« All That Algorithm », « Talking Heads », « The Church Of Electric Swamp Funkin’ Blues »). Grand !

Photo : Laura Carbone

Retrouvez aussi la chronique de « Living In A Burning House » :