Fort d’une carrière exemplaire qu’il l’a vu passer chez Night Ranger, Trans-Siberian Orchestra, Revolution Saints ou Whitesnake, tout en œuvrant aussi sur les albums de Michael Sweet, Amy Lee ou Jeff Scott Soto, et en ayant également sorti trois disques instrumentaux en solo, JOEL HOEKSTRA’S 13 paraît cependant le projet le plus personnel de Joel Hoektra. Son implication est entière et le Hard Rock qu’il présente lui ressemble vraiment. Avec » From The Fade », le quatrième opus de ce projet, il prouve que le temps n’a aucune emprise et que l’inspiration demeure vivace.
JOEL HOEKSTRA’S 13
« From The Fade »
(Frontiers Music)
Alors que l’album qu’il a composé pour la jeune chanteuse de Boston, Austen Starr, vient tout juste de sortir, le guitariste et songwriter continue de faire l’actualité et fait son retour avec son projet solo, JOEL HOEKSTRA’S 13. Enfin, solo est une façon de parler, puisqu’il n’est pas seul du tout et il est même franchement très bien accompagné. Il a, en effet, monter un groupe de cadors et cela s’entend. Ce sont d’ailleurs les mêmes pointures présentes sur les trois précédents albums. Un line-up qui s’est solidifié et dont la complémentarité est une force ici encore.
Sans surprise donc, on retrouve Vinnie Appice derrière les fûts, Tony Franklin à la basse, Derek Sherinian aux claviers, Girish Pradham au chant et même Jeff Scott Soto en choriste de luxe. La formation a fière allure et ce JOEL HOEKSTRA’S 13 continue d’évoluer dans un Hard’n Heavy, ou Heavy Rock, qui lui va bien et qui résume bien les goûts et l’univers du musicien de l’Illinois. « From The Fade » est un album de Hard Rock assez classique, peu surprenant, mais l’interprétation suffit à elle seule pour passer un bon moment.
Mélodique et puissante, cette quatrième réalisation brille surtout par la virtuosité des musiciens, appuyée par une complicité évidente et très plaisante. En bon patron, le six-cordiste déclenche une avalanche de riffs bien sentis et au groove chaleureux. Côté solos, il ne fait pas tellement étalage de sa technique, malgré un talent rare et évident. C’est en groupe surtout que JOEL HOEKSTRA’S 13 brille et sait se montrer accrocheur et fidèle à une certaine vision du Hard Rock du siècle dernier, mais jouée avec fougue et beaucoup de modernité dans la production.
Photo : Mike Polito
Retrouvez les chroniques des deux derniers albums :
Difficile de ne pas se laisser embarquer par le Rock pétillant et costaud de ce rockeur venu du grand Nord. Depuis des décennies, MICHAEL MONROE perpétue une tradition née dans les années 80 à base de Sleaze Rock, de Hard Glam et d’un zeste Punk pour le décorum. Véritable légende en Finlande, il ne contente pas de faire durer le plaisir en quête du cacheton supplémentaire. Il fait le show, car c’est en lui et qu’il respire le Rock avec intensité et authenticité, elles-mêmes alimentées d’une spontanéité de chaque instant. « Outerstellar » résume assez bien une carrière certes chaotique, mais toujours honnête.
MICHAEL MONROE
« Outerstellar »
(Silver Lining Music)
Avec cette pochette, le frontman a-t-il voulu faire un clin d‘œil à celle de « Sensory Overdrive » sorti il y a 15 ans ? C’est fort possible si l’on prend en compte que son groupe a très peu bougé et que les fidèles Steve Combe (guitare) et Sami Yaffa (basse) sont toujours de la partie. Et puis, MICHAEL MONROE n’est pas homme à passer d’un registre à l’autre, d’autant qu’il confectionne son Sleazy Hard Glam depuis de longues années maintenant. Ainsi, pas de réelle surprise sur « Outerstellar », si ce n’est celle de retrouver cette voix unique et cette explosivité qui ne faiblit pas, bien au contraire.
Le finlandais ne triche pas et ce treizième album atteste de nouveau de son indéfectible sincérité. Entre Rock musclé et jet de paillettes, il n’a jamais choisi et ce savoureux mix, qu’il est à peu près le seul à offrir de si longtemps, fait toujours son petit effet. Son Hard Rock est toujours aussi Glam et son côté Punk finalement très apprêté. MICHAEL MONROE vit pour la scène et on retrouve cette même instantanéité sur ses disques, « Outerstellar » y compris bien sûr. Et l’atmosphère est encore une fois insouciante, colorée et délurée, comme figée dans le temps, un bon remède à une morosité ambiante bien sombre.
Très bien produit, le coup de poing arrive d’entrée de jeu avec le débridé « Rockin’ Horse », preuve que le chanteur conserve une énergie intacte. L’ensemble est concis, percutant, entraînant et d’une jeunesse éternelle (« Newtro Bombs », « Shinola »), MICHAEL MONROE se fiche du qu’en-dira-t-on, garde une attitude souvent irrévérencieuse, mais avec toujours une certaine classe (« Black Cadillac », « Paintless », « Disconnected », « Pushin’ Me Back » et le très surprenant « One More Sunrise » et ses sept minutes où il rayonne littéralement). « Outerstellar » s’inscrit parmi les meilleures réalisations de sa discographie.
Après dix ans d’activité et plusieurs changements de personnels, le désormais quatuor semble avoir trouvé la stabilité. En tout cas, c’est ce que laisse supposer « Square One », le deuxième album de la formation madrilène. Affichant une parfaite parité, elle passe sa première décennie avec sérénité et son Hard Rock, féroce et mélodique, a lui aussi trouvé un bel équilibre. Sur une production actuelle signée par son guitariste, les Espagnols gardent un pied dans un registre 80’s élancé et costaud. Puissant et accrocheur, ce nouvel opus s’offre aussi quelques saveurs Heavy que la polyvalence de sa frontwoman, Sele (Selene Perdiguero – NDR), met brillamment en lumière. Rencontre avec un chanteuse, qui incarne littéralement la force et la confiance qui unit le groupe.
– En 2020, RAVE IN FIRE a négocié un virage important avec les arrivées de Sara à la basse et la tienne, Selene, au chant, ce qui offre au groupe une parité totale. C’est un changement important. Etait-ce voulu, ou ne s’agit-il que d’un simple concours de circonstance ?
RAVE IN FIRE a eu un chanteur et un bassiste masculins par le passé, mais le groupe n’a jamais laissé le genre influencer le choix de ses membres. J’ai auditionné comme tout le monde et j’ai été sélectionnée. La décision reposait uniquement sur nos compétences et notre compatibilité. C’est pourquoi ils nous ont choisi Sara (Carretero, basse – NDR) et moi. Honnêtement, je suis vraiment fière de faire partie du groupe, non pas grâce au genre de qui que ce soit, mais parce que ce sont des musiciens exceptionnels et des personnes formidables.
– « Square One » est votre deuxième album et il marque aussi le départ de David Insua, votre ancien second guitariste. En évoluant à une seule guitare, l’objectif est-il de rééquilibrer le groupe et de gagner aussi peut-être en efficacité, car vous auriez pu lui trouver un remplaçant ?
Cette opinion est controversée. Mais nous y croyons fermement car, de nos jours, peu de groupes ont réellement besoin de deux guitares. Sur scène, elles passent 80% du temps à faire la même chose, ce qui brouille le son, surtout dans les petites salles. Pour qu’un groupe ait besoin de deux guitares, il faut qu’elles aient un son très clair et se complètent parfaitement. Rares sont les groupes qui y parviennent aujourd’hui. De plus, nous sommes un quatuor d’amis. Certains d’entre nous se connaissent depuis plus de dix ans. Il existe donc un lien fort entre nous et on se comprend très bien. Par ailleurs, le fait que Jonjo (Negrete – NDR) soit le seul guitariste lui a permis, à mon avis, de s’exprimer librement et de révéler sa facette la plus personnelle.
– Si « Square One » s’inscrit dans la continuité de « Sons Of A Lie » sorti en 2022, il est aussi plus mélodique, plus Hard Rock que Heavy Metal, et il distille quelques touches proches de l’AOR. RAVE IN FIRE a également gagné en dynamisme. Est-ce pour être au plus près de ta couleur vocale, ou est-ce quelque chose de mûrement réfléchi ?
Honnêtement, ce n’était pas prévu. On a simplement suivi les idées qui nous venaient. Je pense que « Square One » est le fruit de la passion de quatre mélomanes qui, pendant leur temps libre, aiment écouter toutes sortes de musique et cela se ressent naturellement dans le résultat final.
– Par ailleurs, RAVE IN FIRE affiche toujours une saveur très 80’s et renvoie à des albums de Lita Ford ou de Chastain avec Leather Leone. Ça, c’est l’aspect américain de ce qui ressort, mais vous vous revendiquez aussi légitimement de la scène espagnole. Quelles sont vos principales références, et surtout est-ce que cela se joue surtout dans l’approche plus que dans le son ?
Musicalement, nous nous sommes inspirés de groupes de Heavy Metal espagnols vétérans comme Barón Rojo et Obús, mais aussi de groupes locaux plus récents comme Witchtower, Leather Heart, Steelhorse ou Hitten.
– Il y a aussi quelque chose de sensuel dans la musique de RAVE IN FIRE, et pas seulement dans le chant, qui dénote du Metal Old School et même de certains groupes entièrement féminins. Comment faites-vous cet équilibre et est-ce aussi une façon de vous démarquer ?
Nous faisons de la musique, parce que nous y prenons plaisir et nous essayons de créer quelque chose qui nous touche profondément et qui vient du plus profond de nous-mêmes. Nous cherchons toujours à exprimer nos émotions tout en essayant de créer un lien avec le public. Aujourd’hui, avec la profusion de musique disponible, on ne cherche pas à plaire à tout le monde. Nous le faisons pour le simple plaisir, sans prétention. Et si nous plaisons, le plus important est que ce soit pour ce que nous sommes.
– Ce qu’il y a aussi de remarquable chez RAVE IN FIRE, c’est cette complicité, voire l’osmose, entre la batterie, les riffs et même les solos de guitare. Est-ce parce que ce sont les deux fondateurs du groupe, ou est-ce quelque chose qui est travaillé assidûment ?
Jonjo et Jimi (Jaime Susanna, batterie – NDR) sont sans aucun doute d’excellents musiciens, qui travaillent sans relâche. Mais je crois aussi que leur amitié contribue à créer cette synergie et cette compréhension mutuelle. S’ils n’étaient que musiciens dans le même groupe, ils accompliraient déjà des choses extraordinaires. Mais lorsqu’on se sent à l’aise dans un environnement créatif, on donne naturellement le meilleur de soi-même. Cela dit, rien de tout cela ne serait possible sans technique et professionnalisme. De manière générale, nous nous comprenons tous très bien musicalement.
– Vous avez aussi la particularité de vous occuper vous-mêmes de l’enregistrement et du processus de production et c’est votre guitariste, également principal compositeur, qui gère l’ensemble. En quoi est-ce important pour vous ? C’est une façon de garantir l’identité sonore du groupe ?
Concernant le mastering et la production, nous avons une confiance absolue en Jonjo. Il a passé de nombreuses années à apprendre non seulement à produire, mais aussi à comprendre le son qu’il recherche et que nous souhaitons tous les quatre obtenir. Cela nous permet de maîtriser notre travail et nous sommes ravis du résultat. Pour moi, c’est inestimable. Quant à la composition, Jonjo est effectivement le compositeur principal. Lors du processus de création, il propose généralement des idées, qui partent souvent de riffs plus ou moins structurés, que nous développons ensuite ensemble. Cela dit, nous restons ouverts à d’autres méthodes. Certaines chansons, par exemple, sont nées de paroles et de mélodies vocales créées par d’autres membres du groupe. J’ai d’ailleurs écrit la plupart des paroles de l’album, à l’exception de la chanson « Square One », écrite par Jimi.
– Enfin, « Square One » marque aussi votre arrivée chez High Roller Records. Est-ce une manière aussi pour vous de vous émanciper de la scène espagnole et de viser des scènes européennes plus importantes ?
Nous n’avons jamais souhaité nous couper de la scène musicale espagnole. Nous adorons jouer dans notre pays et partager ces moments avec nos amis et d’autres musiciens que nos apprécions. Par ailleurs, nous aimerions toucher un public plus large et jouer ailleurs. High Roller Records nous offre l’opportunité de faire connaître notre musique en Europe. Nous souhaitons revivre l’expérience vécue au festival de Trvheim en Allemagne. Voyager et jouer à l’(Negrete, guitare – NDR)étranger serait un véritable rêve, qui se réaliserait pour nous.
Le nouvel album de RAVE IN FIRE, « Square One », est disponible chez High Roller Records.
Implacable, rebelle et irrésistiblement positive, la formation de Sydney est allée puiser son énergie dans le tréfonds des endroits les plus malfamés de sa ville. Digne héritier d’une tradition Pub Rock unique en son genre, AVALANCHE sort son premier effort avec tellement d’insouciance qu’on se laisse prendre au jeu de cette ambiance délurée. « Armed To The Teeth » porte bien son titre, tant il en a sous le capot. Enregistré presque entièrement en condition live, on imagine sans mal le quatuor haranguant la foule. Un vrai souffle de liberté…
AVALANCHE
« Armed To The Teeth »
(MGM)
Si cet album aurait pu avoir été enregistré il y a 30, 40 ou même 50 ans, c’est qu’il a vraiment une résonance familière avec son Rock percutant et fédérateur. Et comme nous sommes en Australie, le Hard Rock d’AVALANCHE porte un nom : le Pub Rock, incarné depuis des décennies par AC/DC et Rose Tattoo et plus récemment par Airbourne notamment. Sans fioriture, direct et efficace, « Armed To The Teeth » affiche également une belle production signée Steve James (The Angels, The Screaming Jets), qui a parfaitement su restituer l’intensité et la fougue du combo.
Et le moins que l’on puisse dire est qu’il y a de électricité dans l’air. Assis sur la caisse de dynamite, on retrouve Veronica et Steve Campbell, unis à la scène comme à la ville, respectivement lead guitariste et bassiste/chanteur. Ces deux-là sont sans limite et, soutenu par Blake Poulton à la guitare rythmique et le cogneur Bon Lowe, ils sont la colonne vertébrale de cette incontrôlable AVALANCHE. « Armed To The Teeth » est rugueux, spontané et sent bon les regrettés bars enfumés aux effluves de bière, jadis si Rock’n’Roll et authentiques.
S’ils ne renouvellent pas vraiment le genre, on peut affirmer que nos quatre rockeurs renversent quelques tables. Sans artifice, l’album a une saveur toute adolescente et on est prêt à les suivre jusqu’au bout de la nuit. Survolté, le frontman semble nous faire une soirée diapo sur fond de souvenirs de jeunesse pour le moins déjantés (« On The Bags Again », « Dad, I Joined A Rock’n’Roll Band », « Ride Or Die », « Kick Your Heels Back », « Hell’s Getting Hotter With You », « Bottle Of Sin » et le morceau-titre bien sûr). AVALANCHE est là pour botter des cul et afficher des sourires !
Spontanée et rebelle, AUSTEN STARR montre beaucoup d’assurance sur ce « I Am The Enemy » avec lequel elle fait son entrée sur la scène Rock. Originaire du Massachusetts, la frontwoman affiche déjà une forte personnalité. Il faut dire que le groupe taillé sur mesure qui l’accompagne a de quoi rassurer. Mais elle n’a pas froid aux yeux et, dans la veine d’autres consœurs de la même génération, elle se livre avec enthousiasme et sans retenue sur une belle partition.
AUSTEN STARR
« I Am The Enemy »
(Frontiers Music)
Nouvelle venue sur la la scène Rock/Hard Rock, l’Américaine possède déjà de beaux atouts en main, à commencer par la confiance accordée par son label. Celui-ci lui a mis à disposition quelques cadors triés sur le volet pour élaborer « I Am The Enemy ». A ses côtés, Joel Hoekstra (Whitesnake, Revolution saints, …) a co-écrit les chansons, s’est chargé bien sûr des guitares et a même produit l’album. Autant dire qu’avec un partenaire de cette trempe, AUSTEN STARR se donne toutes les chances pour faire des débuts très remarqués.
Et ce n’est pas tout ! Car, si le virtuose a composé les musiques sur les textes de la chanteuse, le reste du combo a de quoi faire quelques envieux. A la basse, à la batterie et au mixage, c’est Chris Collier (Korn, Lita Ford, …) qui assène de belles rythmiques, tandis que Steve Ferlazzo (Avril Lavigne, Hugo’s Voyage) est aux claviers et Chloe Lowery (Trans-Siberian Orchestra) assure les chœurs. AUSTEN STARR ne pouvait rêver mieux pour mettre en lumière et en relief ses premiers morceaux. Alors, bien sûr, « I Am The Enemy » fait plus que tenir la route.
Musicalement, ce premier opus est bâti sur un Modern Rock percutant tirant sur le Hard Rock (Joel Hoekstra n’y est pas pour rien!). L’artiste de Boston affiche une proximité avec Diamante, The Warning, Halestorm par moments, ou encore avec sa collègue Cassidy Paris, également chez Frontiers Music. Même s’il reste encore quelques approximations vocales et un manque d’expérience normal, AUSTEN STARR est solide et audacieuse et son premier effort révèle de bons titres (« Remain Unseen », « Medusa », « Get Out Alive », « Not This Life » et le morceau-titre).
Familiarisés avec le format EP qui semble bien leur convenir, les Australiens ont une vision très claire de leur musique et de ce qu’elle doit apporter. Chaque titre du quintet est d’une précision absolue, tant dans leur structure que dans cet équilibre qui fait que chacune d’elles vibre à l’unisson. Avec un côté très 90’s dans l’approche, STONETRIP offre une vision du Hard Rock de son île-continent bien différente de ceux qui ont percé jusqu’en Europe. Percutant et mélodique, « The Fight » nous transporte avec force et émotion dans les grands espaces de son pays avec une touche très british. La formation de Melbourne devient très vite addictive, tant le songwriting est ici élevé au rang d’art. Riffs accrocheurs, rythmique solide, chant puissant soutenu par des chœurs envoûtants, le combo avance avec l’assurance d’une intemporalité maîtrisée et un savoir-faire irréprochable. Rencontre avec un groupe d’une classe évidente sur qui le temps paraît glisser.
– On vous a découvert en 2021 avec un premier EP déjà très mature, accrocheur et solide. A l’époque, le sentiment que vous donniez était que vous étiez vraiment un groupe de scène. Aviez-vous beaucoup enchaîné les concerts avant d’entrer en studio ?
Absolument. STONETRIP a été conçu avant tout comme un groupe de scène. Avant d’entrer en studio, nous avons passé beaucoup de temps en concert, à peaufiner les arrangements et à laisser les morceaux évoluer naturellement. Cette expérience a façonné l’EP. Nous savions déjà ce qui fonctionnait, ce qui touchait le public et où chaque morceau avait besoin de respirer. L’enregistrement ne consistait pas à faire des démos, mais à capturer l’essence d’un groupe qui savait déjà qui il était.
– J’imagine que cet EP vous avait ouvert des portes, car deux ans plus tard, vous sortiez votre premier album « Run Free ». Pourtant, on y retrouve les morceaux de « Stonetrip ». Pour quelles raisons n’aviez-vous pas enregistré un disque totalement inédit ?
Ces chansons avaient encore du potentiel. Elles suscitaient un vif intérêt en concert et gagnaient en popularité sur les plateformes de streaming, et nous pensions qu’elles méritaient une plus grande visibilité et un écrin plus cohérent. « Run Free » n’était pas un nouveau départ, mais la consolidation de ce premier chapitre et sa présentation comme un aboutissement. Pour nous, il était logique de capitaliser sur cette dynamique plutôt que d’abandonner des chansons qui représentaient encore notre identité.
– STONETRIP revient d’ailleurs aujourd’hui avec « The Fight », qui est encore un EP. On aurait pu vous attendre avec un album complet. Est-ce une question de budget d’enregistrement, ou plus simplement un format qui vous convient et aussi une façon d’avoir une actualité après trois ans sans disque ?
L’important, c’est la concentration, pas le budget. Le format EP nous permet de sortir des morceaux percutants, sans remplissage, et de rester créatifs. « The Fight » est un projet très réfléchi : chaque titre a sa place. On ne voulait pas se précipiter sur un album complet juste pour le plaisir. Cet EP reflète où en est le groupe actuellement, musicalement et émotionnellement, et c’était le moyen idéal de renouer après une longue pause. Et oui, un album complet est bel et bien en préparation.
– L’omniprésence des plateformes vous y ont-elles aussi conduit ? A moins que vous ne favorisiez d’abord les concerts ? Et puis, la scène est aussi ce qu’il y a de plus révélateur pour un groupe à travers notamment la connexion avec les fans…
Le streaming a indéniablement transformé notre façon de consommer la musique, mais les concerts restent notre priorité. C’est sur scène que STONETRIP prend toute son ampleur. Ce contact direct avec le public est essentiel : on ne peut pas le simuler, ni se cacher derrière une mise en scène. Le streaming permet de nous faire découvrir, mais le véritable lien se tisse face à face, chanson après chanson, soir après soir.
– Musicalement, STONETRIP dénote un peu de la scène australienne que l’on connaît ici en Europe, qui nous a plus habitué à un Hard Rock brut et direct, façon Pub Rock. Est-ce justement pour vous démarquer que vous empruntez une voie plus mélodique et plus affinée, car votre jeu est plus limpide et précis ?
Nous n’avons jamais cherché à créer un contraste délibéré, mais la mélodie a toujours été au cœur de notre écriture. Nous aimons la clarté, les mélodies accrocheuses et le dynamisme. Notre musique conserve sa puissance et son intensité, mais elles sont contrebalancées par une structure et une atmosphère soignées. C’est tout simplement ainsi que nos influences et notre instinct se rejoignent : c’est authentique, plutôt que calculé.
– D’ailleurs, c’est assez surprenant de voir que STONETRIP semble plutôt avoir des références anglaises dans le son et dans l’approche du songwriting aussi, à l’instar de Def Leppard, par exemple. Cependant, vous conservez cette énergie et cette vélocité qui évoquent les grands espaces. Est-ce finalement ça votre touche australienne ?
C’est une façon juste de le dire. Nous sommes influencés par la musique britannique classique et ses harmonies, mais nous les interprétons à travers un prisme australien : un sentiment de mouvement, de liberté et d’ouverture. Il y a quelque chose dans la distance, l’espace et la culture de la route ici, qui nourrit naturellement l’énergie de notre musique. C’est probablement de là que vient cet équilibre.
– Ce qui est remarquable entre « Run Free » et « The Fight », c’est une production assez similaire et un son très identifiable, grâce à de belles et incisives guitares et un chant personnel et puissant. Est-ce que c’est une espèce de quête d’intemporalité, qui guide STONETRIP depuis le début ?
Oui, l’intemporalité a toujours été importante pour nous. Nous voulons des morceaux qui restent pertinents des années plus tard, pas quelque chose d’éphémère, figé dans une mode passagère. La constance du son et de la production contribue à forger notre identité. Quand on écoute un morceau de STONETRIP, on veut que ce soit immédiatement reconnaissable.
– Enfin, il y a ce son très 90’s qui caractérise en partie STONETRIP, tout en affichant une touche très actuelle. On vous sent un peu imperméables aux modes, est-ce le cas ?
Nous respectons les tendances, mais nous ne les suivons pas. L’influence des années 90 vient d’une époque où les chansons avaient le temps de s’épanouir et où les groupes privilégiaient le fond. Ce qui nous intéresse, c’est la pérennité, pas les algorithmes. Si la musique est authentique et puissante, elle trouvera toujours son public.
Autoproduit, le nouvel EP de STONETRIP, « The Fight », est disponible chez Golden Robot Records.
Ayant bien digéré les classiques du Hard Rock comme du Heavy Metal, le quintet germanique s’est bâti en quelques années maintenant un Heavy Rock moderne et compact, qui laisse parler le groove tout en restant dense et racé. Avec une frontwoman qui a presque changé de dimension, FIREBORN passe le cap du deuxième album avec beaucoup d’assurance et surtout de la suite dans les idées. « Dreamcatcher » regorge d’énergie, ne manque pas d’impact et donne un signal évident sur l’ambition du combo.
FIREBORN
« Dreamcatcher »
(El Puerto Records)
Lorsqu’un groupe sort une très bonne première réalisation, c’est toujours intéressant de voir son évolution et surtout de pouvoir constater que le potentiel entrevu tient toutes ses promesses par la suite. Et c’est le cas avec FIREBORN, qui avait signé des débuts remarquables en 2023 avec « Reflections ». Après un changement de label qui ne semble pas les avoir perturber, les Allemands confirment leur élan avec « Dreamcatcher », qui montre d’ailleurs une progression. Ils y affirment autant leur style que leur identité musicale.
Mélodique, accrocheur et costaud, le Hard’n Heavy du combo se fait encore plus ferme sur ce deuxième opus, à grand renfort de riffs tranchants, de solos bien aiguisés et surtout avec un chant qui a gagné en puissance, en profondeur et en maturité. Jenny Gruber s’affirme ici comme une chanteuse de haut vol, capable de se transcender sur des morceaux massifs, mais qui sait aussi se faire plus délicate à l’occasion. La chanteuse guide FIREBORN avec talent en affichant un héritage vocal classique qu’elle met parfaitement au goût du jour.
Avec une production qui est encore montée d’un cran en termes de clarté, de force et d’équilibre, « Dreamcatcher » alterne les titres véloces avec des mid-tempos tout aussi intenses (« Little Wanderer », « Crisis Of Youth »). Très maîtrisé et efficace, ce nouvel effort brille aussi par des refrains fédérateurs, qui restent féroces sans tomber dans la facilité pour autant (« Dancing With The Villain », « Set The World On Fire », « Point Of No Return », « Pull The Trigger », « Flashlight » et le morceau-titre. FIREBORN s’impose avec fermeté et avec la manière.
A l’inverse du fameux G3, auquel d’ailleurs Patrick Rondat a participé, GUITAR NIGHT PROJECT se veut plus comme une formation où chacun s’immisce dans les morceaux de l’autre, et parfois même tous ensemble. Loin aussi d’être une simple jam, le concept mélange avec beaucoup de cohérence des mondes musicaux différents, éclaté entre le Blues, le Hard Rock et le Prog Metal. Ainsi, Pat O’May et Fred Chapellier complètent ce beau line-up et « Live Access » est de ces albums live qui nous font revivre une soirée, où la guitare est à l’honneur pour le bonheur des spécialistes comme des amateurs amoureux de belles six-cordes.
GUITAR NIGHT PROJECT
« Live Access »
(Verycords)
Quand trois de nos plus fins limiers décident de s’accorder sur un même projet et qu’ils le font dans un esprit de partage et d’amitié, il ne peut qu’en ressortir un résultat à la hauteur des attentes. D’ailleurs, GUITAR NIGHT PROJECT a déjà écumé quelques scènes et c’est justement l’une de ce soirées que le trio propose avec « Live Access ». Sans tirer la corde à soi, ni en se noyant dans des démonstrations techniques, Patrick Rondat, Pat O’May et Fred Chapellier se sont entendus sur une setlist originale autour de leurs propres compositions et de quelques belles reprises.
Au-delà des affinités de nos trois virtuoses, c’est aussi intéressant de voir à l’œuvre leur complicité, alors qu’ils viennent a priori d’horizons musicaux différents. Et le constat est simple, rapide et sans appel, il règne une réelle osmose entre eux. Et forcément, avec des instrumentistes de ce calibre, « Live Access » est surtout constitué de morceaux instrumentaux, à l’exception de « Break Out », « It Never Comes Easy », « Far From Her Land » et « Over The Hills And Far Away », extraits des répertoires de Pat O’May et de Fred Chapellier et avec le concours de Patrick Rondat, bien sûr.
Et si leurs univers respectifs semblent assez éloignés, le Blues Rock de Fred Chapellier fait cause commune avec le Hard Rock celtisant de Pat O’May et l’aspect plus atmosphérique, progressif, Metal et shred de Patrick Rondat. D’ailleurs, GUITAR NIGHT PROJECT s’ouvre avec l’emblématique « Mindscape » de ce dernier. En trio, duo ou seul aux commandes, le line-up évolue tout au long du disque et garde cependant une belle unité. A noter les deux phénoménaux hommages à Gary Moore (« Gary’s Gone ») et Alan Stivell (« Alan The Brave »), Un crossover de grande classe !
Retrouvez l’interview de Patrick Rondat à l’occasion de son dernier album, « Escape From Shadows »…
C’est un envoûtement, un rituel, une sorte de tornade mêlée de Hard Rock et Doom Metal dans des atmosphères occultes que propose RITUAL ARCANA sur son premier album éponyme. Le power trio américain se présente avec un line-up cinq étoiles, où chacun apporte sa pierre à un édifice solide et maléfique. Issus de The Obsessed et Saint Vitus notamment pour son guitariste, Scott ‘Wino’ Weinrich, de The Black Lips pour son rugueux batteur Oakley Munson, de Moth pour sa frontwoman et bassiste, ces musiciens se sont naturellement retrouvés autour d’un registre, où leur empreinte se fait déjà sentir. Sombre mais entraînant, « Ritual Arcana » captive autant par son univers un brin lugubre que par cette production brute et authentique, qui traverse ce premier effort dans un élan obsédant. SharLee LuckyFree, dont la voix stellaire illumine la formation, revient sur la magie qui opère avec ses partenaires.
– Tout d’abord, vous êtes trois fortes personnalités reconnues dans l’univers du Metal et du Rock et j’imagine que vos chemins ont déjà du se croiser avant la formation du groupe. Quand RITUAL ARCANA est-il né dans vos esprits ? Quel a été le déclic ?
L’idée de RITUAL ARCANA a commencé à germer dans mon esprit lors d’une tournée européenne avec The Obsessed il y a environ trois ans. Lors d’une longue promenade en solitaire, j’ai réalisé qu’il était temps d’acheter une nouvelle basse. Mais le destin a voulu que je retrouve ma Gibson EB0 de 1967 à notre retour. Parallèlement, j’écrivais beaucoup de poésie sur la route. De retour, je me suis concentrée sur l’écriture de chansons et j’en ai composé onze, dont j’ai enregistré les démos. Neuf se sont retrouvées sur l’album, les deux autres étant des bonus. Wino (Scott ‘Wino’ Weinrich – NDR) a adoré les morceaux ! Ce qui compte beaucoup pour moi, car c’est mon musicien préféré et un auditeur très attentif. Il a donc accepté de rejoindre le groupe et a considérablement enrichi les chansons en y ajoutant ses guitares. Il a également composé un morceau intitulé « Occluded ». Dès que nous avons commencé à jammer avec Oakley (Munson – NDR) à la batterie, tout s’est mis en place. Et oui, en effet, nos chemins s’étaient croisés bien avant la formation du groupe. J’avais vu Wino jouer en concert à de nombreuses reprises, que ce soit avec The Obsessed, Saint Vitus, Shrinebuilder, Acoustic, etc… et j’étais une grande fan de sa musique. Finalement, lors d’un concert d’Obsessed à Washington en 2018, nous nous sommes rencontrés et cela a été le coup de foudre. Nous sommes mariés depuis plusieurs années.
– Est-ce que l’idée d’associer Hard Rock et Doom Metal dans un esprit Heavy Rock occulte vous a immédiatement paru évident, car vos parcours respectifs semblaient aussi tout indiqués ?
L’écriture des chansons s’est faite très naturellement, sans se soucier du genre. Je pense que nous nous exprimons simplement dans l’univers du Hard Rock/Doom Metal, parce que c’est ce que nous sommes.
– RITUAL ARCANA est véritablement un super trio et on imagine même pas le groupe avec un membre supplémentaire, Est-ce que ce line-up et sa formule power trio est celui que vous attendiez tous les trois et quelles sont les possibilités d’une telle formation qui vous ont tout de suite sauté aux yeux ?
Je me sens vraiment privilégiée de jouer avec Wino et Oakley. Je savais seulement que j’avais plein de chansons prêtes à prendre vie, qui mûrissaient en moi. Ma première passion a toujours été le Rock’n’Roll, et jouer et écrire des chansons sont pour moi les formes de guérison et de catharsis les plus puissantes que je connaisse. Et ce qui est génial, c’est que c’est aussi très amusant. Je me sens toujours mieux après avoir joué. Et quand j’ai besoin d’exprimer des émotions, je trouve qu’écrire une chanson est le meilleur moyen de les intégrer et de transfigurer les énergies négatives. Nous avons tous les trois une alchimie très spéciale, et lorsque nous unissons nos forces, nous ouvrons un portail vers une énergie encore plus grande. La magie de la musique !
– Vu vos antécédents, les idées ont du fuzzer assez rapidement et ce premier album témoigne parfaitement de la créativité à l’œuvre dans le groupe. Justement, comment sont nés ces morceaux, et êtes-vous tous les trois portés par la même impulsion, que ce soit au niveau des textes comme de la musique ?
Comme je te le disais, je suis la principale compositrice du groupe, même si Wino y contribue également. Nous travaillons toujours ensemble sur les morceaux. Quant à cet album, je l’ai écrit sur une période d’environ un an, inspirée par une grande variété d’impulsions, d’intérêts et d’expériences : du bonheur au chagrin, de l’aventure à la mélancolie, la vie elle-même et le surnaturel.
– RITUAL ARCANA possède un coté magnétique et sombre, qui s’inscrit brillamment dans l’univers de l’occulte et cette voix pleine d’autorité t’offre un rôle de grande prêtresse. Vous êtes-vous penché sur un concept précis avant l’écriture de l’album, ou l’inspiration est-elle venue au fur et à mesure ?
L’inspiration m’est venue de mon vécu et les sujets abordés reflètent ce qui me passionne au quotidien. Les thèmes de l’album ne se limitent donc pas à des concepts musicaux, mais s’appuient sur l’expérience, l’émotion et des convictions profondes. Je crois en la magie, au pouvoir du son, à sa capacité à guérir et à élever les âmes, ou, dans le cas d’émotions plus sombres ou plus intenses, à transfigurer. Au-delà de sa contribution à l’écriture des chansons et, bien sûr, de son jeu de guitare, Wino est mon mentor musical, et peut-être mon ‘détraqueur’ aussi ! (Rires) Il m’a énormément aidé à progresser en tant que bassiste et chanteuse.
– Grâce à un Hard Rock surnaturel et intemporel, on pense bien sûr à vos anciennes (et actuelles) formations, Il y a quelque chose d’inquiétant, de frénétique et aussi de sublime dans le jeu et le son de RITUAL ARCANA. On vous sent à la fois possédés et tout en maîtrise. La production est aussi brute et organique pour un résultat authentique. Est-ce une musique que l’on doit vivre pour la jouer si intensément ?
Merci beaucoup. Et effet, l’expérience directe est absolument essentielle. Cette musique n’est pas faite pour tout le monde, seulement pour ceux qui la ressentent, notre tribu Rock’n’Roll. Ce rituel sonore est une invitation à la libération, et il n’y a pas de meilleur moment qu’à l’heure actuelle.
– L’épaisseur des riffs et ce groove infaillible rendent RITUAL ARCANA captivant à plus d’un titre et il règne une grande liberté sur l’album. On a le sentiment que vous ne vous êtes posés aucune limite en studio. Comment était l’ambiance entre vous à ce moment-là ?
Nous avons passé un super moment en studio, et c’était un vrai plaisir de travailler avec Frank Marchand derrière la console. L’album était déjà terminé et enregistré sur démo, mais c’est vraiment en studio qu’il a pris vie. L’ambiance était géniale : nous étions tous ensemble dans le Maryland, et c’était un bonheur de vivre et de respirer les chansons tous les trois pendant tout ce temps.
– Enfin, avec un tel casting et un tel album, on ne peut qu’espérer que RITUAL ARCANA ne soit pas un one-shot. Y a-t-il des concerts déjà prévus et peut-être même déjà l’idée d’une suite à « Ritual Arcana » dans un coin de vos têtes ?
Oui, nous venons tout juste de commencer les concerts ! C’est une courte tournée américaine, mais nous serons dans le New Hampshire, à New-York, à Philadelphie, à Washington D.C., en Caroline du Nord, à Atlanta, dans le Kentucky et dans l’Ohio. Et c’est vrai que nous commençons déjà à travailler sur notre prochain album. Enfin, merci beaucoup pour le temps que tu nous a accordé et aussi d’avoir écouté l’album. Et nous serions ravis de venir en France le moment venu. On vous embrasse !
L’album éponyme de RITUAL ARCANA est disponible chez Heavy Psych Sounds.
Toujours très affûtés, les Scandinaves donnent enfin une suite à « Automatic Thrill », sorti en… 2004 ! S’ils ont repris les concerts depuis un petit moment, rien ne vaut un nouvel opus pour rassurer tout le monde et partir sur de nouvelles bases. Tendus et acérés, les riffs sont toujours un atout majeur, tout comme la voix de leur inamovible chanteur. GLUECIFER n’a pas changé de recette, mais y intègre des éléments actuels et font rugir son Hard Rock à l’humeur très Garage et direct.
GLUECIFER
« Same Drug New High »
(Steamhammer/SPV)
Après une grosse dizaine d’années d’activité, entre 1994 et 2004 précisément, le quintet a pourtant mis fin à une belle aventure. Une chose assez inattendue compte tenu de la notoriété enfin acquise par les Norvégiens à l’époque. Autour d’une fan-base solide, GLUECIFER retrouve ensuite la scène en 2018 et, forcément, l’idée d’enregistrer un huitième album n’a pas mis longtemps à germer. Loin d’être usés, les cinq rockeurs remettent le couvert avec l’explosivité de leurs débuts et une fièvre qui ne les a jamais quitté. Une belle continuité.
Souvent comparé à ses voisins suédois des Hellacopters avec un côté underground plus prononcé, la filiation avec Danko Jones semble pourtant plus évidente. Mais peu importe, car GLUECIFER possède une véritable identité et ce bel édifice est garanti par la solidité de son frontman Biff Malibu et de son guitariste Captain Poon, moteurs indéfectibles du combo. « Same Drug New High » vient donc sonner la fin d’une disette discographique interminable de 24 ans et son énergie phénoménale, un brin Punk, n’a pas pris la moindre ride.
Non que le groupe ait gagné en maturité, elle est acquise de longue date, mais on peut noter tout de même un élan aussi vif qu’assuré. GLUECIFER ne se cherche pas, il avance avec la force et la conviction de vieux baroudeurs célébrant avec le même appétit une envie irrésistible d’un Hard Rock brut et sans fioriture (« The Idiot », « Armadas », « The Score », « 1996 », « On The Wire » et le morceau-titre). Un retour carrément fracassant pour une formation, qui semble n’avoir jamais lâché les reines et qui transpire le Rock’n’Roll.