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Hard'n Heavy

Bonfire : incandescent

De l’autre côté du Rhin, BONFIRE retrouve sa vigueur et sa créativité d’antan. Après quelques problèmes de santé, son leader Hans Ziller renoue avec l’inspiration en arborant un ardent Hard Rock très Heavy. Hyper-affûtés, les cinq musiciens créent la sensation grâce à une intensité constante et s’autorisent même une bonne reprise du « Rock’n’Roll Survivors » de leur précédent disque avec panache et dans des circonstances appropriées. « High Ground » est solide, vif et massif.

BONFIRE

« Higher Ground »

(Frontiers Music)

Depuis plus de quatre décennies, BONFIRE est une institution du Hard Rock et du Heavy Metal allemand aux côtés de Scorpions ert Accept notamment. Même s’il n’a pas connu autant de succès et la même reconnaissance que ses compatriotes, il n’en demeure pas moins un groupe incontournable de la scène germanique et européenne. Pour son 18ème album studio, le quintet fait son arrivée chez Frontiers Music en livrant l’une de ses réalisations les plus enthousiasmantes avec ce virulent « Higher Ground ».

Toujours guidé par son guitariste et compositeur Hans Ziller, BONFIRE donne une suite musclée à « Fistful Of Fire », qui fut comme un nouveau départ il y a cinq ans. Aux côtés de Dyan Mair (chant), Frank Pané (guitare), Ronnie Parkes (basse) et Fabio Alessandrini (batterie), le six-cordiste ouvre la voie et avec un tel line-up, la machine est bien huilée. Dans un Hard’n Heavy qui tire même sur le Power Metal, le combo ose bouleverser ses vieilles habitudes et s’il se fait souvent sombre, il reste captivant.

C’est vrai que le BONFIRE des années 80, sa période faste, est à mille lieux de ce que propose « Higher Ground ». Hans Ziller envoie des riffs racés et fracassants et son entente avec Frank Pané est étincelante, tout comme la rythmique très resserrée qui avance sur un groove impressionnant (« I Will Rise », « Lost All Control », « I Died Tonight », « Fallin’ » et le morceau-titre). Agressif et très Heavy, cette nouvelle réalisation fait plaisir à entendre et remet aussi la formation au centre de l’échiquier. Costaud et intense.

Photo : Frank Kollbi

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Heavy metal International

Wings Of Steel : French flight [Interview]

Si le Heavy metal a la faculté de réunir les gens, il a aussi celle de faire se rapprocher les continents. Et quand le langage est le même, il n’en est que plus facile de fonder un groupe sur des bases et une vision artistiques communes. C’est ce qui s’est passé avec le guitariste et compositeur américain Parker Halub et le chanteur/parolier suédois Leo Unnermark. Depuis un peu plus de cinq ans maintenant, WINGS OF STEEL a pris son envol et, fort d’un EP et d’un album studio, les musiciens se sont laissés portés jusqu’en Europe et en France où ils ont enregistré un premier album live, « Live In France », sorti il y a quelques semaines. Rencontre avec ce duo qui s’est bien trouvé et qui ne compte pas en rester là.

– Avant de parler ce nouvel album live, j’aimerais que l’on revienne sur votre parcours. Vous êtes basés à Los Angeles, où vous vous êtes rencontrés dans l’école de musique que vous fréquentiez. Comment est née cette idée de fonder WINGS OF STEEL et est-ce que vos cultures suédoises et californiennes se sont vite retrouvées sur des bases communes ?

Parker : C’est vrai qu’il y a avait beaucoup de gens avec qui fonder un groupe. Quand nous nous sommes rencontrés, je me suis dit que Leo était un gars cool, qu’il écoutait les mêmes choses que moi, alors on a commencé à jouer et à écrire de la musique ensemble. Cela a été très naturel dès le départ. Mais au même moment, on voulait aussi vraiment créer un  groupe complet. Finalement, au début, on a composé et on s’est dit qu’on trouverait les autres membres du groupe plus tard. C’est là que le Covid est arrivé. On a tous été confinés, mais Leo et moi habitions ensemble, donc c’était plutôt cool. On s’est posé et je me suis dit : je peux aussi jouer la basse, on sait écrire un morceau, faisons-le nous-mêmes ! On a commencé par l’écriture, puis quelques démos et on s’est juste dit qu’on trouverait les autres musiciens plus tard ! (Rires) On a tout fait tous les deux et ensuite, les autres musiciens venaient juste pour les concerts. On fonctionne encore de cette manière d’ailleurs dans le sens où nous composons toujours à deux.  

– On vous connait en France depuis votre album « Gates Of Twilight » surtout, mais vous aviez déjà sorti un EP éponyme juste avant. Qu’est-ce qui a changé dans WINGS OF STEEL entre ces deux disques ? J’imagine que vous avez appris à mieux vous connaître et peut-être aussi à former un véritable groupe avec d’autres musiciens ?

Leo : Quand on a fait l’EP, comme l’a expliqué Parker, nous avons appris à mieux nous connaître musicalement et surtout à déterminer le genre de musique que nous voulions faire et on avait aussi une idée précise du son que l’on voulait. On l’a fait assez naturellement et assez facilement finalement. Pour le premier album, notre deuxième enregistrement, on avait acquis beaucoup d’expérience en faisant l’EP. On avait une meilleure idée du processus à suivre. Et on a dû accélérer un peu les choses pour faire « Gates Of Twilight » à cause des problèmes de visa que j’ai eu. Mon visa d’étudiant avait expiré et j’avais juste un visa touristique et donc 85 jours pour tout enregistrer, arrangements compris ! Mais grâce à tout ce qu’on avait pu apprendre auparavant, depuis le départ, ça s’est très bien passé, car on savait où on allait et ce qu’on voulait. On apprend toujours et cela facilite aussi beaucoup de choses en évoluant en tant que groupe.

– D’ailleurs, votre lien avec la France a commencé avec « Gates Of Twilight », qui a été mixé par Damien Rainaud, qui a travaillé avec DragonForce, Fear Factory et Angra. Outre son très bon travail, comment vous êtes-vous rencontrés et vous a-t-il aussi aidé à peaufiner votre son ? A moins que vous saviez déjà ce que vous vouliez…

Parker : En fait, nous avons rencontré Damien au moment du premier EP. Quand on a décidé de le finaliser, toutes les chansons étaient écrites et enregistrées. Il fallait juste faire le mix. On a essayé avec deux/trois personnes, mais cela ne collait pas. Alors un ami nous a présenté Damien. Il a fait le mix du morceau « Wings Of Steel », qui figure sur l’EP. On a été très content et il a mixé le reste et il a réalisé aussi le mastering. Mais on voulait, Leo et moi, rester les producteurs du disque. On lui a donc donné les indications sur ce que nous voulions vraiment au moment du mix. Il est vraiment bon dans ce qu’il fait et dans ce qu’il a fait avec nous. On se comprend très bien, et c’est d’ailleurs lui qui a mixé l’album live. Et il sait le son que nous attendons pour nos morceaux.

– Je vous avais découvert sur Internet au moment de la sortie de « Gates Of Twilight » et j’avais été frappé par la maturité de votre jeu. Avant que l’engouement ne commence en France, quels retours avez-vous reçu à Los Angeles et avez-vous aussi pu tourner là-bas ?

Parker : Nous avons donné nos trois premiers concerts au ‘Whisky A Gogo’, deux fois, et au ‘Viper Room’. Ça a vraiment été génial et je pense que c’est à ce moment-là que tout a réellement commencé. Je pense que la réception de l’album a été bonne et pas seulement à Los Angeles, dans le reste des Etats-Unis aussi. On a été diffusé dans le mid-west, au Texas, sur le côté ouest, à Chicago, un peu partout. Et tout ça s’est fait après seulement trois concerts ! Le reste a été réalisé via Internet. Les gens nous ont connus comme ça, car on peut y partager notre musique dans le monde entier, et pas uniquement à Los Angeles, en Californie ou dans le reste du pays. On peut le faire partout où les gens aiment le Heavy Metal ! On nous apprécie maintenant aussi en France, au Brésil, en Allemagne, au Japon et ailleurs… C’est génial ! (Rires)

– Quelques mois plus tard, Olivier Garnier qui est un attaché-de-presse renommé ici en France (Replica Promotion), a eu un coup de cœur pour votre premier album. Comment cette prise de contact a-t-elle eu lieu ?

Leo : Oui, il nous a contactés par Messenger sur Facebook, si je me souviens bien. Je crois qu’il avait écouté l’album que ses amis lui avaient envoyé. Il a adoré et c’est génial qu’il ait eu notre contact. Il nous a tout de suite dit qu’il voulait qu’on vienne jouer en France et qu’il fallait qu’on se rencontre. Nous nous sommes donc rencontrés et c’est un mec génial. Il a vraiment été super avec nous. En arrivant en France, on a fait une journée de relations-presse avec des tonnes d’interviews en un seul jour ! (Rires) C’était au ‘Hard Rock Café’ à Paris qui, je crois, à fermer depuis malheureusement. C’est comme ça que cela s’est fait et nous sommes toujours en contact. On essaie de mettre des choses en place pour 2025 et il est incroyable. C’est l’une des personnes qu’on apprécie le plus dans l’industrie musicale. Il a pris du temps pour nous et c’est vraiment génial !  

– Parlons de votre musique et de ce Heavy Metal teinté de Hard Rock auquel vous donnez beaucoup de fraîcheur et de modernité. Vos influences sont assez évidentes et vous y apportez votre touche. Quelle était votre intention de départ ? Apporter une énergie nouvelle à un style que vous écoutez depuis votre adolescence ?

Leo : C’est intéressant comme question. Nous n’avions pas de plan spécifique quand nous nous sommes connus avec Parker. Quand nous avons commencé, nous avons partagé nos influences et beaucoup étaient les mêmes. Je ne sais pas si on a voulu faire faire quelque chose de précis. On a juste essayé un truc et cela nous plait ! Donc, nous l’avons enregistré et sorti ! C’est vraiment ce qu’il s’est passé ! (Rires)

Parker : L’idée première était de faire la musique qu’on aime. Nous ne sommes pas comme ces groupes qui veulent faire revivre le Heavy Metal des origines. Ce n’est pas le but et je ne vois pas vraiment où est l’intérêt. Pourtant, j’aimerais que ce style de musique devienne de nouveau très populaire. Bien sûr que nous avons en tête tout ce qui a été fait à l’époque avec Tony Iommi et Ronnie James Dio, par exemple, sur « Heaven & Hell ». Ils ont juste créé ce qu’ils voulaient et c’est la même chose pour tous les disques de Heavy Metal. Il y a un côté instinctif. En ce qui nous concerne, nous avons ces influences, certes, mais nous voulons composer notre musique, l’écrire et faire en sorte qu’elle soit différente. Pas que ce soit un ‘Tribute’, ou quelque chose comme ça. On veut juste faire un truc qui déchire, c’est très simple ! (Sourires)

Leo : Et si tu regardes notre musique, tu y trouveras des dynamiques très différentes, rien ne sonne de la même manière. On n’essaie pas du tout de s’adapter à quoique ce soit. On fait vraiment ce qu’on a envie de faire et on utilise tout ce qu’on a à notre disposition.

– On évoque justement depuis quelques temps la NWOAHM (New Wave Of American Heavy Metal), et c’est vrai que le Heavy Metal trouve un nouvel écho aux Etats-Unis avec de jeunes formations. Est-ce que vous vous sentez appartenir à cette nouvelle vague et comment cela se traduit-il concrètement ?

Leo : Je pense qu’on peut dire que nous appartenons à cette ‘nouvelle vague’, car nous sommes un jeune groupe avec seulement quelques années d’existence. Nous avons juste trois disques. Cela dit, et peu importe comment on l’appelle, c’est vrai qu’il y a un renouveau de ce côté-là dans le Heavy Metal traditionnel, Old School, épique, etc…

Parker : C’est aussi une bonne chose, car cela attire l’attention et motive les gens. Mais comme l’a dit Leo, on ne s’adapte pas à un style, nous vivons dans notre propre espace et c’est important. On peut nous mettre dans n’importe quelle case, et ce n’est pas important du moment que c’est la meilleure ! (Rires)

– Vous êtes les deux piliers de WINGS OF STEEL et j’aimerais savoir comment est-ce que vous composez et est-ce que rester dans cet univers très codés du Heavy Metal est votre objectif ?

Parker : Leo et moi avons toujours beaucoup d’idées. Si, par exemple, je trouve un début de chanson que j’aime, je l’envoie à Leo et il fait la même chose. Quand on est d’accord sur une même base, on commence à construire la chanson toujours à partir de la guitare et de la basse. Ensuite, on ajoute les autres instruments au fur et à mesure jusqu’à l’enregistrement de la démo avec le batteur en studio. Il faut que tout soit écrit. Une fois que toutes ces étapes sont franchies, on échange avec Damien pour le mix en essayant d’être le plus précis possible, car nous sommes très pointilleux et les chansons sont très différentes aussi. Ça peut aller très vite parfois, mais il nous arrive aussi d’enlever des choses auxquelles on pensait depuis longtemps. Ça se passe comme ça, très simplement et en essayant toujours de trouver le meilleur.

– Vous sortez aujourd’hui « Live In France », qui est un témoignage de cette tournée européenne au printemps dernier, qui vous a mené en Allemagne au festival ‘Keep It True’ et en France à Lille et Paris. Tout d’abord, comment avez-vous mis tout ça sur pied ? Cela demande beaucoup d’organisation…

Leo : Oui, Olivier nous a beaucoup aidé, c’est lui qui est derrière tout ça : il est le masterman ! (Sourires) Pour le reste de la tournée, c’est Parker et moi qui avons cherché à faire le plus de concerts possible en prenant contact avec des gens. C’est vrai que cela demande beaucoup d’organisation, mais partout où nous avons joué, c’était vraiment cool ! Et les gens sont venus, les promoteurs ont été supers. La tournée a été un succès, je pense. Cela aurait été génial d’avoir un booker pour mieux planifier tout ça, car on aurait pu faire plus de concerts. Cela dit, on en a fait onze et c’est très bien pour une première. Et puis, ce qui compte, c’est la qualité des shows et on s’est senti très bien !

– « Live In France » a été enregistré au ‘Splendid’ de Lille le 17 mai dernier. Tout d’abord, pourquoi le choix de ce concert ? C’était le meilleur des deux ou c’est juste une question d’opportunité ?

Leo : La réponse est très simple : on n’a rien choisi du tout, c’était une idée d’Olivier ! (Rires) Nous sommes venus, nous avons donné notre concert et après il nous a dit qu’il avait été enregistré et que,  si on le souhaitait, on pouvait en profiter pour le sortir en disque. On s’est dit : cool, on a un album ! (Rires) On pensait prendre des morceaux de différents shows, mais c’est très bien comme ça. Ça sonne de manière très authentique.

– Et pourquoi n’y avait-t-il pas de nouveaux morceaux sur cette tournée et donc sur ce disque ?

Leo : En fait, on avait joué uniquement notre répertoire en y ajoutant juste deux morceaux : « Heaven & Hell » de Black Sabbath et « Creeping Death » de Metallica. C’était simplement deux petites surprises pour les concerts. Mais on a laissé ces enregistrements de côté, même si c’est un moment sympa qu’on aime beaucoup les jouer en live. Nous voulions vraiment qu’il n’y ait que nos chansons. Et en fait, nous n’avions pas, non plus, de nouveaux titres prêts à ce moment-là, juste ceux déjà existants.

– A l’initiative de cet album live, on retrouve Arno Geenens de Vérone Productions et l’ingénieur du son Jean-Loup Demeulemeester. Comment vous êtes-vous mis d’accord pour la production, le mix et l’édition ?

Parker : En fait, on a juste eu les fichiers audio que l’on a envoyés directement à Damien pour qu’il réalise le mix. L’ensemble sonnait très bien. Tu sais, quand tu enregistres un concert, tu as le son qui vient de la console et c’est assez différent de ce que tu entends lorsque tu assistes au show, quand tu es dans la salle. Je trouve que l’ambiance est très bien restituée et tu peux t’en apercevoir si tu l’écoutes au casque notamment.

– Est-ce que vous avez eu quelques surprises avec le public qui ne vous connaissaient pas forcément très bien ? Avez-vous été étonné par l’accueil que vous avez reçu ?

Leo : A mon avis, les deux concerts en France ont été les meilleurs de la tournée. Franchement ! (Rires) Nous avons été agréablement surpris de l’accueil qu’on nous a fait, car les gens qui sont venus nous voir étaient vraiment enthousiastes, alors qu’ils ne nous connaissaient pas vraiment. Beaucoup sont venus grâce au bouche à oreille et nous ont découvert. La prochaine fois, je suis sûr qu’ils chanteront avec nous ! (Sourires)

Parker : Oui, beaucoup de gens sont venus parler avec nous après les concerts, ont acheté du merchandising pour nous soutenir et commencent maintenant à nous suivre sur les réseaux aussi. Ils sont d’un grand support, il y avait une énergie incroyable pendant les concerts et notamment à Lille où nous avons passé une soirée géniale.

– D’ailleurs, est-ce que vous travaillez déjà sur votre deuxième album, ou est-ce que vous vous consacrez surtout aux concerts pour ce moment ?

Parker : En fait, Leo était avec moi au mois d’août jusqu’en novembre et nous nous sommes retrouvés, comme pendant la tournée, avec beaucoup de temps devant nous. Alors, on s’est posé un peu et nous avons commencé à composer un nouvel album que nous avons même enregistré. Nous sommes actuellement en pleine production. On espère le sortir en août ou septembre prochain. Mais on ne veut pas trop en parler pour le moment ! (Rires) Nous sommes focus sur l’album live, mais nous dévoilerons quelques chansons dans les mois à venir.

– Juste une dernière petite question. Vous êtes actuellement en autoproduction. Est-ce que vous êtes à la recherche d’un label qui pourrait peut-être aussi vous permettre de grandir, ou préférez-vous conserver cette liberté qui est aujourd’hui la vôtre ?

Leo : Je pense que c’est intéressant pour nous d’être indépendants pour le moment. Tu peux faire exactement ce que tu veux, quand tu veux. Et puis, tu peux aussi garder l’argent pour l’investir dans l’enregistrement, la production, etc… même si on aimerait s’offrir aussi un tour du monde ! (Rires) Bien sûr que si un label nous approche, on étudiera les propositions, mais ce n’est pas évident de décrocher le bon contrat du premier coup. Pour le moment, on continue comme ça et le plus important reste d’écrire et d’enregistrer. Ca a vraiment du sens pour nous. 

Parker : Si on trouve le bon deal, on verra bien. Nous n’avons pas vraiment ce genre de chose en tête pour l’instant. Comme l’a dit Leo, notre principal objectif aujourd’hui est de composer la meilleure musique possible, de progresser, de faire des concerts et de partager nos morceaux au plus grand nombre de fans. Si un label arrive et nous permet de tenir ces objectifs en les améliorant, on verra bien, sinon nous continuerons comme ça, car c’est le mieux pour nous.

Tous les albums de WINGS OF STEEL sont disponibles sont disponibles sur le site du groupe et son Bandcamp :

https://wingsofsteelband.com/home

Photos : GG (4) et Yann Charles (5)

Et retrouvez la chronique de « Gates Of Twilight » :

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Heavy metal

Tokyo Blade : maître des horloges

Les solos sont toujours aussi aiguisés, le chant toujours aussi puissant et la rythmique galopante chez TOKYO BLADE, qui semble même avoir retrouvé une seconde jeunesse depuis quelques disques déjà. Avec « Time Is The Fire », il perpétue un héritage dont il est l’un des ardents fondateurs et à grand renfort de twin-guitars, il entretient sans mal ce côté si fédérateur qui a fait sa réputation. L’énergie est telle qu’on n’imagine pas le combo du Wiltshire, dans le nord-ouest de l’Angleterre, déposer les armes de sitôt.

TOKYO BLADE

« Time Is The Fire »

(Cherry Red Records)

Valeureux représentants de la fameuse NWOBHM, TOKYO BLADE n’a pourtant jamais accédé au rang qu’il aurait dû, et ce malgré une carrière longue de 40 ans agrémentée de quelques très bons albums, dont voici le 14ème. La faute sans doute à des changements de line-up incessants qui ont perturbé le bon cheminement des Anglais sur la scène mondiale. Peu importe finalement, le quintet est stable depuis 2014 maintenant, et « Time Is The Fire » contient une fois encore quelques pépites Heavy Metal bien senties et rafraîchissantes.

C’est donc le quatrième opus de cette reformation quasi-historique, et qui en a encore sous le pied, composée d’Andy Boulton (guitare), John Wiggins (guitare), Andy Wrighton (basse), Steve Pierce (batterie) et Chris Gillen (chant). TOKYO BLADE confirme sa très bonne santé et s’il nous renvoie à ce Heavy, qui manque aujourd’hui cruellement. Avec un peu de nostalgie, le groupe s’inscrit dans une modernité étincelante porté aussi par une production solide et puissante, qui sert autant les mélodies que les envolées guitaristiques dans un bel équilibre.

Et les Britanniques n’y sont pas à aller à moitié, puisque du haut de ses 14 morceaux, « Time Is The Fire » s’étend sur 1h15. De quoi être largement rassasié, car il n’y a rien de trop et l’implication est la même sur chaque titre, aucune négligence de ce côté-là. TOKYO BLADE tient son rang et le tient bien. Epiques et racés, les titres de cette nouvelle réalisation font le tour du répertoire de nos vétérans avec beaucoup de fougue et de percussion, tout en prenant le temps de poser des atmosphères bien structurées et des refrains accrocheurs.  

Retrouvez la chronique de « Fury » :

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Heavy Stoner Stoner Doom Stoner Metal

Moon Wizard : une sombre lueur

Soufflant le chaud et le froid sur des morceaux très homogènes, MOON WIZARD présente un Stoner Metal varié, tout en maîtrise, à travers lequel cohabitent des atmosphères Doom, Heavy et même Hard Rock avec une épaisseur enveloppante. Mélodique et massif, « Sirens » impose des refrains entêtants portés par une frontwoman, qui se balade entre Metal et Rock sur des rythmes soutenus et languissants. Une réussite qui montre la vitalité de l’underground yankee.

MOON WIZARD

« Sirens »

(Hammerheart Records)

Troisième album pour Ashton Nelson (batterie), Aaron Brancheau (guitare) et Joseph Fiel (basse, chant) et le deuxième pour Sami Wolf (chant) qui a rejoint les trois amis d’enfance sur « The Night Harvest » sorti en 2020. Depuis cinq ans maintenant, MOON WIZARD peaufine son Stoner Doom Metal du côté de Salt Lake City, Utah, et « Sirens » est un bel aboutissement de ces dernières années de travail. Et cette présence féminine au chant a également ouvert un plus large champ d’action au quatuor.

Issus de la scène Black et Death, les trois musiciens de la formation originelle ont gardé un côté obscur dans leur Stoner et si le Doom domine les débats, les influences Heavy Metal sont très présentes et offrent à MOON WIZARD un aspect très mélodique. Et c’est aussi la voix de sa chanteuse qui distingue le combo avec originalité. On est loin d’un registre plombant et écrasant. Le groupe se veut plutôt accessible et se montre très accrocheur en s’inscrivant dans les pas très sabbathiens et classiques de leurs aînés.

Sur une production soignée, plus solide qu’agressive, MOON WIZARD évite aussi les écueils grâce à une paire basse/batterie en osmose et un guitariste inspiré et efficace qui donne sa ligne directrice à « Sirens ». Avec une mixité vocale utilisée à bon escient, l’ensemble gagne en profondeur et devient vite addictif (« Luminare », « Dessert Procession », « Magnolia », « Sunday », « Epoch »). Avec ce nouvel opus, les Américains franchissent un cap et livrent un disque mature et créatif. Bien structurés, les titres présentent un volume intéressant.

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Metal Progressif

Virtual Symmetry : une précision d’orfèvre

De crescendos en accélérations haletantes, cette quatrième réalisation de VIRTUAL SYMMETRY atteint des sommets en termes de Metal Progressif. Grâce à un chanteur hors-norme et des partenaires qui avancent à l’unisson, on en oublierait presque la grande technicité à l’œuvre sur « Veils Of Illumination ». Les huit morceaux sont si fluides qu’il est impossible de s’y perdre, même s’ils affichent une bonne longueur. On reste plutôt captivé par tant d’émotion véhiculé de main de maître par une maîtrise de chaque instant. Une prouesse musicale qui célèbre un savoir-faire et un talent d’écriture rare.

VIRTUAL SYMMETRY

« Veils Of Illumination »

(Independant)

Fondé en 2009 par Valerio Æsir Villa, multi-instrumentiste qui tient ici la guitare, VIRTAL SYMMETRY a patienté jusqu’en 2016 et « Message From Eternity » pour faire son entrée sur la scène progressive européenne. Depuis ses débuts, le registre du combo italo-suisse ne cesse de repousser ses propres limites en termes de compositions. Il faut dire que son Metal se pare de très nombreuses influences, qui viennent autant du classique que du Heavy Metal, et avec une touche cinématographique très présente. Et c’est cela qui le rend inimitable dans les atmosphères déployées et la richesse des harmonies. Un véritable travail d’orfèvre.

Deux ans tout juste après son dernier album éponyme, le quintet présente « Veils Of Illumination », où il vient lever tous les doutes quant à une éventuelle panne d’inspiration. Bien au contraire, VIRTUAL SYMMETRY est au sommet de son art et s’il reste techniquement impressionnant, il n’a pas son pareil pour développer des mélodies accrocheuses. Accueillant Andrea Gianangeli à la batterie et Ruben Paganelli aux claviers, il semble plus affûté que jamais et l’entente entre les musiciens est, elle aussi, très palpable. Et mixé et masterisé par Simone Mularoni de DGM, la production est éclatante.

Malgré la complexité des morceaux et un travail sur les arrangements aussi conséquent que soigné, les nouveaux titres n’ont rien d’étouffants, là où tellement d’autres sont souvent pompeux. VIRTUAL SYMMETRY possède une vélocité et une dynamique, qui le propulsent dans un univers profond et lourd, mais aussi une énergie qui le rend vraiment imprévisible. Les riffs sont efficaces, la rythmique virevoltante, les claviers virtuoses et Marco Pastorino au chant passe d’une tonalité à l’autre presque naturellement. Imparable, on retiendra notamment « Eightfold Path » et ses enivrantes 20 minutes. Monumental !   

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Heavy metal Old School Progressive Heavy Metal

Diamonds Hadder : mystic Metal

Jouant sur une personnalité assez énigmatique, puisqu’il est question de l’ici de l’histoire de son protagoniste ‘Johnathan Hadder’, John Evermore entend bien perpétuer la tradition d’un Heavy Metal tranchant, épique et légèrement cinématographique. Sur des mélodies accrocheuses, des parties de guitares dynamiques et brûlantes et des changements de tempos aussi surprenants que véloces, DIAMONDS HADDER se livre à un voyage musical introspectif entre classicisme à la Dio pour la voix et une profondeur progressive héritée notamment de Fates Warning.

DIAMONDS HADDER

« Beyond The Breakers »

(No Remorse Records)

Je ne suis habituellement pas très adepte des one-man-bands, surtout de nos jours où l’informatique fait déjà la loi et où l’IA commence aussi à augmenter les dégâts. Le progrès à la place de la créativité, c’est ce que subit la musique au quotidien. Mais il reste encore quelques artistes étonnants qui osent d’aventurer sur des sentiers déjà bien balisés pour y apporter un petit quelque chose d’autre, un petit grain de folie. Et c’est exactement ce que propose John Evermore, alias DIAMONDS HADDER, avec « Beyond The Breakers ».

Loin justement de remplir l’espace sonore en empilant les pistes instrumentales pour un résultat d’une exemplaire platitude, comme c’est la norme, ce premier album est au contraire très organique, un brin vintage et interprété de main de maître. Le musicien y joue tous les instruments, et même très bien, s’est aussi occupé de l’enregistrement, du mix et de la production, sans oublier bien sûr l’écriture et la composition. Et surtout, DIAMONDS HADDER nous ramène à des sonorités familières entre Heavy Metal et Hard Rock.

Egalement au chant, l’Américain, basé à Los Angeles, a imaginé et réalisé un opus en forme de conte et doté d’une narration riche et dynamique. Et l’on doit ce son si authentique sans doute au fait que « Beyond The Breakers » ait été enregistré dans une usine abandonnée, ce qui lui confère cette atmosphère si particulière. DIAMONDS HADDER ne manque pas non plus de (bonnes) références et nous fait naviguer du côté de chez Rainbow, Savatage, Queensrÿche, voire Iron Maiden. Une belle odyssée classique et progressive.

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Heavy metal Old School Proto-Metal

The Watcher : l’œil dans le rétro

Porté par des effluves proto-Doom et des fulgurances bien Heavy, le combo de Boston présente beaucoup de détermination sur son premier opus complet. Vif et intense, « Out Of The Dark » libère une puissance brute, un son organique et devrait ravir les amateurs du Metal de la grande époque. Assez sombre et très groovy, l’atmosphère se fait enveloppante et THE WATCHER parvient à faire la jonction entre un registre aux couleurs rétro et une belle fraîcheur. Une réussite.

THE WATCHER

« Out Of The Dark »

(Cruz Del Sur Music)

Après des débuts tonitruants il y a trois ans avec un EP, « You Turn To Die » qui leur a valu d’élogieuses critiques et permis de faire une arrivée marquante sur la scène Metal, les Américains sortent enfin leur premier album. Depuis 2016, THE WATCHER bâtit patiemment un répertoire solidement ancré dans la NWOTHM, où cohabitent un Heavy traditionnel et un Doom sabbathien. Avec son aspect classique, « Out Of The Dark » a des saveurs vintage, certes, mais n’a pas pris la moindre poussière.

Enregistré il y a tout juste un an à New-York, ce premier effort montre déjà beaucoup d’assurance et une incontestable maturité artistique. THE WATCHER n’a rien laissé au hasard et a soigné chaque morceau avec talent. « Out Of The Dark » nous transporte dans une capsule intemporelle à grands coups de riffs racés, de refrains savoureux et de solos bien ciselés. Efficace sans être démonstratif, le power trio du Massachusetts parvient sans mal à sortir son épingle du jeu en présentant un son et un style déjà identifiables.

Même s’ils évoluent dans une configuration assez restreinte (avec l’appui de deux autres six-cordistes sur scène), Max Furst (guitare, basse), Paden Reed (chant, guitare) et Chris Spraker livrent un Heavy dense et musclé marqué au fer rouge par les décennies 70 et 80. Grâce aussi à des twin-guitars enflammées, des lignes vocales assurées et un fort engagement, « Out Of The Dark » regorge de titres accrocheurs (« Strike Back », « Burning World », « The Revelator », « Thy Blade, Thy Blood » et la chanson-titre). THE WATCHER frappe fort !

Photo : Hillarie Jason

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Hard'n Heavy Old School

Desert Song : intuitif et expérimenté

Face à une industrie musicale et une scène Metal internationale plus formatées que jamais, où tout finit par se ressembler peu à peu, DESERT SONG prend tout le monde à revers pour faire un bond dans le temps. Si renouer avec la créativité du siècle passé n’est pas une mince affaire, recréer l’atmosphère avec un son organique et chaleureux est encore possible. Et le Hard Rock transgénérationnel et cette ambiance Old School dénotent avec brio des réalisations fadasses et bidouillées d’aujourd’hui.

DESERT SONG

« Desert Song »

(Sleaszy Rider Records)

Prenez trois musiciens chevronnés issus d’Ensiferum, Spiritus Mortis, Amoth, Celesty et d’autres encore, mettez-les ensemble en studio et laissez-les se faire plaisir. C’est très précisément ce qu’ont fait Pekka Montin (chant, claviers), Kimmo Perämäki (guitare, chant) et Vesa Vinhavirta (batterie) pour donner naissance à DESERT SONG, power trio affûté, qui a décidé de retrouver la saveur du Hard Rock et du Heavy Metal des années 70 et 80. Et cette couleur très rétro se développe même jusque sur la pochette.

L’ambition première des Finlandais est de faire la musique dont ils ont envie depuis des années et de bien le faire. Pari réussi pour DESERT SONG avec ce premier album éponyme, qui nous renvoie aux belles heures de Blue Öyster Cult, Uhiah Heep et Deep Purple avec une pincée du Michael Schenker des débuts et de Rainbow. Sont injectés aussi quelques passages Doom, progressifs et AOR distillés dans des morceaux très bien écrits, aux structures solides et dont la production-maison est exemplaire et très naturelle.

En marge de leurs groupes respectifs, le combo se rassemble autour d’influences communes et intemporelles. Allant jusqu’à enregistrer sur du matériel vintage, les Scandinaves se partagent aussi le chant et trouvent un parfait équilibre musical. On imagine facilement que DESERT SONG n’a pas souhaité faire dans le clinquant au niveau du son et ce parfum de nostalgie n’en est que plus prégnant (« Desert Flame », « Rain In Paradise », « Another Time », « The Most Terrible Crime », « Cottage »). Un bain de jouvence !

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Hard'n Heavy

Bombus : délicieuse décadence

En s’autorisant à peu près tout, les Scandinaves s’offrent le loisir d’un opus débridé, qui peut légèrement dérouter, mais dont le Hard’n Heavy est aussi costaud que mélodique. « Your Blood » est sans doute l’un des disques les plus libres du genre depuis un moment et c’est en cela qu’il est délectable. Le groupe appuie sur ses points forts et fait ainsi émerger une avalanche de riffs rageurs, des solos bien ciselés et des parties vocales imparables et un brin nostalgiques.

BOMBUS

« Your Blood »

(Black Lodge Records)

Fondé en 2008, le combo de Göteborg n’a malheureusement pas encore reçu la lumière qu’il mérite, mais « Your Blood » pourrait bien changer la donne. Certes, il n’y a pas de grande révolution dans le Hard Rock teinté de Heavy et d’une touche Glam chez BOMBUS, mais la ténacité de son fondateur, chanteur et guitariste Fredrik Berglund, tout comme sa liberté de ton, imposent le respect. Et avec ce quatrième album, les Suédois présentent un nouveau visage et surtout une envie décuplée.

Le départ il y a quatre ans de l’un de ses piliers, le frontman et six-cordiste Matte Saker, a peut-être offert à BOMBUS le sursaut qu’il attendait. En effet, Johan Meiton (chant, guitare) et Simon Salomon (guitare) actent donc leur arrivée. Et oui, les comptes sont bons : il y a bel et bien deux chanteurs en place et un trio de guitaristes, qui se fait aussi vraiment plaisir. Les possibilités sont donc multiples et « Your Blood » est un bon compromis entre un Heavy Old School et une approche plus actuelle.

Vocalement, l’ombre de Lemmy plane sur BOMBUS, mais cela n’entache nullement son identité artistique. Au contraire, il présente des titres variés et accrocheurs (« Killers », « No Rules », « The Beast », « Lo And Behold »). Le duo au chant fonctionne parfaitement, tout comme l’armada de guitaristes (« Take Your Down », « Carmina »). Et si la production peut parfois manquer d’éclat et de relief, le résultat est plus que convaincant et on se laisse sans peine porter par le registre décalé de ce « Your Blood » rondement mené.

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Speed Metal

Speedrush : speedfreaks party

Avec « Division Mortality », SPEEDRUSH parvient avec brio à faire le pont entre un Heavy Metal moderne, furieusement Speed et aux riffs légèrement thrashy, et le respect des institutions portées par la légendaire NWOBHM. Denses et percutants, les Grecs sont intraitables et développent une intensité presque ténébreuse. Le combo est tranchant et très fédérateurs aussi, grâce à des titres bien ciselés et parfaitement exécutés et produits. L’assaut est brutal… et savoureux !

SPEEDRUSH

« Division Mortality »

(Jawbreaker Records)

Il s’est passé sept longues années depuis « Endless War » et il faut bien avouer que SPEEDRUSH nous revient quasi-métamorphosé. Si le fond n’a pas vraiment changé, l’approche, la technique et le son se sont considérablement améliorés. Le quintet affiche  désormais de solides arguments et la maturité acquise depuis son premier opus est plus que significative. Avec « Division Mortality », son registre a évolué pour devenir intemporel et surtout très personnel. Et avec une telle pochette, on entre de suite dans le vif du sujet !

Certes, l’empreinte des années 80 et 90 est perceptible parmi les influences de SPEEDRUSH, mais il a gagné en finesse d’interprétation, ainsi qu’en puissance et même mélodiquement. Je n’aime pas beaucoup les comparaisons, mais imaginez un mix très adroit entre Judas Priest, Slayer, Annihilator, un soupçon de Megadeth et du Helloween de la première époque et vous tenez un bon résumé du Speed Metal à l’œuvre sur « Division Mortality ». Il y a tout de même de quoi saliver, avouez-le, d’autant que le résultat est là.

Et SPEEDRUSH a respecté les traditions en présentant une production à l’ancienne, c’est-à-dire avec une intro (« Division Mortality ») et une outro (« Fade To Flames »). Et il ne s’agit pas de simples bruitages ou de sons d’ambiance, mais de courts morceaux, dont le dernier est entièrement acoustique et très bon. Et entre les deux, les Hellènes montrent les crocs sur des titres racés et bien rentre-dedans. Les deux guitaristes s’en donnent à cœur-joie, la rythmique est intenable et le frontman en ébullition. L’essence-même du Metal avec classe !