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International Progressif Stoner/Desert

Dvne : déflagration rétro-futuriste [Interview]

Fondé en 2015 à Edinburg en Ecosse, DVNE s’est fait un nom dans le paysage Sludge Progressif européen en l’espace de trois EP et d’un album. « Etemen Ænka », le deuxième opus complet du quintet, sort dans quelques jours et promet un voyage musical mouvementé dans une ambiance Old School presque cinématographique. L’occasion de poser quelques questions à Victor Vicart, seul Français du combo, qui tient la guitare et le chant…

– Avant toute chose, j’aimerais que tu éclaircisses une petite chose, stp. L’ensemble des médias spécialisés vous considèrent comme un groupe de Metal Progressif. Si sur l’aspect progressif de DVNE nous sommes d’accord, vous êtes avant tout un groupe de Sludge issu du Rock, non ?    

Oui, en effet, nous sommes plutôt issus du Post-Metal et du Sludge. Et personnellement, je pense que le progressif est plus une approche de composition et ne constitue pas vraiment une scène à part entière.

– Avec ce son brut très organique, il y a quelque chose chez DVNE de très futuriste, qui n’est pas seulement lié au nom du groupe ou au concept de l’album. Comment l’expliques-tu ? C’est une démarche artistique que l’on ne rencontre plus beaucoup…

Nous avons utilisé beaucoup de synthés sur cet album comme des vieux Junos, Moog et Prophet qui apportent énormément en termes de texture. Je pense que c’est ce qui te fait dire que notre son est futuriste. Cela dit, notre approche avec les autres instruments est assez old school, puisque nous utilisons surtout des vieux amplis des années 70/80, type Hiwatt/Marshall, que l’on retrouve dans beaucoup d’album de Rock et de Hard Rock. Nous avons aussi beaucoup travaillé avec notre producteur Graeme Young sur le son de cet album et nous sommes parvenus à retranscrire ce que nous avions en tête pendant l’écriture de l’album.

– Il y a même un petit côté ‘Blade Runner’ en fond sur l’album dans les transitions (« Weighing of the Heart », « Adræden »). « Etemen Ænka » a un côté très cinématographique dans le récit. Si l’époque n’est malheureusement plus aux clips très réalisés d’antan, quels genres d’images ou d’ambiances te viennent à l’esprit sur ce nouvel album ?

Nous avons réalisé un clip pour « Sì-XIV », dont nous sommes fiers puisqu’il colle avec l’atmosphère rétro-futuriste de l’album. Nous avons utilisé beaucoup d’effets spéciaux traditionnels. Par exemple, vous retrouvez dans la vidéo un cocon visqueux ou encore un costume totalement flippant pour notre créature. Nous avons été influencés par des artistes comme Giger/Alien. De façon plus générale, nos références viennent de la cinématographie de film d’horreur et Sci-Fi des années 80/90. Nous aimerions beaucoup faire un clip d’animation, mais cela dit j’ai souvent du mal avec l’animation 100% digitale, et je préfère les plus classiques.

– L’album développe aussi beaucoup de morceaux très instrumentaux, à un point que l’on a l’impression que certains titres pourraient presque se passer de chant… avec peut-être juste une explication dans le livret. DVNE passe ses émotions par les ambiances ?

Nous ne considérons pas le chant comme un élément qui devrait être plus en avant que les autres instruments. Pour nous, s’il ajoute quelque chose d’intéressant sur un passage, c’est très bien, mais très souvent les instruments se suffisent à eux-mêmes.

– Avec toute la puissance que dégage « Etemen Ænka », DVNE reste un groupe où la mélodie est au premier plan, selon moi (!). Et on imagine que d’autres instruments pourraient venir s’y greffer. C’est quelque chose que vous avez dans le coin de la tête ?

Carrément ! Nous voulons continuer notre évolution musicale et cela passe par l’ajout de nouveaux éléments dans l’écriture et pendant l’enregistrement aussi. C’est aussi pour ça que nous avons une invitée sur cet album (Lissa Robertson). Nous avons voulu ajouter un autre type de chant pour apporter encore plus de diversité à notre musique. Nous avons déjà de nombreuses idées pour le prochain album, notamment avec l’utilisation d’autres instruments et d’autres méthodes d’enregistrement.

– Sinon, est-ce qu’avec le Brexit les choses ont changé pour vous ? Alors que rien n’est décidé nulle part, comment voyez-vous l’avenir dans les mois à venir ?

C’est très regrettable ce qui se passe avec le Brexit. Cela ne nous inquiète pas, car nous nous sommes bien préparés pour nos prochaines tournées. C’est surtout dommage pour les groupes anglais plus jeunes qui pensent à faire leur première tournée en Europe. Je pense que la plupart ne tournera tout simplement pas et les autres le feront dans l’illégalité. Cela dit, j’espère encore qu’un accord EU/UK est toujours possible, notamment sur un visa artiste de 90 jours qui serait gratuit. On croise les doigts.

– Et on va conclure avec une question conne, comme j’aime. Finalement DVNE : plutôt Le Pilat ou Sting ?

Sting of course ! Le slip en V lui va si bien.

Le deuxième album de DVNE, « Etemen Ænka », sortira le 19 mars chez Metal Blade Records.

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Folk/Americana Progressif

Empyrium : une inspiration rare et éblouissante

Dans l’univers de l’art romantique où il puise son inspiration, EMPYRIUM s’inscrit dans un mouvement musical néo-Folk aux très nombreux échos. Sept ans après « The Turn Of Tides », les Allemands renouent avec un style progressif mêlant les sonorités acoustiques et électriques avec brio. Entraînant et contemplatif à la fois, « Über Den Sternen » est aussi magique qu’intemporel.

EMPYRIUM

« Über Den Sternen »

(Prophecy Productions)

A la croisée de plusieurs voies musicales, EMPYRIUM s’est forgé un style qui lui est propre et dans lequel peu de groupes osent s’immiscer. Markus Stock, tête pensante de la formation et multi-instrumentiste, propose un univers néo-Folk sombre et romantique, d’où émane autant de lumière que d’ombres. « Über Den Sternen » se veut un album exigeant et si le spleen reste le fil conducteur, beaucoup d’aspects et de sonorités positives s’en dégagent.

Malgré la longueur de certains morceaux (« The Three Flames Sapphire », « The Oaken Throne », « The Wild Swans » et le morceau-titre), la cohérence de ce nouvel opus est totale et on se sent presque guidé par ces voix apaisantes et parfois rudes, les guitares acoustiques, les chants quasi-liturgiques et le nombre impressionnant d’instruments classiques utilisés (flûte traversière, violon, violoncelle, …). EMPYRIUM envoûte par son côté sacré.

Doté d’un son très organique et immersif (aucune retouche par ordinateur, et cela s’entend !), la production signée Markus Stock, tout comme l’enregistrement d’ailleurs, est particulièrement soignée et les arrangements de haute volée (« The Archer »). Puisant également dans la poésie et la littérature, EMPYRIUM offre un dépaysement total tout en restant musicalement très accessible. Un travail d’orfèvre !

Bandcamp : www.empyrium.bandcamp.com

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Heavy metal Progressif

Witherfall : chauffé à blanc

Lorsque quatre virtuoses décident de se défouler et de n’en faire qu’à leur tête, ça peut vite tourner au cauchemar… ou au mal de crâne. Avec WITHERFALL, c’est plutôt une explosion de mélodies mêlées à une technique et un groove hors-norme qui prend le dessus. Animés par une rage très virulente, les Californiens sont venus pour en découdre et « Curse Of Autumn » fait ressortir toute la classe de cet incroyable quatuor.   

WITHERFALL

« Curse Of Autumn »

(Century Media)

En seulement deux EP et ce troisième album, WITHERFALL s’est fait une place de choix dans le paysage Metal. Terriblement Heavy, un brin vintage, hyper-technique et très mélodique, le quatuor américain s’est créé un univers autour d’un style unique et original. Il faut dire qu’avec un line-up et une équipe pareille, le quatuor est à même d’en laisser plus d’un sur le carreau. Et pourtant, les Californiens sont en colère et « Curse Of Autumn » a été conçu dans l’optique de régler certains comptes et d’exorciser leur exaspération.

Avec pour ambition d’enterrer littéralement tous ceux qui ont entravé leur parcours, la formation menée par le chanteur et claviériste Joseph Michael et l’incroyable guitariste Jake Dreyer se fait franchement plaisir. Accompagné par Marco Minnemann (Demons & Wizards) derrière les fûts et Anthony Crawford et son groove légendaire à la basse fretless, le duo prend le taureau par les cornes et s’abat comme la vérole sur le bas-clergé… WITHERFALL n’en fait qu’à sa tête en brouillant sans cesse les pistes.

Faisant sans trembler le grand écart entre un Heavy Metal musclé, un Metal Progressif très structuré et un Technical Thrash totalement débridé, les Californiens en rajoutent et ne se perdent jamais. Breaks et ponts à perte de vue, solos à faire pâlir un Malmsteen (« The Last Scar ») et longs titres épiques (« And They All Blew Away », « Tempest »), WITHERFALL met tout le monde à terre entre demonstrations hallucinantes et mélodies radieuses (« As I Lie Awake », « Curse Of Autumn », « The Other Side of Fear »). Juste éblouissant !

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Extrême Progressif

Moonspell : coupé du monde

Moins baroque et théâtral que sur leurs derniers albums, les Portugais de MOONSPELL se sont recentrés privilégiant un style moins fouillé et plus direct. Sans pour autant perdre en créativité, les Lusitaniens livrent un « Hermitage », qui leur ressemble beaucoup plus et qui sonne de manière nettement plus authentique. Sans fioriture, le groupe explore aussi un univers très progressif.

MOONSPELL

« Hermitage »

(Napalm Records)

30 ans de carrière et treizième album pour les Portugais de MOONSPELL, qui livrent sans aucun doute l’album le plus complet et le plus abouti de leur discographie. Avec « Hermitage », Fernando Ribeiro et ses hommes ont épuré leur Dark/Gothic Metal pour aller à l’essentiel avec des titres plus bruts que leur simplicité rend nettement plus efficaces. Toujours aussi sombre et mélancolique, l’aspect progressif du groupe prend réellement le dessus.

Atmosphérique et très Rock, ce nouvel album de MOONSPELL est surprenant (dans le bon sens !), tant dans sa diversité rythmique que de par ses ambiances très nuancées (« The Greater Good », « Common Prayers »). Très bien produit, chaque instrument tient une place de choix. Les lignes de basse et les riffs très bien calibrés guident l’ensemble, qui évolue dans un Rock/Metal Progressif aux solos cristallins et aériens, rappelant parfois Porcupine Tree (« All Or Nothing », « Solitarian »).

Avec des claviers très 70’s et un frontman usant à la perfection de son côté conteur, MOONSPELL sait se faire captivant sur près d’une heure, grâce à des morceaux aux crescendos omniprésents (« Hermitage » et « Apophthegmata ». Les Lusitaniens se font très intimistes et libèrent une sorte d’introspection à la fois puissante et très mélodique. On notera également la très bonne reprise de Candlemass, « Darkness In Paradise », qui résume parfaitement l’état d’esprit de l’album.

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Progressif Rock Stoner/Desert

Holy Monitor : progression hypnotique

C’est sous le soleil et dans le chaud climat de leur Grèce natale que HOLY MONITOR a confectionné son Psych Rock emprunt de sonorités progressives et fuzz. Les mélodies captivantes et envoûtantes de « Southern Lights », le troisième album du groupe, appellent autant à la bienveillance qu’à la transe dans une atmosphère spatiale et moderne. 

HOLY MONITOR

« Southern Lights »

(Blackspin Records / Primitive Music)

Fondé en 2015 à Athènes en Grèce, HOLY MONITOR ne perd pas de temps. Après deux albums et deux EP, revoici déjà le quintet avec un troisième opus, « Southern Lights », qui vient confirmer le beau chemin parcouru par le groupe en si peu de temps. Et le Rock Psychédélique des Hellènes prend une dimension très inspirée et vagabonde auparavant entr’aperçue sur « This Desert Land ».

Comme son nom l’indique, « Southern Light » est solaire et lumineux et l’enregistrement réalisé en condition live apporte une énergie et une profondeur incroyable aux huit morceaux. Très mélodiques et chaleureuses, ces nouvelles compostions évoluent entre ambiances plantes et progressives et des guitares fuzz également marquées par un Space Rock dans lequel HOLY MONITOR s’épanouit. 

Sur un groove imparable (« The Sky Is Falling Down ») ou dans une frénésie presque chamanique (« Naked In The Rain »), le combo est aussi palpitant qu’hypnotique et la diversité affichée présente un album tout en variation (« River », « Blue Whale »). Très expérimental et progressif, le Psych Rock de HOLY MONITOR multiplie les rythmiques minimalistes et trépidantes pour un « Southern Light » savoureux.

Bandcamp : http://holymonitor.bandcamp.com/

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Rock Stoner/Desert

Fellowcraft : l’empreinte du Rock américain

Coincé comme tout le monde par la pandémie et après avoir sorti trois singles, FELLOWCRAFT présente enfin son troisième album. Sans détour, le Rock Alternatif aux aspects Metal et progressifs du quatuor est une belle bouffée d’oxygène, pleine d’émotion et de force.

FELLOWCRAFT

« This is Where You’ll Find Me »

(Independant)

Fondé en 2014 et après avoir évolué dans un Indie Rock un peu conventionnel, FELLOWCRAFT a réellement pris un tournant musical en 2019 avec les arrivées de Pablo Anton-Diaz (lead guitare) et de Zach Martin (batterie). Dès lors, le quatuor de Washington a changé de cap pour prendre une envergure plus imposante, compacte et dense, sans oublier de belles envolées progressives.

Toujours guidés par leur fondateur Jon Ryan MacDonald (guitare, chant), les Américains sortent en autoproduction un troisième album riche et homogène. D’ailleurs, la production puissante et colorée, signée par Tonio Ruiz (sa seconde) à qui l’on doit de très bons et majeurs albums de Rock mexicain, n’est pas étrangère à ce nouvel élan pris par FELLOWCRAFT. Et ça ne manque ni d’ambition, ni de percussion.

Très brut, « This is Where You’ll Find Me » reflète à la fois un Rock Alternatif américain rappelant Pearl jam ou Audioslave, mais la dimension progressive de l’album le rend plus original encore. Du très bon « Coyote and the Desert Rose » ou « Last Great Scotsman II » (essayez donc de vous enlever le refrain de la tête !), FELLOWCRAFT livre aussi des prises studio live très prenantes et authentiques. Une gourmandise.

Bandcamp : https://fellowcraft.bandcamp.com

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Blues

Bjørn Berge : en toute liberté

Connu et reconnu pour ses prestations époustouflantes en solo (allez voir!), BJØRN BERGE revient cette fois en trio avec un « Heavy Gauge » plein de groove et tout en feeling. Toujours aussi technique, le Norvégien livre un Blues dont lui seul a le secret. Le musicien est toujours aussi surprenant dans ses compositions et le son de sa guitare.

BJØRN BERGE

« Heavy Gauge »

(Independant)

Qu’elles aient six ou douze cordes, les guitares qui passent entre les mains de BJØRN BERGE laissent toujours exploser des sonorités et des mélodies irrésistibles. Techniquement hors-norme, le maître norvégien du picking et de la slide apporte une nouvelle et indispensable œuvre à sa belle et grande discographie. Et cette fois, le guitariste n’est pas venu seul.

Le Scandinave s’est particulièrement bien entouré pour livrer le digne successeur de « Who Else ? ». On retrouve à la basse Kjetikl Ulland et Kim Christer Hylland derrière les fûts. Et comme d’habitude, ce Blues venu du Nord ne manque pas de groove. BJØRN BERGE y glisse quelques touches Folk, jazzy et Rock bien sûr, le tout avec une déconcertante facilité.

Rugueux et suave à la fois, le guitariste excelle dans un Blues Rock qu’il maîtrise totalement (« The Wrangler Man ») sans négliger quelques fantaisies. Très technique, le songwriter se montre pourtant d’un feeling incroyable à travers des morceaux qui lui ressemblent tellement dans leur diversité (« I Got It Made », « Straydog », « Coliseum » et l’étonnant (« Rip Off »). Un grand bol d’air frais !

Bandcamp : https://bjornberge.bandcamp.com/

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Progressif

Simulacrum : l’avenir et la tradition

Avec « Genesis », les Finlandais de SIMULACRUM sont parvenus à une combinaison idéale entre le Metal Progressif actuelle proche du Power et l’héritage plus Rock des années 70. Techniquement et dans la structure de l’album, le septet montre de très belles choses et des variations étonnantes. Très mélodiques dans leur approche, les Scandinaves se veulent fédérateurs sans être trop solennels.

SIMULACRUM

« Genesis »

(Frontiers Music)

L’histoire de SIMULACRUM est assez singulière, puisque le groupe finlandais sort son troisième album, « Genesis », en 20 ans d’existence ! Fondé autour du claviériste, compositeur et arrangeur Christian ‘Chrism’ Pulkkinen, le groupe a donc sorti en 2012 « The Master And The Simulacrum » puis « Sky Divided » trois ans plus tard. C’est suite à ce deuxième opus que les Scandinaves vont opérer de gros changements et affichent ici un line-up très complet et techniquement irréprochable.

Aujourd’hui, ce sont sept musiciens qui œuvrent au bon fonctionnement de SIMULACRUM. La particularité du combo réside notamment sur la présence de deux chanteurs, Niklas Broman et Erik Kraemer, dont les timbres de voix sont aussi différents qu’ils se complètent parfaitement. Musicalement, le septet évolue dans un registre Metal Progressif, où il côtoie aussi et avec respect le Rock Progressif des pères fondateurs des années 70, montrant une maîtrise aussi puissante que délicate sur des arrangements très soignés.

Très virulent et proche du Power Metal qui fait la réputation du pays, SIMULACRUM livre des titres très incisifs et tranchants, voire Thrash, sur la première partie de l’album (« Traumatized », « Arrhythmic Distortions », « Scorched Earth »). Place ensuite à la pièce maîtresse avec le morceau-titre « Genesis », s’étalant sur quatre parties pour un total de 30 minutes. Percutantes, planantes et très mélodiques, les ambiances y sont étonnamment variées et même jazzy par moment. Un album brillant et très accompli.      

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Heavy metal

Todd La Torre : première escapade en solo

Privé de tournée avec son groupe Queensrÿche, TODD LA TORRE s’est pas resté les bras croisés et surgit avec son premier album solo, « Rejoice In The Suffering ». Sans surprise, l’Américain navigue entre Heavy Metal, passages progressifs et Thrash avec la fougue qu’on lui connait. Et l’ensemble, bien réalisé, est une belle réussite.

TODD LA TORRE

« Rejoice In The Suffering »

(Rat Pak Records)

Depuis 2013, TODD LA TORRE est le frontman de Queensrÿche, avec qui il a déjà enregistré trois albums, suite au très mouvementé départ de Geoff Tate,. Faute de tournée avec son groupe, l’Américain a mis au profit la situation sanitaire pour mettre les dernières touches à son album, le premier du chanteur en solo. « Rejoice In The Suffering » sort donc dans cette drôle de période et la surprise est plutôt bonne.

Ecrit en collaboration avec son ami Craig Blackwell, qui s’est chargé des guitares, de la basse et des claviers, on retrouve TODD LA TORRE au chant, bien sûr, mais aussi à la batterie. Et le résultat est largement à la hauteur des attentes. Et bien aidé à la production et au mix par Chris ‘Zeuss’ Harris (Hatebreed, Crowbar, Heathen, …), ce premier album a plutôt fière allure entre un Heavy Metal assez classique et des touches progressives, bien sûr.

Dans un Metal très actuel, le frontman livre des titres très percutants et presque Thrash (« Vanguards Of The Dawn Wall », Hellbound And Down »), tout en prenant soin de distiller de belles mélodies (« Crossroads To Insanity »). Mais il ne serait question pour TODD LA TORRE de négliger le registre Progressif dans lequel il excelle (« Darkened Majesty », « Vexed »). Polyvalent et réjouissant, « Rejoice In The Suffering » est une belle surprise.  

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Extrême

Âge ⱡ Total : la force d’un collectif ténébreux

Affichant des morceaux longs de quatre à seize minutes, ÂGE ⱡ TOTAL donne un premier indice sur la teneur de son style. Très Progressif, le collectif évolue dans un Doom Ambient immersif, aussi lunaire que massif. Compact et aérien à la fois, la force du groupe réside dans l’originalité de son univers et dans la multitude des climats traversés.

ÂGE ⱡ TOTAL

« Âge ⱡ Total »

(Soza/Collectif 5024)

Né de la rencontre entre les Bordelais d’Endless Floods et des Rouennais de Greyfell, ÂGE ⱡ TOTAL forme un collectif étonnant dont ce premier enregistrement témoigne d’une belle créativité entre deux groupes pas si éloignés musicalement, et dont les univers se rejoignent parfaitement. Et ce premier album éponyme de quatre titres, longs de 43 minutes, présente une épopée assez hors-norme.

C’est dont ce collectif de neuf musiciens qui s’est attelé à la composition et à l’enregistrement de ce voyage pour le moins saisissant. Dans un registre Doom, Ambient et Progressif, ÂGE ⱡ TOTAL se fait hypnotique, lourd et livre des compositions où règne un chaos très orchestré. Car malgré ses divergences musicales respectives, le groupe est parvenu créer un son particulier et une belle osmose (« Armure »). 

Très riches et puissants, les morceaux se fondent sur une diversité étonnante mêlant machines, synthés, violon et trombone aux instruments traditionnels que sont la guitare, la basse et la batterie. ÂGE ⱡ TOTAL a même doublé les postes sur les rythmiques qui gagnent en profondeur (« Armés », « Metal ») et se retrouve même à quatre au chant, laissant paraître une multitude de possibilités particulièrement originales (« The Songbird »).