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Bluesy Rock Country France

Bernie Bonvoisin : les ponts plutôt que les murs [Interview]

En observateur avisé de notre société et animé par une curiosité qui ne le quitte jamais, BERNIE BONVOISIN se livre en solo avec un cinquième album que l’on n’attendait pas forcément si tôt. Moins d’un an après « Propaganda » de Trust, c’est dans un registre très différent, mariant sa culture Rock au Blues et même par certains aspects à la Country, que le chanteur révèle une facette moins connue que celle affichée avec son groupe. Original, très acoustique et toujours guidé par des textes affinés et affûtés, « Amo Et Odi » offre des couleurs inattendues et attachantes. Entretien avec le mythique frontman français.

– Ton nouvel album sort tout juste neuf mois après « Propaganda » de Trust, ce qui est très court. Les morceaux étaient déjà en boîte et les textes écrits, ou est-ce que tout s’est fait rapidement ? On te sait très créatif quand tu entres en studio et tu aimes aussi enregistrer en condition live…

Tout s’est fait dans la foulée. On est entré en studio presque sans rien. On avait préparé plusieurs choses chez moi, où on avait énormément travaillé en acoustique.

– Qu’est-ce qui t’a motivé à retourner aussi rapidement en studio ? C’est assez rare de voir quelqu’un sortir deux albums en moins d’un an, où alors c’est l’envie de vite retrouver la scène qui t’y a poussé ?

On me l’a proposé et j’ai accepté, tout simplement. Un album solo est toujours très différent, dans le travail comme dans l’approche. C’est une autre manière de faire les choses.

– Beaucoup de morceaux ont été écrits en studio. Comment as-tu sélectionné les 13 qui composent « Amo Et Odi » ? Est-ce que dans ces cas-là, on pense à l’intégralité du disque et à sa cohérence, ou plutôt aux moments forts ?

On a fait une sélection de 18 morceaux. En fait, on a fait 13 titres sans batterie et cinq autres avec. Oui, on a réfléchi au tracklisting ensemble. C’est un album qui s’est fait assez simplement et avec des gens en qui j’ai pleinement confiance. On a travaillé sereinement, on a cherché des choses. Ca a été une sorte de laboratoire en fait.

– Sur le même sujet, pour ce nouvel album solo, tu te distingues vraiment de ce que tu fais avec Trust, ce qui est très compréhensible. Pourtant, musicalement sur certains titres et surtout au niveau des textes, il y a aussi des similitudes dans l’engagement notamment …

Oui, mon écriture reste mon écriture. Ca se passe surtout dans la manière d’écrire, qui est cette fois plus intime et plus personnelle. Mais l’essence reste la même. Sinon, c’est un aspect des choses sur lequel je ne me penche pas plus que ça. Je sais comment je vais aborder les chansons. Ma source d’inspiration reste la même : je vis dans un monde et une société que j’essaie de comprendre. Je suis traversé par des choses et j’en parle. L’aspect qui est radicalement différent par rapport à Trust, c’est qu’il s’agit d’un album de chansons, plus encore que les quatre autres disques.

– D’ailleurs, ton avant-dernier album solo, « Organic », date de 2010. Ils sont tous très espacés depuis « Couleur Passion » en 1986. Est-ce que tu attends toujours le moment propice, celui de l’inspiration, ou ce sont tes autres activités qui guident un peu les sorties ?

Là, c’était vraiment une question d’opportunité. J’ai reçu un coup de fil un matin pendant la deuxième période Covid. On m’a proposé de faire un album solo, j’ai dit pourquoi pas et nous y sommes. Ca s’est vraiment passé aussi simplement que ça.

– Justement sur le même thème, notre époque incite clairement à la révolte, pour ne pas dire à la révolution, tant les injustices sont grandes et surtout n’épargnent pas grand-monde. J’imagine que cela doit aussi se bousculer dans ta tête au moment de coucher un texte. Tes choix se font sur ce qui te touche le plus et comment te places-tu par rapport à l’urgence de certains sujets ?

Il y a aussi une notion d’instant T. C’est très divers et varié. C’est ce qui est dans l’air, il n’y a pas de thématique appropriée ou de choses dont on peut parler spécifiquement. Une idée est quelque chose de volatile. 

Photo : Frédéric Dugit

– Izo, David Jacob et Jean-Pierre Bucolo et son dobro t’accompagnent et l’ensemble sonne très bluesy en dehors de du très beau piano/voix sur « A S’en Ouvrir Les Veines ». C’est plus facile de travailler avec une équipe restreinte ? Et est-ce cette tonalité était celle que tu avais en tête dès le départ ?

Oui et il y a même des choses Country sur l’album. Jean-Pierre est un ami depuis 1977. On est très proche et c’est un très grand compositeur. Il a apporté une manière différente de travailler, d’aborder les chansons. C’est vraiment une super expérience. Au final, en grande partie sur cet album, c’est la musique que j’écoute. J’ai un spectre d’écoute qui va de La Calas à Led Zeppelin. J’écoute énormément de Country comme du Rap colombien aussi. Je suis basiquement très curieux, comme pour tout dans la vie. Je n’ai jamais été dans une chapelle, je préfère les ponts que les murs. Durant cette période, on s’est beaucoup retrouvé chez moi, on a écouté de la Country, de choses comme ça. C’est pour ça qu’on a fait des morceaux avec juste un dobro et une voix. On a vraiment essayé des choses différentes.

Et c’est aussi plus facile de travailler en équipe restreinte dans la mesure où on n’est pas dans une contrainte de genre. Chacun peut vraiment amener toutes ses idées. Tout est bon à prendre et à essayer. Il y a des morceaux dans cet album qui ont été structurés et déstructurés trois/quatre fois jusqu’au dernier moment. Le morceau « Amy », par exemple, a été fait en cinq minutes, parce que notre ingénieur du son a eu l’intelligence de mettre un micro, lorsque nous avons improvisé le titre. On a fait deux prises et celle qui est sur l’album est la première. J’aime travailler comme ça, et que chacun puisse s’exprimer et exprimer sa différence. C’est essentiel ! C’est ce qui amène des couleurs et des tons différents.

– Un petit mot sur ce panneau qui sera sur scène et où sera indiqué : ‘On ne joue pas « Antisocial »’. Effectivement, il n’a rien à voir avec ton travail en solo, dont acte. J’aimerais juste savoir comment tu arrives à raviver l’envie de le chanter, plus de 40 ans après sa sortie ?

Oui, c’était une joke, parce que c’est quelque chose qu’on me demande à chaque concert. De toute façon, je ne mélange pas les choses. Maintenant, je souhaite à tous les artistes d’avoir une croix comme celle-là à porter.

Photo : Maury Golini

– Justement pour les concerts à venir, l’idée est de faire le focus sur ce nouvel album, ou est-ce que tu joueras également des morceaux de tes autres disques solos ?

Pour le moment, l’idée de travail est de jouer l’album tel qu’il est, c’est-à-dire sans batterie avec une formation où nous serons quatre avec David Jacob, Izo, Jean-Pierre Bucolo et moi-même. Izo va réaliser un gros travail de programmation que l’on va entrecouper avec une session acoustique et avec des anciens titres, bien sûr. En fait, les morceaux des autres albums solos seront abordés de cette manière et viendront s’intégrer au reste. C’est ça aussi qui est intéressant, de prendre juste une guitare acoustique sans autre ajout. On va essayer de monter une setlist pour se faire plaisir et aussi pour contenter les gens qui viendront aux concerts.

– Pour conclure, beaucoup se pose évidemment la question, car on a pu lire tout et n’importe quoi sur le sujet : qu’en est-il de Trust ? L’aventure va-t-elle continuer ?

Je ne sais pas. Quand on s’est reformé en 2016, on était parti pour jouer trois mois et on a joué deux ans et demi. En ce qui concerne « Re-Ci-Div », c’est différent, parce que j’avais eu cette idée en pleine période de pandémie où nous étions bloqués. Ca s’est passé pendant un déjeuner où j’ai soumis l’idée et le directeur du label, qui était là, a trouvé qu’elle était bonne et ça s’est monté comme ça. Mais je ne vois pas la nécessité d’en faire un systématisme pour les autres albums. Pour les trois premiers, c’était réjouissant et rigolo de le faire, c’était un challenge aussi, car on l’a fait en trois jours. En tout cas, l’adapter aux autres, on n’y a pas pensé.

L’album solo de BERNIE BONVOISIN, « Amo Et Odi », est disponible chez Verycords.

Retrouvez la chronique de l’album : https://rocknforce.com/bernie-bonvoisin-la-rage-au-coeur/

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Metal

Nita Strauss : guitariste caméléon

Particulièrement bien entourée, NITA STRAUSS signe pourtant son deuxième album en solo. Loin d’être seule donc, on retrouve pas moins de neuf chanteuses, chanteurs et musiciens invités sur les 14 titres de « The Call Of The Void ». La six-cordiste parcourt de nombreux courants du Metal de manière très judicieuse, explosive et avec panache. Très bien produite, cette nouvelle réalisation la fait sortir un peu de sa zone de confort et elle s’en accommode très bien.

NITA STRAUSS

« The Call Of The Void »

(Sumerian Records)

Doll Metal pour certains, virtuose pour d’autres, une chose est sûre : NITA STRAUSS ne laisse ni indifférent, ni insensible. Guitariste du grand Alice Cooper à qui elle doit l’essentiel de sa notoriété, et aussi dorénavant de Demi Lovato (!), l’Américaine est tout de même parvenue à donner une suite à « Controlled Chaos », son premier album sorti en 2018. Pour « The Call Of The Void », elle a misé sur les collaborations et la liste est très attractive et à dominante féminine pour les voix.

Musicalement et grâce aux nombreux invités, NITA STRAUSS propose un très large éventail au point que les styles se bousculent un peu. Hormis les morceaux sans la présence de guests et qui sont instrumentaux, il n’y a donc pas vraiment d’unité artistique sur « The Call Of The Void ». En revanche, sa faculté d’adaptation et la facilité avec laquelle elle se fond dans tous ces registres est plus que bluffante et confirme son grand talent. Elle sait tout faire et la démonstration est saisissante.

Les compositions instrumentales montrent une NITA STRAUSS au jeu très varié, à la fluidité et à la dextérité exemplaire. Sans être trop shred, elle impose son feeling avec classe (« Summer Storm », « Kintsugi »). Outre les très bons titres avec Lisa White-Gluz (« The Wolf You Feed »), Lzzy Hale (« Through The Noise »), on retiendra notamment « Victorious » chanté par Dorothy, « Winner Takes All » par le maître Alice Cooper et le duo avec Marty Friedman. Un bel et éclectique album de Metal.

Photo : Edwin Daboub
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Heavy metal

Withering Scorn : le respect des traditions

C’est en véritable patron que WITHERING SCORN livre son premier album. Vétérans de la scène Metal, les membres du combo maitrisent parfaitement leur sujet et entre riffs acérés, rythmique tendue et un chant accrocheur et incisif, « Prophets Of Demise » rend un bel hommage au Heavy Metal dans ce qu’il a de meilleur.

WITHERING SCORN

« Prophets Of Demise »

(Frontiers Music)

Il faut parfois franchir des frontières, et même des océans, pour trouver la bonne connexion et libérer les énergies. En créant WITHERING SCORN, les deux frères canadiens Glen (guitare) et Shawn (batterie) Drover ont recruté l’Américain Joe DiBiase (ex-Fates Warning) à la basse et c’est en Allemagne qu’ils ont déniché le frontman Henning Basse (ex-Metalium et Firewind), candidat idéal pour le poste.

A eux quatre et grâce à l’expérience acquise au sein de Megadeth, King Diamond, Eidolon ou encore Act Of Defiance, le groupe se montre affûté et redoutable d’efficacité. Avec à l’esprit l’intention de produire un pur album de Heavy Metal, WITHERING SCORN va à l’essentiel sans dévier d’un iota. Puissant, massif et véloce, il incarne de nombreux courants du style et, avec virtuosité et control, il avance tout en percussion.

Les repères, sans être prédominants, sont nombreux et nous rappellent au bon souvenir de Judas Priest (« Pick Up The Pieces »), Symphony X sur le morceau-titre et forcément aussi à la bande à Mustaine (« Dark Reflection »). Si le Heavy Metal de WITHERING SCORN tend vers une certaine tradition du genre, il flirte également avec le Power Metal (« The Vision ») et s’ouvre à des côtés très épiques (« Ancient Desire »). Enthousiasmant !

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Americana Roots Rock

Deer Tick : une élégance classieuse

De retour avec un album majestueux, DEER TICK de montre d’une remarquable efficacité et d’une fluidité sans faille. Le Roots Rock US de la formation de Providence est d’une créativité qu’elle n’avait jusqu’ici qu’effleuré même si le talent de la formation n’est plus à démontrer. « Emotional Contracts » est aussi authentique que très soigné.

DEER TICK

« Emotional Contracts »

(ATO/Pias)

L’air de rien, cela va déjà faire bientôt 20 ans que le songwriter, chanteur et guitariste John McCauley guide DEER TICK avec une inspiration qui va grandissante. Six ans après leurs deux albums (et non double-album) éponymes, les Américains donnent l’impression d’ouvrir un nouveau chapitre car, cette fois, l’écriture est plus collaborative et les morceaux soigneusement choisis parmi de très nombreuses démos.

Avec comme objectif de se rapprocher du son de ses prestations live, le groupe du Rhode Island s’est rendu dans les studios du gourou du Rock indépendant Dave Fridman (The Flaming Lips, Spoon) et le résultat est saisissant, tant on se sent proche des musiciens. Emprunt de Folk, de Blues et d’un soupçon d’Americana, le Roots Rock US de DEER TICK n’a jamais aussi bien sonné.  

Sur des textes toujours personnels et tourmentés qui résultent des nouvelles collaborations de John MCCauley, la dynamique présente et constante sur « Emotional Contracts » montre que DEER TICK est au sommet de son art. Il parvient à aller à l’essentiel sans pour autant épurer de trop son style (« If I Try To Leave », « Disgrace », « My Ship », « The Red Thing »). Rock, brut et délicat, ce huitième album est d’une énergie communicative.

Photo : CJ Harvey
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Hard Blues Hard Rock

Dolloster : l’art et la manière

Couvert d’un voile bluesy savoureux et chaleureux, le Hard Rock distillé par DOLLOSTER nous renvoie à une époque bénie du genre, tout en étant d’une modernité incontestable. Avec « New Tomorrow », les Français s’approprient de manière éclatante un style que se partagent toujours les Etats-Unis et l’Australie. Tonique et tout en feeling, la formation épate et fédère brillamment.

DOLLOSTER

« New Tomorrow »

(Independant)

L’hexagone compte très peu de groupes de Hard Rock à l’américaine, mais la poignée en activité fait bien plus que tenir la route. Il y a du niveau, une belle fraicheur et une inspiration qui s’inscrivent à la fois dans la lignée des formations d’outre-Atlantique, tout en présentant un son et une approche originale. Et en ce sens, c’est une sorte d’hérésie de voir que DOLLOSTER ne soit pas encore signé, ni placardé un peu partout.

En effet, après un premier opus en 2016, les Bordelais confirment leur marche en avant avec « New Tomorrow », 13 ans après leur formation. Une flopée de concerts plus tard, DOLLOSTER est un quatuor aguerri, technique et tout en maîtrise et il donne une version très actuelle du Hard Rock doré des 90’s. S’ils lorgnent du côté d’Extreme, Skid Row, Whitesnake, G N’R et même The Saints, The Angels ou Rose Tattoo, ils le font avec brio.

Doté d’un fougueux frontman, d’un guitariste d’expérience qui n’est pas sans rappeler George Lynch et d’une rythmique plein de groove et bien huilée, DOLLOSTER enchaîne les titres aux refrains imparables (« New Tomorrow », « Riot », « The Real Fighter », « Our Call Our Will », « Misfits », « Wich Way », « Ride The Tide » et une piquante reprise du « Hot Stuff » de Donna Summer). Très bien produit, cet album est un concentré de vitamines !

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Hard Rock Proto-Metal

Trip The Wire : sonic revival

Direction le Nord de la côte ouest américaine, dans l’état de Washington, avec TRIP THE WIRE, une jeune formation qui livre sa première production. Pourtant, on n’a pas vraiment affaire à des lapins de trois semaines. A la fois Hard, Heavy et résolument Metal et un brin Old School, « Trip The Wire » tient parfaitement la route et surtout ne s’encombre pas de fioritures.

TRIP THE WIRE

« Trip The Wire »

(Independant)

Originaire du Bronx à New-York où elle a grandi, Eve Clarke a pourtant traversé les Etats-Unis direction Seattle où elle a trouvé ses camarades de jeu. La guitariste et chanteuse est entourée de Dave Farell (guitare), Johnny Massey (basse) et de Rico Ybara (batterie) sur ce premier album éponyme et l’ensemble a plutôt fière allure. Entre Hard Rock et proto-Metal, TRIP THE WIRE est aussi Heavy que délicatement mélodique.

Le fait d’arborer sans détour des influences très 70’s et 80’s n’empêche pas le quatuor de se présenter avec dix morceaux très actuels et bien produits. Accrocheur et dynamique, « Trip The Wire » diffuse un bon groove sur une belle assurance. Quelque part entre Ann Wilson et The Runaways, le frontwoman ne manque pas de puissance et son côté un peu classique offre beaucoup de force à TRIP THE WIRE.

Car ce qui ressort des compositions des Américains, c’est une volonté et un plaisir de jouer, qui transpirent sur chaque note. Sans révolutionner le genre, le combo montre une belle variété dans ses titres (« In The Crossfire », « Anti Love », « Hurricane », « Step Nine »). Techniquement efficace et volontaire, TRIP THE WIRE joue sur la sincérité et ce premier opus devrait lui ouvrir bien des portes, car il est très fédérateur.

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Hard Rock Heavy metal

Fireborn : Metal combustion

En termes de Metal, l’Allemagne a toujours été un fleuron européen et elle le prouve une fois encore avec FIREBORN, nouveau venu sur la scène teutonne. Doté d’une chanteuse exceptionnelle, le combo ne devrait pas être très long à faire parler de lui hors de ses frontières. Heavy et assez Rock aussi, « Reflections » surprend par sa maturité et procure de belles sensations.

FIREBORN

« Reflections »

(Deko Entertainment/Atomic Fire Records)

Ayant opéré quelques temps sous le nom de Dislike Silence et après avoir effectué quelques changements de personnel, FIREBORN surgit avec un premier album entre Hard Rock et Heavy Metal. Et il faut reconnaitre que la surprise est belle. Guidés par leur chanteuse Jenny Gruber, les Allemands jouent avec beaucoup de modernité sur les styles et avancent sur de solides mélodies et un rythme d’enfer.

Et l’entrée en matière du quintet est plutôt musclée et dynamique. Sur un peu moins d’une heure, FIREBORN livrent 14 morceaux d’une belle variété en se montrant robuste et accrocheur. Enregistré en Suisse avec le producteur Schmier (Destruction, Burning Witches, Pänzer), « Reflections » bénéficie de très beaux atouts parfaitement mis en lumière par un remarquable travail sur le son, ce qui le rend massif et vivant.

Malgré sa jeunesse, la frontwoman impressionne par sa puissance et s’il fallait la situer, on pense à Doro surtout et à Lzzy Hale d’Halestorm souvent. Mais l’essentiel réside dans la créativité dont fait preuve FIREBORN. Les guitares sont affûtées à souhait, les riffs racés et la rythmique galopante. Le groupe affiche une belle assurance et se fait autant plaisir qu’il ravit par sa vélocité et l’émotion qu’il dégage. Une belle claque !

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Glam Metal Sleaze

Blazon Fire : atteinte aux bonnes mœurs

Rock ou Metal, le Glam reste le style le plus festif de ces deux genres. Et s’il a connu ses années de gloire, notamment du côté de Los Angeles, il y a quelques décennies, certains s’accrochent toujours à cet esprit joyeux et décadrant, sans limite et aux textes volontairement excessifs. C’est ce qu’offre BLAZON FIRE avec son nouvel opus, « The Dark Side Of The Pussy ». Alors, si tu aimes les paillettes, les quatre Français vont t’en faire bouffer !

BLAZON FIRE

« The Dark Side Of The Pussy »

(Independent/Distrokid)

Terre de Glam Metal s’il en est, la Moselle très toujours très saillante en la matière, on le sait ! Pour son troisième album, BLAZON FIRE explose les conventions et offre carrément 14 morceaux portés par l’outrance, la provocation et transgresse avec un grand sourire tout ce qui se conforme aux normes actuelles. Du Glam, quoi ! Ancré musicalement dans les 80’s et 90’s, les Mötley Crue d’hier et les Steel Panther d’aujourd’hui donnent presque l’impression de faire dans la dentelle.

Si les textes sont clairement crus et sans équivoque, la musique de BLAZON FIRE aspire à la détente alors, sauf si vos enfants sont bilingues, invitez-les à se rapprocher des enceintes. Il n’est jamais trop tôt pour se familiariser avec ce Metal/Rock gavé de fun, de bonnes ondes et, forcément, de soleil. Et il faut reconnaître aussi que nos gaillards ont opéré une quasi-transformation technique et le niveau de jeu du quatuor s’est considérablement professionnalisé depuis sa formation en 2015.

Sérieusement, mais sévèrement plongés dans la déconne, nos French Glamers enquillent les compos aux titres très évocateurs avec une pêche d’enfer (« Shaved Balls », « Mega Bukkake », « Fistin’ Chapel », « Orgy In Hell », « Speed Sex Cocaine », « Spermbag », …) Vocalement, il y a un air de ressemblance flagrant avec le Vince Neil de la première époque et musicalement, les influences californiennes dominent (Ratt, Poison, …). Cependant, BLAZON FIRE a trouvé son style et s’en sort plus que bien.

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Blues Metal Progressif Rock

United Guitars : les cordes sensibles

Mené de main de maître depuis quatre ans et autant d’albums, le vaisseau UNITED GUITARS vogue toujours au rythme des riffs, des solos et des chorus envoûtants de celles et ceux qui viennent se greffer à ce projet au départ un peu fou. Parfaitement produit, comme toujours, « #4 » nous fait parcourir l’univers de cette trentaine de guitaristes et le voyage est encore une fois enchanteur.

UNITED GUITARS

« #4 »

(Mistiroux Productions)

Chez UNITED GUITARS, on ne fait jamais les choses à moitié. Depuis le début de l’aventure en 2019, Ludovic Egraz et sa compagne et productrice Olivia Rivasseau ont livré quatre doubles-albums, dont voici le petit dernier. Et comme on ne change pas les bonnes habitudes, pas moins de 33 guitaristes se relaient sur deux bonnes heures de musique, où un grand nombre de styles sont abordés avec classe et une dextérité de chaque instant.

Chaque volume réservant son lot de surprises, « #4 » ne déroge pas à la règle. Et lorsque l’on connait le principe de base d’UNITED GUITARS, celle-ci est de taille. En effet, presqu’érigé en règle immuable, les précédentes réalisations étaient entièrement instrumentales, l’objectif étant de se mettre au service de la six-codes avant tout. Avec « Stay Real », Jessie Lee Houllier s’invite au chant pour un Blues Rock au groove imparable… et à trois guitares !

Tout en finesse et virtuosité, « #4 » nous invite notamment à faire connaissance avec le bluesman Robben Ford, le jeune prodige russe Max Ostro ou encore le Canadien Nick Johnston. Et UNITED GUITARS garde toujours une petite place pour ses habitués dont Yvan Guillevic (Heart Line), Saturax, NeoGeoFanatic ou Youri de Groote, toujours aussi créatifs. Soutenu par une rythmique royale, ces musiciens-là ne manquent vraiment pas de maestria.

Jessie Lee Houllier, LA chanteuse de l’album – Photo : La Chaîne Guitare
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Contemporary Blues

Monster Mike Welch : in full light

Il est l’un des bluesmen les plus brillants de sa génération et malgré tout, il est aussi d’une discrétion presqu’indécente. MONSTER MIKE WELCH impressionne autant qu’il séduit le monde du Blues depuis presque trois décennies. Enregistré en Californie, « Nothing But Tim » est l’un des disques les plus personnels de l’artiste du Massachussetts et il éblouit par la classe qu’il diffuse.

MONSTER MIKE WELCH

« Nothing But Time »

(Gulf Coast Records)

Surnommé ‘Monster Mike’ à l’âge de 13 ans par Mr Dan Aykroyd des légendaires Blues Brothers, MIKE WELCH a depuis fait du chemin et mené une belle et grande carrière. Originaire de Boston, le guitariste, chanteur et songwriter marque de son empreinte le Blues contemporain qu’il parvient à rendre lumineux grâce à son inimitable signature électrique et un toucher unique, qui le rend si identifiable.

« Nothing But Time » est son huitième album sous son nom, mais MONSTER MIKE WELCH est un musicien plus que chevronné de la scène Blues américaine. Multi-nominé et récompensé à plusieurs reprises, il a œuvré entre autres plus de 15 ans au sein de Sugar Ray And The Bluetone et enregistré avec de nombreuses pointures du genre. Ayant combattu un Covid long pendant de très longs mois, il pensait son avenir incertain, et pourtant…

Présentant 14 morceaux, dont deux reprises de Robert Johnson, une de George Harrison et un autre de Buddy Guy, le virtuose brille surtout sur ses propres compositions, où sa dextérité et son feeling célèbrent la beauté du Blues (« Walking To You Baby », « I Ain’t Sayin’ », « Losing Every Battle », « Hard To Get Along With », « Jump For Joy »). MONSTER MIKE WELCH fait un retour rayonnant et son jeu est juste exceptionnel. Une merveille !

Photo : Jo Welch