Incisif et frontal, le HardCore de PARLOR semble avoir franchi un palier grâce à des nouveaux titres acérés et imposants, magnifiquement servis par une production aux petits oignons où rien n’est laissé au hasard. « Comments » montre un quatuor parisien très combatif et l’ensemble mérite bien un gros Like… ou un rapide commentaire !
PARLOR
« Comments »
(Source Atone Records)
Que la récente panne géante et mondiale de Facebook et de ses réseaux annexes a dû bien faire rigoler les membres de PARLOR ! Car sur « Comments », le quatuor passe au vitriol les addictions aux commentaires et autres Likes que beaucoup déversent au quotidien. Satirique et plein d’humour, ce nouvel EP pose un regard brutal, HardCore et décalé sur ce phénomène ambiant.
Après une démo (2017) et un album (« Softly » en 2019), c’est donc avec un EP six-titres de 20 minutes intenses que PARLOR refait surface. Si le combo revendique un Chaotic HardCore, ce sont surtout des morceaux bien ficelés, massifs et très structurés qui composent « Comments » (« Dive In Motion », « Fighting The Blue »). Le songwriting s’avère ici redoutable.
En se frottant au Punk HardCore et au post-Metal, PARLOR élargit encore un peu plus son spectre et s’ouvre bien des horizons (« Pervitine »). Grâce à un chant hargneux et volontaire, les morceaux du quatuor prennent un volume conséquent et la massive rythmique, ainsi que les riffs tranchants développent parfaitement l’ensemble (« Instacat », « Comments », « Q & A »). Moins chaotique, certes, mais plus mordant !
Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !
LORDS OF BLACK – « Alchemy Of Souls, Pt II »– Frontiers Music
Formé en Espagne en 2014, LORDS OF BLACK n’est autre que le groupe du chanteur Ronnie Romero (Sunstorm, The Ferrymen) qui œuvra aussi aux côtés du légendaire Ritchie Blackmore lors de la reformation de Rainbow. Autant dire que le frontman possède un solide bagage, qui prend une dimension incroyable sur cette deuxième partie de « Alchemy Of Souls », après un premier volume l’an dernier. Auteur d’une prestation puissante, faisant clairement penser à feu-Ronnie James Dio, il forme un formidable duo avec Tony Hernando (guitare, claviers, compositions). Et en quatuor, les Ibériques présentent un Heavy Metal racé et mélodique avec des passages progressifs très bien sentis. Epique et très bien produit, ce troisième opus vient hisser LORDS OF BLACK au rang des meilleurs groupes actuels du genre.
WAYWARD SONS – «Even Up The Score » – Frontiers Music
L’ancien chanteur des Little Angels, Toby Jepson, est de retour avec le troisième album de son groupe WAYWARD SONS. Et le chanteur, guitariste et producteur anglais livre de nouveau une prestation haute en couleur et terriblement Rock’n’Roll. Avec une énergie sans faille, le groupe assène un Hard Rock rafraîchissant et tonique en s’inspirant de ses références issues des 70’s et des 80’s. Loin d’être nostalgique ou passéiste, « Even Up The Score » est au contraire très actuel avec ce grain de folie présent jusque sur la pochette. Gros riffs et rythmiques sauvages accompagnent le frontman, dont le songwriting est aussi efficace et relevé que sa performance. WAYWARD SONS commence à s’inscrire dans la durée et de belle manière. Les Britanniques épatent !
Grace à une constante évolution depuis « Escape The Mind » en 2015, les Mexicaines de THE WARNING se sont forgé une solide réputation dans le milieu du Rock. Avant de sortir un album très attendu l’an prochain, le trio de Monterrey livre un EP de six titres, « Mayday », inspiré et explosif, et qui devrait séduire les foules.
THE WARNING
« Mayday »
(Lava Records)
Si les fratries sont assez fréquentes dans le monde du Rock, les sororités le sont beaucoup moins. Et c’est le cas pour les sœurs Villareal, Daniela (guitare, chant), Paulina (batterie, chant) et Alejandra (basse, chant), qui, depuis quelques années, font vibrer leur Mexique natal et même au-delà. Avec un troisième album à venir en 2022, THE WARNING monte doucement en volume.
En raison de la pandémie, le trio féminin se présente avec « Mayday », un EP de six titres dont on retrouvera les morceaux sur le futur opus qui en comptera le double. Enregistré aux Etats-Unis dans le New-Jersey avec le producteur David Bendeth (Of Mice And Men, Sleeping With Sirens) aux manettes, THE WARNING déroule un power Rock très Hard plutôt costaud.
Disponible uniquement sur les plates-formes en attendant l’album, « Mayday » compte de solides compositions (« Disciple », « Evolve », « Z ») aux refrains très accrocheurs et percutants (« Choke », « Aminosity »). Les Mexicaines ont un vrai talent pour les refrains entêtants, tout en privilégiant une belle puissance de feu à de la technique pure. THE WARNING s’apprête à entrer dans la cour des grand(e)s.
ZAC HARMON est l’incarnation-même du son du Mississippi et il transmet un puissant message Soul de son Blues. Guitariste hors-pair, brillant chanteur et songwriter très instinctif, son talent resplendit sur ce nouvel album, « Long As I Got My Guitar », aussi expressif que soyeux et captivant. Sur les dix morceaux, la douceur est électrique et lancinante.
ZAC HARMON
« Long As I Got My Guitar »
(Catfood Records)
Né à Jackson dans le Mississippi, ZAC HARMON a baigné depuis son plus jeune âge dans le Blues et c’est très naturellement qu’il embrasse une carrière professionnelle dès ses 16 ans. C’est en tant que guitariste qu’il fait ses premières armes avant de s’envoler pour Los Angeles où il travaille comme musicien de studio, puis auteur-compositeur et enfin comme producteur.
Il faut attendre 2003 pour le bluesman sorte son premier album solo, « Live At Babe & Ricky’s Inn », un véritable hommage au son et à la musique de son Mississippi natal. Aujourd’hui basé au Texas, ZAC HARMON sort son premier album sur le label Catfood Records, dont le propriétaire, Bob Trenchard, co-signe d’ailleurs plusieurs morceaux de ce très bon « Long As I Got My Guitar ».
Accompagné par le groupe The Rays et ses deux incroyables choristes, l’Américain distille un Blues contemporain mêlé à ses racines familiales, ainsi qu’à une Soul aussi douce que son jeu est électrisant. Doté d’une voix profond et chaude, ZAC HARMON se pose en virtuose de la six-cordes, et son feeling n’a d’égal que sa dextérité. « Long As I Got My Guitar » est tout simplement envoûtant et apaisant.
C’est avec un dixième album et une sérieuse envie d’en découdre que se présente NO ONE IS INNOCENT avec « Ennemis ». Près de 30 ans après leur formation, les Parisiens n’ont pas levé le pied et continuent leur ‘Combat Rock’, imperturbables aux modes et plus que jamais attentifs à notre société. Kemar, emblématique chanteur du groupe, revient sur l’élaboration de ce nouvel opus et livre aussi sur sa vision d’une époque en perdition. Le frontman a une fois encore trempé une plume acide, afin de livrer des textes engagés et directs. Entretien.
– Commençons par le titre de ce nouvel album, « Ennemis ». D’autres groupes s’y sont déjà essayés, mais il était toujours question de fiction ou d’histoires. Or là, vous les pointez du doigt certaines choses, laissant place à la réalité. Certes, vous êtes un groupe engagé depuis vos débuts, mais on vous sent beaucoup plus virulents. Et « Ennemis » est un titre très violent quand on y pense, non ?
C’est finalement un titre qui est en rapport avec l’évolution de la société médiatique, politique et économique… Il y a dans tous les titres cette notion d’ennemis qui transpire un peu à chaque fois, comme dans « Force du Désordre », « Humiliation », « Bulldozer »… En fait, ça revenait dans les discussions qu’on avait entre nous, et j’ai un peu synthétisé tout ça. Et puis, on a aussi senti qu’en ce moment il y avait des gens qui avaient une espèce de désir d’exister absolue avec cette tentation permanente de désigner un ennemi. Aujourd’hui, on existe constamment en désignant un ennemi ! Je pourrais t’en citer plusieurs qui sont justement dans cette position. On ne désigne plus les amis et c’est hyper-dérangeant.
– En parlant de cet engagement que vous nourrissez depuis votre premier album, j’ai l’impression que c’est votre disque le plus politique, au sens noble du terme, jusqu’à ce jour. L’état de la société et le comportement de certains sont au cœur d’ « Ennemis ». Et vous dressez un constat, que je partage, très sombre et aussi très colérique pour ne pas dire plus. Il est grand temps de se réveiller ?
Oui, par rapport à des choses qu’on a banalisé. Aujourd’hui, on laisse une Marine Le Pen dire tout et n’importe quoi, on laisse un Zemmour aux télés, aux radios et à la candidature présidentielle, alors qu’il a été condamné pour incitation à la haine raciale et on laisse un Sarkozy faire la promo de son bouquin, alors qu’il a pris un an de prison ferme ! Il y a des choses dans la fonction politique qui déconnent et on banalise tout ça. On aurait pu donner à cet album un titre autour de la banalisation de plein de choses. C’est vrai qu’avec notre musique, on essaie de pointer du doigt tout ça pour alerter un peu.
– Depuis la sortie de « Frankenstein » il y a maintenant trois ans, notre société a subi beaucoup de choses, qui vont de la pandémie bien sûr jusqu’aux actions gouvernementales en France, mais aussi partout dans le monde (George Floyd, Black Live Matters, …). On ne vous a rarement senti si vindicatifs et rageurs. Et pourtant, on a encore le sentiment que vous en avez encore sous le pied. « Ennemis » aurait presque pu être beaucoup plus long, non ?
Oui, mais nous ne sommes pas le supermarché de l’engagement ! Ce qui nous importe avant tout, c’est d’écrire de la bonne musique ! C’est notre métier à la base. Sans bonne musique, a cappella, je ne ressemble à rien, tu vois ? (Rires)
– Sur « Ennemis », on retrouve Charles de Schutter à la production avec Shanka. C’est lui qui avait réalisé « Drugstore » (que je considère d’ailleurs comme votre meilleur album) et on retrouve ce son direct, brut et très massif. Là encore, il n’y a aucune fioriture et des arrangements très efficaces. On sent une certaine urgence dans vos morceaux. C’est ce que vous aviez en tête dès le début de la composition, puis de l’enregistrement ?
C’est très bizarre, car nous avons beaucoup composé pendant la période de confinement. Dans notre rythme, il n’y avait pas de notion d’urgence. Nous nous sommes focalisés sur le son en nous demandant ce que nous pouvions écrire et ce qui pourrait nous surprendre. Shanka est allé chercher un peu du côté des musiques orientales et indiennes notamment. Peut-être que les gens ne vont pas capter toute de suite ces influences-là, mais en tout cas, elles ont été déterminantes sur « Force du Désordre », « Armistice » ou certains mouvements dans « Les Hyènes de L’info », par exemple. On voulait aller chercher un peu ailleurs pour les intégrer aux compos et pas forcément seulement au son.
– Cela n’empêche nullement le gros travail que vous avez effectué sur la production, qui est très soignée. Et puis, il y a cette irrésistible impression d’énergie live et toujours très fédératrice et communicative. Vous pensez à la scène en composant vos morceaux, car certains refrains vont faire très mal…
On a un mode de fonctionnement bien à nous. Il faut aussi savoir que nous sommes toujours de l’école du riff. On cherche encore le riff ultime, c’est toujours notre démarche. Il faut que la compo, à un moment donné, fasse bouger le chanteur physiquement. C’est un mot d’ordre chez nous. Tout le monde le sait et tout le monde le sent. Quand je commence à ressentir quelque chose, c’est que c’est bon.
– Il y a aussi « Armistice », qui se place au milieu de l’album et qui est une sorte d’interlude. Pourtant, et malgré son titre, on ne sent pas beaucoup de sérénité…
Il l’est dans le sens où, tout autour, c’est la guerre. Au départ, j’avais proposé à Shanka de chanter un morceau avec moi, car j’aimais bien l’idée. Il n’était pas très chaud, alors je lui ai proposé de regarder parmi tous ses instruments quelque chose qui pourrait sortir de l’ordinaire. On avait comme référence « Planet Caravan » de Black Sabbath. Et comme depuis quelques temps, il s’est mis à la viole de gambe, et qu’il est extrêmement doué, on lui a laissé toute liberté, car ça nous plaisait beaucoup et nous avions aussi besoin d’un morceau comme ça.
– A propos de scène, vous qui donnez l’impression de ne jamais vous arrêter, le confinement, puis la privation de concerts, ont dû avoir un énorme impact sur le groupe. Comment avez-vous vécu cette (trop) longue période de repos forcé ?
On a eu de la chance, parce que nous avons terminé la tournée fin 2019 et quand le confinement est arrivé, on avait déjà commencé à composer un peu le nouvel album. On n’a pas du tout ressenti de frustration live, parce qu’on était pleinement dans l’élaboration d’ « Ennemis ». Finalement, ça a été un moment de réflexion. Personnellement, ça m’a fait beaucoup de bien, car j’ai besoin que mon corps et mon cerveau soient hyper-posés pour être bien et composer. Paradoxalement, ce confinement nous a fait du bien.
– D’ailleurs, je me posais la question récemment. Je vous suis depuis vos tout débuts et c’est toujours assez difficile de nous définir. Rock, Hard-Core ou Metal, votre leitmotiv reste le combat, la revendication et surtout la prise de conscience, non ? C’est quelque chose qui ne vous quitte pas…
Oui, c’est vrai. Dans une démarche de compo, je dis souvent aux gars qu’il faut que notre musique raconte une histoire. Même si j’ai des thèmes dans mes tiroirs, j’ai besoin que l’instrumental raconte déjà une histoire. C’est ça qui fait qu’on arrive à donner un vrai liant entre ce qui est raconté et ce qui est joué.
– « Ennemis » est aussi votre dixième album studio. C’est toujours un cap particulier dans la carrière d’un groupe, car il marque une étape importante. Vous y avez pensé, ou pas du tout ? Vous aviez la volonté de marquer encore plus les esprits avec « Ennemis » ?
Non, on n’est pas dans le comptage ou la nostalgie. L’album n’est pas plus important qu’un autre. Il marque l’histoire d’un groupe qui est ensemble depuis des années, qui construit ensemble et qui se connait bien. Nous avons une façon de composer apaisante. Il n’y a pas d’histoire égo entre nous, car on cherche le meilleur de nous-mêmes. C’est juste la bonne évolution d’un groupe qui aime faire de la musique ensemble.
– En 2021, la scène musicale française n’est plus aussi contestataire ou engagée comme elle a pu l’être par le passé, alors que nous vivons dans une société de plus en plus inégalitaire. Comment l’expliques-tu, alors que les intérêts ont changé pour devenir essentiellement individuel au détriment du bien-être collectif ?
Il y a une grosse influence des réseaux sociaux. La consommation de la musique n’est plus la même, on est plutôt dans la quantité que dans la qualité. Aujourd’hui, il faut produire, produire, produire… On est peut-être moins dans l’exigence au niveau de la qualité de la musique. Après, l’engagement fait partie de l’ADN d’un groupe, ou pas…
– Oui, mais pourtant dans les années 80 et 90, c’était quand même autre chose…
Oui, c’est vrai. On était aussi poussé par des groupes comme Rage Against The Machine, Nirvana et d’autres qui ont été moteurs à leur façon d’un certain engagement propre à chacun d’eux. Et malheureusement, il y a aussi eu l’avènement d’un Hip-Hop, d’une Trap Music qui ne veut plus rien dire, qui n’explique plus rien, qui se noie dans de la prod’ minimaliste et des textes qui n’ont plus de sens. Alors, tout d’un coup, tu as une nouvelle génération très influencée par tout ça et qui se perd dans une espèce de truc mielleux et mièvre. Finalement, c’est très contradictoire car, aujourd’hui, il devrait y avoir de la colère partout. Cela dit, l’exposition médiatique de musiques comme la nôtre ou d’un Hip-Hop un peu rageur n’existe pas, parce qu’il faut que ce soit lisse, il ne faut pas que ça déborde et il ne faut pas trop d’engagement. En fait, ça ne donne peut-être pas envie à une nouvelle génération d’aller vers cette forme-là de musique, parce qu’ils savent pertinemment qu’ils vont rester dans une niche et dans l’ombre. Nous, ça fait 30 ans qu’on est là. On s’est construit autour de ça et c’est peut-être plus facile d’être écouté par rapport à un groupe qui commence aujourd’hui, ou même il y a cinq ans.
« Ennemis » de NO ONE IS INNOCENT est disponible depuis le 1er octobre chez Verycords.
Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !
ECLIPSE – « Wired » – Frontiers Music
Sur la lancée et la belle dynamique du très bon « Paradigm » sorti en 2019, les Suédois d’ECLIPSE semblent à un sommet de leur carrière. Musicalement musclé et massif, « Wired » confirme l’élan du quatuor et sa maîtrise d’un Hard Rock à la fois mélodique et puissant. Erik Martensson (chant) et ses comparses ont écumé les scènes du monde entier ces dernières années et cela s’en ressent fortement dans la composition très live et énergique de ce neuvième album studio. Les onze titres de « Wired » s’inscrivent dans un registre où la tradition côtoie la modernité et où les riffs acérés rivalisent avec des solos millimétrés et des refrains entêtants et fédérateurs. ECLIPSE a visé juste et tape dans le mille avec un opus vigoureux et enthousiasmant.
JEFF SCOTT SOTO – « The Duets Collection – Volume » – Frontiers Music
Des deux premiers albums de Malmsteen à son arrivée récente chez Sons Of Apollo, la carrière du frontman JEFF SCOTT SOTO suit admirablement son cours et est même plutôt ascensionnelle. L’Américain d’origine portoricaine ne laisse jamais indifférent et les fans de Talisman, Soul Sirkus, Eyes, Axel Rudi Pell, Humanimal ou Journey et Takara peuvent en témoigner. Et si le chanteur a décidé de reprendre quelques uns des morceaux qui ont émaillé son parcours, il le fait en duo avec quelques amis triés sur le volet. On retrouve donc avec plaisir Erik Martensson (Eclipse), Eric Martin (Mr Big), Nathan James (Inglorious), Deen Castronovo (Journey), Russell Allen (Symphony X), Johnny Gioeli (Hardline) ou encore Mats Leven (Candlemass). Implacable et brillant, JEFF SCOTT SOTO a sorti le grand jeu.
Technique et puissant, ce premier album de TOWARD THE THONE est le fruit d’années de travail de la part du quatuor. Inspiré et très bien produit, « Vowed To Decline » offre un Death Metal, qui tend vers des registres atmosphériques et même Black avec des côtés épiques très dark. Solides et massifs dans leur jeu, les Français posent une véritable chape de plomb.
TOWARD THE THRONE
« Vowed To Decline »
(Metal East Production)
Les Alsaciens de TOWARD THE THRONE ne sont pas du genre à se précipiter et la sortie de ce premier album leur donne vraiment raison. Fondé en 2012, le quatuor a déjà sorti deux EP, mais s’est surtout consacré à la scène se forgeant ainsi une belle réputation. Loin d’être usurpée, celle-ci resplendit sur « Vowed To Decline » d’où émanent de nombreuses sensations.
Si les influences suédoises sont bel et bien présentes, TOWARD THE THRONE a cependant parfaitement réussi à se créer une identité propre et originale en jouant sur les émotions et les ambiances. Cela dit, le Death Metal atmosphérique des Français sait aussi se faire brutal en injectant dans son jeu une bonne dose de sonorités Black très lourdes, sombres et véloces.
Mixé par Gwen Kerjean au Slad Sound Studio (Loudblast) et masterisé part Victor Bullok au Woodshed Studio (Celtic Frost, Pestilence), « Vowed Ton Decline » présente une très bonne production, qui brille aussi par la puissance, la précision et la minutie de TOWARD THE THRONE (« Neogenesis », « The Ashes Of Pain », « Per Ignes Mortuus », « The Sorrow », « The Inevitable Trail Of The Fall »). Le quatuor a vu et fait les choses en grand.
Malgré un onzième album sorti l’an dernier, le quintet suédois a tenu à célébrer de belle manière ses trois décennies d’existence à travers un magnifique double-album, « Mnemosynean » (la déesse de la mémoire), où l’on peut voir le groupe grandir et affiner son style. KATATONIA trace sa route, va de l’avant et jette aujourd’hui un regard généreux dans le rétro.
KATATONIA
« Mnemosynean »
(Peaceville Records)
Après l’excellent « City Burials » sorti l’année dernière, KATATONIA a voulu faire un beau cadeau à ses fans avec « Mnemosynean », superbe double-album qui retrace 30 ans d’une carrière exceptionnelle en constante évolution. Ici, nullement question d’un Best-Of, mais plutôt d’une belle collection de titres inédits, rares, de reprises et de remixes étonnants.
Les 27 morceaux de « Mnemosynean » parcourent trois décennies d’une créativité assidue où le Doom, le dark, le Rock et le Metal Progressif s’entremêlent avec originalité et pertinence. Depuis leurs débuts sur la scène underground, Jonas Renkse et Anders Nyström, fondateurs et principaux artisans de KATATONIA, n’ont eu de cesse de faire évoluer le groupe avec élégance.
Traversant une période allant du premier album « Dance of December Souls » (1994) jusqu’aux sessions de « The Fall Of Hearts » sorti en 2016, les Suédois proposent de nombreuses faces B, mais aussi et surtout la totalité de leurs innombrables EP. Quelques reprises et des remixes collaboratifs viennent compléter « Mnemosynean » et montrent ô combien KATATONIA est un groupe aussi inspiré qu’incontournable.
Brian Forth, leader du groupe qui porte son nom, aurait pu trouver ses musiciens au Canada, son pays, mais c’est pourtant en Finlande qu’il est allé compléter son line-up. Racé et mélodique, le Rock US distillé sur ce troisième album éponyme de FORTH devrait séduire les aficionados de Rock Hard alternatif.
FORTH
« Forth »
(Secret Entertainment/Inverse Records)
Fan de Rock US, de Hard Rock et d’Alternative Rock, ce troisième album du quatuor FORTH devrait vous ravir tant il fait du bien. Certes, ce nouvel opus éponyme ne révolutionne pas le genre, et le groupe revendique même jouer un style qu’il qualifie lui-même de ‘Newstalgia’, ce qui est plutôt bien résumé. Traditionnel et moderne, « Frost » ne manque pas de piquant.
Fondé en 2010 par le chanteur et songwriter canadien Brian Forth, avec dans l’idée de mixer Hard Rock et Grunge, le Nord-Américain est allé trouver du renfort en Scandinavie et plus précisément en Finlande. Et FORTH est aujourd’hui composé de Tim Norrgrann (guitare), Kari Storckovius (batterie) et Mikael Söderbäck (basse), qui composent un quatuor de choc.
Après donc deux albums, « Road Stories » (2014) et « Captivity » (2019), qui ont reçu un bel accueil dans les charts finlandais, aux Etats-Unis, au Canada et en Espagne, FORTH a tous les atouts en main pour récidiver et assoir une stature réellement internationale, grâce aux très bons morceaux de cette nouvelle réalisation éponyme, d’ailleurs très bien produite.
Depuis les débuts de Rock’n Force, j’ai toujours dit qu’il n’y aurait jamais de publicité pour de grosses maisons de disques, de gros labels ou d’énormes manifestations. La raison est très simple : aucun d’eux n’a besoin de moi et puis… je doute que ce soit l’une de leurs priorités. Et aussi, il y a cette indépendance à laquelle je tiens plus que tout et qui n’est pas négociable. Et paf ! Qu’est-ce qu’il nous met juste au-dessus du logo du site ? Une bannière de pub ! Ben alors ? Trahison ! Retournement de veste ! Vendu ! Escroc ! En fait, pas du tout et c’est même tout le contraire.
Que tout le monde se rassure, je n’ai toujours pas changé de position sur le sujet. Cependant, étant un webzine complètement indépendant, je ne perçois donc aucune rémunération de qui que ce soit, ou de quelque forme que ce soit. Et comme je consacre de nombreuses chroniques et interviews aux groupes également indépendants et autoproduits, qui connaissent les mêmes difficultés, je me suis dit qu’un échange de bons procédés profiterait à tous.
L’objectif de la mise en place de cette bannière, dont le format ne changera pas et qui renvoie sur la page du groupe ou pour l’achat d’un album, est tout simplement de faire bénéficier à ceux dont j’ai déjà parlé (et qui le souhaitent !) la visibilité que Rock’n Force peut leur apporter, aussi modeste mais grandissante soit-elle. Cela dit, ce ne sera pas systématiquement pour promouvoir un album, par exemple, mais cela concernera tout ce qui touche au monde la musique… notamment celle qui nous intéresse ici.
Lorsque je parle d’échange de bons procédés, il faut que cela soit un minimum réciproque. J’adorerais être mécène, mais j’ai encore oublié de faire un Loto ! Ainsi, contre une somme vraiment modique, je proposerai l’emplacement de cette bannière à qui le souhaite, ce qui permettra à Rock’n Force de rester serein. Cela signifie payer les frais d’hébergement du site, le papier et l’encre de l’imprimante et de mon stylo plume. Il va sans dire que cela se traduira aussi par une chronique et/ou une interview du groupe présenté.
Voilà, petit changement dans la forme, mais certainement pas dans le fond ! La plupart des formations et autres dont je mettrai la bannière n’ont pas accès (ou alors contre des sommes assez élevées) aux médias nationaux ou aux autres webzines hautement plus recommandables. Comme au premier jour, Rock’n Force est là pour aider et soutenir la musique qui nous fait vibrer, en découvrir d’autres et leur laisser une petite place sous le soleil numérique !
Merci à toutes et à tous pour votre compréhension. Bonne lecture, restez curieux et soutenez les groupes que vous aimez !