Sincère et très soigné dans sa production, ce deuxième album de HIMMELLEGEME fait suite à « Myth Of Earth », qui avait valu de belles critiques au groupe norvégien. Très bien structurés, ces nouveaux morceaux évoluent dans un Rock Progressif atmosphérique aux arrangements minutieux. Assez sombre, « Variola Vera » est à la fois aérien et dynamique.
HIMMELLEGEME
« Variola Vera »
(Karisma Records)
S’il se dégage une mélancolie ambiante sur ce nouvel album des Norvégiens de HIMMELLEGEME, c’est probablement dû au thème de celui-ci qui s’articule autour de l’impact de l’homme sur la planète et de ses conséquences. On a vu plus joyeux, mais il faut reconnaître qu’une force et une puissance artistique émanent de « Variola Vera ».
Très atmosphérique et reprenant les codes d’un Rock Progressif assez classique, ce deuxième album des Scandinaves regorge de mélodies très travaillées, qui restent rapidement gravées (« Brother », « Let The Mother Burn ») Véritablement guidé par la voix de son chanteur, Aleksander Vormestrand, HIMMELLEGEME se montre créatif.
Grâce à la production très organique d’Anders Bjelland (Electric Eye, Hypertext), les morceaux de l’album bénéficient d’une profondeur musicale pleine d’émotion. Les riffs massifs et les solos très floydiens de Hein Alexander Olson offrent un relief tout en contraste à « Variola Vera » (« Blowing Raspberries », « Agafia »). HIMMELLEGEME livre un opus solide et élégant.
Déterminés, ALMA, originaire de Tours, livre « Time’s Running Out », un premier album fruit d’une expérience scénique conséquente. Son Hard-Core aux contours Metal, notamment Thrash, est direct et frontal et sa chanteuse rend encore un peu plus originale cette entrée en matière. Le quatuor avance avec une énergie débordante et un groove agressif.
ALMA
« Time’s Running Out »
(Independant)
Six ans après sa formation, dont quatre à écumer les scènes, auront été nécessaires à ALMA avant d’entrer en studio pour y enregistrer son premier album. Malgré quelques déboires dus à la pandémie, le quatuor a finalement pu sortir son premier effort entièrement autoproduit, qui sent bon la fureur du Metal Hard-Core.
Véloce et musclé, le jeu des Tourangeaux s’inscrit dans la tradition HxC américaine, avec toutefois de solides références aux courants Metal et plus particulièrement au Thrash estampillé 90’s. ALMA se fait brut et efficace, libérant une belle énergie sur des riffs tranchants et une rythmique puissante sur l’ensemble de « Time’s Running Out ».
L’autre atout de choc d’ALMA est sa frontwoman, Giny, dont le chant pour le moins rugueux électrise les morceaux de l’album. Avec un engagement totale et radical, elle apporte une touche de fraîcheur très pertinente (« Misdtrust », « Crypt », « Lasting Memories », « Mind Cell »). Avec « Time’s Running Out »), le combo de Tours livre une bonne première réalisation.
L’album est libre et disponible sur le Bandcamp du groupe :
Mixant habillement Symphonic et Power Metal, ETERNAL SILENCE sort un nouvel album dense et mélodique, six ans après son dernier effort. Le quintet italien, dont la chanteuse est un atout majeur, livre « Timegate Anathema », qui multiplie les atmosphères et avance tout en contraste. Une belle et solide réalisation.
ETERNAL SILENCE
« Timegate Anathema »
(Rockshots Records)
Si leur dernier album date de 2015 (« Chasing Chimera »), ETERNAL SILENCE a sorti pas moins de trois EP, dont « Renegades » l’an dernier. Le quintet italien peaufine depuis un petit moment ces nouveaux morceaux et, sans parler d’album-concept, « Timegate Anathema » s’articule autour du thème du temps et traverse plusieurs registres.
Soutenue au chant par son guitariste Alberto Cassina, la frontwoman Marika Vanni mène l’album grâce à une voix puissante et lipide. Mixé par Michele Guaitoli, ce troisième album tient toutes ses promesses et Alessio Sessa (basse), Andrea Zannin (batterie) et Enzo Criscuolo (guitare) sont pour beaucoup dans cet élan vigoureux qui anime ETERNAL SILENCE.
Les Transalpins ont misé sur une belle variété à travers dix titres très structurés, accrocheurs et véloces. Power Metal sur « The Way Of Time » et « My Soul Sad Until Death », plus dark et Heavy sur « Rain And Red Death Masquerade » et plus symphonique et mélodique sur « Glide In The Air », ETERNAL SILENCE montre une énergie constante très Metal (« Ancient Spirit »).
De la consistance, TIGERLEECH n’en manque pas. D’une densité incroyable, le quatuor livre un deuxième album où mélodies entêtantes se fondent dans une déferlante de riffs soutenus et d’une solide rythmique. La puissance du chant met en lumière des compos à l’impact évident. « Melancholy Bridge » secoue autant qu’il envoûte.
TIGERLEECH
« Melancholy Bridge »
(M&O Music)
Après deux EP et un premier album très bien accueilli (« The Edge Of The End » sorti en 2019), les Parisiens de TIGERLEECH reviennent avec un nouvel opus très abouti qui voit leur style évoluer avec une efficacité redoutable. Grâce à un songwriting resserré qui laisse aussi beaucoup de liberté, « Melancholy Bridge » propose un Stoner Rock racé aux contours Sludge brutal et Heavy.
Remarquablement bien produit, ce deuxième effort montre beaucoup d’assurance, de technicité et de maîtrise de la part de TIGERLEECH. Costaud et affûté, le quatuor alterne les passages rugueux, plus légers et planants sur des morceaux portés par de belles mélodies (« The Messenger », « We, As Smart We Are »). Et autour de textes assez sombres, une belle énergie vient envelopper « Melancholy Bridge ».
Une tonalité très Grunge se dégage aussi de l’album et elle est très clairement due à son frontman dont la voix écorchée n’est pas sans rappeler un certain Eddie Vedder. Mais grâce à des riffs racés et massifs, TIGERLEECH sait aussi durcir le ton sur des titres addictifs et entraînants (« Pieces Of Me », « Back From The Hereafter »). Le combo parisien signe un très bon album qui devrait sans aucun doute enflammer les scènes.
Toujours aussi protéiforme et envoûtant, CRYSTAL SPIDERS continue de tisser sa toile sur un deuxième album contrasté et inventif. Le registre Doom Rock et proto-Metal du duo américain a encore pris du volume en partie grâce à la présence de Mike Dean de Corrosion Of Conformity. « Morieris » est à la fois décapant et hypnotique.
CRYSTAL SPIDERS
« Morieris »
(Ripple Music)
Brenna Leah (basse, chant) et Tradd Yancey (batterie, chant) n’auront pas mis très longtemps à faire parler d’eux au-delà de leur Caroline du Nord natale. Après le très bon « Molt », son premier album sorti il y a tout juste un an, CRYSTAL SPIDERS est déjà de retour avec son successeur, « Morieris », encore plus consistant et créatif grâce, notamment, à la présence d’un invité de marque.
En effet, le duo a convié son ami, le producteur Mike Dean (bassiste de Corrosion Of Conformity) à composer et enregistrer les parties de guitares sur l’ensemble de l’album. Et le résultat est à la hauteur du talent du musicien. Il apporte ainsi un aspect plus progressif mais aussi plus sauvage au Doom Rock aux effluves proto-Metal de CRYSTAL SPIDERS. Sans perdre son identité, son espace musical s’étoffe.
Dans les vapeurs psychédéliques de « Morieris », un côté encore plus mystique se dégage des morceaux, qui se font plus profonds au fil de l’album (« Harness », « En Medias Res », « Maelstrom »). Toujours aussi lourd et massif, le désormais trio sait aussi frapper fort en restant très incisif (« Morieris »). A la fois Metal, bluesy, Doom et Rock, CRYSTAL SPIDERS est plus insaisissable que jamais.
Très aéré et remarquablement bien produit, ce premier album d’ORPHEUM BLACK est la vraie belle surprise de cette rentrée. Ancré dans un Rock aux atmosphères progressives et même Metal par moment, « Sequel(s) » étonne par la diversité dont il fait preuve. Sur cet album-concept, le groupe déroule un fil d’Ariane où la narration tient un rôle essentiel, tout comme le visuel sous toutes ses formes. Entretien avec Mélodie (chant, claviers) et Greg (chant, guitare)…
– Vous êtes tous originaires d’Orléans et vous vous connaissiez tous avant de monter ORPHEUM BLACK en 2019. L’année suivante, vous sortez « Act 1 » qui a été très bien accueilli. C’est le fait de partager une même vision musicale qui a autant accéléré les choses ?
Greg : En fait, au moment de monter le projet ORPHEUM BLACK, nous avions tous plus ou moins dix années de “vie de groupe » avec des tournées, des albums et des concerts à nos actifs. Romain (guitare – NDR) et moi étions dans le même groupe et, forcément, il y a des automatismes qui étaient toujours présents. Nous étions passionnés et excités à l’idée de reformer un groupe. Pour ma part, j’avais très envie de chanter avec Mélodie et cela m’a probablement donné des ailes pour avancer plus vite. Nous voulions tous remonter rapidement sur scène et nous nous sommes servis de nos expériences passées pour prendre quelques raccourcis et éviter certains pièges.
Mélodie : Effectivement, nous avions, dès le début du projet, la volonté de travailler sur des ambiances et un duo vocal. Nous avons tâtonné au départ, pour trouver un fil conducteur, une “patte” commune à laquelle chacun de nous puisse s’identifier, mais tout en ayant pour objectif de sortir un EP pour pouvoir rapidement proposer un contenu live cohérent, car c’est aussi ce qui nous anime !
– Malheureusement, comme beaucoup, vous avez été stoppés net par la pandémie. Comment avez-vous vécu cette période artistiquement très silencieuse ? Il semblerait que vous en ayez profité pour avancer encore plus sur votre projet…
Greg : A la base, « Sequel(s) » devait sortir à la rentrée 2020, nous avons donc écrit une bonne partie pendant la pandémie. Nous avons tâché de mettre à contribution tout ce temps dont nous disposions pour mettre en forme nos idées, beaucoup parler sur la direction à prendre et sur ce que nous voulions transmettre. Une bonne partie de l’album à été écrite pendant que nous étions bloqués chez nous sans nous voir. Heureusement, nous avons la chance d’être tous plus ou moins équipés d’un home-studio, ce qui nous a permis d’enregistrer des maquettes et de continuer à créer même à distance. Dès que nous avons pu nous revoir, nous avons passé beaucoup de temps ensemble, en studio, pour mettre nos idées en commun et relancer la dynamique que nous avions afin de tenir nos délais. Nous étions prêts pour la rentrée, mais nous nous sommes finalement abstenus de sortir l’album compte-tenu de l’ambiance “fin du monde”, et avons pris la décision de reporter d’une année. Nous étions donc en avance, il fallait que nous restions actifs et avons consacré ce temps à approfondir notre univers et en le liant à celui du cinéma, notamment par le biais des trois clips que nous avons sortis.
– Vous venez donc de sortir votre premier album, « Sequel(s) », qui est particulièrement réussi tant au niveau des compos que de la production. Commencer par un album-concept est assez audacieux. C’était l’idée de départ, ou est-ce que celle-ci a doucement fait son chemin ?
Greg : Disons que c’était d’abord une volonté de départ que de développer un projet artistique avec une approche holistique. Le nom ORPHEUM BLACK faisant référence au théâtre, nous voulions dès le départ aller “plus loin que la musique” sans trop savoir comment nous y prendre. Avec le report de la sortie de l’album, nous nous sommes vus gratifiés d’une année supplémentaire pour réfléchir et approfondir une histoire, créer des ponts entre les courts-métrages qui sont sortis…
Mélodie : Le brassage des arts faisait partie du “cahier des charges” initial. On trouve que c’est une vraie opportunité de collaborer avec des artistes réalisateurs, photographes, designers… Néanmoins, la mise en place de ces collaborations s’est pensée au fur et a mesure, et nous sommes en perpétuelle réflexion sur la suite !
– L’album est musicalement très riche avec beaucoup de variations, des atmosphères Rock très appuyées et des passages très aériens. Et « Sequel(s) » est un disque très narratif dans sa progression. Pourriez-vous nous parler de cet univers si particulier ?
Greg : Avec notre premier EP, nous ne savions pas trop où aller et nous avons voulu expérimenter, sur cinq morceaux, le champ des possibles : de la ballade Rock au Metal plus intense. Avec « Sequel(s) », nous avons affiné notre style en nous concentrant sur ce qui fait la “touch” ORPHEUM BLACK, à savoir les ambiances, les atmosphères et le duo vocal. Dans l’ensemble, la ligne directrice fut de composer des morceaux aux structures peu complexes, mais fortement arrangées et enrichies tout en explorant d’autres aspects qui nous étaient encore inconnus, comme l’intégration de cordes frottées, de machines, de piano…
– « Sequel(s) » a été composé comme une odyssée et il existe une vraie connexion entre les morceaux. Justement, vous avez conçu l’album de manière globale, ou titre par titre ?
Greg : Un des thèmes principaux de l’album est “la connexion”. A la base, les morceaux ont pour la plupart été pensés indépendamment, mais à mesure que nous avancions, nous avons cherché à créer du liant entre eux. Cela passe bien sûr par l’histoire que nous racontons au fil des neuf chansons, mais les plus curieux trouveront des connexions “inter-morceaux” au niveau des champs lexicaux, des sons utilisés, des arrangements… Il y a même des lignes de chant et des thèmes qui sont réutilisés (le refrain de « Strangest Dream » repris dans le morceau qui clôture l’album, « Way Back Home »).
Mélodie : Cela permet d’avoir deux niveaux de lecture de nos morceaux : celui du texte isolé, et ce qu’il raconte dans son contexte. Chaque titre peut vivre indépendamment et raconte une histoire qui peut parler à chacun !
– Vous dites vous inspirer de références cinématographiques et théâtrales. Comment est-ce que cela se traduit dans votre approche de l’écriture et de la composition notamment ?
Greg : Il faut imaginer ces neuf morceaux comme la bande originale d’épisodes d’une même série. Comme au cinéma, il y a des alternances entre les moments plus intenses et les moments plus calmes, des cliffhangers, des résolutions… Cela passe également par la façon dont nous avons tourné nos clips, notre volonté d’avoir travaillé avec différents réalisateurs aux pattes bien distinctes, les visuels, la pochette de l’album qui ressemble à une affiche de film…
– L’une des particularités d’ORPHEUM BLACK est aussi cette dualité vocale, féminine et masculine. Comment travaillez-vous les parties de chant ? Et comment vous répartissez-vous les rôles et est-ce que chacun écrit ses propres parties ?
Greg : En parallèle de l’instrumental, avec Mélodie, nous nous voyons à part et nous discutons (beaucoup !) des thèmes que nous voudrions aborder. Nous sommes très proches dans la vie également et cela facilite ce processus, c’est une vraie force que nous mettons à contribution de l’écriture. Puis, lorsque nous sommes d’accord, soit nous écrivons à deux, soit l’un de nous apporte les éléments de base, puis nous les modifions à deux. Enfin, nous trouvons une top-line et cherchons des harmonies possibles lorsque c’est nécessaire. Puis nous mettons tout en commun sur les temps de répétition, afin de faire valider par tout le monde.
Mélodie : Au-delà de l’écriture, il y a tout un travail sur l’harmonisation musicale. Nous avons mis du temps à trouver un bon équilibre, nos deux voix sont complémentaires la plupart du temps, mais nous essayons aussi d’utiliser nos différences pour renforcer les nuances, et c’est sur chaque nouveau titre un nouveau challenge !
– Enfin, vous mettez également l’accent sur les vidéos qui semblent même indissociables de l’univers d’ORPHEUM BLACK. Vous le voyez comme un prolongement de l’album, ou plutôt comme un complément ?
Greg : L’écriture des textes a beau être abstraite, l’image force un niveau de lecture bien spécifique. L’aspect graphique, qu’il s’agisse des clips ou des visuels, nous permet de créer une autre porte d’entrée vers notre univers. J’invite volontiers les gens qui veulent se plonger dans ce que nous avons à proposer à visionner les clips, dans l’ordre si possible (« Strangest Dream », « Unsaid Forever », « Together and Alone » et… le petit prochain qui arrive courant novembre !). Ils sont à la fois complémentaires… et indissociables !
« Sequel(s) », l’album d’ORPHEUM BLACK, est disponible depuis le 24 septembre chez Blood Blast.
Véritablement enivrant, ce quatrième album des Texans de DUEL prend un relief saisissant au fil des morceaux. Très massif, « In Carne Persona » s’empare des codes du Hard Rock et du Heavy Metal à travers une production vintage et moderne à la fois. Fédérateur et envoûtant, le quatuor balance des riffs très costauds sur des refrains terriblement efficaces.
DUEL
« In Carne Persona »
(Heavy Psych Sounds Records)
Dans la torpeur d’Austin, Texas, DUEL a soigneusement concocté un quatrième album décapant et irrésistible. Depuis 2016 et « Fears Of The Dead », son premier effort, le quatuor américain n’a de cesse de repousser les limites du Hard Rock et du Heavy Metal dans un esprit hyper-groovy, rappelant avec une touche vintage les belles heures des années 70 et 80. Un revival très actuel réjouissant !
Si on pouvait déjà entendre ce style il y a quatre ou cinq décennies chez Thin Lizzy, Kiss ou Maiden, on a vraiment le sentiment que DUEL vient d’allumer la lumière et de passer à la couleur. Flamboyant et mélodique, les Texans assènent leurs riffs démoniaques sur des morceaux entêtants aussi sombres que fun dans les textes.
Sur « In Carne Persona », il est question de magie noire, de sexe, de rites anciens et des démons qui peuplent nos rues. Véloces et incisifs (« Children Of The Fire », « Bite Black »), DUEL nourrit ses titres d’une tessiture sonore incroyable, très chaleureuse et qui fait des merveilles sur les mid-tempos de l’album (« Wave Of Your Hand », « Dead Eye », « Blood On The Claw »). La classe « In Carne » !
Grand artisan du Heavy Metal et incontournable acteur de la NWOBHM, le guitariste et compositeur KK Downing remet le couvert avec un nouveau combo, dix ans après son départ de Judas Priest. Même si l’effort est louable, KK’S PRIEST et « Sermons Of The Sinner » ne rivalisent pas avec l’ancienne formation du Britannique, dont elle est une bien pâle copie. Il y a toujours des départs que l’on regrette…
KK’S PRIEST
« Sermons of the Sinner »
(Explorer1 Music Group)
Inutile de présenter KK Downing, fondateur et guitariste de Judas Priest pendant des décennies. Parti en 2011 avec pertes et fracas de son groupe, le voici de retour sous le nom de KK’S PRIEST entouré de musiciens qu’il connait bien. Au chant, Tim ‘Ripper’ Owens, qui a œuvré de 1996 à 2003 chez la légende anglaise en remplacement du grand Rob Halford, tient le micro entouré de A.J. Mills (Hostile) à la guitare, Tony Newton (Voodoo Six) à la basse et Sean Elg (Deathriders, Cage) à la batterie. Autrement dit, du beau monde.
Si les trois premiers singles (« Hellfire Thunderbolt », « Sermons Of The Sinner » et « Brothers Of The Road ») laissaient entrevoir un Heavy Metal, certes classiques mais vigoureux, l’album en lui-même peut laisser perplexe. En effet, la nouvelle formation du six-cordiste renoue surtout avec les débuts de NWOBHM, ce qui en soit n’est pas une mauvaise chose. Ainsi, deux lectures de KK’S PRIEST s’offrent à l’auditeur. Soit on y voit un témoignage nostalgique et la transmission d’une époque, soit un coup d’épée dans l’eau.
A commencer par « The Return Of The Sentinel » qui n’est autre que la suite de « The Sentinel », sorti par Judas en 1984. Le sentiment qui prédomine sur « Sermons Of The Sinner » est cette impression de déjà-vu à travers des morceaux très consensuels et peu originaux. KK’S PRIEST aurait pu sortir cet album dans les 80’s, tant la production est également vintage. On croirait même écouter un vieux Maiden par moment, c’est dire ! Le disque en lui-même n’est pas mauvais, on peut juste s’interroger sur son apport artistique.
Explosif et survolté, REBEL’S END déboule plein pot avec un deuxième album délicieusement impertinent et subjectif. « Sing To The Devil » est en effet diabolique et s’étend sur douze titres incandescents. Le quatuor belge distille un Heavy Sleaze ravageur et se présente comme un combo sur lequel il va falloir compter.
REBEL’S END
« Sing To The Devil »
(Pure Steel Records)
Déjantés et irrévérencieux à souhait, les Belges de REBEL’S END balancent un mix entre Hard Rock et Heavy Metal avec une grosse dose de Sleaze. Musclé et insolent, ce deuxième album, qui fait suite à « Seeing Red, Seeing Dead » sorti en 2017, est positif et transmet une énergie incroyable à grand renfort de riffs aiguisés.
En l’espace de cinq ans, le quatuor originaire d’Anvers est parvenu à mûrir un son et une identité sonore originale, malgré des influences évidentes et parfaitement assimilées. Arborant une fougue dévastatrice, REBEL’S END embarque tout sur son passage grâce à des morceaux costauds et hyper-fédérateurs. « Sing To The Devil » est une invitation à la fête.
Dès « Evil Eye », on est pris dans le tourbillon Heavy Sleaze des Belges, dont la vigueur et la férocité ne cesse de croitre au fil de l’album (« Death & Destruction », « Outlaw », « Inferno »). La rythmique bastonne et les deux guitaristes rivalisent d’audace sur des riffs acérés et des solos hyper Rock’n’Roll. REBEL’S END sait y faire et sa puissance répand une ferveur addictive.
Une fois de plus, NO ONE IS INNOCENT monte à l’assaut avec une colère à peine contenue, livrée sur un dixième album, « Ennemis », qui sent la poudre. Militant et féroce, le quintet enrobe de riffs appuyés et assassins des textes cinglants et un discours responsable. Très live dans le son et la production, le groupe scande des vérités et rappelle que « Nous sommes des centaines et des milliers ».
NO ONE IS INNOCENT
« Ennemis »
(Verycords)
Dès la première écoute, ça saute aux oreilles : Kemar et sa bande se sont encore surpassés. Même si j’ai tendance à le dire à chaque nouvel album de NO ONE IS INNOCENT, il faut bien avouer qu’ « Ennemis » percute, fédère et donne des envies de grands changements, si ce n’est même un peu plus… Après 30 ans d’existence, ce dixième album confirme la rage intacte du groupe face à une oppression grandissante et un système qui se dérègle totalement (« Force Du Désordre »).
Ce qui tient toujours aux tripes du quintet, c’est ce combat Rock très Metal, incisif et engagé. Co-produit par son guitariste Shanka et Charles de Schutter, qui avait déjà officié sur l’excellent « Drugstore » en 2011, ce nouvel opus désigne sur dix morceaux (et un interlude « Armistice ») les « Ennemis » d’une société, d’une époque aussi, en montrant du doigt des responsables qui ne se cachent pas. Mais pas de leçon de morale ici, NO ONE s’implique juste généreusement (« J’ai fait De Toi Mon Collabo »).
Comme à l’habitude, les Parisiens cognent et giflent sur des textes précis et convaincants, où les phrases fortes sont légions et résonnent comme des slogans (« Dobermann », « Humiliation », « La Caste », « Bulldozer »). Dans une période très incertaine, NO ONE livre son album le plus politique, dénonce et appelle clairement au réveil et au sursaut (« We Are Big Brother », « Polit Blitzkrieg », « Les Hyènes De L’Info »). Puissant et très organique, « Ennemis » est la claque qu’on attendait et les concerts s’annoncent torrides (« Aux Armes, Aux Décibels »).