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Glam Metal Hard Rock Sleaze

Speed Stroke : rockin’ airplane

Déjantés et un brin irrévérencieux, les Transalpins font un retour costaud et enthousiaste. Capables de belles fulgurances et livrant des mélodies claires et puissantes, SPEED STROKE joue sur une certaine nostalgie, tout en imprimant une touche très actuelle, histoire de faire durer le plaisir du Glam et du Sleaze Rock. Et « Damage Control » mène cette mission à bien. Traditionnel et exalté, le groupe offre une belle performance et garde toute la légèreté inhérente au style. Un disque qui respire, dopé à un carburant Metal/Rock détonant.

SPEED STROKE

« Damage Control »

(Scarlet Records)

Alors que le Glam et le Sleaze, Rock comme Metal d’ailleurs, semblent reprendre des couleurs depuis un moment déjà, c’est du côté de l’Italie qu’il résonne cette fois. Fondé en 2010, SPEED STROKE sort son quatrième album, quelques six ans après « Scene Of The Crime ». Cependant, si elle est moins prolifique que d’autres, la formation d’Imola n’a rien perdu de son mordant, ni de cette énergie si communicative. Et avec « Damage Control », les ambiances plus Heavy et Hard Rock dominent et donnent du corps à l’ensemble.

Guidé par un frontman percutant, SPEED STROKE évolue dans un univers positif et dynamique. Très direct, le Heavy Glam du combo fait mouche. Riffs acérés et solos plus ou moins épiques, la recette fonctionne bien et les refrains accrocheurs finissent vite par devenir entêtants. Bien sûr, c’est l’esprit 90’s qui donne le ton et il va puiser autant dans la fondatrice scène californienne que dans celle, plus récente, issue de Scandinavie. Le mix est audacieux et l’assimilation des deux héritages plutôt réussie. La connexion est établie.

En ouvrant avec l’explosif « Glorious Breakdown », SPEED STROKE tape dans le mille et s’assure toute notre attention. Le travail sur les guitares est remarquable et les twins donnent du volume à un registre bien maîtrisé (« State Of Shock », « In Flames », « All For The Week-end », « Blessed By Misery » en duo avec la chanteuse Giorgia Colleluori d’It’sAlie, et le morceau-titre). Même s’il affiche quelques baisses de régime, « Damage Control » est un bon album, bien produit aussi, et qui confirme les qualités du quintet. Le Glam Metal et Sleaze Rock n’ont pas dit leur dernier mot.

Photo : Veronica Anacleti

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Hard'n Heavy

Witchforce : une énergie libérée

Avec beaucoup d’impact et une force brute, la formation de la Grande Pomme conjugue la vélocité du Heavy Metal avec la rudesse du Hard Rock. Mené par une frontwoman exaltée et mordante, WITCHFORCE s’adresse autant aux puristes du siècle passé qu’à la nouvelle génération. Dense et généreux, « Witchforce » n’entend pas révolutionner le genre, mais il vient franchement apporter une belle pierre à l’édifice. Costaud et bien (auto)produit, il renforce une tradition inamovible.

WITCHFORCE

« Witchforce »

(Independant)

Après avoir sorti quatre singles ces deux dernières années, WITCHFORCE se déploie sur un premier album éponyme plus que prometteur. Originaire de New-York, le quintet propose un Hard’n Heavy solide et musclé, qui n’est pas sans rappeler le meilleur des années 90. Avec une saveur très underground, les Américains ont su tirer parti de leur héritage national, tout en y insufflant également des influences européennes. Et ce mélange de Metal traditionnel inter-continental est franchement séduisant et presque évident.

Ayant reboosté leurs premières compositions, on retrouve donc « Into The Woods », « The Hunter », « True Believer » et le récent « Kicked Out Of Hell » sur ce premier opus et ils se fondent parfaitement dans ce furieux « Witchforce ». Composé de musiciens expérimentés, WITCHFORCE peut aussi compter sur une chanteuse survoltée et tout en maîtrise. Très puissante vocalement, Cassie Nadeau a du coffre et renvoie par moment à la grande Doro de l’époque Warlock. Une comparaison qui tient même ici de l’évidence.

A fois classique et contemporain, le jeu des deux guitaristes alternent entre des riffs racés, des solos millimétrés et un sens de la mélodie plein de feeling. Fluides et massifs, ils offrent un bel équilibre à WITCHFORCE et renforcent le groove de la section rythmique (« Witchcraft », « We All Shine On », « Call Of The Wild », « Save Our Souls »). Accrocheur et fédérateur, « Witchforce » se dévore de bout en bout et l’intensité des morceaux ne faiblit pas. Sans fioritures, le combo va à l’essentiel, sans retenue, reste accessible et fait déjà forte impression.

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Hard Rock International Sleaze

Kickin Valentina : raw and wild [Interview]

En un peu de plus de 15 ans, la formation d’Atlanta a imposé sa patte sur la scène Hard Rock internationale avec ce côté Sleaze, un brin Glam et sans compromis qu’elle affiche en étendard. Avec « Anthems From The Underground », KICKIN VALENTINA fait bien plus que de rendre hommage à ce milieu en marge des productions mainstream, il salue un public fidèle, sincère et amoureux d’un style que le quatuor porte haut et qu’il fait sonner avec une modernité qui ne néglige pas cet état d’esprit et cette attitude si Rock’n’Roll. Ce nouvel album est un hymne à la liberté, à un style de vie aussi et surtout à une obstination à ne pas se plier aux règles, ni aux dictâtes quels qu’ils soient. Et c’est encore le très direct frontman et parolier D.K. Revelle, qui s’exprime le mieux sur la démarche ‘underground’ et authentique, si chère au combo.

– Ce cinquième album, hors EPs bien sûr, est assez spécial puisque vous y clamez votre amour pour le Hard Rock underground, dont vous êtes issus. Pourtant, votre notoriété dépasse aujourd’hui largement le milieu. Est-ce à dire que vous ne vous sentez pas à votre place dans un cercle plus mainstream ?

Le terme ‘Underground’, tel que nous l’utilisons dans le titre du nouvel album, « Anthems From the Underground », signifie simplement que, puisque le ‘Rock’n’Roll’ n’est pas ‘grand public’ actuellement et ce depuis un certain temps, et que nous sommes un groupe de ‘Rock’n’Roll’, le style de musique que nous produisons est, selon nous, ‘Underground’ aujourd’hui. C’est ainsi qu’est né ce titre, finalement, c’est notre vision des choses.

– D’ailleurs, si l’underground est d’abord une question d’attitude et d’état d’esprit, tout se joue aussi dans le son et le contenu des morceaux et, en ce sens, KICKIN VALENTINA est sans concession. Est-ce ce qui vous rattache en premier lieu à cet univers ? Sa sonorité et son ambiance si particulières ?

Les quatre membres de ce groupe jouent et composent ce style de Rock depuis les années 80… On y était ! D’ailleurs, je me fais peut-être vieux ! (Rires) Mais honnêtement, c’est ce qu’on ressent individuellement et collectivement, et c’est ce qui fait la magie du groupe.

– « Anthems From The Underground » reste ancré dans ce que vous avez toujours joué. Cependant, je le trouve peut-être moins Sleaze et moins festif. Sans être sombre, il paraît moins léger et plus sérieux. Etait-ce votre intention de marquer une sorte de virage ? Et puis, cette fois, vous avez travaillé avec Pete Newdeck et c’est peut-être cela qui donne cette sonorité si particulière à « Anthems From The Underground ». Avez-vous senti qu’il fallait aborder un nouveau chapitre après « Star Spangled Fist Fight » ?

Non… Excellentes questions, mais non… (Sourires) L’ambiance et le son de ce nouvel album sont surtout dus à la présence de notre ami et frère Pete Newdeck à la production. Il nous a suggéré de nouvelles pistes que nous n’aurions peut-être pas explorées sur les précédents albums de KICKIN VALENTINA… De plus, l’écriture des chansons n’est pas préméditée. C’est simplement ce qui nous est venu naturellement cette fois-ci, et je trouve que c’est une évolution naturelle pour nous. Nous n’avons jamais de direction prédéfinie, ni ne suivons aucune tendance lorsque nous commençons à écrire un nouvel album. On ne se prend pas la tête, on fait juste ce qui nous vient instinctivement… (Sourires)

– Justement, est-ce également sur scène que de telles décisions se prennent avec l’envie de peut-être apporter de nouveau arrangements à d’anciens morceaux, tout en pensant aux prochains ?

Non… Les vieux morceaux sont à peu près les mêmes et nos concerts sont improvisés à 75 % et structurés à 25 %, en ce qui concerne la setlist… Et c’est le live et l’énergie du public, qui nous anime. Il n’y a pas de pistes préenregistrées, pas de métronome, etc… Et vous ne savez jamais à quoi vous attendre de nous, soir après soir ! (Sourires)

– Vous avez déclaré que vous vouliez rendre hommage à vos fans sur ce nouvel album. Est-ce que vous avez articulé l’ensemble du disque en ce sens ?

Non, encore une fois… J’aime à penser que tous nos albums rendent hommage non seulement à nos fans, la ‘Kickin Valentine Mob’, mais aussi à nos héros du Rock’n’Roll, d’hier comme d’aujourd’hui.

– D’ailleurs, il y a une chose qui peut également expliquer ce changement dans le son d’« Anthems From The Underground ». En effet, vous l’avez enregistré chez vous à Atlanta, puis il a été mixé en Angleterre avant d’être masterisé à Toronto au Canada par Harry Hess. Si la technologie permet beaucoup de choses, votre album a beaucoup voyagé. Etait-ce trop compliqué de tout faire en Georgie ?

Non… C’est juste le chemin qu’on a choisi cette fois-ci et on en est contents ! (Sourires) D’ailleurs, un grand merci à Pete Newdeck et Harry Hess !

– Enfin, il y a une question que j’aimerais te poser. Est-ce que tu connais des groupes issus de l’underground, qui sont aujourd’hui suivi par un très grand nombre de fans à travers la planète, et qui se déclarent toujours de ce milieu ? Et d’ailleurs, est-ce vraiment possible de revendiquer ce statut à partir d’un certain moment quand le succès est au rendez-vous ?

Hmmmm… Je ne suis pas sûr de connaître beaucoup de nouveaux groupes underground qui jouissent d’une grande popularité, ou d’un succès retentissant… Aux Etats-Unis, on ne soutient pas les nouveaux groupes de Rock autant qu’on le faisait avec ceux des années 80… Et à mon humble avis, il est temps de passer le flambeau à des groupes comme le nôtre… (Sourires) On est toujours là, on y croit et on y croit encore. Et grâce à nos fans du monde entier, on progresse avec succès, album après album, concert après concert, année après année. Et on continuera à le faire à la manière de KICKIN VALENTINA : en live, brut, fort et sans complexe !

Le nouvel album de KICKIN VALENTINA, « Anthems For The Underground », est disponible chez Mighty Music.

Photos : John Mortensson (3, 4)

Retrouvez aussi la chronique du précédent album de KICKIN VALENTINA :

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Glam Rock Hard Rock International

Wicked : rebel yell [Interview]

C’est avec beaucoup de fraîcheur, une douce folie, un dynamisme à toute épreuve et surtout un Hard Rock teinté d’un Glam très fédérateur que les Américains se présentent avec « Go Rebel », un nouvel album qui renoue avec l’esprit très 90’s du genre, mais pas seulement. WICKED s’inscrit parfaitement dans son époque grâce une énergie qu’il va puiser dans un sens de la fête omniprésent. Une grosse dose d’adrénaline, des riffs tranchants et des mélodies accrocheuses, la recette du quatuor est connue, certes, et elle a aussi l’ambition de renouer avec l’insouciance propre au Rock’n’Roll et qui se fait de plus en plus rare. Ce deuxième opus est une invitation au lâcher-prise et le vent de liberté qui en émane est littéralement électrisant, vivifiant et revigorant. C’est le guitariste soliste, Scotty V, qui fait les présentations de son groupe, dont on n’a pas fini d’entendre parler…!

– Je vous ai découvert en 2022 avec « The Last American Rock Band », qui était en fait une compilation de morceaux que vous aviez remixés et remasterisés. Pourtant, vous avez commencé un peu avant 2014, année où vous avez sorti « Live At Rockalahoma ». Est-ce que vous considérez vos véritables débuts, le moment où vous émergez avec ce premier album ?

Oui et non. Comme tu l’as dit, « The Last American Rock Band » était en quelque sorte un hommage à toutes ces années passées à faire nos armes, à apprendre à composer et à jouer. Ces chansons qui ont fait de nous le groupe que nous sommes aujourd’hui. Nous avions sorti quelques CD en édition limitée au début de notre carrière, avec des versions brutes, presque des démos. Mais nous pensions qu’elles méritaient une sortie digne de ce nom, avec une production professionnelle. C’est un excellent point de départ pour comprendre les débuts du groupe.

– Ce qui est assez remarquable chez WICKED, c’est que vous n’avez jamais dévié de ce Hard Rock très Glam, que vous vous êtes depuis appropriés et qui est devenu très identifiable. Comment un groupe de Rochester, New-York, donc situé sur la côte Est, en vient à jouer un style dont la référence première est la Californie ? Y avait-t-il un manque de ce côté des Etats-Unis ?

On a passé pas mal de temps sur la scène Rock new-yorkaise au début des années 2010, quand elle était en pleine effervescence. Dans le Lower East Side de Manhattan, on assistait à une renaissance du Glam-Punk déjanté, revisité avec une fraîcheur nouvelle. Il y avait plein de fêtes et de concerts en club, inspirés par la scène Rock européenne et scandinave de l’époque. C’est de là que viennent vraiment les racines du son et du style Hard Rock des débuts de WICKED. On a eu l’occasion de traîner à Los Angeles qu’un peu plus tard et on adore cette ville aussi ! Mais je ne dirais pas que Los Angeles a grand-chose à voir avec notre Hard Rock. Il faut reconnaître qu’il est surtout inspiré de l’ambiance glauque des rues de New-York ! (Sourires)

– D’ailleurs, sur ce nouvel album, « Go Rebel », il y a également des influences typiquement Punk Rock, là encore aux sonorités californiennes. C’est la musique avec laquelle vous avez grandi, ou est-ce son côté intemporel et un peu ‘sleazy’ qui vous a d’abord attiré ?

Dans le groupe, nos influences sont vraiment éclectiques. On a grandi avec le Glam Rock classique des années 70 avec des groupes comme David Bowie, The Sweet et Aerosmith, mais aussi à une époque où la scène Pop-Punk était particulièrement dynamique, avec tous les groupes du ‘Warped Tour’ comme Sum 41, Blink 182 et The Used. C’est ce mélange d’influences et le fait aussi d’être un produit de notre époque, qui nous ont permis de capturer l’essence de cette énergie Glam-Punk brute, sans pour autant la copier. On a créé quelque chose de frais et de nouveau. Au début, notre look était surtout inspiré par des groupes de Rock suédois comme Backyard Babies, Crashdiet, Hardcore Superstar, etc… On n’a jamais vraiment été influencés par la scène Glam de Los Angeles finalement.

– Entre « The Last American Rock Band » et « Go Rebel », vous avez sorti « Sunburn » que vous considérez d’ailleurs comme votre premier véritable album. Pourtant, il y a une réelle continuité dans votre jeu depuis le début. Est-ce que vous avez la sensation aussi que c’est depuis votre précédent disque que WICKED a vraiment affirmé et imposé son style ?

« Sunburn » a vraiment marqué une période exceptionnelle pour nous. Nous avons véritablement commencé à nous épanouir en tant que musiciens et auteurs-compositeurs. L’album a été enregistré pendant le confinement, période durant laquelle nous avons eu beaucoup de temps pour travailler et nous concentrer. Nous nous sommes cloîtrés dans la maison où nous vivons tous et nous avons aménagé un studio d’enregistrement professionnel avec l’aide de notre producteur Nacho, que nous venions tout juste de rencontrer. Il est resté avec nous pendant quelques mois durant le confinement et nous a beaucoup appris. Nous sommes devenus une équipe soudée et de très bons amis. « Sunburn » a marqué une sorte de renaissance pour le groupe. Nous sommes devenus autonomes et nous avons commencé à comprendre pleinement notre potentiel à partir du moment où nous avons géré la production et notre carrière.

– Par ailleurs, cela fait aussi plus de dix ans que le line-up de WICKED n’a plus bougé depuis l’arrivée de Gunnar à la batterie. Est-ce que cette constance a aussi forgé cette belle unité que vous affichez aujourd’hui ? C’est aussi une richesse, alors que beaucoup de groupes manquent peut-être de cette stabilité, qui fait avancer les choses et qui construit une identité forte, non ?

Quand Gunnar nous a rejoints, tout s’est mis en place naturellement. Depuis son arrivée, c’est comme une évidence. On vit tous ensemble, comme un vrai groupe de Rock à l’ancienne. On est une fraternité soudée, prête à tout les uns pour les autres. Et une fraternité qui se renforce avec le temps. C’est sans aucun doute notre plus grande force. On ne pourrait rien faire sans l’un d’entre nous. Tout le monde apporte quelque chose d’irremplaçable.

– WICKED est également très marqué par les années 80 et 90, jusque dans vos clips d’ailleurs, alors que pourtant vous les avez à peine connues. Qu’est-ce qui vous fascine à ce point dans cette époque ? Outre la musique, bien sûr, c’est une sensation de légèreté et peut-être aussi de plus d’insouciance qu’aujourd’hui ?

Je crois que tu as parfaitement résumé la situation. S’il y a une chose que nous voulons que les gens retiennent de notre musique et de nos vidéos, c’est que la vie est courte et qu’il faut en profiter. Nous travaillons tous dur chaque jour et, lorsque vous écoutez WICKED, que ce soit sur votre platine ou en concert, nous voulons que vous ressentiez un soulagement face à la routine quotidienne, que vous lâchiez prise et que vous vous sentiez libre.

– Il y a aussi une chose qui vous caractérise, c’est la joie et la bonne humeur qui se dégagent de votre musique, et « Go Rebel » est un modèle du genre à ce niveau-là. Vous ne concevez pas le Rock’n’Roll autrement que festif et rassembleur ?

Exactement ! Nous voulons créer une communauté autour d’une musique Rock’n’Roll festive. Et c’est précisément l’esprit de « Go Rebel ». L’objectif est de créer un lien plus fort avec le public. Nous voulons redonner au Rock’n’Roll son âme de communauté ! Il s’agit de sortir, de passer un bon moment entre amis, de se créer des souvenirs et d’écrire l’Histoire, à l’instar des plus grands qui nous ont précédés. Nous sommes convaincus que WICKED peut faire renaître cet esprit.

– Enfin, avec ce petit côté vintage assumé, on vous sent un peu en décalage avec la scène actuelle, malgré votre approche moderne du Hard Rock. Est-ce que, finalement, WICKED est surtout là pour apporter un regard neuf et pas seulement juste pour entretenir la flamme ?

Bien sûr. Comme je te le disais, nous ne sommes pas tant attachés à une esthétique ou un son vintage. Nous adorons les classiques et admirons les légendes qui ont ouvert la voie, mais WICKED a toujours eu pour vocation de tracer son propre chemin. Nous évoluons constamment et nous faisons ce qui nous semble juste sur le moment. Une chose est sûre : WICKED sera toujours là pour divertir tous les publics, quels qu’ils soient. Nous adorons le défi de conquérir de nouveaux fans, qu’il s’agisse de métalleux, de punks de bar ou même d’étudiants, qui ne connaissent pas encore le Rock ! Nous sommes toujours prêts à relever le défi ! (Sourires)

Le nouvel album de WICKED, « Go Rebel », est disponible chez Magick Rite Records.

Photos : Scott Braun et Marc Safran.

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Hard Rock

Iconic : la force de l’expérience

Avec « II », ICONIC affine la vision de son Hard Rock et offre une bonne continuité à ses débuts remarqués. Originaires des Etats-Unis pour la plupart, c’est pourtant un frontman britannique qui guide les chevronnés musiciens de ce combo à la composition assez exceptionnelle. Si la technologie actuelle permet beaucoup de choses, et pas toujours heureuses d’ailleurs, la magie opère entre des partenaires qui se trouvent les yeux fermés à travers un style classique, relevé et vigoureux.

ICONIC

« II »

(Frontiers Music)

Forte d’un bon premier album en 2022, « Second Skin », la formation anglo-américaine récidive avec « II » et démontre ainsi qu’il ne s’agissait pas d’un one-shot. Car ICONIC se présente comme un supergroupe. Rangé derrière le chanteur Nathan James d’Inglorious, c’est un line-up cinq étoiles que l’on retrouve à la manœuvre. Aux guitares, Michael Sweet (Stryper) et Joel Hoekstra (Whitesnake) donnent le ton et rivalisent de prouesses, tant à travers des riffs acérés que des solos de haute volée, sur lesquels ils se relaient avec virtuosité.

Quant à la rythmique, elle est tout aussi bétonnée. Derrière les fûts, l’inamovible Tommy Aldridge (Whitesnake, Ozzy) se montre implacable et très complice avec Marco Mendoza (Whitesnake, Twisted Sister), qu’il connaît bien. ICONIC a donc très fière allure et se montre techniquement irréprochable. En affichant une sorte de version actuelle du Serpent Blanc, le quintet ne prend pas beaucoup de risques, mais il reste convaincant. L’écriture est soignée et efficace, l’interprétation imparable et son Hard rock accrocheur et mélodique.

Forcément ancré dans un esprit très 80/90’s, les cinq musiciens ont compris qu’ils devaient se renouveler, tout en gardant cette touche unique qui a toujours fait leur force et qui leur accorde même une certaine intemporalité. Même si « II » ne possède pas le panache de « Second Skin », ICONIC n’a aucun mal à s’affirmer et à préciser une identité musicale forte. Elegant et légèrement bluesy, les titres de ce nouvel opus ne manquent ni d’énergie, ni de variations (« Cry No More », « Open My Eyes », « SOS », « Far Away », « Hearts Of Stone »). Flamboyant et intense.

Photo : Justin Roszkowski

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Hard Rock

Escape The Hive : prolong the pleasure

En trouvant le juste milieu entre puissance et refrains fédérateurs, ESCAPE THE HIVE assume pleinement son amour pour un Hard Rock d’apparence légère, mais à la technique redoutable. Originaire de Phoenix, Arizona, le quatuor renoue avec un style originel avec élégance et intensité en insufflant un élan moderne sur des sonorités familières. « Fight Or Flight » frappe juste et fort et rappelle ô combien ce registre est toujours aussi rassembleur.

ESCAPE THE HIVE

« Fight Or Flight »

(Deko Entertainment/ Warner)

Trois ans après « This Is Gonna Sting », qui avait montré de belles choses et qui lui avait surtout permis d’enchaîner les concerts, ESCAPE THE HIVE s’affirme véritablement avec un deuxième effort plein de saveurs. Renouer avec le meilleur des années 80 semble la mission que s’est donné le groupe et de ce côté-là, « Fight Or Flight » montre beaucoup d’envie et la démarche est habillement menée. Riffs appuyés, solos virtuoses et mélodies imparables, l’ensemble est accrocheur, dynamique et d’une totale fraîcheur.

Il faut aussi préciser que les membres d’ESCAPE THE HIVE n’en sont pas à leur coup d’essai et qu’ils présentent tous une solide expérience. Au chant, on retrouve Michael Thomas Beck, qui a œuvré aux côtés de Jake E. Lee au sein de Red Dragon Cartel, l’ex-bassiste de D.L. Marble Paul Williams apporte de la rondeur, le chevronné Rich Hinshaw martèle ses fûts avec force et le fougueux Conrad Vareta livre des parties de guitares redoutables. A eux quatre, ils nous replongent à l’âge d’or du Hard Rock, aux grandes heures de Van Halen, Dokken, Warrant et d’autres, sans effet vintage.

Avec un frontman de cette trempe, les Américains possèdent un sérieux atout, mais c’est surtout la connexion entre les musiciens qui fait de « Fight Or Flight » un album dont on a du mal à se défaire. L’atmosphère est chaleureuse et entraînante, le groove constant et ce petit côté classique a quelque chose d’irrésistible. Concis et précis, ESCAPE THE HIVE ne cherche pas à réinventer le genre, mais plutôt à faire durer le plaisir (« Stings Like The Truth », « Around The Sun », « Skin And Bone », « Don’t Spill The Wine », « Oh Brother »). Un disque qui fait du bien !

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Death Metal Doom Metal International

In Vespro : une dimension émotionnelle forte [Interview]

Lorsqu’il est bien fait, le Doom prend une dimension immersive, qui s’ouvre à d’autres sphères pour y laisser s’exprimer des sentiments et des émotions de manière profonde. C’est exactement le cas avec IN VESPRO qui livre un premier album très abouti et tout en maîtrise que ce soit dans l’impact comme dans les mélodies. Souvent hypnotique, le Doom/Death du quatuor italien défie les époques et les tendances, en conservant une touche Old School et une vision très contemporaine. « Where Silence Use To Sleep » voit le projet de Luca Gagnoni, guitariste et frontman, prendre de la hauteur grâce aussi aux musiciens chevronnés qui l’entourent. Le combo romain frappe fort d’entrée et ce n’est qu’un début…

– Un an seulement après votre formation, vous sortez déjà votre premier album. Malgré votre expérience, c’est très rapide. Est-ce que vous aviez déjà une idée très précise en tête au moment-même de la création de IN VESPRO ?

Oui, absolument. L’album a en fait été écrit avant même que le groupe ne soit au complet, la direction artistique était donc déjà bien définie dès le départ. IN VESPRO a commencé comme une vision créative très personnelle, bien loin d’un projet de groupe traditionnel. J’avais une idée précise de l’atmosphère, de la charge émotionnelle et du langage musical que je souhaitais explorer, et la plupart des morceaux se sont composés assez naturellement. Une fois les autres membres arrivés, l’objectif n’était pas de redéfinir le projet, mais de donner vie à cette vision collectivement. De ce point de vue, le délai relativement court entre la formation du groupe et la sortie de l’album paraît tout à fait naturel, car les bases étaient déjà posées dès le début.

– Certains d’entre-vous ont joué dans Svat Vinter, Veil Of Conspiracy et Handful Of Hate. Est-ce que cela vous a aussi aidé à définir de manière précise votre style et imposer notamment cette touche très 90’s, qui vous caractérise ?

Je pense que ces expériences m’ont surtout apporté la maturité musicale nécessaire pour embrasser pleinement l’essence même d’IN VESPRO. Après de nombreuses années passées à explorer différents courants du Metal extrême, j’ai appris à reconnaître ce qui résonne profondément en moi et à le poursuivre sans compromis. Personnellement, les albums des années 90 représentaient pour moi une forme d’expression très sincère et d’une grande puissance émotionnelle, et cet esprit s’est inévitablement retrouvé dans la composition. Pour autant, IN VESPRO n’a jamais été conçu comme un exercice de nostalgie. L’objectif n’était pas de recréer le passé, mais plutôt de retrouver cette même mélancolie, cette même atmosphère et cette même sincérité émotionnelle qui ont fait la force de ces disques.

– IN VESPRO se trouve à mi-chemin entre le Doom et le Death Metal dans ce que ces deux styles ont de plus classique, c’est-à-dire un côté Old School marqué. On pourrait croire que la modernité donne plus de liberté, et pourtant il y a une grande fluidité et une créativité accrue dans votre jeu. L’idée était-elle plutôt de briser les codes, ou de perpétuer une tradition musicale encore forte ?

Ni l’un ni l’autre, vraiment. Je ne cherchais pas à prendre position sur le genre, ni à situer le groupe dans un discours musical plus large. Mon seul souci était d’exprimer un paysage émotionnel particulier avec la plus grande sincérité possible. Le Doom/Death me semblait tout simplement le langage le plus approprié. Si l’album sonne traditionnel par certains aspects, c’est parce que ces éléments restent puissants et pertinents pour moi. Parallèlement, je ne me suis jamais senti contraint par les attentes liées au genre. Le processus d’écriture était très instinctif, et j’ai laissé les morceaux prendre la forme nécessaire pour communiquer leur ambiance.

– D’ailleurs, votre Doom a un aspect très véloce, qui va un peu à l’encontre de l’habituel lenteur et du côté pesant du genre. Est-ce un héritage direct du Death Metal avec ce qu’il a de plus tranchant et brut ?

Je ne dirais pas forcément que c’est une influence directe de la brutalité du Death Metal. Le rythme découle davantage de la dynamique émotionnelle des morceaux que d’un choix stylistique. J’ai toujours apprécié le Doom Metal qui crée du mouvement et de la tension sans se reposer exclusivement sur des tempos extrêmement lents. Parfois, un tempo légèrement plus rapide peut même renforcer un sentiment d’urgence, d’agitation ou de trouble intérieur. Pour moi, l’impact émotionnel d’un passage est toujours plus important que le respect d’un tempo spécifique traditionnellement associé au genre.

– Même si vous jouez beaucoup sur les atmosphères, vos morceaux sont relativement courts et efficaces, avec une intensité qui va crescendo. Et malgré la noirceur de l’album, vous maintenez une ligne mélodique claire. Est-ce pour cette raison que vous avez opté pour une production très organique pour « Where Silence Use To Sleep » ?

Oui, absolument. L’un des principaux objectifs était de préserver la dimension émotionnelle des morceaux sans la noyer sous une production trop léchée ou artificielle. La mélodie joue un rôle primordial tout au long de l’album, même dans ses passages les plus sombres, et je souhaitais que ces éléments mélodiques restent parfaitement perceptibles. La production a été conçue pour soutenir l’atmosphère plutôt que de la dominer. Je recherchais un son naturel, dynamique et immersif, permettant à l’auditeur de ressentir les nuances émotionnelles de la musique sans sacrifier sa puissance ni sa profondeur.

– Enfin, même si le thème de la douleur reste au centre de votre album sous différentes formes, musicales et au niveau des textes, on sent également une colère assez profonde chez IN VESPRO. Est-ce que cela provient directement de la face Death Metal du groupe ?

Je crois que ce que tu perçois est moins de la colère qu’une forme de tension émotionnelle. La douleur, la perte, l’absence et les conflits intérieurs sont certes des thèmes centraux de l’album, mais ils s’expriment rarement par la seule agressivité. Même dans les passages les plus intenses, je ne cherchais pas à canaliser la rage de façon conventionnelle. Je souhaitais plutôt explorer des sentiments souvent plus complexes et difficiles à définir, comme la résignation, le désir, la désillusion, la vulnérabilité. Certains passages peuvent paraître colériques au premier abord, de par leur intensité, mais sous cette intensité se cache généralement quelque chose de beaucoup plus fragile et introspectif.

L’album d’IN VESPRO, « Where Silence Use To Sleep », est disponible chez Meuse Music Records.  

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Metal Fusion

Skindred : follow the flow

La fluidité dans le mélange des styles, ce groove imparable et une voix qui porte et accroche, autant de signes qui rendent SKINDRED tellement identifiable. Et cela cela fait maintenant 24 ans que le groupe, né des cendres de Dub War, fait le pont entre le Pays de Galles et la Jamaïque avec talent et finesse. Sur « You Got This », les riffs bastonnent, les rythmes s’entremêlent et les refrains sont toujours aussi rassembleurs. Ce neuvième opus résonne avec force et les mots fédèrent comme jamais.

SKINDRED

« You Got This »

(Earache Records)

Après le succès outre-Manche de « Smile » il y a trois ans, les intenables Gallois reviennent armés de leur Metal Fusion, où les grosses guitares se mêlent à des flows et des rythmes Reggae et Ragga. Tout en conservant son ADN, SKINDRED continue son exploration et creuse inlassablement dans ce crossover si unique. Avec « You Got This », le power trio ne se contente pas d’appliquer les mêmes recettes, il pousse encore plus loin une maîtrise, dont il est l’instigateur. Toujours très positif, la croisée des genres opère comme par magie.

Généreux et fidèle à ce qu’il a toujours été, SKINDRED n’a pas son pareil pour diffuser une énergie compacte, moderne et solide. Il percute, il envoûte et il ensoleille au fil de ce neuvième album, dont chaque titre est très bien produit dans un équilibre parfait entre la puissance des guitares et la chaleur des mélodies. Comme d’habitude, « You Got This » est taillé pour le live, conçu pour enflammer les foules avec une facilité qui captive si facilement. C’en est même devenu une marque de fabrique, comme si le studio n’était qu’une simple étape.

Dans une forme étincelante, le combo parvient à raviver la fougue et la créativité des années 90 en la rendant plus actuelle que jamais. Le frontman Benji Webbe, le guitariste Mikey Demus et le batteur Arya Goggin n’en ont pas fini et prouvent encore une fois que leur épopée garde toute sa fraîcheur et son impact. On ne peut que souhaiter que SKINDRED prenne un peu plus la lumière et entraîne toujours plus de fans dans son si réjouissant sillage (« Can I Get A », « Born Fe Dis », « This Is The Sound », « Do It Like This », « Broke »). Dynamisant !

Retrouvez aussi la chronique de « Smile » :

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Hard'n Heavy International

Hardline : le regard vers l’avenir [Interview]

Souvent sous-estimé, faute sans doute de n’avoir pas bénéficié de la même exposition que ses homologues américains dans les années 90, HARDLINE reste pourtant une référence du Hard Rock. Toujours debout malgré un line-up qui a beaucoup changé au fil du temps, son frontman Johnny Gioeli reste la voix irrésistible d’une formation qui a aujourd’hui une saveur très italienne, au regard de ses débuts en Californie. Avec « Shout », le quintet fait bien plus que d’entretenir le mythe, il l’enrichit et le fait avancer, grâce à des musiciens aussi talentueux que complets. Alessandro Del Vecchio, claviériste, chanteur, compositeur et aussi producteur de ce huitième album, nous parle justement de la démarche et du fonctionnement de l’entité actuelle.

– Alessandro, cela fait maintenant 15 ans que tu joues avec HARDLINE et « Shout » est ton cinquième album avec le groupe. Même si Johnny reste le seul membre originel, comment s’y prend-on pour conserver l’ADN d’une formation créée en 1992 ?

C’est une excellente question, car nous en sommes parfaitement conscients. L’ADN d’un groupe ne réside pas dans sa composition, mais dans son identité. Et chez HARDLINE, cette identité est très claire : elle prend racine chez Johnny. Sa voix, son phrasé, son interprétation émotionnelle, c’est le cœur même de notre musique. Mon rôle, au fil des années, a été de comprendre profondément cette identité et de la préserver, tout en laissant le groupe évoluer naturellement. On ne préserve pas quelque chose en le figeant, on le préserve en comprenant ce qui fonctionne et en s’appuyant dessus. Ainsi, même si la composition du groupe a changé, l’essence demeure, et c’est à cela que les gens s’identifient.

– Vous avez dit vouloir reprendre les choses là où elles en étaient restées sur « Double Eclypse » il y a 34 ans. C’est vrai que c’est l’album le plus marquant de HARDLINE. Sur quelles bases es-tu parti pour garder cet état d’esprit sur les neuf chansons que tu as composé pour « Shout » ?

Le point de départ a toujours été la chanson. On ne s’est pas dit ‘recréons « Double Eclipse »’, on s’est concentrés sur ce qui a rendu cet album intemporel : des compositions solides, des refrains accrocheurs et une forte charge émotionnelle. L’idée était d’écrire des chansons qui se suffisent à elles-mêmes, même dans leur version la plus simple. Si une chanson fonctionne juste avec voix et piano ou guitare, alors on sait qu’on est sur la bonne voie. Tout le reste, c’est-à-dire la production, les arrangements, le son, vient après. C’est comme ça qu’on reste fidèle à cet héritage sans tomber dans la nostalgie.

– « Shout » a évidemment un son plus moderne que « Double Eclypse », mais l’approche est aussi différente. Quatre des cinq musiciens du groupe sont aujourd’hui italiennes et la touche est forcément moins californienne qu’au début. Est-ce à dire que le Hard Rock américain a encore de l’influence sur vous ?

Absolument, cette influence est toujours présente. Le Hard Rock américain, surtout celui de cette époque, fait partie intégrante de l’ADN du groupe et de mon éducation musicale. Parallèlement, nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui, et le groupe possède un bagage culturel différent, ce qui influence naturellement notre son. Je ne le vois pas comme un manque d’authenticité californienne, mais plutôt comme une évolution de ce langage musical. La musique actuelle est bien plus globale, et c’est une bonne chose, tant que l’identité reste forte.

Justement aujourd’hui, en plus du fait qu’on peut réaliser des albums à distance, j’ai l’impression que la différence de style entre l’Europe et les Etats-Unis est moins palpable et évidente qu’auparavant. Est-ce qu’on assiste à une uniformisation des styles et du son surtout, selon toi, qui es aussi producteur ?

Oui, dans une certaine mesure, nous le constatons. La technologie a rendu tout plus accessible, ce qui entraîne naturellement une certaine uniformisation des sonorités et des méthodes de production. Mais je pense aussi que la véritable différence aujourd’hui n’est pas géographique, elle est artistique. Tout se résume à avoir une identité forte, ou non. On peut utiliser les mêmes outils, les mêmes plugins, les mêmes techniques de production, mais si l’on a quelque chose à dire, on gardera sa propre signature sonore.

– Ce huitième album reprend finalement plusieurs éléments musicaux de la carrière du groupe avec un style globalement Hard’n Heavy et quelques touches AOR et même Glam à un moindre degré. Est-ce que HARDLINE joue et fait aujourd’hui des choses qu’il n’a jamais produit auparavant dans sa carrière ?

Je pense que ce que nous faisons aujourd’hui consiste davantage à peaufiner qu’à réinventer. Tous ces éléments, à savoir le Hard Rock, AOR, et même une touche de Glam, ont toujours fait partie intégrante de HARDLINE, d’une manière ou d’une autre. Ce qui change aujourd’hui, c’est notre prise de conscience. Nous savons précisément qui nous sommes, ce qui fonctionne et comment combiner ces éléments de façon plus ciblée. Il ne s’agit donc pas de créer quelque chose de totalement nouveau, mais de faire ce que nous faisons déjà, à un niveau supérieur et avec plus de clarté.

– D’ailleurs, si on entre dans le détail de « Shout », c’est peut-être l’album le plus personnel du groupe, notamment au niveau des textes. Est-ce que l’objectif était de vous dévoiler un peu plus, tout en étant le plus efficace possible dans les mélodies et solides sur les tempos ?

Oui, c’était tout à fait intentionnel. Il faut toujours trouver un équilibre entre l’authenticité et la capacité à créer des chansons qui touchent immédiatement. Nous voulions que les paroles soient sincères, qu’elles ne se contentent pas de thèmes génériques, tout en conservant la force mélodique et les arrangements solides qui caractérisent HARDLINE. L’objectif était d’allier profondeur et immédiateté, et je pense que c’est ce qui donne à l’album son côté plus humain.

– Et puis, il y a cette reprise de Scorpions, « When You Came Into My Life », sortie en 1996 et dont vous avez aussi fait un single. On revient à cette touche européenne, mais il possède également la touche HARDLINE. Comment s’est fait l’équilibre pour vous l’approprier tout en respectant l’originale ? Et est-ce qu’il peut y avoir eu une certaine retenue au départ ?

Il y a toujours une petite hésitation lorsqu’on aborde une chanson comme celle-ci, car elle est déjà parfaite en soi. Mais en même temps, c’est précisément pour cela qu’on la choisit. L’essentiel était de respecter l’essence même du morceau, la mélodie, l’émotion, et de construire autour avec notre propre son. Nous ne voulions pas la changer juste pour le plaisir de la modifier. Nous nous sommes demandé à quoi ressemblerait cette chanson si elle était écrite par HARDLINE aujourd’hui, et une fois cet équilibre trouvé, tout s’est mis en place naturellement.

– Enfin, et avant de partir en tournée, qu’est-ce que cela représente pour toi qui a déjà une longue discographie, d’enregistrer et de monter sur scène avec Johnny Gioeli, qui compte plus d’une centaine d’albums à son actif ? C’est le genre de musicien, qu’on ne rencontre pas souvent…

Cela compte énormément pour moi, tant sur le plan professionnel que personnel. Johnny fait partie de ces rares artistes qui ont conservé cette flamme, cette passion, mais aussi une immense expérience et une grande maturité. On se stimule mutuellement, surtout vocalement, car on partage cette même expérience, et on discute souvent de technique, d’approche et de la façon de garantir une performance constante soir après soir. Sur scène, il est une véritable force de la nature. On peut avoir toute l’expérience du monde, mais sans cette énergie et cette connexion avec le public, ça ne sert à rien. Johnny possède tout cela, et partager cette aventure avec lui est un privilège que je mesure pleinement.

Le nouvel album de HARDLINE, « Shout », est disponible chez Steamhammer.

Photos : Alessandro Quadrelli

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Heavy metal International

Metal Church : brand new team [Interview]

Pionnier du Heavy Metal de la côte ouest américaine dans les années 80 et malgré une histoire interne faite de hauts et de bas, METAL CHURCH a su résister au temps et aux modes en imposant un style inimitable et inamovible devenu sa marque de fabrique. Racé et tranchant, la formation continue son chemin et ce sont des renfort de choc qui viennent ici la réalimenter, elle qui était en sommeil depuis les mois qui ont suivi la sortie de « Congregation Of Annihilation » en 2023. Gardien du temple depuis sa création, le guitariste, compositeur et producteur Kurdt Vanderhoof affiche aujourd’hui un large sourire, tant ce « Dead For Rights » vient raviver une flamme devenue chancelante, malgré une constante évolution. Il nous parle avec enthousiasme de son groupe et de ce percutant et flamboyant 14ème album.

– En tant que membre fondateur de METAL CHURCH et dernier représentant de la formation originel, comment regardes-tu ces 46 années d’activités faites de succès, mais aussi de tragédies et de multiples changements de line-up ?

Le première motivation a toujours été de continuer le groupe, même si on a vécu des moments vraiment difficiles, car perdre quelqu’un, par exemple, est une chose très compliqué à accepter. Mais avec le recul, aujourd’hui, je veux avancer en maintenant une certaine qualité et une intégrité dans le groupe. C’est très important. Tu sais, quand tu perds des membres, des amis, ce sont des moments très durs et parvenir à l’admettre n’est pas facile. Mais quelque part, il faut y arriver, car des gens comptent aussi sur toi et c’est d’ailleurs toujours une grande source d’inspiration et de soutien !

– Le line-up de METAL CHURCH a toujours été, pour diverses raisons, difficiles à stabiliser. Avec « Congregation Of Annihilation », on aurait pu y croire, mais cela n’a pas duré. Sur « Dead For Rights », le légendaire bassiste David Ellefson, l’excellent batteur Ken Mary et Brian Allen au chant viennent renforcer le groupe. Comment est-ce qu’on parvient à conserver une continuité artistique dans de telles conditions ?

Comme j’écris les chansons, c’est sans doute plus facile. Ensuite, quand vous avez des musiciens de ce calibre qui rejoignent le groupe, ça facilite énormément les choses. Et puis, je ne tiens pas forcément à ce que cela ressemble toujours à ce que j’ai en tête. Je respecte le talent et l’intégrité de chacun. C’était donc important qu’ils fassent les choses à leur façon. Quant à Brian, le fait qu’il est lui-même été influencé par le METAL CHURCH des débuts, celui des années 80, lui a permis de faire les choses très naturellement. Il a été très inspiré ! (Sourires)

– A une époque, tu avais entamé une carrière solo. Est-ce qu’avant de travailler sur « Dead For Rights », et alors que le groupe était sur pause, l’idée t’a traversé l’esprit de la reprendre avec un nouvel album, par exemple ?

J’avais en effet d’autres projets sur lesquels je travaille avec Rat Pak Records, mais qui sont toujours restés un peu en stand-by. Il y a Presto Ballet, qui est un groupe de Rock Progressif et Hall Of Flame, qui est juste une formation Rock’n’Roll. J’ai donc toujours eu d’autres projets sur lesquels je bosse d’ailleurs encore. C’est toujours sur le feu et je n’ai pas abandonné l’idée de continuer un jour ou l’autre. Tout ça était actif avant le reformation actuelle de METAL CHURCH. Mais oui, je continue ma carrière solo en dehors du groupe.

Le coffret « Reforged », sorti l’an dernier, regroupe les albums de la période 1999-2013 avec deux chanteurs différents, David Wayne et Ronny Munroe, et pourtant METAL CHURCH conserve son identité musicale. On a presque l’impression qu’aucun chanteur, en dehors du regretté Mike Howe, n’est parvenu à s’imposer sur le long terme. Est-ce un poids trop lourd à porter pour certains, selon toi ? L’héritage de Mike étant conséquent…

Oui, c’est sûr et je suis ravi de de ne pas être le chanteur ! (Rires) Blague à part, c’est beaucoup de pression, même si Brian adore être dans le groupe aujourd’hui ! C’est quelque chose à laquelle j’ai énormément pensé quand on avait un nouveau chanteur. C’est un travail difficile. Tu sais, il doivent imposer leur propre identité, ce qui n’est pas aisé. Mais nous en avons eu de très bons tout au long de notre parcours, de notre histoire. Et Brian est définitivement l’homme de la situation. Il a fait un excellent travail. Mais je ne voudrais vraiment pas le faire, car je n’en serai pas capable ! (Rires) Et je respecte tous ceux qui l’ont fait auparavant, et très bien fait, car c’est un poste franchement très compliqué ! (Sourires)

– Dans l’ordre de ses rééditions, il y a « Masterpeace », qui intervient à l’époque juste après votre reformation. Est-ce qu’il a servi de détonateur, de point de départ pour le suite du coffret, et aussi en 1999 pour le groupe ?

Je ne sais pas si « Masterpiece » a pu être le point de départ de l’idée de « Reforged ». Je pense qu’il y avait un côté ‘archive’ dans la démarche du label dans la mesure où ces albums n’étaient plus disponibles. Mais pour ce qui est du disque en lui-même, marquant notre reformation, il n’a pas permis de fédérer et de souder le groupe. J’ai même un peu de regret de l’avoir fait, tu vois. Je me suis soudainement retrouvé avec tout sur le dos et cela a été beaucoup de pression, car tout dépendait en fait de moi. L’album aurait du être fait différemment, mais on a fait du mieux que l’on pouvait à l’époque ! (Rires)

– Enfin, vu le titre de « Dead For Rights » et la situation mondiale actuelle, on peut y voir un message politique. Doit-on s’attendre à un album engagé de la part de METAL CHURCH ?

Non. C’est vrai qu’il y a un climat politique en ce moment dans le monde, qui a pu sûrement inspirer quelques paroles. Mais ce n’est pas un album politique, pas du tout. Bon, il y a certaines choses auxquelles j’ai pu faire référence indirectement. Mais cela ne va pas plus loin. Bien sûr qu’avec tout ce qui se passe aujourd’hui, on peut retrouver un certain climat et cela peut dépeindre sur quelques textes. Mais, on ne peut pas dire qu’il y ait un traitement politique sur l’album. Il y a juste quelques allusions dans les situations. Nous ne prenons pas partie politiquement, il n’y a aucun message. Il faut juste le prendre comme un clin d’œil Heavy Metal très léger, parce que tout ce qui se passe en ce moment est fou et on a besoin de choses et de textes légers ! Et puis, c’est un truc surtout lié au style musical en général ! (Rires)

Le nouvel album de METAL CHURCH, « Dead For Rights », est disponible chez Reaper Entertainment.

Retrouvez aussi la chronique de « Congregation OF Annihilation » :