Avec « Solstice », la Londonienne vient s’inscrire parmi les artistes les plus créatives de sa génération. Si elle est souvent affiliée à la tendance Alternative Metal, son champ d’investigation est bien plus large. De formation classique, elle insuffle à ses compositions des éléments qui dépassent largement le genre et l’aspect cinématographique élève autant la teneur de ses textes que l’ambiance de ce nouvel opus. Inclassable et pertinente.
A.A. WILLIAMS
« Solstice »
(Reigning Phoenix Music)
Malgré son apparition assez récente sur la scène européenne, A.A. WILLIAMS n’a pas mis longtemps à se faire un nom. Dès 2019 avec un EP éponyme aux sonorités acoustiques, l’Anglaise marque les esprits. « Forever Blue » (2020) et « As The Moon Rest » (2022) ont confirmé l’originalité de l’artiste, dont les prestations scéniques ont conquis de plus en plus d’adeptes. Il faut dire que son style à mi-chemin entre post-Rock, Metal et musique classique a de quoi séduire bien au-delà des habituelles chapelles musicales. Un style affirmé !
Mais il n’y a pas que cette touche avant-gardiste qui attire chez elle. Au chant, au piano, à la guitare ou au violoncelle, A.A. WILLIAMS envoûte et électrise. Avec « Solstice », son troisième album, elle franchit un nouveau cap et la production signée Matt de Burgh Daly offre un relief supplémentaire à ses compositions, lui qui officie par ailleurs à la guitare, à la basse et à la batterie. Et le line-up est complété, toujours derrière les fûts, par Wayne Proctor. Précis et d’une élégance rare, le trio impressionne autant par sa finesse que sa puissance.
Si l’on peut faire un rapide parallèle avec l’Américaine Chelsea Wolfe dans le traitement des atmosphères, il faut reconnaître à A.A. WILLIAMS la conception d’un univers très personnel. Intimiste et souvent hypnotique, elle atteint des profondeurs froides et mélancoliques, où sa voix cristalline transcende les émotions entre deux déflagrations. La Britannique bouscule les codes en faisant le lien entre des passages Metal sauvages qui viennent se fondre dans son post-Rock avec une sensation gothique étonnante (« Poison », « Outlines », « Breathe »). Incontournable.
Entre les concerts et le studio, les Américains donnent le sentiment de ne jamais s’arrêter. Cette éducation qui passe par un travail acharné ne leur laisse, de fait, pas forcément le temps nécessaire de peaufiner et de finaliser toutes ces idées foisonnantes. C’est un peu ce qui s’est passé pour ce sixième album où ELDER a exhumé des brides de morceaux pour aller, cette fois, jusqu’au bout du processus créatif. Et même si le quatuor est parti en tournée au beau milieu de la confection de « Through Zero » pour revenir s’y atteler aussitôt, il y a comme toujours cette unité artistique incroyable, qui en fait probablement l’un de ses albums le plus abouti. Alors qu’il nous propose un passage à travers le vide via ce nouveau concept, le chanteur et guitariste principal du groupe, Nick DiSalvo, revient sur sa vision musicale et l’élaboration de ce nouvel opus.
– Avant de parler de « Though Zero », j’aimerais qu’on dise un mot au sujet de l’EP que vous avez sorti en septembre dernier. Il s’agissait de deux morceaux initialement destinés à « Omens » (2020) et « Innate Passage » (2022). Aviez-vous un sentiment d’inachevé en ne les ayant pas présenté avant ?
Nous avons cumulé une multitude de fragments de chansons restés inédits au fil des ans, ce qui est parfois frustrant, mais malgré une telle production, nous n’avons pas ce sentiment d’inachevé. Il arrive que les idées ne soient pas encore abouties au moment où elles sont écrites, et il y a toujours une chance qu’elles voient le jour plus tard.
– Cet EP est sorti alors que vous partiez en tournée avec All Them Witches et vous êtes déjà de retour avec un nouvel album, avant de repartir bientôt encore sur la route. Quand est-ce que vous avez pris le temps d’enregistrer « Through Zero » ? Vos morceaux étaient-ils déjà prêts, malgré leur complexité ?
Nous avons enregistré l’album avant et après la tournée All Them Witches. Les sessions d’écriture ont été assez intenses juste avant de reprendre la route. Je crois que l’album a du être finalisé en six mois environ.
– ELDER existe depuis une vingtaine d’années et vous avez quitté votre Massachusetts natal pour Berlin il y a un moment déjà. On ne va pas encore refaire l’histoire, mais est-ce que l’idée de rentrer aux Etats-Unis vous traverse parfois l’esprit, même si votre pays connaît une période compliquée en ce moment ?
Franchement, pour l’instant, je ne me vois pas m’installer définitivement aux Etats-Unis. Cela dit, l’Allemagne traverse elle aussi des crises et je doute fort qu’elle devienne mon foyer pour toujours. Ce n’est pas vraiment le moment d’envisager l’avenir avec optimisme…
– D’ailleurs, avec le temps, je trouve qu’ELDER présente aujourd’hui une identité plus européenne qu’américaine. Au regard de vos six albums, vos quatre EPs et vos deux live, quand pensez-vous que le virage a eu lieu ? A moins que cette évolution vous paraisse naturelle…
Je ne pense pas que nos nationalités jouent un rôle important dans notre musique, mais je pourrais l’expliquer par le fait que notre musique est davantage influencée, à certains égards, par le Rock des années 70 venu d’Europe et du Royaume-Uni, plus que par l’héritage du Blues américain.
– Comme à chaque fois, vous nous embarquez dans une voyage musical et sonore unique. Et vous êtes partis de ce terme qui donne son nom à l’album, « Through Zero », qui est emprunté à l’ingénierie et aussi au monde de la musique. Est-ce parce qu’il donne lieu à une multitude d’interprétations aussi bien conceptuelles que philosophiques qu’il a retenu votre attention ?
C’est exactement ça. J’aime jouer avec les mots et l’expression « Through Zero » est intéressante. Bien qu’elle ne désigne rien d’autre que le phénomène physique auquel elle fait référence, je trouve que l’idée s’applique à bien d’autres domaines et décrit bien l’atmosphère sonore de l’album.
– Musicalement, « Through Zero » est très progressif avec des passages aux résonances très 80’s et enrobé d’un Heavy Rock aussi très direct. Est-ce que vous vous êtes basés sur le jeu des textures, comme c’est le cas ici, pour dérouler votre fil narratif, car ELDER garde toujours une grande fluidité à passer d’une atmosphère à l’autre ?
Oui, la magie de ces morceaux réside dans l’interaction entre de nombreux éléments disparates, comme des guitares puissantes et incisives, des sonorités de cordes de mellotron d’inspiration vintage, et parfois même des sons synthétiques modernes. Le défi et la récompense de cette musique consistent à intégrer tous ces sons d’époques différentes en un mix cohérent.
– D’ailleurs et peut-être encore plus que sur vos précédents albums, « Through Zero » se dévoile vraiment au fil des écoute. L’émergence des détails dans vos morceaux est d’ailleurs assez incroyable, tant ils sont nombreux. C’est un travail que vous effectuez une fois le morceau bien structuré, c’est-à-dire plus ou moins vers la fin, ou vous intégrez les arrangements dès le départ ?
Les arrangements sont déjà complexes et détaillés lors de la composition. La difficulté survient surtout à l’enregistrement, car c’est là qu’il faut trouver une place pour chaque élément. Souvent, nous devons même simplifier les arrangements en studio, faute de place ! Cela dit, c’est aussi le moment où nous améliorons les morceaux.
– « Through Zero » a aussi la particularité d’être produit par vous-mêmes, toujours en collaboration avec Richard Behrens. Et cette fois, vous avez aussi participé au mix de l’album. Qu’est-ce qui a changé dans votre démarche pour que vous ayez envie de vous y pencher ? Le considérez-vous finalement comme votre disque le plus personnel à ce jour ?
J’ai souvent été frustré par le passé par les décisions de mixage prises par des personne extérieures. C’était des décisions que nous n’avions ni le temps, ni les ressources pour corriger ou même pour explorer d’autres options de manière adéquate. Or, je sais depuis longtemps quel son je souhaite pour notre musique et aussi que nous, au sein du groupe, possédons de solides compétences techniques en matière d’enregistrement…
– Vous repartez encore pour une longue tournée, ce qui fait d’ELDER un groupe de scène incroyable. Vous donnez d’ailleurs l’impression de ne jamais vous arrêter. Est-ce que vous considérez finalement un peu vos albums comme un prétexte pour repartir sur la route ? Et est-ce le contact direct avec vos fans que vous privilégiez surtout ?
En fin de compte, je pense que non. Mais l’aspect live du groupe est tout aussi important pour nous que les albums. Le Rock est fait pour être vécu en concert, car c’est une sensation forte, viscérale et énergique ! Je ne peux pas vraiment imaginer jouer de la musique sans cette dimension scénique.
– Enfin, on a parlé du fait que votre musique avait peut-être une saveur plus européenne aujourd’hui. Que reste-t-il de fondamentalement et viscéralement américain chez ELDER ?
ELDER est né de la scène Rock underground américaine. Nous n’avons pas fréquenté d’écoles de musique, nous n’avons bénéficié d’aucun financement culturel, ni même d’une salle de répétition subventionnée par l’Etat, contrairement à certains groupes en Europe de l’Ouest. Précisons-le : je considère ces aides comme essentielles et il est absolument indispensable de financer les arts et la culture ! Mais en même temps, nous avons dû apprendre par nous-mêmes et travailler d’arrache-pied pour en arriver là. Je pense que cette façon de faire est emblématique de ‘l’éthique du travail à l’américaine’. On nous dit souvent que notre culture du travail est malsaine ou mal adaptée, mais nous sommes aussi très motivés et convaincus qu’à force de travail, on peut réussir. Cette mentalité nous a sans doute été inculquée très tôt et c’est pour cette raison que nous n’arrêtons jamais d’avancer, même au risque de nous exploiter, ou de nous contraindre, nous-mêmes.
Le nouvel album d’ELDER, « Through Zero », est disponible chez Stickman Records en Europe.
Dans les futurs classements, il va falloir déjà ajouter « Restless Spirit » à la liste des meilleures productions de l’année. Sauf tremblement de terre, il va être franchement difficile à éviter, voire à détrôner. En effet, huit ans après sa formation à Long Island dans l’Etat de New-York, RESTLESS SPIRIT est à un sommet de sa carrière, au firmament d’un parfait croisement entre Stoner et NWOBHM. Son groove est vertigineux, les riffs tranchants et le chant aérien et tout en maîtrise de son frontman et guitariste, malgré une référence absolue à laquelle on s’échappe pas, est plus incisif que jamais. Tentaculaire !
RESTLESS SPIRIT
« Restless Spirit »
(Magnetic Eye Records)
Lorsque l’on compte autant d’EPs que d’albums dans sa discographie, ce n’est pas du tout anodin que le petit dernier soit éponyme. Enfin, ça pourrait l’être chez qui n’aurait aucune imagination (et il y en a !), mais chez RESTLESS SPIRIT, il faudrait plutôt le voir comme une signature apposée à huit nouveaux morceaux, qui sont un parfait concentré de ce que le groupe développe depuis ses débuts. Et si les Américains n’ont pas attendu « Restless Spirit » pour atteindre la maturité artistique, ce nouvel opus les reflète pourtant de la manière la plus précise à ce jour.
La solidité du line-up est pour beaucoup aussi dans cette constante progression. Marc Morello (basse), Paul Aloisio (guitare, chant) et Jon Gusman (batterie) se connaissent par cœur, se trouvent les yeux fermés et surtout ont mis en place un Stoner Metal, façon rouleau-compresseur, qui fait aussi de la place au Doom, au Prog comme au Sludge et bien sûr au Heavy Metal. S’il est devenu compliqué de ne pas citer Black Sabbath dans la mouvance actuelle, RESTLESS SPIRIT n’y échappe pas non plus, et l’ombre d’Ozzy plane avec bienveillance sur cette quatrième réalisation.
« Restless Spirit » donne cette impression d’aboutissement, tant il va à l’essentiel et gomme toutes fioritures pour laisser place à un rugissement instantané et hyper-puissant. Compact et massif, le power trio fait également preuve d’une certaine finesse dans son élan. Epais et véloce, RESTLESS SPIRIT embarque tout le monde dans un Heavy d’une rare pureté, où chaque titre devient une gigantesque gifle (« The Burning Need », « Desolation’s Wake », « Phantom Pain », « Red In Tooth And Claw » et l’interlude « Ember », qui offre une courte respiration). Incontournable !
Trois albums et presque autant de facettes pour WASTE A SAINT, qui continue de faire évoluer son Stoner Rock avec beaucoup d’imagination. Toujours aussi brut et organique dans la production, le quatuor se présente avec un nouvel opus très ouvert, fédérateur et d’une grande variété. Les Norvégiens accueillent aussi un nouveau batteur, qui vient apporter un groove particulier à l’ensemble, assez loin des conventions, ce qui offre une approche originale à « …And It’s Evergreen ». Alors que beaucoup de groupes sont très facilement identifiables dans leurs influences, WASTE A SAINT impose sa propre vision du genre et son style avec une liberté, qui reste le maître-mot de la formation scandinave. Rencontre avec quatre musiciens, dont une magnétique frontwoman, qui assument cette indépendance et des choix artistiques forts.
– « … And It’s Evergreen » est votre troisième album et il présente quelques changements au sein de WASTE A SAINT à commencer par un nouveau batteur, puisque l’ancien a quitté le groupe en pleine composition. Comment l’avez-vous vécu, car vous ne semblez pas avoir été si déstabilisés ?
Eh bien, il y a eu pas mal de changements au sein de la section batterie ces dernières années. On dirait que le poste de batteur est maudit chez nous… (Sourires) On finit par s’y faire, je suppose. On avait enregistré quelques morceaux pour le nouvel album et, aux alentours de Noël, notre cher batteur Øivind nous a annoncé qu’il souhaitait explorer d’autres horizons. Ole (Nogva, basse, synthés, chœurs – NDR), Bogey (Stefansdottir, chant – NDR) et Alex (Skomakerstuen, guitare, chœurs – NDR) sont les membres fondateurs de WASTE A SAINT. Et on a toujours eu une structure assez horizontale où chaque membre contribue à façonner l’univers de WASTE A SAINT. Alors, quand Trym (Solan Renolen, batterie, chœurs – NDR) a rejoint le groupe, on a d’abord dû apprendre à le connaître et tâter le terrain. On le connaissait déjà un peu, car Tronheim n’est pas une si grande ville, mais on n’avait jamais joué avec lui. Le courant est passé tout de suite, musicalement et humainement. C’est un excellent batteur et un type super. Ensuite, il a fallu que son style et son flow s’intègrent aux nôtres, ce qui est essentiel pour notre son et notre processus créatif.
– D’ailleurs, vous avez aussi modifié vos habitudes jusqu’à changer d’environnement et même d’instruments. Est-ce que vous vivez ce nouvel album comme un nouveau départ ?
Bogey : Oui, je dirais même plus. Le batteur est un élément essentiel de notre son, et l’a toujours été. Son jeu, son influence sur les morceaux et la composition… Nous sommes un groupe où l’improvisation est importante et en tant que quatuor, chaque membre contribue énormément au résultat final. Parallèlement, nous avons dû changer de local de répétition au pied levé, nous avons utilisé un nouveau studio pour l’enregistrement et nous avons davantage intégré le synthétiseur à notre musique. L’intégration de tous ces éléments, ainsi que les idées et la vision de Trym pour les chansons et le groupe, ont été une véritable renaissance.
– C’est vrai qu’il se dégage de « … And It’s Evergreen » un sentiment de liberté et peut-être même d’un peu plus d’insouciance, comme l’indique aussi le titre de l’album. Aviez-vous besoin d’une nouvelle respiration pour trouver de nouvelles inspirations ?
Oui, c’était un peu le but. Les changements nous amènent à découvrir de nouvelles façons de travailler et de penser, et ces perspectives ont assurément influencé le groupe. L’album précédent était inspiré par notre soif insatiable de création, qui nous anime toujours. Mais cette fois-ci, nous avons dû intégrer tous ces changements de membres et de logistique dans notre flux de travail en un temps record. Le titre de l’album fait aussi référence à la pression liée à la diffusion de la musique, à son partage avec le public. On a toujours envie de changer des choses, de se remettre en question, de peaufiner son art jusqu’à l’épuisement. C’est très humain. Mais à un moment donné, il faut bien sortir son truc pour que les gens puissent le voir et l’entendre. Et après, impossible de revenir en arrière, impossible de changer quoi que ce soit. C’est publié, c’est là, dans le monde entier… et c’est intemporel.
– La première chose qui transparaît de l’écoute de ce troisième album, c’est toujours cette volonté de repousser les limites de votre Stoner Rock en explorant d’autres contrées musicales. Et cette fois, vous imposez une signature forte. Est-ce que c’est le travail sur le groove surtout qui vous a permis de trouver cet équilibre ?
Bogey : J’ai toujours eu l’impression qu’on flirtait avec le Stoner Rock depuis des années, sans jamais s’y consacrer pleinement. Sur cet album, je pense qu’on s’est davantage investis dans les morceaux Stoner Rock et qu’on a exploré plus en profondeur les autres. On n’avait pas trop réfléchi au groove, notamment à la batterie, mais je suppose que ça vient naturellement avec un nouveau batteur. Petite précision : Trym n’avait aucune expérience du Stoner Rock. C’est un musicien plutôt Indie/Punk, enfin, c’est comme ça que je le vois ! (Rires) Je pense que son approche novatrice du genre pousse l’expérimentation encore plus loin.
– L’album est aussi plus aéré, votre spectre sonore s’est élargi et ton chant, Bogey, est également plus libre et assuré. Est-ce à dire que vous étiez un peu à l’étroit dans un Stoner Rock trop classique ?
Bogey : En fait, notre ancien batteur, Vebjørn Svanberg Numme, à l’époque de l’album « Hypercarnivore », était aux manettes en studio, et on avait passé un super moment. Bien sûr, le temps d’enregistrement était limité, mais ça nous avait permis d’avoir une session très ouverte et exploratoire. Je pense qu’on a abordé celle-ci avec un état d’esprit différent de nos albums précédents. Cette fois-ci, on était plus détendus et on s’est concentrés sur le plaisir et l’expérience. Travailler avec un ancien membre comme producteur était aussi un avantage, du moins pour moi, car ça m’a offert une plus grande liberté pour expérimenter vocalement.
Alex : Ouais, je suis d’accord. ‘Expérimenter et voir ce que ça donne’ était peut-être le mot d’ordre de cette session. On a aussi reçu la visite du fabricant norvégien de pédales Bråk, qui nous a prêté plein de matériels géniaux et originaux. Un grand merci à Torje !
– WASTE A SAINT véhicule encore mieux la puissance du Stoner en laissant aussi beaucoup de place aux mélodies. D’ailleurs, comment procédez-vous lorsque vous composez ? Commencez-vous par une ligne de chant, ou par un riff comme c’est souvent le cas dans le registre ?
L’improvisation est notre principal moyen de création. Bien sûr, ça varie, mais souvent on commence par s’échauffer avec des riffs qu’Ole et Alex sortent de nulle part. Parfois c’est bon, parfois c’est nul ! (Sourires) A partir de là, on pose la base d’un morceau, puis Bogey et Trym y ajoutent leur touche magique et voilà, une chanson prend vie. Même maintenant que l’album est terminé, on continue à s’échauffer avec de nouveaux riffs en répétition et on peut dire qu’on a même déjà quelques morceaux en préparation.
– Votre son est également plus massif et plus ample que sur « Hypercarnivore » et « Ravenous », et vous accordez toujours beaucoup d’importance au narratif. Le côté Psych de l’album ouvre aussi de nouveaux horizons au groupe, et l’ensemble est encore très nordique dans l’atmosphère. Est-ce quelque chose que vous travaillez spécifiquement, ou cette touche scandinave est-elle inconsciente ?
(Rires) Le style nordique n’a jamais été notre priorité. Peut-être est-ce juste parce que nous le sommes tout simplement ? (Sourires) Pour cet album, Alex et Bogey se sont partagés une grande partie de l’écriture des paroles. Et il est clair que nous avons des approches très différentes. L’album présente donc une certaine dualité : le côté décalé d’Alex et le côté plus dramatique de Bogey.
– Pour conclure, j’aimerais qu’on dise un mot du morceau « Brother, I Am Starving », qui résume assez bien l’album, je trouve, et qui le conclue aussi d’ailleurs. Il évolue sur un groove langoureux avec un saxophone pour ensuite accélérer vers un rythme frénétique et puissant. Est-ce le genre de titre qu’on compose en toute fin, histoire de clore un chapitre ?
Oui, un grand bravo à David Brüggermann au saxophone ! Un gars super ! Je crois qu’on l’a fait inconsciemment pour chaque album. On n’a jamais l’intention d’écrire un morceau de clôture spécifique pour chaque disque, mais une fois la production et le mastering terminés, ça semblait être le choix évident pour conclure « ...And It’s Evergreen ».
Le nouvel album de WASTE A SAINT, « …And It’s Evergreen », est disponible chez All Good Clean Records.
Photos : Yvind Ha Enes (1, 4) et Silje Marie Svendsen (2, 3).
Et retrouvez aussi la chronique de « Ravenous », le précédent album :
Huit ans après son dernier effort, AVON revient irradier de son Desert Rock la planète Stoner. Toujours aussi californien dans le son comme dans l’esprit, il est plus irrésistible que jamais. Très organique et avec l’instinct du live, le groupe incarne l’essence-même du style avec tout ce qu’il contient d’instantanéité et de vérité dans le jeu. Expressif autant qu’explosif, « Black On Sunshine » fait l’équilibre entre onirisme et mélodies appuyée avec maestria.
AVON
« Black On Sunshine »
(Go Down Records)
Après « Mad Marco » (2016) et « Dave’s Dungeon » (2018), « Black In Sunshine » est donc le troisième album de l’emblématique trio AVON. Enregistré et produit par James Childs lui-même, on retrouve l’esthétisme du Desert/Stoner Rock dans toute sa splendeur . Malgré un nombre conséquent de productions du même genre, et même si ce nouvel opus dépasse tout juste les 30 minutes, les trois musiciens atteignent des sommets et se hissent tranquillement au dessus du lot. Soudés autour du même line-up depuis le début, l’osmose et la complicité sont palpables.
Il faut dire qu’ils ont du métier. Le batteur Alfredo Hernández a œuvré chez Kyuss, QOTSA et Yawning Man, James Childs au chant et à la guitare a pris la lumière avec les Anglais de Airbus notamment et Charles Pasreli fait vibrer sa basse sur la scène de Palm Springs au sein de plusieurs formations. AVON a donc beaucoup de caractère, d’expérience et possède surtout un sens du songwriting, qui semble tellement naturel. Le groove est épais, le Fuzz transcende les riffs et la voix du frontman vient éclairer des morceaux d’une rare efficacité et d’une intensité constante.
Et c’est un souffle chaud qui traverse « Black On Sunshine » dans la plus pure tradition Desert Rock. Rebelle et psychédélique, le Heavy Rock du combo livre aussi quelques clins d’œil bluesy, ou Surf sur l’éponyme titre d’ouverture. AVON vit et respire les sonorités de son désert voisin et atteste que Mojave n’est qu’à deux pas. En exhumant « Super Furry Antidote » et « Doorway », il jette un regard sur un passé pas si lointain, mais continue d’avancer sans nostalgie sur des morceaux percutants (« Awkwardness », « Spacebar », « Never In A Million Years », « Bandits »). Magique !
Chanteur du groupe depuis 15 ans maintenant, Nic Maeder est la voix de la seconde phase artistique de l’emblématique groupe helvète GOTTHARD. Si remplacer Steve Lee n’a pas été une chose évidente, notamment auprès des fans, il a parfaitement su s’imposer et guide depuis « Firebirth » (2012) le groupe qui sort aujourd’hui « More Stereo Crush », un mini-album qui vient en complément de « Stereo Crush » , sorti l’an dernier. L’occasion pour évoquer avec le frontman la publication de ces deux productions, presque coup sur coup, et ce qui a motivé la démarche de la formation de Hard Rock.
– Un an tout juste après « Stereo Crush », vous êtes de retour avec « More Stereo Crush », cette fois sous la forme d’un EP. Aviez-vous le sentiment de ne pas être allés au bout des choses, de ne pas avoir fini le travail ?
Au départ, l’idée était de faire un album court, percutant et concis d’une dizaine de titres, mais l’inspiration étant au rendez-vous, nous avons fini par en enregistrer 17. La maison de disques a estimé qu’il valait mieux en faire un album et un EP. Et comme nous avions initialement prévu un album plus court, nous avons accepté.
– D’ailleurs, « More Stereo Crush » contient huit chansons, ce qui en fait un mini-album. Vous n’avez pas été tentés de rester un peu plus longtemps en studio pour réaliser un album complet ?
En fait, nous avions le sentiment que ces chansons s’intégraient parfaitement à l’album « Stereo Crush » et que composer et enregistrer de nouveaux morceaux donnerait une tout autre dimension à l’écriture et à l’enregistrement. Les 17 titres ont donc été enregistrés et mixés ensemble.
– Cinq des huit morceaux sont donc issus des sessions d’enregistrement de « Stereo Crush ». Qu’est-ce qui n’allait pas sur les morceaux à l’époque, selon vous? Ils avaient besoin d’être retravaillés, peaufinés ?
Non, car nous avons enregistrée et mixé les 17 morceaux, et ils sont restées tels quels. Lors de l’élaboration de la liste des titres de l’album et de l’EP, nous avons veillé à un équilibre parfait, afin d’éviter une surabondance de ballades ou de morceaux plus Rock sur l’un et l’autre. Finalement, l’album et l’EP forment un tout cohérent, agrémenté de quelques titres bonus.
– Il y a aussi cette nouvelle version de « Liverpool », qui figurait déjà sur l’album précédent et qui venait presque en complément de votre reprise des Beatles, « Drive My Car ». Sur l’original, on retrouvait Chris Von Rohr de Krokus et cette fois-ci, c’est son chanteur, Marc Storace, qui se livre à un beau duo avec toi. Que représente ce morceaux pour le groupe, au point d’en avoir fait deux versions ?
Lorsque nous avons composé cette chanson avec Chris, nous avions déjà l’idée de faire un duo avec Marc, mais cela ne s’était pas concrétisé à l’époque. Plus tard, nous y sommes revenus et, heureusement, nous avons réussi à le faire. Marc est arrivé en studio avec des idées de paroles et de mélodie, qui fonctionnaient à merveille. Nous avons passé un excellent moment à retravailler et à enregistrer la chanson. Cela reste un souvenir inoubliable pour nous !
– Pour conclure sur le sujet, GOTTHARD et Krokus ont toujours conservé des liens forts. Cela s’explique bien sûr par le fait que vous soyez deux groupes emblématiques du Hard Rock suisse. Et il y a aussi eu le projet Gotus en 2024 avec des membres de deux formations. Vous donnez le sentiment d’être une grande famille avec une forte filiation. Comment l’explique-vous et est-ce le secret de vos longévités respectives ?
La Suisse est un petit pays, et dans le milieu Rock, c’est un peu comme une famille. Le secret de notre longévité, ce sont vraiment les fans. Nous avons la chance d’avoir des fans aussi formidables et fidèles, et c’est grâce à eux que nous sommes là !
– J’aimerais qu’on dise un mot du morceau « Mayday », dont seule la vidéo était disponible jusqu’à présent. D’habitude, c’est plutôt l’inverse. Etait-ce essentiel pour vous de l’enregistrer en studio ? Et est-ce son accueil auprès du public qui vous y a poussé ?
« Mayday » est un titre bonus. Il n’a aucun lien avec les sessions de « Stereo Crush ». C’était une chanson composée il y a quelques années pour ‘X-Max’, en hommage aux services d’urgence. Le morceau n’ayant jamais été officiellement publié, certains membres du groupe ont souhaité le sortir. Personnellement, je ne pense pas qu’il ait sa place sur l’EP, mais en tant que titre bonus, ça passe.
– Il y a une autre collaboration également très forte avec le groupe, c’est celle avec votre producteur Charlie Bauerfeind, qui joue un rôle clef dans le son de GOTTHARD. Vous semblez travailler très étroitement ensemble. Comment cela se concrétise-t-il sur chaque album ? Est-il directement impliqué dans les compositions ou les arrangements également ?
Oui, Charlie est fantastique. On travaille ensemble depuis des années et il comprend parfaitement le groupe et son fonctionnement. Il participe beaucoup à la création des parties de batterie et on travaille aussi beaucoup sur les arrangements avec lui.
– Enfin, une question m’interroge depuis longtemps. Malgré 35 ans d’une belle carrière, est-ce que vous nourrissez quelques regrets de n’avoir pu vous imposer, ou au moins de ne pas vous être faits plus connaître, aux Etats-Unis ? Cela aurait été dans la logique des choses…
Eh bien, le groupe n’a jamais réussi à percer sur le marché américain et on a abandonné assez tôt. Je suppose qu’au final, on se concentre sur les pays où l’on a du succès. Le fait est que, si on a des fans formidables, on n’a pas besoin d’être présent partout dans le monde pour réussir.
« More Stereo Crush » est disponible chez Reigning Phoenix Music.
Que l’attente fut longue ! Fer de lance d’une scène Rap/Metal en pleine ébullition dans les années 90, les Scandinaves (le combo se partage entre Suède et Norvège) offre enfin un successeur «Life Will Kill You » sorti en… 2007 ! Pourtant, rien ne semble avoir véritablement changé au sein de la formation. Bien au contraire, avec «Before All We Die », CLAWFINGER s’inscrit dans son époque grâce à des textes cinglants, des riffs tendus et tranchants et cette touche Hip-hop qui vient donner du corps au flow de l’inamovible Zak Tell, toujours aussi incisif dans sa dénonciation d’un monde en faillite à bien des niveaux. Entretien avec un frontman lucide et engagé, qui manie le second degré avec une précision chirurgicale, comme pour mieux faire tomber les masques.
– Je vous ai découvert avec « Deaf Dumb Blind » en 1993 et j’ai souvenir de prestations survoltées à Paris à l’Elysée Montmartre cette année-là et deux ans plus tard aussi. A l’époque, CLAWFINGER avait créé un petit séisme dans le monde du Metal. Qu’est-ce que a profondément changé selon toi depuis vos débuts ?
Pour nous, personnellement, rien n’a vraiment changé. On a pris de l’âge, on est peut-être un peu plus sages, on se soucie moins du regard des autres et on s’amuse plus que jamais ensemble avec le groupe. Par contre, l’industrie musicale a beaucoup évolué : les albums ont perdu de leur importance et seuls les passionnés les achètent encore. Aujourd’hui, tout tourne autour du streaming et des réseaux sociaux, et les gens n’ont plus la même patience, ni la même capacité de concentration. On essaie de s’adapter et de rester ouverts d’esprit face à tout ça, mais honnêtement, on ne comprend pas toujours tout. Au final, notre métier, c’est de faire la musique qu’on aime, et c’est bien là l’essentiel.
– Vous êtes des précurseurs du Rap Metal avec Body Count et RATM. Et c’est vrai que ce sont sûrement les deux styles les plus revendicatifs et engagés. Vous êtes très forts dans les deux registres, mais quel est celui que vous écoutez le plus et où puisez-vous l’inspiration musicalement ?
Parmi ces deux groupes, personnellement, je préfère RATM. Pour moi, Ice-T est un rappeur et c’est ce que j’écoutais en grandissant, bien avant même que Body Count n’existe. Je respecte son travail avec Body Count, même si je ne le trouve pas très excitant. Quant à l’inspiration musicale, elle vient de partout. Je ne suis absolument pas un fan de Metal pur et dur, j’adore la Country et le Western ! (Sourires) L’inspiration ne vient pas uniquement de la musique, elle vient de toutes sortes de sources : les amis, l’actualité, les livres, le travail, les rêves, etc… Musicalement, j’ai grandi en adorant les collections de disques de mes parents. Il y avait de tout, de Joan Armatrading à Led Zeppelin, en passant par John Lee Hooker, Ten Years After, les Beatles, Muddy Waters, Bob Marley, Bob Dylan, … et la liste est longue. A l’adolescence, j’ai découvert le Rap et le Punk, et c’est de là que je tire une grande partie de mon inspiration pour mes textes.
– Dans les années 90 et début 2000, CLAWFINGER était au top artistiquement, puis les choses se sont arrêtées après la sortie de « Life Will Kill You » en 2007. Il vous aura fallu presque 20 ans pour ressortir un album. Y a-t-il eu une sorte de lassitude, ou un changement dans le paysage et l’industrie musicale dans lesquels vous ne vous reconnaissiez plus ?
Nous n’avions plus d’argent et on devait trouver du travail pour payer nos factures et nous loger. Plusieurs d’entre nous avions de jeunes enfants et, oui, après sept albums et vingt ans de carrière, nous étions sans doute un peu fatigués. Et puis, l’industrie musicale a changé. Le téléchargement et le streaming sont probablement la principale raison de nos difficultés financières, et les maisons de disques n’étaient plus ce qu’elles étaient. Nous avons donc dû nous adapter, faire face à la réalité et essayer de survivre, avec ou sans le groupe.
– Vous êtes enfin de retour avec « Before All We Die » sur lequel on retrouve avec plaisir les fondamentaux de CLAWFINGER avec une rage et un humour intacts. Est-ce que vous avez senti, avec tout ce qui se passe dans nos sociétés, qu’il était à nouveau temps d’élever la voix ?
Non, on avait juste assez de chansons pour enfin sortir un album, en fait. Ce n’est pas tellement en rapport avec un engagement quelconque. Mais tout ce qu’on touche devient du CLAWFINGER et c’est ça nous plaît. On est à l’aise avec ça, c’est notre identité. Si notre son est toujours le même, c’est tout simplement parce qu’on n’a jamais vraiment arrêté de jouer et de faire des concerts. Du coup, notre nouvel album ne sonne pas comme si c’était le premier en 19 ans : c’est juste un autre album de CLAWFINGER… parce que ça reste du pur CLAWFINGER ! (Sourires)
– Ce nouvel album est très direct, incisif et sans fioriture. Il est aussi très politique, plein d’auto-dérision et assez sombre à l’instar de notre époque. Il y a tant de choses révoltantes aujourd’hui qu’il aura fallu un triple album ! Comment avez-vous procédé quant au choix des thématiques ?
Il n’y a pas de grande réflexion derrière tout ça, on n’est pas si intelligents, on fait des trucs, c’est tout ! (Sourires) Si ça marche, tant mieux, sinon, on ne fait pas de chansons. J’ai toujours aimé l’idée d’essayer de dire quelque chose qui ait du sens, c’est tout simplement important pour moi. Il y a tellement de groupes qui ne disent rien sur rien, nous, on n’est pas de ceux-là. On vit à notre époque, avec tout ce qui se passe, alors c’est assez naturel d’en parler dans notre musique. On y met aussi beaucoup de réflexions personnelles et toutes les épreuves et les tribulations liées à la condition humaine dans cette société pourrie qu’on essaie tous de comprendre et dans laquelle on essaie aussi de vivre.
– Preuve aussi que notre époque va mal, j’ai lu que vous ne jouiez plus « Nigger » sur scène. Or, c’est justement un morceau très tolérant et l’un des plus emblématiques de CLAWFINGER. C’est donc un signe de plus que nos sociétés sont malades. N’est-ce pas pourtant le bon moment pour le jouer et même encore plus fort ? Et ce serait aussi un beau pied-de-nez, non ?
Peut-être, mais c’est plus complexe que ça. C’est un sujet chargé d’Histoire, et vu le chemin parcouru depuis que nous avons écrit cette chanson il y a 34 ou 35 ans, il ne nous appartient peut-être plus d’en être les porteurs, si tant est que cela ait jamais été le cas. C’est un problème bien plus important que de savoir si nous jouons ou non cette chanson, et nous devons le respecter. Le véritable problème du racisme et de l’injustice dépasse largement le cadre de notre petit groupe.
– En écoutant « Before All We Die », j’ai aussi eu l’impression qu’il marquait un retour tout en puissance de CLAWFINGER, comme une sorte de renaissance. Le voyez-vous également de cette façon et commencez-vous déjà à vous projeter dans l’avenir… c’est-à-dire sans attendre 20 ans cette fois-ci ?
Nous faisons simplement ce que nous avons toujours fait. Nous comprenons que cela puisse paraître comme un retour ou une renaissance, mais encore une fois, nous n’avons jamais vraiment cessé de jouer. C’est donc une continuité dans notre parcours. Quant à l’avenir et d’éventuelles nouvelles sorties, nous n’en savons pas plus que toi. Mais s’il y a d’autres albums, je suis presque certain qu’ils sortiront plus rapidement. L’avenir nous le dira… (Sourires)
– Enfin, au regard de vos textes, CLAWFINGER se pose clairement comme un groupe anti-système. Est-ce que le monde vogue comme le Titanic (en référence au morceau « Going Down (Like Titanic ) » de l’album), selon vous, peut-on encore éviter les icebergs ?
Oui, nous naviguons comme le Titanic et nous pensons que c’est le symbole parfait de l’état du monde, malheureusement. Cependant, l’espoir demeure. Pour chaque malheur, il y a un bien qui arrive. Il faut juste parfois que la balance penche un peu avant que les choses s’améliorent. L’espoir est toujours permis. Nous ne sommes pas totalement inutiles, mais nous sommes sacrément mauvais et nous pourrions faire beaucoup mieux. Il suffit d’un peu de patience, de gratitude, de respect, d’ouverture d’esprit et d’un minimum de décence. Ce n’est vraiment pas si compliqué, finalement. Malheureusement, nous sommes distraits par le pouvoir, l’argent et la cupidité, et pour une raison ou une autre, nous leur accordons plus d’importance qu’à la bienveillance et à la gentillesse.
Le nouvel album de CLAWFINGER, « Before All We Die », est disponible chez Perception.
Vigoureux et précis dans son jeu, le groupe de l’Ontario a toujours affiché beaucoup de fraîcheur et de liberté à travers ses disques, et « Leo Rising » ne vient pas trahir l’ADN du combo. Intense et bien charpenté, ce nouvel opus est aussi fougueux que groovy et, comme toujours, DANKO JONES est sûr de sa force, se montre également sleazy à l’occasion et surtout, il semble mettre un point d’honneur à ne pas sombrer dans des sonorités actuelles fadasses et stéréotypées.
DANKO JONES
« Leo Rising »
(Perception)
Après une trentaine d’année de carrière, DANKO JONES fait toujours figure d’électron libre. Un pied dans l’underground malgré une reconnaissance mondiale, il ne dévie pas d’un iota de sa trajectoire musicale. Comme toujours, « Leo Rising » percute d’entrée de jeu et les Canadiens ne lèvent pas le pied un seul instant. Imperturbables, ils balancent leur Hard Rock brut et tendu, délivrant au passage une énergie communicative. A priori franchement rude, ce douzième album est surtout une invitation au partage. En effet, il y a toujours cette envie très perceptible, qui transpire de ses morceaux et leur offre cette vélocité particulière.
Et la première chose que DANKO JONES a à partager, c’est son puissant Rock virevoltant et incisif. Coriace et sans compromis, « Leo Rising » ne manque pourtant pas d’humour et d’ironie, et avance au pas de charge. Le power trio se fait plaisir et la bonne production signée Erik Ratz ferait presque oublier que les chansons ont été enregistrées à distance, le bassiste John Calabrese étant en Finlande. Cependant, il y a une réelle cohésion et un bel esprit de corps, et cela se sent sur ces onze bâtons de dynamite. L’alchimie fait le reste et on peut compter l’implication de chacun d’entre eux pour faire parler la poudre.
Il y a aussi ce côté évident chez les Nord-Américains. L’aspect direct et frontal de leur musique y est pour beaucoup, tant le rythme est effréné et la succession de riffs tranchants efficace (« Diamond In The Rough » avec un solo de Marty Friedman, « Everyday Is Saturday Night », « Hot Fox », « Gotta Let In Go », « I ‘m Going Blind », « Pretty Stuff »). Tout en diffusant des titres costauds, DANKO JONES n’élude pas une certaine légèreté, et reste fidèle à une ligne de conduite très Rock’n’Roll. Taillée pour la scène, cette nouvelle réalisation s’inscrit dans une belle et robuste continuité et sans renier sa ligne de conduite.
Photo : Ole Martin Wold
Retrouvez l’interview du groupe à l’occasion de la sortie de « Power Trio » en 2021 et la chronique de l’album :
Toujours aussi progressif et s’engouffrant même dans des fulgurances cosmiques fortes et aériennes, le jeu des Américains atteint de nouveaux sommets. Avec « Crucible & Ruin », un cap est franchi par le combo de Nashville dans la maîtrise du songwriting notamment, mais aussi avec l’arrivée d’un nouveau membre à la guiatre et claviers, qui va permettre au désormais quatuor du Tennessee de s’élever encore un peu plus. Entouré d’une équipe de producteurs redoutables, HOWLING GIANT multiplie les mélodies accrocheuses et met en avant une maîtrise technique incroyable, qui lui permet à peu près tout. Le Heavy Stoner Prog du groupe prend de la hauteur et Tom Polzine (guitare, chant) ne cache pas sa grande satisfaction. Entretien.
– Ce troisième album sort dix ans après votre premier EP éponyme. C’est un cap souvent important dans la vie d’un groupe. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur cette première décennie de HOWLING GIANT ?
Ces dix dernières années ont été formidables. Je pense que nous avons accompli bien plus que ce que j’espérais et il nous reste encore tellement de choses à faire. Découvrir la musique que nous avons pu composer ensemble a été une expérience incroyable et j’ai hâte de voir où cela nous mènera. Et j’espère aussi que nous reviendrons bientôt en France !
– Une chose est sûre, c’est que « Crucible & Ruin » est votre album le plus abouti, grâce notamment à un songwriting très créatif et efficace. Avez-vous changé votre façon d’aborder les morceaux, ou est-ce au contraire le fruit de toutes ces années de travail ?
Je pense que notre processus de composition évolue constamment. Je suis vraiment fier de tout le travail que nous avons accompli jusqu’à présent, et « Crucible & Ruin » n’est que la prochaine étape de notre parcours créatif. Nous n’avons pas nécessairement abordé cet album différemment de « Glass Future » du point de vue de la composition, mais nous aimons avoir un thème, ou du moins des images fortes en tête, lorsque nous composons. « Crucible & Ruin » a une ambiance thématique différente de celle de « Glass Future », et la composition s’y est forcément adaptée d’elle-même.
– Il y a quelques changements qui entourent ce nouvel album à commencer par l’arrivée aux claviers et à la guitare d’Adrian Lee Zambrano. C’est vrai qu’il apporte beaucoup de relief et de nouvelles tessitures au son de HOWLING GIANT. Est-il le membre qui manquait au groupe pour élever un peu plus son niveau de jeu, et en quoi sa première contribution a-t-elle consisté ?
Adrian est un musicien incroyablement talentueux et nous avons vraiment de la chance de l’avoir parmi nous. Lorsque nous l’avons intégré au groupe, l’album « Crucible & Ruin » était déjà pratiquement terminé, mais il a pu apporter sa contribution en ajoutant des sonorités et des nuances auxquelles nous n’avions pas pensé. Je pense que ces ajouts ont vraiment apporté une touche spéciale à cet album et ont contribué à donner vie à ces morceaux.
– Cette deuxième guitare apporte bien sûr de la puissance à l’ensemble, ainsi qu’un nouvel équilibre au groupe et il en ressort beaucoup de force. Cela vous ouvre aussi de multiples possibilités. Est-ce que, justement, vous avez pu expérimenter des choses inédites pour vous jusqu’à présent dans l’écriture ou le son ?
Lorsque j’enregistre un album, j’adore ajouter des couches de guitare supplémentaires et j’ai toujours inclus des harmonies complémentaires. Le problème, c’est que lorsque nous jouons en concert à trois, nous devons interpréter une version du morceau qui ne correspond pas toujours à l’enregistrement. Cette harmonie de guitare supplémentaire manquait jusqu’à présent. Maintenant qu’Adrian fait partie du groupe, nous pouvons les inclure, ce qui apporte une nouvelle dimension à nos performances live. Je suis impatient d’écrire le prochain album avec lui, en partant de zéro. Attendez-vous à plus de riffs et à plus de lignes mélodiques harmonisées ! Et j’en suis ravi.
– Pour conclure sur ce sujet, qu’est-ce que la formule à quatre a véritablement changé pour HOWLING GIANT, car celle du power trio est souvent synonyme de spontanéité ?
Je trouve qu’un groupe de quatre musiciens a un son plus ample sur scène et nous permet d’explorer des compositions plus complexes. Jouer en trio a son charme, mais cela comporte aussi des limites. Je pense que la version à quatre musiciens de HOWLING GIANT va nous ouvrir de nouvelles perspectives exceptionnelles.
– Pour la première fois, vous avez même quitté le « Bunker » où vous avez toujours enregistré vos albums, pour vous retrouver aux Almish Electric Chair Studios d’Athens en Ohio. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision ? C’était le bon moment pour sortir d’une certaine zone de confort et peut-être aussi de tourner une page ?
Nous savions dès le départ que nous voulions que notre prochain album présente une qualité sonore améliorée du point de vue de la production. A chaque album que nous sortons, nous souhaitons montrer une certaine progression, ou évolution, de notre son et Neil Tuuri des studios Amish Electric Chair a fait un travail extraordinaire pour nous aider à atteindre cet objectif.
– Justement, vous avez aussi travaillé cette fois avec Neil Tuuri, Kim Wheeler et James Sanderson. Est-ce que cette nouvelle équipe vous a ouvert des perspectives, car « Crucible & Ruin » est plus progressif, entre autres ? Et y a-t-il eu un travail particulier sur les atmosphères et les arrangements notamment ?
C’est vraiment l’équipe de rêve ! Neil nous a aidés à enregistrer les meilleurs sons possibles et a mixé cet album à la perfection. Kim nous a permis d’obtenir certaines des meilleures pistes vocales que nous n’ayons jamais enregistrées et ses conseils sur l’équilibre du mixage ont été inestimables. James Sanderson est l’un de mes meilleurs amis depuis longtemps et l’un des meilleurs auteurs-compositeurs que je connaisse. Son apport créatif nous a permis de donner une dimension supplémentaire aux chansons sur lesquelles nous travaillions. Je me sens vraiment chanceux d’être entouré de personnes aussi talentueuses et cela me donne beaucoup de confiance pour l’avenir de nos prochains albums.
– Enfin, j’aimerais qu’on dise un mot au sujet de « Beholder » que vous avez décliné en deux parties : « Downfall » et « Labyrinth ». Quel a été le déclic pour vous lancer dans un tel morceau qui sort vraiment des standards habituels, et comment vous y êtes-vous pris pour sa composition ? Etait-ce un bloc peut-être trop long que vous avez préféré scinder en deux ?
Les morceaux « Beholder I » et « Beholder II » ont été composés individuellement, mais ils illustrent l’influence d’un personnage particulier au sein du concept de l’album. « Beholder I » annonce l’arrivée d’une entité chaotique lovecraftienne issue de l’abîme cosmique, et « Beholder II » dépeint l’humanité vivant dans les conséquences d’un monde ravagé par l’impact de cet événement.
Le nouvel album de HOWLING GIANT, « Crucible & Ruin », est disponible chez Magnetic Eye Records.
Rétro, mais pas trop ! Les Islandais poursuivent leur irrésistible ascension avec « Portals », et ce sixième album vient confirmer une créativité toujours aussi présente. Audacieux, THE VINTAGE CARAVAN combine avec beaucoup de savoir-faire des élans classiques et une aspiration très moderne dans un Rock, qui s’aventure dans des contrées progressives, Folk et psychédéliques au parfum 70’s. Depuis quelques années maintenant, le power trio n’a de cesse d’écumer les scènes et cela s’en ressent dans ce nouvel opus très mature. Óskar Logi Ágústsson, chanteur et guitariste du groupe, revient sur sa conception et son enregistrement sous le soleil de Porto.
– Si l’on prend vos albums un par un, à savoir « Voyage », « Arrival », « Gateways » et « Monuments », sans compter votre premier opus éponyme, ils ont tous en commun un titre assez conceptuel. Est-ce que c’est quelque chose que vous faites consciemment, et est-ce qu’un titre peut vous inspirer la direction d’un disque ?
Oui, c’est vrai que nous avons principalement abordé le concept de mouvement en ce qui concerne les titres de nos albums, ce qui semble tout à fait approprié au nom du groupe. Nous avons parfois plaisanté en disant que le prochain album s’appellerait « Bagages encombrants » ou « Porte A23 » (« Bulky Luggage » ou « Gate A23 » – NDR). Les titres étaient généralement choisis après l’enregistrement des albums et ce n’est que cette fois-ci que le titre a influencé l’album lui-même. Stefán (Ari Stefánsson, batterie – NDR) a trouvé le titre en référence à Porto, où nous avons enregistré l’album. Et nous avons toujours voulu inclure des interludes sur l’un de nos albums, alors j’ai eu l’idée de créer « Portail I, II », etc… Alex (Örn Númason, basse – NDR) les a réalisé en utilisant de vieilles cassettes, en les étirant et en créant de véritables boucles, puis en y ajoutant des synthétiseurs, des enregistrements d’oiseaux, des conversations de personnes dans des restaurants et toutes sortes d’autres sons.
– D’ailleurs, en restant sur la notion de concept, quel est celui de « Portals », ou du moins sa ligne directrice ? En ponctuant l’album d’interludes du même nom et au nombre de cinq, quelle a été votre intention ? Marquer des chapitres ?
Il n’y a pas vraiment de concept précis. On voulait simplement faire le meilleur album possible et le plus expérimental qu’on ait jamais réalisé. On a souhaité essayer de nouvelles choses, ne pas avoir peur d’expérimenter, minimiser les superpositions de guitares, installer les baffles et les amplis dans la même pièce que nous et enregistrer comme si c’était un concert en direct. L’idée était de prendre des risques. Par exemple, tous les solos sont enregistrés en direct. Si je me ratais, on devait insérer une autre prise complète avec la basse, la batterie et tout le reste. Et si ça ne marchait pas, on devait carrément refaire une autre prise.
– « Monuments » est sorti il y a déjà quatre ans et il avait marqué un tournant dans votre style, qui était devenu plus volumineux et massif notamment. Avec « Portals », vous enfoncez le clou avec une démarche peut-être plus moderne dans le son surtout. C’était votre objectif ?
Curieusement, c’était la première fois que nous enregistrions sur bande et ce fut une expérience incroyable. Nous avons utilisé beaucoup d’amplis vintage. Alex a ajouté pas mal de synthétiseurs et un vieux Farfisa (marque de claviers italienne – NDR) pour créer de belles textures sonores. Notre approche était de faire en sorte que l’on ressente les synthétiseurs plutôt que de les entendre distinctement.
– Justement, est-ce qu’en modernisant votre approche musicale, THE VINTAGE CARAVAN est-il toujours aussi vintage ?
Je pense que nous sommes simplement en train de mûrir et de trouver notre propre style et notre propre voie. Il y a toujours un aspect vintage dans notre approche, mais nous avons toujours fait figure d’exception au sein des genres auxquels on nous a associés. Nous jouons du Rock’n’Roll un peu comme un groupe de Metal. D’ailleurs, les deux autres membres faisaient partie de groupes de Metal avant de rejoindre le groupe. Tandis que moi, j’ai toujours été dans THE VINTAGE CARAVAN ! (Rires) Mais au final, nous jouons ce que nous ressentons sans trop nous poser de questions, nous laissons la musique s’exprimer librement et nous la jouons avec sincérité.
– « Monuments » vous avait permis de beaucoup tourner et c’est toujours profitable pour la cohésion d’un groupe, ainsi que pour l’aspect expérimental que cela représente en public. Qu’avez-vous appris de tous ces concerts sur votre son, car « Portals » a également une production très live ?
Nous sommes en tournée intensive depuis 2014 et nous apprenons constamment de nouvelles choses. L’une des choses que nous voulions faire différemment était de minimiser les ajouts en post-production et d’aborder l’enregistrement comme un album live. Nous avons travaillé dur pour trouver le bon son dès le départ, puis nous avons commencé l’enregistrement. L’utilisation de la bande magnétique nous a incités à jouer différemment, à prendre plus de risques et il y a beaucoup d’imprévus et d’erreurs sur l’album, mais c’est précisément ce qui le rend authentique.
– Cela nous amène au morceau « The Philosopher », qui ouvre l’album, avec la présence de Mikael Åkerfeldt d’Opeth avec qui vous avez tourné. Cette collaboration est-elle née sur la route, ou l’avez-vous contacté une fois la chanson composée ?
Je lui ai envoyé un message après l’enregistrement. Il nous avait proposé d’enregistrer du mellotron sur l’album plus tôt dans l’année, lors de notre rencontre au festival ‘Bloodstock’. Alors, quand on a parlé de trouver quelqu’un pour faire des voix additionnelles, son nom est revenu. Je lui ai envoyé la chanson et il l’a aimée. On a encore du mal à croire que ça ait marché, c’est un musicien exceptionnel et un type formidable. Nous lui sommes très reconnaissants d’avoir accepté et de nous avoir donné l’opportunité de faire leurs premières parties sur trois tournées.
– Vous avez parlé d’un pont entre générations portées par le Prog pour ce morceau. Qu’est-ce que vous entendez par là ? Vous pensez à une succession, comme l’avenir d’un héritage ou à un rapprochement ?
Je ne sais pas qui a dit ça ! (Rires) Mais oui, il n’y a pas de réflexion profonde derrière cette collaboration, juste nous qui jouons la musique en laquelle nous croyons et que nous aimons, et heureusement, Mikael était partant.
– Pour l’enregistrement de « Portals », vous avez quitté votre Islande natale pour le Portugal. C’est un contraste géographique saisissant. Aviez-vous besoin de nouvelles sources d’inspiration ? Pourtant, vous êtes toujours accompagnés par votre ami Axel ‘Flexi’ Árnason. Est-il le garant de votre son d’une certaine manière, d’autant que l’enregistrement s’est fait cette fois sur bande comme tu l’as rappelé ?
Nous nous sommes simplement délectés de leur café et de leur Super Bock, après les sessions évidemment, et c’était une source d’inspiration suffisante ! (Sourires) Tu sais, Flexi joue un rôle important dans notre histoire. Il a été un mentor, mais cette fois-ci, nous avions plus d’expérience que lorsque nous avons travaillé ensemble sur « Arrival » en 2015, et nous savions ce que nous voulions. Flexi est vraiment incroyable et il parvient à faire ressortir quelque chose de spécial en nous.
– « Portals » présente les éléments caractéristiques de THE VINTAGE CARAVAN, c’est-à-dire un Heavy Rock 70’s teinté de Blues et de Stoner. Il est cependant plus nerveux et véloce que ses prédécesseurs. Est-ce vos participations au Wacken Open Air, au HellFest et votre tournée avec Opeth, donc des univers Metal, qui vous ont conduit à durcir le ton ?
Non, pas vraiment. Nous jouons dans des festivals de Metal depuis 2012 et nous participons régulièrement au Wacken et à d’autres festivals du même genre depuis 2014. Donc, cela ne nous a pas vraiment influencés. Je pense qu’il y avait pas mal de morceaux à tempo moyen sur le dernier album et j’avais juste envie de composer des morceaux plus rapides.
– Enfin, est-ce que le Psychédélisme originel des 70’s dans lequel vous avez commencé a, selon toi, évolué ces dernières années et aujourd’hui surtout à l’ère du tout numérique ?
Oui, je pense que cette scène perd en popularité et en créativité. Il y a de moins en moins de grands groupes et c’est aussi de plus en plus difficile à bien des égards. Mais nous sommes comme l’herpès : nous revenons toujours… et plus forts que jamais ! (Rires)
Le nouvel album de THE VINTAGE CARAVAN, « Portals », est disponible chez Napalm Records.
Photos : Stefen Ari Stefensson (1, 4, 5)
Retrouvez le groupe en interview à l’occasion de la sortie de « Monuments », ainsi que la chronique de l’album et celle du Live :