Catégories
International Southern Rock

Parker Barrow : the beautiful escape [Interview]

Trois ans après un premier album, « Jukebox Gypsies », qui les a fait émerger de la bouillonnante scène de Nashville, les desperados de PARKER BARROW ont pris du volume et de l’assurance. Toujours ancré dans un Southern Rock aux riffs ravageurs et aux envolées d’orgue captivantes, le groupe emmené par le couple Megan Kane à l’incroyable puissance vocale et Dylan Turner, derrière les fûts et à la composition, poursuit son ascension de belle manière. Suivant également les codes modernes de l’industrie musicale tout en conservant une approche très roots, le sextet a enchaîné les singles avant de livrer « Hold The Mash », un deuxième opus qui compile leurs compositions de ses dernières années. Une bonne occasion pour en parler avec son batteur et fondateur.

– Tout d’abord, près de huit ans après sa formation, PARKER BARROW en a fait du chemin entre de nombreux concerts, deux albums et un EP entre les deux. Pour vous suivre depuis « Jukebox Gypsies », je trouve votre progression assez incroyable. Avez-vous senti un point de bascule dans votre jeu à un moment donné, ou est-ce une évolution très naturelle pour vous ?

Je pense que l’évolution a été très naturelle. Megan et moi avons commencé toutes les deux il y a presque huit ans, et depuis, nous avons eu la chance d’accueillir de nombreuses personnes incroyables dans le groupe. Chacune apporte sa propre touche musicale, enrichissant en quelque sorte les sonorités que nous avions en tête depuis des années.

– L’an dernier, votre EP « Hold The Mash » avait conforté le bel élan pris depuis vos débuts. Pourquoi aviez-vous décidé de ne sortir qu’un format court plutôt qu’un album complet ?

C’est la réalité d’aujourd’hui, avec le streaming musical. On reste nostalgiques de l’album dans son format et de la possibilité d’offrir à l’auditeur l’opportunité de découvrir notre musique sous cette forme. Mais avec le streaming et les différentes façons d’écouter de la musique, il est important de sortir régulièrement des titres pour maintenir l’intérêt du public.

– Ce deuxième album porte d’ailleurs le titre de votre EP et il est complété de trois nouveaux morceaux, dont la reprise des Black Crowes «  My Morning Song ». Pourquoi vous êtes-vous précipités ainsi ? Vous sentiez qu’il fallait profiter de la belle dynamique en cours, à moins qu’il vous paraissait peut-être incomplet ?

Je ne crois pas que nous nous soyons sentis pressés. Par ailleurs, « My Morning Song » est un incontournable de nos concerts depuis des années et nous savions que nous voulions inclure une reprise sur cet album, alors ça nous a semblé tout à fait naturel.

– D’ailleurs, l’essentiel des chansons de « Hold The Mash », c’est-à-dire l’EP inclus, est sorti en singles. Est-ce qu’aujourd’hui le format de l’album vous paraît obsolète compte tenu de l’impact des plateformes numériques dans les habitudes d’écoutes, même si celles-ci sont aussi d’une certaine façon biaisées ?

Je pense que les albums ont encore toute leur place. C’est pourquoi nous avons réuni les titres sortis en singles et sur l’EP dans un album. Comme je te le disais, nous adorons l’idée de l’album et ce qu’il représente pour nous, en tant que groupe et aussi en tant que fans de musique.

– La composition et l’enregistrement des nouveaux morceaux complétant l’album se sont faits durant ces derniers mois, j’imagine. Est-ce que vous avez changé quelque chose dans votre fonctionnement après vos expériences précédentes ?

En fait, nous n’avons pas vraiment de processus standard. Chaque chanson est unique et se doit d’être traitée comme telle. Nous ne nous focalisons pas sur le processus. Nous laissons la chanson s’exprimer et se développer naturellement.

– Le choix de cette reprise des Black Crowes est très cohérent et parfaitement en phase avec votre univers musical, puisqu’elle associe les racines du Southern Rock et la modernité de la nouvelle génération. Est-ce pour cette raison que vous l’avez choisie, et aussi parce que c’est unechanson que vous jouez régulièrement en concert ?

Oui, c’est un morceau qu’on joue depuis des années. On trouve qu’il met vraiment en valeur toutes les facettes de notre groupe : les duels entre les guitares et l’orgue et bien sûr la voix de Megan. C’est un morceau qui change toujours l’atmosphère et l’ambiance de nos concerts. On adore tous le jouer ensemble.

– Est-ce qu’avec le recul depuis l’EP, vous pensez que « Hold The Mash » représente aujourd’hui toutes les facettes de PARKER BARROW ? Et avez-vous justement profité du fait que ce soit votre deuxième album pour expérimenter plus de climats, car il est très varié au final ?

Je pense que « Hold The Mash » résume parfaitement où nous en sommes en tant que groupe actuellement. Je crois que c’est ce qu’on essaie de faire avec n’importe quel album : créer une trace tangible de nous-mêmes, un témoignage de notre évolution en tant que groupe. A mon avis, « Hold The Mash » y parvient parfaitement.

– Enfin, vous êtes basés dans la très foisonnante cité de Nashville. Est-ce pour cette raison que vous restez toujours indépendants ? Face aux nombreux groupes présents, un label ne vous serait-il pas utile pour vous imposer dans cette jungle musicale très débridée ?

Nous avons tendance à nous concentrer uniquement sur ce que nous pouvons contrôler : notre attitude et nos efforts. Nous n’accordons pas beaucoup d’importance au reste. Actuellement, notre travail consiste à composer une musique qui nous ressemble et que nous prenons plaisir à créer et à jouer. Nous avons la chance de pouvoir le faire et nous en sommes pleinement conscients. Si un jour nous sentons qu’un élément extérieur à notre activité actuelle pourrait nous aider à atteindre cet objectif, nous l’explorerons, mais pour l’instant, ce n’est pas notre priorité.

Le nouvel album de PARKER BARROW, « Hold The Mash », est disponible sur le site du groupe, tout comme les billets de leur prochaine tournée en Angleterre, qui débutera le 25 novembre : www.weareparkerbarrow.com

Photos : Ryan Alexander (1, 3) et Joe del Tufo (4).

Retrouvez aussi les chroniques de leurs précédentes réalisations :

Catégories
Doom/Death Metal International

Ilienses Tree : une tempête d’émotions [Interview]

Depuis plus d’une décennie, ILIENSES TREE fait vibrer la Sardaigne avec une profonde sincérité. Puisant ses réflexions au cœur de l’esprit humain, à travers ses émotions, ses peurs, sa solitude et même ses hontes, le quintet a bâti un Death Doom Metal puissant et massif, qui semble presque inébranlable. Ce deuxième album, « Toward The Storm » appuie donc sur certaines failles que le groupe illustre de manière assez saisissante dans des atmosphères à la fois pesantes et véloces, et sur un narratif soigneusement élaboré. Le bassiste Claudio Kalb, puis le frontman Maurizio Meloni, nous parlent du parcours de ce nouvel opus, de leur vision du Doom et, bien sûr, de l’impact de leur île sur leur approche artistique.

– Avant de parler de « Toward The Storm », j’aimerais qu’on revienne sur votre parcours qui est assez étonnant. Vous avez sorti deux démos il y a une dizaine d’années, puis un premier album, « Till Autumn Comes », en 2019. Comment cela se fait-il que vos réalisations soient aussi espacées dans le temps ?

Claudio Kalb : Pour être précis, nous avons sorti notre première démo autoproduite, « 2014 BC », en 2014. Puis, en 2017, nous avons sorti l’EP « Edda », produit par le label maltais Maculata Anima Records. Et en 2020, toujours sur le même label, nous avons sorti notre album « Till Autumn Comes ». Malheureusement, nous avons ensuite dû ralentir notre rythme en raison des confinements et des couvre-feux liés à la pandémie de Covid. Comme nous passons beaucoup de temps en répétition à composer et à développer des idées ensemble, il nous en a donc fallu un peu plus pour retrouver notre alchimie et créer de nouveaux morceaux.

– Il s’est donc passé six ans entre vos deux albums. C’est assez long d’autant que le line-up est resté stable. Vous aviez besoin de laisser mûrir vos morceaux ?

Maurizio Meloni : La raison principale était résolument personnelle, bien plus que créative. Aussi étrange que cela puisse paraître, chacun d’entre nous a traversé une période de grands bouleversements professionnels. Nous avons tous dû prendre des décisions difficiles, ce qui nous a contraints à concentrer notre temps et notre énergie sur d’autres priorités.

Cet album est né de cette expérience et je pense que cela se ressent dans les émotions qui s’en dégagent. Le fait d’être de proches amis, et pas seulement les membres d’un groupe, nous a permis de rester soudés. D’ailleurs, cela nous a encore plus rapprochés et nous a aussi donné une vision claire de la manière dont nous voulions transformer cette longue et difficile période en musique.

Quant à la composition, nous avons retravaillé les morceaux à de nombreuses reprises, cherchant toujours à en tirer le meilleur parti. Ainsi, en considérant tous ces éléments, à savoir les difficultés personnelles et le temps passé à peaufiner la musique, on comprend aisément pourquoi la sortie de cet album a pris autant de temps.

– Après l’intro « Left Alone » qui ouvre l’album de manière assez solennelle au piano, « Toward The Storm » s’articule autour de quatre morceaux d’environ neuf minutes chacun. L’avez-vous conçu comme deux faces d’un vinyle, ou plutôt quatre mouvements qui font corps et se présentent comme une enchaînement narratif ?

Diviser l’album en deux faces pour le vinyle était un choix assez naturel, notamment en raison de la longueur des morceaux. Cela dit, l’album a été très soigneusement conçu, tant sur le plan musical que lyrique. Il débute par un sentiment de solitude et de honte, presque comme un cri de détresse, et monte progressivement en puissance jusqu’à son point culminant : la confrontation avec soi-même. Chemin faisant, il explore différents états émotionnels qu’une personne peut traverser lors d’une période difficile. L’idée principale était de montrer qu’il n’y a aucune honte à reconnaître ses luttes intérieures, ni à les partager avec les autres.

– Une chose m’a étonné sur votre album, c’est que le groupe compte deux guitaristes et là où on aurait pu s’attendre à de belles joutes, elles sont surtout au service des atmosphères. Est-ce d’abord le climat qui compte sur « Toward The Storm » et qui a monopolisé votre attention lors de la composition ?

Absolument. Dès le départ, notre objectif était de créer un son capable d’intégrer différents éléments musicaux tout en conservant une dimension profondément personnelle. Nous souhaitions construire quelque chose d’ambitieux, où toutes ces influences convergeraient pour former notre propre identité. En ce sens, les guitares jouent un rôle fondamental. Non pas tant d’un point de vue technique, mais plutôt émotionnel. Elles permettent aux morceaux de s’élever dans une autre dimension et de créer l’atmosphère recherchée.

Il aurait été facile d’ajouter un claviériste par le passé, notamment pour obtenir certaines textures, mais c’est précisément le défi que nous apprécions. Nous voulions créer ces moments amples et atmosphériques uniquement à la guitare, en trouvant le juste équilibre entre puissance et ambiance. C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis si content de « Toward The Storm ». Il sonne authentique et vivant, car il est né d’expériences réelles et d’émotions sincères. Plus que tout, nous souhaitions que l’album accomplisse deux choses très simples : toucher les auditeurs et les amener à la réflexion.

– Le titre de l’album symbolise une tempête intérieure et il balaie aussi une multitude d’émotions diverses. Et par ailleurs, le Doom est un registre qui obéit aussi à de nombreux codes. Même se le vôtre est teinté de Death Metal, cela nécessite-t-il de posséder d’abord une solide expérience avant de se lancer dans un tel registre, selon vous ?

C’est une excellente question. Je pense avoir déjà abordé une partie de la réponse dans les questions précédentes, en parlant de nos débuts et des objectifs qui ont façonné notre évolution au fil des ans et qui, je l’espère, continueront de le faire à l’avenir. Il est vrai que le Doom possède de nombreuses conventions, et si vous composez dans ce genre, je pense qu’il est important de les connaître. Comprendre le genre vous donne les outils pour savoir où rester fidèle à ses codes et où vous pouvez repousser les limites de votre écriture.

Parallèlement, le Doom offre des possibilités infinies, surtout si vous avez quelque chose d’authentique à exprimer. Pour moi, c’est l’un des genres les plus libérateurs en matière d’expression artistique. Qu’il s’agisse du Doom classique ou du son plus Death/Doom qui nous caractérise, tout est question d’émotion pure. Je ne sais pas si c’est vraiment une question d’expérience, mais je suis convaincu que le Doom est un monde immense, presque un univers à part entière, qu’il faut explorer, écouter, absorber et vivre pleinement avant de pouvoir y jouer de manière convaincante. Plus que tout, je pense que c’est un genre qu’il faut ressentir vibrer en soi… et nous savons tous où ces veines mènent : droit au cœur.

– Enfin, vous êtes originaires de Sardaigne et vivre sur une île, même grande, est toujours quelque chose de particulier. En quoi vous inspire-t-elle et que génère-t-elle au niveau de la créativité et de l’approche de votre Death/Doom Metal ?

Oui, nous sommes originaires de Sardaigne. Et comme je le dis souvent, c’est une terre unique, pleine d’énergie, de contrastes, de paysages incroyables, de parfums inoubliables et de gens vraiment exceptionnels. Vivre ici nous offre une perspective très différente du reste de l’Italie. Ce n’est pas un hasard si beaucoup disent que nous sommes Sardes avant d’être Italiens. C’est un sentiment profondément ancré en nous.

Je suis convaincu que cette île a une influence considérable sur nous, surtout sur le plan émotionnel. Si nous vivions dans le tumulte d’une grande ville, notre musique serait certainement différente. Ici, il suffit de quelques minutes pour se retrouver dans des lieux presque magiques, des lieux qui invitent naturellement à la réflexion et à l’introspection. Cette atmosphère se retrouve inévitablement dans notre musique.

En revanche, vivre sur une île, et pas tout près des côtes, a aussi ses inconvénients. Cela nous tient éloignés de nombreux endroits où notre musique pourrait toucher un public plus large grâce aux concerts. Etant donné que le Doom et le Death/Doom ont une base de fans plus importante dans d’autres régions d’Europe, la distance et le fait que nous devions toujours prendre l’avion compliquent considérablement les choses d’un point de vue logistique et financier. Mais c’est la vie. On ne peut pas tout avoir… (Sourires)

Le nouvel album d’ILIENSES TREE, « Toward The Storm », est disponible chez Meuse Music Records.

www.meusemusicrecords.eu

Catégories
Heavy metal Old School

Coven Japan : Metal samouraïs

Originaire de la capitale nippone, le tandem commence à se faire une place sur la scène underground. Fort d’un style tranchant et mélodique, COVEN JAPAN livre un deuxième opus très convaincant à l’identité de plus en plus distincte. Si certaines références, issues d’Europe comme du Japon, sont encore évidentes, « Promised Land » s’en détache sur des parties de guitares soignées, un chant solide et une rythmique galopante. L’esprit vintage est assumé et le registre direct.

COVEN JAPAN

« Promised Land »

(No Remorse Records)

Fervents adeptes du DIY, c’est tout d’abord sous le nom de Coven (quelle drôle d’idée!) que la chanteuse Taka et le guitariste Akihiro Ito ont fondé leur groupe en 2016. L’année suivante, leur premier EP, « The Advent », leur a ouvert de nombreuses portes, dont celles du label grec No Remorse Records chez qui ils ont sorti l’album « Earthlings » fin 2023, mais cette fois sous la bannière de COVEN JAPAN. Dix ans après sa création, les Japonais se sont donc développés à l’international et « Promised Land » confirment de belles prédispositions.

Défenseurs d’un Heavy Metal Old School et fortement inspiré par la NWOBHM, les Tokyoïtes ont cependant su imposer une marque bien à eux. En premier lieu, la frontwoman use de sa langue maternelle et aussi de l’anglais (à l’accent prononcé), ce qui donne une saveur spéciale aux morceaux. Ces derniers sont d’ailleurs souvent imprégnés de leur culture, de sonorités de certains groupes de leur pays (Blaze, Blizard) et de chansons d’animation. COVEN JAPAN s’est créé un univers personnel parfois étonnant et dont les différentes atmosphères sont très accrocheuses.

Auteur, compositeur et interprète, le duo a également enregistré et mixé ensemble « Promised Land », ce qui lui donne beaucoup de certitudes sur ses intentions et sa maîtrise. A noter également que les parties de basse et de batterie sont assurées par les deux musiciens, contribuant au son très organique de COVEN JAPAN. Racé et efficace, le Heavy Metal proposé est rétro et dynamique, et les featurings du suédois Tomas Ericson de Helvetets Port sur « Witchfinder » et celui du Français Niels Bang d’Animalize sur « Breath Of The Distand » sont costauds. A découvrir !

Catégories
Metal Progressif Power metal

Novareign : earthquake in progress

Moins démonstratif que beaucoup de représentants du Prog Metal et moins pompeux aussi que la majorité de ceux du Power Metal, NOVAREIGN semble avoir trouvé l’équilibre en seulement deux albums. Le combo de Los Angeles continue pourtant d’expérimenter et de surfer sur un belle dynamique sans perdre de vue le Heavy Metal, qui reste la source de son style. Avec « Shifting The Axis Of The World », c’est avec un état d’esprit conquérant et beaucoup de maîtrise qu’il nous embarque dans un univers à la fois complexe et limpide.

NOVAREIGN

« Shifting The Axis Of The World »

(M-Theory Audio)

Huit ans après « Legends », un premier effort qui avait été salué par le public comme la critique, NOVAREIGN réapparaît enfin et avec plus d’ambition et d’audace encore. Plutôt axé sur un Prog Metal créatif que sur un Power Metal habituellement rébarbatif, le quatuor laisse libre court à son imagination… Et elle est débordante. Très technique et et véloce, « Shifting The Axis Of The World » est aussi le résultat d’années de travail, certes par intermittence, mais qui ont forgé de solides bases et permis au groupe de ne surtout pas freiner ses ardeurs.

Alors que la batteur Ulises Hernández œuvrait chez Judicator et Anubis, il a aussi intégré la formation. Un renfort de poids, d’autant qu’il connaît bien le guitariste Balmore Lemus, qui a joué ces dernières années avec Lunar, Dire Peril et… Judicator ! Et cette cohésion se ressent sur les nouveaux morceaux. NOVAREIGN est fortement armé pour se faire une place de choix sur la scène Metal. Au chant, David Marquez est imperturbable et puissant et Moises Galvez (basse) livre une véritable démonstration de force. L’art de percuter !

Sur des structures complexes et très changeantes, les Californiens ont opté pour des titres assez longs, ce qui leur laisse un bonne marge de manœuvre pour imposer des riffs acérés et des parties de guitare phénoménales sur des rythmiques aussi épiques que musclées. NOVAREIGN impose son jeu et sa patte et son Power Prog Metal prend une dimension que beaucoup vont lui envier. Les duels ne manquent pas, les envolées non plus et l’aspect atypique de l’approche instrumentale rend « Shifting The Axis Of The World » incontournable (« Ode To The Masses », « Sun &Moon », « Mors Indecepta », « Ironside »). Un bonne claque !

Catégories
Heavy Stoner Psych Stoner Metal

Shadow Of Jupiter : une puissance divine

Sur un socle très Southern, le Stoner de SHADOW OF JUPITER repose sur des fondations Old School, qui emprunte au Hard Rock comme au Heavy Metal. Véloce et ténébreux, ce premier album chez Ripple Music se veut rassembleur, à commencer par les courants à l’œuvre ici. Et si les références sont nombreuses, « Bones » sort du lot grâce à une justesse impressionnante, des guitares incisives, une rythmique lourde et un frontman habité par son propos. Une fraîcheur sortie tout droit des origines du genre et située aux confins du Metal.

SHADOW OF JUPITER

« Bones »

(Ripple Music)

Viscéralement underground, SHADOW OF JUPITER en possède toute la culture, mais n’en oublie pas pour autant de faire preuve de beaucoup de créativité. Pour preuve, une production massive et limpide aux services de morceaux, qui incarnent eux aussi l’esprit Stoner sous toutes ses formes. Entre Rock et Metal, le quatuor développe un Doom/Psych profond au relief saisissant et laisse respirer ce deuxième opus avec talent. Sombre et rageur, « Bones » explore de multiples atmosphères pour se faire captivant.

Depuis 2022, SHADOW OF JUPITER peaufine son style et son premier album, « Porta Coeli », sorti l’année suivante en indépendant, avait déjà posé les bases du Stoner où l’on retrouve aussi des éléments Psych et même légèrement bluesy. On doit d’ailleurs peut-être cette dernière composante au fait que le groupe ait un pied à Chicago, tandis que l’autre se situe dans le Nord-Ouest de l’Indiana. Et le mix entre proto-Doom et Metal, le tout marqué par l’empreinte de Clutch, est assez savoureux.

Guidé par la voix puissante et lointaine de John Piotrowski, les Américains distillent des riffs épais et tranchants, en multipliant les changements de tempos. Dès le morceau-titre, SHADOW OF JUPITER s’affirme avec force dans un crescendo démoniaque. Tout en substance et sur des tessitures grondantes, il poursuit son exploration avec une assurance imperturbable (« Ugly On The Inside », « Echo Chamber », « Rumblestrip », « Riot Dogs »). Malgré ses sept plages seulement, dont certaines s’étalent en longueur, « Bones » a de quoi rassasier les fans de Stoner.

Catégories
Hard Rock

Harsh : l’affirmation d’une identité

Petit à petit, la scène Hard Rock hexagonale commence à avoir fière allure, grâce à des groupes qui s’approprient avec talent un héritage essentiellement américains, tout en s’en éloignant judicieusement pour imposer une patte originale. HARSH est de ceux-là et ce nouvel album vient confirmer que leur entrée en matière n’avait franchement rien d’anecdotique. Il faudra dorénavant compter sur la formation de la capitale et « Feels » l’installe avec vigueur. Fédérateurs dans les refrains, musclés dans les parties de guitares, tout comme dans une rythmique implacable, les quatre musiciens sont aussi déterminés qu’irrésistibles.

HARSH

« Feels »

(Fireflash Records)

Certains penseront peut-être que HARSH se cherche toujours, que ce soit dans le style comme dans le son et ce n’est pas complètement faux. Avec ce deuxième opus, le quatuor a de quoi se montrer déroutant, même si on n’est pas non plus dans l’antithèse d’« Out Of Control », sorti en 2022. Quatre ans plus tard, et après avoir pas mal tourné, le combo a pris le temps de se pencher sur les sentiments qui l’ont traversé au fil du temps et le résultat se reflète sur « Feels », où une très nette évolution se ressent. Groove et Rock s’entremêlent harmonieusement.

Alors que le premier effort était clairement estampillé Glam Rock, celui-ci vise un Hard Rock moins festif et donc plus sérieux. On doit sans doute cette différence de ton à l’envie d’être plus costaud et massif. Et c’est réussi. Cela dit, la production effectuée par Hannes Braun, chanteur de Kissin’ Dynamite et qui a également travaillé avec BlackRain, y est sûrement pour beaucoup. HARSH a donc opéré un léger changement de cap et dans la sonorité, on se rapproche un peu plus des réalisations germaniques, forcément, mais aussi scandinaves.

Pour autant, les Parisiens n’ont rien perdu de leur sens de la mélodie et surtout de leur facilité à se rendre très accrocheurs. A grand renfort de chœurs bien placés et pas trop envahissants, ils prouvent que leurs influences sont bien dirigées et moins présentes. Le chant tout en puissance et en délicatesse guide des morceaux, où les guitares tiennent les rênes de ces nouvelles compositions. Entre riffs entraînants et solos plein de feeling, HARSH laisse aussi échapper un parfum très 80’s, sans pour autant tomber dans une nostalgie exacerbée. Fougueux et solide !

Retrouvez la chronique du premier album de HARSH :

Catégories
Hard Rock

Upper Lip : possessed

Vraiment enthousiasmants, les Maltais renouent avec le Hard Rock de la grande époque, tout en lui apposant une sonorité moderne. Cinq ans après de bons débuts, UPPER LIP a encore augmenté l’intensité de son jeu et « Devil’s Ride » est d’une époustouflante variété. Respectueux d’un registre assez classique, le groupe reste ancré dans son temps, se montre créatif et véloce et cette deuxième réalisation mérite franchement le détour.

UPPER LIP

« Devil’s Ride »

(Independant)

Pourtant signé chez Pride & Joy Music pour son premier opus, « Deep Within » (2021), UPPER LIP fait son retour en indépendant avec une bien belle suite. Et même s’il paraît plus sombre que son prédécesseur, « Devil’s Ride » dégage pourtant une sensation très positive, malgré un propos plus introspectif. Originaire de l’île de Malte, où le Hard Rock se fait plutôt discret, la formation ne manque pas d’expérience, loin de là, mais donne une impression d’humilité qui ne freine pas non plus son audace. Explosifs et mélodiques, les îliens sont très entreprenants.

Composé de Christopher Portelli au chant, Marcel Paul Grima à la basse, Joseph Azzopardi à la guitare et à la composition, et avec Sami Karpinnen (Therion, Opeth) derrière les fûts, UPPER LIP a fière allure et ne s’en laisse pas compter. Sur une rythmique au groove imparable et des riffs acérés, il déploie un Hard Rock solide et entraînant aux frontières du Classic Rock et avec même quelques notes bluesy (« Won’t You Listen »). Et ce petit côté Old School le rend finalement très attachant, alors que « Devil’s Ride » est loin de manquer de mordant.

Et ce son et cette production modernes et musclées, on les doit une fois encore à David Vella, également à l’œuvre sur « Deep Within », le tout enregistré dans les magnifiques Temple Studios de Mistra à Malte. Ce qui est également remarquable, c’est la diversité musicale proposée par UPPER LIP, qui s’emploie à ne jamais se répéter. Incroyablement Rock’n’Roll, le combo expose ses multiples facettes tout en parvenant à affirmer une identité forte (« Blood Of Rock’n’Roll », « The Duel », « The Castle », « Goddess Of The Sun », ). Délicieusement rafraîchissant !

Catégories
Hard 70's International Proto-Metal

Lynx : a vintage claw [Interview]

Epanoui dans un registre 70’s, le style de LYNX peut paraître assez insaisissable. Ne reniant pas des références Hard Rock et proto-Metal, il y a également chez lui des élans progressifs et parfois même psychédéliques, qui offrent beaucoup de profondeur à ses compositions. Porté par une chanteuse et claviériste à la voix envoûtante, le quintet se présente avec un deuxième opus, « Trinity Of Suns », qui le voit encore évoluer dans son approche. Délicate, mais solide, la formation allemande n’a pas fait les choses à moitié et a opté pour un son organique, où le relief de ses morceaux prend toute son ampleur. Il aurait d’ailleurs été difficile de le concevoir autrement, tant l’authenticité sonore est liée à sa profondeur artistique. C’est l’un de ses fondateurs, le bassiste Phil Helm, qui revient sur l’évolution musicale et les changements de line-up qui ont émaillé le groupe entre ses deux albums.

– Avant de parler de ce nouvel album, j’aimerais qu’on évoque le changement de line-up depuis « Watcher Of Skies » sorti en 2021. Il y a eu l’arrivée d’Amy Zine au chant et aux claviers et celle de Janni à la guitare et au chant. Quel orientation cela a-t-il provoqué, notamment au niveau au niveau de la composition de « Trinity Of Suns »?

C’est une excellente question. Amy figurait déjà sur « Watcher Of Skies » en tant que choriste. Elle était une amie proche du groupe avant même de le rejoindre officiellement, et nous étions ravis de sa participation à ces enregistrements. Comme « Watcher Of Skies » est sorti avant même notre premier concert, nous n’avons commencé à réfléchir qu’après coup à la manière de gérer les synthés en live à quatre. Tim et moi avons fini par partager ces parties, alternant constamment entre nos instruments principaux et les synthés. C’est vraiment à ce moment-là qu’est née l’idée d’ajouter un cinquième membre. Avec Amy, nous avons non seulement accueilli une claviériste, mais aussi une chanteuse incroyable qui s’est progressivement imposée comme la voix principale du groupe. Janni nous a rejoints à la fin de l’été 2025. A ce moment-là, l’album était déjà écrit, et nous avions convenu que Marvin enregistrerait les parties de guitare en studio. Nous souhaitions néanmoins que Janni participe, il a donc contribué aux parties vocales de l’album.

– « Trinity Of Suns » est très différent de son prédécesseur, notamment dans le style, mais aussi dans le fait que le chant soit dorénavant essentiellement féminin. Est-ce qu’avoir une chanteuse a été un tournant pour le groupe, et cela a-t-il été aussi l’opportunité d’y apporter une nouvelle vision ?

Pour nous, la transition entre « Watcher Of Skies » et « Trinity Of Suns » a été très naturelle, car le changement de voix s’est opéré progressivement sur plusieurs années. Mais pour quelqu’un qui écoute les deux albums à la suite, le changement de son peut paraître radical. Grâce à la voix d’Amy, nous avons pu nous concentrer davantage sur les lignes vocales et donner à l’ensemble une dimension plus émotionnelle. Notre objectif était de créer un lien sensible plus profond avec les auditeurs.

– Vos deux albums pourraient presque être ceux de deux groupes différents pour qui ne vous connaîtrait pas bien. Est-ce que vous avez le sentiment que LYNX vit un nouveau départ ?

Comme je te le disais, cela nous semble être une évolution très naturelle et cohérente. Nous avons peaufiné le son que nous avions commencé à développer sur « Watcher Of Skies » et nous avons essayé de donner aux morceaux une plus grande profondeur émotionnelle sur « Trinity Of Suns ». Mais nous n’avons jamais eu l’impression de repartir de zéro.

– D’ailleurs, lors de vos concerts, vos setlists représentent-elles vos deux albums ? Et de quelle manière Amy s’est-elle approprié les anciens morceaux ?

Alors que « Trinity Of The Suns » n’était pas encore sorti, nous jouions déjà des morceaux du prochain album en concert depuis un certain temps. Depuis peu, plus de la moitié de notre setlist est composée de nouveaux titres, tout simplement parce que nous avons une grande confiance en leur qualité. Et nous avions joué « Island Universe » pour la première fois en 2023 à Athènes, lors du festival ‘Up The Hammers’. Les anciens morceaux se marient particulièrement bien avec la voix d’Amy, ils gagnent en profondeur et prennent une nouvelle dimension.

– « Trinity Of Suns » a un son très organique et il me semble que vous l’avez d’ailleurs enregistré en analogique. Etant donné le style de LYNX, j’imagine que le choix vous a paru évident. Et il possède aussi une approche très live. Etait-ce essentiel pour vous de réunir ces deux conditions ?

Il était primordial pour nous que l’album sonne le plus organique possible. C’est pourquoi nous avons choisi de l’enregistrer au Fat & Holy Studio avec René Hofmann, réputé pour ses enregistrements live. Ce processus a donné aux morceaux une dynamique impossible à obtenir dans des conditions de studio classiques. Nous avons aussi passé la majeure partie de ce temps ensemble en studio, ce qui a vraiment renforcé notre cohésion et notre lien avec l’album. C’était presque comme un petit voyage scolaire avec LYNX ! (Sourires)

– Parlons du style de ce nouvel album, qui est moins Metal et beaucoup plus Psych Prog. L’esprit 70’s est très présent et les morceaux sont aussi plus longs. L’idée était-elle d’être plus Rock et surtout de travailler plus sur les atmosphères ?

On adore tous le Rock des années 70, avant que le Heavy Metal ne devienne ce qu’il est devenu. Des groupes comme Blue Öyster Cult, Genesis, Pink Floyd, Jefferson Airplane, Led Zeppelin et, bien sûr, Black Sabbath, nous ont beaucoup influencés. On voulait composer des morceaux plus longs, plus profonds et plus intenses. On aime tous les morceaux Rock courts, mais un titre de huit minutes qui vous emmène en voyage, c’était vraiment notre objectif. Honnêtement, on n’a pas cherché consciemment à sonner moins Heavy, mais c’est en partie comme ça que l’album a pris cette tournure, et c’est très bien comme ça. On connaît tous des albums qui nous touchent profondément, et c’est ce qu’on voulait obtenir avec notre musique.

– LYNX peut aussi compter sur ses deux guitaristes et ses deux claviéristes, ce qui laisse un champ d’action très vaste. Sur quel instrument vous basez-vous pour composer et de quelle manière trouvez-vous l’équilibre, même si la guitare domine les compostions ?

Amy est notre principale claviériste, même si Tim a aussi enregistré quelques parties en studio. Composer est toujours un travail d’équipe pour nous. Parfois, l’un d’entre nous propose une idée de base, mais nous développons toujours les morceaux ensemble, en groupe. Il est important pour nous que chaque instrument puisse s’exprimer pleinement. Par exemple, le morceau-titre est construit autour d’une section rythmique basse-batterie très solide.

– Enfin, « Trinity Of Suns » a vraiment tous les attributs d’un album-concept. Est-ce le cas et sur quelle thématique vous êtes-vous concentrés pour créer l’ensemble ?

Je suis ravi que tu le perçoives ainsi, et oui, dans une certaine mesure, c’était le but. Tout comme dans « Watcher Of Skies », notre protagoniste fictif est le lynx, que nous envoyons en voyage. Dans « Trinity Of Suns », il l’entreprend réellement et vit des aventures qui se transforment également en un voyage intérieur et émotionnel. Nous souhaitions raconter une histoire à laquelle chacun puisse s’identifier, tout en laissant suffisamment de place à l’interprétation pour que chacun puisse se la forger sa propre vision.

Le nouvel de LYNX, « Trinity Of Suns », est disponible chez Dying Victims Productions.

Catégories
Hard'n Heavy

Elegant Weapons : target achieved

Sans doute désireux de prendre un peu la lumière en dehors de l’ombre de la légende avec laquelle il évolue d’habitude, Richie Faulkner mène depuis plus de trois ans maintenant ELEGANT WEAPONS avec quelques camarades soigneusement triés sur le volet. Et alors qu’on aurait pu y voir à l’époque un one-shot ou un simple plaisir passager, « Evolution » vient contredire ceux qui avaient un doute quant aux velléités du six-cordiste britannique. Ce deuxième opus est nettement plus varié, plus inspiré aussi et à l’évidence moins conventionnel que « Horns For A Halo ».

ELEGANT WEAPONS

« Evolution »

(Exciter Records)

Alors que son line-up avait soudainement changé après l’enregistrement de « Horns For A Halo », son premier effort, ELEGANT WEAPONS confirme sa détermination à s’installer durablement dans le paysage Metal. Cela dit, il faut ici surtout s’attendre à un Hard Rock assez classique aux reflets Heavy, certes, et même bluesy à l’occasion. Le guitariste de Judas Priest, Richie Faulkner, œuvre donc toujours aux côtés du caméléon Ronnie Romero (ex-Rainbow, MSG, …) au chant, du bassiste Dave Rimmer (Uriah Heep) et du batteur Christopher Williams (Accept). De la tenue, donc !

Toujours confié à Andy Sneap, son partenaire chez Judas Priest, la production confirme le son et le style d’ELEGANT WEAPONS et commence véritablement à le distinguer des groupes dont font partie les membres du combo. Très mélodique, « Evolution » prend une direction moins Heavy que son prédécesseur, ce qui laisse de fait l’opportunité à Richie Faulkner de montrer de nombreux aspects de son jeu. Plus personnel donc, on sent une réelle alchimie, même si le quatuor donne parfois l’impression de jouer un peu sur la retenue, mais non sans finesse et avec talent.

Loin de toutes extravagances guitaristiques (sauf peut-être sur les solos), l’instigateur du projet impose sa marque tout en laissant une belle place à ses partenaires. Et il ne sont d’ailleurs pas seuls. Côté invités, le claviériste Adam Wakeman pose de belles touches d’orgue Hammond sur « Come Back To Me » et « Keeper Of The Keys ». Et le jeune prodige Jared James Nichols se livre à une belle joute avec Faulkner sur « Thrown To The Wolf ». ELEGANT WEAPONS semble avoir trouvé son allure de croisière (« Holy Roller », « The Devil Calls », « Rupture »). Solide !

Retrouvez aussi la chronique du premier album :

Catégories
Blues Rock Contemporary Blues

Gabe Stillman : l’intensité des grands

Le talent n’attend pas le nombre des années et GABE STILLMAN en est la preuve vivante. Ayant reçu l’Award du meilleur guitariste à l’International Blues Challenge de Memphis en 2019, il poursuit sa progression de scène en scène et son deuxième effort atteste une fois encore de sa virtuosité et de son amour du Blues au sens large. Songwriter affûté, il livre sur « What Happens Next ? » une partition et une prestation remarquables. Un nom qui commence à s’inscrire en lettres capitales.

GABE STILLMAN

« What Happens Next ? »

(Gulf Coast Records)

Etape par étape, le jeune bluesman poursuit son ascension sans la moindre fausse note. Découvert avec l’EP « Flying High » en 2020, il avait confirmé l’année suivante avec « Just Say The Word », un premier album d’une étonnante maturité sur lequel le guitariste et chanteur faisait preuve d’une classe et d’un feeling étourdissants. GABE STILLMAN poursuit donc son chemin avec « What Happens Next ? », un deuxième effort qu’il signe chez Gulf Coast Records avec une belle équipe de production, dont l’icône texane Anson Funderburgh et son expérience, toujours fidèles au poste.

Quoi qu’il en soit, « What Happens Next ? » brille surtout par la qualité des compositions du musicien de Pennsylvanie, qui se montre encore autant en verve qu’inspiré. Entouré d’un groupe solide et des chœurs exceptionnels d’Alice Spencer, GABE STILLMAN montre une incroyable polyvalence, que ce soit au chant ou à la guitare. Aussi assuré dans un Blues Rock appuyé que dans la Soul de Gladys Knight And The Pips sur « I’ve Got To Use My Imagination », ou dans la Folk de John Hartford popularisée par Glen Campbell, « Gentle On My Mind », l’Américain régale de facilité.

Par la finesse de son jeu, parfaitement mise en valeur par des arrangements et un son très soignés, GABE STILLMAN passe ici de révélation à artiste confirmé, et c’est peu de le dire. A la fois raffiné et d’une folle énergie, il offre un deuxième opus concis et rassembleur, n’éludant aucun registre et dévoilant une habilité très créative à passer de l’un à l’autre (« Yesterday’s Donuts », « The Man I Supposed To Be », « Screamin’ », « Living Your Life » et le morceau-titre). Incandescent et doté d’un enthousiasme à toute épreuve, « What Happens Next ? »  est déjà un incontournable de l’année.

Photo : Chris Montgomery