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Punk Rock Stoner/Desert

The VillainZ : une ode aux plaisirs !

Âmes sensibles, prenez un peu de recul et éloignez les enfants. THE VILLAINZ ne fait pas dans la dentelle et s’en moque. Diabolique ? Provocateur ? Déluré ? Le quatuor phocéen est tout cela à la fois, et même plus encore. Entre Power Rock et Stoner Punk, le combo livre un premier album mature et sans concession, avec un titre qui parle de lui-même. Du plaisir en somme…

THE VILLAINZ

« Sexy & Arrogant »

(Wormholedeath Records)

Avec THE VILLAINZ, ça ne rigole pas. Ou plutôt si, mais dans un univers assez subversif et souvent hors-cadre. Mené par le sulfureux duo composé de Jess (chant) et Nic K. (guitare, chant), les Marseillais expriment en musique leur passion, et sans doute aussi une certaine addiction, pour le sexe, l’alcool et l’horreur. Accompagnés par les turbulents Tom C. (basse) et Kris C. (batterie), la machine est déjà bien huilée et rugit de plaisir.  

Depuis sa création en 2016 et un premier EP éponyme l’année suivante, THE VILLAINZ n’a pas dévié d’un iota de son identité première à la fois énigmatique et exubérante. Leurs prestations scéniques sont chaudes comme la braise, grâce aussi à la présence incendiaire d’une frontwoman qui n’a pas froid aux yeux et qui ensorcèle pour mieux séduire. Et sur « Sexy & Arrogant », un sommet est atteint par le groupe.

Si certains y verront une sorte de foutoir punkisé, mais les nouvelles compos et surtout la production de ce premier album confirment plutôt la qualité instrumentale, dotée de paroles un peu limites dans un ensemble qui est un coup de fouet percutant et procure bien des récréations (« Bloody Milk », « No Apologies », « You make Me Hot », « I’m Such A Bitch »). THE VILLAINZ exulte et exalte avec fougue et sensualité dans un Stoner Punk décapant.  

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Folk/Americana

[Going Faster] : Kiefer Sutherland / The Whitmore Sisters

Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !

KIEFER SUTHERLAND – « Bloor Street » – Cooking Vinyl

Et si la star américaine de « 24h » n’était finalement pas bien meilleur chanteur et musicien qu’acteur ? C’est en tout cas la question que l’on peut légitimement se poser à l’écoute de « Bloor Street ». KIEFER SUTHERLAND confirme son aisance et surtout sa légitimité dans un style Americana qu’il maîtrise parfaitement. Après un « Down In A Hole » en 2016 où le songwriter n’en était qu’aux balbutiements, il s’est réellement affirmé en tant que musicien et compositeur avec « Reckless & Me », qui attestait qu’il fallait dorénavant compter sur lui. Avec « Bloor Street », KIEFER SUTHERLAND livre un album intimiste et idéalement masterisé à Nashville par Ted Jensen. L’Américain se livre comme rarement dans un disque rondement mené et dans lequel il se découvre avec talent et émotion. Bluffant à plus d’un titre.

THE WHITMORE SISTERS – « Ghost Stories » – Red House Records

Aussi étonnant que cela puisse paraître, « Ghost Stories » est la première collaboration artistique entre les sœurs WHITMORE, Bonnie et Eleanor. Cette première basée à Austin, Texas, possède quatre albums acclamés à son actif, tandis qu’Eleanor officie avec Steve Earle et avec son mari au sein des Mastersons. Dans un registre de musique roots américaine très fortement teinté d’Americana, THE WHITMORE SISTERS explorent des ambiances saisissantes et, dotées de voix incroyables, on se laisse bercer par leurs mélodies très attachantes (« Learning To Fly », « Friends We Leave Behind », « Hustin’ For A Letdown », « Ricky »). Très varié et parfaitement produit, ce brillant album, « Ghost Stories », livré par THE WHITMORE SISTERS, marque aussi un certain renouveau de l’Americana.

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Doom Hard Rock Stoner/Desert

Hazemaze : le diable dans les yeux

Accrocheur et percutant, le trio suédois avance dans un Rock occulte, qui emprunte autant au Hard Rock 70’s et au Doom qu’au Stoner avec un côté sombre, lourd et  obsédant. Grâce à un chant clair, ni growlé, ni screamé, HAZEMAZE surfe sur des mélodies addictives et prenantes. Ce troisième album, « Blinded By The Wicked », séduit, envoûte et est littéralement ensorceleur.

HAZEMAZE

« Blinded By The Wicked »

(Heavy Psych Sounds Records)

Apparu en Suède en 2016 avec un premier EP, « Wicked Ways », HAZEMAZE n’a eu de cesse depuis de produire un Rock Hard occulte fortement marqué par un Hard estampillé 70’s sur un groove saisissant et surtout des riffs massifs et mélodiques. Après un peu plus de cinq ans d’un travail acharné, le trio scandinave continue sur sa lancée avec un troisième album, « Blinded By The Wicked », diabolique à souhait.

Ludwig Andersson (guitare, chant), Nils Einéus (batterie) et Estefan Carrillo (basse) sont véritablement habités et possédés par un impact et des vibrations directement issus de l’enfer. Obscur et épais, « Blinded By The Wicked » semble une fois encore tout droit sorti des abîmes et HAZEMAZE semble s’en régaler et porter la parole démoniaque aussi souvent et fortement que possible.

Sur des guitares et un esprit très sabbathien, les Suédois mènent leur barque avec aisance et une solide assurance (« Devil’s Spawn », « Ethereal Disillusion »). Passé un interlude que n’aurait pas renié Richie Blackmore (« Sectarores Et Principes »), HAZEMAZE ne laisse aucun répit et repasse aussitôt à l’attaque (« Divine Harlotry », « Luciferian Rite »). Le grand tremblement.

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Blues Rock Folk/Americana Rock

Wille & The Bandits : une implacable authenticité

Méconnu en France, WILLE & THE BANDITS est pourtant l’un des meilleurs groupes de Rock roots et bluesy indépendants britanniques depuis de longues années, une décennie précisément. Original et créatif, le quatuor du Cornwall livre un très bon cinquième album et « Good Stuff » regorge de belles surprises et porte magnifiquement son nom.

WILLE & THE BANDITS

« Good Stuff »

(Fat Toad Records)

En allant enregistrer son album aux mythiques studios Swamills aux côtés de John Cornfield, qui ont vu passer Robert Plant, Stone Roses ou encore Oasis, WILLE & THE BANDITS s’est fait plaisir. Et en venant ajouter son nom auprès de légendes du Rock, le quatuor a mis toute son énergie pour livrer un album très bon de bout en bout. Et sur plus d’une heure, le plaisir est au rendez-vous.

WILLE & THE BANDITS a toujours évolué en tant que groupe indépendant et a fait appel à ses fans pour financer « Good Stuff » sur son propre label. Et c’est dans un Rock très roots et avec beaucoup de relief que ce nouvel opus nous fait voyager. Acclamés en Angleterre depuis leurs débuts, les musiciens font se télescoper le Rock, le Blues et la Folk avec brio et une belle dextérité.

Composé et enregistré au cœur de la période sanitaire que l’on connait, « Good Stuff » offre tout de même de belles notes d’espoir et un grand nombre de morceaux optimistes et positifs (« Solid Ground », « Move Too Fast », « I’m Alive », « When The World Still » et le morceau-titre). Très roots et brut, WILLE & THE BANDITS confirme un talent indéniable et une inspiration constante. 

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Hard Rock Heavy metal

Tokyo Blade : le feeling intact d’un groupe culte

Jamais rassasié, TOKYO BLADE effectue depuis quelques années un retour remarquable, malgré une certaine discrétion. Parfaitement ancré dans son temps, le groupe livre « Fury », un nouvel album rondement mené par des musiciens d’expérience et toujours très créatifs. Des guitares impériales et un chanteur hors-norme maintiennent les Anglais à leur meilleur.

TOKYO BLADE

« Fury »

(Cherry Red Records)

Comme une petite partie des groupes de la NWOBHM, TOKYO BLADE est une entité immuable, une sorte de denrée rare de celles sur lesquelles le temps ne semble pas avoir de prise. En l’espace de douze albums depuis 1982, les Britanniques ont connu de fastes années, ainsi que des traversées du désert, dont d’autres ne se sont pas toujours relevées. Mais le combo entretient le mythe avec classe et vigueur.

Deux ans après l’excellent « Dark Revolution », « Fury » vient confirmer la grande forme et l’inspiration du quintet anglais. Toujours guidé par son guitariste et fondateur Andy Boulton, TOKYO BLADE a réuni son line-up originel et le pari est gagnant. Loin de s’assoir sur une gloire passée, c’est un Alan Marsh véritablement ressuscité qui mène ce nouvel album, grâce à un chant imparable.

Constitué de 15 morceaux purement Hard Rock et Heavy Metal et 80 minutes à la fois classiques et modernes, TOKYO BLADE se montre toujours aussi percutant et incisif (« Man In A Box », « Blood Red Night », « Eyes Wired Shut »). Enchainant les riffs accrocheurs, les twin-guitares et les solos de hauts vols, les Britanniques régalent encore et toujours (« Nailbomb », « Life Leaves A Scar », « Static »). Solides comme toujours.

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Blues Folk/Americana Metal Rock

JaCob : western urbain

Derrière cette étonnante pochette, c’est un album tout aussi curieux qu’ont concocté le ténébreux songwriter Jaypee-Jaypar et son Cannibal Orgasmic Band avec JaCOB. Côtoyant le Blues, le Rock, la Folk et le Metal, le combo se garde pourtant de les investir pleinement. Une façon de ne pas y toucher et de se révéler dans un Americana tendu et sombre à travers ce très bon « Metamorphosis ».

JaCOB

« Metamorphosis »

(Grey Cat Records/Inouïe Distribution)

Jaypee-Jaypar devait sûrement se sentir un peu seul. Après le très bon « Meet Me Again » en 2019, le songwriter a décidé de prendre du volume et s’affiche désormais sur le bien-nommé « Metamorphosis » avec quatre comparses. Aux côtés du chanteur-guitariste, on retrouve Marie Caparros (violoncelle), Fred Brousse (harmonica, guitare), Rémi Dulaurier (batterie) et Jean Joly (basse, contrebasse) et JaCOB a plutôt fière allure.

Et si le line-up à l’allure d’un Blues band, on en est effectivement pas bien loin, même si le compositeur a une vraie tendance à brouiller les pistes. Très épurée, l’atmosphère qui se dégage de ce premier album en groupe peut laisser un peu perplexe. Dès « Prayer » qui ouvre l’album, on a ce sentiment que JaCOB nous plonge dans une ambiance de western contemporain. Plusieurs styles s’entrechoquent avec une élégance certaine.

Mélanger le Blues, la Folk et le Rock dans un esprit assez Metal peut pourtant être risqué. Les deux navrants albums de Me And That Man en témoignent avec éclat. Mais dans le cas de JaCOB, on serait plutôt dans un registre Americana musclé et brûlant, où la classe surplombe la démonstration (« Lovesome Bastard », « Son Of A Bitch », « Rain », « In My Realm »). Sans renier une touche française évidente, le groupe impose un style rugueux et convaincant.

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Power metal Symphonic Metal

Sonata Arctica : symphonie intimiste

Figure incontournable du Power Metal un brin symphonique, les Finlandais de SONATA ARCTICA ont décidé, du moins pendant un temps, de couper l’électricité pour présenter leurs morceaux sous une forme acoustique. Le premier volume de « Acoustic Adventures » présente le groupe sous un angle très différent, et loin d’être inintéressant.

SONATA ARCTICA

« Acoustic Adventures – Volume One »

(Atomic Fire Records/ADA)

Depuis son premier album « Ecliptica » en 1999, le Power Metal de SONATA ARCTICA en a fait des émules. Aujourd’hui reconnue comme l’une des formations incontournables du style, le quintet compte dix albums studio à son actif et par conséquent un répertoire qui commence à être bien fourni. Et c’est donc dans ce dernier que le groupe a puisé les compositions de ce nouvel opus.

Malgré la puissance de ses morceaux et leur petit côté symphonique, les Finlandais ont toujours misé sur les mélodies et les refrains afin de rendre leur musique la plus fédératrice et accessible possible. Dès 2016, SONATA ARCTICA a commencé à présenter des versions acoustiques de leurs titres, et c’est trois ans plus tard que l’idée de les immortaliser sur disque a fait son chemin.

Dans ces nouvelles versions, SONATA ARCTICA ne s’est pas contenté de troquer les guitares électriques contre des acoustiques. Les Scandinaves ont réarrangé certains morceaux de manière assez étonnante (« The Rest Of The Sun Belongs To Me », « Wolf & Raven », « A Little Less Understanding », « For The Sake Of Revenge »). Ce premier volume de « Acoustic Adventures » est très réussi et parfaitement produit.

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Blues Blues Rock Soul / Funk

Keb’ Mo’ : le Blues comme bien de jouvence

KEB’ MO’ est un éternel jeune homme. A l’instar du Blues qui a fait son succès, sa grande réputation et reste sa marque de fabrique et dont il demeure surtout un pilier et un rouage essentiel, le musicien sort un nouvel album, véritable remède à la morosité, chaleureux et d’une incroyable énergie. « Good To Me » est un disque à mettre dans toutes les oreilles.

KEB’ MO’

« Good To Be »

(Concord Records)

Même s’il a grandi à Compton en Californie, ville plutôt réputée pour ses groupes de Gansta Rap que pour son Blues, c’est bel et bien du Delta que Kevin Roosevelt Moore, alias KEB’ MO’, tire son inspiration. Avec une quinzaine d’albums à son actif et des collaborations prestigieuses accompagnées de multiples Awards, le songwriter du haut de ses 70 ans semble d’une éternelle fraîcheur.

Faisant des allers-retours entre la Californie et Nashville durant la composition de ce nouvel album, c’est assez naturellement que « Good To Me » sonne d’une manière toute particulière. Plus doux, plus léger et plus aérien, le musicien varie les ambiances et les styles, mais ne nous y trompons : c’est toujours du KEB’ MO’ et son côté Roots ensoleillé n’a pas disparu.

Plus contemporain que jamais, l’Américain oscille entre des titres toujours aussi Blues (« So Good To Me », « Dressed Up In Blue ») et tirant même sur une Pop relevée (« Sunny And Warm », « 62 Chevy »). Retour ensuite aux fondamentaux avec « The Medecine Man » et « Louder », KEB’ MO’ s’égare même sur une reprise de « Lean On Me », loin d’être essentielle à cet album qui fait pourtant beaucoup du bien.

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Heavy metal

Spitfire : retour de flamme

Avec une envie retrouvée et décuplée, les Grecs de SPITFIRE ont enfin repris le chemin des studios pour y enregistrer un troisième album en forme de renaissance. « Denial To Fall » s’inscrit dans un Heavy Metal classique, hors d’âge et très contemporain. Grosse rythmique, riffs racés et mélodiques et un chanteur dans une forme olympique, le quintet se donne les moyens et tous les atouts pour effectuer un nouveau départ sous les meilleurs auspices. 

SPITFIRE

« Denial To Fall »

(No Remorse Records)

L’histoire de SPITFIRE commence sous des cieux très favorables avec notamment une signature chez EMI et un premier album, « First Attack » (1987), qui marque la scène grecque et inscrit le groupe parmi les meilleures formations Heavy Metal de la fin des années 80. Pourtant, le sort s’est acharné sur le groupe dont le chanteur a eu un grave accident mettant fin à sa carrière. La suite est marquée par d’innombrables changements de line-up et des coups du sort irréversibles.

Sommés par l’industrie musicale de changer de nom pour Speedfire, les Hellènes sortent « 100% Live » en 1990 et récupèrent leur patronyme un peu plus tard. S’en suivra un deuxième album en 2009, « Die Fighting », puis un long silence discographique malgré quelques belles performances scéniques. Avec l’arrivée récente de Nick Adams derrière les fûts et une stabilité dans son line-up, SPITFIRE livre enfin son troisième opus, remarquablement bien produit par George Aspiotis, qui joue aussi des claviers, et par le groupe. 

C’est donc avec une rage et une détermination légitime et sans faille que le quintet fait son retour avec ce très bon « Denial To Fall ». Le combo évolue dans un Heavy Metal très actuel, qui repose sur les fondations posées par Judas Priest, Accept et Saxon notamment (« Stand And Fire », « Denial To Fall », « Ready To Attack », « Many Lies », « Naked Fire ». Vigoureux et axé sur des riffs tranchants et une très belle prestation de son chanteur, l’album de SPITFIRE explose de toutes parts.

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Black Metal Grind

[Going Faster] : Feral / Pensées Nocturnes

Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !

FERAL – « Spiritual Void » – Source Atone Records

Concentrés sur une bonne demi-heure, les douze morceaux de « Spiritual Void » ne font pas dans la dentelle. Entre Crust et GrindCore, le quatuor de Montpellier confirme la férocité et l’agressivité de son jeu, déjà entrevues sur « Doom Walk », son premier album sorti en 2016. Toujours composé de membres de Stuntman, Superstatic Revolution et Morgue, FERAL frappe avec une précision chirurgicale dans un maelström de blasts intenses, de growls incendiaires et sur un groove obscur (« Watchdogs », « Pools », « The Great Reset »). Façon rouleau-compresseur, le combo donne la charge sur des riffs tranchants, une rythmique aiguisée et un chant brutal. Taillés dans le béton armé, les nouveaux titres de FERAL sont cinglants et la violence dégagée par « Spiritual Void » risque d’en laisser plus d’un sur le carreau… ou en lambeaux. Le scud de la rentrée.

PENSEES NOCTURNES – « Douce Fange » – Les Acteurs de l’Ombre Productions

Derrière le chaos sonore apparent de ce nouvel album de PENSEES NOCTURNES se cache en fait une musique savamment construite et réfléchie. De prime abord, on pourrait croire à une rencontre plus qu’improbable entre Behemoth, Les Garçons Bouchers et les rescapés d’une fanfare bien imbibée. Mais il n’en est rien, bien au contraire. Ce septième album du combo guidé par son taulier, Léon Harcore, fait le pont entre des fulgurances tachycardiques Black Metal, un bal musette qui aurait dégénéré sur une piste aux étoiles sanglantes et des humeurs jazzy inspirées. Rural et averti, PENSEES NOCTURNES ne se laisse pas apprivoiser à la première écoute, mais se découvre au fur et à mesure que se dévoile son univers si singulier (« Saignant et à Poings », « Le Tango du Vieuloniste », « Fin Défunt », « La Semaine Sanglantes »). Contagieuse, la bonne humeur jaillit sur « Douce Fange » comme un rasoir sur une carotide.