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Alternative Rock Metal Power metal

Oversense : regard sur un monde malade

Contrairement au Metal de tradition allemande, OVERSENSE prend des chemins de traverse en évoluant dans un Modern Melodic Metal qui tient autant du Rock Alternatif US que du Power Metal scandinave. Un grand écart avec ce « Egomania » très bien géré et mené de main de maître par un quatuor explosif.

OVERSENSE

« Egomania »

(Dr. Music Records)

Fondé en Allemagne en 2012, OVERSENSE présente son deuxième album, « Egomania », quatre ans après « The Storyteller » qui avait lancé le groupe. Et il semblerait que ce nouvel opus soit réellement celui de la maturité, tant la production et surtout la composition des morceaux sont d’un tout autre niveau. Le quatuor affiche une volonté et une inspiration grandissante, à l’instar d’une fan-base qui explose bien au-delà de ses frontières.

Composé depuis ses débuts de Danny Meyer (guitare, chant, claviers), Patrick Lippert (batterie), Marco Volpert (basse) et Jasmin Pabst (guitare), OVERSENSE combine des éléments Metal et Rock très actuels pour en extraire un style véloce, vivifiant et très mélodique. Ainsi, de passages de Rock Alternatif ou carrément Power Metal, le spectre toujours Heavy des Allemands est très large. Et les virevoltantes rythmiques conjuguées aux riffs racés emballent vraiment cet album.

Malgré les ambiances et les styles différents à l’œuvre sur « Egomania », OVERSENSE affiche une identité originale et cette variété sert bien les Germaniques. Puissant et très entraînant, les morceaux s’enchainent dans une belle harmonie (« Toast To The Devil », « The Longing », « Tear Me Down »). A noter les deux très bons duos avec les chanteuses Herma Sick (Sick N’Beautiful) et Ulli Perhonen (Snow White And Rose Red) qui apportent une belle fraîcheur à l’album.

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France Metal Symphonic Metal Thrash Metal

Orkhys : Pagan Metal [Interview]

Après un bon premier EP (“Awakening”), ORKHYS n’a pas perdu de temps et sort son premier album, « A Way », qui vient confirmer les belles choses entrevues sur son premier effort. Dans un registre Metal, qui pioche beaucoup de branches allant du Black au Symphonique et du Pagan au Celtique, le groupe s’est construit une identité originale et inspirée. Laurène Telennaria (chant, harpe) et Brice Druhet (guitare) reviennent sur un parcours mené tambours battants.  

Photo : Eloise Le Névanic

– La dernière fois que je vous ai interviewé, c’était à l’occasion de la sortie de « Awakening », votre premier EP trois titres. Quel accueil a-t-il reçu et comment avez-vous vécu les débuts discographiques d’ORKHYS ?

Laurène : Eh bien, notre EP a été plutôt très bien reçu ! Nous sommes vraiment ravis de l’accueil que le public et la presse lui ont réservé, ce qui n’était pas gagné pour un groupe qui vient tout juste de fêter son premier anniversaire et qui est composé de membres pour qui cet EP était la première expérience de studio et de réalisation !

Brice : Je ne m’attendais pas à un tel accueil, toute proportion gardée évidemment. Ca fait bizarre après avoir passé quasiment 10 ans à composer et gratouiller seul dans sa chambre !

– A l’époque, vous m’aviez dit que vous souhaitiez enchainer avec un autre EP de cinq titres cette fois. Or, vous revenez avec « A Way », un album complet. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’idée ?

Laurène : Je pense que ça a été l’accueil de notre cover de « The Clansman » (Iron Maiden – NDR) et les demandes de figuration de ce morceau sur l’album. On avait aussi envie d’intégrer un bonus instrumental, car on s’est rendu compte que les orchestrations de « A Brand New World » et « The Devil & the Impudent » déchiraient ! Brice les a donc liées dans un seul et même morceau. Au début, on appelait notre disque un « EPum », hydride d’EP et d’album, mais notre attaché de presse, Roger de Replica Promotion, nous a conseillé de communiqué sur un album.

Brice : On a mis ce qu’on avait envie de mettre et au final on s’est dit : « Mais il est vachement gros pour un EP, dites donc ! ». Et voilà !

– Vous démarrez l’album avec une intro, ce qui est de plus en plus rare. C’est une manière de présenter l’ambiance générale de « A Way » ? Qu’est-ce qu’elle signifie par rapport aux morceaux de disque ?

Laurène : Personnellement, j’adore les albums avec intro, cela permet de poser justement une envie, une ambiance ; c’est un prélude à ce qui va se passer. Cela prépare et met en condition pour la suite !

Laurène – Photo : Eloise Le Névanic

– Avec « A Way », on a vraiment l’impression que vous avez parfaitement défini les contours de l’univers d’ORKHYS, qui est fait d’un esprit Pagan mêlé à des atmosphères symphoniques et très Metal. L’objectif est atteint ?

Laurène : L’univers d’Orkhys est assez vaste et on ne souhaite pas se coller d’étiquette. L’album « A way » représente nos envies du moment, un savant mélange de Folk Pagan, de Black, de Thrash, de Heavy et une furieuse envie d’être Metal !  Qui sait à quoi ressemblera le ORKHYS de demain ? On en a une petite idée, mais on ne veut pas s’enfermer, on souhaite garder notre liberté d’expression.

Brice : On ne se pose pas trop la question en fait. On fait et on voit si ça le fait. On a des idées pour la suite, et en tout cas on va tout faire pour conserver notre identité sans tomber dans la routine.

– Sur ce premier album, vous avez confirmé la maîtrise d’un équilibre musical entre certains passages dans l’esprit Folk et épique en contraste avec des éléments de Metal extrême. Il n’y a décidemment rien de linéaire chez ORKHYS…

Laurène : Nous jouons les styles de musique que nous aimons, et comme nous apprécions des genres musicaux variés et nombreux, cela fait un bon mélange !

Brice : On ne veut pas se limiter à un seul style, ça irait hyper frustrant pour nous. Il y a déjà des groupes qui excellent dans chacun des sous-genres de notre musique préférée. Du coup, notre défi est de faire un petit cocktail en prenant des ingrédients à droite et à gauche et de faire en sorte que ça fonctionne.

Brice – Photo : Eloise Le Névanic

– Vous reprenez également « The Clansman » d’Iron Maiden, extrait de « Virtual XI » sorti en 1998, qui n’est pourtant pas un standard du groupe et qui est d’ailleurs chanté par Blaze Bayley. Pourquoi ce morceau ? Vous avez l’habitude de le jouer sur scène ou en répétition ?

Laurène : C’est un morceau que nous adorons tous les deux Brice et moi et à la base. Nous voulions juste le reprendre en cover sur YouTube en l’ ‘Orkhysant’, comme nous avions pu le faire pour « Pieces Of You » d’Annihilator. Le morceau a eu un tel accueil et reçu des demandes quant à sa figuration dans l’album à venir, que nous avons décidé de faire une version améliorée de notre premier jet et de le faire figurer sur l’album.

Brice : J’ai tellement fait chier tout le monde pour faire une reprise de Maiden qu’on a réussi à tomber d’accord sur ce titre qui, d’une part, se marie bien à notre univers et d’autre part change des 300 reprises de « Trooper » ou de « Fear Of The Dark ». J’ai personnellement énormément de sympathie et de respect pour Blaze et les albums qu’il a fait avec Maiden. Sa carrière solo est également extrêmement qualitative. Je pense qu’il s’en ait pris plein la tronche assez injustement. Bref, avec Blaze, Bruce ou Paul, Maiden reste Maiden ! On la joue en répèt’ et aussi de temps en temps en live.

– Sur « A Way », il semble également que la harpe ait pris une place plus importante, qui contribue vraiment à l’identité musicale d’ORKHYS. Est-ce que c’est difficile à intégrer dans un environnement très Metal comme le vôtre ?

Laurène : C’est vrai que j’avais demandé à Brice, qui compose les morceaux, s’il lui était possible de rajouter un peu plus de harpe, sans toutefois l’imposer. Le groupe n’a pas été créé autour de la harpe, donc son apparition n’est pas obligatoire. Il a su répondre à ma demande tout en faisant passer au premier plan la cohérence musicale.

Brice : Encore une fois, ça s’est fait comme ça, sans trop y réfléchir à part ce souhait exprimé par Laurène. J’ai essayé de le prendre en compte, sans non plus trop me forcer à mettre de la harpe pour mettre de la harpe. Peut-être qu’il y en aura encore davantage par la suite, ou beaucoup moins, on a une idée grossière de ce que l’on veut, mais on calcule très peu de choses à l’avance. On écrit et compose d’abord et on réfléchit après.

– Avec un EP et un album, vous disposez maintenant d’un set conséquent. Une tournée est-elle prévue dans les mois à venir, maintenant que la situation sanitaire s’est vraiment améliorée ?

Laurène : De nombreux concerts sont prévus, nous avons quatre dates sur cette fin d’année, dont deux sur Paris (le 03/10 et 20/10), une à Vitré en Bretagne (le 20/11) et une au ‘Festival de l’Avesnement’ dans le Nord (le 27/11).

Brice : On est aussi en discussion pour faire une mini-tournée avec les copains de Hopes of Freedom, qui sont de Caen avec qui on avait déjà joué avec notre ancien groupe à Laurène et moi, et Adaryn qui sont de Rouen et que certains ont déjà pu découvrir au ‘Cernunnos Pagan Fest’ !

L’album d’ORKHYS, « A Way », est disponible depuis le 17 septembre chez M&O Music.

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Blues Rock Hard Rock Southern Rock

Grinder Blues : southern sensations

Muet depuis plus de dix ans avec King’s X, le bassiste et chanteur Doug Pinnick s’est de nouveau atteler à un deuxième album de GRINDER BLUES, laissé lui aussi en suspend depuis quelques années. Le Texan et la fratrie Bihlman (Jabo et Scot) livrent « El Dos », brûlant opus de Hard Rock Blues terriblement Southern.

GRINDER BLUES

« El Dos »

(Metalville Records)

Fondé en 2014 façon side-project, GRINDER BLUES n’aura sorti qu’un album éponyme cette même année et fait aujourd’hui son retour avec « El Dos » et une inspiration qui n’a pas quitté le trio. A la tête du groupe, on retrouve l’emblématique bassiste et chanteur de King’s X, Doug Pinnick, toujours aussi créatif, ainsi que Jabo Bihlman (guitare, chant) et Scot Bihlman (batterie, chant).

« El Dos » garde cette grosse dose d’adrénaline présente dès les débuts du power trio et s’engouffre dans un Hard Rock Blues très Southern, qui n’est pas sans rappeler l’album de Zakk Wylde avec Pride & Glory. L’ambiance très Blues et incandescente qui règne sur ce deuxième opus permet aux membres de GRINDER BLUES de laisser s’échapper une chaleur et une proximité rare.

Guidé par le groove imparable aussi subtil que puissant de Doug Pinnick, le trio montre de belles escapades Hard Rock sur fond d’un Southern Rock très marqué avec autant de légèreté que de puissance. De « Another Way Round » à « Gotta Get Me Some Of That » ou les très bons « Keep Away » et « Hand Of God », GRINDER BLUES apporte un souffle très actuel à un Hard Rock Blues qui sent bon le sud des Etats-Unis.

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Metal Indus

Ministry : santé mentale

Chaque nouvel album de MINISTRY est toujours un petit événement en soi. Si « Moral Hygiene » ne figurera sans doute pas parmi les incontournables des maîtres du Metal Indus, il mérite cependant qu’on y prête une oreille. Très bien produit, ce quinzième opus est aussi le témoin musical d’une Amérique bancale et les propos d’Al Jourgensen ne manquent pas de piquant.

MINISTRY

« Moral Hygiene »

(Nuclear Blast)

Pour ce quinzième album, le chanteur s’est entouré d’experts du Metal Indus, registre qu’il a fortement contribué à créer, puis à développer depuis quatre décennies. Si l’explosivité et le côté extrême de MINISTRY commencent à s’atténuer peu à peu depuis les débuts à Chicago en 1981, la pertinence et la provocation n’ont quant à elles pas disparu. Vindicatif et engagé, le vétéran a toujours les crocs et le sens de la formule.   

Après le convaincant « AmeriKKant » paru en 2018, « Moral Hygiene » est finalement une suite logique, tant l’album reste dans les traces et le ton de son prédécesseur. Composé des guitaristes Cesar Sotto et Monte Pittman, de Roy Mayorga (ex-Soufly, Stonesour) à la batterie et John Bechdel (ex-Prong, Killing Joke, Fear Factory, …) aux samples et aux claviers, MINISTRY a fière allure.

Musicalement, « Moral Hygiene » tient la route même si du haut de ses 63 ans, Jourgensen s’est un peu calmé… sauf au niveau des textes (« Alert Level », « Good Trouble », « Disinformation », « Death Toll »). On notera aussi la présence non-indispensable de Jello Biafra (Dead Kennedys) sur le très mélodique « Sabotage Is Sex ». Là où MINISTRY se perd un peu, c’est sur la reprise « Search And Destroy » des Stooges, aussi terne que l’original d’Iggy Pop. Un album non-essentiel, mais recommandable.

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Blues Rock Psych

The Freaky Buds : vapeurs bleutées

A la fois feutré et très Rock, THE FREAKY BUDS livre un Blues aux multiples facettes livré par un line-up où les guitares et l’harmonica se tiennent tête avec une belle complicité. Sur « Hard Days Fuzzy Nights », les Nantais dévoilent un style plein de feeling et taillé pour la scène.

THE FREAKY BUDS

« Hard Days Fuzzy Nights »

(Music Records/Inouie Distribution)

Ce qu’il y a d’agréable (entre autres !) dans le blues, c’est que les premiers albums sont très rarement l’œuvre de novices. La plupart du temps, les musiciens ont déjà fait leurs armes d’une manière ou d’une autre. Et c’est précisément le cas avec THE FREAKY BUDS, quatuor chevronné originaire de Nantes et dont le style est éclatant.

Réuni en 2018 dans la cité des Ducs, le groupe présente une line-up atypique et assez peu conventionnel. Ici, pas de bassiste mais deux guitaristes, un batteur, un harmoniciste et un chanteur. Et pourtant, « Hard Days Fuzzy Nights » groove terriblement à travers un Blues très Soul, Rock et presque Psych. THE FREAKY BUDS régale par l’étendu de son registre.

Du Blues du Delta aux rives du Mississippi tout en abordant un Swamp Blues généreux, le quatuor est aussi électrique qu’il est roots. Sur un enregistrement un brin vintage et réalisé à l’ancienne sur bandes, les Nantais multiplient les ambiances où se mêlent moiteur et exaltation. THE FREAKY BUDS est aussi aérien qu’il est costaud, et c’est un réel plaisir.  

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Hard-Core Thrash Metal

Fishing With Guns : feu à volonté

Frontal et musclé, ce nouvel EP de FISHING WITH GUNS tient toutes ses promesses avec un concerté de Thrash-Core livré sur cinq nouveaux titres. Certes, « Under The Silver Lake » nous laisse un peu sur notre faim, mais son contenu tranchant et survolté montre le gros potentiel du combo parisien. De la dynamite !

FISHING WITH GUNS

« Under The Silver Lake »

(M&O Music)

Faisant suite à « Blood On The Ropes » (2017), « Under The Silver Lake » est donc le deuxième EP d’affilée de FISHING WITH GUNS. Après deux albums, c’est avec des formats courts que le quintet parisien affine et peaufine son jeu. Ces cinq nouveaux titres libèrent un style très compact et agressif, mais très bien structuré et redoutablement efficace.

Entre Thrash et Hard-Core, growl et chant plus clair, le registre de FISHING WITH GUNS est aussi original qu’il semble évident. L’univers qui se dégage de « Under The Silver Lake » reste sombre, mais développe une énergie très positive et particulièrement dense. Très bien produit, ce nouvel EP emporte tout sur son passage et montre une belle diversité.

L’intensité est déjà manifeste sur « Beware The Dog Killer » et ses grosses guitares, qui monte encore en tension sur « Owl’s Kiss » aux riffs acérés. Plus lourd, « Homeless Ghost » montre un côté massif plus conséquent. FISHING WITH GUNS ne s’arrête pas en si bon chemin et libère une approche presque Punk sur le morceau-titre avant de conclure avec un  « I Am Your Rebellion » explosif. Radical !

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Blues Rock Rock

Melissa Etheridge : trésor caché

La chanteuse américaine livre un nouvel album étonnant. Deux ans après le très bon « The Medecine Show », elle vient présenter des morceaux inédits composés alors qu’elle avait une vingtaine d’années. Frais, spontané et très Rock, « One Way Out » montre une autre facette de MELISSA ETHERIDGE et ce répertoire dévoilé lui va comme un gant. 

MELISSA ETHERIDGE

« One Way Out »

(BMG)

Ce nouvel album de MELISSA ETHERIDGE a une drôle d’histoire, puisque les chansons présentées ont un peu plus de 30 ans. Et si la chanteuse, guitariste et activiste exhume aujourd’hui ces trésors jusqu’à présent cachés, ce n’est pas vraiment un hasard. « One Way Out » est composé de morceaux que l’Américaine a composé à la fin des 80’s et au début des 90’s.

Ecrits alors qu’elle n’avait pas la notoriété actuelle, ces titres dévoilent une MELISSA ETHERIDGE âgée d’une vingtaine et qui possède déjà un talent et une assurance incroyable. D’abord destiné à un coffret rétrospectif, le contenu de l’album a été mis de côté à de multiples reprises avant de se voir offrir une nouvelle vie en 2013, accompagné du groupe d’origine de la chanteuse. 

Ces enregistrements sont Rock, pêchus, assez bluesy et beaucoup plus fougueux que le répertoire récent de la frontwoman. La voix est là, façon Bruce Springsteen au féminin, et on baigne dans le Rock américain avec, en prime, deux titres enregistrés en live au Roxy de Los Angeles en 2002. La chasse au trésor en valait vraiment la peine… Et « One Way Out » est inestimable.

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Psych Stoner/Desert

Kadabra : magic Stoner

Avec une telle entrée en matière, KADABRA signe un premier album qui devrait propulser le power trio vers les plus hautes cimes. Les Américains n’ont pas eu peur de nommer leur opus « Ultra », car c’est exactement l’impression qui jaillit de ces sept titres denses et de ce Stoner très Rock et accrocheur. Une bonne baigne !

KADABRA

« Ultra »

(Heavy Psych Sounds Records)

2020 n’a été une bonne année pour personne (et 2021 n’est pas beaucoup mieux, avouons-le) et aux Etats-Unis, elle a surtout été source de tensions sociales et culturelles en plus de la pandémie. Alors, devant tant de dissensions, Garrett Zanol (guitare, chant) et Ian Nelson (basse) ne sont pas restés les bras croisés et ont recruté le meilleur batteur du coin Chase Howard. KADABRA était né.

Originaire de Spokane dans l’état de Washington, le groupe se lance dans un Stoner Psych aux riffs lourds et tendus, qui offrent à la musique du combo un son étouffant et massif. L’enregistrement finalement assez rapide de « Ultra » par le musicien et producteur Dawson Scholz a ouvert les portes du label italien Heavy Psych Sounds Records à KADABRA qui, au demeurant, mérite très largement cette première reconnaissance.

Sur une base Heavy et Classic Rock, le power trio a des allures de revival, bien mises en avant par la dextérité des membres du trio et l’impact Stoner distillé aux fils des titres. Le groove à la fois lascif et soutenu permet à Garrett Zanol de partir dans des solos très 70’s insouciants et bourrés de feeling (« Faded Black », « Eagle 20’s », « Death », « Settle Me »). KADABRA s’envole dans des ambiances psychédéliques avec talent et conviction.

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International Post-Metal post-Rock

Sons Of Alpha Centauri : hybrid Metal [Interview]

Rivalisant d’originalité à chaque album, ainsi qu’à travers les nombreuses collaborations extérieures au groupe, SONS OF ALPHA CENTAURI prend un soin incroyable à ne pas rester dans un registre défini. Avec ce quatrième album, les Britanniques ont invité le chanteur Jonah Matranga et le batteur Mitch Wheeler, tous deux américains, à se joindre à eux, libérant ainsi une nouvelle énergie dans un post-HardCore teinté de Metal Alternatif réellement addictif. Nick Hannon, bassiste et fondateur de la formation, nous parle de cette nouvelle formule de SOAC.

Photo : Neil Coward

– SONS OF ALPHA CENTAURI fait son retour avec « Push », trois ans après « Continuum » et il est surprenant à plus d’un titre. Vous accueillez Jonah Matranga au chant et Mitch Wheeler à la batterie, tout en conservant votre line-up. Comment est née l’idée de faire évoluer la formule du groupe ?

J’ai formé mon premier groupe à la fin des années 90 et nous avions un chanteur, dont le style était très proche de Chino Moreno et de Jonah Matranga. Nous avons écrit pas mal de morceaux et ils ont plutôt bien fonctionné. Du coup, lorsque Marlon (King, guitariste – NDR) et moi avons recommencé à écrire dans ce style après toutes ces années, je savais que la voix de Jonah conviendrait parfaitement à ce disque !

– Vous avez toujours fait beaucoup de collaborations, mais c’est la première fois que vous élargissez les rangs de SOAC. Pourquoi le faire sous votre nom et pas un autre comme d’habitude ?

Dans les collaborations avec Karma To Burn et Yawning Man, il y avait un autre guitariste qui a dirigé la musique d’une manière plus collaborative. Alors que pour cet album, toute la musique a été écrite par SOAC, alors cela me semblait vraiment bien de garder notre nom.

– Le plus marquant, bien sûr, est la présence d’un chanteur, alors que vous êtes un groupe instrumental depuis vos débuts en 2001. C’est un sacré changement pour vous, j’imagine ? Même si vous avez déjà pu le faire avec d’autres collaborations…

C’est sûrement une étape audacieuse, mais que je pense nécessaire pour le groupe. En intégrant Jonah et sa voix incroyablement distinctive, cela a permis au groupe de se concentrer davantage sur la musique, afin qu’elle soit toujours reconnaissable en tant que SOAC, tout en complétant et en soutenant la voix de Jonah, ses harmonies et ses fortes mélodies. Cela fait du bien de sortir un disque chanté et pourtant les gens verront que la musique et le style de SOAC sont restés intactes avec lui. Mitch, quant à lui, a apporté du groove dans les morceaux. J’ai écouté ses performances avec Will Haven, Ghostride et The Abominable Iron Sloth. Pour certains morceaux, j’ai écrit en pensant à la batterie qui mènerait vraiment la musique comme sur « Buried Under », par exemple.

– Musicalement, ce qui parait assez étonnant, c’est que SOAC n’a rien perdu de son identité artistique justement. Le groupe reste très identifiable. C’était l’une de vos priorités lors de l’écriture de « Push » ? D’ailleurs, les deux nouveaux membres y ont-ils participé ?

Absolument. Nous avons d’abord écrit trois morceaux qui, à l’époque, devaient être instrumentaux. Par conséquent, ils sont légèrement plus compliqués techniquement et contiennent de nombreuses subtilités. Quand Jonah est venu en studio pour travailler sur ces premières prises, il avait quelques idées. À partir de là, il a commencé à définir sa vision des morceaux et l’intégration a été très fluide. Je pense que le titre sur lequel nous avons passé le plus de temps est « Saturne », car j’avais déjà les paroles et Jonah les a adapté sur les couplets. Nous avons aussi parlé du morceau « Calling » de Taproot que Jonah a écrit avec ce groupe. C’était plus fédérateur, mais je pense que « Saturne » est plus en accord avec SOAC. En revanche, cela a vraiment renforcé la puissance et la force d’écriture de Jonah pour des refrains solides.

– « Push » montre aussi une évolution de votre style vers un post-HardCore teinté de Metal alternatif et progressif. On a le sentiment que SOAC s’est un peu radicalisé tout en se rendant peut-être plus abordable. C’est assez paradoxal, non ?

(Rires) Ouais, bien vu ! Je suis d’accord pour dire que nous sommes devenus plus accessibles en devenant plus lourds et plus sombres. Ce n’est pas quelque chose que nous avions l’intention de faire, mais c’est une bonne chose pour SOAC, afin de nous assurer que nous avions intégré le post-HardCore dans les ambiances de l’album. C’est un genre musical important et très influant pour le groupe. Je pense qu’il peut aussi faire évoluer les styles Stoner/Desert et nos riffs de Rock instrumental et qu’ils se nourriront tous les uns les autres au sein de l’identité évolutive de SONS OF ALPHA CENTAURI.

Photo : Neil Coward

– En intégrant du chant, vous faites évidemment passer un message direct. Alors, de quoi traitent les textes de « Push » et qui les a écrits ?

Jonah a écrit à peu près toutes les paroles. Il a dépeint certaines de ses positions que ce soit  socialement, politiquement et idéologiquement. Heureusement, encore une fois, nous connaissions très bien le style de Jonah que nous étions à l’aise avec ses messages. La musique a été écrite en gardant à l’esprit la puissance et les structures. Une fois que nous avons su que Jonah était là pour tout l’album, nous avons écrit en incorporant toutes ces possibilités.

– Avec Yawning Sons, vous collaboriez avec des musiciens américains et c’est encore le cas avec Jonah et Mitch. C’est ce mélange des deux cultures, anglaises et américaines, qui vous attire ? Cette différence de points de vue et d’influences musicales ?

C’est une bonne remarque ! Je n’avais jamais fait attention au fait que nous avons tendance à travailler avec autant d’Américains. Je pense qu’en grandissant dans les années 90, il y a eu cette énorme influence du Rock alternatif américain. Toutes les différentes scènes étaient très créatives avec Dischord et Amphetamine à Washington, le Hard-Core à New York, Touch and Go à Chicago, Mans Ruin en Californie, et bien sûr toute la scène de Sacramento. C’était tellement immersif et intéressant de voir et d’entendre ces groupes créant tous quelque chose d’unique dans leur région et en affirmant leur propre identité. Cela m’a donné envie de former un groupe et ensuite de travailler avec d’autres groupes. Mais j’apprécie toujours la scène musicale locale de Swale, notre région d’origine, car il y a plein de groupes et j’essaie toujours de les soutenir, d’aller à leurs concerts et de me procurer leurs disques !

– Depuis vos débuts, vous vous faites très rares sur scène. Est-ce qu’avec « Push » et ce nouveau line-up, on aura plus de chance de vous voir en concert ?

Si nous avons des propositions, bien sûr que nous aimerions monter sur scène. Nous aimons aussi nous assurer que nos performances soient uniques, mais oui, ce serait formidable de faire des concerts. Si quelqu’un souhaite nous voir, n’hésitez pas à nous contacter à tout moment. Je pense que ces morceaux prendront une ampleur incroyable dans un environnement live !

« Push » de SONS OF ALPHA CENTAURI est disponible depuis le 27 août chez Mainstream Records.

Retrouvez également la chronique de l’album : https://rocknforce.com/sons-of-alpha-centauri-tremblement-de-terre/

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Alternative Rock Rock US

Daughtry : back to Rock

Ce sixième album de DAUGHTRY vient sonner la fin de la récréation très mielleuse infligée par le chanteur américain depuis quelques temps. Avec « Dearly Beloved », le frontman à la voix incroyable renoue avec de puissantes rythmiques et d’énormes guitares, le tout sur une production exceptionnelle de bout en bout : l’un des albums de Rock US Alternatif le plus brillant depuis très longtemps.

DAUGHTRY

« Dearly Beloved »

(Dogtree Records)

Oui, je sais que sur ses deux derniers albums, Chris DAUGHTRY s’était perdu dans une sorte de soupe très Pop, acidulée, gavée de synthés et de mièvreries. Mais le garçon s’est repris et, sans tomber dans un Metal extrême non plus, renoue avec un Rock US Alternatif de bonne facture et percutant à souhait. Certes, l’Américain livre toujours des ballades très radio-friendly, mais beaucoup moins.

Nettement plus sombre et profond que sur les précédents albums, DAUGHTRY envoie un son lourd sublimé par une production cristalline et puissante : un vrai modèle du genre comme on n’en voit plus beaucoup. Apparu sur le « Live From Red Rocks » de Nickelback récemment avec le titre « Savin’ Me », le chanteur se rapproche cette fois encore de ceux qui ont été un exemple pour lui, et il excelle dans le domaine.

Accrocheurs et fédérateurs, les morceaux de « Dearly Beloved » mettent en valeur l’incroyable voix de DAUGHTRY, qui est plus convaincant que jamais (« Desperation », « World On Fire », « Heavy Is The Crown »). Imparable lui aussi, le mur de guitares est massif et écrasant… enfin ! Les titres s’enchainent et se font plus menaçants et efficaces (« Asylum », « Evil », « The Victim »). Ce nouvel album fait beaucoup de bien et c’est tout ce qu’on lui demande.