Catégories
Heavy Stoner Rock

Mandy Manala : through the darkness

Dense et captivant, ce premier effort des Scandinaves risque de mettre tout le monde d’accord. Epais, mais agile, leur Stoner tire autant sur un Rock très ferme que sur un Metal tranchant. Avec une frontwoman exaltante qui donne le ton avec vigueur et détermination, MANDY MANALA défie le Heavy avec beaucoup de classe et une envie contagieuse. Ténébreux à souhait, le groupe reste d’une vivacité exemplaire et monte dans les tours au fur et à mesure du disque. Une bonne grosse claque !

MANDY MANALA

« Mandy Manala »

(Octopus Rising)

Lorsqu’on sort un premier album d’une telle qualité, c’est qu’il y a forcément une raison. Et même si MANDY MANALA ne s’est formé qu’en 2021, ses membres œuvrent déjà sur la scène finlandaise depuis une vingtaine d’années dans des groupes comme ELD, Lords Of Chernobyl, Rock Fuel et MotörCünt. Et cette expérience acquise au fil des ans se ressent pleinement sur cet opus très complet et d’une grande richesse musicale. Les neuf titres sont consistants, véloces et dégagent une atmosphère presque occulte, qui lui confère un agréable aspect vintage.

Pour autant, le Heavy Stoner Rock de MANDY MANALA s’inscrit dans son temps, malgré un côté classique qu’il revisite avec brio. L’identité sonore est très vite évidente et on la doit en partie à la présence hypnotique et puissante de Christa Nedergård. L’assurance et la force vocale de la chanteuse transcendent littéralement l’ensemble, grâce à des refrains entêtants et des textes très soignés. Mais c’est l’équilibre du quintet qui donne à « Mandy Manala » cette impression massive et cette énergie intense, qui se diffusent si librement et de manière brute et enveloppante.

Hyper-Rock dans l’approche, tout en ne se refusant pas de belles embardées Metal, MANDY MANALA se distingue aussi grâce à deux guitaristes très complémentaires, une basse très fuzzy, un batteur costaud et des arrangements bien pensés. Tout en nuances, l’esthétique des morceaux montre beaucoup de maturité et les vibrations souvent sombres nous emportent rapidement (« Stillborn », « From Whence You Came », « May Queen », « The Dark Passager », « War Drums », « The Lighthouse » et le génial « When We Rode Out To War »). Une entrée en matière saisissante.

Catégories
Alt-Country Blues Rock International Soul

Samantha Fish : bluesy adventures [Interview]

Affichant désormais neuf albums à son actif, SAMANTHA FISH n’en finit plus de surprendre en empruntant des voies la menant là où on ne l’attend pas. Plus éclectique que jamais, elle se présente avec « Paper Doll », un disque dans lequel son fougueux jeu de guitare fait toujours autant d’étincelles, mais surtout avec une confiance vocale aussi étonnante qu’attendue. S’il est toujours question d’un Blues très Rock, son vagabondage musical nous mène cette fois aussi dans des contrées Alt-Country, Folk et Soul. Entretien avec une artiste qui ne lève que très rarement le pied, et qui s’épanouit en musique.

– Notre dernière interview date de la sortie de « Death Wish Blues », ton album en duo avec Jesse Dayton. Quel souvenir en gardes-tu et surtout de la tournée qui a suivi ? Tes fans ont-ils été un peu surpris ?

J’ai beaucoup appris de cette expérience. Travailler avec Jesse et notre producteur, Jon Spencer, nous a permis de comprendre comment nous démarquer tout en nous soutenant mutuellement. C’est une dynamique intéressante quand on se produit en duo. Jesse et moi avons tous les deux beaucoup travaillé sur cet album et nos concerts étaient vraiment passionnants. Je pense que nous sommes tous les deux connus pour nos styles musicaux particuliers, donc c’était une collaboration un peu inattendue. Cette expérience a réuni de nombreux fans de musique différents. Lorsque nous avons reçu une nomination aux Grammy, nous avons été à la fois surpris et touchés. C’était une expérience formidable à tous les niveaux et quelque chose qui, je le sais, a changé nos vies.

– Ton dernier album studio et en solo « Faster », remonte déjà à quatre ans. Quand as-tu vraiment commencé à te plonger dans l’écriture de « Paper Doll » ? Avais-tu déjà une trame en tête au moment de « Death Wish Blues » ?

Je savais qu’après « Death Wish Blues », j’aurais besoin d’un album qui mette vraiment en valeur mes ‘super-pouvoirs’. Je me pousse constamment à me dépasser, mais j’avais l’impression que celui-ci marquait un retour en forme, d’une certaine manière. En écrivant, les paroles se sont imposées naturellement. J’écris sur ce que je connais, mais j’aime aussi collaborer et écrire avec d’autres. Je voulais créer un album avec des sons de guitare vraiment excellents. Je voulais que le Blues soit la racine et le fondement de tout l’album, mais je voulais aussi m’aventurer dans des contrées captivantes et dépasser les frontières des genres. Et puis, je voulais aussi mettre en valeur mon chant. Mais avant tout, l’essentiel dans les chansons consiste à avoir de bonnes accroches et de belles mélodies.

– On le sait, tu n’es jamais aussi bien que sur scène. Tu es même l’une des rares artistes de Blues à te produire autant. C’est assez rare de donner des concerts de manière aussi soutenue. C’est de là que vient ta créativité ? C’est une manière d’entretenir ton flux artistique ?

Parfois, des idées me viennent sur scène. Je crois que ma méthode personnelle d’écriture la plus efficace est de me promener en voiture. Il suffit de laisser sa concentration vagabonder. Des mélodies me viennent à l’esprit par moments, et il faut les capturer à l’instant où elles sont présentes dans ma tête.

– D’ailleurs, « Paper Doll » a été enregistré en pleine tournée, à la fois à Austin au Texas et à Los Angeles en Californie. Tu n’avais pas envie de te donner un peu de répits et te concentrer sur la scène ? D’attendre la fin des concerts et de te poser plus tranquillement en studio ensuite ?

Bien sûr, mais notre emploi du temps ne le permettait pas. Je savais que je voulais enregistrer un nouvel album. Il s’agissait donc simplement de faire le nécessaire pour y parvenir. Le fait de faire les choses comme il fallait le faire, c’est-à-dire par séquence, a contribué à donner à l’album un côté live et une énergie particulière. Je pense donc que cela a joué en notre faveur.

– On peut aussi y voir une certaine continuité de cette tournée, dans l’esprit en tout cas, avec beaucoup d’énergie et surtout avec les musiciens qui t’accompagnaient à ce moment-là sur scène. L’idée était-elle de garder cette vibration très live ?

Oui et c’est comme ça que cela s’est passé. Le groupe de tournée que j’accompagne est phénoménal, donc c’était agréable d’explorer leur créativité. Je pense que le temps passé sur scène nous a permis de nous entendre assez rapidement.

– Un mot aussi sur la production signée Bobby Harlow de Detroit et avec la collaboration ponctuelle de Mick Collins de The Gories, tous deux issus du Garage Rock. On vous retrouve d’ailleurs en duo sur « Rusty Razor ». Après Jesse Dayton, tu t’aventures à nouveau hors du monde du Blues. C’est une façon aussi de quitter une certaine zone de confort ?

Je pense que tout ce que je fais est ancré dans le Blues. C’est comme ça que j’ai appris à jouer et à chanter. Chaque chanson commence par un hommage à un riff ou à une idée qui vient de là. C’est agréable aussi de pouvoir intégrer d’autres styles pour enrichir ma vision du Blues. Je me sens à l’aise pour créer ma propre version des choses. Je veux écrire des chansons qui définissent mon son, tout en étant ouverte à d’autres influences.

– Et il y a aussi la chanson « Sweet Southern Sounds » que tu as composé avec ton fougueux voisin de la Nouvelle Orleans, Anders Osborne. C’est un morceau incroyablement intense et chaleureux. Vous n’avez pas eu l’envie de le chanter ensemble ? Là encore, cela aurait été un beau duo…

Anders est génial. On a écrit cette chanson ensemble en sachant qu’elle finirait sur mon nouvel album. D’ailleurs, je ne pense pas qu’il ait eu l’intention de la chanter. Mais je suis sûre qu’on le fera ensemble un jour sur scène.

– Vocalement, on te sent très libre et forte à la fois. Tu as dit avoir trouvé ta voix en studio. Que voulais-tu dire ? Que c’est exercice différent de celui de la scène, et qui demande peut-être un placement plus précis et un peu opposé aux concerts, où l’énergie prime ?

Les performances live ont un avantage : elles permettent d’être plus libre. Je cherche à créer une connexion avec le public, donc je ne me concentre pas tant sur la précision et la perfection. Le studio peut être complexe, car il n’y a pas grand-chose à exploiter, si ce n’est sa propre inspiration. Il m’a fallu du temps pour trouver comment me détendre et me concentrer naturellement sur ma voix.

– Musicalement aussi, « Paper Doll » est une fois encore un album très varié, où l’on retrouve ton Blues avec ses côtés Rock et Soul et teinté de Country et de Folk. Justement, est-ce que tu cherches un certain équilibre au moment de la composition, ou c’est seulement ton inspiration qui te guide ?

J’ai parfois une idée en tête quand j’écris une chanson, mais quand on va en studio, quelque chose d’autre prend souvent le dessus. Il faut parfois laisser la chanson se développer toute seule.

– Pour tout le monde, tu es la très électrique guitariste à la cigarbox. Dans quelle mesure cet instrument trouve-t-il sa place dans la composition et dans l’enregistrement de tes morceaux sur ce nouvel album ?

J’essaie de l’intégrer de temps en temps en studio. Mais si ça ne convient pas à la chanson, je ne vais pas l’imposer de force. J’aime bien lui donner une place en concert, mais je ne veux pas qu’un instrument dicte le potentiel d’une chanson. Il faut être ouvert à la nouveauté. J’ai toujours cette idée en tête et je saute sur l’occasion de l’utiliser quand c’est le bon moment.

– Une dernière question plus personnelle pour conclure. Ta sœur Amanda a sorti un très bel album dans un style différent du tien l’année dernière. Evidemment, on imagine qu’une collaboration artistique serait incroyable. Avez-vous déjà évoqué le sujet toutes les deux ?

Amanda et moi avons toujours été assez indépendantes. Je pense qu’étant donné notre âge très proche, il est important pour nous d’être autonomes et libres dans notre musique et nos carrières. Mais peut-être plus tard. Qui sait ? Cela dit, en ce moment, nous aimons nous soutenir mutuellement et faire notre propre musique séparément.

« Paper Doll », le nouvel album de SAMANTHA FISH, est disponible chez Rounder Records.

Photos : Aries Photography (2, 3) et Doug Hardesty (4).

Retrouvez la précédente interview de l’artiste et la chronique de son album avec Jesse Dayton :

Catégories
Alternative Rock

Skunk Anansie : sans faille

Sa voix, sa silhouette et son engagement auront marqué d’une empreinte indélébile le Rock exalté des 90’s. La frontwoman Skin et ses trois compagnons d’armes sont enfin de retour avec « The Painful Truth ». Cumulant plus de cinq millions d’albums vendus, SKUNK ANANSIE a pourtant connu des passages à vide, malgré une notoriété conséquente. Peut-être parce qu’il ne triche pas, le combo a pris son temps pour élaborer ce nouvel opus et on y retrouve la même pertinence dans le propos, des mélodies entêtantes et une électricité palpable. L’ambition est intacte et le verbe haut.

SKUNK ANANSIE

« The Painful Truth »

(FLG Records)

On aurait pu croire SKUNK ANANSIE mort et enterré, mais c’était sans compter sur l’énergie qui guide le groupe anglais depuis sa création en 1994. Après des débuts fracassants avec les monumentaux « Paranoid & Sunburnt » (1995), « Stoosh » (1996) voire « Post Organic Chill » (1999), on ne voyait pas bien qui, ou quoi, pouvait les arrêter. Pourtant, une longue pause de 2001 à 2008 l’a fait un peu passer au second plan, et malgré trois albums, le quatuor n’a jamais véritablement retrouvé son aura originelle. La faute probablement à une époque en pleine mutation à laquelle l’adaptation a mis du temps à se faire.

Neuf ans après « Anarchytecture », SKUNK ANANSIE livre son septième opus et celui-ci pourrait bien être celui de la renaissance et d’une impulsion créatrice retrouvée. Toujours menée par sa charismatique (le mot est faible pour qui l’a vu sur scène) chanteuse Skin, la formation londonienne se met à refaire ce qu’elle fait de mieux : un Alternative Rock mélodique, accrocheur, engagé, car il ne saurait en être autrement, et surtout percutant et provocateur à souhait. Sur « The Painful Truth » au titre si évocateur, le groupe paraît même ouvrir un nouveau cycle avec l’assurance des grands.

Après une sérieuse remise en question, les Britanniques ont retrouvé cette fraîcheur et ce dynamisme qui les a toujours caractérisés. Riche en textures et très bien produit, SKUNK ANANSIE se montre ambitieux, tenace et livre autant de paroles et de refrains qui restent ancrés instantanément. Sans remettre en question son style et son jeu, l’évolution est pourtant manifeste. Et cette hargne militante avec ses positions politiques et sociales affirmées resplendit (« An Artist Is An Artist », « Shame », « Cheers », le dubesque « Shoulda Been You » à la Nina Hagen, « Animal » et le tendre « Meltdown »). Quel retour !

Photo : Rob O’Connor

Catégories
Blues Rock International

Ally Venable : rich blue notes [Interview]

Qu’il semble loin le temps où la toute jeune ALLY VENABLE faisait ses premiers pas avec « Wise Man » en 2013. Pourtant, c’est déjà avec un sixième album que la Texane de 26 ans seulement affirme aujourd’hui un jeu très mature et une voix qui porte bien plus qu’à ses débuts. Avec « Money & Power », elle franchit un palier supplémentaire, forte d’une assurance et d’une confiance à toute épreuve. En restant attachée à ses racines Blues Rock, la guitariste et chanteuse s’aventure même dans des registres inexplorés jusqu’à présents, et cela lui réussit plutôt bien. Entretien avec une musicienne qui a la tête sur les épaules, affirme des convictions fortes et a une idée très précise de sa musique.

– « Money & Power » est déjà ton sixième album et il dégage beaucoup de maturité. De quelle manière es-tu abordé son écriture, toujours accompagné de ton batteur et producteur Tom Hambridge ? Aviez-vous déjà une idée globale de sa thématique ?

Nous souhaitions explorer ces thèmes sous différents angles, en les canalisant dans notre un Blues Rock brut et plein d’émotion. La production de Tom a été essentielle pour donner vie à cette vision. Je suis très fière du résultat de cet album : c’est notre œuvre la plus ciblée et la plus percutante à ce jour. J’espère que les fans se sentiront concernés par les thèmes et l’énergie que nous y avons mis.

– Alors que tes précédents albums étaient clairement Blues Rock, avec « Money & Power », tu explores des registres plus Soul et cuivrés, funky, avec aussi une petite touche Alt-Country et même légèrement Reggae. Avais-tu besoin d’explorer d’autres sonorités et aussi de varier ton jeu ?

Tu as raison, avec « Money & Power », j’ai clairement élargi ma palette sonore au-delà du Blues Rock pur et dur de mes précédents albums. C’était une décision consciente d’explorer de nouveaux territoires musicaux et d’y incorporer des éléments de Soul, de Funk, de Country alternative et même d’un peu de Reggae. Mais le son blues de ma guitare et l’émotion qui le sous-tend resteront toujours au premier plan.

– Ce nouvel album est aussi une déclaration féministe, au moment où les femmes n’ont jamais été aussi présentes sur la scène Blues mondiale. Si cela va mieux en termes d’exposition et que les talents émergent enfin, que manque-t-il encore pour que la reconnaissance soit totale, selon toi ?

« Money & Power » a une forte connotation féministe, ce qui est important compte tenu de la présence croissante des femmes sur la scène Blues mondiale. Si des progrès sont réalisés en termes de visibilité et de reconnaissance du talent féminin, je pense qu’il reste encore du travail à faire. C’est pour cela que je pense qu’il est crucial pour les femmes du Blues et du Rock de se rassembler, de créer leurs propres espaces et de s’encourager mutuellement. L’unité et le refus de se laisser monter les unes contre les autres sont une force. Lorsque nous sommes solidaires, il devient beaucoup plus difficile de nous rejeter.

– Tu as toujours beaucoup aimé les duos. Après Devon Allman et Kenny Wayne Shepherd sur « Heart Of Fire », puis Joe Bonamassa et Buddy Guy sur « Real Gone », tu accueilles cette fois Christone ‘Kingfish’ Ingram et la chanteuse new-yorkaise Shemekia Copeland. Qu’est-ce qui te plait dans cet exercice ? Le partage ? La communion ?

Echanger des riffs avec Kingfish a été un vrai plaisir. On perçoit vraiment les personnalités distinctes de chaque artiste, qui transparaissent dans ces collaborations. Que ce soit le jeu de Kingfish ou la maîtrise vocale inébranlable de Shemekia, ils ont chacun laissé leur empreinte sur l’album et une présence qui l’a propulsé au niveau supérieur ! Et c’est génial pour ça de travailler avec ses amis ! J’ai été honoré qu’ils acceptent !

– J’aimerais qu’on dise un mot de la pochette de ce nouvel album, car elle sort littéralement des standards que l’on peut voir dans le Blues en général. L’idée était-elle de provoquer avec un visuel fort ? De marquer les esprits ?

Je voulais créer un visuel fort et provocateur qui capterait immédiatement l’attention de l’auditeur et donnerait le ton aux thèmes abordés sur l’album. L’image de moi assise au bureau d’un grand patron, la guitare à mes côtés, comptant de l’argent et savourant un cigare et un whisky, fait assurément forte impression.

– Par rapport à tes précédents albums, je te trouve un peu moins démonstrative et plus au service des chansons. Ton intention était-elle de plus te concentrer sur la composition, les textes et les mélodies ? 

Il était également important pour moi d’éviter de tomber dans le piège du culte du guitar-heros, qui peut parfois survenir dans le monde du Blues Rock. Si je suis fière de mes compétences techniques, je ne veux pas que cela occulte les intentions artistiques et émotionnelles profondes qui se cachent derrière ma musique.

– Il y a six ans déjà, tu avais participé à la fameuse « Blues Caravan » de Ruf Records, aux côtés de Katarina Pejak et Ina Forsman. Un casting entièrement féminin, qui renvoie forcément à la thématique de ton album. Quels souvenirs en gardes-tu et y as-tu pensé en composant « Money & Power » ?

Ina et Katarina sont toutes deux des artistes dynamiques et j’étais émerveillée de les voir dominer la scène soir après soir. Mais au-delà de ça, elles étaient aussi des partenaires de groupe formidables et d’un grand soutien. Nous avions une véritable camaraderie et un sens de la communauté qui, je pense, ont vraiment trouvé un écho auprès du public devant lequel nous avons joué. Cette tournée a été une expérience formatrice pour moi, en tant que musicienne et en tant que femme dans ce milieu. Ainsi, même si la tournée « Blues Caravan » remonte à des années, son influence est toujours très présente dans mon processus créatif. C’est une pierre angulaire qui me rappelle la force et la complicité que nous pouvons trouver lorsque nous nous unissons en tant que femmes dans ce milieu.

– Enfin, la scène Blues féminine au sens large compte aujourd’hui de grandes musiciennes qui sont unanimement reconnues. Parmi elles, de qui sens-tu la plus proche ? Je pense à Ana Popovic, Samantha Fish, Joanne Shaw Taylor, Sue Foley, Grace Bowers, Ghalia Volt, Erja Lyytinen, Gráinne Duffy, la Française Laura Cox, Dana Fuchs, Susan Tedeschi et j’en oublie beaucoup…

Bien que j’éprouve une profonde affinité et une profonde admiration pour toutes les femmes que tu as mentionnées. Je dois dire que je suis particulièrement attirée par le talent artistique de Samantha Fish, Susan Tedeschi et Joanne Shaw Taylor. Il y a quelque chose dans leur jeu de guitare qui est brut et sans complexe, et leur voix pleine d’âme résonne vraiment en moi. Voir d’autres femmes s’éclater sur scène est une source constante de motivation pour moi. C’est un puissant rappel que nous pouvons absolument nous affirmer, que nos voix et notre talent artistique méritent d’être entendus.

Le nouvel album d’ALLY VENABLE, « Money & Power » est disponible chez Ruf Records.

Photos : Jeremiah Shepherd (1, 3, 4)

Retrouvez aussi les chroniques de ses albums précédents :

Catégories
Blues Blues Rock Boogie Blues Contemporary Blues Soul Southern Blues

Carolyn Wonderland : une grande dame

L’intensité, qui se retrouve dans le mordant de son approche tant vocale que guitaristique, semble être une seconde nature chez CAROLYN WONDERLAND. La musicienne, qui avait véritablement pris son envol en solo il y a quatre ans avec le génial et audacieux « Tempting Fate » sur lequel elle jonglait avec sa Gibson et sa lap-steel, monte encore en émotion et en virtuosité dans un équilibre musical, qui doit beaucoup à une confiance acquise au fil du temps. « Truth Is » est une sorte d’apothéose, tant au niveau de l’écriture que de cette voix, où la puissance n’a d’égal que sa douceur. Monumental.

CAROLYN WONDERLAND

« Truth Is »

(Alligator Records)

CAROLYN WONDERLAND est une fine gâchette, cela n’aura échappé à personne, et sur ce deuxième effort chez l’institution Alligator Records, on prend pleinement conscience de ses talents de chanteuse et de compositrice. Une reconnaissance qui arrive peut-être un peu tard, mais qui est aujourd’hui incontestable. Elle qui a joué avec presque toutes les légendes Blues du Texas et qui a aussi effectué un beau et assez long passage au sein des Bluesbreakers de John Mayall, semble littéralement épanouie sur ce « Truth Is », marqué de son empreinte. Car la musicienne est loin de manquer de personnalité, bien au contraire.   

D’une rare polyvalence, elle fait un beau tour d’horizon des courants dans lesquels elle se retrouve… et il y en a ! Forcément très sudiste dans le jeu, on retrouve chez la Texane des notes de Soul, de Gospel, de Jazz, de Country et de Roots Rock, qui font de son Blues un refuge éclectique pour des saveurs chaleureuses et sincères. CAROLYN WONDERLAND a de nouveau confié la production de « Truth Is » à Dave Alvin, lequel sublime des compositions entraînantes, mais aussi très touchantes et toujours authentiques. On passe de sa ville natale de Houston à la Nouvelle Orleans, avec un crochet par Memphis, en un clin d’œil.   

Avec son inimitable picking, elle signe l’essentiel de cette nouvelle réalisation, tout en coécrivant quelques titres avec son producteur et Shelley King, et en s’offrant la liberté de reprendre « Wishful Thinking » (Greg Wood/Eddie Hawkins) et « Orange Juice Blues » (Richard Manuel pour The Band). Mais le plus beau et surtout le plus réjouissant vient de ses propres compositions et elles sont franchement renversantes (« Sooner Or Later », « It Should Take », « I Ain’t Going Back » avec Ruthie Foster et Marcia Ball, l’ensoleillé « Deepest Ocean Blue », le bouleversant « Blues For Gene » et la somptueuse chanson-titre. Incontournable.   

Photo : Mary Bruton

Retrouvez la chronique de « Tempting Fate » :

Catégories
Hard Rock Hard'n Heavy

W’t’M : Wildness’t’Melody

Associées, la créativité scandinave et l’élégance italienne font des merveilles sur cette entrée en matière très réussie. L’idée du combo européen est d’apporter un souffle nouveau sur la scène Hard Rock, en affichant clairement l’ambition de présenter un style accessible en gardant un aspect explosif. Et le mélange entre un certain classicisme du genre sur une production très actuelle fait de W’t’M un nouveau venu plein d’impact et guidé par une voix exceptionnelle sur ce vigoureux « Witness The Madness » très prometteur.

W’t’M

« Witness The Madness »

(Popshit Records)

A en croire ce premier album, la ligne entre Copenhague et Rome fonctionne très bien et la connexion est même parfaite. Formé autour de Michael Bastholm Dahl, l’ancien chanteur d’Artillery et ici à la guitare, le groupe est essentiellement danois à l’exception de sa frontwoman, l’Italienne Marica Moire. Après plusieurs singles, W’t’M sort enfin son premier effort et « Witness The Madness » (titre dont il tire son nom en abrégé) est une bonne surprise. Un mix entre Hard Rock moderne et un Heavy polyvalent et costaud.

Sur une ligne mélodique aux structures souvent complexes, la dynamique est enthousiasmante et l’ensemble franchement rafraîchissant. La puissance vocale toute en nuances de la Romaine créé l’équilibre avec les guitares notamment, et elle marque littéralement d’une empreinte forte « Witness The Madness ». Et puis, W’t’M a pris autant de soin à se montrer véloce et percutant qu’à être très attentif aux moindres détails des arrangements. Rien n’est laissé au hasard et c’est justement ce savoir-faire qui brille ici.

Multipliant les changements de tempos, s’engouffrant dans des parties plus progressives et distillant habillement ses parties de claviers, la formation italo-danoise sait se montrer aussi puissante que d’une grande finesse. Dans un registre qu’elle maîtrise parfaitement, elle réoxygène un Hard Rock déjà moderne et, à ce niveau-là, la gamme vocale de sa chanteuse impressionne et fait toute la différence (« A Symphony Of Brillance », « Wake Up Too A Breakdown », « Moments Of Light », « One Reason », « Eternal Echoes »). Foudroyant ! 

Catégories
Heavy metal

Hangfire : une puissance incandescente

Avec un chanteuse de ce calibre et aussi bien entourée, HANGFIRE ne devrait pas mettre très longtemps à se faire connaître au-delà des frontières de l’Etat de Washington. Avec  « Burn », l’entrée en matière est fracassante, tant la qualité est au rendez-vous. Entre une tradition respectée très présente et un élan moderne, l’énergie déployée sur ce premier opus est le signe d’une aventure qui ne fait que commencer. Le Heavy Metal a de beaux jours devant lui.

HANGFIRE

« Burn »

(Rottweiler Records)

Pour un premier album, HANGFIRE frappe fort. Incisif, « Burn » affiche déjà l’essentiel des ingrédients nécessaires et indispensables à un bon disque de Heavy Metal. Passionnés et aguerris, les Américains font certes dans le classique, mais la production et leur ambition font de « Burn » un modèle du genre très contemporain. Pour autant, ils ne font pas du neuf avec du vieux. Au contraire, ils injectent à l’exemple de leurs aînés un souffle vivifiant et le niveau ne trouve rien à redire au regard des formations les plus chevronnées.

Fondé il y a trois ans par le guitariste Sean Searls et le bassiste Steven Tolbeck, ils ont dû patienter jusqu’à leur rencontre avec Shannon Laird (batterie) et Jenea Fiore (chant) pour pouvoir réellement commencer à se mettre à l’ouvrage. Et la connexion a fait des étincelles pour obtenir HANGFIRE, jeune combo de musiciens expérimentés avec de la suite dans les idées. Dynamique et explosif, il fait preuve de beaucoup d’ambition et se montre même impressionnant de précision, de technicité et de feeling.

Et outre la performance instrumentale, l’un des atouts du quatuor est sans aucun doute sa frontwoman, qui possède un panel vocal assez éloquent. Capable d’être franchement Metal sans tomber dans un growl fadasse, elle use de toute sa puissance pour rendre les refrains hyper-accrocheurs sur des lignes parfois plus Rock, mais toujours aussi musclées (« Warhawk », « White Lie », « Hunger », « Fire In The Night », « The Hunter », « Outlaw »). HANGFIRE s’est forgé un son ample et féroce et « Burn » s’annonce n’être qu’un début.

Catégories
Heavy Stoner Psych

Slung : céleste

Entre ambiances aériennes et riffs dévastateurs, SLUNG joue sur les nuances et apporte beaucoup de soin à l’élaboration d’un Stoner Rock aussi Heavy que Psych. S’ils peuvent compter sur leur frontwoman, dont la prestation surclasse nombre de ses actuelles consœurs, les Anglais brillent aussi par leur impact instrumental, dont les inspirations sont d’une intensité qui les rend intemporels. « In Ways » se dévoile un peu plus à chaque écoute, même si son immédiateté séduit par une créativité très instinctive. A surveiller de très près !

SLUNG

« In Ways »

(Fat Dracula)

Assez éloigné de l’idée que l’on peut avoir de la scène musicale de Bristol, SLUNG est la vraie belle surprise en matière de Stoner britannique depuis bien longtemps. Elle se sera faite même fait sacrément attendre. Cela dit, les singles parus précédemment nous avaient déjà mis la puce à l’oreille sur ce à quoi nous pouvions nous attendre avec « In Ways », un premier album très abouti, tant au niveau de la composition comme de la production et de ses remarquables arrangements. Et avec la classe affichée, la boucle est bouclée.

Il est devenu très rare aujourd’hui de voir un groupe sortir un premier fort aussi raffiné et mature. C’est pourtant le cas avec SLUNG, dont on se doute sans mal que ses membres n’en sont pas à leur coup d’essai. Le travail d’écriture montre une belle osmose entre Katie Oldman (chant), Ali Johnson (guitare), Vlad Matveikov (basse) et Ravi Martin (batterie). Car si, bien sûr, la chanteuse interpelle d’entrée de jeu avec le fulgurant « Laughter », elle promet par la suite une performance hors-norme.

Au fils des morceaux, le quatuor impressionne et surtout parvient à surprendre tout au long de « In Ways ». Basé sur un Stoner Rock classique et groovy, SLUNG s’avance aussi dans des atmosphères psychédéliques et progressives, rappelant d’ailleurs certaines formations vintage. Très expressif, le chant offre un relief étonnant, tant la palette est riche, mais ce serait vite oublier les autres ressources du combo (« Class A Cherry », « Come Apart », « Collider », « Matador », « Limassol », « Heavy Duty », « In Ways »). A découvrir d’urgence !

Photo : Ian Coulson

Catégories
Heavy metal International Old School

Teaser Sweet : feel the impulse [Interview]

A mi-chemin entre Hard Rock et Heavy Metal,  mais solidement ancré dans les années 80, TEASER SWEET évolue dans une torpeur Old School savoureuse et fougueuse. Avec une fraîcheur très actuelle, les Suédois sortent un troisième album, « Night Stalker », accrocheur d’où émane une sorte d’insouciance très entraînante. Aux côtés de son frère Marcus à la guitare, Hampus Steenberg à la basse et Kent Svensson derrière les fûts, Therese Damberg se révèle être une redoutable frontwoman, dont la voix est l’une des forces du quatuor. Entretien avec la chanteuse de ce groupe, qui devrait ravir les fans de Heavy vintage.

– Cela fait déjà dix ans que TEASER SWEET existe et vous sortez aujourd’hui votre quatrième album. A l’époque, quel a été le déclic pour passer d’un groupe qui reprend du Kiss à l’écriture de vos propres chansons ?

Quand on a commencé le groupe, on n’avait pas de matériel personnel, c’est pour cela qu’on jouait des morceaux de Kiss. ​​Mais à la base, on n’a jamais voulu faire des reprises, ce n’était vraiment pas notre objectif. Alors, on a composé nos propres morceaux le plus vite possible. Et c’est vraiment à partir de ce moment-là que tout a vraiment commencé pour le groupe !

– On imagine très bien qu’avec de tels débuts, vos influences se situent dans les années 70 et 80, et d’ailleurs cela s’entend. Vous n’avez jamais été tentés par un style plus moderne, ou est-ce justement pour vous démarquer un peu de l’actuelle scène Metal suédoise ?

On a toujours été attirés par le Metal classique, c’est-à-dire influencé par les années 70 et 80, et qu’on ne retrouve pas dans le Metal moderne. Actuellement, le Metal a un son très numérique et rigide, et ce n’est pas ce qu’on recherche. C’est même tout le contraire ! Nous voulons jouer ce qu’on aime et, bien sûr, on désire aussi développer notre propre son. Pour se démarquer, il faut aussi être soi-même et nous sommes tous d’accord là-dessus. Nous sommes des gens sympas qui aimons la musique et on espère que ça se reflète dans notre façon de composer. On veut que les gens qui nous écoutent se sentent heureux, pleins de vie et prêts à affronter la vie.

– « Night Stalker » marque aussi votre arrivée chez High Roller Records, qui est d’ailleurs un label qui vous correspond parfaitement. Qu’est-ce que cela change pour vous concrètement ?

Nous avons l’opportunité de toucher un public plus large ce qui, espérons-le, nous permettra d’attirer un plus grand nombre de fans et faire aussi plus de concerts que si nous avions à nous en occuper seuls. Nous sommes donc reconnaissants à High Roller Records de nous avoir pris sous son aile.

– D’ailleurs, je trouve que ce nouvel album tranche vraiment par rapport à « Monster ». La production est solide et surtout vos compositions ont pris une nouvelle dimension. Est-ce que, dans un sens, cette signature vous a donné des ailes et fait franchir un nouveau cap ?

Absolument ! On apprend toujours de ses erreurs et on cherche constamment à progresser dans notre musique. Nous avons aussi grandi en tant que musiciens et on a voulu repousser nos limites créatives sur cet album. C’est super d’entendre que tu constates des progrès !

– « Night Stalker » garde aussi un son vintage et une approche Old School très chaleureuse et live. C’était important pour vous de présenter une production si organique, malgré le tout-numérique actuel ?

Absolument. Le son est très important pour nous. Il transmet des émotions et il représente vraiment qui nous sommes. Avec un son numérique moderne, cela aurait été comme bien s’habiller pour une mauvaise occasion.

– A l’écoute de ce nouvel album, les références à la NWOBHM sont évidentes et vous puisez du côté du Heavy Metal comme du Hard Rock. Est-ce que c’est un équilibre que vous avez cherché et souhaité dès les débuts de TEASER SWEET ?

Quand nous créons ensemble, à quatre, le son est là et se créer de manière naturelle. Ce n’est pas un objectif auquel nous aspirons, c’est comme ça que ça se produit. Nous sommes heureux d’être arrivés au point, où nous savons aussi exactement comment nous voulons sonner et, bien sûr, nous sommes influencés par ce que nous écoutons nous-mêmes de notre côté.

– Etonnamment, on ne retrouve pas énormément de similitudes avec des groupes qui ont aussi une chanteuse, en tout cas dans l’intention, même si on peut penser à Warlock, par exemple. « Night Stalker » est un album puissant et volontaire. L’important pour vous est-il de conserver l’image d’un style massif et véloce ?

L’important n’est pas forcément d’avoir un style massif et rapide, même si bien sûr, j’aime les chansons très rythmées. C’est ce que je dis toujours aux autres: jouez plus vite ! Mais il est important d’avoir toujours le bon tempo, et qu’il soit rapide ou non. L’essentiel est qu’il colle à la chanson.

– Il y a beaucoup de force et un côté mélodique prononcé dans ta voix et on pense à Doro, bien sûr, mais aussi à Johanna Sadonis de Lucifer, ainsi qu’à la Canadienne Lee Aaron. J’ai l’impression que c’est plutôt le côté Rock qui t’inspire. Est-ce le cas, et peut-être même ta façon d’apporter une touche féminine à TEASER SWEET, d’adoucir son aspect Metal ?

Il y a toujours de l’inspiration venant des chanteurs talentueux, que ce soient des hommes comme des femmes. Mais je n’essaie pas de ressembler à quelqu’un d’autre. J’avance en fonction de ce que je ressens et de qui je suis. Mais si le groupe avait un chanteur, ça ne sonnerait pas pareil, c’est certain.

– TEASER SWEET est aussi une histoire de famille, puisque tu as fondé le groupe avec ton frère Marcus, qui est guitariste. Comme la combinaison guitare/voix est souvent la base pour composer, est-ce que votre proximité est le point de départ de vos morceaux et de quelle manière prennent-ils vie ? D’abord une ligne de chant, ou un riff ?

Ça commence souvent par un riff sur lequel on construit ensuite, et même parfois les deux : un riff avec une ligne vocale. On s’inspire aussi souvent assez vite des idées de l’autre. Mais parfois, c’est vraiment difficile de décrire le résultat final, du moins pour moi. Je ne suis pas aussi douée que les autres pour jouer d’un instrument, mais le reste du groupe a appris à bien me connaître et à comprendre ma façon d’exprimer ce que je souhaite obtenir.

– Enfin, vous avez un répertoire conséquent avec ce quatrième album. Comment établissez-vous vos setlists et surtout, est-ce qu’une tournée est prévue pour cet été ou la rentrée de septembre ?

Nous choisissons les chansons que nous aimons, ainsi que celles que nos fans adorent. Nous les prenons vraiment en considération et nous incluons souvent d’anciens morceaux. Mais la setlist, qui sera jouée dans les concerts à venir, sera principalement composée de titres de « Night Stalker ». Malheureusement, il n’y a pas encore de tournée organisée, mais nous l’espérons fortement !

L’album de TEASER SWEET, « Night Stalker », est disponible chez High Roller Records.

Catégories
Hard 70's Old School Proto-Metal

The Riven : awesome revival

Des twin-guitars au diapason, un rythme soutenu du début à la fin et une chanteuse à l’énergie communicative, il n’en fallait pas plus pour que THE RIVEN vienne confirmer avec force que sa présence dans le paysage Rock/Metal était tout sauf un hasard. Avec « Visions Of Tomorrow », la formation de Stockhölm passe le cap des trois albums avec une assurance qui fait d’elle l’une des meilleures représentantes de l’héritage laissé par la flamboyante NWOBHM. Et Totta Ekebergh assoit avec brio son statut de l’une des plus belles voix du style depuis longtemps.

THE RIVEN

« Visions Of Tomorrow »

(Dying Victims Productions)

Continuant son exploration dans un réjouissant revival 70’s et 80’s, les Suédois livrent leur troisième opus, « Visions Of Tomorrow », somptueux mélange de Power Rock, de Heavy Metal, de Hard Rock et d’un soupçon de Prog originel. En bientôt dix ans d’existence, THE RIVEN a très bien digéré ses influences pour atteindre une identité musicale désormais très personnelle et identifiable. Il s’appuie sur ses points forts, à savoir de belles combinaisons de guitares, une rythmique galopante et un chant féroce et aérien.

Après le très bon « Peace And Conflict » sorti en 2022, on attendait beaucoup du quintet et il y a de quoi de réjouir avec cet éblouissant « Visions OF Tomorrow ». Tout d’abord, l’excellente production signée Robert Pehrsson (The Hellacopters) met parfaitement en lumière le registre frais et direct du groupe. Sur un son très organique, THE RIVEN déploie son talent librement, loin des réalisations aseptisées d’aujourd’hui, avec une authenticité réelle et un sentiment d’urgence très perceptible. La performance est véloce et brute.

Avec une frontwoman en état de grâce et au sommet de son art, la confiance semble encore renforcée et les Scandinaves laissent pleinement « Visions Of Tomorrow » prendre son envol. Nerveux et massifs, ces nouveaux morceaux sont particulièrement affûtés et transmettent  une sensation immédiate de familiarité, tout en restant originaux (« Far Away From Home », « Killing Machine », « Crystals », « Seen It All », « Follow You » et le morceau-titre). THE RIVEN frappe fort et marque les esprits grâce à un élan créatif décisif.

Retrouvez la chronique de « Peace And Conflict » :