Catégories
Blues Blues Rock

Carolyn Wonderland : Texan Blues touch

De sa voix enjouée et déterminée, CAROLYN WONDERLAND embarque tout son monde sur son passage. Songwriter confirmée et inspirée, elle n’a pas son pareil pour captiver et délivrer des mélodies endiablées et plus douces, à l’image de son Texas natal. Et « Tempting Fate » est un de ces albums dont on a bien du mal à se défaire.

CAROLYN WONDERLAND

« Tempting Fate »

(Alligator Records)

Malheureusement presqu’inconnue en Europe, la chanteuse et guitariste CAROLYN WONDERLAND fait pourtant partie des figures incontournables du Blues texan. Multi-awardisée et reconnue par ses pairs, l’Américaine signe son douzième album, « Tempting Fate », sur le légendaire label Alligator Records avec lequel, souhaitons-le lui, elle aura enfin une reconnaissance méritée.

Ce nouvel opus figure parmi les plus brillants de sa carrière tant il est surprenant, fougueux et authentique. L’implication de CAROLYN WONDERLAND est comme toujours totale et la production signée Dave Alvin offre beaucoup de caractère à ses compositions, tout en mettant en valeur ses invités. On retrouve avec plaisir Red Young à l’orgue, Cindy Cashdollar à la lap-steel et Jan Flemming à l’accordéon.  

Avec un songwriting très affûté, la Texane attaque sur un brûlant Boogie (« Fragile Peace And Certain War ») et une slide saignante avant d’enchainer sur un Shuffle très personnel (« Texas Girl And Her Boots »). Très à son aise sur un Blues langoureux ou une émouvante ballade Country (« Crack In The Wall »), CAROLYN WONDERLAND régale d’enthousiasme et de savoir-faire. Incontournable.

Catégories
Blues Rock Metal Rock

Me And That Man : what’s really new ?

A priori, pour le frontman Nergal, Behemoth n’est pas une fin en soi. Encore une fois entouré d’une pléiade d’invités de talent, le Polonais récidive avec ME AND THAT MAN et le deuxième (second ?) volume de « New Man, New Songs, Same Shit ». Toujours aussi indécis et approximatif dans la démarche, il faut énormément d’abnégation pour se satisfaire d’un tel album, artistiquement désossé.  

ME AND THAT MAN

« New Man, New Songs, Same Shit, Vol. 2 »

(Napalm Records)

Pas très emballé par le premier volume de ME AND THAT MAN, side-projet du frontman de Behemoth, Nergal, j’ai naïvement pensé que ce deuxième volet de « New Man, New Songs, Same Shit » prendrait une autre tournure, cette fois originale. Car sur le papier aussi, la guest-list est alléchante : Gary Holt (ex-Slayer, Exodus), Alissa White-Gluz (Arch Enemy), Randy Blythe (Lamb Of God), Devin Townsend, Myrkur et quelques autres sont de la partie.

S’échapper de son style de prédilection peut être une belle aventure comme une douce récréation… à condition de savoir où l’on va. Et force est de constater qu’avec ME AND THAT MAN, Nergal a quelques idées, mais aucune réelle intention. Sans être désagréable, il est assez difficile d’accrocher à cet album hybride qui ne rend pas vraiment hommage à des registres comme la Folk, la Country et surtout le Blues, particulièrement malmené.  

Très inégal, ce deuxième album navigue dans une sorte de Dark Rock Pop un peu Metal très convenue qui, malgré tout, parvient à prendre un peu de relief suivant les invités. Sans trouver leur véritable direction musicale, « Black Hearse Cadillac », « All Hope Has Gone » avec Blaze Bayley, « Coldest Day In Hell » avec Ralf Gyllenhammar de Mustasch et surtout « Angel Of Light » avec Myrkur sortent du lot. Ce nouvel opus de ME AND THAT MAN reste encore confus et superficiel.  

Catégories
Alternative Rock

[Going Faster] : After Us / Snap Border

Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !

AFTER US – « Breaking The Dark » – Independant

2021 aura été une année studieuse pour AFTER US qui sort son EP, « Breaking The Dark », et montre déjà de très bonnes choses. Le quatuor francilien fait preuve de maturité pour un premier effort et livre quatre titres solides et bourrés d’énergie. Dans un style plus européen qu’américain, l’Alternative Rock du groupe se compose aussi de diverses influences notamment Pop, Metal et Electro. La très bonne prestation de sa frontwoman apporte une originalité supplémentaire sur des titres solides (« Home Again », « Get Out »). AFTER US a également mis l’accent sur le mix de son EP et sur des arrangements aussi précis que soignés (« City Lights », « Last Goodbye »). Avec un tel premier essai discographique, c’est maintenant la scène qui les attend.

SNAP BORDER – « Icons » – Independant

Sorti il y a tout juste un an, « Icons » fait suite au premier album de SNAP BORDER, « Alternative Current Box », qui avait fait décoller le groupe. En l’espace de cinq ans, le combo originaire de l’est de la France a affiné son registre et se présente avec un Alternative Rock tonique et percutant, qui fait aussi la part belle aux mélodies (« Dancing With The Sharks », « Evil-tions »). Accrocheurs et fédérateurs, les cinq titres d’« Icons » proposent un spectre assez large pour laisser au quintet la possibilité d’explorer de nombreuses facettes du Rock et parfois même du Metal, grâce à des riffs costauds et un chanteur convaincant (« Endscape », « Losing Side »). En attendant de retrouver SNAP BORDER avec de nouvelles compos, cet EP vaut le détour.

Catégories
Psych Rock Progressif Space Rock

Eldovar : rencontre du troisième type

Les Allemands de KADAVAR et les Américains d’ELDER se sont retrouvés en studio à Berlin en mars dernier pour de longues jams qui ont finalement débouché sur un album à l’écriture minutieuse et envoûtante. ELDOVAR et ce précieux « A Story Of Darkness & Light » ont éclos dans un Rock Progressif et psychédélique aux saveurs 70’s. Aérienne, soignée et envoûtante, la rencontre entre les deux formations tient presque de la magie… musicale en tout cas.

ELDOVAR

« A Story Of Darkness & Light »

(Robotor Records)

Si « The Isolation Tapes » sorti l’an dernier était déjà la conséquence directe de la pandémie, KADAVAR est resté actif et a enregistré au printemps dernier des jams avec différents partenaires de jeu et en l’occurrence, c’est le groupe de Rock Progressif ELDER qui s’est rendu aux Robotor Studios de Berlin pour finalement donner naissance à ELDOVAR. Très instinctif, « A Story Of Darkness & Light » n’est pas seulement un album échappatoire, mais le fruit de compositions très réfléchies. 

En dehors de Jack Donovan, bassiste d’ELDER coincé aux Etats-Unis, l’ensemble des musiciens des deux formations se sont retrouvés autour de morceaux toujours progressifs, bien sûr, mais d’où une ambiance très 70’s et Psychédélique émane de façon sauvage et très spontanée. Tout en respectant l’identité des deux groupes, ELDOVAR se pose comme un OVNI musical enthousiasmant, très créatif et « A Story Of Darkness & Light » un acte d’amour au style fondateur des sept musiciens.  

Entre Rock atmosphérique (« From Deep Within »), Folk psychédélique (« In The Way ») ou le très éthéré « El Matador », ELDOVAR combine et fait preuve d’une grande inspiration. La rencontre entre les deux semblait inévitable, car tellement évidente. L’instrumental « Rebirth Of The Twins », le Floydiens « Cherry Tree » et le monumental « Blood Moon Night » montrent une spontanéité et une dynamique intimes et saisissantes.

Catégories
Psych Stoner/Desert

[Going Faster] : Yur Mum / Ikitan

Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !

YUR MUM – « Tropical Fuzz » – M&O Music

Actif et monté sur ressort depuis cinq ans, YUR MUM est un duo assez atypique. Brésilien et basé à Londres, le combo monte au front avec un Heavy Stoner Punk percutant et monstrueusement efficace. Après un premier album en 2018 (« Road Rages »), puis un EP l’année suivante (« Ellipsis »), les Sud-américains effectuent un retour à leurs racines avec ce « Tropical Fuzz » débordant de groove, de gros fuzz bien sûr et de mélodies aussi accrocheuses que Punk dans l’attitude. Anelise Kunz (basse et chant) et Fabio Couto (batterie) ne s’économisent pas et de deuxième album est explosif du début à la fin (« Banana Republic », « Kiss And Tell », « Black Rainbow », « Rio ‘69 »). Le Brésil vibre au rythme de la massive basse de YUR MUM dans un carnaval de décibels Stoner.

IKITAN – « Darvaza y Brinicle » – Taxi Driver Records

Les plus fidèles d’entre vous connaissent déjà IKITAN, trio italien de Stoner Psych, qui a figuré parmi les toutes premières interviews du site. Fondé à Gênes il y a deux ans, le groupe avait fait ses débuts avec « Twenty-Twenty », un EP hypnotique composé d’un seul et unique morceau de 20 minutes. Entre Desert Rock musclé et Stoner Psych, les Transalpins évoluent dans une formule instrumentale progressive et envoûtante. Ne faisant rien comme les autres, IKITAN sort sa première cassette, limitée à 30 exemplaires, où l’on retrouve les singles « Darvaza » et « Brinicle ». L’esprit jam qui fait la force des Italiens est toujours très présent et l’invitation au voyage nous tend les bras.  

Retrouvez l’interview du groupe : https://rocknforce.com/ikitan-le-son-des-pierres/

Bandcamp : https://taxidriverstore.bandcamp.com/album/darvaza-y-brinicle

Catégories
Post-HardCore Post-Metal

20 Seconds Falling Man : en chute libre

Hypnotique et massif, le savant mélange de post-Metal et de post-HardCore de 20 SECONDS FALLING MAN se dessine enfin sur « Void », premier album des Nantais, qui tient toutes ses promesses après deux précédents EP. Profond et puissant, le quintet présente un bel album, qui devrait l’installer durablement dans le paysage Metal hexagonal.

20 SECONDS FALLING MAN

“20 Second Falling Man”

(Independant)

A Nantes en 2008, 20 SECONDS FALLING MAN posait les bases de son post-Metal et post-HardCore le temps d’un EP avant de se mettre en sommeil trios ans après sa formation. Revenu dans la course en 2017, le combo a sorti « #2 », son deuxième format court avant de se concentrer sur la composition de son premier album, « Void », sorti il y  a quelques jours.

En août dernier, 20 SECONDS FALLING MAN avait aussi enregistré une session live pour ‘La Télé du Ferrailleur’ dans le cadre du ‘Hellfest From Home’. Composé de quatre morceaux anciens et plus récents, ce nouvel EP avait permis d’entrevoir les intentions nouvelles du quintet et son imposante force de frappe. Fin prêt, il débarque aujourd’hui avec « Void ».

Après nous avoir fait découvrir « I See Land » et « A Way Out », le combo dévoile les quatre derniers morceaux de ce premier album et ceux-ci nous plongent en immersion dans un post-Metal et HardCore puissant et progressif, où 20 SECONDS FALLING MAN fait preuve d’autant d’énergie que de créativité. Les titres se fondent dans une belle unité, qui lui permet de voir l’avenir sereinement.

Catégories
Rock Progressif

Kosmodome : la magie vintage

Intelligent et pointu, ce premier album de KOSMODOME nous propulse quelques décennies en arrière grâce à une production très organique et chaleureuse. Ce premier album éponyme montre la belle créativité de la fratrie Sandvik et de son Rock Progressif légèrement et délicieusement vintage. Le duo multiplie et rapproche de nombreuses influences avec brio.

KOSMODOME

« Kosmodome »

(Karisma Records)

La grande famille norvégienne du Rock Progressif accueille un nouveau venu qui vient renforcer sa florissante scène actuelle. Avec un Rock traversant des contrées psychédéliques et même Stoner dans les guitares, KOSMODOME présente un style original où les parties instrumentales sont le liant et le socle d’un registre qui sonne d’ailleurs très vintage sans pour autant s’y perdre.

En se calant dans une certaine tradition établie depuis des décennies, les Norvégiens ne se contentent pourtant pas de marcher dans les pas de leurs aînés. Composé et imaginé par les frères Sandvik (Sturle à la guitare et au chant et Severin à la batterie), KOSMODOME affiche un univers assez singulier avec des atmosphères très originales et envoûtantes (« Enter The Dome »).

Ce premier album éponyme du duo originaire de Bergen rassemble des mélodies accrocheuses et feutrées, tout en déployant une énergie très contemporaine (« Hypersonic », « Waver I & II »). Assez rétrospectif dans sa démarche, KOSMODOME réalise un opus varié, émouvant et très libre dans son contenu, qui devrait ravir les amateurs des débuts du Rock Progressif (« Orbit »).

Catégories
Hard Rock Heavy metal

Estriver : en eaux troubles

Repartant sur de nouvelles bases après une expérience sous un autre nom, ESTRIVER sort son premier album, « Outcry », loin d’être l’œuvre d’amateurs. Bien au contraire, les Italiens montrent une très belle technique et un songwriting affûté. Le quintet présente un style entre Hard Rock et Heavy Metal très accrocheur et robuste.  

ESTRIVER

« Outcry »

(Wormholedeath)

Puissant et véloce, ESTRIVER a retenu des années 90 ce sens de la mélodie imparable et ce riffing tranchant, vif et un peu shred, façon Dokken. Cependant, le quintet italien évolue dans un registre résolument moderne, ce qui donne à « Outcry » un attrait singulier. Efficace et costaud, ce premier album sous ce nom est une réelle bonne surprise. Rentre-dedans dès le premier morceau, le groupe se montre féroce.

Evoluant auparavant sous le patronyme de Bluerose qui compte deux albums à son actif, les Transalpins sont déterminés à en découdre et l’énergie déployée tout au long des 12 morceaux devrait saisir et convaincre sans peine les amateurs de Hard Rock et de Heavy Metal. Très percutant, ESTRIVER se déploie avec force et volonté (« Nails », « Slavery », « Hiraeth »).

Grâce à son frontman Piero Patty qui offre une prestation hors-norme, à ses deux guitaristes inspirés et sa rythmique musclée, le combo italien apporte une vision pertinente de son style de prédilection. Sur des riffs tranchants et acérés, ESTRIVER s’aventure avec habileté dans des sphères entre Hard et Heavy avec une belle dextérité (« Human Destiny », « March Of The Black Flag »).

Catégories
Blues Rock Stoner/Desert

No More Winters : vagabondage bluesy

C’est avec beaucoup de fraîcheur et de finesse dans le jeu que NO MORE WINTERS se précise sur son premier album, « Sedentary Nomads ». Entre Blues et Desert Rock, le duo évolue dans un registre roots et authentique et la sincérité des morceaux de cet opus autoproduit se révèle attachante et entraînante.

NO MORE WINTERS

« Sedentary Nomads »

(Independant)

Après un premier EP en 2018 (« Back In The Saddle »), NO MORE WINTERS poursuit sa route et a récemment livré son premier album, « Sedentary Nomads », très bien autoproduit. Le trio à deux, composé de Tim (guitare, chant)  et Klovis (batterie, claviers), évolue dans un univers Rock largement dominé par un Blues Rock aux saveurs Desert et Stoner. Une variété tout en finesse.  

Les 12 morceaux très roots et bruts composent une sorte de road-trip enjoué et basé sur des histoires de voyage, de rencontres et de questionnements. Entre le Nantais et le musicien des Deux-Sèvres, l’entente est évidente et NO MORE WINTERS propose un registre à la fois relevé et intimiste. Relativement épuré sans son ensemble, « Sedentary Nomads » va à l’essentiel avec brio.

La configuration originale du duo lui offre de multiples possibilités en passant d’un Blues Rock énergique (« Oh Luiza », « Ain’t So Bad », « Wrong Train ») à des titres plus Desert Rock et même légèrement Stoner (« Can’t Feel The Rain », « Send Me Down A Sign », « What Could’ve been »). Le dobro s’invite aussi dans le répertoire de NO MORE WINTERS (« Never Stop Trying ») avec une touche Southern. Un  régal !

Catégories
Alternative Rock

Volbeat : en bon soldat

Ce nouvel album de VOLBEAT est, à en croire la presse spécialisée, très bon et est surtout l’événement de ce mois de décembre et même de cette fin d’année. Très consensuel, « Servant Of The Mind » manque pourtant de ce mordant et de cette énergie qui ont toujours défini et caractérisé le groupe danois. Et si le quatuor rentrait finalement lui-aussi dans le rang ?

VOLBEAT

« Servant Of The Mind »

(Republic Records)

Faute de pouvoir tourner, VOLBEAT enchaine les albums même si le dernier en date était justement un Live. Michael Poulsen, leader, guitariste et chanteur du quatuor s’est occupé de tout et a composé l’ensemble de ce huitième album en trois mois seulement. Sans surprise, les Danois restent dans leur registre en ayant même légèrement arrondi les angles. Une étape supplémentaire vers une accessibilité totale que le groupe semble assumer au fil des disques.

VOLBEAT présente donc 13 nouveaux titres et ça tombe plutôt bien, parce qu’il faut attendre le troisième, « The Sacred Stones », pour entrer franchement dans le vif du sujet, même si le morceau d’ouverture, « Temple Of Ektur », ne manque pas d’intérêt. Les Scandinaves prennent vraiment de l’ampleur sur scène et se sont assurés que « Servant Of The Mind » aurait lui-aussi l’impact habituel (« Shotgun Blues », « The Devil Rages On »).

Sans forcément tomber dans la facilité, VOLBEAT livre de bons morceaux aux riffs acérés et très Metal (« Step Into Light », « Lasse’s Brigitta »). Souvent plus sombres que par le passé, les Danois insistent moins sur l’aspect Pop-Punk et Rockabilly de leurs débuts pour gagner en maturité. La version Deluxe de « Servant Of The Mind » est, pour une fois, très intéressante avec cinq bons morceaux, malgré une version en demi-teinte de « Don’t Treat On Me » de Metallica.