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post-Rock

Autómata : des images musicales

Souvent expérimental et donnant l’impression de se laisser flotter, le style d’AUTÓMATA se précise pourtant sur ce deuxième opus très progressif et dont on suit le cours, baladé par la douceur des notes entrecoupées d’instants qui brisent des rythmes qu’on imagine évidents. C’est justement là que « Heart Murmur »  s’inscrit parfaitement dans l’idée qu’on se fait du post-Rock… inaccessible, délicat et captivant.

AUTÓMATA

« Heart Murmur »

(Atypeek Music/Araki Records)

Après un premier effort éponyme il y a deux ans, AUTÓMATA fait son retour avec un deuxième album plus mature, très bien produit et surtout le quatuor expérimente beaucoup plus. Mieux défini et très impliqué, le groupe nous en dit plus sur son univers post-Rock où chacun de nos quatre protagonistes a apporté une forte contribution. Plus totalement instrumental, et même si aucun d’entre eux n’a pris le micro, « Heart Murmur » voit surgit des samples utilisés judicieusement, qui livrent un fil narratif permettant de colorer des morceaux plein de relief à l’instar « Killing Spiders » avec ses scratchs.

Comme sur le premier album, on se laisse guider par une musique qui veut finalement assez contemplative, toujours très aérienne et dont l’atmosphère est souvent cinématographique. On est d’ailleurs totalement immergé et les images se bousculent dès « On A Wire », un morceau très attirant où la voix de James Cairns de Therapy? nous invite à prendre soin de nous dans le souffle un sample parlé. Et c’est sur « Mad Motor » qu’AUTÓMATA nous fait réellement participer à une projection privée assez glaçante avec le son de la voix d’Edith Scob, extrait du film très noir « Les Yeux Sans Visage », sorti en 1960.

Organique et riche des nombreux instruments à l’œuvre sur les sept plages, « Heart Murmur » est aussi marqué par ses changements d’ambiances, qui sont autant de portes ouvertes sur des climats surprenants (« Sad Guru », « Dead Fields »). Une certaine légèreté plane sur l’ensemble et les musiciens ont soigneusement évité de bouffer l’espace sonore, offrant une véritable respiration musicale jusqu’au dernier titre « Processions », qu’il convient d’écouter en entier… La confiance et la sérénité qui animent les Parisiens débouchent sur une créativité démultipliée, d’où l’empreinte d’AUTÓMATA se détache enfin. 

L’album est disponible sur le Bandcamp du groupe :

https://weareautomata.bandcamp.com/album/heart-murmur

Retrouvez la chronique du premier album :

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AOR Glam Metal Heavy metal Heavy Rock International Sleaze

Cobra Spell : ladies evil [Interview]

C’est du côté de l’Espagne que la guitariste, compositrice et productrice, Sonia Anubis est allée reconstruire le line-up de son groupe COBRA SPELL. Après avoir œuvré dans le Heavy Metal de Burning Witches et le Death Metal de Crypta, c’est dans un registre très 80’s que l’autodidacte hollandaise s’épanouit aujourd’hui. Après deux EP, c’est sous la bannière de Napalm Records que le quintet livre « 666 », un premier album très varié, Heavy et solide, où les femmes dictent leurs règles. Entretien avec une musicienne très enthousiaste.

Photo : Raquel Garcia

– Avant de parler de votre premier album, j’aimerais que l’on parle du line-up de COBRA SPELL, qui a changé depuis « Anthems Of The Night ». En dehors de toi bien sûr, Sonia, la formation est entièrement espagnole. Comment vous êtes réunies et est-ce que tout le groupe est dorénavant installé en Espagne… ou ailleurs ?

J’ai fondé le groupe avec le rêve de créer un groupe de Heavy Rock inspiré des années 80. COBRA SPELL a démarré comme un projet parallèle avec des musiciennes vivant à l’international. Les deux EP, « Love Venom » et « Anthems of the Night », ont été extrêmement bien reçus, au-delà même de nos attentes. Depuis, le groupe a grandi et a eu de belles et multiples opportunités, ce qui a conduit à des changements. Il faut être prêt à tout. Maintenant que nous avons signé avec Napalm Records et que nous sortons un premier album, le groupe avait besoin d’un line-up solide comme le roc et le moyen le plus simple d’y parvenir était de ne pas vivre trop loin les unes des autres. Nous sommes donc majoritairement installées en Espagne.

– Tu as fondé le groupe il y a quatre ans maintenant après tes expériences au sein de Crypta et Burning Witches, qui étaient également des groupes entièrement féminins. Que tu sois entourée de femmes était aussi ta priorité pour COBRA SPELL ?

En fait, COBRA SPELL a été fondé avant Crypta et non pas suite mon départ de ces groupes. Et faire partie d’une formation entièrement féminine est quelque chose de très valorisant. Lorsque je faisais partie de Crypta, j’ai vu beaucoup de jeunes femmes venir me voir et me dire que ce que je fais en tant que musicienne les inspirait. Le sentiment d’avoir cet effet sur d’autres femmes est incroyable. A l’époque où nous vivons, il existe toujours un déséquilibre entre les sexes et il est donc important d’avoir des modèles féminins et également de se serrer les coudes en tant que femmes et se soutenir mutuellement. J’ai donc décidé de faire de COBRA SPELL une formation entièrement féminine pour diffuser cette énergie dans le monde de la musique.

Sonia Anubis

– D’ailleurs, tes deux anciens groupes évoluent dans des styles très différents de COBRA SPELL. Est-ce que, maintenant, tu fais enfin ce que tu as toujours voulu musicalement et est-ce que c’est aussi ce qui t’avait déjà justement poussé à monter ton propre projet ?

Oui, c’est vrai ! COBRA SPELL est le groupe où je peux exprimer ma créativité et ma vision musicale sans contraintes. Après avoir été musicienne ‘live’ pendant dix ans auparavant, il était temps de me lancer dans quelque chose de plus personnel ! Et c’est la meilleure décision que je n’ai jamais prise de m’engager pleinement dans COBRA SPELL.

– Après « Venom Love » (2020) et « Anthems Of The Night » (2022), le premier album sort enfin. C’était important pour toi de passer avant par deux formats courts, ou c’est juste une question de circonstances ?

Il était important pour COBRA SPELL de sortir d’abord ces deux EP pour trouver la bonne identité au niveau du son, mais aussi au niveau du line-up. Je voulais aussi sortir un album uniquement avec le soutien d’un label. La signature avec Napalm Records et la solidification du line-up font que nous sommes prêtes à 100% pour ce premier album ! Hell yeah !

– Avec COBRA SPELL, vous explorez un Heavy Metal très Sleaze, aux multiples influences et surtout très marqué par les années 80. Est-ce que, comme beaucoup de fans, tu considères cette époque, qu’aucune d’entre-vous n’a d’ailleurs connu, comme l’âge d’or du Metal ?

Absolument ! Je ne l’ai pas vécu, mais la meilleure musique, les meilleurs films, les voitures, le design, tout ce que vous voulez… viennent des années 80 !

– « 666 » présente donc un Heavy très Sleaze et 80’s comme on l’a dit, où beaucoup de courants du Metal se croisent. C’était important pour toi qu’il soit le plus varié possible, d’autant que Kristina Vega, la frontwoman du groupe, possède une large palette vocale ?

Damn ! C’est un réel plaisir de travailler avec une telle professionnelle ! Kristina est une chanteuse incroyablement talentueuse avec de très grandes possibilités vocales. Quant à la composition et à l’écriture de la musique de COBRA SPELL, je ne me limite pas à un seul sous-genre des années 80. J’aime explorer de nombreux sons et des ambiances issues de courants comme l’AOR, le Speed Metal, le Power Metal, le Glam, le Rock’n’Roll et plus encore. Le mélange de toutes ces influences est ce qui devient finalement l’identité du son de COBRA SPELL.

– Au-delà du line-up, « 666 » est également très féminin dans le propos à travers des chansons et des textes souvent explicites. C’est aussi pour vous une façon de livrer un message à l’intention des femmes dans une période où leur parole se fait justement beaucoup mieux entendre ?

Les paroles ont été écrites sans filtre et avec le cœur ! Je n’aime pas faire de compromis sur les attentes du public, ou sur ce que les gens aimeraient entendre. Je suis assez intrépide à cet égard. C’est quelque chose de spontané et de naturel, car les paroles ont été écrites par une femme et les thèmes, s’ils proviennent souvent d’expériences personnelles, le sont toujours à travers le regard d’une femme.

– Entre Glam Rock, Heavy Metal, Sleaze et même Rock’n’Roll, COBRA SPELL montre beaucoup de diversité et il y a  aussi ce langoureux solo de saxo sur « Love = Love ». Il fallait un instant plus ‘glamour’ aussi sur cet explosif « 666 » ?

« Love = Love » est l’exemple parfait d’une chanson typiquement inspirée de l’AOR dans le style. Je compose d’ailleurs les morceaux les plus mélodiques sur un synthé, plutôt qu’à la guitare. Le solo de saxophone est une décision de dernière minute que j’ai proposée quand nous étions au studio d’enregistrement et le producteur a vraiment aimé l’idée ! Il devait y avoir un solo de guitare, mais non, c’est ça que je voulais… Il fallait qu’il y ait un solo de sax ! Alejandro, notre producteur, a donc cherché un saxophoniste parmi ses contacts et a contacté la bonne personne. La saxophoniste, Nata Estevez, a interprété un solo entièrement improvisé et qui figure désormais à jamais sur le disque. La chanson ressemble maintenant beaucoup plus à la bande originale d’un film des années 80 et j’adore ça !

– Enfin, j’aimerais qu’on dise un mot des parties de guitares. On sent beaucoup de complicité entre toi et Noelle. Comment vous êtes-vous réparties les rôles et est-ce que vous avez composé ensemble les rythmiques et les solos ? A moins que tu aies conservé le lead sur tout l’album ?

J’ai composé toutes les chansons et les mélodies de « 666 », mais il y en a une sur laquelle Noelle m’a aidé, c’est « Love Crime ». Concernant les solos, c’est quelque chose que nous nous sommes partagées toutes les deux sur l’ensemble de l’album.

L’album de COBRA SPELL, « 666 », est disponible chez Napalm Records

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Hard Rock Hard US Heavy Rock

Larsen & Lies : fresh & true

LARSEN & LIES déboule sur la scène Hard’n Heavy hexagonale avec « Live A Good Lie », qui a plutôt fière allure. Musclé et mélodique, ce premier format court approche la demi-heure et ne manque pas de fraîcheur. Sur des morceaux accrocheurs, le combo parvient à capter l’attention grâce à des sonorités 90’s, c’est vrai, mais qui ont tout d’une savoureuse madeleine de Proust. Avec un premier six-titres de ce calibre, le groupe avance déjà de solides arguments.

LARSEN & LIES

« Live A Good Lie »

(Independant)

Après quelques années à se faire les dents avec des reprises sous le nom de Six Floors Under, les choses ont commencé à prendre une tournure plus personnelle et sérieuse, lorsque les Franciliens se sont mis à composer leurs propres chansons. Fortement imprégné de la scène Hard Rock américaine, et même californienne, des années 80 et 90, LARSEN & LIES reprend le flambeau pour entretenir la flamme de belle manière.

Surfant sur une vague revival à l’œuvre depuis un petit moment, le quintet se montre vivifiant et le niveau technique affiché y est pour beaucoup. Mené par un chanteur costaud et une très bonne rythmique, LARSEN & LIES possède aussi deux très bons guitaristes qui, entre riffs acérés et solos très techniques, se font vraiment plaisir et offrent beaucoup de respiration à ce « Live A God Lie » très équilibré.

Bien produit, l’EP est un brin old school dans son approche, mais le Heavy Rock proposé reste pourtant très actuel (« Too Many Guitars », « Damaged Goods », « Liar »). Même si LARSEN & LIES s’est forgé une identité, quelques gimmicks ont la dent dure et les noms de Skid Row (première époque, le vraie), Dokken, Extreme ou encore Mr Big sur la power-ballad « Now It Begins » ressortent… et c’est un vrai plaisir. Un premier essai très concluant.

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Heavy metal

Sortilège : vox metalli

Avec deux récentes réalisations studio qui ont définitivement acté son retour au premier plan, ce fleuron du Heavy Metal français aborde ses concerts avec une inébranlable confiance renforcée par un line-up racé et des fans toujours fidèles au rendez-vous. Entre incontournables et nouveaux morceaux, ce SORTILEGE 2.0 a mis le feu à une foule reprenant en chœur les refrains et ravie de retrouver le quintet dans une configuration éblouissante avec un répertoire taillé pour la scène.

SORTILEGE

« Coram Populo »

(Verycords)

Son frontman et parolier, Christian ‘Zouille’ Augustin, l’avait annoncé : ce live au Forum de Vauréal allait être mémorable. Et il n’avait pas menti, puisque devant un public entièrement acquis à sa cause, SORTILEGE a sorti le grand jeu en livrant un set époustouflant avec même quelques surprises du chef à la clef. Après un retour en grande forme en 2021 avec « Phoenix », suivi en mars dernier de « Apocalypso », le groupe affiche un Heavy Metal musclé et très actuel. Une vraie renaissance pour ce groupe français devenu mythique.

Avec un parcours assez chaotique malgré des débuts fracassants il y a 40 ans, le quintet a vu son line-up renouveler, mêlant jeunesse et expérience, et c’est avec une vigueur retrouvée et qui l’a même transformé que SORTILEGE sort son premier album live. Une première réussie dans les grandes largeurs, tant la captation (dispo aussi en DVD avec le set du Hellfest 2022) bénéficie d’une prise de son irréprochable, qui colle parfaitement à la massive production du dernier opus, tout en conservant l’authenticité du combo.

Pour marquer les esprits et surtout ravir ses fans, une superbe setlist, alliant les classiques du groupe et les nouveaux titres, a été soigneusement élaborée. Du dernier opus, SORTILEGE a livré « Attila », « La Parade Des Centaures » avec Stéphane Buriez en guest, ainsi que « Vampire » et le morceau-titre. Julian Izard d’Existance a rejoint le combo sur « Le sacre Du Sorcier », puis « Sortilège ». Et la magie a opéré aussi et surtout sur « Amazone », « Toujours plus Haut », « Majesté », « Mourir Pour Une Princesse » et « Métamorphose ».

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Hard Rock

Riot At The Moonshine Bar : rock rebellion

Malgré son nom, RIOT AT THE MOONSHINE BAR n’a rien d’une formation de pub Rock débarquée d’Australie, qui s’en ait fait une spécialité. Bien au contraire, les Teutons balancent un Hard Rock hors d’âge généreux et que l’intemporalité rend toujours incroyablement actuel. « Midnight Anthems » fait suite à un bon EP et ce premier opus réserve de belles surprises.

RIOT AT THE MOONSHINE

« Midnight Anthems »

(Independant)

Il y a deux ans, j’avais eu un coup de cœur pour ce groupe basé dans le nord de l’Allemagne. RIOT AT THE MOONSHINE BAR venait de sortir, déjà en autoproduction, un EP de six titres baptisé « RATMOB », plutôt inspiré. Sans véritablement bousculer l’ordre établi, le quintet distille un Classic Hard Rock solide et dynamique directement hérité de l’âge d’or du genre, les années 80 et 90… forcément. Un mode revival très maîtrisé qui lui donne des ailes et nous renvoie à une époque un brin plus sauvage.  

C’est dans ce même élan créatif que RIOT AT THE MOONSHINE BAR sort enfin son premier album, « Midnight Anthems ». La donne n’a pas changé, ni le fameux bar. Le ‘Moonshine’ encaisse les décibels et les nouveaux morceaux montrent la même envie d’en découdre. La production reste la même, entre classicisme et modernité, et les Allemands ont parfaitement réussi à peaufiner un style désormais identifiable. La patte est perceptible et le combo semble avoir trouvé sa voie.

Avec un frontman qui a sérieusement pris de l’assurance, une paire basse/batterie qui ronronne et deux guitaristes très enthousiastes, RIOT AT THE MOONSHINE BAR affiche un tout autre visage et ne manquera pas d’accrocher les fans de Hard Rock. Teinté de Heavy avec des riffs racés, des twin-guitares virevoltantes et des solos plein de feeling, « Midnight Anthems » prouve que le combo se projette avec une volonté d’acier (« Evil Inside », « Rock ‘Til The Morning », « Dirty Hariette », « Bozzeday Tuesday »).

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Death Mélodique International Thrash Metal

Voice Of Ruin : massif et glacial [Interview]

15 ans après sa formation, les Suisses de VOICE OF RUIN sont loin d’avoir livrer l’entièreté de leurs idées et de leurs envies musicales. Dans un élan commun et avec la noirceur qui les caractérise, le quintet a pris son temps avant de présenter le successeur du très bon « Acheron », sorti en 2019. C’est d’ailleurs chez eux et sans intervenants extérieurs que les Helvètes ont élaboré ce « Cold Epiphany », plus Thrash dans le son, mais toujours globalement Melodic Death Metal. Nicolas Haerri, guitariste et réalisateur de ce nouvel opus, nous en dit plus sur ces quatre années écoulées et le processus de création de l’album. Entretien.

– On s’était quitté il y a quatre ans avec « Acheron », que vous étiez allés enregistrer en Suède à Göteborg avec Henrik Udd et Frederick Nordstorm. Le résultat était d’ailleurs assez stupéfiant et un cap avait été franchi. Avec qui et dans quelles conditions avez-vous travaillé pour « Cold Epiphany » ?

Cette fois, j’ai écrit, enregistré et produit l’album, qui a été fait entièrement à la maison. En fait, j’ai un studio d’enregistrement près de chez moi. On a fait plusieurs sessions. Après « Acheron », on a commencé à tourner avec des dates qui se sont enchaînées et ça partait bien. Le Covid est arrivé et tout s’est arrêté. On a fait un gros break d’environ quatre à six mois, durant lesquels on ne s’est pas beaucoup vu, on n’a pas non plus fait de musique. Ensuite, on a loué une maison avec les grattes, quelques bouteilles et on a commencé à composer tous ensemble. C’est là qu’on s’est dit qu’on allait prendre notre temps. De mon côté, j’avais beaucoup appris de notre expérience suédoise notamment, et je me suis senti suffisamment prêt pour enregistrer l’album moi-même.

– « Acheron » était un album très sombre et vous aviez utilisé pour la première fois pas mal de samples. Ce n’est pas le cas avec ce quatrième opus, où vous revenez à un style plus direct et plus brut aussi. C’était un désir de renouer avec un Thrash/Death, où la ‘technologie’ est un peu plus en retrait ? 

En fait, on en a vraiment pris conscience au milieu du processus de création de l’album. En commençant le mix, j’ai été étonné parce qu’on se dirigeait vers « Purge And Purify » (deuxième album du groupe sorti en 2017 – NRD). Pour les machines, on a mis pas mal de samples dès le début, alors que pour « Acheron », tout avait été réalisé vers la fin de l’enregistrement. Contrairement au précédent album, ces ajouts ont été pensés dès le départ.

– D’ailleurs, dans son ensemble, « Cold Epiphany » contient plus de sonorités Thrash que Death Metal. Il y a un aspect beaucoup plus organique avec un gros travail notamment sur les guitares. On a l’impression que vous avez cherché plus d’immédiateté pour afficher plus de puissance encore. C’était l’intention ?

C’est exactement ça, on voulait vraiment que ce soit plus massif en live, et être sûr de pouvoir reproduire les chansons dans n’importe quelles conditions. Les rythmes sont peut-être moins alambiqués, mais ils tirent plus vers un côté massif où on avance tous ensemble. On a cherché un effet ‘rouleau-compresseur’. C’est vraiment ce que tu décris.

– Le mix aussi libère beaucoup d’énergie et pourtant, ici encore, un grand soin est apporté aux arrangements et aux changements d’ambiances avec notamment plusieurs intros avec un son clair, dont « Prelude To A Dark Age » qui ouvre l’album. L’objectif était d’instaurer l’atmosphère de certains morceaux et plus largement celle de l’album ?

Oui, on voulait donner un contexte. On a vite remarqué qu’on avait des morceaux qui fonctionnaient très bien avec et d’autres qui, souvent, étaient posés comme ça, mais sans contexte. Cette fois, on a essayé de créer une liaison entre les différents titres et passages dans l’album avec plusieurs intros pour pouvoir alterner les morceaux bruts avec d’autres plus calmes, qui servent à créer un contraste.

– D’ailleurs, pour rester sur ce climat qui règne sur l’ensemble de « Cold Epiphany », est-ce que vous l’avez travaillé comme une sorte d’album-concept, car il y a une vraie synergie sur l’ensemble des titres ?

C’est vrai qu’on nous a plusieurs fois posé la question. A la base, oui, car quand on a commencé à discuter avec Randy (Schaller, chanteur du groupe – NDR) du thème de l’album, je me suis dit que ce serait sympa de prendre différents protagonistes pour créer des liens. Ensuite, les choses ont évolué, mais on a gardé cette envie de faire quelque chose de plus sombre, de plus massif et l’ensemble est venu comme ça. Mais à force de voir qu’on nous pose souvent la question, je me demande si on ne pourrait pas faire un album-concept la prochaine fois ! (Rires)

– D’ailleurs, si vous livrez des morceaux toujours Death Metal et mélodiques, certains passages sont aussi Groove et parfois Black Metal sur les parties de batterie notamment. Et vous abordez même des moments vraiment Technical Thrash comme sur « Lustful Gaze ». C’est guidé par le désir d’être assez inclassable, ou plus simplement parce que ce sont des styles que vous aimez et qui représentent finalement très bien VOICE OF RUIN ?

En fait, on a des influences très variées dans le groupe avec tous notre petite madeleine de Proust. C’est vrai qu’on a aussi le désir de les intégrer sur nos albums, histoire aussi de montrer cet aspect de chacun de nous. Peut-être que sur nos albums précédents, c’était un peu plus maladroit, mais là, on a vraiment fait attention pour ne garder que les chansons qui avaient un thème et qui représentaient quelque chose. Pour te dire, on a fait 40 démos pour l’album, c’est-à-dire 40 chansons enregistrées, mixées et prêtes à sortir. Et on n’en a gardé que dix… C’est aussi pour ça que nous avons tout fait à la maison, car pour réaliser tout ça en studio, nous n’aurions jamais eu le budget ! Ça n’aurait pas été possible, et c’est aussi pour cette raison qu’on a souhaité faire l’album différemment.

– Avec « Bloody Salvation », vous sortez le quatrième single extrait de l’album, ce qui correspond presqu’à la moitié du disque. Je sais bien que les temps ont changé et qu’il faut être très présent sur les réseaux sociaux notamment et/ou figurer sur les playlists des plateformes de streaming, mais n’est-ce pas un peu dommage de livrer la moitié d’un travail de longue haleine avant sa sortie et d’être, finalement, sacrifié sur l’autel du marketing ?

Tu sais, je suis d’une génération où j’attendais un album, j’allais l’acheter et je l’écoutais de A à Z. Aujourd’hui, on n’a pas le choix. Si on veut exister, si on veut être pris dans les playlists, on doit sortir du contenu avant. Sinon à la sortie de l’album, il ne se passe rien. Il n’y a plus aucun groupe de notre niveau, qui peut promouvoir un album en entier sans sortir quelques titres en amont. Donc oui, ça fait un peu chier de tout donner comme ça. En même temps, dans les jeunes générations, il n’y a plus personne qui écoute un album dans son entier. Ils prennent les playlists, il y a une chanson qu’ils aiment et ils ne vont pas écouter la suivante, parce qu’ils n’aiment qu’un titre. Alors oui, c’est un peu sacrifié sur l’autel du marketing, mais on n’a pas vraiment le choix. Et il y a même des plateformes qui refusent des chansons, parce que l’intro est trop longue ! Du coup, on zappe la playlist.

– Oui mais une fois qu’on a dit ça, on n’a rien dit. Qu’est-ce que vous y gagnez concrètement ? Parce qu’avoir des milliers de followers, etc… ça ne sert à rien pour vendre un album !

C’est sûr que les followers ne paient pas la facture à la fin du mois. Avec ce qu’on gagne, nous sommes une petite PME bien huilée, qui nous permet de beaucoup voyager, de découvrir plein de choses et de vivre notre passion, mais pas d’en vivre. Actuellement, VOICE OF RUIN s’autosuffit et l’argent qu’il génère sert à voyager et faire des albums. Par contre, comme je te l’ai dit : ça nous permet de vivre notre passion, mais pas d’en vivre !

– Pour conclure, j’aimerais qu’on dise un mot sur la participation de votre compatriote Anna Murphy, qui a œuvré une décennie avec Eluveitie, et qui apporte de la douceur et un peu de mystère sur le morceau « Cyanide Stone », où elle chante. Comment s’est passé cette collaboration et comment est-elle née ?

En fait, « Cyanide Stone » est le premier morceau que nous avons composé pour l’album. A l’époque, c’est Darryl (Ducret, guitariste – NDR) qui chantait les passages clean. Comme on avait cette volonté de faire un album que l’on pourrait reproduire facilement sur scène avec ce côté ‘rouleau-compresseur’ et comme il y avait du tapping en même temps, il nous a dit qu’il pouvait y avoir un risque. On a décidé de changer notre fusil d’épaule et on avait trois/quatre personnes en tête. Entre deux sessions d’enregistrement, on a fait plusieurs dates et sur l’une d’elles, on a fait un show-case où Anna Murphy était là pour présenter son projet solo. Erwin (Bertschi, bassiste – NDR) a toujours adoré ce qu’elle faisait et lui a envoyé un mail. Les agendas coïncidaient, elle était dispo, elle a aimé et les choses se sont faites comme ça. Au départ, les autres voulaient le faire un peu plus Metal, mais la voix et cette envolée devaient vraiment rester sous cette forme. Et la voix d’Anna est magnifique.

L’album de VOICE OF RUIN, « Cold Epiphany » est disponible chez Tenacity Music et sur le Bandcamp du groupe :

https://voiceofruin.bandcamp.com/album/cold-epiphany

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Grunge Metal Electro Metal Indus Nu Metal

Saint Agnes : un magnétisme subversif

Transgressive, addictive et terriblement intense, la musique de SAINT AGNES est un alliage magnétique, supersonique et ténébreux qui pioche autant dans l’Electro, le Metal que le Rock brut et l’Indus. Sur des textes crus d’une rare authenticité et d’une force chaotique, « Bloodsuckers » se joue des styles, se moque des courants musicaux et se livre avec minutie à un consciencieux travail de démolition, d’où surgit une identité très personnelle et vivante.

SAINT AGNES

« Bloodsuckers »

(Spinefarm Records)

Sorti en plein cœur de la fraîcheur estivale bretonne, le deuxième album des Anglais était passé sous mes radars, entre les mailles de mes filets. La sortie de l’édition Deluxe de « Bloodsuckers » est donc une agréable piqûre de rappel et l’occasion de se plonger dans une réalisation hors-norme portée par un trio qui l’est tout autant. Kitty Arabella Austen (chant, basse, guitare, claviers), Andy Head (batterie) et Jon Tufnell (guitare, basse) ont fait de SAINT AGNES un monstre de créativité.

Très loin du Blues Punk Rock débridé de « Welcome To Silvertown » (2019), les Britanniques ont fait leur mue et opté pour une esthétique musicale très Electro, mais aussi très Metal. Imaginez un instant la rencontre entre Prodigy au meilleur de sa forme, Junkie XL à ses débuts avec un Zack de la Rocha au féminin ou une Pink sous acide, et vous obtenez SAINT AGNES, un furieux et décomplexé combo, qui serait même très largement adoubé par Trent Reznor. Mais « Bloodsuckers » ne se limite pas à ça, loin de là.

Si ce nouvel opus des Londoniens bouscule, c’est en partie dû à la performance d’une frontwoman écorchée vive qui transmet ses émotions et sa colère avec une sincérité totale. Très organique malgré les machines, « Bloodsuckers » transgresse les codes, intègre des notes de Grunge, de Nu Metal sur des phrasés et avec un flow parfois parlés  entre rage et férocité (« Animal », « At War With Myself », « Follow You », « Outsider » et bien sûr « Bloodsuckers »). Percutant, puissant et massif, SAINT AGNES lance tout juste les hostilités. 

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edito

Intelligence Artificielle : diversion ou coup de bol ? [Edito]

Elle est partout, on ne parle plus de ça et elle suscite autant de crainte et de peur que d’espérance et beaucoup y voit même un nouvel eldorado : l’Intelligence Artificielle, la fameuse IA. Je ne vais pas faire le procès du progrès, loin de moi cette idée saugrenue d’un retour en arrière, dans un monde où on serait obligé d’écouter des vinyles et des K7, alors que l’arrivée du CD a été un vrai miracle. Non, non, faut quand même pas déconner ! Cela dit, dans le domaine de la musique ou de l’écriture (celle qui permet de parler d’un album, par exemple), quelques petites choses posent tout de même question…

Comme postulat de base, je pense que l’IA n’a aucune capacité créative et que, par conséquent, elle ne remplacera jamais l’artiste, le vrai, celui qui justement est le point de départ de toute œuvre. Pour faire court : l’humain. L’Intelligence Artificielle est donc un outil, elle rassemble un nombre gigantesque de données, de savoirs et sa faculté à concentrer une telle somme d’informations associée à une rapidité d’exécution pour les recracher dépasse l’homme, et de loin. Bon, une fois qu’on a dit ça, on n’a pas dit grand-chose, non plus. C’est un gros dico multimédia et quoi d’autre finalement ?

Depuis quelques temps, sur des radios ‘sérieuses’ nationales, j’entends des artistes dirent qu’ils s’en servent dans la composition de leurs morceaux. Si on part du principe que l’IA est un outil, est-ce qu’il faut aussi considérer une guitare, un harmonica, une basse, une trompette ou une batterie comme des outils ? En gros, est-ce que l’instrument de musique est un outil, et donc les musiciens des ouvriers ? On parle bien, et affectueusement, des fameux ‘artisans de la musique’, non ? En tout cas, ça expliquerait enfin pourquoi le ‘Hellfest’, par exemple, soit devenu une usine. Mais on s’éloigne, là…

La musique est une émotion. Je pense que tout le monde est d’accord là-dessus. Le contraire serait triste et malheureux. Or, par définition et même par essence, une machine est insensible, ne connaît pas l’émoi et est donc incapable de le transmettre. Essayez avec un marteau ou une serpillière, ce n’est pas gagné. Alors, peut-on sans exagérer (ou juste un peu) affirmer que les artistes qui utilisent l’IA pour la création de nouvelles musiques font appel à un outil, une sorte d’instrument qu’ils mettent au travail pour créer quelque chose de nouveau à leur place ? Parce que c’est bien ça le problème. Est-ce qu’ils font diversion en prétextant utiliser un dispositif qu’ils pensent créatif, car ils manqueraient d’imagination ?    

Plus simplement, est-ce qu’un musicien qui fait appel à l’IA pour créer de la musique à partir de choses déjà existantes, et juste compilées dans une machine, est encore un artiste au sens premier du terme ? Est-ce que les notions de feeling, de groove, d’émotion, de sensibilité, de trouble ou de charme opérant sur nos cerveaux existent encore après un tel traitement ? A l’opposé, est-ce que, finalement, l’IA ne serait pas un immense coup de bol pour tous les ‘artistes’ en manquent d’inspiration et surtout de talent ? Ce serait comme si un ingénieur ou un mathématicien réinventait la musique… à partir de la musique.

L’album de FROSTBITE ORCKINGS, « The Orcish Eclipse », entièrement créé par l’Intelligence Artificielle

Justement, la musique est un art et même si elle demande de la technique dans la pratique, elle n’est pas une science. Alors, je parle, je parle, mais j’ai aussi des preuves bien réelles. J’ai récemment reçu l’album de FROSTBITE ORCKINGS, décrits comme les pionniers du Heavy Metal du ‘Metalverse’ (Gloups !). L’album s’appelle « The Orcish Eclipse » (sortie le 22/12) et il est annoncé comme révolutionnaire, car entièrement créé par l’Intelligence Artificielle. Je l’ai écouté avec attention et sans me focaliser sur ce que je venais de lire en amont. C’est mauvais et même très mauvais. Le manque d’imagination justement est flagrant.

Alors, si c’est juste pour réaliser quelque chose de réchauffé avec des ingrédients qui ne sont pas forcément les meilleurs et surtout dont la combinaison n’est pas très heureuse, où sont le progrès et l’intérêt ? L’absence de surprise, de fantaisie et aussi de fluidité dans le jeu montre déjà les limites du processus. Mais, nous n’en sommes qu’au début ! Enfin et pour conclure, j’ai testé ChatGPT et je suis au regret de vous dire que vous allez encore devoir supporter ma plume, du moins tant que mes doigts garderont leur agilité et que mon cerveau sera un peu irrigué…

Alors, comme on a encore le temps, faites de la musique et de la bonne, svp, car bientôt on la fera pour vous… sauf si on débranche la prise, bien sûr ! Restez curieuses et curieux, écoutez vos émotions et vos sentiments, car quand ça ne sera plus palpable et réel… ça aura disparu ! Alors, bonne lecture à vous et, enfin, je vous garantie que cet édito a été entièrement écrit à la main et au stylo plume pour être ensuite taper par mes dix doigts sur cet outil qu’est l’ordinateur. Et je peux aussi vous assurer que Rock’n Force ne fera jamais appel à l’IA pour créer du contenu, parce que c’est mieux avec des fôtes d’hortografe de tant en temps !  

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Funk Rock

FFF : FFFou FFFurieux !

Pierre angulaire de la scène Rock dont il a marqué les années 90 au fer rouge, FFF fait un furieux et gourmand come-back. Aussi inattendu qu’inespéré, « I Scream » renoue avec l’essence-même de cette Fédération Française de Fonck survitaminée et finalement inoxydable. Ce nouvel opus promet de prochaines prestations scéniques enflammées, et pour en avoir vécu quelques unes dans une autre vie, surveillez bien les dates qui arrivent dès le printemps … Ça va être chaud et explosif !

FFF

« I Scream »

(Verycords)

Est-ce qu’après deux décennies d’absence, un groupe qui a laissé une telle empreinte à travers un style, dont il a été le principal artisan en France, peut encore renouer avec un enthousiasme qui l’a tellement caractérisé ? 23 ans après un album, « Vierge », qui n’a pas franchement marqué les esprits, Marco Prince, Yarol Poupaud, Nicolas Baby et Krishoo Monthieux ont-ils retrouvé la fougue de leurs premiers émois discographiques ? Comme l’ont laissé entrevoir les premiers singles, le doute n’est plus de mise : FFF a retrouvé la foi et déborde d’énergie.

S’ils ont juré par tous leurs dieux ne s’être jamais séparés, les Parisiens font un retour qui ressemble presque à une résurrection. A priori, ils attendaient le bon moment pour se mettre à l’ouvrage d’un cinquième album, dont ils savaient mieux que personne qu’il serait très attendu par une communauté de fans impatiente et pas encore rassasiée, mais également scruté et décortiqué par la presse, ce qui est importe finalement assez peu. Ce qui compte, et qui entretient aussi un peu le mystère, c’est ce qu’il a bien pu se passer dans cette campagne niortaise, où FFF a refait parler la poudre.

« I Scream » contient tout l’ADN du fulgurant quatuor. L’instinct, la fraîcheur et le groove sont intacts. Le flow de Marco fait des merveilles (« Les Magazines »), tout comme son trombone, les riffs de Yarol sont incandescents (« Won’t You ») et la bouillonnante rythmique gouvernée par Nicolas et Krishoo oxygène l’ensemble (« On Devient FFFou », « Death On The Dance FFFloor », « Smile »). Moderne dans le son comme dans le propos, FFF livre avec classe l’album qu’on attendait et avec cette luminosité qui a fait sa réputation. « I Scream » est positif et concentre décidemment tous les parfums. Bravo, FFFallait le FFFaire !

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Blues Rock Bluesy Rock

Little Bob : petit coup d’œil dans le rétro

Déjà cinq décennies pour LITTLE BOB au service du Rock Blues, et du Blues Rock c’est selon, et une grosse vingtaine de réalisations à son actif. Depuis la ‘Story’ jusqu’au ‘Blues Bastards’, le Normand d’origine italienne traverse les époques et les modes avec classe et surtout avec une ténacité exemplaire… à l’image de son talent. Presqu’introuvable aujourd’hui, « Time To Blast » ressort en version dépoussiérée, avec un livret de 16 pages digne de ce nom et un son qui fait honneur à ce bel opus.  

LITTLE BOB

« Time To Blast »

(GM Records)

Ben alors ? Je croyais qu’on avait dit pas de rééditions, ni de compilations et de singles (et même d’EP !). C’est vrai sauf qu’il s’agit de LITTLE BOB, l’une des trop rares icônes Rock de ce pays et que « Time To Blast » est sans doute l’un des meilleurs disques du Havrais. Et pour être complet, il n’est plus disponible depuis 15 ans et il a été entièrement remasterisé et bénéfice d’une nouvelle et inédite pochette. Et pour les collectionneurs, en plus de sa sortie en CD, il paraît aussi pour la première fois en vinyle.

« Time To Blast » a vu le jour en mai 2009 sur l’excellent label Dixiefrog et le taureau présent sur la cover originelle en disait déjà long sur son fougueux contenu. Huitième album sous le nom de LITTLE BOB, après la ‘Story’ et avant les ‘Blues Bastards’, il est certainement l’un des plus inspirés tant le Rock rugit à travers un Blues explosif, d’où émanent une sincérité et une authenticité qui sont d’ailleurs la marque de fabrique de notre inépuisable rockeur national depuis ses débuts.

Avec toujours cette empreinte 70’s, LITTLE BOB livre de très bons morceaux sur des rythmes saccadés, des changements de tempo bien sentis, de belles guitares et une basse ensorceleuse. « The Phone Call », « The Scream Inside », « I’m Alive », « Take It As It Comes » et « Ringolevio Is Far Away » prennent aux tripes et à l’âme, tout comme la reprise de « Guilt » de Barry Reynolds que chantait aussi Marianne Faithfull, ainsi que « Devil Got My Woman (I’d Rather Be The Devil) » de Skip James. Pas l’ombre d’une ride !

La pochette originelle de « Time To Blast » sorti en 2009

Retrouvez l’interview de LITTLE BOB…

… Et la chronique de son dernier album « We Need Hope »