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Hard Blues Southern Rock

These Wicked Rivers : southern flood

Entre un Classic Rock débridé et un Southern Rock très Heavy dans le son, l’intention et la manière, THESE WICKED RIVERS sait se montrer aussi rentre-dedans que délicat sur des morceaux plus acoustiques et dans ses textes, souvent noirs mais à l’énergie solaire. « Force Of Nature » est un disque déterminé et montre une hardiesse jouissive. Le quintet sait où il va, présente un ton et un style très personnel rugueux et légèrement âpre, mais subtilement addictif. Un bonheur en somme !  

THESE WICKED RIVERS

« Force Of Nature »

(Fat Earth Records)

Si la perspective d’une jubilatoire rencontre entre The Black Crowes, Rival Sons, Pride & Glory et Clutch éveille en vous quelques frissons, c’est le moment de vous ruer sur ce deuxième opus de THESE WICKED RIVERS. Après deux EP qui les ont menés à réaliser « Eden », un premier album qui a fait beaucoup parler outre-Manche, les Britanniques reviennent encore plus forts et inspirés. « Force Of Nature » fait plus que bien porter son nom, il synthétise avec brio le Classic Rock et Southern avec une modernité indéfectible. La fusion est évidente, percutante et le voltage monte vite en puissance.

Fondé en 2014 dans le Derbyshire, le quintet a fait une entrée fracassante dans son pays, en parcourant les villes de scène en scène à grand renfort de concerts intenses, où il s’est forgé une solide réputation en rameutant de plus en plus de fans. Car le son si spécifique de THESE WICKED RIVERS tient autour d’un Rock musclé et accrocheur, teinté de Soul et de Blues dans une atmosphère sudiste irrésistible. Guidé par son leader John Hartwell (également guitariste) dont la voix hypnotise autant qu’elle fédère, les sensations qui parcourent « Force Of Nature » sont brutes et le travail sur les mélodies exceptionnel.

Les Anglais tiennent à ce rôle fédérateur, qui jaillit de ses morceaux et c’est probablement cela qui les rend si attachants et sincères dans la démarche (« The Family »). Pourtant, ils s’enfoncent aussi dans des atmosphères aux paroles plus introspectives et sombres (« The Riverboat Man », « Just To Be A Man » et « When The War Is Won »). THESE WICKED RIVERS dégage une puissance de groupe, c’est indéniable, et les deux guitaristes libèrent vraiment cette fougue puissante à travers des riffs musclés et groovy, mais aussi des solos imparables (« Force Of Nature » et le génial « Don’t Pray For Me »). Epoustouflant !  

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Americana Country folk

Jesper Lindell : une douce mélodie nordique

Et si un souffle frais venu d’Europe du Nord venait rafraîchir et revigorer le petit monde de l’Americana ? C’est en tout cas la promesse faite avec « Before The Rain », troisième réalisation en cinq ans du songwriter JESPER LINDELL. L’écriture et la composition sont très sûres, l’interprétation en sextet donne du volume et un relief mélodique souvent familier. Les morceaux du chanteur dévoilent une âme de caractère et un cœur tendre et entier. Un disque qui fait du bien !

JESPER LINDELL

« Before The Sun »

(Brunnsvik Sounds)

S’il n’était pas originaire du nord-ouest de Stockhölm, on aurait peine à imaginer JESPER LINDELL les pieds dans la neige, mais plutôt en balade du côté des Appalaches ou dans l’Amérique profonde. Avec son Americana, teinté de Folk, de Soul et de Country Rock, le Suédois est au diapason d’un registre qu’il embrasse pleinement et avec beaucoup d’élégance et de finesse. Bien sûr, on perçoit une sensibilité proche de The Band, Ray LaMontagne et surtout Van Morrison et Chris Stapleton. Pour autant, son style est très personnel, lumineux et ce troisième album l’inscrit parmi les valeurs sûres du genre. 

Enregistré chez lui, dans son studio, et avec ses cinq musiciens de tournée, JESPER LINDELL a écrit et composé l’ensemble de « Before The Sun », excepté « Honesty Is No Excuse » du grand Phil Lynnot. Et le songwriter ne manque pas d’inspiration puisque ce nouvel opus arrive dans la foulée de « Twilights », sorti il y a à peine deux ans. Des ennuis de santé désormais derrière lui (il a subi une greffe de rein), le Scandinave se meut dans une certaine mélancolie assez positive et ensoleillée, offrant de beaux contrastes à travers des chansons à la narration douce et à l’interprétation souvent surprenante.

Très cuivré, « Before The Sun » a un aspect très ‘Muscle Shoals’ dans la couleur et la chaleur très organique qu’il dégage. « One Of These Rainy Day » donne une pulsation originale dès l’entame et tout en émotion par la suite (« A Little Light In The Dark »), JESPER LINDELL montre un large spectre musical et ce n’est pas tout. L’un des moments forts est aussi le duo avec la chanteuse de l’Oregon Kassi Valazza, valeur montante de la Country Folk (« A Strange Goodbye »), puis le génial « Do Me In » où il alterne un chant très aigu avec sa voix normale. Il se montre bluffant de bout en bout. Un futur très grand !

Photo : Emilia Bergmark Jiménez
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folk Musique celtique

Loreena McKennitt : une élégante simplicité

Harpiste, accordéoniste, pianiste et bien sûr chanteuse, LOREENA McKENNITT renoue avec ses premières amours, celles de la communauté Folk dans laquelle elle a commencé à se produire avant de diffuser sa musique aux quatre coins du monde. Entouré d’un groupe de chez elle, ainsi que de son amie de longue date, la violoncelliste Caroline Lavelle, la musicienne apparaît dans un registre très personnel, toujours celtique évidemment, et joue avec une proximité très acoustique et captivante.

LOREENA McKENNITT

« The Road Back Home »

(Quinlan Road/Outhere Music)

La plus irlandaise (et écossaise !) des Canadiennes fait son retour avec un album enregistré en public. Une chose pas complètement anodine pour la grande LOREENA McKENNITT, dont la discographie compte presqu’autant d’albums live que de studio. Il faut aussi reconnaître que sa musique prend réellement toute sa dimension en concert et chacun est d’ailleurs un voyage inoubliable, une expérience à vivre. Et du haut de 14 millions de disques vendus, c’est bel et bien sur scène qu’elle rayonne. Les dix morceaux de « The Road Back Home » ont été captés lors de quatre festivals Folk en Ontario, autour de Stratford où elle est installée.

LOREENA McKENNITT est ici accompagnée d’un groupe de musiciens celtiques, ‘The Bookends’, rencontré dans sa ville et qui la suivit l’été dernier dans ces quelques rassemblements. L’occasion aussi pour la chanteuse de jouer quelques titres encore jamais gravés sur aucune de ses nombreuses réalisations. Tout en simplicité, « The Road Back Home » se veut comme un hommage à ses premiers pas dans la musique, et on la retrouve dans une forme d’intimité où elle interprète d’anciennes chansons de ses débuts. Epurées et très Folk, elles sont d’autant plus touchantes qu’elles sont peu arrangées.

Avec ce huitième album live, l’auteure, compositrice et interprète remonte aux sources de sa brillante carrière dans une ambiance pleine d’énergie et de chaleur, ce qui peut d’ailleurs trancher avec les atmosphères pleines de mystère, dont elle s’entoure souvent. LOREENA McKENNITT a souhaité donner et partager sa version musicale du ‘chez-soi’, un lieu chaleureux et familier. Toujours aussi spontanée, on se laisse porter par sa voix étincelante, qui semble figée dans le temps, tant elle est cristalline. Alors qu’elle célèbre les 30 ans de son mythique « The Visit », toujours sur les planches, sa douceur reste toujours palpable.    

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Hard'n Heavy

Bruce Dickinson : escapade en solitaire

Dans ses interviews comme dans son écriture, BRUCE DICKINSON a toujours eu une forte tendance à intellectualiser les choses et la musique notamment, et c’est en soi très honorable au regard de beaucoup d’autres. A ceci près qu’il en oublie ce brin de folie propre au Metal (au sens large) et c’est précisément ce qui manque cruellement à « The Mandrake Project », où ce côté trop ‘mature’ ne dégage aucune envie, ni éclat au point même de s’époumoner sur certains titres. On plonge dans un style convenu, ancré dans une zone en tous points très confortable.

BRUCE DICKINSON

« The Mandrake Project »

(BMG)

Quel site indigne serait Rock’n Force si l’album de l’intouchable BRUCE DICKINSON n’y était pas chroniqué ! Car, en parcourant quelques écrits de confrères, il apparaît que « The Mandrake Project » est déjà en lice pour figurer parmi les meilleures productions de l’année. Rien que ça ! On ne doit pas avoir le même degré d’exigence. Alors après tout, et comme il m’est souvent reproché de parler uniquement en bien des groupes, je me suis (vraiment)  longuement penché sur cette septième merveille du chanteur anglais, qui pointe le bout de son nez 19 ans après la précédente. Presqu’une génération !

En effet, il faut remonter à « Tyranny Of Souls » pour retrouver trace du dernier effort en solo du frontman d’Iron Maiden. On ne va pas se mentir, j’ai au moins un point commun avec BRUCE DICKINSON : je suis délicatement ‘Old School’ et subtilement ‘vintage’, moi aussi. Ainsi, lorsque le streaming de « The Mandrake Project » est arrivé, le fait de l’écouter sur une page Internet n’a pas aidé. Ensuite, les fichiers numériques n’y ont rien changé. Mais lorsque le CD est arrivé, la lumière est revenue. Il manquait le son pour constater et percevoir la qualité de la production… qui est bonne.

Photo : John McMurtrie

Et avec du matériel adéquat, les choses s’éclaircissent et mettent en évidence les nouvelles, enfin presque, compositions du Britannique associé à son ami de longue date Roy Z (Roy Ramirez) à la guitare et à la production justement. L’entame est très plaisante et solide (« Afterglow Of Ragnarök », « Resurrection Man », « Mistress Of Mercy »). BRUCE DICKINSON en profite aussi pour récupérer « Eternity Has Failed », paru en 2015 sur « The Book Of Souls » de Maiden sous le titre « If Eternity Should Fail », qu’il a réarrangé et dont il a modifié quelques paroles. Et Gus G. y livre d’ailleurs un beau solo.

Alors, bien sûr, les titres sont bien goupillés, très bien interprétés et « The Mandrake Project » tient évidemment la route. On est assez loin, sans l’être de trop non plus, de ce qu’il a l’habitude de faire avec la Vierge de Fer, mais on reconnaît la touche personnelle de BRUCE DICKINSON dans cette écriture très narrative (« Shadows Of The Gods », « Sonata (Immortal Beloved) ». Pour autant, si le registre entre Hard et Heavy est comme toujours très maîtrisé, il y manque cette étincelle qui ferait décoller un peu l’ensemble pour le rendre plus pertinent surtout, et mémorable aussi.

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Blues Contemporary Blues

Bex Marshall : le sourire de l’audace

Originaire de Plymouth dans le Devon, la compositrice, guitariste et chanteuse nous a fait languir plus d’une décennie avant de se présenter avec une toute nouvelle production. Exaltée et scintillante, l’Anglaise interprète un Blues frais et enjoué, entourée d’un groupe à en faire pâlir plus d’un… et d’une ! Mais ce sont bel et bien sa voix rocailleuse et son approche guitaristique qui font d’elle une artiste hors-norme. Avec « Fortuna », on quitte un temps les rives de la Tamise pour celles du Delta du Mississippi avec un détour par la Nouvelle-Orleans.

BEX MARSHALL

« Fortuna »

(Dixiefrog)

Avec seulement quatre albums à son actif depuis 2002, dont celui-ci, BEX MARSHALL se fait bien trop discrète. Sa carrière, elle la mène surtout sur scène où elle a peaufiné et rodé son style en développant son exceptionnelle technique de slide back-porch, notamment, qui libère tant d’émotion sur ses morceaux. Lauréate d’un British Blues Award en 2013 en tant que chanteuse, la Britannique nous aura fait patienter douze ans depuis « The House Of Mercy » pour enfin livrer ce « Fortuna », qui se distingue du paysage musical actuel.  

Par sa voix éraillée, BEX MARSHALL nous captive avec un British Blues dans le son, teinté de Rock, de Gospel, de Funk et de Soul, et s’en va même titiller le Country Blues (« Jungle »). Pour « Fortuna », elle se fait brillamment accompagné par ce que Londres fait de mieux en qualité de musiciens, et dont le feeling et le groove sont le moteur principal. Pourtant enregistrée en une intense semaine dans la capitale anglaise, cette nouvelle réalisation respire et offre un chaleureux moment d’optimisme dans lequel la frontwoman rayonne.

Bien sûr, il y est toujours question d’amour brisé, d’alcool et de regrets (c’est du Blues !), mais le regard plein de malice et d’humour de BEX MARSHALL montre surtout une ténacité et une résilience à toute épreuve. Et si sa voix nous emporte, que dire de son jeu de guitare ? Torride sur l’instrumental morceau-titre, ou plus délicat sur la splendide ballade « 5AM », elle navigue au gré de ses envies dans des atmosphères enchanteresses (« Preaching To The Choir », « Lay Down n’ Die », « Table For One », « Scrapyard Dog »). On en redemande !

Photo : Blackham Images
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Heavy metal

Judas Priest : la quintessence parfaite

Le voici enfin, l’album probablement le plus attendu de l’année par les headbangers du monde entier. Même s’il a commencé à se dévoiler depuis quelques mois à travers quelques morceaux lâchés au gré d’une machine marketing devenue inévitable, « Invisible Shield » est à la hauteur des attentes et va même bien au-delà. A l’aube d’une tournée qui s’annonce mémorable, JUDAS PRIEST livre un disque qui va ravir les nostalgiques, comme conquérir les nouvelles générations, qui n’en auraient pas encore fait le tour. Car, ici, le quintet offre la substantifique moelle de l’empreinte qui laisse depuis des décennies.

JUDAS PRIEST

« Invincible Shield »

(Columbia/Sony Music)

On a déjà beaucoup écrit sur ce 19ème opus des ‘Metal Gods’ britanniques que c’est maintenant aux fans de se faire leur idée sur ce petit joyau. En sortant quatre singles (« Panic Attack », « Trial By Fire », « Crown Of Horns » et « The Serpent And The King »), le quintet avait déjà frappé les esprits, même les plus chafouins, en affirmant avec autorité sa place au premier rang du Heavy Metal mondial. Là-dessus, il faudrait être sourd ou de très mauvaise foi pour ne pas abonder en ce sens. Du haut de ses 50 ans de carrière, JUDAS PRIEST règne de main de maître sur un style qu’il a forgé avec quelques autres et laisse éclater au grand jour la vitalité d’une NWOBHM qui ne paraît plus inusable, mais immortelle. 

Après la claque reçue avec « Painkiller » il y a déjà 24 ans, puis le départ de KK Downing (qui doit s’en mordre les doigts !), « Firepower » sorti en 2018 avait déjà remis quelques pendules à l’heure en montrant un souffle nouveau et un allant d’une incroyable vigueur. A 72 ans, Rob Halford a retrouvé une seconde jeunesse et, même si le travail en studio permet beaucoup de choses aujourd’hui, on ne peut que saluer des capacités vocales exceptionnelles. Percutant et s’autorisant toujours quelques envolées dans les aigus, le frontman ne se cache pas. Au contraire, il s’investit pleinement et tient avec force le vaisseau JUDAS PRIEST en (très) bon capitaine.

Bien sûr, les échos à la carrière des Anglais ne manquent pas et ils sont surtout le rappel d’un parcours assez unique. Ils viennent très naturellement s’ancrer dans le temps présent à l’instar d’une mise à jour réalisée sans encombre. A la production, Andy Sneap donne toute sa brillance aux morceaux composés par Glenn Tipton, Rob Halford et Richie Faulkner. Et le résultat est vraiment éblouissant. « Invisible Shield » est vif, tranchant, acéré, épique, mélodique et parfois même étonnant. Se demander si JUDAS PRIEST prend des risques ne se pose même plus. Il incarne tout simplement le Heavy Metal d’hier et celui d’aujourd’hui.

Alors, quid du contenu d’« Invisible Shield » ? Je vais vous épargner l’insupportable ‘track by track’ pour ne retenir que les moments forts, dont l’album regorge. Les qualités de cogneur de Scott Travis sont intactes, tout comme le groove sauvage de Ian Hill à la basse. Les fondations de JUDAS PRIEST sont donc toujours aussi solides. Comme laissé transparaître sur les premiers singles, Glenn Tipton et Richie Faulkner se livrent à une véritable masterclass guitaristique. Les riffs sont cinglants, les solos de haute volée et les twin-guitares font toujours cet effet de communion jouissive (« Invisible Shield », « Gates Of Hell », « As God Is My Witness », « Giants In The Sky », « Sons Of Thunder »). Vous l’aurez compris : encore !

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Ethnic Metal Metal Progressif Symphonic Metal

Myrath : prophétique

Avec « Karma », MYRATH semble ouvrir un nouveau chapitre et donne même de l’élan à une carrière déjà bien remplie. Sans renier ce qui constitue son ADN, à savoir un Metal Oriental à la fois Heavy, symphonique et progressif, il met en exergue ce savoureux mélange, et même si les envolées ne manquent pas, l’efficacité paraît être la priorité de ces nouveaux titres qui, pourtant dotés d’arrangements très soignés, évitent toute fioriture. Guidé par son frontman Zaher Zorgati, le combo se montre lumineux, positif et énergique.

MYRATH

« Karma »

(earMUSIC)

Cinq ans après le très bon « Shehili » et le double DVD live au Sweden Rock et à Carthage, les Franco-Tunisiens font un retour exceptionnel. Très bien écrit, « Karma » doit cette petite métamorphose, du moins cette évolution, a une méthode de composition imposée par les circonstances, mais qui aura permis aux musiciens de se recentrer sur leurs fondamentaux et d’expérimenter aussi beaucoup. Direct, fluide et dynamique, MYRATH revient dans une forme éblouissante et cela s’entend sur les onze titres de ce sixième opus qui devraient prendre toute leur dimension sur scène.

Et le groupe commence aussi, d’une certaine manière, à s’émanciper très légèrement du Metal Oriental, dont ils sont bien sûr les fervents représentants. Musicalement, pas de bouleversements majeurs mais, en revanche, « Karma » est entièrement chanté en anglais, une première, ce qui montre à l’évidence que MYRATH se projette de plus en plus à l’international. Et ce n’est pas tout, puisque l’on retrouve le grand Jacob Hansen au mix et à la production. Le son est clair, puissant, équilibré et surtout il conserve et met en lumière les particularités du quintet.

Pied au plancher, c’est « To The Stars » qui ouvre les festivités sur un groove d’enfer et un petit air vintage niché au creux de ce Metal plutôt costaud. Techniquement, MYRATH hausse le ton sans tomber dans une technicité exacerbée pour autant. Incisive et mélodique, cette nouvelle réalisation mise aussi sur les changements d’atmosphères et de tempos. On n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, tant « Karma » ne manque pas d’éclat (« Into The Night », « Candles Cry », « Words Are Falling », « Child Of Prophecy », « The Empire », « Carry On »). Les étoiles sont alignées…

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Blues Contemporary Blues International Soul

Katie Henry : un Blues émancipé [Interview]

Malgré son jeune âge, KATIE HENRY a déjà tout d’une grande. Compositrice, pianiste, guitariste et chanteuse, elle embrasse le Blues avec un naturel déconcertant, tout en affichant déjà une originalité remarquable et beaucoup de personnalité. Ne s’interdisant aucun détour par le R&B, la Soul, le Rock ou la Pop, l’Américaine vient de sortir « Get Goin’ », son deuxième album, qu’elle a eu la chance d’enregistrer avec le grand Bernard Allison accompagné pour l’occasion de ses musiciens. Rencontre avec une blueswoman, dont les premiers pas annoncent un avenir radieux.

Photo : Tino Sieland

– « High Road », ton premier album, est sorti il y a six ans maintenant et le chemin parcouru est remarquable. Quel regard portes-tu sur ces premières années et tes débuts dans le New-Jersey ?

Merci d’apprécié mes progrès et mon parcours. En repensant à l’endroit où tout a commencé, je me sens vraiment reconnaissante que ma famille aime la musique et qu’il y ait eu un piano à la maison ! Je dois aussi beaucoup à ma grand-mère, parce qu’elle m’a écouté attentivement, lorsque je jouais et m’a fait prendre conscience de l’impact que la musique peut avoir.

– Tu as commencé à composer très tôt après avoir appris le piano, puis la guitare. Même si tu mélanges plusieurs styles dans tes albums, comment es-tu venue au Blues ?

Je dirais que la chanson « Hurts Me Too » d’Elmore James est vraiment ce qui m’a permis de comprendre que le Blues était en moi. J’ai vu un groupe le jouer en live et je suis rentrée chez moi pour l’apprendre, parce que j’avais un désir ardent de la jouer. C’était aussi l’une des premières chansons que j’ai interprétées au chant. Puis, j’ai rejoint mon premier groupe de Blues peu de temps après ça, car quelqu’un m’avait entendu la jouer. J’ai finalement découvert de plus en plus de choses et j’ai appris que c’est la base de toute la musique Classic Rock que j’aime et avec laquelle j’ai grandi.

– Il y a deux ans, les choses se sont accélérées avec la signature chez Ruf Records, un label reconnu dans le monde du Blues pour son beau catalogue, puis est sorti de « On My Way ». J’imagine que cela a été une belle récompense et aussi une grande source de motivation, non ?

Absolument ! Je suis très reconnaissante que mon chemin ait croisé celui de Thomas Ruf à ce moment-là. Ruf Records est devenu comme une famille pour moi maintenant.

– La même année, il y a eu « Blues Caravan » avec Ghalia Volt et Will Jacobs. Qu’est-ce que tu retiens de cette expérience avec de jeunes artistes comme toi, et qui t’a aussi permis de partir en tournée hors des Etats-Unis ?

C’était la première fois que je voyageais hors des États-Unis, et surtout que je faisais une tournée ailleurs ! C’était très excitant et je ne savais pas à quoi m’attendre. C’était la première fois que je jouais aussi longtemps, soir après soir, et j’ai tellement grandi grâce à cette expérience. C’était aussi très amusant de jouer avec des artistes que je considère comme mes amis, parce qu’ils sont aussi très attachés à la musique et soucieux de bien faire.

Photo : Tino Sieland

– Et tu as eu aussi l’occasion de jouer aussi en Europe ensuite pour le 30ème anniversaire de Ruf Records, et notamment à Paris récemment au New Morning. Quelles différences as-tu noté entre le public américain et européen ? Est-ce que les amoureux de Blues sont les mêmes partout ?

Oui, j’étais tellement heureuse d’avoir eu l’opportunité de jouer à Paris ! J’ai eu envie de venir et d’y jouer toute ma vie et j’ai bien l’intention de revenir. Et je dirais que les amateurs de Blues sont les mêmes partout, mais que le public européen le fait vraiment savoir lorsqu’il s’amuse ! L’énergie dans la salle à la fin du spectacle pour un rappel est toujours très spéciale.

– Pour « Get Goin’ », tu as eu l’opportunité et la chance d’enregistrer avec Bernard Allison et son groupe. Il a aussi joué sur plusieurs morceaux et a produit l’album. Cela doit être une expérience incroyable, d’autant qu’elle a dû être très enrichissante à tous points de vue, non ?

Ce fut vraiment une bénédiction de travailler avec Bernard et son groupe. Ils ont fait de leur mieux pour me soutenir tout au long du processus. Bernard a notamment veillé à ce que je ne me limite en aucune manière. Il voulait faire ressortir toutes mes facettes musicales, ce que j’ai beaucoup apprécié. C’est gratifiant d’avoir travaillé dur ensemble et d’avoir cet album, dont nous sommes tous fiers.

– D’ailleurs, est-ce que tu avais déjà composé l’ensemble de l’album avant d’entrer en studio, ou y a-t-il eu un travail de co-écriture avec Bernard, ou juste quelques arrangements ou orchestrations sur certains morceaux ?

J’avais juste des ébauches de chansons et quelques arrangements avant d’entrer en studio, mais nous avons surtout beaucoup travaillé sur les chansons sur place.

– Justement, de quelle manière composes-tu ? Tu pars du piano ou de la guitare et est-ce que l’un ou l’autre va automatiquement donner la couleur du morceau ? La guitare peut être plus percutante, par exemple…

C’est vrai ! J’aime le côté percutant de la guitare et les chansons ressortent définitivement de manière différente. Je dirais que j’écris sur les deux instruments de manière égale. Généralement, je trouve une mélodie au chant et je construis autour de cela. La plupart des chansons commencent par le premier couplet, ou par ce qui finit par être le refrain, comme la chanson « A Doll’s Heart », par exemple. La mélodie du refrain est apparue, puis le reste de la chanson a été construit autour.

– Si « Get Goin’ » est très bluesy évidemment, on y décèle aussi des notes Pop, R&B, Soul, Soul et Rock. C’est important pour toi cette pluralité musicale ? Tu ne te sentais peut-être pas de réaliser un album purement Blues ?

Oui, il y a un mélange bluesy dans le son et les influences, car la pluralité musicale est très importante pour moi. J’essaie aussi de ne pas me concentrer sur la catégorisation de la musique que je fais, car cela peut limiter mon processus créatif au final. Au lieu de ça, je me concentre sur la création d’une musique que je ressens et qui résonne en m’étant fidèle intimement et aussi selon mon propre vécu.

Photo : Tino Sieland

– Même s’ils s’inscrivent dans une continuité très naturelle, « Get Goin’ » montre une étonnante maturité par rapport à « On My Way ». Tu as ressenti aussi une réelle progression dans ton jeu et dans la composition entre les deux albums ?

Merci ! J’ai vraiment l’impression d’avoir énormément grandi au cours des deux dernières années. Comme je le disais tout à l’heure, jouer soir après soir sur la tournée ‘Blues Caravan’ a vraiment renforcé mes capacités, et m’a aussi permis d’obtenir de plus en plus de premières parties et d’opportunités de festivals. Je pense aussi que certains changements personnels, ainsi que des pertes subies, m’ont fait plonger plus profondément en moi-même ce qui, je pense, transparaît aussi dans l’écriture.

– On l’a dit, tu es chanteuse, guitariste et claviériste. Dans quel domaine te sens-tu le plus à ton aise ? Seule au chant ou avec un instrument entre les mains ?

Jouer du piano et chanter est la configuration dans laquelle je me sens le plus à l’aise, car c’est comme ça que tout a commencé !

– Pour conclure, tu vas sûrement défendre ce nouvel album sur scène. Quels musiciens vont t’accompagner ? Ceux de Bernard, ou un autre groupe ?

Oui, j’ai vraiment hâte de jouer ces chansons en live et ce sera désormais avec mon propre groupe, mais si l’occasion se présente de jouer à nouveau avec Bernard, je la saisirai avec plaisir !

« Get Goin’ » de KATIE HENRY est disponible chez Ruf Records.

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Heavy metal Power metal Speed Metal

Firewind : un vivifiant souffle Heavy

FIREWIND est devenu au fil de ses productions une référence qui s’étend dorénavant bien au-delà de sa Grèce natale. Avec un frontman dont le charisme explose enfin au grand jour, un duo basse/batterie intenable et un Gus G. des grands jours, le combo affiche un Heavy Metal racé enrichi de touches Hard Rock, Speed et Power Metal lui offrent un relief très véloce. « Stand United » est solide, accrocheur et nerveux. Sans se disperser, les quatre musiciens livrent une très bonne performance.

FIREWIND

« Stand United »

(AFM Records)

Cela fait maintenant un peu plus de 20 ans que FIREWIND domine, et dynamise aussi, la scène grecque Heavy Metal et chacune de ses réalisations apporte son lot de surprises. Le quatuor ne cesse de progresser dans la composition et l’écriture et « Stand United » est sans conteste le meilleur de ses dix albums. Petros Christo (basse) et Jo Nunez (batterie) assènent une rythmique imparable et martèlent avec une précision chirurgicale. De son côté, le chant de Herbie Langhans est plus efficace et maîtrisé que jamais. Et puis, il y a le petit génie, qui reste l’élément moteur ici encore.

On ne présente plus Gus G., virtuose de la six-corde au CV long comme le bras que ce soit en groupe ou en solo. Moins tourné sur son jeu, « Stand United », dont le titre parle de lui-même, est incontestablement un vrai disque de groupe, et plus seulement axé sur ses prouesses guitaristiques. Cela dit, il n’est pas beaucoup plus discret qu’auparavant, ce qui serait d’ailleurs dommage, mais ses envolées servent l’aspect mélodique et fédérateur des nouveaux titres de FIREWIND. Son Heavy Metal est nettement plus personnel et identifiable, et les fulgurances Speed et Power lui confèrent cette modernité, qui manquait peut-être.

Certes, ce nouvel opus reste assez classique dans la forme, mais « Stand United » est beaucoup plus accrocheur que ses prédécesseurs. Produite par Dennis Ward, la formation  hellène est toujours aussi épique dans l’intention et le dynamisme affiché devrait renverser les foules en concert (« Salvation Days », « Destiny Is Calling », « Fallen Angel », « Chains », « The Power Lies Within »). Histoire de se faire plaisir, FIREWIND s’est même fendu d’une reprise musclée de « Talking In Your Sleep » de The Romantics dans une fibre Hard Rock bien sentie. Le quatuor frappe fort et dans le mile.

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Thrash Metal

Anthares : d’attaque !

Au terme ‘Old School’, je préfère nettement celui d’originel car, à l’écoute de la nouvelle réalisation d’ANTHARES, la production soignée et moderne vient fracasser cette image ‘vintage’ qu’on trouvait, c’est vrai, sur celles des années 80 et 90. Et si le Thrash Metal des Français va chercher sa source chez les pères fondateurs du style, nous sommes bel et bien au XXIème siècle et cela s’entend sur cet « After The War » à la fois technique, sauvage et qui alterne habillement les moments percutants et les titres mid-tempos. Un disque qui fait du bien à la scène hexagonale ! 

ANTHARES

« After The War »

(M&O Music)

Le temps s’écoule paisiblement sous le viaduc de la cite finistérienne de Morlaix et même au rythme de trois albums en près de 30 ans pour ANTHARES. Pour autant, la virulence et la puissance affichées sur « After The War » ne laissent pas vraiment penser que la vie soit un long fleuve tranquille pour lui. Loin de là ! Cela dit, le temps a aussi fait son œuvre, puisque la formation reste ancrée dans un Thrash Metal des origines du registre, celles qui forgèrent un style finalement hors-mode et intemporel… et c’est tant mieux ! On y retrouve autant de sonorités propres à Slayer, Exodus, Kreator et même Annihilator. L’éventail est donc large ! 

Si le troisième opus des Bretons ne sort qu’aujourd’hui, n’allez pas croire qu’ils se la coulent douce. Non, comme quelques autres, ANTHARES a connu des départs, un split et a sorti une démo et « Pro Memoria » dans sa première vie, entre 1996 et 2001. C’est depuis 2013 que le quintet a entamé sa marche en avant avec un EP, « 2 My Last Breath », puis « Addicted To Chaos », un second effort qui est venu confirmer sa vitalité. Des débuts, seul son emblématique frontman François ‘Fanfan’ Voisin reste solidement accroché à l’entité et la bonne dynamique de son groupe. Et le résultat est plus que palpable sur « After The War ».

Bien aidé par une expérience acquise au fil des années, nos thrashers affichent un son massif et tranchant, parfaitement mis en valeur par une production compacte, musclée et pleine de relief. Ici, les riffs sont racés et aiguisés au mieux pour servir des compos véloces et rageuses (« Invaders From The Outer Space », « Burning Light », « Lost », Trance Thrash », « Pain »). Jamais ANTHRARES ne donne dans la demi-mesure, le combo est sûr de sa force et est parvenu à moderniser son jeu en offrant des compos variées, alternant aussi les tempos au gré du chant de son fondateur, véritable pierre angulaire du groupe. Bien joué !