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Hard Rock Hard US Heavy Rock

Larsen & Lies : fresh & true

LARSEN & LIES déboule sur la scène Hard’n Heavy hexagonale avec « Live A Good Lie », qui a plutôt fière allure. Musclé et mélodique, ce premier format court approche la demi-heure et ne manque pas de fraîcheur. Sur des morceaux accrocheurs, le combo parvient à capter l’attention grâce à des sonorités 90’s, c’est vrai, mais qui ont tout d’une savoureuse madeleine de Proust. Avec un premier six-titres de ce calibre, le groupe avance déjà de solides arguments.

LARSEN & LIES

« Live A Good Lie »

(Independant)

Après quelques années à se faire les dents avec des reprises sous le nom de Six Floors Under, les choses ont commencé à prendre une tournure plus personnelle et sérieuse, lorsque les Franciliens se sont mis à composer leurs propres chansons. Fortement imprégné de la scène Hard Rock américaine, et même californienne, des années 80 et 90, LARSEN & LIES reprend le flambeau pour entretenir la flamme de belle manière.

Surfant sur une vague revival à l’œuvre depuis un petit moment, le quintet se montre vivifiant et le niveau technique affiché y est pour beaucoup. Mené par un chanteur costaud et une très bonne rythmique, LARSEN & LIES possède aussi deux très bons guitaristes qui, entre riffs acérés et solos très techniques, se font vraiment plaisir et offrent beaucoup de respiration à ce « Live A God Lie » très équilibré.

Bien produit, l’EP est un brin old school dans son approche, mais le Heavy Rock proposé reste pourtant très actuel (« Too Many Guitars », « Damaged Goods », « Liar »). Même si LARSEN & LIES s’est forgé une identité, quelques gimmicks ont la dent dure et les noms de Skid Row (première époque, le vraie), Dokken, Extreme ou encore Mr Big sur la power-ballad « Now It Begins » ressortent… et c’est un vrai plaisir. Un premier essai très concluant.

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Grunge Metal Electro Metal Indus Nu Metal

Saint Agnes : un magnétisme subversif

Transgressive, addictive et terriblement intense, la musique de SAINT AGNES est un alliage magnétique, supersonique et ténébreux qui pioche autant dans l’Electro, le Metal que le Rock brut et l’Indus. Sur des textes crus d’une rare authenticité et d’une force chaotique, « Bloodsuckers » se joue des styles, se moque des courants musicaux et se livre avec minutie à un consciencieux travail de démolition, d’où surgit une identité très personnelle et vivante.

SAINT AGNES

« Bloodsuckers »

(Spinefarm Records)

Sorti en plein cœur de la fraîcheur estivale bretonne, le deuxième album des Anglais était passé sous mes radars, entre les mailles de mes filets. La sortie de l’édition Deluxe de « Bloodsuckers » est donc une agréable piqûre de rappel et l’occasion de se plonger dans une réalisation hors-norme portée par un trio qui l’est tout autant. Kitty Arabella Austen (chant, basse, guitare, claviers), Andy Head (batterie) et Jon Tufnell (guitare, basse) ont fait de SAINT AGNES un monstre de créativité.

Très loin du Blues Punk Rock débridé de « Welcome To Silvertown » (2019), les Britanniques ont fait leur mue et opté pour une esthétique musicale très Electro, mais aussi très Metal. Imaginez un instant la rencontre entre Prodigy au meilleur de sa forme, Junkie XL à ses débuts avec un Zack de la Rocha au féminin ou une Pink sous acide, et vous obtenez SAINT AGNES, un furieux et décomplexé combo, qui serait même très largement adoubé par Trent Reznor. Mais « Bloodsuckers » ne se limite pas à ça, loin de là.

Si ce nouvel opus des Londoniens bouscule, c’est en partie dû à la performance d’une frontwoman écorchée vive qui transmet ses émotions et sa colère avec une sincérité totale. Très organique malgré les machines, « Bloodsuckers » transgresse les codes, intègre des notes de Grunge, de Nu Metal sur des phrasés et avec un flow parfois parlés  entre rage et férocité (« Animal », « At War With Myself », « Follow You », « Outsider » et bien sûr « Bloodsuckers »). Percutant, puissant et massif, SAINT AGNES lance tout juste les hostilités. 

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Funk Rock

FFF : FFFou FFFurieux !

Pierre angulaire de la scène Rock dont il a marqué les années 90 au fer rouge, FFF fait un furieux et gourmand come-back. Aussi inattendu qu’inespéré, « I Scream » renoue avec l’essence-même de cette Fédération Française de Fonck survitaminée et finalement inoxydable. Ce nouvel opus promet de prochaines prestations scéniques enflammées, et pour en avoir vécu quelques unes dans une autre vie, surveillez bien les dates qui arrivent dès le printemps … Ça va être chaud et explosif !

FFF

« I Scream »

(Verycords)

Est-ce qu’après deux décennies d’absence, un groupe qui a laissé une telle empreinte à travers un style, dont il a été le principal artisan en France, peut encore renouer avec un enthousiasme qui l’a tellement caractérisé ? 23 ans après un album, « Vierge », qui n’a pas franchement marqué les esprits, Marco Prince, Yarol Poupaud, Nicolas Baby et Krishoo Monthieux ont-ils retrouvé la fougue de leurs premiers émois discographiques ? Comme l’ont laissé entrevoir les premiers singles, le doute n’est plus de mise : FFF a retrouvé la foi et déborde d’énergie.

S’ils ont juré par tous leurs dieux ne s’être jamais séparés, les Parisiens font un retour qui ressemble presque à une résurrection. A priori, ils attendaient le bon moment pour se mettre à l’ouvrage d’un cinquième album, dont ils savaient mieux que personne qu’il serait très attendu par une communauté de fans impatiente et pas encore rassasiée, mais également scruté et décortiqué par la presse, ce qui est importe finalement assez peu. Ce qui compte, et qui entretient aussi un peu le mystère, c’est ce qu’il a bien pu se passer dans cette campagne niortaise, où FFF a refait parler la poudre.

« I Scream » contient tout l’ADN du fulgurant quatuor. L’instinct, la fraîcheur et le groove sont intacts. Le flow de Marco fait des merveilles (« Les Magazines »), tout comme son trombone, les riffs de Yarol sont incandescents (« Won’t You ») et la bouillonnante rythmique gouvernée par Nicolas et Krishoo oxygène l’ensemble (« On Devient FFFou », « Death On The Dance FFFloor », « Smile »). Moderne dans le son comme dans le propos, FFF livre avec classe l’album qu’on attendait et avec cette luminosité qui a fait sa réputation. « I Scream » est positif et concentre décidemment tous les parfums. Bravo, FFFallait le FFFaire !

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Blues Rock Bluesy Rock

Little Bob : petit coup d’œil dans le rétro

Déjà cinq décennies pour LITTLE BOB au service du Rock Blues, et du Blues Rock c’est selon, et une grosse vingtaine de réalisations à son actif. Depuis la ‘Story’ jusqu’au ‘Blues Bastards’, le Normand d’origine italienne traverse les époques et les modes avec classe et surtout avec une ténacité exemplaire… à l’image de son talent. Presqu’introuvable aujourd’hui, « Time To Blast » ressort en version dépoussiérée, avec un livret de 16 pages digne de ce nom et un son qui fait honneur à ce bel opus.  

LITTLE BOB

« Time To Blast »

(GM Records)

Ben alors ? Je croyais qu’on avait dit pas de rééditions, ni de compilations et de singles (et même d’EP !). C’est vrai sauf qu’il s’agit de LITTLE BOB, l’une des trop rares icônes Rock de ce pays et que « Time To Blast » est sans doute l’un des meilleurs disques du Havrais. Et pour être complet, il n’est plus disponible depuis 15 ans et il a été entièrement remasterisé et bénéfice d’une nouvelle et inédite pochette. Et pour les collectionneurs, en plus de sa sortie en CD, il paraît aussi pour la première fois en vinyle.

« Time To Blast » a vu le jour en mai 2009 sur l’excellent label Dixiefrog et le taureau présent sur la cover originelle en disait déjà long sur son fougueux contenu. Huitième album sous le nom de LITTLE BOB, après la ‘Story’ et avant les ‘Blues Bastards’, il est certainement l’un des plus inspirés tant le Rock rugit à travers un Blues explosif, d’où émanent une sincérité et une authenticité qui sont d’ailleurs la marque de fabrique de notre inépuisable rockeur national depuis ses débuts.

Avec toujours cette empreinte 70’s, LITTLE BOB livre de très bons morceaux sur des rythmes saccadés, des changements de tempo bien sentis, de belles guitares et une basse ensorceleuse. « The Phone Call », « The Scream Inside », « I’m Alive », « Take It As It Comes » et « Ringolevio Is Far Away » prennent aux tripes et à l’âme, tout comme la reprise de « Guilt » de Barry Reynolds que chantait aussi Marianne Faithfull, ainsi que « Devil Got My Woman (I’d Rather Be The Devil) » de Skip James. Pas l’ombre d’une ride !

La pochette originelle de « Time To Blast » sorti en 2009

Retrouvez l’interview de LITTLE BOB…

… Et la chronique de son dernier album « We Need Hope »

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Country Soft Rock

Dolly Parton : in unknown country

Parce que c’est vendredi, parce qu’il faut se détendre, parce que j’aime la Country Music et parce que DOLLY PARTON est l’une des rares icônes en activité aux Etats-Unis, ça mérite bien que l’on s’attarde sur cet album très attendu outre-Atlantique. Avec « Rockstar », la légende se frotte à un style où elle part un peu à l’aventure. Entouré d’un super groupe, soutenue par des guests de haut-vol et bénéficiant d’une production étincelante, la frontwoman ne franchit pourtant pas le cap du ‘Soft Rock’, mais s’en sort avec une certaine classe. Un bel essai, certes, mais pas encore un coup de maître(sse) !

DOLLY PARTON

« Rockstar »

(Butterfly Records/Big Machine Label Group/Island Def jam/Universal)

L’an dernier, alors qu’elle avait été nominée au fameux ‘Rock And Roll Of Fame’ de Cleveland dans l’Ohio (l’équivalent pour nous de… non, rien !), DOLLY PARTON avait poliment décliné l’invitation, ce qui est pourtant un réel honneur pour un artiste américain. En guise d’explication, elle avait déclaré très justement qu’elle était une chanteuse de Country, et non de Rock. Cependant, elle avait aussitôt annoncé qu’elle ferait son retour avec un album de reprises musclé, agrémenté de quelques titres originaux. Et elle a tenu parole avec ce très long « Rockstar ».

Et pour ce 49ème album, marquant aussi ses débuts dans un registre assez éloigné du sien, elle a sorti son volumineux carnet d’adresse et contacté un très large panel de musiciens pour l’essentiel américains et plus ou moins issus du monde du Rock. Sur près de 2h20, DOLLY PARTON tente bien de nous faire oublier qu’elle est l’emblème de la Country Music, mais elle a beau essayer de chasser le naturel… Bien sûr, on y croit sur quelques morceaux, mais les réflexes ont la dent dure et certains gimmicks vocaux finissent par la trahir quelque peu et peu importe ce qu’elle chante.

C’est vrai que la songwriter du Tennessee aurait pu, et même dû, faire plus court, mais elle fait le show à l’américaine façon ‘Superbowl’ et les stars défilent. Pour ce qui est de son pré carré, Sheryl Crow, Chris Stapleton, Brandi Carlile ou encore Emmylou Harris sont de la partie entre autres. Côté Rock, Richie Sambora, Steven Tyler, Joan Jett, Rob Halford, Nikki Sixx, John 5, Kid Rock, Ronnie Van Zant et feu-Gary Rossington notamment font très bien le job aussi. En bref, « Rockstar » multiplie les étoiles, DOLLY PARTON en tête, mais il manque encore ce côté sauvage propre au Rock.

Photo : Kevin Mazur (Getty Images For The Rock And Roll Hall Of Fame)
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Alternative Rock Heavy Rock Stoner Rock

Dirty Black Summer : les brisures de l’âme

Résolument moderne, les références des Niçois ont pourtant surgi quelques décennies en arrière, tournées vers un Rock Alternatif aussi explosif que rugueux et aux accents Stoner très prononcés. DIRTY BLACK SUMMER ne s’interdit d’ailleurs pas quelques sonorités Metal, ce qui n’a rien de surprenant étant donné le pédigrée de ses musiciens. Après un EP il y a deux ans, ce premier album, « Gospel Of Your Sins », est très consistant, vivifiant et il passe véritablement la Baie des Anges à la sulfateuse.

DIRTY BLACK SUMMER

« Gospel Of Your Sins »

(Nova Lux Production)

Créé au coeur de la pandémie par des membres de groupes de Metal extrêmes comme une sorte de palliatif à cette triste époque, DIRTY BLACK SUMMER avait pourtant apporté beaucoup de fraîcheur avec son premier EP, « Great Deception », un six-titre aussi fougueux que mélodique et accrocheur. Les azuréens ne cachaient d’ailleurs pas leur désir de retrouver leurs premières sensations musicales, lesquelles se situent dans les années 90 et chez des groupes comme Soundgarden et Pearl Jam notamment. Mais leur vision est plus sombre et très actuelle ici.

S’il reste un petit côté Alternative Rock légèrement mainstream, DIRTY BLACK SUMMER a considérablement durci le ton et le style affiché sur « Gospel Of Your Sins » est clairement ‘blackened‘. La tonalité du chant est également plus agressive et directe, même si le travail sur les voix est toujours aussi conséquent. Le quintet a mûri son registre et l’énergie déployée est franchement électrique. Le combo sort les crocs et les riffs très massifs et Stoner apportent une densité très solide aux dix titres. Le registre est aussi nettement plus personnel et les compositions plus percutantes.

Racé et tendu, ce premier opus est très organique dans le son et profondément humain dans les textes. DIRTY BLACK SUMMER explore nos failles et même si l’atmosphère est plus obscure, c’est une sorte de libération à laquelle il se livre. Le duo de guitaristes fait des merveilles et redouble de puissance, tandis que la rythmique martèle avec fermeté sur le chant acéré d’un Michael Khettabi très en verve et combatif (« All Saints », « Toxik Boy », « At The Devil’s Night », « Spit On My Grave », « Nothingness » et le morceau-titre). Monumental !

Retrouvez la chronique du premier EP :

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Rock Progressif

Fish On Friday : une pêche miraculeuse

Brillant cette fois encore, le quatuor belgo-anglo-américain continue son aventure musicale entre un Rock Progressif fin et un Art-Rock très élaboré. Avec « 8mm », FISH ON FRIDAY avance dans une sorte de spleen très positif (si, si !) où les claviers se mêlent à la guitare, guidés par un chant à trois voix particulièrement bien mixé. Atmosphérique et aux multiples reliefs, cette nouvelle réalisation surprend et détend autant qu’elle envoûte.

FISH ON FRIDAY

« 8mm »

(Cherry Red Records)

Après le très bon « Black Rain » sorti il y a trois ans, la multinationale progressive livre « 8mm », un album d’une élégance renouvelée à laquelle elle nous a habitués depuis ses débuts. Toujours emprunt d’une certaine nostalgie dans ses textes et sa musique, FISH ON FRIDAY fait cette fois un clin d’œil aux vieux films amateurs à travers son titre bien sûr, et aussi dans son contenu qui met en valeur les mélodies, les harmonies, la créativité des musiciens et livre quelques surprises.

Fondé il y a un peu plus de 15 ans à Anvers en Belgique par le claviériste, chanteur et producteur Frank Van Bogaert (avec Williams Beckers parti depuis) et aujourd’hui accompagné du guitariste californien Marty Townsend, du bassiste anglais Nick Beggs et du Belge Marcus Weymaere à la batterie, FISH ON FRIDAY dévoile son univers si singulier sur des réalisations toujours aussi raffinées. « 8mm » ne déroge pas à la règle et le voyage est beau, tant l’envolée est constante.

Coproduit par Beggs et Van Bogaert, qui se partagent subtilement le chant, ce sixième opus accueille aussi la chanteuse Lula Beggs sur plusieurs titres, ainsi que Theo Travis (flûte et saxo). Délicate et aérienne, la légèreté apparente fait presqu’oublier la virtuosité du groupe et la grande qualité des arrangements. FISH ON FRIDAY se fend même d’une superbe reprise des Britanniques Metro (« Flames » sorti en 1977) et enchaine quelques merveilles (« 8mm », « Jump This Wall », « Silently Raging »).

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Desert Rock post-Rock Psych

Yawning Balch : vers de nouveaux paysages

L’inspiration est hors-norme, la production ne souffre d’aucune lacune et l’ensemble est techniquement imparable. Avec ces deux volumes issus d’une journée unique, où les membres de Yawning Man et Bob Balch de Fu Manchu se sont rassemblés, non pour batailler mais pour communier, YAWNING BALCH révèle des aspects musicaux insoupçonnés de la part de ces quatre musiciens très expérimentés. Le voyage est total et les images défilent…   

YAWNING BALCH

« Volume Two »

(Heavy Psych Sounds Records)

Suite à un somptueux « Volume One » en juillet dernier, voici la suite et elle est aussi exceptionnelle que l’entame. Pour rappel, Gary Arce (guitare), Billy Cordell (basse) et Bill Stinson (batterie) de Yawning Man ont convié il y a un an presque jour pour jour le guitariste et claviériste de Fu Manchu, Bob Balch, à une belle et longue jam à Joshua Tree dans le désert californien. De ces cinq heures, YAWNING BALCH en a extrait deux albums vraiment incroyables, où il s’est livré à de multiples expérimentations.

Toujours entièrement instrumental, ce « Volume Two » tient bien sûr toutes ses promesses et il s’inscrit dans une continuité, dont la créativité reste le moteur principal. Balch et Arce s’étaient juste entendus sur le fait qu’ils souhaitaient tous les deux multiplier les effets de guitares en utilisant un maximum de pédales. Et le résultat est saisissant. Sur une base Desert Rock, YAWNING BALCH nous replonge dans un post-Rock psychédélique, dont l’élan semble si naturel qu’on peine toujours à croire à une simple jam.

Rien de calculé donc, le quatuor se laisse simplement aller à une improvisation que le talent des Américains rend incroyablement immersive et rapidement addictive. Avec seulement trois morceaux (« A Moment Expanded (A Form Constant) », « Flesh Of The Gods » et « Psychic Aloha »), qui s’étendent sur 40 magnifiques minutes, YAWNING BALCH envoûte comme personne et réalise la jonction parfaite entre Desert Rock, post-Rock et psychédélisme. Ces quatre-là savent y faire et le plaisir est tellement bien partagé.

Retrouvez la chronique du « Volume One » :

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Hard US Rock US

Dirty Honey : la relève

Bercés de Classic Rock, de Southern, de Blues et de Hard Rock, les membres de DIRTY HONEY sont parvenus à en garder l’essentiel pour poser les solides fondations d’un style devenu très personnel et qu’ils expriment avec classe et conviction. « Can’t Find The Brakes » est un modèle du genre et il s’inscrit hors du temps en s’imposant comme le renouveau du Rock US. Les quelques saveurs très 70’s montrent la voie, vite temporisées et accompagnées d’élans très funk et gravées dans un Rock que seuls les Etats-Unis produisent.

DIRTY HONEY

« Can’t Find The Brakes »

(Dirt Records)

Après un passage remarqué et savoureux lors de la dernière édition du festival breton ‘God Save The Kouign’ à Penmarc’h (29) cet été, les Californiens sont de retour avec leur deuxième album et celui-ci vient confirmer la dimension prise par le groupe depuis 2019. D’ailleurs, les spectateurs les plus attentifs avaient pu s’apercevoir que, le 24 juin dernier, DIRTY HONEY nous avait livré deux titres inédits que l’on retrouve sur ce très intense « Can’t Find The Brakes » (« Dirty Mind » et « Won’t Take Me Alive »). Il y a des rendez-vous à ne pas manquer, tant ils peuvent être révélateurs pour la suite…

Cette fois encore, le quatuor a fait le voyage jusqu’en Australie, au mois d’avril, dans le studio de Nick DiDia (Springsteen, Pearl Jam), une bonne habitude déjà prise pour son précédent et éponyme opus en 2021. C’est aussi l’occasion de découvrir sur disque la belle frappe de Jaydon Bean, qui a remplacé Corey Coverstone derrière les fûts en janvier. Pour le reste, pas de changement dans ce brillant line-up. Marc LaBelle et sa voix bluesy font des merveilles, John Notta livre des riffs de vieux briscard inspiré et Justin Smolian reste la machine à groover de DIRTY HONEY.

Considérés à juste titre comme l’un des groupes les plus prometteurs du Rock US, les Américains confirment avec la manière qu’ils en sont même l’avenir. Bouillonnant et accrocheur, « Can’t Find The Brakes » affiche de multiples facettes et l’ensemble est réjouissant et frais. Si les ombres de Led Zeppelin, Aerosmith et The Black Crowes planent toujours, c’est tout simplement une question de style, tant DIRTY HONEY montre de l’originalité dans son approche (« Get A Little High », « Ride On », « Rebel Son », « Satisfied », et les ballades « Roam », « Coming Home » et « You Make It Alright »). Déjà un classique !

Photo : Kat Benzova
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Classic Rock Hard Blues Rock 70's

The Vintage Caravan : une nostalgie réinventée

C’est toujours avec la même intensité que les îliens de THE VINTAGE CARAVAN livrent chacune de leurs réalisations. Depuis leur premier album éponyme en 2011, le chemin est déjà long, car les trois jeunes musiciens n’ont eu de cesse de se produire sans relâche. Cela valait donc bien un témoignage discographique de ces prestations endiablées, et c’est dorénavant chose faire avec « The Monuments Tour », dont la très belle production offre une immersion totale au cœur du Hard Blues 70’s du combo.

THE VINTAGE CARAVAN

« The Monuments Tour »

(Napalm Records)

Depuis plus d’une décennie maintenant, le jeune trio enflamme toutes les scènes où il se produit et qu’il arpente avec une énergie, une fougue et une assurance déconcertantes. Enraciné dans des années 70 qu’ils n’ont pourtant pas connu, les Islandais ont parfaitement assimilé les codes, les sonorités et surtout l’état d’esprit très jam de cette époque. Et avec une petite touche progressive supplémentaire, le Hard Blues de THE VINTAGE CARAVAN fait plus que respecter un genre, il lui apporte une bonne dose de modernité.

Affichant aujourd’hui cinq albums studio à son compteur, le groupe montre une évolution constante et pourtant son répertoire reste très homogène. D’ailleurs, « The Monuments Tour » parcourt toute sa discographie à travers 13 morceaux parfois réarrangés, mais pour l’essentiel très fidèles aux versions originales. Grâce à des performances explosives dans les plus grands festivals européens, THE VINTAGE CARAVAN maîtrise complètement son sujet et se fait même plaisir sur des improvisations étincelantes tout en feeling.  

Capté lors de leur récente tournée l’an dernier, « The Monuments Tour » est une sorte de voyage musical sur fond de psychédélisme, où le Classic Rock et le Blues Rock font cause commune. Puissant et plein d’audace, le set proposé n’élude aucun disque et même si les morceaux sont issus de différents concerts, THE VINTAGE CARAVAN s’affirme avec détermination et fluidité (« Whispers », « Cristallized », « Can’t get You Off My Mind », « Psychedelic Mushroom Man », « Expand Your Mind », « Clarity »). Vivifiant !  

Photo : Tjeerd Derkink

Retrouvez l’interview du groupe à la sortie de l’album « Monuments » :