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Heavy metal Old School

Wings Of Steel : changement de dimension

Tenace, motivé et inspiré, WINGS OF STEEL enchaîne les nouvelles productions sur un rythme effréné depuis assez peu de temps finalement, et surtout  gagne en qualité à chaque fois. Si les débuts étaient déjà prometteurs, l’ascension est assez fulgurante. Vocalement, le Scandinave reste puissant et a même élargi son panel, tandis que l’Américain multiplie les riffs acérés et les solos virtuoses sans faire cependant de « Winds Of Time » une production démonstrative. Au contraire, s’il y a plus de sérieux dans le ton, la fougue reste intacte.

WINGS OF STEEL

« Winds Of Time »

(Independent/High Roller Records)

Depuis son premier EP éponyme en 2022, WINGS OF STEEL avance au pas de charge et c’est pied au plancher qu’il sort son deuxième album. « Winds Of Time » fait donc suite à « Gates Of Twilight » (2023), et le groupe s’était même fendu d’un témoignage de sa venue dans l’hexagone avec le détonnant « Live In France », capté dans la bouillonnante cité lilloise. Ainsi, le frontman suédois Leo Unnermark et le guitariste américain Parker Halub mènent une aventure aussi véloce que leur Heavy Metal, bâtit dans la tradition la plus pure.

Fort d’une nouvelle collaboration avec High Roller Records, WINGS OF STEEL garde tout de même son indépendance sur ce nouvel opus et s’affiche dorénavant officiellement en quintet. Pour autant, c’est toujours le créatif duo américano-suédois qui reste aux commandes et se montre garant de l’identité artistique à l’œuvre depuis quelques années maintenant. D’ailleurs, de ce côté-là, l’épopée Old School suit son cours et se peaufine. Moins direct que ses prédécesseurs, « Winds Of Time » révèle enfin une personnalité nette.

La formation basée à Los Angeles laisse dorénavant respirer ses morceaux, à commencer par le morceau-titre qui ouvre les hostilités, culmine à dix minutes et nous rappelle au bon souvenir du Queensrÿche de la grande époque. Des changements d’ambiance qui viennent donc confirmer la force et la maturité acquise par WINGS OF STEEL. Plus varié et doté d’une approche plus actuelle sur des compos plus lumineuses font de « Winds Of Time » un disque à mettre entre toutes les bonnes mains et à écouter sans modération. L’élan est beau !

Retrouvez aussi l’interview du groupe pour la sortie de « Live In France » et la chronique de « Gates Of Twilight » :

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Blues Rock Heavy Blues

The Bateleurs : éblouissant

La nouvelle sensation Heavy Blues déferle du Portugal et même si le quatuor n’en est pas à son coup d’essai, « A Light In The Darkness » devrait mettre tout le monde d’accord. Véloce, ce nouvel opus est encore plus tranchant que le précédent, et THE BATELEURS prend une nouvelle dimension. Ici, tout est plus précis et les émotions sont canalisées avec soin, tout en maintenant un solide impact. Grâce à quelques notes d’orgue Hammond savamment distillées, les guitares gagnent aussi en profondeur et le chant de Sandrine Orsini en luminosité et en relief.

THE BATELEURS

« A Light In The Darkness »

(Discos Macarras Records)

Trois ans après le très bon « The Sun In The Tenth House », qui faisait suite à son premier EP « The Imminent Fire » sorti en 2018, THE BATELEURS semble encore plus inspiré sur ce deuxième album qui le hisse parmi les meilleurs groupes de Blues Rock européen. Et de très loin ! En tout cas, « A Light In The Darkness » vient secouer le microcosme avec beaucoup de fraîcheur. La formation de Lisbonne approfondit son style, toujours paré d’un Classic Rock très contemporain qui le rend irrésistiblement Heavy et accrocheur.

Côté line-up, Ricardo Galrão prend le relais de Marco Reis à la guitare, et les Portugais ne semblent pas déstabilisés pour autant, car la fluidité est toujours au rendez-vous sur ces nouveaux titres. Et puis, THE BATELEURS peut toujours compter sur l’allant et la forte personnalité de sa chanteuse Sandrine Orsini. Son magnétisme et surtout sa puissance vocale offrent à « A Light In The Darkness » une dynamique imparable. Les riffs sont costauds, le groove haletant et le son est d’une chaleur organique saisissante.

Réalisée par les Lisboètes et mixé par leur bassiste, la production est vigoureuse et contemporaine, tout en laissant une grande place à l’authenticité inhérente au style. THE BATELEURS ravive l’esprit vintage de son registre avec force et volonté. Très Rock’n’Roll, la frontwoman guide les morceaux avec prestance et caractère, et manie les ambiances tout en feeling (« A Price For My Soul », « The Lighthouse », « Best Of Days », «  Gardens Of Babylon », et le génial « Before The Morning Is Done » et ses saveurs celtes addictives). Monumental !

Retrouvez la chronique de « The Sun in The Tenth House » :

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Heavy Stoner Psych Stoner Doom

Birds Of Nazca : tellurique

Si l’intention de BIRDS OF NAZCA a toujours été de prendre son envol à la découverte de territoires et de panoramas hors-normes, le fait qu’il évolue dans un registre instrumental laisse à chacun le loisir de faire voguer son imagination au gré de sa perception personnelle. Avec « Pangaea », le voyage passe par des terres gelées, de montagnes majestueuses et de grands espaces qu’on a le sentiment de survoler au fil d’intempéries retentissantes, et qui viennent se fondre dans des ambiances captivantes. Spontané et épais, le Stoner des Nantais prend ici un essor organique plein de rebondissements. 

BIRDS OF NAZCA

« Pangaea »

(Independant)

Pour avoir vu éclore et évoluer le duo depuis ses débuts en 2020 avec un album éponyme déjà prometteur, BIRDS OF NAZCA prend avec « Pangaea » une toute autre dimension. Son style s’est réellement peaufiné et il affiche aujourd’hui une identité propre, qui demeure d’ailleurs toujours aussi délicieusement complexe. Pas de profond changement dans l’approche musicale, mais plutôt une maîtrise affinée des tessitures et des textures des morceaux qui composent ce deuxième opus, où le son est nettement plus massif.

Grâce à une production profonde, le tandem joue surtout sur les reliefs dans un climat aride, du aussi à sa formation très resserrée et qui, sans effet supplémentaires, se veut aussi rêche que rugueuse. Pour autant, BIRDS OF NAZCA n’écrase pas toujours tout sur son passage, malgré des fulgurances Doom musclées, et s’échappe également dans des envolées plus légères et épurées. Guillaume Kerdranvat (guitare) et Romuald Chalumeau (batterie) ont enregistré « Pangaea » en condition live pour plus de vérité et le ressenti est bien présent.

Hormis quelques samples de chant d’oiseau (évidemment !) ou de la nature plus largement, l’approche du groupe est toujours aussi brute et directe, ce qui offre à son Heavy Stoner Psych un aspect compact aux nuances plus subtiles qu’il n’y parait. BIRDS OF NAZCA  multiplie les ponts et les breaks, transite par des élans aériens avec toujours en ligne de mire un travail minutieux sur le riff, servi par un batteur au service d’escapades sonores parfois brusques. « Pangaea » montre une maturité certaine et une assurance sans faille.

Photo : Bérénice Tatoo

Retrouvez la chronique de « Héliolite », ainsi que celle du premier album sur Facebook :

https://www.facebook.com/photo?fbid=764597594096010&set=a.171191596769949

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Heavy metal Old School

Dolmen Gate : au cœur de la légende

Sinueux et entraînant, « Echoes Of Ancient Tales » fait prendre encore plus de hauteur à DOLMEN GATE, qui franchit ici le cap du deuxième album en approfondissant les bases du premier. Assez peu connu pour sa scène Metal, le Portugal peut désormais compter sur un groupe capable de brandir haut et fort une bannière Heavy, qui porte un héritage 80’s clairement actualisé. Agressif et aussi capable de faire quelques clins d’œil au ‘fado’ de son pays, le style des Lisboètes renouvelle une tradition héroïque du genre, et sortir deux longs formats d’une telle qualité en l’espace d’un an et demi seulement est vraiment exceptionnel.

DOLMEN GATE

« Echoes Of Ancient Tales »

(No Remorse Records)

Source inépuisable et terreau fertile, l’underground révèle régulièrement de bien belles choses, d’autant qu’il ne connait pas non plus de frontières. Créé depuis quatre ans seulement et après un premier opus livré l’année dernière, « Gateways Of Eternity », qui avait déjà fait forte impression, la formation de Lisbonne n’a pas tarder à se remettre à l’ouvrage et surgit avec « Echoes Of Ancient Tales ». L’évolution de DOLMEN GATE est d’ailleurs assez fulgurante et saisissante. Sur son deuxième effort, l’atmosphère vintage s’est légèrement dissipée, et l’ensemble en impose clairement.

Cela dit, même si la production s’est modernisée, le groupe conserve cet esprit Old School chevillé au corps et son Heavy Metal épique et galopant fait toujours de l’effet. Jouant habillement sur les atmosphères, DOLMEN GATE se montre particulièrement méticuleux au niveau de la composition, particulièrement dans la structure de ses morceaux. Grâce à un duo de guitaristes complet et complice, parfois soutenu par la chanteuse sur les parties acoustiques, les Portugais se sont forgés une identité très personnelle, qui devient vite hypnotique autant que familière, malgré la longueur des titres.

Car, en ouvrant le disque avec « Souls To Sea » et ses neuf minutes, le quintet ne manque pas d’audace et nous fait pénétrer immédiatement dans son univers. Mené de main de maître par sa chanteuse Ana, dont la voix est aussi claire que puissante, DOLMEN GATE possède un atout de charme et de choc. Ne forçant jamais le trait, elle guide très habillement  « Echoes Of Ancient Tales » et se distingue aussi de ses consœurs en restant d’un naturel incroyable (« We Are the Storm », « The Maze », « Carthage Eternal », « Rising Whispers », « The Prophecy »). Une réalisation pleine et dynamique.

Photo : Filipa Pinto Machado

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Classic Rock Hard 70's Heavy Rock

Red Cloud : un Rock herculéen

On assiste depuis quelques temps déjà à un revival du Classic Rock avec de beaux clins d’œil au Hard 70’s et l’hexagone n’est pas en reste. Depuis cinq maintenant, RED CLOUD assène son Heavy Rock débridé et la densité de cette nouvelle production témoigne d’un caractère bien trempé et d’une volonté aussi brute et organique que les morceaux qui composent « This Is Not An Album ». Et l’électrisante frontwoman du combo offre aussi une dimension supplémentaire à un registre inspiré et de plus en plus personnel.

RED CLOUD

« This Is Not An Album »

(Independent)

Poser ses fondations sur ce qu’on a fait de mieux en termes de Rock au sens large est le credo des Parisiens qui, après un premier album éponyme il y a deux ans, sont de retour avec « This Is Not An Album ». Comme l’indique son titre, ce nouvel opus est aussi une sorte de pied à une industrie musicale en pleine déliquescence. Solidement ancré dans un Heavy Rock délicieusement vintage, qui fait la bascule entre Classic Rock et Hard Rock, RED CLOUD a trouvé sa voie et enveloppe la légende d’une modernité rafraîchissante.

Pour ce deuxième effort, le groupe s’est lancé le défi de sortir un single par mois pendant huit mois. Une façon de rompre la monotonie, certes, mais surtout un challenge relevé haut la main qui nous renvoie aujourd’hui à « This Is Not An Album », une entité fougueuse et mélodique. Par ailleurs, Laura Luiz (orgue) a cédé sa place à Amy Prada, qui vient renfoncer la section guitare de RED CLOUD aux côtés de Rémi Bottriaux. Autant dire que l’accent est porté sur les riffs… Et on ne s’en plaindra pas, bien au contraire !

Situé quelque part entre Led Zeppelin et Rival Sons, « This Is Not An Album » présente des ambiances assez différentes, sans doute en raison du processus d’écriture. Sur un groove épais aux teintes bluesy, la voix de Roxane Sigre fait le liant entre un mur de guitare imposant et une rythmique soutenue. RED CLOUD sait aussi se faire plus aérien (« For Those Who Died Dancing »), comme pour mieux délivrer cette intensité qui fait son ADN (« Naked Under My Breath », « Black Sunlight », « Werewolf »). Une force qui s’affirme !

Retrouvez la chronique du premier album :

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Heavy Stoner Doom Psychedelic Rock

The Oil Barons : contemporary western

Avec un goût prononcé pour l’improvisation, Lou Aquiler (guitare), Andrew Huber (basse, chant), Jake Hart (batterie) et Matt Harting (orgue, guitare acoustique) s’ouvrent les champs du possible en se distinguant de la scène Stoner Rock classique. Aérien et sauvage, THE OIL BARONS défie les conventions de manière inspirée avec des passages Heavy Psych, Doom et Americana à travers de longues plages instrumentales et un chant qui semble flotter avec une authenticité que l’on doit sûrement à un enregistrement en conditions live. Une exploration dantesque.

THE OIL BARONS

« Grandiose »

(Third Revelation Music)

Il y a des titres qu’il faut oser donner à des albums. Pour autant, pas sûr que THE OIL BARONS parle ici de son travail, mais plutôt de l’univers dans lequel il nous embarque. Il y est question de paysages sonores souvent incroyables pour peu qu’on se laisse porter par la vision des Américains. Il est facile aussi de parler de western avec cette nouvelle partition, tant les atmosphères s’y prêtent et se bousculent. Le spectre est vaste et l’aspect narratif oscille entre moments presque contemplatifs et scènes d’action savamment orchestrées.

Dès son premier album, « The West Is Won » (2019), THE OIL BARONS avait confié la production à Zach Fisher (Weezer, Bad Religion), avant de poursuivre avec l’EP « Grease Up » l’année suivante. Cinq ans plus tard, le quatuor a peaufiné son registre et s’affirme pleinement dans un Psych Rock très DIY avec une démarche très variée dans les ambiances. Les Californiens y livrent des saveurs parfois opposées, mais toujours cohérentes. Sur des bases Stoner Rock, de lourdes chapes Doom viennent aussi ponctuer une certaine sérénité.

Dans un Rock parfois chaotique et souvent Heavy, THE OIL BARONS injectent des touches de Country aux airs cosmiques, façon Sergio Leone sur « The Surrender », avant de se faire oublier sur le tonitruant « Wizard ». Puis, « Gloria », et « John Brown’s Body », presque indissociables, montrent un quatuor qui s’amuse et joue avec les tessitures et les amplis. Insaisissables, « Vivienne » et « Death Hangs » font monter la tension préparant les géniaux « Quetzalacatenango » et « Morning Doom », avant l’apothéose « Grandiose ». Imposant !  

Photo : Molly Perez

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Blues Rock

Blood Brothers : groovy dynamite

Retrouver en studio l’authenticité de la scène et en restituer les sensations, telle sont l’intention et le leitmotiv du tandem Zito/Castiglia. Entouré d’un groupe irrésistible, les deux bluesmen se sont rendus dans la ville natale du patron de Gulf Coast Records pour capturer l’esprit qui anime leurs concerts. Avec force et finesse, BLOOD BROTHERS s’inscrit ici dans la durée et « Help Yourself » est à la fois virtuose, sincère et montre beaucoup de caractère. Une prouesse finalement sans surprise, car franchement à la portée des deux maestros.

BLOOD BROTHERS

« Help Yourself »

(Gulf Coast Records)

Célébrer la fraternité et la camaraderie, c’est un peu aussi célébrer le Blues. En ce sens, la sortie d’un premier album éponyme l’an dernier était une démarche très naturelle et presque instinctive, d’autant que « Live In Canada » sorti fin 2023 constituait une entrée en matière aussi prometteuse qu’explosive. Avec « Help Yourself », Mike Zito et Albert Castiglia sont encore parvenus à capturer l’essence-même de ces live sessions, qui représentent totalement la marque de fabrique et la personnalité de BLOOD BROTHERS.

Les deux fines gâchettes, également chanteurs et compositeurs, n’ont même pas pris le temps de souffler un peu. Dans la foulée de leur tournée, ils se sont engouffrés aux Shock City Studios de Saint-Louis, encore tout électrisés de leurs récentes prestations. Avec Scott Sutherland à la basse, Lewis Stephens aux claviers, ainsi que Matt Johnson et Ray Hangen derrière les fûts, BLOOD BROTHERS déborde d’une énergie canalisée avec beaucoup de soin et sur un groove d’une précision, qui rend « Help Yourself » très personnel.

Produit par les deux complices, les morceaux vivent au gré de leurs impulsions, d’autant qu’ils en ont composé quatre chacun, deux ensemble et qu’ils donnent aussi leur version de « Low Down » de JJ Cale. Alors qu’il est difficile de différencier leur approche live du studio, Zito et Castiglia jouent surtout sur l’instantanéité de leur Blues Rock, ce qui lui confère une attachante proximité (« Help Yourself », « Can’t be A Prophet », « The Best I Can », « Ol’ Victrola », « Do What You Gotta »). BLOOD BROTHERS signe un album rafraîchissant.

Photo : Will Byington

Retrouvez la chronique de « Live In Canada » :

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Heavy metal Old School

Firmament : une ferveur éclatante

Engouffrés dans une espèce de faille temporelle, les Allemands alimentent un Heavy Metal traditionnel, dont on s’aperçoit de plus en plus qu’il est loin d’être devenu désuet. Au contraire, il renaît, vit et jaillit comme au premier jour sous l’impulsion de formations comme FIRMAMENT. Sur « For Centuries Alive », son deuxième opus, le combo germanique fait preuve de vaillance et de percussion en oxygénant l’éternelle NWOBHM avec une touche de Classic Rock toute britannique et assez aérienne, qui confirme de belles ambitions.

FIRMAMENT

« For Centuries Alive »

(Dying Victims Productions)

En quatre ans seulement, FIRMAMENT a su affirmer un son et une personnalité forte sur la scène Heavy Metal underground. Formé en 2021 à Leipzig, il a marqué les esprits avec « We Don’t Rise, We Just Fall », deux petites années après. Un premier album qui a vu suivre dans la foulée « Gathered Under Open Stares », un split EP partagé avec ses nerveux compatriotes Midnight Prey. Avec « For Centuries Alive » et sa belle pochette signée Ryan T. Hancock, le groupe gravit un nouvel échelon pour se montrer encore plus créatif et déterminé. Impulsif et harmonieux, son style renvoie à un registre traditionnel, qui rayonne toujours.

Dès l’intro instrumentale, on pénètre l’univers de FIRMAMENT et on ne met pas bien longtemps à comprendre que les twin-guitares et les riffs bien aiguisés seront à la fête. Tout cela fleure bon les premiers albums d’Iron Maiden notamment mais, grâce entre autres au chant de Marco Herrmann, « Pulsar » dissipe facilement cette sensation et « For Centuries Alive » prend son envol. Pas forcément surprenant, puisqu’éternel, le Heavy Metal du quintet se démarque habillement des standards du genre en jouant sur des mélodies bien ciselées et des structures changeantes, mais très accrocheuses, et une très belle production.

Epique et galopant, il y a pourtant quelque chose de romantique chez FIRMAMENT et on trouve cette touche singulière dans l’enchaînement de paysages sonores, dont l’essentiel réside dans un lien étroit entre la présence de son frontman littéralement porté par les deux guitaristes et guidé sur un groove d’enfer par une rythmique redoutablement efficace et qui n’en fait pas trop (« An Anthem For The Spotless Mind », « Brother Of Sleep », « Starbeast », « Into The Realm Of Distant Wonders »). Volontairement héroïque dans certains positionnements, le combo se montre aussi sombre que captivant et surtout fougueux.

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Hard'n Heavy

Edgeland : towards the light

Jimmy Karlsson (chant, basse), Niklas Eriksson (guitare) et Magnus Blixt (batterie) donnent peut-être l’impression de prendre leur temps, mais à les écouter, ils ont bien raison. Pourtant, ces dernières années, EDGELAND a mis un sacré coup d’accélérateur et « Tunnels » vient confirmer cette véloce créativité qui l’anime désormais. Son Hard’n Heavy mélange les ambiances et affiche surtout une personnalité forte. Un opus que vous n’êtes pas prêts de lâcher.

EDGELAND

« Tunnels »

(Independant)

Malgré plus de trois décennies d’existence, EDGELAND a véritablement commencé à faire parler de lui avec le single « Fuel » en 2015, puis avec l’EP « Cabin E11even » deux ans plus tard. Après avoir distillé trois autres titres, c’est « Keeper Of The Light », son premier long format sorti en 2023, qui a mis en lumière le talent du power trio. Grâce à un sens plus qu’aiguisé de la mélodie couplé à un art du riff évident, il faut souhaiter que « Tunnels » soit enfin l’album qui révèle les Suédois, toujours étonnamment en autoproduction.

Rien ne manque sur ce deuxième opus. Les morceaux sont percutants, leur interprétation franchement irréprochable et la production est exemplaire, voire meilleure que beaucoup d’autres. EDGELAND est fin prêt et en bonne position sur une rampe de lancement qui n’attend que l’allumage. Car, malgré, sa sombre pochette, le combo scandinave se montre littéralement éclatant. Puissant et accrocheur, « Tunnels » est un disque complet à bien des égards et, entre Hard Rock et Heavy Metal, l’intensité et la vigueur font cause commune.

« The Release », paru précédemment en single, ouvre les hostilités de la plus belle des manières, suivi de près par « Crimson Coronation ». EDGELAND affiche une maîtrise totale, les refrains sont irrésistibles et si l’ensemble laisse échapper une saveur très 90’s, on est rapidement conquis par autant d’efficacité. Sur un groove musclé, le groupe enchaîne les titres avec beaucoup d’énergie (« Desolate Road », « The Closing Day », « Final Breath », « River Black »). Non sans émotion, « Tunnels » fait jaillir huit compositions entêtantes.

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Progressive Heavy Metal Rock Progressif

Syrinx : une épopée intemporelle

Fondé du côté de Vancouver, SYRINX se partage aussi aujourd’hui entre Denver et le New-Jersey, et malgré les distances, le combo affiche une belle unité. Dans un registre assez atypique et une atmosphère Old School presque hors du temps, le groupe se meut dans une vague progressive sur ce « Time Out Of Place », très 70’s, qui emprunte autant au Heavy Metal qu’au Rock. Souvent grandiloquent, il n’est pas pour autant démonstratif et joue sur les harmonies avec un brin de nostalgie.

SYRINX

« Time Out Of Place »

(Ocula Records)

Dans une ambiance très marquée par les années 70 et 80, SYRINX sort son deuxième album où le Rock et le Metal se fondent dans un même élan progressif. Heavy Metal dans son approche la plus musclée et assez classique dans la structure de ses morceaux, la formation américano-canadienne affiche un style très cérébral, tout en se laissant aller à des envolées souvent débridées. Sur « Time Out Of Place », elle accueille d’ailleurs le multi-instrumentiste Bobby Shock à la basse, tout droit venu du New-Jersey.

Entièrement enregistré en analogique, ce nouvel opus propose une production chaleureuse et brute, mais qui aurait cependant mérité un meilleur traitement, notamment au niveau de l’équilibre global. Cela dit, le groupe y gagne en authenticité et la musique de SYRINX, riche et complexe, est captivante. Epique et avec un chant qui ne manque pas de lyrisme, le quatuor s’est créé un univers très personnel, quelque part entre Fates Warning, Rush et Queensrÿche, avec une narration originale basée sur un groove obsédant.

Malgré des parties de basses prédominantes, Graham McGee (guitares, claviers), JP Abboud (chant), Seth Lyon (batterie, percussions) et Lady Chanelle, dont le soutien vocal apporte une belle touche aérienne, entretiennent cette épopée aux saveurs vintage en lui donnant une direction singulière. Incisifs, planants et souvent en décalage, les titres de « Time Out Of Place » offrent une homogénéité grâce à un fil conducteur précis (« 1875 », « The Master’s Host », « The Knowing », « Shakes Of Your Purpose »). SYRINX se montre convaincant.

Photo : Sara Siraj