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Doom France Metal

Monolithe : persévérance, expérience et puissance [Interview]

S’il y a bien un groupe atypique dans le milieu underground hexagonal, et plus particulièrement dans le Doom, c’est MONOLITHE. Grâce à une discographie étonnante constituée d’albums-concepts singuliers par leur contenu mais aussi par leur durée, ou celle de leurs morceaux, le sextet s’est forgé une solide réputation basée sur une exigence constante et des productions très soignées. Entretien spatial avec le compositeur Sylvain Bégot (guitares, claviers, programmation) sur cet incroyable « Kosmodrom », qui vient de sortir.

– MONOLITHE a la particularité d’avoir toujours beaucoup de guests sur ses albums, et c’est encore le cas sur « Kosmodrom ». Est-ce c’est une chose à laquelle tu penses dès la phase d’écriture ?

Ça dépend. Parfois, ce sont les particularités d’un musicien qui influent la composition, car je sais qu’il, ou elle, sera capable de l’interpréter de la manière dont je l’ai imaginé. C’est le cas pour Jari, par exemple, ou de Raphaël Verguin sur notre album précédent, « Okta Khora », même si, au final, il a joué quelque chose de complètement différent de ce qui était prévu. Sur « Kassiopea », quand nous demandons aux chanteurs de participer, nous connaissons évidemment leurs capacités et leur tessiture, donc le but est d’obtenir un résultat qu’eux seuls seront capables de nous offrir. Dans d’autres cas, un musicien est invité pour jouer quelque chose que nous ne pouvons pas interpréter nous-mêmes, et pas nécessairement pour sa personnalité musicale intrinsèque.

– MONOLITHE évolue aussi sur des concepts très différents à chaque album. Avec « Kosmodrom », vous entamez un nouveau chapitre. Quel était l’état d’esprit en le commençant ?

Il y a quelque chose de très cinématographique dans notre musique. Il y avait donc aussi l’envie de proposer un voyage, une odyssée. Tu as entièrement raison en parlant de nouveau chapitre, car « Kosmodrom » est le début d’une autre ère après le bouclage de nos deux sagas précédentes, « The Great Clockmaker » constituée des quatre premiers albums et « The Tame Stars », constituée des quatre suivants. 

– Pour « Kosmodrom », vous vous êtes plongés dans la conquête spatiale soviétique à la fin des années 50 (en 1957 précisément). Qu’est-ce qui a vous attiré dans ce choix ? Et j’imagine aussi que cela a dû demander de très bien se documenter également…

Nous nous étions déjà intéressés à la science-fiction un peu métaphysique, façon « 2001, l’odyssée de l’espace », sur nos premiers albums. Puis, nous avons raconté des histoires de SF inspirés de l’âge d’or de ce courant littéraire, des années 50 à 70, avec comme toile de fond l’existence (ou non) de vie extra-terrestre, de premiers contacts ou de civilisations aliènes ultra-agressives. Pour « Kosmodrom » l’idée était cette fois de se recentrer sur l’humain et tout particulièrement ses premiers pas dans l’espace. Donc, quoi de mieux que de prendre la course aux étoiles entre les deux grandes puissances spatiales de l’époque, à savoir les Etats-Unis et l’URSS, comme décor ?

Cette époque a déjà été célébrée de nombreuses manières dans la littérature et le cinéma du côté américain, mais plus rarement du côté soviétique alors qu’il est tout aussi passionnant. Et puis, il y a du côté russe une dimension supplémentaire, qui est le fait qu’il s’agissait d’un régime autoritaire qui a envoyé des êtres vivants au casse-pipe dans des caisses à savon, tout en parvenant à accomplir des choses extraordinaires avant tout le monde. Et c’est absolument fascinant. Je connais plutôt bien ce morceau d’Histoire de l’humanité, cela n’a donc pas demandé beaucoup de recherche, surtout que « Kosmodrom » n’est pas un album qui parle réellement d’Histoire avec un grand ‘H’, mais qui explore la thématique des pionniers, de l’exploration et de la découverte à travers la métaphore de la conquête spatiale et l’emploi de références réelles, comme la chienne Laika sur « Kudryavka » et des figures de cosmonautes légendaires, comme Vladimir Komarov sur « Soyuz » ou encore Alexeï Leonov sur « Voskhod ».

Sylvain Bégot (guitare, claviers, programmation)

– Ce qui surprend aussi sur « Kosmodrom », c’est cette dualité entre un aspect un peu rétro forcément, mais aussi un côté très futuriste. C’est l’inconnu que représentent l’espace et sa conquête qui offrent cette sensation de profondeur et aussi d’histoires qui restent à écrire finalement ?

Bien sûr, l’espace est fascinant parce qu’il reste à explorer et parce que beaucoup de connaissances à son sujet échappent encore à l’être humain à ce stade de son évolution technologique. Il y a une ligne de texte dans « Sputnik-1 », qui résume cela en disant : « regardant le ciel, en se demandant quoi et pourquoi ». L’humain possède, je pense, une soif de découverte de son environnement. Après avoir exploré sa planète sous tous ses angles, ou presque, au cours des siècles, il cherche ensuite à aller plus loin encore. Et ce côté rétro dont tu parles est lié au fait que les événements historiques référencés plus ou moins clairement dans l’album datent de plus d’un demi-siècle. Ce qui, à l’échelle de l’humanité, et pire encore, de l’Univers dans son ensemble, est une broutille. Mais le regard que nous posons sur l’exploration spatiale et la place de l’homme dans cet environnement cyclopéen et inamical est résolument porté sur l’avenir et ce que l’humain doit encore accomplir pour y parvenir.

– En matière de Doom, de très nombreux groupes reviennent à un style très éthéré et de plus en plus organique, alors que MONOLITHE continue son avancée en intégrant des éléments sonores plus synthétiques. A l’image du concept de « Kosmodrom », c’est l’infini de l’espace qui vous a guidé sur l’album ?

Je pense que notre savoir-faire vient de notre capacité à intégrer tout cela à une base Doom/Death de manière subtile, tout en gardant une cohérence plutôt qu’un mic-mac d’influences collées les unes aux autres. Et à ce titre oui, les possibilités sont infinies… bien qu’il soit désormais admis que l’espace, lui, ne l’est pas !

– Le morceau « Kosmonavt » referme l’album avec 26 minutes étonnantes. Ce sont les titres longs qui vous attirent le plus et à travers lesquels vous pouvez pleinement vous exprimer ?

Sur « Nebula Septem », nous avions des titres de sept minutes, ce qui est plutôt bref pour nous ! Il faut voir « Kosmonavt » comme une sorte de grand final de l’album, un titre épique qui résume et conclue l’album. C’est en quelque sorte la continuité de la tradition de ce qu’on pu faire des groupes de Rock Progressif dans les années 70 ou des groupes de Metal des années 80, qui concluaient leurs albums par un titre fleuve et homérique. Il s’agit aussi d’une autoréférence à nos débuts plus ‘Funeral Doom‘, car ce titre est, par son style, plus proche de nos premiers albums constitués d’une seule très longue piste, que de nos albums plus récents.

Vous proposez également un CD bonus, « Kassiopea », constitué de reprises très éclectiques. Quelle était l’intention première avec ces morceaux ? Les rendre à votre image en y apportant le son et la patte de MONOLITHE ?

 « Kosmodrom » est notre album ‘Covid’. Il a été créé alors qu’on ne pouvait rien faire d’autre. Comme les restrictions ont duré encore et encore, nous avons aussi eu le temps de travailler sur quelque chose d’autre, et qui est devenu « Kassiopea ». C’est un petit bonus pour les fans hardcore qui ont précommandé l’album et ça a été l’occasion pour le groupe de rendre hommage à des titres que nous aimons beaucoup et que nous avons réarrangés à notre sauce.

– Enfin, vous démarrez les concerts au moment où sort l’album, alors que la plupart des groupes se concentrent sur la promo. C’est le côté underground de MONOLITHE qui prend encore et toujours le dessus ?

C’est un peu une coïncidence, en fait. Les restrictions liées au Covid, encore elles, ont provoqué un certain chaos dans le milieu de la musique. Nous avons donné des concerts dont certains étaient en réalité des reports de dates, qui auraient dû avoir lieu en 2020. De toute façon, ce n’est pas nécessairement un problème de tout faire en même temps. C’est juste fatigant ! Mais c’est de la bonne fatigue, tu sais, comme celle que tu ressens après une bonne séance de sport !

L’album de MONOLITHE, « Kosmodrom », est disponible chez Time Tombs Production et sur le Bandcamp du groupe : https://monolithe.bandcamp.com

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Death Mélodique

Opal Insight : émotions croisées

Avec un tel album, OPAL INSIGHT redonne des couleurs au Death Metal mélodique hexagonal. Conjuguant un nombre impressionnant de sensations et d’émotions, le quatuor déploie un large panel musical porté par une technique irréprochable et une belle unité artistique. Très aboutie, « Heir To Anger » est l’une des meilleures réalisations françaises de l’année dans ce registre.

OPAL INSIGHT

« Heir To Anger »

(Meuse Music Records)

Sorti il y a quelques mois, ce premier album d’OPAL INSIGHT est une très belle surprise. Basé à Nantes, le quatuor a vu le jour sous l’impulsion du claviériste, et guitariste sur cet album, Thomas Guédon, qui officie dans le groupe de Metal Progressif Nothing But Echoes. Désireux de renouer avec un style plus Death Metal, il a convaincu sans mal le bassiste de NBE Julien Le Du, le guitariste et chanteur Tibo Pfeifer (Lux Incerta) et le batteur Quentin Regnault (Aro Ora, Wrath Of The Nebula) de le rejoindre. Du beau monde !

Et ce premier effort est plus que convaincant. Annoncé comme un side-project, il faut juste souhaiter maintenant que les Nantais pérennisent leurs intentions et s’installent durablement. Massif, mélodique et souvent en mid-tempo, « Heir To Anger » s’inscrit dans les pas de légendes comme Opeth ou Paradise Lost, mais OPAL INSIGHT tire admirablement son épingle du jeu grâce à des subtilités bien mises en valeur. Très bien produit, l’ensemble joue sur des atmosphères où colère et mélancolie se télescopent.

Dès l’intro éponyme, le mystère s’installe et laisse présager d’un esthétisme travaillé. Et c’est le cas. Jouant sur un chant clair plus chaleureux et un growl profond, OPAL INSIGHT montre des visages très différents passant d’instants paisibles à des déferlements d’une grande explosivité (« A Ghost In My Arms », « Whispers From The Flames », « Deer Skin », « For Her », « Délivrance »). Solide et à la fois accessible, le Death Metal mélodique proposé ici n’appelle qu’à une seul chose : une suite.

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Doom Post-Metal Sludge

Gavran : des nuances de noir

En jouant sur la force des émotions déployées dans son Sludge/Doom, GAVRAN sort un deuxième album très rugueux, qui laisse également de la place à des ambiances post-Metal très précises. La production à l’œuvre sur les titres des Hollandais libère des parties instrumentales qui gravitent sur des crescendos survitaminés et rendent « Indistinct Beacon » totalement évanescents.

GAVRAN

« Indistinct Beacon »

(Dunk! Records)

A eux trois, Jamie Kobic (batterie, chant), Freek Van Roogen (guitare) et Ritsaart Vetter forment GAVRAN, un combo Sludge/Doom aux climats post-Metal singuliers. Le trio hollandais évolue tout en contraste dans un style sombre et absorbant où les sentiments d’anxiété, de doute et de détresse dominent pour finalement donner un instantané troublant de notre époque.

Fondé en 2018, ce n’est que deux ans plus tard que le groupe sort le single « Uska », suivi de près par un premier album, « Still Unavailing », qui annonce déjà un goût prononcé pour un registre fait de lourdeur et de riffs écrasants, mais que des breaks éthérés allègent avec finesse. Les thèmes des textes de GAVRAN traitent de l’existence, de la vie et de la mort et d’une société très sombre sous un prisme assez pessimiste.

Construit sur cinq titres dépassant tous les neufs minutes, « Indistinct Beacon » alterne entre moments calmes et très progressifs et des souffles Sludge assourdissants. Le trio de Rotterdam avance sans fioritures sur des répétitions hypnotiques. L’épaisseur des guitares et les variations vocales entre chant clair et growl offrent à GAVRAN une robustesse très atmosphérique aussi. Subtil et herculéen !

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Blues Folk/Americana

Mike Andersen : le Blues venu du Nord

C’est vrai que le Blues et l’Americana sont un peu la chasse gardée des Etats-Unis, terre nourricière du style, mais l’Europe compte aussi de belles formations et de grands artistes. Et même si le grand public reste à conquérir, certains mènent habillement leur chemin grâce à une créativité et une sincérité irréprochable. MIKE ANDERSEN fait partie de cette catégorie de songwriter au jeu très personnel et d’un esthétisme musical sensible et affirmé.   

MIKE ANDERSEN

« Raise Your Hand »

(Custom Records/Baco Music)

Reconnu à sa juste valeur en Scandinavie, le Danois MIKE ANDERSEN peine pourtant à émerger dans l’hexagone, malgré ce neuvième album qui vient s’ajouter à sa belle discographie. Depuis une vingtaine d’années maintenant, avec son groupe ou en solo, le songwriter est parvenu à imposer à son Blues Americana très Folk une identité qui fait de lui une valeur sûre du genre.

Caractérisé par une grande classe et une élégance naturelle, MIKE ANDERSEN parvient encore à se renouveler et « Raise Your Hand » marque un nouveau chapitre plein d’émotion à travers des compositions Blues, Country et Folk très bien senties. L’écriture raffinée du chanteur lui offre une fabuleuse marge de manœuvre, s’échappant aussi dans des sonorités nouvelles et des rythmes plus soutenus.

Ce n’est pas lui faire offense que de dire que son Blues sonne également terriblement européen, même si les codes viennent forcément d’outre-Atlantique (« Finally Free »). C’est justement ce qui fait l’une des particularités de MIKE ANDERSEN et son originalité. D’une grande fraîcheur et avec un chant très spontané, il parvient à envoûter son auditoire avec des morceaux à la fois touchants et authentiques (« I Can Dance », « Down In His Room », « What Can I Do »).

Photo : Rasmus Bundgaard
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Livre Rock Progressif

Emerson Lake & Palmer [Livre]

Que Noël arrive, ou pas, ce beau livre signé Dominique Dupuis fera forte impression dans toutes les bibliothèques d’amoureux de Rock et de Rock Progressif en particulier. Avec EMERSON LAKE & PALMER (Editions du Layeur), l’auteur retrace l’histoire de ce groupe monumental qui continue d’influencer de nombreux musiciens à travers les générations. Grâce à un travail pharamineux sur les illustrations et une plume érudite, on plonge avec bonheur dans la discographie et le parcours de ce groupe mythique.

EMERSON LAKE & PALMER

Dominique Dupuis

(Editions du Layeur)

Les amateurs de Rock Progressif connaissent évidemment le légendaire trio anglais EMERSON LAKE & PALMER. Pour les autres, l’occasion est belle, avec ce superbe ouvrage de Dominique Dupuis, de faire la découverte de l’un des groupes majeurs et fondateurs d’un style qui lui doit beaucoup. Avant-gardistes sous bien des aspects, les Londoniens ont laissé une empreinte indélébile et ouvert bien des voies.

Pour les non-initiés, la formation a vu le jour en 1970 autour de Keith EMERSON (ex-Nice) aux claviers), Greg LAKE (ex-King Crimson) à la basse, la guitare et au chant, ainsi que Carl PALMER (ex-Atomic Rooster) à la batterie et aux percussions, seul membre encore vivant. A eux trois, ils ont mis de sérieux coups de pied dans la fourmilière Rock et influencé un grand nombre de leurs contemporains et même au-delà.

Photo : Alan Messer/Shutterstock

EMERSON LAKE & PALMER, c’est aussi neuf albums studio vendus à près de 48 millions d’exemplaires à travers le monde sous ce line-up (il y a eut une reformation dans les années 80 avec Cozy Powell en lieu et place de Palmer, alors sous contrat avec Asia). Le travail exemplaire effectué par Dominique Dupuis met en lumière l’épopée visionnaire des Britanniques avec un œil de spécialiste remarquable et une iconographie incroyable.

Parfaitement documenté, le livre retrace le parcours d’EMERSON LAKE & PALMER à travers des articles détaillés des albums et de leur conception, des tournées et des rencontres qui ont mené à de multiples aventures musicales. De leurs disques solos respectifs à King Crimson ou Asia, dont Palmer à signer l’incontournable tube « Heat Of The Moment », ce livre est un superbe témoignage d’une époque et d’un groupe débordant de créativité.

Editions du Layeur / 240 pages / 36€

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Dark Gothic Heavy metal Horror Metal

Deathless Legacy : le diable au corps

Occulte et horrifique, DEATHLESS LEGACY n’a pourtant pas peur de faire un Metal accessible, très mélodique aux teintes progressives dans un écrin où la production massive joue un rôle essentiel et fédérateur. Capable de se fondre dans un Dark Rock comme dans un Power Metal costaud, les Italiens ouvrent la voie à une carrière qui n’attend dorénavant que son décollage. Et « Mater Larvarum » devrait sans problème les y aider.

DEATHLESS LEGACY

« Mater Larvarum »

(Scarlet Records)

Même si le groupe a été fondé en 2006, on compte sur les doigts d’une main les fois où les Italiens ont quitté leur Italie natale pour se produire. Pourtant, à l’écoute de ce « Mater Larvarum », la puissance et les mélodies qui en émanent sont d’une grande intensité et d’une maîtrise totale. Mené par sa fougueuse frontwoman, DEATHLESS LEGACY s’impose avec talent sur ce sixième album, qui devrait enfin les installer sur la scène européenne.

Héritier direct du mythique combo transalpin Death SS, le quintet (accompagné d’une ‘performeuse’ sur scène) affiche un style à la fois musclé et tendu mais évolue également dans des sphères plus progressives et même symphonique et gothique dans leur approche. En réalisant un album-concept renouant avec un Heavy Horror cher à King Diamond, DEATHLESS LEGACY nous projette dans un monde de férocité féminine pourtant sexy. 

En démarrant ce très bon opus avec « Ora Pro Nobis », la formation annonce la couleur. Dark et effrayante, les atmosphères se révèlent accrocheuses et regorgent de refrains entêtants (« Moonless Night », « Nightfall »). Au chant, Steva livre une performance solide en jouant sur une grande puissance vocale et un timbre qui lui permet bien des audaces (« Hollow », « Altar Of Bones », « Run » et le morceau-titre). DEATHLESS LEGACY s’impose de belle manière !

Photo : Andrea Falaschi (Frater Orion)
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Dark Gothic Metal Progressif

Rioghan : un lustre boréal

Sur des structures musicales très élaborées, une production aux petits oignons et grâce à des musiciens en complète maîtrise, les Finlandais de RIOGHAN surprennent avec « Different Kinds Of Losses », qui est pourtant seulement leur première longue réalisation. Mené par une chanteuse dont la voix possède une puissance telle qu’elle peut emprunter une multitude de chemins, le trio rayonne grâce à une technique hors-pair et un souffle artistique impressionnant, savamment distillé dans un Metal Progressif assez dark.

RIOGHAN

« Different Kinds Of Losses »

(Inverse Records)

Après avoir suscité l’intérêt et la curiosité avec un premier EP « Blackened Sky » sorti en mars 2021, RIOGHAN se livre cette fois, et enfin, sur un premier album complet, qui ne manque pas de piquant. Très original, le groupe est le projet initial de la chanteuse et poétesse Rioghan Darcy, aka Jenni Perämäki, dont la voix se fait porte-parole d’une identité musicale très forte et mouvante. Car à travers son Metal Progressif, le trio verse également  dans des atmosphères gothiques avec quelques aspects extrêmes déchaînés.

Composé du trio Teemu Liekkala (guitares, basse, claviers et production), Valtteri Revonkorpi (batterie) et de sa frontwoman, RIOGHAN a su parfaitement s’entourer, car on retrouve les collaborations de Jonas Renkse (Katatonia), Einar Solberg (Leprous) et Teemu Koskela (ex-Celesty) sur ce « Different Kinds Of Losses » aussi bien produit que sa conception est riche. Avec une vocaliste à même de se faire aussi délicate que rageuse, le trio avance avec une assurance de musiciens plus que confirmés.

Sur des morceaux qui ne traînent pourtant pas en longueur vu le registre, RIOGHAN parvient à multiplier les ambiances au sein-même des titres pour délivrer une saveur toute particulière à son Metal très protéiforme (« Promises », « Breath », « Home »). S’engouffrant aussi dans des sonorités électroniques (« Bruises », « Innocence »), les Scandinaves montrent une audace d’une grande fraîcheur et imposent déjà une touche très identifiable grâce à un jeu très inspiré (« Lights », « Summer »). Des débuts plus qu’enthousiasmants !

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Blues Rock

Kenny Wayne Shepherd Band : ultime retouche

Plutôt que de se contenter d’une réédition classique augmentée de versions plus ou moins pertinentes, le guitariste et chanteur KENNY WAYNE SHEPHERD a tenu à réenregistrer l’intégralité de l’album avec lequel il s’est imposé sur la scène internationale. « Trouble Is… 25 » offre un souffle nouveau à des compositions largement éprouvées sur scène depuis. Indispensable.

KENNY WAYNE SHEPHERD BAND

« Trouble Is… 25 »

(Provogue/Mascot Label Group)

Une chose se précise : il y a eu Stevie Ray Vaughan et il y a désormais KENNY WAYNE SHEPHERD. Originaire de Louisiane, le guitariste a fortement contribué à donner un second souffle à la scène Blues Rock américaine il y a près de trois décennies maintenant. Après neuf albums, le dernier en date étant « The Traveler » (2019), il est retourné en studio pour célébrer les 25 ans de son album le plus vendu à ce jour, « Trouble Is… », et la surprise est belle d’autant que le musicien s’est considérablement aguerri.

Après un premier album (« Ledbetter Heights » – 1995) sorti alors qu’il n’avait que 18 ans, c’est avec le second que KENNY WAYNE SHEPHERD a véritablement pris la lumière et son envol. Quelques millions d’exemplaires plus tard et une reconnaissance unanime, il entame le parcours qu’on lui connait. Et afin de fêter comme il se doit les 25 ans de cet opus majeur de sa carrière, l’Américain a réuni le line-up originel pour réinterpréter des morceaux devenus des classiques.

Désireux d’enregistrer ses chansons telles qu’il les joue aujourd’hui sur scène, le KENNY WAYNE SHEPHERD BAND leur offre un lustre très actuel, même si « Trouble Is… » possédait déjà une incroyable touche intemporelle. Le songwriting est intact et brillant et l’expérience acquise depuis rend encore plus fort des titres comme son tube « Blue On Black », la nouvelle version de « Ballad Of A Thin Man », « Slow Ride », « (Long) Gone », « King’s Highway » et les reprises de Dylan et Hendrix. Du grand art !

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edito

Le nerf de la guerre [Edito]

En deux ans d’existence, Rock’n Force est parvenu à fidéliser un lectorat (puisqu’il n’y a toujours pas de son, ni d’image) assez conséquent à travers un site que j’ai souhaité aussi humble que sérieux et professionnel. Vous êtes aujourd’hui de plus en plus nombreuses et nombreux à venir découvrir ou juste recevoir un avis sur les sorties, qu’elles viennent des labels, mais aussi et surtout celles réalisées en autoproduction.

Face à l’incroyable inflation du prix de l’hébergement du site, du changement de statut nécessaire très bientôt en raison d’un trop grand flux (et c’est une bonne nouvelle !) et pour aider à payer l’encre et le papier notamment, je ne vois pas d’autres solutions que de vous proposer directement de soutenir Rock’n Force dans son fonctionnement. Certes, d’autres financements seraient envisageables, mais je m’y refuse.

En deux ans, plus 1.000 articles (chroniques et interviews) ont été mis en ligne, ce qui montre une activité dynamique et soutenue. Comme vous le savez, je suis seul aux commandes en parallèle de mon travail pour l’excellent magazine Metallian. Cependant, pour ces deux postes, je ne suis pas rémunéré. Ainsi va la vie de la presse spécialisée dans notre beau pays ! Et il n’est pas question que Rock’n Force cesse de sitôt !  

Contrairement à la plus grande partie des autres webzines et magazines papier gratuits, je me fais également un point d’honneur à ne mettre aucune publicité sur le site, ce qui lui garantie une totale liberté. Rock’n Force décide de son contenu et de son propos ! Ici, rien n’est imposé par les labels, les maisons de disques ou autres et je compte combattre le plus longtemps possible toute pollution visuelle ici.

Bien sûr, il ne s’agit pas pour moi de faire l’aumône comme certains pourraient le penser, ou de tenter de m’offrir un billet pour les Maldives (je préfère Dublin !), mais de vous proposer de participer à la bonne tenue du site et surtout à son indépendance. A l’heure des campagnes de financement participatifs en tout genre, Rock’n Force a juste la faiblesse de solliciter un petit coup de pouce.

Afin que le site soit aussi un peu le vôtre, je vous remercie par avance de soutenir Rock’n Force dans sa quête d’autonomie, pour garantir son identité et pour qu’il garde toute latitude dans la liberté de sa ligne éditoriale. Rendez-vous sur l’onglet « Devenez mécène faites un don ! » situé en haut à droite sur la page d’accueil. Un grand merci à toutes et à tous !

François Alaouret

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Dark Gothic Doom

Celestial Season : l’art du mystère

En trente ans de carrière, CELESTIAL SEASON a posé une empreinte conséquente sur le Doom, empruntant de multiples sentiers et osant des combinaisons audacieuses. Les sept musiciens qui composent cette institution se sont lancés cette année dans une trilogie, « Mysterium », dont le second volet sort aujourd’hui. Le Doom des Bataves joue sur des tonalités et des couleurs abyssales issues du Death, du Gothic avec une touche de classique et avec toute la finesse qu’on leur connait.   

CELESTIAL SEASON

« Mysterium II »

(Burning World Records)

Groupe au parcours atypique, CELESTIAL SEASON a retrouvé un second souffle depuis un peu plus de deux ans. En 2020, les Hollandais sont revenus avec la fameuse Box « The Doom Era », rompant ainsi de belle manière un silence assourdissant de 20 ans. Depuis, les vétérans du Doom se sont fixés autour d’un line-up solide de sept musiciens inspirés et créatifs et surtout un style unique en son genre.

En marge d’une flopée de singles et d’EP, « Mysterium II » est le huitième album de CELESTIAL SEASON et il surgit sept petits mois seulement après le premier volume. Avec cette seconde partie de la trilogie en cours, le sextet reprend les choses où elles en étaient et poursuit ce voyage sombre et ténébreux dans des atmosphères Death et gothiques où la mélancolie se noie dans un désespoir palpable et hypnotique.

Le travail et l’interprétation de Jiska Ter Bals (violon) et Eliane Anemaat (violoncelle), ainsi que des guitaristes Olly Smit et Pim Van Zanen font de CELESTIAL SEASON un combo hors-norme, qui prend encore de l’ampleur grâce à la voix toute en nuances de Stefan Ruiters. Et la métronomique, mais très organique, rythmique basse/batterie de Lucas Van Slegtenhorst et Jason Kohnen fait le reste. La symbiose est totale.

Musicalement, les morceaux prennent le temps de poser des ambiances saisissantes et « Mysterium II » se fait obsédant en jouant avec une grande maîtrise sur les contrastes (« The Divine Duty Of Servants », « Tomorow Mourning », « The Sun The Moon And The Truth », « Pictures O Endless Beauty – Cooper Sunset »). CELESTIAL SEASON voit et fait les choses en grand pour s’imposer avec maestria. Une habitude…