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Hard Rock International Sleaze

Kickin Valentina : raw and wild [Interview]

En un peu de plus de 15 ans, la formation d’Atlanta a imposé sa patte sur la scène Hard Rock internationale avec ce côté Sleaze, un brin Glam et sans compromis qu’elle affiche en étendard. Avec « Anthems From The Underground », KICKIN VALENTINA fait bien plus que de rendre hommage à ce milieu en marge des productions mainstream, il salue un public fidèle, sincère et amoureux d’un style que le quatuor porte haut et qu’il fait sonner avec une modernité qui ne néglige pas cet état d’esprit et cette attitude si Rock’n’Roll. Ce nouvel album est un hymne à la liberté, à un style de vie aussi et surtout à une obstination à ne pas se plier aux règles, ni aux dictâtes quels qu’ils soient. Et c’est encore le très direct frontman et parolier D.K. Revelle, qui s’exprime le mieux sur la démarche ‘underground’ et authentique, si chère au combo.

– Ce cinquième album, hors EPs bien sûr, est assez spécial puisque vous y clamez votre amour pour le Hard Rock underground, dont vous êtes issus. Pourtant, votre notoriété dépasse aujourd’hui largement le milieu. Est-ce à dire que vous ne vous sentez pas à votre place dans un cercle plus mainstream ?

Le terme ‘Underground’, tel que nous l’utilisons dans le titre du nouvel album, « Anthems From the Underground », signifie simplement que, puisque le ‘Rock’n’Roll’ n’est pas ‘grand public’ actuellement et ce depuis un certain temps, et que nous sommes un groupe de ‘Rock’n’Roll’, le style de musique que nous produisons est, selon nous, ‘Underground’ aujourd’hui. C’est ainsi qu’est né ce titre, finalement, c’est notre vision des choses.

– D’ailleurs, si l’underground est d’abord une question d’attitude et d’état d’esprit, tout se joue aussi dans le son et le contenu des morceaux et, en ce sens, KICKIN VALENTINA est sans concession. Est-ce ce qui vous rattache en premier lieu à cet univers ? Sa sonorité et son ambiance si particulières ?

Les quatre membres de ce groupe jouent et composent ce style de Rock depuis les années 80… On y était ! D’ailleurs, je me fais peut-être vieux ! (Rires) Mais honnêtement, c’est ce qu’on ressent individuellement et collectivement, et c’est ce qui fait la magie du groupe.

– « Anthems From The Underground » reste ancré dans ce que vous avez toujours joué. Cependant, je le trouve peut-être moins Sleaze et moins festif. Sans être sombre, il paraît moins léger et plus sérieux. Etait-ce votre intention de marquer une sorte de virage ? Et puis, cette fois, vous avez travaillé avec Pete Newdeck et c’est peut-être cela qui donne cette sonorité si particulière à « Anthems From The Underground ». Avez-vous senti qu’il fallait aborder un nouveau chapitre après « Star Spangled Fist Fight » ?

Non… Excellentes questions, mais non… (Sourires) L’ambiance et le son de ce nouvel album sont surtout dus à la présence de notre ami et frère Pete Newdeck à la production. Il nous a suggéré de nouvelles pistes que nous n’aurions peut-être pas explorées sur les précédents albums de KICKIN VALENTINA… De plus, l’écriture des chansons n’est pas préméditée. C’est simplement ce qui nous est venu naturellement cette fois-ci, et je trouve que c’est une évolution naturelle pour nous. Nous n’avons jamais de direction prédéfinie, ni ne suivons aucune tendance lorsque nous commençons à écrire un nouvel album. On ne se prend pas la tête, on fait juste ce qui nous vient instinctivement… (Sourires)

– Justement, est-ce également sur scène que de telles décisions se prennent avec l’envie de peut-être apporter de nouveau arrangements à d’anciens morceaux, tout en pensant aux prochains ?

Non… Les vieux morceaux sont à peu près les mêmes et nos concerts sont improvisés à 75 % et structurés à 25 %, en ce qui concerne la setlist… Et c’est le live et l’énergie du public, qui nous anime. Il n’y a pas de pistes préenregistrées, pas de métronome, etc… Et vous ne savez jamais à quoi vous attendre de nous, soir après soir ! (Sourires)

– Vous avez déclaré que vous vouliez rendre hommage à vos fans sur ce nouvel album. Est-ce que vous avez articulé l’ensemble du disque en ce sens ?

Non, encore une fois… J’aime à penser que tous nos albums rendent hommage non seulement à nos fans, la ‘Kickin Valentine Mob’, mais aussi à nos héros du Rock’n’Roll, d’hier comme d’aujourd’hui.

– D’ailleurs, il y a une chose qui peut également expliquer ce changement dans le son d’« Anthems From The Underground ». En effet, vous l’avez enregistré chez vous à Atlanta, puis il a été mixé en Angleterre avant d’être masterisé à Toronto au Canada par Harry Hess. Si la technologie permet beaucoup de choses, votre album a beaucoup voyagé. Etait-ce trop compliqué de tout faire en Georgie ?

Non… C’est juste le chemin qu’on a choisi cette fois-ci et on en est contents ! (Sourires) D’ailleurs, un grand merci à Pete Newdeck et Harry Hess !

– Enfin, il y a une question que j’aimerais te poser. Est-ce que tu connais des groupes issus de l’underground, qui sont aujourd’hui suivi par un très grand nombre de fans à travers la planète, et qui se déclarent toujours de ce milieu ? Et d’ailleurs, est-ce vraiment possible de revendiquer ce statut à partir d’un certain moment quand le succès est au rendez-vous ?

Hmmmm… Je ne suis pas sûr de connaître beaucoup de nouveaux groupes underground qui jouissent d’une grande popularité, ou d’un succès retentissant… Aux Etats-Unis, on ne soutient pas les nouveaux groupes de Rock autant qu’on le faisait avec ceux des années 80… Et à mon humble avis, il est temps de passer le flambeau à des groupes comme le nôtre… (Sourires) On est toujours là, on y croit et on y croit encore. Et grâce à nos fans du monde entier, on progresse avec succès, album après album, concert après concert, année après année. Et on continuera à le faire à la manière de KICKIN VALENTINA : en live, brut, fort et sans complexe !

Le nouvel album de KICKIN VALENTINA, « Anthems For The Underground », est disponible chez Mighty Music.

Photos : John Mortensson (3, 4)

Retrouvez aussi la chronique du précédent album de KICKIN VALENTINA :

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Hard'n Heavy

Tokyo Blade : éternelle authenticité

Généreux et tenaces, les Britanniques poursuivent leur renaissance avec un tel panache qu’on en viendrait à se demander si, finalement, cette seconde vie de leur carrière chaotique ne serait pas la meilleure. Certes, l’expérience acquise depuis 1982 fait toute la différence et elle les porte littéralement. Mais au regard de l’inspiration de ses deux leaders rescapés de la première heure, TOKYO BLADE paraît s’exprimer pleinement et sans complexe depuis quelques albums déjà. « Hoist The Colours High » est accrocheur et oscille avec fluidité entre Hard Rock et Heavy Metal avec précision. Les acteurs de la légendaire NWOBHM ne sont clairement pas venus faire de la figuration.

TOKYO BLADE

« Hoist The Colours High »

(Dissonance Productions/Cherry Red Records)

Depuis sa reformation en 2014, le quintet semble avoir trouvé une seconde jeunesse et c’est peu de le dire. Un peu plus d’un an après « Time Is The Fire », TOKYO BLADE rempile de belle manière avec « Hoist The Colours High », son quatrième opus en six ans. S’il n’a pas bénéficié de la même lumière que d’autres à l’époque, les Anglais sont pourtant un solide pilier de la NWOBHM, et ce nouvel effort atteste d’une vigueur intacte, d’un savoir-faire incontestable et d’une créativité qui rayonne toujours autant. Un mix de Heavy et de Hard Rock savoureux.

Aux manettes, le guitariste, compositeur et fondateur Andy Boulton n’a rien perdu de la flamme qui l’habitait jadis et se fait même plus efficace dans ses riffs et ses solos, tout en maintenant une belle virtuosité. Et si vocalement, Alan Marsh, chanteur originel du combo, marque légèrement le coup, mais s’adapte brillamment, il continue d’imprimer sa marque sur les nouveaux morceaux de TOKYO BLADE. D’ailleurs, « Hoist The Colours High » n’en manque pas, puisqu’il en compte 14 ! Une chose qui se fait très rare de nos jours et qui affirme une audace non-conventionnelle.

Doté d’une production claire, musclée et actuelle, il est difficile d’imaginer que le groupe a plus de 50 ans d’activité, tant il est direct et son approche pleine de fraîcheur. En réalisant un disque de près d’une heure dix, TOKYO BLADE pourrait laisser croire qu’il ait été réduit à faire un peu de remplissage. Au contraire, « Hoist The Colours High » se tient plutôt bien et présente même quelques titres qui devraient se faire lever les foules (« Screaming Evil », « Too Wired To Sleep », « When The Hammer Falls », « Mr. Nobody », « She Was A Soldier »). Réjouissant !

Retrouvez aussi les chroniques des deux précédents albums du groupe :

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Glam Rock Hard Rock International

Wicked : rebel yell [Interview]

C’est avec beaucoup de fraîcheur, une douce folie, un dynamisme à toute épreuve et surtout un Hard Rock teinté d’un Glam très fédérateur que les Américains se présentent avec « Go Rebel », un nouvel album qui renoue avec l’esprit très 90’s du genre, mais pas seulement. WICKED s’inscrit parfaitement dans son époque grâce une énergie qu’il va puiser dans un sens de la fête omniprésent. Une grosse dose d’adrénaline, des riffs tranchants et des mélodies accrocheuses, la recette du quatuor est connue, certes, et elle a aussi l’ambition de renouer avec l’insouciance propre au Rock’n’Roll et qui se fait de plus en plus rare. Ce deuxième opus est une invitation au lâcher-prise et le vent de liberté qui en émane est littéralement électrisant, vivifiant et revigorant. C’est le guitariste soliste, Scotty V, qui fait les présentations de son groupe, dont on n’a pas fini d’entendre parler…!

– Je vous ai découvert en 2022 avec « The Last American Rock Band », qui était en fait une compilation de morceaux que vous aviez remixés et remasterisés. Pourtant, vous avez commencé un peu avant 2014, année où vous avez sorti « Live At Rockalahoma ». Est-ce que vous considérez vos véritables débuts, le moment où vous émergez avec ce premier album ?

Oui et non. Comme tu l’as dit, « The Last American Rock Band » était en quelque sorte un hommage à toutes ces années passées à faire nos armes, à apprendre à composer et à jouer. Ces chansons qui ont fait de nous le groupe que nous sommes aujourd’hui. Nous avions sorti quelques CD en édition limitée au début de notre carrière, avec des versions brutes, presque des démos. Mais nous pensions qu’elles méritaient une sortie digne de ce nom, avec une production professionnelle. C’est un excellent point de départ pour comprendre les débuts du groupe.

– Ce qui est assez remarquable chez WICKED, c’est que vous n’avez jamais dévié de ce Hard Rock très Glam, que vous vous êtes depuis appropriés et qui est devenu très identifiable. Comment un groupe de Rochester, New-York, donc situé sur la côte Est, en vient à jouer un style dont la référence première est la Californie ? Y avait-t-il un manque de ce côté des Etats-Unis ?

On a passé pas mal de temps sur la scène Rock new-yorkaise au début des années 2010, quand elle était en pleine effervescence. Dans le Lower East Side de Manhattan, on assistait à une renaissance du Glam-Punk déjanté, revisité avec une fraîcheur nouvelle. Il y avait plein de fêtes et de concerts en club, inspirés par la scène Rock européenne et scandinave de l’époque. C’est de là que viennent vraiment les racines du son et du style Hard Rock des débuts de WICKED. On a eu l’occasion de traîner à Los Angeles qu’un peu plus tard et on adore cette ville aussi ! Mais je ne dirais pas que Los Angeles a grand-chose à voir avec notre Hard Rock. Il faut reconnaître qu’il est surtout inspiré de l’ambiance glauque des rues de New-York ! (Sourires)

– D’ailleurs, sur ce nouvel album, « Go Rebel », il y a également des influences typiquement Punk Rock, là encore aux sonorités californiennes. C’est la musique avec laquelle vous avez grandi, ou est-ce son côté intemporel et un peu ‘sleazy’ qui vous a d’abord attiré ?

Dans le groupe, nos influences sont vraiment éclectiques. On a grandi avec le Glam Rock classique des années 70 avec des groupes comme David Bowie, The Sweet et Aerosmith, mais aussi à une époque où la scène Pop-Punk était particulièrement dynamique, avec tous les groupes du ‘Warped Tour’ comme Sum 41, Blink 182 et The Used. C’est ce mélange d’influences et le fait aussi d’être un produit de notre époque, qui nous ont permis de capturer l’essence de cette énergie Glam-Punk brute, sans pour autant la copier. On a créé quelque chose de frais et de nouveau. Au début, notre look était surtout inspiré par des groupes de Rock suédois comme Backyard Babies, Crashdiet, Hardcore Superstar, etc… On n’a jamais vraiment été influencés par la scène Glam de Los Angeles finalement.

– Entre « The Last American Rock Band » et « Go Rebel », vous avez sorti « Sunburn » que vous considérez d’ailleurs comme votre premier véritable album. Pourtant, il y a une réelle continuité dans votre jeu depuis le début. Est-ce que vous avez la sensation aussi que c’est depuis votre précédent disque que WICKED a vraiment affirmé et imposé son style ?

« Sunburn » a vraiment marqué une période exceptionnelle pour nous. Nous avons véritablement commencé à nous épanouir en tant que musiciens et auteurs-compositeurs. L’album a été enregistré pendant le confinement, période durant laquelle nous avons eu beaucoup de temps pour travailler et nous concentrer. Nous nous sommes cloîtrés dans la maison où nous vivons tous et nous avons aménagé un studio d’enregistrement professionnel avec l’aide de notre producteur Nacho, que nous venions tout juste de rencontrer. Il est resté avec nous pendant quelques mois durant le confinement et nous a beaucoup appris. Nous sommes devenus une équipe soudée et de très bons amis. « Sunburn » a marqué une sorte de renaissance pour le groupe. Nous sommes devenus autonomes et nous avons commencé à comprendre pleinement notre potentiel à partir du moment où nous avons géré la production et notre carrière.

– Par ailleurs, cela fait aussi plus de dix ans que le line-up de WICKED n’a plus bougé depuis l’arrivée de Gunnar à la batterie. Est-ce que cette constance a aussi forgé cette belle unité que vous affichez aujourd’hui ? C’est aussi une richesse, alors que beaucoup de groupes manquent peut-être de cette stabilité, qui fait avancer les choses et qui construit une identité forte, non ?

Quand Gunnar nous a rejoints, tout s’est mis en place naturellement. Depuis son arrivée, c’est comme une évidence. On vit tous ensemble, comme un vrai groupe de Rock à l’ancienne. On est une fraternité soudée, prête à tout les uns pour les autres. Et une fraternité qui se renforce avec le temps. C’est sans aucun doute notre plus grande force. On ne pourrait rien faire sans l’un d’entre nous. Tout le monde apporte quelque chose d’irremplaçable.

– WICKED est également très marqué par les années 80 et 90, jusque dans vos clips d’ailleurs, alors que pourtant vous les avez à peine connues. Qu’est-ce qui vous fascine à ce point dans cette époque ? Outre la musique, bien sûr, c’est une sensation de légèreté et peut-être aussi de plus d’insouciance qu’aujourd’hui ?

Je crois que tu as parfaitement résumé la situation. S’il y a une chose que nous voulons que les gens retiennent de notre musique et de nos vidéos, c’est que la vie est courte et qu’il faut en profiter. Nous travaillons tous dur chaque jour et, lorsque vous écoutez WICKED, que ce soit sur votre platine ou en concert, nous voulons que vous ressentiez un soulagement face à la routine quotidienne, que vous lâchiez prise et que vous vous sentiez libre.

– Il y a aussi une chose qui vous caractérise, c’est la joie et la bonne humeur qui se dégagent de votre musique, et « Go Rebel » est un modèle du genre à ce niveau-là. Vous ne concevez pas le Rock’n’Roll autrement que festif et rassembleur ?

Exactement ! Nous voulons créer une communauté autour d’une musique Rock’n’Roll festive. Et c’est précisément l’esprit de « Go Rebel ». L’objectif est de créer un lien plus fort avec le public. Nous voulons redonner au Rock’n’Roll son âme de communauté ! Il s’agit de sortir, de passer un bon moment entre amis, de se créer des souvenirs et d’écrire l’Histoire, à l’instar des plus grands qui nous ont précédés. Nous sommes convaincus que WICKED peut faire renaître cet esprit.

– Enfin, avec ce petit côté vintage assumé, on vous sent un peu en décalage avec la scène actuelle, malgré votre approche moderne du Hard Rock. Est-ce que, finalement, WICKED est surtout là pour apporter un regard neuf et pas seulement juste pour entretenir la flamme ?

Bien sûr. Comme je te le disais, nous ne sommes pas tant attachés à une esthétique ou un son vintage. Nous adorons les classiques et admirons les légendes qui ont ouvert la voie, mais WICKED a toujours eu pour vocation de tracer son propre chemin. Nous évoluons constamment et nous faisons ce qui nous semble juste sur le moment. Une chose est sûre : WICKED sera toujours là pour divertir tous les publics, quels qu’ils soient. Nous adorons le défi de conquérir de nouveaux fans, qu’il s’agisse de métalleux, de punks de bar ou même d’étudiants, qui ne connaissent pas encore le Rock ! Nous sommes toujours prêts à relever le défi ! (Sourires)

Le nouvel album de WICKED, « Go Rebel », est disponible chez Magick Rite Records.

Photos : Scott Braun et Marc Safran.

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Hard'n Heavy

Duckwalk Chuck : walk on

Rugueux et mélodiques, les Scandinaves soufflent leurs 25 bougies dans une belle et très Rock atmosphère. Avec « 525 », le quatuor confirme que son style n’a rien perdu de cette authenticité de chaque instant, ni de son explosivité. Bien produit, l’ensemble est brut, sans filtre et affiche un son très live. DUCKWALK CHUCK se réfère et puise son inspiration dans un Hard Rock et un Heavy Metal éternel, en lui insufflant un aspect très contemporain. Une grosse beigne et des sourires pour cet anniversaire bien saturé.

DUCKWALK CHUCK

« 525 »

(Independant)

Retour tonitruant pour les Norvégiens qui fêtent avec « 525 » leur cinquième album en 25 ans de carrière, ce qui explique ce titre énigmatique. Quatre longues années après le très bon « Fired Up », DUCKWALK CHUCK rugit avec autant de plaisir et, sans détour ni compromis, balance un Hard Rock toujours aussi massif et véloce. Entre-temps, et comme pour mieux marquer son indépendance et sa liberté, le groupe a quitté son label et fait parler la poudre comme jamais. L’industrie musicale n’aura donc pas raison de lui pour le moment.

Au-delà de l’aspect imposant de son jeu, la formation nordique se distingue surtout par une passion dévorante pour le Rock’n’Roll… joué fort ! Car, entre des fondations basées sur un Hard Rock classique dans la forme et une puissance clairement Heavy Metal, il en est toujours question et c’est ce qui fait la force et l’identité de DUCKWALK CHUCK. D’ailleurs, « 525 » se pose déjà au sommet de sa courte discographie. Accrocheur et insaisissable, ce nouvel opus traverse le temps et bouscule les courants actuels avec une énergie incroyable.

Façon rouleau-compresseur, le combo attaque avec « Surprise Surprise » sur un groove épais que n’aurait pas renié Mötörhead. Pour la suite, le quatuor déroule et se fait plaisir sur des riffs tranchants, de vrais solos de guitare et avec un frontman inarrêtable (« Racin’ To Win », « Shell Shock », « Shaken’n Stirred », «Midnight City », « Meat On The Bon »). Un quart de siècle après sa création, DUCKWALK CHUCK ne dévie pas de sa trajectoire, au contraire, il en déblaie le chemin avec une efficacité redoutable. Joyeux et costaud !

Retrouvez la chronique de « Fired Up », leur précédent album :

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Hard Rock Southern Rock

Tim Montana : wide wild West

Avec « Entire State Of Tim Montana «, le songwriter signe probablement sa réalisation la plus personnelle et la plus intime. Des réserves indiennes à Los Angeles, puis Nashville, avant un retour du côté de Yellowstone, TIM MONTANA nous invite à un road-trip hyper-Rock’n’Roll et très sudiste. Son duo avec Royale Lynn vient aussi nous rappeler ses affinités avec la Country, tout en conservant cet état d’esprit libre et indépendant. Ce disque raconte de belles histoires, parfois touchantes, et d’une honnêteté viscérale. Juste monumental.

TIM MONTANA

« Entire State Of Tim Montana »

(BMG)

Le guitariste et chanteur sort son septième album et il vient renforcer cette authenticité et cette sincérité qui le caractérisent depuis ses débuts. Profondément attaché à l’Etat dont il tient son nom et plus largement à l’Ouest américain et à l’Histoire des Amérindiens auprès desquels il a passé une partie de son enfance, TIM MONTANA se singularise par un Hard Rock imprégné de Southern Rock et à la narration très Country. Cultivant l’art du riff massif et grâce à sa voix rauque, il s’est forgé une identité unique, hors des sentiers battus et loin des conventions.

Passé « Courtdown » en introduction, sorte de conversation entre Martin Sheen, Charlie Sheen et l’ancien Terminator Robert Patrick, l’immersion validée par les trois acteurs est immédiate et « Beautiful Hate » ouvre les festivités avec force. Heavy et porté par une mélodie accrocheuse, le premier morceau (il y en a 14 autres !) ne laisse aucun doute quant aux intentions artistiques de TIM MONTANA. Rugueux dans l’approche, mais particulièrement soigné dans sa production, « Entire State Of Tim Montana » s’annonce renversant.

Captivant par son aspect cinématographique, l’ensemble parcourt des atmosphères variées, où il est question d’amitié, de survie et de persévérance. Le musicien rend hommage au peuple de la Nation Crow sur « Watch Me Down » avec Crazy Dog et WolfBear, avant d’accueillir Jerry Cantrell d’Alice In Chains sur « Kinda Like It ». Puis, TIM MONTANA réalise un rêve sur « Brown Sugar » où Billy F Gibbons et Slash se joignent à lui. Très intense et équilibré, ce nouvel opus renferme des trésors de vérité, tout en gardant une attitude sensible, attachante et rebelle. Incontournabale !

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Hard Rock

Iconic : la force de l’expérience

Avec « II », ICONIC affine la vision de son Hard Rock et offre une bonne continuité à ses débuts remarqués. Originaires des Etats-Unis pour la plupart, c’est pourtant un frontman britannique qui guide les chevronnés musiciens de ce combo à la composition assez exceptionnelle. Si la technologie actuelle permet beaucoup de choses, et pas toujours heureuses d’ailleurs, la magie opère entre des partenaires qui se trouvent les yeux fermés à travers un style classique, relevé et vigoureux.

ICONIC

« II »

(Frontiers Music)

Forte d’un bon premier album en 2022, « Second Skin », la formation anglo-américaine récidive avec « II » et démontre ainsi qu’il ne s’agissait pas d’un one-shot. Car ICONIC se présente comme un supergroupe. Rangé derrière le chanteur Nathan James d’Inglorious, c’est un line-up cinq étoiles que l’on retrouve à la manœuvre. Aux guitares, Michael Sweet (Stryper) et Joel Hoekstra (Whitesnake) donnent le ton et rivalisent de prouesses, tant à travers des riffs acérés que des solos de haute volée, sur lesquels ils se relaient avec virtuosité.

Quant à la rythmique, elle est tout aussi bétonnée. Derrière les fûts, l’inamovible Tommy Aldridge (Whitesnake, Ozzy) se montre implacable et très complice avec Marco Mendoza (Whitesnake, Twisted Sister), qu’il connaît bien. ICONIC a donc très fière allure et se montre techniquement irréprochable. En affichant une sorte de version actuelle du Serpent Blanc, le quintet ne prend pas beaucoup de risques, mais il reste convaincant. L’écriture est soignée et efficace, l’interprétation imparable et son Hard rock accrocheur et mélodique.

Forcément ancré dans un esprit très 80/90’s, les cinq musiciens ont compris qu’ils devaient se renouveler, tout en gardant cette touche unique qui a toujours fait leur force et qui leur accorde même une certaine intemporalité. Même si « II » ne possède pas le panache de « Second Skin », ICONIC n’a aucun mal à s’affirmer et à préciser une identité musicale forte. Elegant et légèrement bluesy, les titres de ce nouvel opus ne manquent ni d’énergie, ni de variations (« Cry No More », « Open My Eyes », « SOS », « Far Away », « Hearts Of Stone »). Flamboyant et intense.

Photo : Justin Roszkowski

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Hard Rock International

Sinner : final cut [Interview]

En mettant fin à l’aventure SINNER, le bassiste, chanteur, compositeur et producteur ne tire pas un trait sur la musique, bien sûr, puisqu’il continue d’œuvrer avec Primal Fear, formation qu’il a d’ailleurs aussi fondé. Et puis, connaissant son parcours, il n’est pas impossible de le retrouver dans divers projets. Après une petite vingtaine d’albums, des tournées innombrables et plus de 40 ans à mener de front son groupe, l’Allemand a donc pris la décision de mettre une point final à cette belle épopée. Et pour marquer le coup, Mat Sinner s’est fait plaisir en invitant des amis chanteurs et musiciens de talent pour livrer un « Boom Bang Goodbye » aussi explosif que mélodique. Son Hard Rock reste une référence et c’est avec beaucoup de bonne humeur qu’il revient sur cette décision soudaine et l’état d’esprit qu’il l’a animé sur cet ultime opus.

– Tu as fondé SINNER en 1982 et tu viens d’annoncer la fin de l’aventure avec la sortie de « Boom Bang Goodbye », ton 19ème album. Cela a du être une décision difficile à prendre et aussi mûrement réfléchie, j’imagine. Depuis combien de temps as-tu en tête d’arrêter le groupe ?

En réalité, quand j’ai commencé à travailler sur l’album, je ne savais pas que ce serait le dernier de SINNER. Au départ, je n’avais même pas l’intention d’en faire un autre. Après tous mes problèmes de santé, j’ai dû réapprendre à marcher et j’ai traversé une période très difficile. Pendant ce temps, certains événements autour de moi m’ont mis en colère, et c’est ce qui m’a donné l’énergie de recommencer à écrire des chansons. L’idée que ce serait le dernier album de SINNER est venue plus tard. A un moment donné, je me suis dit : nous avons eu une si longue carrière, alors pourquoi ne pas la terminer en beauté avec un album vraiment marquant ? Je ne voulais pas que SINNER disparaisse simplement, sans une véritable fin. Après plus de quatre décennies, le groupe mérite des adieux dignes de ce nom.

– Il te reste toujours Primal Fear, dont tu es l’un des fondateurs, mais SINNER était ton groupe et ton projet personnel. As-tu le sentiment d’être allé au bout des choses, car « Boom Bang Goodbye » laisse entendre le contraire ?

Non, absolument pas au niveau musical. J’aime toujours autant écrire, jouer et créer. Mais SINNER existe depuis plus de 40 ans, et à un moment donné, il faut bien décider comment conclure l’histoire. Pour moi, il était important d’arrêter tant que je me sens bien dans le groupe et tant que nous sommes capables de faire un album plein d’énergie. Je pense que c’est bien mieux que de continuer simplement par habitude. Primal Fear, c’est une autre histoire, une autre étape de ma vie musicale. La fin de SINNER ne signifie pas que j’en ai fini avec la musique ! (Sourires)

– Ce dernier album est chargé d’émotion et il y règne aussi une atmosphère très positive. Dans quel état d’esprit étais-tu, car il y a beaucoup plus de plaisir que de nostalgie dans ces nouveaux morceaux ?

Comme je te le disais, je ne savais pas que ce serait le dernier au départ. Cette décision a mûri au fur et à mesure que je travaillais sur l’album. Mais l’atmosphère positive était tout à fait intentionnelle. Vu la situation actuelle dans le monde, je ne voulais pas créer une bande originale déprimante. Si je fais un album de SINNER, je veux qu’il dégage une énergie positive et qu’il fasse du bien aux gens. Bien sûr, certains textes sont très personnels. Des chansons comme « Wait », « Leave It All Behind » et « Hellbreaker » abordent la mort et des expériences vécues ces dernières années. Mais dans l’ensemble, je vais bien. Je suis heureux d’être en vie, heureux avec ma famille et reconnaissant pour tout ce que j’ai ! (Sourires) Alors, même si l’album aborde des sujets sérieux, je ne voulais pas qu’il soit dominé par la tristesse ou la nostalgie. Chaque chanson raconte une histoire, et en ce sens, il y a certainement une dimension autobiographique, en effet.

– « Boom Bang Goodbye » se présente un peu comme un album souvenir. Bien sûr dans ces cas-là, on en garde que les bons. Quel est le moment le plus intense que tu aimerais revivre de ces plus de 40 ans à la tête de SINNER ?

Nos débuts chez Noise Records ont été un excellent départ. Je suis encore très fier musicalement de la période entre « Judgement Day » et « The Nature of Evil ». Travailler sur « Judgement Day » avec Keith Olsen à Los Angeles a été une expérience incroyable. Nous avons beaucoup appris et passé des moments fantastiques. Plus tard, nous avons également fait de superbes tournées où nous nous sommes tout simplement beaucoup amusés. Ce sont donc des souvenirs qui me restent particulièrement en mémoire. Bien sûr, il y a eu aussi des moments difficiles, mais avec le recul, je préfère me souvenir des bons moments. Plus de 40 ans avec un groupe, ça forge des tas d’histoires ! (Sourires)

– Qu’en est-il des musiciens du groupe qui t’accompagnent depuis quelques temps maintenant ? Comment ont-ils pris la nouvelle ? Et j’imagine que vous serez amené à vous revoir dans le futur…

Absolument. Alex Scholpp est avec SINNER depuis une quinzaine d’années et nous sommes aussi de bons amis dans la vie. Jim Müller et moi nous connaissons également depuis de nombreuses années. Moritz Müller est un batteur fantastique et j’ai beaucoup de plaisir à travailler avec lui. Ces relations ne disparaissent pas du jour au lendemain avec la fin de SINNER. L’alchimie entre nous est excellente, et je suis certain que nous continuerons à nous voir et probablement à collaborer dans différents contextes. La fin du groupe ne signifie pas la fin de nos amitiés.

– Pour cet ultime réalisation, tu as également réuni des invités de renom. On y retrouve surtout des chanteurs parmi les meilleurs du monde du Hard Rock et du Heavy Metal actuel. Qu’est-ce que cela représente pour toi de les avoir à tes côtés sur « Boom Bang Goodbye », qui reste un album spécial ?

A l’origine, je comptais chanter moi-même sur l’album, mais lorsqu’il est devenu évident que ce serait le dernier album de SINNER, j’ai pensé qu’il fallait en faire quelque chose de spécial. J’ai donc dressé une liste de chanteurs que j’apprécie beaucoup et qui ont un lien avec moi et avec le groupe. Presque tous ont immédiatement accepté. Michael Bormann (Bonfire, Bloodbound, Jaded Heart – NDR) était un choix évident, car nous nous connaissons depuis longtemps et avons déjà collaboré ensemble. Ronnie Romero (Lords Of Black, Rainbow, CoreLeoni – NDR) est un ami et un chanteur incroyable. Renan Zonta (Electric Mob – NDR) est fantastique, Björn Strid (Soilwork, The Night Flight Orchestra – NDR) a fait un excellent travail, et il y a aussi Erik Mårtensson (Eclipse – NDR) et Michael Sadler (Saga – NDR). Magnus Karlsson (Primal Fear – NDR) est non seulement un excellent guitariste, mais aussi un chanteur exceptionnel. Il a juste fallu que je le convainque de chanter ! (Rires) Pour moi, l’important était que cela ne ressemble pas à une simple collection de noms célèbres. Ce sont des musiciens que je respecte et avec qui j’ai une grande affinité. C’est ce qui rend leur présence sur le dernier album de SINNER si particulière.

– J’imagine que la fin de SINNER sera aussi l’occasion d’un concert un peu spécial, ou peut-être même d’une tournée. Est-ce que tu as déjà prévu quelque chose de ce côté-là ?

Il n’y aura pas de tournée. On envisage un dernier concert, si tout va bien, à l’été 2027. Si on le fait, je veux que ce soit parfait : un lieu exceptionnel, une organisation impeccable et, idéalement, un concert avec certains des membres qui ont fait partie de SINNER au fil des ans. Mais je ne souhaite pas faire une longue tournée d’adieu. Un dernier concert mémorable serait la meilleure façon de clore ce chapitre. Si on peut le réaliser comme je l’imagine, j’en serais ravi ! (Sourires)

– Enfin, un petit mot au sujet de Primal Fear, dont on attend le successeur de « Domination » avec impatience puisqu’un premier single, « One » est déjà sorti en février dernier. La sortie d’un nouvel album est-elle prévue pour cette année ?

Oui, Primal Fear continue son chemin. Nous avons déjà composé une vingtaine de nouveaux morceaux, donc les idées ne manquent pas. Nous travaillons actuellement sur le prochain album, mais il ne sortira pas cette année. Le nouvel album de Primal Fear est prévu pour avril 2027. Alors, même si SINNER tire sa révérence, je n’arrête certainement pas de faire de la musique ! (Sourires)

L’ultime album de SINNER, « Boom Bang Goodbye », est disponible chez Reigning Phoenix Music.

Photo : Eddi Bachmann (1)

Retrouvez la chronique du précédent album « Brotherhood »…

ainsi que celle de l’album « Code Red » de Primal Fear…

et de Voodoo Circle avec Mat Sinner :

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Glam Metal Hard Rock Sleaze

Zan/Cody : reconnected

Il y a quelques décennies maintenant, ces deux-là ont fait entrer la Suède dans l’ère du Glam et du Sleaze, grâce à un Hard Rock pêchu et accrocheur. Aujourd’hui, le frontman et le six-cordiste remettent le couvert avec le premier opus de ZAN/CODY, « Beautiful’n Damned », et il se murmure même qu’un deuxième est en cours d’écriture. L’alchimie est palpable et le talent vivace. Explosif et très contemporain, le duo a retrouvé ses marques et ne manque pas de repères.

ZAN/CODY

« Beautiful’n Damned »

(Frontiers Music)

Malgré trois albums seulement entre 1988 et 1993, Shotgun Messiah a laissé une empreinte forte dans le Hard Rock européen et surtout il fut précurseur du Glam Metal scandinave en ouvrant la voie à toute une génération, et même à d’autres depuis. De son line-up, on se souvent bien sûr du guitariste Harry Cody et du chanteur Zinny Zan, qui n’était pourtant présent que sur le premier effort éponyme, mais qui fut aussi le plus marquant. Et c’est dans cette perspective qu’est né ZAN/CODY, à savoir retrouver cette atmosphère aussi emblématique que particulière.

Bien sûr, les années ont passé et l’intention des deux Suédois n’est pas de livrer une réplique de leur ancien groupe. Et si on retrouve en partie le son qui a fait son succès, celui-ci s’est considérablement modernisé avec même un aspect presque futuriste, et un peu dérangeant. Car sur le papier, ZAN/CODY n’est crédité que des deux hommes, au chant et à la guitare. C’est-à-dire que le reste consiste en de la programmation, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour qui aime le Hard Rock brut et sincère. La production y est donc essentielle.

En la confiant à Chris Laney (Pretty Maids, Crazy Lixx, Ronnie Atkins), le duo a tapé dans le mille et l’esprit d’un Hard Rock moderne et mélodique est parfaitement restitué. Les riffs de Harry Cody sont précis et incisifs et ses solos survolent les morceaux. Quant à Zinny Zan, sa puissance vocale est intacte et a même très bien mûri avec le temps. ZAN/CODY ne s’interdit pas quelques éclairs Sleaze et Glam et avance même sur un train d’enfer (« Sever », « I Am The Shit », « She Walks With Violence », « Damn » et le morceau-titre). On attend la suite !

Photo : Tallee Savage

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Hard Rock

Escape The Hive : prolong the pleasure

En trouvant le juste milieu entre puissance et refrains fédérateurs, ESCAPE THE HIVE assume pleinement son amour pour un Hard Rock d’apparence légère, mais à la technique redoutable. Originaire de Phoenix, Arizona, le quatuor renoue avec un style originel avec élégance et intensité en insufflant un élan moderne sur des sonorités familières. « Fight Or Flight » frappe juste et fort et rappelle ô combien ce registre est toujours aussi rassembleur.

ESCAPE THE HIVE

« Fight Or Flight »

(Deko Entertainment/ Warner)

Trois ans après « This Is Gonna Sting », qui avait montré de belles choses et qui lui avait surtout permis d’enchaîner les concerts, ESCAPE THE HIVE s’affirme véritablement avec un deuxième effort plein de saveurs. Renouer avec le meilleur des années 80 semble la mission que s’est donné le groupe et de ce côté-là, « Fight Or Flight » montre beaucoup d’envie et la démarche est habillement menée. Riffs appuyés, solos virtuoses et mélodies imparables, l’ensemble est accrocheur, dynamique et d’une totale fraîcheur.

Il faut aussi préciser que les membres d’ESCAPE THE HIVE n’en sont pas à leur coup d’essai et qu’ils présentent tous une solide expérience. Au chant, on retrouve Michael Thomas Beck, qui a œuvré aux côtés de Jake E. Lee au sein de Red Dragon Cartel, l’ex-bassiste de D.L. Marble Paul Williams apporte de la rondeur, le chevronné Rich Hinshaw martèle ses fûts avec force et le fougueux Conrad Vareta livre des parties de guitares redoutables. A eux quatre, ils nous replongent à l’âge d’or du Hard Rock, aux grandes heures de Van Halen, Dokken, Warrant et d’autres, sans effet vintage.

Avec un frontman de cette trempe, les Américains possèdent un sérieux atout, mais c’est surtout la connexion entre les musiciens qui fait de « Fight Or Flight » un album dont on a du mal à se défaire. L’atmosphère est chaleureuse et entraînante, le groove constant et ce petit côté classique a quelque chose d’irrésistible. Concis et précis, ESCAPE THE HIVE ne cherche pas à réinventer le genre, mais plutôt à faire durer le plaisir (« Stings Like The Truth », « Around The Sun », « Skin And Bone », « Don’t Spill The Wine », « Oh Brother »). Un disque qui fait du bien !

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Hard Rock

Harsh : l’affirmation d’une identité

Petit à petit, la scène Hard Rock hexagonale commence à avoir fière allure, grâce à des groupes qui s’approprient avec talent un héritage essentiellement américains, tout en s’en éloignant judicieusement pour imposer une patte originale. HARSH est de ceux-là et ce nouvel album vient confirmer que leur entrée en matière n’avait franchement rien d’anecdotique. Il faudra dorénavant compter sur la formation de la capitale et « Feels » l’installe avec vigueur. Fédérateurs dans les refrains, musclés dans les parties de guitares, tout comme dans une rythmique implacable, les quatre musiciens sont aussi déterminés qu’irrésistibles.

HARSH

« Feels »

(Fireflash Records)

Certains penseront peut-être que HARSH se cherche toujours, que ce soit dans le style comme dans le son et ce n’est pas complètement faux. Avec ce deuxième opus, le quatuor a de quoi se montrer déroutant, même si on n’est pas non plus dans l’antithèse d’« Out Of Control », sorti en 2022. Quatre ans plus tard, et après avoir pas mal tourné, le combo a pris le temps de se pencher sur les sentiments qui l’ont traversé au fil du temps et le résultat se reflète sur « Feels », où une très nette évolution se ressent. Groove et Rock s’entremêlent harmonieusement.

Alors que le premier effort était clairement estampillé Glam Rock, celui-ci vise un Hard Rock moins festif et donc plus sérieux. On doit sans doute cette différence de ton à l’envie d’être plus costaud et massif. Et c’est réussi. Cela dit, la production effectuée par Hannes Braun, chanteur de Kissin’ Dynamite et qui a également travaillé avec BlackRain, y est sûrement pour beaucoup. HARSH a donc opéré un léger changement de cap et dans la sonorité, on se rapproche un peu plus des réalisations germaniques, forcément, mais aussi scandinaves.

Pour autant, les Parisiens n’ont rien perdu de leur sens de la mélodie et surtout de leur facilité à se rendre très accrocheurs. A grand renfort de chœurs bien placés et pas trop envahissants, ils prouvent que leurs influences sont bien dirigées et moins présentes. Le chant tout en puissance et en délicatesse guide des morceaux, où les guitares tiennent les rênes de ces nouvelles compositions. Entre riffs entraînants et solos plein de feeling, HARSH laisse aussi échapper un parfum très 80’s, sans pour autant tomber dans une nostalgie exacerbée. Fougueux et solide !

Retrouvez la chronique du premier album de HARSH :