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Heavy metal

Existance : un Heavy flamboyant

Dans un petit monde du Heavy Metal français un peu moribond, la formation de Clermont vient donner de quoi se réjouir en affichant beaucoup de conviction et de savoir-faire dans un bel élan. Et avec ce quatrième opus, EXISTANCE montre toute sa détermination, ainsi que sa qualité d’écriture. Bien ciselés, ces neuf nouveaux titres sonnent très actuels, sans occulter non plus des références évidentes, et apportent une fraîcheur et une vélocité plus que bienvenues. « Wildfire » est incandescent et promet des prestations enflammées, qui régaleront les fans.

EXISTANCE

«Wildfire »

(Verycords)

Petit à petit, et depuis 2008 déjà, EXISTANCE parvient à s’installer durablement sur le scène Heavy Metal hexagonale. Si le virage a été définitivement amorcé en 2021 avec « Wolf Attack », c’est aussi parce que le quatuor monte en puissance, avance sur un style plus personnel et surtout que la qualité d’interprétation se fait elle aussi plus précise et mieux calibrée. Julian Izard (chant, guitares), Antoine Poiret (guitares), Julien Robillard  (basse) et Gerry Carbonelle (batterie) ont mis cinq ans pour réapparaître avec « Wildfire », et celui-ci vient signifier un nouveau cap de franchi et une étiquette ‘underground’, qui se décolle également un peu avec le temps et l’expérience.

Ce quatrième album affiche donc puissance et mélodie avec un son qui s’est modernisé, même s’il rappelle toujours les glorieux fondateurs du genre, côté Angleterre surtout. Bien produit, « Wildfire » est tranchant et massif, preuve que les Français sont libérés de toute nostalgie. EXISTANCE joue toujours autant sur les twin-guitars (et on ne saurait lui en vouloir !), les riffs sont costauds et les solos jaillissent sans occulter les compositions elles-mêmes. Plus soudés que jamais, les quatre membres apportent leur contribution aux chœurs, et le volume gagné est également une belle marque d’unité.

L’expérience acquise au fil des années, que ce soit sur scène et en studio, se fait réellement sentir sur « Wildfire », tant la maîtrise est totale. EXISTANCE joue dorénavant dans la cour des grands et impose une identité bien à lui. Ce quatrième effort est vif et racé, le chant percutant et assuré, les guitares font corps, se complètent parfaitement et la paire basse/batterie a également pris du galon. Taillés pour la scène, les morceaux marquent une empreinte originale et très fédératrice (« Ocean’s Cry », « Eternal Trace », « See The Light », « Against The World », « Brighter Days » et le morceau-titre). Le combo s’affirme avec force et prouve qu’il faut désormais compter sur lui.

Photo : Michael Callewaert

Retrouvez la chronique de « Wolf Attack » :

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Hard Rock Hard'n Heavy

Joel Hoekstra’s 13 : le bon goût

Fort d’une carrière exemplaire qu’il l’a vu passer chez Night Ranger, Trans-Siberian Orchestra, Revolution Saints ou Whitesnake, tout en œuvrant aussi sur les albums de Michael Sweet, Amy Lee ou Jeff Scott Soto, et en ayant également sorti trois disques instrumentaux en solo, JOEL HOEKSTRA’S 13 paraît cependant le projet le plus personnel de Joel Hoektra. Son implication est entière et le Hard Rock qu’il présente lui ressemble vraiment. Avec » From The Fade », le quatrième opus de ce projet, il prouve que le temps n’a aucune emprise et que l’inspiration demeure vivace.

JOEL HOEKSTRA’S 13

« From The Fade »

(Frontiers Music)

Alors que l’album qu’il a composé pour la jeune chanteuse de Boston, Austen Starr, vient tout juste de sortir, le guitariste et songwriter continue de faire l’actualité et fait son retour avec son projet solo, JOEL HOEKSTRA’S 13. Enfin, solo est une façon de parler, puisqu’il n’est pas seul du tout et il est même franchement très bien accompagné. Il a, en effet, monter un groupe de cadors et cela s’entend. Ce sont d’ailleurs les mêmes pointures présentes sur les trois précédents albums. Un line-up qui s’est solidifié et dont la complémentarité est une force ici encore.

Sans surprise donc, on retrouve Vinnie Appice derrière les fûts, Tony Franklin à la basse, Derek Sherinian aux claviers, Girish Pradham au chant et même Jeff Scott Soto en choriste de luxe. La formation a fière allure et ce JOEL HOEKSTRA’S 13 continue d’évoluer dans un Hard’n Heavy, ou Heavy Rock, qui lui va bien et qui résume bien les goûts et l’univers du musicien de l’Illinois. « From The Fade » est un album de Hard Rock assez classique, peu surprenant, mais l’interprétation suffit à elle seule pour passer un bon moment.

Mélodique et puissante, cette quatrième réalisation brille surtout par la virtuosité des musiciens, appuyée par une complicité évidente et très plaisante. En bon patron, le six-cordiste déclenche une avalanche de riffs bien sentis et au groove chaleureux. Côté solos, il ne fait pas tellement étalage de sa technique, malgré un talent rare et évident. C’est en groupe surtout que JOEL HOEKSTRA’S 13 brille et sait se montrer accrocheur et fidèle à une certaine vision du Hard Rock du siècle dernier, mais jouée avec fougue et beaucoup de modernité dans la production.

Photo : Mike Polito

Retrouvez les chroniques des deux derniers albums :

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Blues Rock

Spencer Mackenzie : golden Blues

Explosif et d’une incroyable fraîcheur, « Empty Chairs » laisse éclater tout le talent de SPENCER MACKENZIE, dont l’approche est plus assurée que jamais. Audacieux, percutant et surfant sur un belle énergie, le bluesman est à mille lieux du débutant que l’on avait découvert en 2016. Soliste exceptionnel et distillant avec beaucoup de naturel des riffs accrocheurs, il rayonne littéralement dans une atmosphère emprunte de Soul et très personnelle. Il s’impose avec beaucoup de classe et compte parmi les meilleurs de sa génération.

SPENCER MACKENZIE

« Empty Chairs »

(Gypsy Soul Records)

Que l’époque où le chanteur-guitariste faisait son apparition avec « Infected With The Blues » paraît lointaine. C’était il y a dix ans et le jeune Canadien surgit aujourd’hui avec son quatrième album. Du haut de ses 25 ans, SPENCER MACKENZIE reste impressionnant et, loin de faire dans l’exhibition technique comme certains, il laisse surtout parler son feeling et sa créativité. Et avec « Empty Chairs », il touche déjà un sommet de sa courte carrière. Délicat et puissant, son Blues Rock est complet et il atteste de manière flamboyante qu’il a toujours été très prometteur.

Malgré son âge, il s’est déjà forgé un style très personnel, faisant la jonction entre le Blues traditionnel et l’aspect très moderne du genre. Et si ses références sont assez évidentes, SPENCER MACKENZIE s’en sert pour mettre en lumière son jeu et surtout une vision bien à lui. En témoigne d’ailleurs la reprise de « Don’t Know Where I’m Going » du grand Rory Gallagher. Acoustique et presque Folk dans sa version originale sortie du « Deuce » en 1971, elle se retrouve ici, sans harmonica, enveloppée d’une chaleur incroyable et d’arrangements très soignés.

Ce qui est également saisissant sur « Empty Chairs », outre la maturité du songwriting, c’est le contraste entre une musique enjouée et dynamique et des textes assez sérieux et souvent sombres (« Frozen Hearts », « Shoot Me Down », « Till I Get To You » et le morceau-titre). Très bien produit par le guitariste de The Commoners, Ross Hayes Citrullo, ce nouvel opus de SPENCER MACKENZIE nous en dit encore un peu plus sur le six-cordiste venu d’Ontario et il s’affiche comme une belle étape dans un parcours sans faute. Magistral et virtuose.

Photo : SG Wills Photography

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Stoner Metal Stoner Rock

Wolftooth : hungry guys

Changement de label et de batteur, il n’en fallait pas plus à la formation de Richmond dans l’Indiana pour retrouver toute sa vigueur, et même un nouveau souffle, et livrer « Wizard’s Light », probablement sa meilleure réalisation depuis la première en 2018. Epais et robuste, le Stoner du combo ne manque de précision, ni d’impact. Et sans négliger l’aspect mélodique et accrocheur, WOLFTOOTH se montre intense et terrassant, oscillant avec habileté entre un Metal racé et un Rock musclé.

WOLFTOOTH

« Wizard’s Light »

(Ripple Music)

Ce quatrième album de WOLFTOOTH marque le retour au bercail, chez Ripple Music où tout a commencé, après une surprenante embardée chez Napalm Records. Depuis « Blood & Iron » sorti il y a quatre ans, il a également changé deux fois de batteur et c’est désormais Shane Shook qui œuvre derrière les fûts, après l’intermède de deux ans assuré par Casey Wainright. Les Américains sont aujourd’hui en ordre de marche avec Chris Sullivan (chant, guiatre), Jeff Cole (guitare), Jeremy Lovins (guitare) et Terry McDaniel (basse). Un line-up qui a fière allure… même à quatre sur la photo.

« Wizard’s Light » confirme de bonnes intentions sans doute nées de tous ces changements et WOLFTOOTH semble même plus aguerris que jamais. Pourtant, pas de bouleversements musicaux, le Stoner Metal du groupe est toujours aussi puissant et incisif, et c’est surtout dans la volonté et la créativité que tout se joue. Les références lorgnent encore vers la NWOBHM, un Hard Rock très 70’s et bien sûr le Black Sabbath de la première période, notamment dans le chant de son frontman. Captivant dans sa narration également, les guitares résonnent fort et juste sur ce nouvel opus.

L’intro « Hymn Of Belgarath » plante le décor et sert de rampe de lancement pour « Sightless Archer », qui vient déjà tout bousculer. Sur un rythme effréné, WOLFTOOTH est totalement libéré et son Stoner débridé laisse le charme agir. La rythmique est brute et aussi lourde que rapide, tandis que les guitares font le show entre riffs tranchants, twin-guitares relevées et solos plein de feeling (« Darkness Path », « Wizard’s Light », « Armor Of Steel », « War Brigade », « Bloodline »). Le quintet poursuit l’aventure avec beaucoup d’assurance et fait cohabiter Heavy Metal et Hard Rock dans un Stoner rutilant.  

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Blues Rock Southern Blues

Laura Cox : quel allant !

Toujours aussi virtuose, LAURA COX enchaîne les disques avec régularité et surtout sans faux pas. Entre Blues et Rock, teinté de saveurs Southern et Bluegrass, « Trouble Coming » vient inscrire un nouveau chapitre dans la carrière de l’artiste française. Sans complexe et osant marier sincérité et puissance, elle fait preuve d’une aisance grandissante à laquelle rien ne semble résister. Sa soif de découverte paraît même inépuisable, tant ce quatrième effort est d’une diversité devenue rare dans le registre. Une créativité à toute épreuve !

LAURA COX

« Trouble Coming »

(earMUSIC/Verycords)

Habituée des lieux depuis « Burning Bright » (2019), LAURA COX a repris la route direction Bruxelles et les studios ICP, où elle avait concocté « Head Above Water » il y a deux ans pour une partie de l’enregistrement seulement. Cela dit, toujours en quête de nouvelles sonorités, notre guitare-héroïne se distingue à nouveau avec un quatrième album qui va encore plus loin et qui la révèle un peu plus musicalement. Différente sur chaque réalisation, tout en affirmant un style bien à elle, sa personnalité et son naturel prennent de nouvelles voies à travers sa trajectoire bleutée.

Bien sûr, il est toujours question de Blues sur « Trouble Coming », dont le titre ne signifie pas forcément qu’elle revienne à un registre tirant sur le Hard. Ce nouvel opus fait, au contraire, dans la nuance. Et même si la guitariste et chanteuse sait toujours montrer les crocs en distillant des riffs bien tranchants, elle développe aussi une touche très mélodique et plus féminine, comme ce qu’elle avait déjà amorcé précédemment. Avec un songwriting encore plus convaincant, LAURA COX laisse parler ses guitares avec précision et fluidité.

C’est avec Jean-Marc Pelatan aux manettes qu’ont été conçus les onze nouveaux morceaux et la chaleur et l’authenticité à l’œuvre rendent « Trouble Coming » très organique et vivant. On note également la participation au mastering du multi-récompensé Ted Jensen sur quelques morceaux. Et si cette belle production honore ses compositions, c’est surtout le talent de LAURA COX qui prend le dessus (« No Need To Try Harder », « Dancing Around The Sun », « Inside The Storm », « Out Of The Blue » et son banjo, « A Way Home », « Rise Together »). Sensible et très Rock ! 

Photo : Li-Roda-Gil

Retrouvez LAURA COX en interview :

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Heavy Rock Stoner Doom

Friensdhip Commanders : un coup de griffe

Tout en menant une belle carrière solo et divers projets en parallèle, la chanteuse, guitariste et songwriter Buick Audra poursuit l’aventure FRIENDSHIP COMMANDERS avec le batteur et bassiste Jerry Roe qui, de son côté, enchaîne les sessions studio sur un rythme soutenu. A eux deux, ils élaborent un Heavy Rock aux accents Stoner et Metal et avec « Bear », ils sont parvenus à une synthèse très solide, cohérente et mélodique. Intelligent, solide, accessible et plein de finesse, ce nouvel effort ouvre des brèches où il fait bon se perdre.

FRIENDSHIP COMMANDERS

« Bear »

(Magnetic Eye Records)

Après quatre EPs et une flopée de singles depuis dix ans, le duo de Nashville sort son quatrième album, « Bear », et il ne manque pas de saveur. En effet, la chanteuse et guitariste Buick Audra et le batteur, bassiste et claviériste Jerry Roe ont concocté, et aussi coproduit, dix nouveaux titres, qui se dévoilent un peu plus à chaque écoute. Entre Heavy Rock et Stoner Doom, FRIENDSHIP COMMANDERS froisse les étiquettes autant qu’il les rassemble pour obtenir un univers artistique très singulier, où le Sludge côtoie aussi le Hard-Core très naturellement.

Malgré son aspect expérimental, « Bear » est d’une grande fluidité et d’une liberté totale. Il faut aussi préciser que le tandem est aussi ardent qu’expérimenté et reconnu. Auréolée de deux Grammy Awards, Buick Audra est une songwriter accomplie, tandis que Jerry Roe est l’une des batteurs les plus demandés. Avec FRIENDSHIP COMMANDERS, ils jouent sur les contrastes en confrontant les styles. Et ils finissent par faire de ces apparentes contradictions un épanouissement musical, qui défie les codes et explose dans un Rock musclé et accrocheur.

Deux ans après « Mass », « Bear » se montre assez insaisissable et pourtant, il y a une réelle unité artistique chez les Américains. Grâce à la puissance et la polyvalence vocale de sa frontwoman, FRIENDSHIP COMMANDERS œuvre dans un Heavy Rock qui emprunte autant au Grunge qu’au Metal, ce qui en fait un modèle d’éclectisme, tout en maîtrise (« Keeping Score », « Dripping Silver », « Midheaven », « Dead & Discarded Girls »). Energétique,  épais et positif, ce nouvel opus porte bien son nom et on se régale littéralement d’autant de créativité.

Photo : Jamie Goodsell

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Blues Country R&B Soul

Marcus King Band : the great South

Détaché de l’atmosphère très intimiste et assez sombre de son précédent effort solo, « Moon Swings », le natif de Caroline du Sud retrouve la lumière et remet surtout sur les rails le génial MARCUS KING BAND. Si certains tourments demeurent, « Darling Blue » présente une nouvelle dynamique, toujours très sudiste, mais plus festive où sa guitare côtoie les violons, les banjos et les cuivres dans une belle harmonie. Directes et organiques, ces nouvelles chansons sont d’une authenticité absolue et guidées par une voix touchante et sincère. Il n’en finit plus de surprendre et aussi de faire des choix artistiques audacieux.      

MARCUS KING BAND

« Darling Blue »

(American Recordings/Republic Records/Universal)

Il semblerait que l’empreinte de Nashville, où il est installé depuis un moment maintenant, ait une emprise grandissante sur le jeu et surtout les envies musicales de MARCUS KING. On n’en voudra pourtant pas au bluesman de s’imprégner de son environnement direct, puisque cela le mène dans des contrées où il excelle également. Preuve en est que le jeune homme, qui approche la trentaine, est d’une rare polyvalence et a aussi une faculté d’adaptation hors-norme, car « Darling Blue », s’il reste très bluesy, avance dans une lignée Honky Tonk marquée par la Country. D’ailleurs, les guest présents ici sont directement issus du sérail, ou très proches. 

Il faut aussi souligner que « Darling Blue » marque le grand retour du MARCUS KING BAND, que le guitariste avait mis en sommeil depuis 2016 après un excellent album éponyme. Après presque dix ans passés an solo, et qui lui ont tout de même valu ses plus grandes récompenses, il retrouve des musiciens qu’il n’a jamais vraiment quittés et qui restent un socle inamovible de sa musique, quand bien même elle a pu prendre des chemins de traverse souvent surprenants. Pour ce quatrième opus en groupe, la tonalité est donc plus Country-Rock et Blues avec aussi quelques douceurs R&B très touchantes qui surgissent toujours (« Carolina Honey », « No Room For Blue »).

L’entame de « Darling Blue » est très marquée de Country et de Honky Tong, avant de revenir à des chansons plus imprégnées de Blues et de Soul. Il faut dire que les présences de Jamey Johnson et Kaitlin Butts (« Here Today »), puis Jesse Welles (« Somebody Else ») y sont pour beaucoup. On retrouve d’ailleurs aussi Billy Strings plus tard sur une version ‘Nashville’ de « Dirt ». Sur « The Shadows », Noah Cyrus, fille de et sœur de, qui vient poser un beau duo très aérien entouré d’un MARCUS KING BAND rayonnant. Décidemment plein de surprises, ce nouvel opus montre à quel point l’univers du musicien est d’une grande richesse et qu’il ne cesse de se renouveler brillamment.

Retrouvez les chroniques de ces derniers albums précédents :

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Contemporary Blues Soul

Christone ‘Kingfish’ Ingram : bluesy highway

Avec un tel potentiel et une virtuosité sans faille, CHRISTONE ‘KINGFISH’ INGRAM s’est forgé une belle réputation, loin d’être usurpée. Capable de faire parler la poudre comme d’être d’une finesse absolue, l’Américain parrainé par les plus grands poursuit son chemin avec élégance et beaucoup de raffinement dans le jeu. Six-cordiste polymorphe et chanteur délicat, c’est avec « Hard Road » qu’il fait son retour. Un opus très personnel sur lequel il ne se refuse rien, n’en fait pas trop, mais où il pèche par un manque d’accroche récurrent. On reste cependant sous le charme de ce futur très grand du Blues. 

CHRISTONE ‘KINGFISH’ INGRAM

« Hard Road »

(Red Zero Records)

Du haut de ses 26 ans, CHRISTONE ‘KINGFISH’ INGRAM affiche une carrière assez incroyable, et même s’il se présente avec son troisième album studio (auquel il faut ajouter « Live In London » en 2023), il fait déjà figure de vieux routard du Blues. Originaire de Clarksdale, épicentre du légendaire Mississippi Delta, il fait ses armes très tôt pour ensuite enchaîner un nombre incalculable de featuring en jouant sur les disques de Devon Allman, Eric Gales, Popa Chubby, Ally Venable, Albert Castiglia, Buddy Guy ou Keb’ Mo’ notamment, sans compter qu’il a partagé la scène avec les plus grands noms. Le jeune homme a donc un solide bagage.

Lauréat d’un Grammy Award du meilleur album de blues contemporain en 2022 pour « 662 », il est déjà considéré comme l’un des bluesmen incontournables et ce n’est donc pas très surprenant de le voir sortir « Hard Road » sur son propre label, Red Zero Records. Une émancipation précoce là aussi. Evoluant dans un registre très actuel, CHRISTONE ‘KINGFISH’ INGRAM excelle autant dans des sonorités très Rock que d’autres plus Soul et presque Gospel. Redoutable guitariste, il n’a pas son pareil pour enflammer un morceau et lui donner instantanément du relief. Il électrise un titre en quelques accords et c’est là toute sa force.

Enregistré entre les Royal studios de Memphis, à Santa Monica et à North Hollywood sous la houlette de Tom Hambridge, Nick Goldston et Patrick Hayes, « Hard Road » est donc, et légitimement, très attendu. Une fois encore, ses parties de guitares sont somptueuses, son chant aussi a pris du coffre et de l’assurance, mais c’est du côté de la composition que réside la plus grande inconnue. Bien sûr, l’âge de CHRISTONE ‘KINGFISH’ INGRAM est un élément important, qui vient expliquer certaines facilités sur la longueur et, par conséquent, une absence de piment, de vécu et d’homogénéité. Mais l’attente est-elle peut-être trop forte ?

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Hard'n Heavy Melodic Metal

Sole Syndicate : une personnalité affirmée

Les Suédois prennent de la hauteur et haussent le ton, c’est en tout cas ainsi qu’on pourrait définir « The Reckoning » s’il n’était pas aussi fin dans son interprétation comme dans son écriture. Ce quatrième effort est terriblement efficace et accrocheur, preuve d’une maturité et de beaucoup de certitudes quant à la direction à mener. SOLE SYNDICATE a parfaitement cerné les contours de son Melodic Metal et se montre intraitable dans son exécution. En variant les sensations et les tempos, il s’affiche comme l’un des meilleurs groupes du genre et laisse exploser un caractère bien trempé.

SOLE SYNDICATE

« The Reckoning »

(El Puerto Records)

Et si ce quatrième album de SOLE SYNDICATE était enfin celui de la consécration sur la scène Metal européenne ? C’est en tout cas ce que laisse entrevoir « The Reckoning », qui montre le quatuor à un pic créatif évident. Trois ans après l’enthousiasmant « Into The Flames », le style est peaufiné, épuré au niveau des compositions, jadis parfois un peu pompeuses, pour revenir à l’essence-même du Melodic Metal, dont leur terre de Scandinavie est un vivier inépuisable et surtout porteuse de l’ADN du genre. Tonique et multipliant les émotions, ces dix nouveaux titres montrent une force et une assurance indiscutable.

Toujours mené par son fondateur, chanteur et guitariste Jonas Månsson, qui offre une performance incroyable et s’impose en leader incontestable, SOLE SYNDICATE avance pourtant d’un seul homme et sans la moindre hésitation. Si la voix à la fois ferme et touchante du frontman captive et séduit, la force du combo réside dans sa faculté à marier la puissance d’un Hard Rock tirant sur le Heavy avec des atmosphères plus planantes, guidé par un sens de la mélodie très travaillé, qui donne à « The Reckoning » une sorte d’évidence dans son déroulé. Tranchant et subtil, l’ensemble est minutieux et solide.

Produit en collaboration avec Jakob Herrmann, qui a notamment travaillé avec Evergrey et Art Nation, ce quatrième opus voit aussi la claviériste Katja Rasila prendre un peu plus de place au niveau du chant (« Love Is Only »), et c’est d’ailleurs une piste que SOLE SYNDICATE devrait explorer un peu plus sérieusement. Sur un groove musclé et une profondeur vocale envoûtante, les guitares sont explosives, serrées et toujours au service des morceaux (« On The Back Of A Angel », « The Way That You Are », « The Voice Inside », « The Mob Rules », « Rise Like A Phoenix », « Eye Of The Storm »). Moderne et audacieux, tout y est !   

Retrouvez la chronique de « Into The Flames » :

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Heavy Stoner Psych

Bask : Appalachia’s vibes

Chaque production de la formation de Caroline du Nord est une nouvelle exploration. Avec « The Turning », elle continue avec beaucoup de robustesse et des rythmiques appuyées sa belle aventure. Basé sur un Stoner Rock aux teintes sudistes, l’univers de BASK est aussi complexe que ses contours sont parfois si nombreux que l’on peut s’y perdre. Pourtant, l’unité artistique des Américains est évidente et c’est ce côté insaisissable qui la rend justement irrésistible.

BASK

« The Turning »

(Season Of Mist)

Il y a déjà un peu plus de dix ans, BASK faisait son apparition avec « American Hollow » (2014), un premier album audacieux qui affichait déjà beaucoup d’ambition. Depuis, le groupe n’a pas revu ses prétentions à la baisse, « Ramble Beyond » (2017) et « III » (2019) attestant de sa grande créativité. En l’espace de trois réalisations, il a créé ce qu’il nomme lui-même de la ‘Heavy Americana’, un style qui est le point de rencontre entre le Roots Rock, le Psychédélique, le Stoner et le Desert Rock avec une touche Southern des Appalaches.

Cela dit, même si toutes ces sonorités sont présentes, et auxquelles on peut aussi ajouter un soupçon de Space Rock, considérer que BASK fait partie de la grande famille Heavy Stoner Psych résume assez bien les choses. Et « The Turning » s’inscrit parfaitement dans cette veine aussi solide que tourbillonnante. Puissant et aérien, ce nouvel opus accueille également le guitariste Jed Willis, qui brille ici par son jeu de pedal steel et projette les morceaux dans une dimension encore plus Psych. Les tessitures s’y multiplient et sont sinueuses.

Le voyage commence dès d’intro et promet d’entrée de jeu d’être immersif. « The Turning » est une sorte de labyrinthe musical, où se succèdent des atmosphères liées par un chant qui tient lieu de guide. Avec un aspect compact, BASK se montre très changeant tout en gardant un cap hypnotique (« In The Heat Of The Dying Sun », « The Traveler », « Unwound », « Dig My Heels », « Long Lost Night » et le morceau-titre). Dans un élan cosmique, le quintet se fait narratif, Sludge, progressif et même Folk. Une véritable prouesse d’ingéniosité.

Photo : Garrett Williams