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Blues Rock

Erja Lyytinen : scenic flashbacks

Généreuse et enflammée, la virtuose guitariste venue du grand Nord a célébré son anniversaire avec panache, se faisant plaisir sur scène, mais surtout en offrant à son public une prestation intense. Avec 13 albums studios et ce cinquième live à son actif, ERJA LYYTINEN est parvenu à braquer les projecteurs sur son Blues Rock, bien sûr, mais aussi son pays. La compositrice a également imposé un style très identifiable, finalement assez éloigné des standards habituels dans les mélodies notamment. Ce « 50th Birthday – Live 2026 » vient ponctuer une carrière exemplaire, toujours pleine de surprises, et explosive.

ERJA LYYTINEN

« 50th Birthday – Live 2026 »

(Tuohi Records)

Lorsque la fougueuse chanteuse et guitariste fête son anniversaire, elle ne fait pas les choses à moitié. Tout d’abord, c’est dans le bel écrin de la ‘House of Culture’, surnommé ‘Kultsa’ à Helsinki qu’elle a soufflé ses bougies devant un public acquis et enthousiaste. Comme on le comprend ! Le 21 mars dernier, ERJA LYYTINEN a donc offert un beau cadeau à ses fans à travers une performance comme toujours électrique et pleine d’émotion. Pendant 90 minutes, la musicienne a parcouru sa discographie, et l’on mesure ainsi facilement son statut d’icône nationale dans sa Finlande natale.

A travers 15 morceaux soigneusement sélectionnés, on replonge dans la belle carrière de la blueswoman. Forcément, toutes ces chansons sont autant de moments qu’ERJA LYYTINEN joue et vit intensément. Parmi elles, on retiendra « One Thing I Won’t Change », sur laquelle le bassiste Sami Yaffa (Hanoï Rocks, New York Dolls, Joan Jett) l’accompagne aussi aux chœurs. Un beau moment de complicité. Bien sûr, et vu la proximité d’avec son dernier album studio en date, on retrouve plusieurs titres de « Smell The Roses ». Un disque qui vient marquer le second cadeau.

En effet, c’est un double-live qu’offre la Scandinave avec un autre concert enregistré durant sa dernière tournée au ‘Tempo’ de Mikkeli, toujours en Finlande, et en octobre 2025 cette fois. L’ensemble est plus Rock, à l’image de « Smell The Roses », et ERJA LYYTINEN est fascinante sur « Dragonfly », « Abyss », « Stoney Creek », « The Ring », le délicat « Empty Hours », sans oublier les versions dantesques de « You Talk Dirty » et « Wedding Day », désormais des classiques de son répertoire. Rayonnante, la rockeuse fait vibrer le Blues avec une approche nordique irrésistible.

Photo : Elsa Wellamo

Retrouvez l’interview d’ERJA LYYTINEN à l’occasion de la sortie de « Smell The Roses »…

… Et les chroniques de ses récents albums :

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Classic Rock Hard 70's International

The Flynts : forever free [Interview]

Immortalisé dans l’une des salles les plus emblématiques de leur capitale en mars dernier, et avant même la sortie d’un premier album studio (ce qui en dit déjà long), le « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels » de ces quatre jeunes musiciens a franchement de quoi renverser la table. D’ailleurs, le public ne s’y est trompé lors de cette soirée mémorable. Dans les pas des pionniers du Rock 70’s, THE FLYNTS s’impose avec naturel et élégance dans un Classic Rock pêchu, mélodique et incandescent. Raphael Rufo (chant), Guillaume Lamont (guitare), Matthijs Machtelinckx (basse) et Gael Thiry (batterie) incarnent littéralement le renouveau d’un style intemporel et inépuisable, également en pleine effervescence depuis quelques temps. Et si les fondations sont solides, inébranlables et vite identifiables, c’est la touche du quatuor qui fait toute la différence. Sans artifice, ni calcul, le Classic Rock des Belges n’a rien poussiéreux, il regorge au contraire d’une énergie et d’une liberté absolue. Rencontre avec un quatuor, dont on n’a pas fini d’entendre parler…

– Avant de parler de cet incroyable album live, j’aimerais que l’on revienne sur votre parcours, qui est d’ailleurs encore très frais. On vous a découvert avec « First Spark » en 2024, puis avec le single « Tee Party » l’année suivante et enfin le tout dernier « Smoke And Mirrors » que vous aviez d’ailleurs présenté lors de ce concert à l’Ancienne Belgique. On a vraiment le sentiment dès que dès le départ, vous saviez ce que vous vouliez jouer. Le désir était-il de retrouver le piment des 70’s dans une version contemporaine ?

La volonté de faire la musique qu’on aime sans se demander si on allait trouver notre public et sans compromis a été le point de départ de THE FLYNTS. Depuis le début, l’idée est de retrouver le piment, l’étincelle et l’âme de la musique de cette époque en y apportant notre touche, ce qui rend les morceaux inévitablement plus contemporains. A force de composer, plus la direction s’est concrétisée, plus cette touche contemporaine dans les toplines et dans les refrains accrocheurs s’est imposée naturellement, un peu comme notre marque de fabrique. Aujourd’hui, on pense pouvoir dire que THE FLYNTS propose quelque chose d’authentique en construisant sur les fondations de ses idoles.

– Ce qui est d’ailleurs assez étonnant, c’est que l’on assiste aujourd’hui à un certain revival de ce Rock 70’s et d’un Classic Rock hors d’âge au moment-même où l’IA fait son intrusion jusque dans la création. Y voyez-vous un signe, et votre démarche est-elle aussi finalement un beau pied-de-nez à cette époque aussi curieuse qu’instable ?

C’est la plus belle des réponses à cette période étrange que l’on traverse. Dans une époque où tout doit être mis dans une case, où il devient parfois difficile de distinguer le vrai du faux, on voit de plus en plus fleurir des projets tellement uniques et singuliers. Ce n’est certainement pas un hasard si ce style de musique reprend du poil de la bête. Les gens sont à la recherche d’authenticité, du fameux grain de folie qu’on pouvait retrouver dans le Rock des années 70. La richesse et la liberté dont jouit la musique de cette époque font office de certification ‘Human-made’.

– Parlons de ce « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels », qui est si brûlant que l’on croirait presque assister à une ‘release party’, tant l’accueil du public est phénoménal. Vous attendiez-vous à une telle soirée et surtout à un tel enthousiasme de la part de vos fans ?

Cette soirée reste encore un mystère à plein d’égards. La vitesse à laquelle se sont écoulés les tickets (sold-out en deux semaines seulement) a été une immense surprise pour nous. Néanmoins, cela nous a rapidement conforté dans le fait que les gens qui seraient là seraient bouillants dès les premières notes. Les cris assourdissants bourdonnent encore dans nos oreilles et la puissance de l’amour qu’on a reçu ce soir-là nous a complètement emportés. Quel bonheur fou d’entendre la foule s’époumoner sur nos morceaux et entonner nos refrains.

– Justement, lorsque l’on sait que le concert va donner lieu à une captation en vue d’un album live, est-ce que la préparation est différente de celle d’un concert ‘classique’ et y a-t-il un peu plus de pression ? Ou est-ce qu’une fois monté sur scène, on oublie tout ?

Oh que oui ! On s’est énormément préparés, avec deux résidences pour caler les sons, préparer la setlist idéale et tous les petits détails qui font la différence pour ce genre de concert. La pression s’est également invitée à la soirée, mais une fois un pied posé sur les planches et après les premières notes de guitare, la magie du live emporte tous les doutes. Tout disparaît et pendant une heure quinze, on vit avec le public un moment suspendu sans penser à quoi que ce soit, en laissant nos tripes sur scène. C’est en réécoutant le live que l’on redécouvre cette soirée et que l’on redécouvre l’état de trans dans lequel on était tous ce soir-là.

– D’ailleurs, l’album comporte 14 chansons, alors que vous n’en avez sorti que six. Comment se conçoit une telle playlist ? Est-ce qu’on pense d’abord au concert en lui-même et au public qu’il faut faire voyager d’une certaine manière, ou est-ce l’organisation des morceaux qui prime avec en ligne de mire l’album qui va suivre ?

Le live prime toujours pour nous. C’est réellement là que tout prend son sens. THE FLYNTS ne pourrait pas exister sans la perspective de jouer nos morceaux en concert. C’est pour ça que c’était aussi important pour nous d’immortaliser ce moment et de le partager avec le public. La phrase qu’on entend le plus à la fin de nos concerts est : ‘Je vous aimais déjà bien en vous écoutant sur les plateformes, mais alors en live, ça prend encore une toute autre dimension’. Et c’est ce qui se ressent dans l’album. La volonté était avant tout de gravé dans les mémoires cette nuit du 31 mars 2026. Et le fait d’avoir beaucoup de morceaux que les gens ne peuvent pas encore écouter chez eux rend le moment d’autant plus euphorique pour eux, le concert entier est une grande découverte.

– Cet album live sort très rapidement dans votre discographie, avant même un enregistrement studio complet. C’est très audacieux, d’autant que vous l’éditez aussi en double vinyle à une époque où règnent les plateformes. Est-ce l’énergie que vous avez recherché en premier lieu, car vos précédentes sorties avaient elles aussi une saveur très live ?

Ce n’est pas conventionnel, ça c’est clair. THE FLYNTS est comme un volcan sur le point d’entrer en éruption. En effet, notre premier single « White Lava » transpirait déjà d’une énergie live, car il avait été enregistré en situation live, tous ensemble dans la même pièce. Bien que cela puisse sembler audacieux pour d’autres, c’était assez naturel et logique pour nous que le premier long projet soit un album live. C’est ce qui capture le mieux l’essence de notre groupe. Pour revenir sur le sujet du vinyle, on était obligé… on nous l’a tellement demandé ! (Rires) Plus sérieusement, on a la chance d’avoir un public qui accorde encore beaucoup d’importance à honorer cette tradition du support physique, et on ne peut que les remercier. C’est comme ça qu’on est tombé amoureux de cette musique, à travers la collection de vinyles de nos parents, donc avoir notre propre 33 tours live, c’était comme un rêve de gosse qui se réalise.

– Un mot aussi sur cette reprise de Mountain avec l’un de ses classiques, « Mississippi Queen », sorti en 1970 sur le premier album. J’imagine qu’il ne doit rien au hasard, car pour qui ne le connaîtrait pas, il se fond parfaitement dans le set. Est-ce un exercice auquel vous vous prêtez régulièrement, celui de jouer de grands morceaux du répertoire Classic Rock ? Ou cette chanson a une saveur particulière pour vous ?

Ça nous fait infiniment plaisir que tu dises que la chanson se mêle parfaitement dans le set, parce qu’il y a eu un vrai travail de réappropriation du morceau. Si on veut intégrer une cover au set, notre objectif est que soit les gens ne se rendent même plus compte que c’est une cover, soit qu’ils saluent la proposition. Ce n’est pas un exercice que l’on fait très souvent et quand on le fait, on veut absolument amener le morceau dans notre univers. « Mississippi Queen », au-delà d’être un immense classique, est aussi un vrai coup de cœur. Donc, tout en respectant le morceau, on a voulu l’emmener dans notre univers. On s’est creusé la tête et on est super contents de tous les bons retours qu’on a de cette reprise.

– Par ailleurs, il se dégage une folle énergie sur ce live et également une réelle communion avec votre public. Cet esprit de liberté que vous transmettez très bien fait que l’on n’est pas franchement étonnés que vous soyez en autoproduction. Une signature sur un label n’est pas encore à l’ordre du jour ?

On ne se ferme aucune porte à l’heure actuelle et je dirais même que la porte est grand ouverte. On n’est pas du tout fermés à une signature avec un label. Si nous en intéressons un qui comprend notre vision, ça pourrait nous permettre d’aller encore plus vite et nous pousser à lancer des projets encore plus fous. L’important est la communication et pouvoir continuer à véhiculer cet esprit de liberté dont tu parles dans ta question, parce que c’est pour ça que notre public se déplace pour nous voir.

– Vous êtes également en train de travailler sur votre premier album studio et on y reviendra, car j’aimerais d’abord que vous évoquiez le changement de line-up intervenu cet été. Vous accueillez donc Guillaume Lamont à la guitare et Matthijs Machtelinckx à la basse. Que s’est-il passé et n’est-ce pas trop compliqué de reprendre avec une formation remaniée alors qu’un enregistrement se profile ?

Boris et Luca sentaient le besoin de prendre de la distance avec la musique, et surtout avec ses contraintes et ses pressions en général. Ils sont arrivés à une phase de leur vie, où ils souhaitaient réallouer plus de temps à leur vie personnelle. Un projet comme THE FLYNTS est devenu chronophage et énergivore, et cela devenait difficilement incompatible avec leurs aspirations personnelles. La transition n’a pas été de tout repos, car il y avait beaucoup de choses à préparer, mais elle s’est déroulée dans un cadre assez tranquille et dans le respect des aspirations de chacun. Boris et Luca nous ont laissé le temps de trouver des membres totalement alignés avec la vision du groupe et surtout qui sont plus motivés que jamais, avant de partir.

Heureusement, Guillaume et Matthijs sont tous les deux de vrais amoureux de Classic Rock, qui partagent nos influences et vivent la musique jusqu’au bout des ongles. Ils rendent la transition très simple par leur immense expérience. Ils ont tous les deux un CV bien rempli. On peut notamment citer les premières parties de Wolfmother, de DeWolff, mais également une tournée européenne en première partie de Royal Blood. Cela les a amenés à fouler les planches de salles et de festivals mythiques tels que ‘RockWerchter’, ‘AncienneBelgique’, ‘LottoArena’, etc…

En plus de ça, il y a tout de suite eu l’étincelle entre nous. Guillaume est très proche de notre producteur Mario Goossens et, dès que nous nous sommes mis à la recherche de nouveaux membres, il a immédiatement pensé à lui. Très rapidement, on s’est appelé, on a discuté autour d’un verre et finalement, en répétition, la magie a immédiatement opéré. Notre priorité étant de compléter le groupe par un duo plutôt que par deux musiciens, Guillaume a embrigadé son ami de longue date et camarade de RHEA (groupe belge originaire de Gand – NDR) pour compléter le quatuor. Les nouvelles compositions avancent à une vitesse folle et on a hâte de pouvoir dévoiler la suite.

– Enfin, vous préparez cet album à venir avec le batteur de Triggerfinger, Mario Goossens, et même si vous semblez savoir ce que vous voulez, va-t-il aussi participer et collaborer avec vous sur les arrangements peut-être, voire votre son ?

Mario a tellement d’expérience qu’il a toujours des conseils pertinents, que ce soit sur la construction d’un morceau, la façon de le jouer, la manière de continuer à surprendre, de le réarranger, de peaufiner le son et, surtout, de créer quelque chose d’unique. Il a réellement construit une carrière qui s’inscrit dans la durée et est toujours actif sur la scène européenne. C’est également notre objectif, donc nous sommes à bonne école. Et au-delà du musicien, il y a l’homme bienveillant qui s’attache à développer ce que nous proposons, et non pas à imposer quoi que ce soit. Il nous pousse constamment à éviter la facilité et à explorer le champ des possibles avant de considérer un morceau terminé. La phrase fétiche de Mario est ‘Let’s try It’ ! C’est un conseil qui peut sembler anodin, mais au-delà de ça, c’est presque un conseil de vie. Il nous pousse à ne pas nous faire un avis avant même d’avoir essayé et entendu ce que ça donne. Parce que le risque de ne pas essayer et de faire de la musique uniquement dans sa tête est de s’enfermer dans ce qu’on fait et qu’on connaît déjà ce qui, à terme, peut devenir une vraie prison, aussi dorée puisse-t-elle paraître. Donc oui, on reste bien évidemment ouverts à ses idées, que ce soit pour le son comme pour les arrangements.

L’album live de THE FLYNTS, « Tame The Flame – Genuine Live In Brussels », est sorti en autoproduction et est distribué par Inouie Distribution. Toutes les infos sur les réseaux sociaux du groupe.

Photos : Christophe Brysse (1, 2, 4, 5) et JC Goupil (3).

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Southern Blues Rock

Warren Haynes : orchestral Blues

Le temps que l’orchestre s’accorde et c’est une salve d’applaudissements qui accueille le héro local et son groupe. Ils étaient plusieurs dizaines sur scène ces deux soirs-là, il y a sept ans, pour accompagner WARREN HAYNES dans l’une de ses plus aventureuses performances. Et comme par magie, le Blues et le Southern Rock de cette légende se sont parés de notes symphoniques pour prendre encore plus d’ampleur et de volume, tout en ne s’éloignant pas d’un accord de ses racines. Tout simplement exceptionnel !

WARREN HAYNES

« Dreams & Songs : A Symphonic Journey »

(Artone Label Group/Provogue)

WARREN HAYNES est aussi créatif qu’il aime les défis. Et c’est dans sa ville natale d’Asheville en Caroline du Nord, là où tout a commencé et où il est venu applaudir d’autres dans sa jeunesse, qu’il avait posé ses guitares le temps de deux soirées mémorables en 2019. Le Thomas Wolfe Auditorium avait vibré à l’unisson grâce à ce grand bluesman, bien sûr, mais aussi aux 64 musiciens composant l’incroyable Asheville Symphony Orchestra. Et ceux qui l’accompagnent étaient sur la même longueur d’onde pour parcourir trois décennies d’une carrière époustouflante.

En effet, l’objectif de WARREN HAYNES était plutôt ambitieux, mais très largement à sa portée, si l’on en juge par le résultat. Ainsi, de Grateful Dead au Allman Brothers Band, en passant par Gov’t Mule bien sûr, sa carrière solo et quelques reprises auxquelles ils avaient participé, c’est tout un pan du Southern Rock et du Blues qui rayonne sur les 16 morceaux de ce « Dreams & Songs : A Symphonic Journey ». Orchestral sans être pompeux, ce nouvel album live se distingue aussi par les prouesses du grand Bob Clearmountain, dont le mix est magistral.

Comme toujours avec WARREN HAYNES, l’ensemble donne l’impression d’une vaste improvisation, tant il est surprenant et fluide. Pourtant, derrière ce feeling de chaque instant, se cache une précision d’orfèvre rendue possible après des heures de répétitions et un travail minutieux sur les arrangements. Ovationné titre après titre dans une ambiance chaleureuse, le citoyen d’Asheville effectue un retour aux sources encore et toujours virtuose (« Banks Of The Deep End », « Spots Of Time », « Broken Promised Land », « Just Another Rider », « Whipping Post »). Magistral !

Photo : David Simchock

Retrouvez l’interview de WARREN HAYNES à l’occasion de la sortie de « Million Voices Whisper » et la chronique de l’album…

… Et les chroniques des derniers albums de GOV’T MULE :

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Classic Rock Psychedelic Rock

Gin Lady : magic trip

Avec ce premier opus live, les Suédois établissent une belle et solide connexion entre leurs terres nordiques et la chaleur espagnole. Dans une ambiance vintage, solaire et un brin expérimentale, GIN LADY présente le premier volume de « Toads & Diamonds » en laissant d’ailleurs penser qu’il y en aura d’autres. Original et virtuose, le Classic Rock très Psych des cinq musiciens prend toute sa dimension en concert en se faisant aussi instinctif que mélodique, grâce à une setlist très soignée.

GIN LADY

« Toads And Diamonds Volume One : Live In Spain »

(Ripple Music)

Pour qui apprécie l’époque, les années 60 et 70 ont quelque chose de réconfortant et de fascinant, et on ne parle pas ici de nostalgie, mais plutôt d’un son organique et chaleureux qui a sérieusement tendance à disparaître. C’est justement le credo choisi par GIN LADY qui œuvre dans un Classic Rock aux couleurs psychédéliques littéralement envoûtant. Avec déjà sept réalisations au compteur, dont « Before The Dawn Of Time » sorti l’an dernier, le groupe originaire du nord de la Suède s’est déjà taillé une solide réputation scénique.

Et c’est justement l’aspect live de sa musique que le quintet a souhaité partager avec « Toads And Diamonds Volume One : Live In Spain », enregistré l’hiver dernier lors de sa tournée ibérique. Et l’offrande est belle. Parfaitement captée, GIN LADY nous transporte au cœur de sa musique grâce à une production remarquable et un goût du détail prononcé. Très immersif, l’album brille par les prestations des deux guitaristes et les harmonies vocales à trois offrent un incroyable relief à des morceaux vraiment accrocheurs. Un régal.

D’une incroyable fluidité, le Rock de GIN LADY emporte le public dès « Call The Nation », suivi de « Mighty River » qui confirme que le voyage ne fait que commencer. Il s’agit un peu de ça, car la formation se laisse aller à de délicieuses improvisations sans perdre pour autant l’auditeur. Les morceaux ne s’étalent pas en longueur et respirent autant qu’ils entraînent comme le bluesy « Tingens Sanna Natur », le sudiste « I’m Your Friend », « Flower People » ou le génial et aérien « Brothers Of Canyon » qui clot ce magnifique live. Le quintet s’affirme vraiment sur scène.

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Blues Rock

When Rivers Meet : raw melodies

Couronné de quatre UK Blues Awards dès son premier album, « We Fly Free » en 2021, WHEN RIVERS MEET s’épanouit en toute indépendance et voit son Blues Rock bousculer les genres, tout en confortant une identité musicale originale et très distinctive. Outre les sorties live qui immortalisent leurs tournées entre deux disques, c’est déjà le cinquième enregistrement studio pour les Britanniques, dont l’inspiration n’a pas faibli une seule fois ces dernières années, et « Rhythm Rust & Static » vient également dévoiler une nouvelle facette du couple.

WHEN RIVERS MEET

« Rhythm Rust & Static »

(One Road Records)

Alors qu’on aurait pu penser qu’en devenant parents, Grace et Aaron Bond auraient mis leur groupe entre parenthèse un petit moment, il n’en est rien puisqu’ils sont déjà de retour avec un cinquième album studio. Et « Rhythm Rust & Static » est peut-même le plus rugueux de leur discographie. Deux ans tout juste après « Addicted To You », WHEN RIVERS MEET reste toujours inspiré, prolifique et farouchement libre. Dépouillés et directs, ces dix nouveaux morceaux montrent à quel point le couple est imprévisible et talentueux.

Quelques mois aussi après « Live & Addicted », les Anglais ont donc repris le chemin du studio, mais avec des intentions bien différentes. Alors que l’effort avait été porté sur une production ample sur le précédent opus, celui-ci reste tout aussi organique, mais revêt un aspect plus direct et plus roots. Il y règne aussi une atmosphère très live, ce qui n’est pas vraiment surprenant quand on sait que WHEN RIVERS MEET a l’habitude de jouer dans des salles combles à travers tout le Royaume-Uni. Et c’est cette vérité-là que l’on retrouve sur « Rhythm Rust & Static ».

Malgré l’énergie déployée, il y a aussi un côté intimiste et cette élégance qui le caractérise depuis ses débuts reste la signature du groupe. Dès l’ouverture avec « The Tide Is Turning », on retrouve ce riff presque saturé qui fait le son de WHEN RIVERS MEET. La voix de Grace est envoûtante et se fond dans des ambiances différentes avec la facilité qu’on lui connaît (« The Script », « Caught In The Middle », « I’m ready For You », « Horizon », « Bring Life »). A noter d’ailleurs qu’Aaron chante seul « Fatal Attraction », ce qui est assez rare. Vivifiant et très accrocheur!

Photo : Rob Blackham

Retrouvez les interviews du groupe…

… et les chroniques de leurs albums :

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Blues Rock

Samantha Fish : born for the stage

La pétillante SAMANTHA FISH passe tellement de temps sur scène qu’il fallait bien qu’elle en garde un trace. Avec « Paper Doll Live », c’est enfin chose faite… et pas à moitié ! La frontwoman y retrace sa belle carrière à travers 16 morceaux triés sur le volet, même si sa dernière production se taille la part du lion. Et on ne s’en plaindra pas. Son chant est passionné et son jeu de guitare tout simplement ébouriffant et renversant ! L’Américaine donne un aperçu magistral de ses incroyables performances.

SAMANTHA FISH

« Paper Doll Live »

(Rounder Records)

Un peu plus créative sur chacun de ses neuf albums studio et réputée pour la qualité et l’explosivité de ses prestations scéniques, SAMANTHA FISH s’est forgée une solide réputation au point de devenir aujourd’hui une figure incontournable de la scène Blues Rock internationale. Il manquait cependant un témoignage live à sa belle discographie. Surfant sur le succès et la puissance de son dernier opus en date, « Paper Doll », c’est lors de cette tournée qu’elle a enregistré son premier disque en public et pas n’importe où.

Parmi les 250 concerts environ qu’elle donne par an, celui offert dans l’historique Bijou Theatre de Knoxville dans le Tennessee a retenu l’attention de la musicienne. Il faut dire que toutes les conditions étaient réunies : une salle pleine à craquer, un groupe dans une forme éclatante et la présence de The McCrary Sisters, génial ensemble Gospel de Nashville. Et au milieu brille SAMANTHA FISH. Histoire de donner du grain à moudre aux puristes, c’est avec « Kick Out The Jams » des MC5 qu’elle ouvre le bal, comme sur sa tournée avec Jesse Dayton.

Alors qu’il s’étend sur 16 morceaux, soit 1h20, « Paper Doll Live » fait bien sûr la part belle au dernier opus de SAMANTHA FISH avec pas moins de huit morceaux sur neuf. La musicienne de Kansas City fait le show, alternant des passages tout en émotion avec des moments qui confirment sa faculté à déferler comme un ouragan avec des chansons d’une énergie phénoménale. Sur la setlist figurent aussi « Bulletproof », « Poor Black Mattie » de R.L. Burnside, « Black Wind Howlin’ » et le brûlant « I Put A Spell On You » de Screamin’ Jay Hawkins. Un live d’anthologie !

Photo : Doug Hardesty

Retrouvez les deux interviews accordées au site :

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Blues Rock

George Thorogood And The Destroyers : born to be bad

Blues Rock ou Rock Blues, c’est selon, mais une chose est sûre, GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS ne laissent personne indifférent et ont même tendance à mettre le feu dès lors qu’ils se produisent sur scène. Pourtant, lorsque la formation reprend Howlin’ Wolf ou Willie Dixon, le doute n’est plus vraiment permis. Avec « The Baddest show On Earth : Greatest Hits Live », on parcourt près de 50 ans d’une carrière hors-norme, qui a fait du musicien du Delaware et de ses partenaires les plus explosifs et attachants de ces dernières décennies.

GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS

« The Baddest Show On Earth : Greatest Hits Live »

(Craft Recordings)

Alors qu’il nous avait laissé avec un premier album solo composé de reprises avec « Party Of One », en 2017, on aurait pu s’attendre à un nouvel opus inédit de la part de GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS. Car, depuis « 2120 South Michigan Ave », son quinzième et dernier opus studio sorti en 2011 avec son groupe, le guitariste et chanteur n’a pas proposé de nouvelles compositions, qui seraient venues grossir un répertoire déjà riche de classiques. Alors, c’est avec un témoignage live qu’il fait son retour pour nous faire patienter encore un peu. Et des standards, il en regorge ! 

Pour autant, THE DESTROYERS, constitué de Jeff Simon, Bill Blough, Jim Suhler et Buddy Leach et de leur guide GEORGE THOROGOOD ne sont jamais aussi bons et à leur aise que sur scène. Et s’il en a déjà sorti quelques uns, les Américains présentent aujourd’hui « The Baddest Show On Earth : Greatest Hits Live », une sorte de compilation de quelques moments forts passés à enflammer leur public, comme peu parviennent à le faire. Les enfants terribles du Blues Rock traversent les époques avec une setlist inédite captée entre 1978 et 2024, qui rappelle bien des souvenirs.

De la Georgie au Massachusetts en passant par New-York, la Floride, le Texas, le Missouri et aussi Toronto au Canada, GEORGE THOROGOOD AND THE DESTROYERS affichent un don incroyable pour communiquer avec son public et faire durer le plaisir à grand renfort de savoureux dialogues, donnant lieu à de longues et réjouissantes versions de « One Bourbon, One Scotch, One Beer » et de « Boogie Chillun », notamment. On notera l’enchaînement parfait entre les morceaux, laissant penser qu’il s’agit d’un seul et même concert. Un disque qui vient entretenir une belle légende !

A noter que le plus Rock des bluesmen viendra enflammer le Bataclan le 26 juin prochain !

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Blues Soul

Samantha Martin & Delta Sugar : sunny souls

Rodée depuis plus de vingt dans les clubs de Toronto, SAMANTHA MARTIN s’est essayé à plusieurs formations avant de trouver la bonne formule avec le DELTA SUGAR, où elle manie à la fois l’élégance d’un Blues originel et d’une Soul vibrante dans un mix très contemporain aussi entraînant qu’émouvant. « A Beautiful Buzz » nous replonge dans une soirée, dont on devine aisément la magie et, entre titres originaux et quelques reprises bien senties, la blueswoman navigue entre douceur Southern et rythmiques actuelles, et entre puissance et virtuosité. Et rien ne vaut un témoignage live pour saisir pleinement le talent à l’état pur.

SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR

« A Beautiful Buzz »

(Gypsy Soul Records/Bertus)

La Canadienne compte déjà cinq albums à son actif que ce soit en solo, avec The Haggard et avec Delta Sugar pour trois d’entre-eux. Le dernier en date, « The Reckless One » est sorti en 2020 et c’est lors de cette tournée, sur la côte ouest du pays, qu’a été capté « A beautiful Buzz ». Le 26 novembre 2022, SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR a fait monter la température du théâtre Maple Ridge en Colombie Britannique d’un cran. Car, lorsqu’une formation de dix musiciens monte sur scène, ça chauffe et ça groove !

Alors qu’on aurait pu s’attendre à un nouvel effort studio, c’est avec ce live captivant que la chanteuse et son ‘Big Band’ confirment que la scène est leur jardin. Et d’ailleurs, le public ne s’y est pas trompé, se délectant de cette atmosphère bienveillante. Forcément, à l’époque, SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR avait mis l’accent sur le dernier opus, dont on retrouve pas moins de cinq morceaux, en plus de trois reprises magnifiquement réarrangées de Buddy Miles, The Band et The Rolling Stones. Une setlist savoureuse et Soul à souhait.

Ancré dans la tradition et aux saveurs Gospel, le Blues du groupe se diffuse cependant via un spectre moderne que la chaleur des cuivres, les chœurs radieux et ce groove magnétique ne font qu’embellir. A onze à l’œuvre, SAMANTHA MARTIN & DELTA SUGAR ronronne et livre une performance où le moindre détail se fait saisissant. Quant au chant, difficile de ne pas tomber sous le charme d’une frontwoman aux capacités multiples et dont la voix un brin éraillée et puissante est incroyablement solaire. Un disque à écouter dans son entier !

Photo : Renan Yildizdogan

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Blues Rock Contemporary Blues

Jennifer Lyn & The Groove revival : l’intensité de la scène

Indépendante et inspirée, JENNIFER LYN est devenue une blueswoman qui compte dans le paysage musical actuel des Etats-Unis. Désormais basée dans le Dakota du Nord avec THE GROOVE REVIVAL, elle franchit de nouveaux caps et le Blues de sa formation passe de moments Rock musclés à des passages Soul avec une fluidité et une maîtrise rafraîchissantes. « Electric Eden » est l’album Live qui manquait à une déjà belle discographie très contemporaine, qui fait aussi le lien avec un héritage aux très nombreuses branches.

JENNIFER LYN & THE REVIVAL

« Electric Eden »

(J & L Collective)

Un an tout juste avec « Retrograde », son troisième album qui a vu se concrétiser une formidable collaboration avec Richard Torrance, son guitariste et co-auteur, JENNIFER LYN revient déjà avec « Electric Eden », qui se présente comme un témoignage scénique remarquable de ce groupe désormais soudé. THE GROOVE REVIVAL est plus jamais le bien-nommé, tant il porte haut un Blues Rock très contemporain, toujours mâtiné de Classic Rock, de Soul et de saveurs 70’s. L’exactitude du jeu et le feeling à l’œuvre font de ce Live un bel instant suspendu.

Aux côtés du duo, on retrouve Jim Anderson derrière les fûts, Barb Jiskra aux claviers et Nolyn Falcon à la basse et les cinq musiciens parviennent à transmettre au public tout le plaisir qu’ils ont à jouer ces neuf morceaux. Aujourd’hui plus encore, JENNIFER LYN & THE GROOVE REVIVAL est une machine bien huilée et cette prestation, faite d’émotion et tout en percussion, est d’une incroyable sensibilité. La connexion se fait autant sur scène que dans la salle et c’est très palpable. Le groupe comme les spectateurs surfent sur une même et électrisante énergie.

Forcément, « Retrograde » est bien représenté avec cinq chansons (« Light the Fire », « Sucker For The Pain », « Baggage », « ‘59 Cadillac » et « Refuge »). De plus en plus irrésistible vocalement, l’Américaine forme également un très bon tandem guitaristique avec Richard Torrance et leurs échanges sont à la fois complices et intenses. En ce sens, « Electric Eden » capture à merveille l’instantanéité de la performance live de JENNIFER LYN & THE GROOVE REVIVAL. Grâce à un songwriting créatif, l’interprétation du quintet est littéralement brillante.

Photo : Wyatt Ell

Retrouvez l’interview accordée par la chanteuse et guitariste à la sortie de « Retrograde » :

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Blues Rock

Philip Sayce : life on stage

Brute et généreuse, on n’en attendait pas moins de la seconde partie de « Scorched Earth », la série de ‘Live’ entamée il y a une décennie déjà par le Britannique et qui avait démarré au Canada, son pays d’adoption. Les concerts de PHILIP SAYCE font le plein à chaque passage et c’est cette intensité mêlée à la fougue du songwriter qui ressurgit sur ce « Volume 2 – Live in LA/London ». Car c’est sur les deux continents qu’il a sélectionné ces huit morceaux, où le six-cordiste fait parler la poudre grâce à une approche fougueuse de son instrument, mais aussi avec une voix qui traverse les émotions avec naturel.

PHILIP SAYCE

« Scorched Earth Volume 2 – Live In L.A./London »

(Atomic Gemini Records)

On n’osait plus y croire ! Dix ans après le ‘Volume 1’, PHILIP SAYCE offre donc une suite à « Scorched Earth » et l’ambiance est toujours aussi électrique. Si le premier volet avait été enregistré à Toronto au Canada où il réside, cette fois le musicien fait le grand écart entre Los Angeles et Londres, plus précisément au club ‘The Baked Potato’ de la Cité des Anges et au ‘Garage’ de la capitale anglaise. Et dans les deux cas, il faut bien avouer que le bluesman a littéralement retourné les lieux et les extraits proposés ici sont de la dynamite.

Avec sept albums au compteur, dont l’excellent « The Wolves Are Coming » sorti il y a deux ans, PHILIP SAYCE mène pourtant une carrière bien trop discrète au regard de son talent. Chanteur et guitariste, il distille un Blues Rock explosif, à la fois massif et virtuose. Et si ses enregistrements studios sont toujours pointilleux et plein de feeling, c’est bel et bien sur scène que sa musique prend tout son sens et que la puissance de son jeu change de dimension. Chargé d’émotion et incendiaire, « Scorched Earth » atteint encore des sommets.

Et pour sublimer le tout, le Gallois a fait appel au réputé Mark Rains pour le mastering, lequel a su révéler tout le relief et l’exceptionnelle prestation du groupe. Car pour l’accompagner, PHILIP SAYCE s’est entouré du bassiste Sam Bolle et du batteur Bryan Head : un power trio relevé qui fait corps et qui a régalé le public. Les versions de « Bitter Monday » et « Once » sont éblouissantes, celles de « Peace Machine » et de « Lady Love Divine » tout aussi incroyables, et le survitaminé « Spanish Castle Magic » de Jimi Hendrix confirme une filiation plus qu’évidente.

Photo : Robert Sutton

Retrouvez aussi la chronique de « The Wolves Are Coming » :