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Blues Rock

Robin Trower : le temps suspendu

La longue carrière de ROBIN TROWER est assez unique en son genre. Traversant les époques avec un talent qui témoigne d’une certaine intemporalité et fédérant au fur et à mesure les nouvelles générations, il a inscrit ce son de guitare si particulier dans l’inconscient collectif des fans de Blues. Tout en variation, son instrument fait littéralement parler ses accords dans des échanges musicaux majestueux. Une signature qui est même devenue une référence pour beaucoup, tant elle est singulière et toujours en mouvement. Avec « Shine », le bluesman écrit un nouveau chapitre étincelant et atteste d’une créativité qui se renouvelle avec beauté.

ROBIN TROWER

« Shine »

(Mascot Label Group)

Après une belle tournée aux Etats-Unis, immortalisée sur « One Moment In Time : Live In The USA » et un peu plus d’un an après « Come And Find Me », ROBIN TROWER n’a pas pris le temps de souffler et a préféré s’engouffrer en studio et concevoir « Shine ». A 81 ans, il n’aura jamais été aussi prolifique que ces dix derniers dernières années. Pourtant, chaque album se distingue du précédent, grâce à un jeu qui se bonifie au fil du temps et des musiciens partageant une même vision. Le Blues du Britannique conserve cette étincelle si particulière.  

Enregistré entre les studios 91 de Newbury et The Pines Recording Studio, la nouvelle antre de l’ingénieur Sam Winfield, « Shine » rayonne une fois encore du feeling et du toucher de ce ROBIN TROWER décidément infatigable et à l’inspiration intarissable. A ses côtés, on retrouve Richard Watts et sa voix délicatement éraillée, qui sert si bien ces nouveaux morceaux, et Chris Taggart derrière les fûts. Un trio affûté, en parfaite osmose, et qui se meut avec élégance sur un groove presque félin. Le reste est affaire de mélodies ensorceleuses, de riffs brûlants et de solos lumineux.

Loin de se reposer sur un héritage personnel conséquent, ce maître du British Blues continue son aventure en explorant de nouvelles contrées bleutées. « Shine » respire de ses ondes réconfortantes, tout en gardant une part de mystère à travers les paroles. ROBIN TROWER donne un rythme tonique, alternant les ambiances Rock et Funky avec d’autres plus lancinantes. On notera la présence de la chanteuse Jess Hayes sur le profond « Truth », qui vient flirter avec le R&B. Une fois encore, l’Anglais régale et son langage musical est plus expressif que jamais.

Photo : Blackham

Retrouvez les chroniques de ses récents albums :

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Southern Blues Rock

Warren Haynes : orchestral Blues

Le temps que l’orchestre s’accorde et c’est une salve d’applaudissements qui accueille le héro local et son groupe. Ils étaient plusieurs dizaines sur scène ces deux soirs-là, il y a sept ans, pour accompagner WARREN HAYNES dans l’une de ses plus aventureuses performances. Et comme par magie, le Blues et le Southern Rock de cette légende se sont parés de notes symphoniques pour prendre encore plus d’ampleur et de volume, tout en ne s’éloignant pas d’un accord de ses racines. Tout simplement exceptionnel !

WARREN HAYNES

« Dreams & Songs : A Symphonic Journey »

(Artone Label Group/Provogue)

WARREN HAYNES est aussi créatif qu’il aime les défis. Et c’est dans sa ville natale d’Asheville en Caroline du Nord, là où tout a commencé et où il est venu applaudir d’autres dans sa jeunesse, qu’il avait posé ses guitares le temps de deux soirées mémorables en 2019. Le Thomas Wolfe Auditorium avait vibré à l’unisson grâce à ce grand bluesman, bien sûr, mais aussi aux 64 musiciens composant l’incroyable Asheville Symphony Orchestra. Et ceux qui l’accompagnent étaient sur la même longueur d’onde pour parcourir trois décennies d’une carrière époustouflante.

En effet, l’objectif de WARREN HAYNES était plutôt ambitieux, mais très largement à sa portée, si l’on en juge par le résultat. Ainsi, de Grateful Dead au Allman Brothers Band, en passant par Gov’t Mule bien sûr, sa carrière solo et quelques reprises auxquelles ils avaient participé, c’est tout un pan du Southern Rock et du Blues qui rayonne sur les 16 morceaux de ce « Dreams & Songs : A Symphonic Journey ». Orchestral sans être pompeux, ce nouvel album live se distingue aussi par les prouesses du grand Bob Clearmountain, dont le mix est magistral.

Comme toujours avec WARREN HAYNES, l’ensemble donne l’impression d’une vaste improvisation, tant il est surprenant et fluide. Pourtant, derrière ce feeling de chaque instant, se cache une précision d’orfèvre rendue possible après des heures de répétitions et un travail minutieux sur les arrangements. Ovationné titre après titre dans une ambiance chaleureuse, le citoyen d’Asheville effectue un retour aux sources encore et toujours virtuose (« Banks Of The Deep End », « Spots Of Time », « Broken Promised Land », « Just Another Rider », « Whipping Post »). Magistral !

Photo : David Simchock

Retrouvez l’interview de WARREN HAYNES à l’occasion de la sortie de « Million Voices Whisper » et la chronique de l’album…

… Et les chroniques des derniers albums de GOV’T MULE :

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Blues Rock Southern Blues Rock

Jovin Webb : bayou’s calling

Songwriter affûté et frontman assuré, le musicien de Baton Rouge donne déjà une suite à « Drifter » et fait par la même occasion taire tous ceux qui pensaient qu’il ne s’agissait que d’un feu de paille. Avec un producteur d’exception à ses côtés, JOVIN WEBB libère ses propres sentiments sur un « Son Of A Sinner » qu’il vit sur chaque note. Tout en mouvement, il fait également résonner son harmonica avec justesse et pose ainsi un pied dans la cour des grands.

JOVIN WEBB

« Son Of A Sinner »

(Blind Pig Records)

Tout juste deux ans après être apparu avec « Drifter » où il s’est révélé être un véritable bluesman, JOVIN WEBB nous revient avec la même fraîcheur et la même sincérité. Il avait laissé une forte impression sur un premier album déjà très abouti. Et pour continuer sur sa belle lancée, c’est à nouveau Tom Hambridge qui est aux manettes et derrière les fûts. L’incontournable producteur, connu pour ses collaborations avec Buddy Guy, Joe Bonamassa, Susan Tedeschi, Kingfish, Ally Venable, Devon Allman et tant d’autres, y va même de ses propres compositions.

En effet, ce dernier cosigne avec Richard Fleming le très relevé morceau d’ouverture, « Gunlead & Lead », « Pull’Em In » et « These Boots » rejoint sur cette dernière par un JOVIN WEBB très convaincant. C’est d’ailleurs lui qui signe le reste de « Son Of A Sinner », avant de s’offrir une belle reprise de Gregg Allman pour clore ce deuxième chapitre (« Whipping Post »). Et l’ensemble est d’ailleurs d’une grande variété, car le natif de Louisiane a baigné dans le Blues bien sûr, le Rock, le Gospel, la Soul et le Southern Rock. Un savoureux et très complémentaire mélange.

Très bien entouré par Kenny Greenberg (guitare), Mike Rojas (claviers), Tommy MacDonald (basse) et donc Tom Hambridge (batterie), JOVIN WEBB livre une prestation vocale à la fois puissante et touchante. Porté par des textes sensibles et personnels, le chanteur semble littéralement habité par les chansons de « Son Of A Sinner » auxquelles il apporte beaucoup d’émotion (« Pray For Me », « Every Time I Roll A Dice » composée par Max Barnes et Troy Seals, « When I’m Gone », « It’s Alright »). Une performance de haut vol et la confirmation d’un grand talent.

Photo : J.B. Lawrence

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Blues Rock Hard Blues Heavy Blues Southern Blues

Eric Steckel : ascensionnel

Intense, fougueuse, mais aussi libre et délicate, « Sandstorm » est exactement la réalisation que l’on attendait d’ERIC STECKEL, six ans après le très bon « Grandview Drive ». Capable d’enchaîner les accords rugueux et les solos cristallins avec une fluidité déconcertante, le compositeur semble à un pic de sa carrière et son jeu, comme sa créativité, pénètre son Blues Rock avec exaltation. Pour autant, on sent une grande sérénité et même de la joie sur ce tumultueux nouvel opus. Renversant à tous points de vue.

ERIC STECKEL

« Sandstorm »

(SPV Recordings)

A seulement 36 ans, ERIC STECKEL a fait un bon bout de chemin et en y mettant la manière. A onze ans, il sortait déjà son premier album, « A Few Degrees Warmer », avant de rejoindre les légendaires Bluesbreakers de John Mayall, qui avait déjà décelé chez lui un talent hors-norme. De la trempe d’un Rory Gallagher ou d’un SRV, l’Américain a affirmé avoir pris beaucoup de plaisir et s’être vraiment amusé lors de l’enregistrement de « Sandstorm ». Et on le croit volontiers, car ce nouvel effort est aussi brut qu’immédiat et d’une profonde respiration.

En revenant à l’essence-même du Blues Rock, ERIC STECKEL et son groupe se sont volontairement privés de pédaliers numériques et autres effets pour revenir à l’essentiel. Et la production de « Sandstorm » y gagne en authenticité. Ample et puissant, le son captive dès les premières notes et il faut reconnaître que l’intro de « When It Rains, It Pours » par son batteur a de quoi faire trembler les murs. Il avait annoncé une tempête, c’est un ouragan de riffs solides et chaleureux, de notes d’orgue envoûtantes et un groove massif qui déferlent ici.

Guitariste virtuose, ERIC STECKEL se montre également redoutable au chant, comme sur cette reprise du classique de Lance Lopez, « El Paso Sugar », qui se fond parfaitement dans l’ambiance survoltée de « Sandstorm ». Entre Heavy Blues, Hard Southern et Blues Rock moderne, ces nouveaux titres montrent toute l’étendue de la gamme de cet artiste débridé (« The Other Guy », « Blues For The Lonely », « What I Wanna Believe », « Axe To Grind », « She’s A Golddinger » et le morceau-titre). Le natif de Pennsylvanie signe tout simplement l’un des disques de l’année !

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Blues

Keb’ Mo’ : un regard inspiré

Très épuré dans la forme, KEB’ MO’ a réduit à l’essentiel son Blues si reconnaissable. Presque seul aux commandes, il nous conduit avec « The Breakdown » dans un écrin d’une grande sérénité. Très lumineux malgré la simplicité affichée, le songwriter se met presque à nu pour présenter sa vérité. Avec sagesse et sérénité, il capte ici l’attention comme rarement avec la classe qu’on lui connaît, et les prises de son et le mix sont d’une sobriété qui les rend étincelants. Les difficultés de la vie mènent parfois à de très belles choses, lorsqu’elles sont si bien mises en musique.

KEB’ MO’

« The Breakdown »

(Concord Records/Universal Music)

On a l’habitude de dire que le Blues est un concentré d’expériences vécues, qu’on y raconte des tranches de vie et des états d’âme et que c’est essentiellement de cela qu’il se nourrit. Avec ce nouvel album de KEB’ MO’ va encore plus loin, puisque les circonstances qui ont vu naître « The Breakdown » sont un peu hors-norme et surtout véridiques. En effet, le bluesman a composé ces nouvelles chansons après une période qui l’a bouleversé intimement. Ayant subi une opération à cœur ouvert qui l’a sauvé, mis fin à 20 ans de mariage et affronté d’autres profondes épreuves, le chanteur aurait pu tirer sa révérence… mais ce serait bien mal le connaître.

Alors, forcément « The Breakdown » a une saveur toute particulière et surtout une atmosphère que l’on a peu souvent l’habitude de rencontrer chez KEB’ MO’. L’ensemble est acoustique, de bout en bout, et seul à la guitare et au chant, il se dégage même à la première écoute une impression d’infinie tristesse. Mais c’est sans compter sur le Californien qui parvient à renverser la vapeur, dès lors qu’on se penche un peu sur les textes. La souffrance et le vague à l’âme ont leur place, bien sûr, mais il émerge également une touche d’espoir et d’envie de poursuivre l’aventure comme si de rien n’était. Extraire la beauté du pire, telle est la mission du Blues.

Du haut de ses 74 ans, de ses 50 ans de carrière et de ses cinq Grammy Awards, KEB’ MO’ s’offre une belle et touchante perspective sur sa vie, son mouvementé parcours personnel et notre monde actuel. On pénètre dans l’intimité du chanteur avec une douceur extrême et la sensation d’être à ses côtés en studio. Pour accompagner cette voix et ces délicats accords, quelques contributions du Soweto Gospel Choir et du sextet gospel Take 6 sont parsemées sur quelques titres, apportant une profondeur et un relief aussi discret que tout en feeling. « The Breakdown » est un disque particulier dans la discographie de l’artiste et il mérite une attention toute spéciale.

Photo : Rachel Deeb

Retrouvez la chronique de son précédent album, « Good To Be… » :

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Southern Rock

Sam Morrow : un air de liberté

S’il n’était pas aussi personnel, on pourrait penser que le Texan rend ici hommage aux pionniers du genre que sont le Allman Brothers Band ou Marshall Tucker. Presque hors du temps, l’énergie employée par SAM MORROW avance dans un élan brut, mais d’une grande finesse d’écriture comme d’interprétation. Assurée et pourtant assez discrète, sa voix porte des textes touchants, provocateurs, sans prétention et toujours justes. Enfin, « Southern Boogie » est aussi accrocheur que groovy.

SAM MORROW

« Southern Boogie »

(Copaco Records/Blue Elan Records)

Sorti en début d’été, « Southern Boogie » était passé entre les mailles de mes filet et c’eût été dommage de ne pas se faire l’écho de ce très bon album. Pour rappel, le natif d’Austin a sorti son premier album, « Ephemeral » en 2014, après être allé vivre un temps en Californie. Après ce rapide retour au Texas il y a trois ans, SAM MORROW est parti s’installer à Nashville, où il a clairement électrisé et dynamisé l’Americana Roots de ses débuts. Avec ce sixième opus, il plonge avec délectation dans le Southern Rock le plus authentique.

La fusion du Blues, du rock, de l’Americana et de la Country proposée par le songwriter n’est pas inédite, c’est vrai, mais il en ressort une saveur à la fois originale et familière. Et pour mener à bien son entreprise, SAM MORROW s’est entouré d’un groupe de très haut niveau. Matt Hubbard (claviers), Bryan McGrath (batterie), John Michael Schoepf (basse) et Joseph Wullard (saxophone) apportent toute leur virtuosité à la mise en relief de ce « Southern Boogie » aussi soigné dans le jeu que dans son enregistrement analogique si chaleureux.

Derrière une apparente décontraction, « Southern Boogie » se démarque aussi par le nombre imposant de guitaristes qui œuvrent sur ces dix morceaux. Ricky Ray Jackson, Damon Atkins, Eli Wulfmeier et Leroy Powell sont de la partie, et les chœurs de Tameca Jones et de Paice Plaisance offrent toute la lumière nécessaire à l’éclat de ce nouvel effort. SAM MORROW signe probablement son disque le plus abouti et le plus complet (« Cruisin’ », « Lucretia », « South Texas Women », « Saturday Night », « Juanita », « Wedding Ring »). Incontournable.

Photo : Leddo

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Americana Blues Soul Southern Blues Rock

Caitlin Krisko & The Broadcast : une énergie magnétique

Basé à Asheville en Caroline du Nord, décidément creuset de très nombreux talents, CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST livre ce très attendu nouvel album. Et « Heirloom » se montre très largement à la hauteur de ce qu’on pouvait légitimement espérer, tant le précédent EP était d’une incroyable luminosité. Certes, la chanteuse de la formation américaine est un atout majeur, mais la qualité d’écriture et de composition est d’un tel feeling et d’une telle précision, qu’il est difficile d’y résister. Le style s’affirme aussi pour être désormais immédiatement identifiable, et ce Blues teinté de Soul, de Rock et d’Americana est aussi entraînant qu’émouvant.

CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST

« Heirloom »

(Independant)

Malgré une quinzaine d’années d’existence, c’est avec l’EP « Blueprints », sorti il y a deux ans et qui a vu le nom de sa chanteuse accolé à celui du groupe, que les Américains ont renversé la communauté Blues, et cet engouement a été renforcé grâce à des tournées dont les prestations ont marqué les esprits jusqu’en Angleterre. CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST revient avec un long format une fois encore exceptionnel. La tonalité globale est clairement plus sudiste que ce soit dans les envolées Soul, Rock et Blues. Un Roots Rock porté aussi par un son organique à la dynamique actuelle et à la saveur légèrement vintage et savamment dosée.

Dévoilé au fur et à mesure sur les plateformes, « Heirloom » a été enregistré aux studios Blackbird de Nashville et produit par Aaron Austin, guitariste du groupe. Ainsi, grâce à son musicien de mari, CAITLIN KRISKO se trouve portée par un environnement sonore à la hauteur de sa performance vocale. Car le six-cordiste donne une autre dimension à ces nouvelles chansons, grâce à des accords subtils, des riffs délicats et des solos magistraux. D’ailleurs, l’ensemble de THE BROADCAST est sur la même longueur d’onde, à savoir un jeu d’une grande finesse et d’une authenticité rayonnante. Il suffit aussi d’écouter l’orgue Hammond pour s’en convaincre.

Comme pour « Blueprints », il est bien difficile de mettre en avant certaines chansons plutôt que d’autres, tant elles nous racontent des histoires captivantes. Le récit est souvent profond, les refrains deviennent très vite entêtants et donnent la sensation d’une proximité, tout en se faisant très fédérateurs. Un tour de force réellement bluffant. Et si la puissance vocale de CAITLIN KRISKO emporte tout, on se raccroche volontiers à ces notes bleues distillées par THE BROADCAST avec fougue et émotion (« Keep On Trying », « Heart Of Gold », « Homeless », « Hole In My Heart », « Let It Ride », « Something Sweet », « Fuel My Fire »). Renversant !   

Retrouvez la chronique du précédent EP, « Blueprints » :

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Blues Soul Southern Blues Rock

Ruthie Foster : a spiritual joy

C’est une sorte de célébration de la joie et de la vie que présente la chanteuse et guitariste avec ce « Just Say Yes », qui met en avant sa puissance vocale et toute la délicatesse de son approche Soul et Gospel du Blues. Avec une touche Rock, un son organique et moderne, RUTHIE FOSTER réinvente une certaine tradition, bien aidée en cela par un jeune couple de musiciens confirmés, inspirés et ayant grandi avec une culture musicale également très sudiste. Et le résultat est flamboyant.

RUTHIE FOSTER

« Just Say Yes »

(Sun Records)

Récemment auréolée d’un Grammy Award pour son album « Mileage » (2024), RUTHIE FOSTER a renouvelé sa confiance à Tyler Bryant de The Shakedown pour la production et la composition de ce quatorzième opus, enregistré dans le propre studio du musicien à Nashville. D’ailleurs, cette fois encore, l’accent est mis sur les guitares, puisqu’on y retrouve Rebecca Lovell, sa femme également partie prenante à l’écriture, ainsi que sa sœur Megan seconde moitié de Larkin Poe, aussi présente sur le titre « Come On Up », qui rayonne de toutes parts.

Ecrit à trois, il faut reconnaître que les parties instrumentales sont incroyables. Porté par un groove enveloppant et chaleureux, par les notes de l’orgue Hammond de Michael Webb et par les harmonies des cordes et de la slide, « Just Say Yes » est d’une énergie positive à chaque instant. Mais c’est bel et bien la voix de RUTHIE FOSTER qui illumine l’ensemble. La Texane est tout simplement phénoménale et semble même, à 62 ans, au sommet de son art. Elle fait bien plus que d’interpréter ses chansons, elle les incarne littéralement.

Entre Southern Rock, Soul, Country et Blues plus classique, « Just Say Yes » est une balade apaisante dans le Sud américain et quand RUTHIE FOSTER laisse sa guitare pour le piano, l’instant devient magique (« Sitting Still »). Et là où l’artiste prend sa véritable dimension, c’est lorsqu’elle se fond dans ce Gospel Blues, où elle s’affiche en vraie patronne de ce genre typique de son Texas. Très variée et bien relevée, cette nouvelle réalisation est l’expression-même de la musique roots américaine contemporaine (« Thank You », « Hold On », « Tangled »). Incomparable !

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Blues R&B Soul

Steve Cropper & The Midnight Hour : brother forever

Bien plus qu’un emblématique guitariste de studio qui a posé ses accords sur des hits planétaires devenus intemporels et entrés dans le patrimoine musical mondial, STEVE CROPPER nous fait de nouveau vibrer avec cet album posthume qui le voit entrer dans la postérité. Ayant eu la possibilité de l’écouter quelques jours avant sa mort, il était fier et d’un enthousiasme communicatif au sujet de ce nouvel opus, qui vient clore un parcours fantastique. C’est donc une page qui se tourne avec ce « Watching The Tide » lumineux.

STEVE CROPPER & THE MIDNIGHT HOUR

« Watching The Tide »

(Provogue) 

Avec la disparition de STEVE CROPPER en décembre dernier, c’est tout un pan de l’Histoire du Blues, de la Soul, du R&B et du Rock qui s’en est allé. Originaire du Missouri, le guitariste, compositeur, producteur et ingénieur du son a longtemps été un pilier des studios Stax et a participé aux grandes heures notamment d’Otis Redding, Sam & Dave et The Blues Brothers, dont il fut de tous les classiques. Rarement démonstratif, ce sont sa précision et son feeling qui ont écrit sa légende… et elle n’a pas fini de nous hanter sur ce « Watching The Tide ».

Collaborateur de prestige, STEVE CROPPER a aussi mené, plus discrètement, une carrière solo constituée d’une bonne douzaine de réalisations, dont « Friendlytown » sorti en 2024. Peu après, c’est au mythique studio RCA C à Nashville qu’il était allé enregistrer « Watching The Tide ». Composé avec Jon Tiven, également producteur du disque, et le chanteur de son groupe THE MIDNIGHT HOUR, Roger C. Reale, il est une dernière fois entouré de la crème de la crème pour un résultat éblouissant, chaleureux et aussi authentique que virtuose.

Sur cet ultime effort, on retrouve la chanteuse Ana Grosh (« Here & Gone », « Stand Right Here »), Nioshi Jackson à la batterie et l’ingénieur du son et claviériste Eddie Gore sur des compositions au groove unique et à la fluidité exceptionnelle. Musicien partageur, STEVE CROPPER accueille également quelques guests de renom comme Eric Clapton (« Ticket First »), Brian May et Billy Gibbons ensemble sur « My Angels Are Calling », puis ce dernier seul sur « Stand Right Here ». Décédé à 84 ans, le musicien laisse une splendide discographie et s’offre un final magistral.

Photo : Michael Wilson

Retrouvez la chronique de « Fire It Up » :

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Blues Blues Rock R&B Soul

Danielle Nicole : une force lumineuse

Bassiste captivante et chanteuse rayonnante, DANIELLE NICOLE a entamé une carrière en solo depuis une bonne décennie après avoir fait ses premières armes au sein du trio familial Trampled Under Foot. Depuis, son style s’affirme et s’affine au point qu’elle semble aujourd’hui à un sommet de son art. D’une incroyable richesse, « Fireflies » utilise d’inamovibles fondations Blues pour naviguer entre Rock, Soul, R&B et Americana avec une élégance rare.

DANIELLE NICOLE

« Fireflies »

(40 Below Records)

Alors que la musicienne traverse une période difficile due au décès de son frère, elle signe pourtant un quatrième opus exceptionnel. Auréolée de dix Blues Music Awards et d’une nomination aux Grammy, DANIELLE NICOLE se livre sans calcul et avec beaucoup d’audace, d’instinct et de force. Enregistré chez elle à Kansas City et en analogique, « Fireflies » livre à la fois une sensation de chaleur et de sérénité, tout en gardant un aspect très sensible et vulnérable. Une preuve supplémentaire de son grand talent.

Produit par son batteur Tony Brauanagel (Bonne Raitt, Taj Mahal), ce nouvel opus s’inspire d’un Blues intemporel, mais va bien plus loin dans l’exploration musicale et sonore, où la Soul tient une place prépondérante. Magnifiquement entourée de Brandon Miller (guitare), Jim Pugh (claviers) et de Melody Perrye et Maxayne Moriguchi pour les chœurs, DANIELLE NICOLE envoûte par son inimitable groove et séduit par la puissance et la profondeur de sa voix. Et au-delà, c’est l’humanité des chansons qui impressionne sur « Fireflies ».

il y a un côté universel dans ces compositions réunies au cœur de la musique traditionnelle américaine. Autrice ou co-autrice de la plupart de ces chansons, DANIELLE NICOLE a laissé de la place pour deux reprises de Bill Withers, qui se fondent parfaitement dans l’album. Du Blues Rock au R&B en passant par des bribes d’Americana, on se laisse porter par des titres intenses, poignants et inspirés (« Radical Love », « Take Me Back », « Gaslight », « The Same Love That Made Me Laugh », « Tug Of War »). incontournable !

Photo : Ben McBee