Jake Cavaliere et ses hommes sont de retour et le vrombissement de leur Garage Rock Psych est plus intense que jamais. Le Californien a fait de THE LORDS OF ALTAMONT une institution depuis sa création en 1999 et les fondations sont toujours aussi solides. « Tune In, Turn On, Electrify ! » ne manque ni d’impact, ni d’envolées musicales hallucinantes.
THE LORDS OF ALTAMONT
« Tune In, Turn On, Electrify ! »
(Heavy Psych Sounds Records)
Bien connu dans le monde des bikers, THE LORDS OF ALTAMONT revient avec un septième album qui sent bon le bitume, la sueur et le cuir. Arborant tous une veste de motard avec le logo du groupe, les quatre musiciens du gang sont là pour en découdre et « Tune In, Turn On, Electrify ! » propose un voyage aussi percutant que psychédélique. Et l’univers dans lequel nous propulse le quatuor est savoureux.
Emmené par le sulfureux Jake ‘The Preacher’ Cavaliere, fondateur et dernier membre originel du combo, THE LORDS OF ALTAMONT parvient encore et toujours à se réinventer. Si la fougue et l’esprit Garage Punk est intacte, le gang se fait cette fois encore plus Psych et groovy à travers un Rock pêchu, Old School et sublimement interprété. Se laisser aller dans les méandres de la musique du groupe est une vraie délectation.
Les géniales parties d’orgue de Cavaliere se fondent dans les riffs démoniaques de Dani Sindaco, tandis que le tandem Barry Van Esbroek (batterie) et Rob Zimmermann (basse) martèle une rythmique d’enfer (« Living With The Squares », « Levitation Mind », « Blast For Kicksville », « Lost In The Future »). THE LORDS OF ALTAMONT est aussi irrésistible que passionné dans son jeu.
Cette fois avec THE BLACK VAULT, Yves ‘Vivi’ Brusco enlève l’étiquette Trust qui lui colle à la peau, sans pour autant la renier. Entre Hard Rock musclé et Rock incendiaire, c’est à la guitare et en quintet que le musicien livre un album aussi personnel que fédérateur. « One Way » est un opus très abouti et convaincant, où ses influences manifestes ont été bien digérées. Un vrai bol d’air frais.
THE BLACK VAULT
« One Way »
(Independent)
Membre fondateur de Trust où il officiait à la basse, c’est cette fois à la guitare et aussi un peu au chant qu’Yves ‘Vivi’ Brusco revient avec un projet personnel sous le nom de THE BLACK VAULT. Evidemment ancré dans un Rock aux saveurs Hard Rock, ce premier album long de 16 morceaux, s’inscrit dans la tradition et la culture musicale de ce grand artisan et pionnier de la scène hexagonale.
A la tête d’un quintet où l’on retrouve son fils Bruno à la guitare, Elodie Jouault au chant, Manu Baron derrière les fûts et Charley Stone à la basse, le groupe livre un « One Way » enthousiasmant et parfaitement huilé. Chez THE BLACK VAULT, on fait corps et l’expérience de ce groupe déjà aguerri se fait sentir sur l’ensemble de l’album, par ailleurs très bien produit. L’absence de signature est même une énigme.
Ecrit pour l’essentiel en anglais, THE BLACK VAULT livre aussi quelques morceaux en français (« Scene Sene », « Tu Peux Dream »). Témoin privilégié des belles années où le Rock ne manquait pas de créativité, l’ex-Trust rend deux beaux hommages à Rick Parfitt de Status Quo (« Ricaster ») et à Malcom Young d’AC/DC (« Malcom »). Vibrant sans être pompeux et toujours avec une grande classe.
Loin de jouer les guitar-hero, Vivi pose des riffs bien sentis et efficaces, de ceux qui restent gravés dans le crâne (« Looking For », « Coming Up »). D’ailleurs, il y va même de son morceau très caliente et tout en crescendo (« The World Needs You »). Incandescent et affichant une puissance toute en retenue, THE BLACK VAULT semble avoir trouvé ses marques et son style, celui d’un combo solide et dynamique.
Deuxième album pour le quintet finlandais dont le Horror Metal Rock fait des étincelles. « Death Blues » est un album complet et entraînant dans lequel ROCKING CORPSES oublie de se prendre au sérieux, tout en faisant très sérieusement les choses. Dans un univers très personnel, les Scandinaves sortent leur épingle du jeu en multipliant les ambiances et les changements de styles.
ROCKING CORPSES
« Death Blues »
(Inverse Records)
Les Finlandais de ROCKING CORPSES ont une façon très Metal et Rock’n’Roll de manier l’humour noire. Malgré l’univers horrifique dans lequel nous plonge le combo, ce deuxième album est presque joyeux… en tout cas très entraînant. Sur un ton qui n’est pas sans rappeler un certain Alice Cooper, le quintet présente un « Death Blues » décapant et enjoué.
Avec une entrée en matière très musclée aux relents Death Metal dus à de puissants et profonds growls, ROCKING CORPSES sort tout de suite les crocs et donne le tempo (« Body »). Il n’en faut pas plus pour entrer dans le style des Scandinaves, qui réservent bien d’autres surprises, aussi variées qu’inattendues.
Tout en progression, « Death Blues » garde un côté très Heavy dans les solos et très Rock dans les riffs (« Buried », « As High As You Can Get »). Mais les Finlandais surprennent aussi sur des titres acoustiques plein de feeling (« Drinking With The Dead »). ROCKING CORPSES lâche même quelques sonorités bluesy toutes aussi perspicaces (« Necrophilove »).
Avec son intenable batteur, le combo s’ »engouffre même dans des titres aux refrains accrocheurs, tout en se fondant dans un Alternative metal consistant (« Derailed »). Au fil de l’album, le chant s’éclaircit aussi tout en gardant une énergie folle. ROCKING CORPSES maîtrise parfaitement ses compos, tout en sachant lâcher les chevaux quand il le faut. Rafraîchissant.
Avec « Great Deception », les Azuréens proposent un EP de six titres, qui devient rapidement addictif. Issus de formations plutôt extrêmes, les musiciens de DIRTY BLACK SUMMER livrent cette fois un Stoner Rock penchant très sévèrement vers un Alternative Rock très américain. Relevé et affichant puissance et fermeté, le quintet nous embarque dans un registre irrésistible en surfant sur une belle dynamique.
DIRTY BLACK SUMMER
« Great Deception »
(Nova Lux Production/Season Of Mist)
Qui aurait cru que des membres de Svart Crown, In Other Climes et Wormsand se retrouveraient, un peu forcés par la situation sanitaire quand même, dans une nouvelle entité musicale si éloignée de leurs terrains de jeu habituels ? C’est pourtant la belle surprise créée récemment par DIRTY BLACK SUMMER et un premier EP oscillant entre Alternative Rock et Stoner, et franchement bluffant pour une production hexagonale. « Great Deception » a un parfum d’Amérique savoureux.
Certes, les ombres de Soundgarden et Nickelback planent sur les compos du groupe, mais avec un accent tout de même nettement plus marqué par le Stoner Rock. Grosse rythmique, guitares épaisses et une voix rappelant inévitablement Chad Kroeger (« Know Better »), DIRTY BLACK SUMMER propose un registre aussi rafraîchissant que convaincant et fédérateur. Assez inédit en France, les chœurs sont mis en avant avec une justesse rare et franchement remarquable (« You And I »).
Certains trouveront dans « Great Deception » une petite pointe de nostalgie, et pourtant le quintet sonne résolument moderne. Soutenu par une production efficace et massive, DIRTY BLACK SUMMER propose des morceaux solides, parfaitement interprétés et avec un parfait équilibre entre des mélodies accrocheuses et des riffs très rentre-dedans (« Forget My Name, », « Your Great Deception »). On aurait cependant largement pu se passer de « Womanizer » de la jolie Britney Spears, qui reste forcément aussi essentielle que l’originale.
Avec « T(h)en » son deuxième album, CATAPULT THE RHINO compte bien mettre en lumière dix années de dur labeur passées à peaufiner un Rock aux saveurs Stoner et Desert. Le quatuor parisien s’est donné les moyens de présenter le meilleur de lui-même à travers six titres aboutis et très convaincants. Une belle surprise et surtout la confirmation de sa créativité.
CATAPULT THE RHINO
« T(H)en »
(Independant)
La scène alternative et Stoner commence très sérieusement à prendre de l’épaisseur dans l’hexagone. Réchauffement climatique ou pas, on se dirige vers le désert de Mojave, du côté de Joshua Tree, et CATAPULT THE RHINO commence discrètement, mais sûrement, à se faire une place parmi les formations solides et créatives du pays. Et avec « T(h)en », le groupe assoit sa position.
Assez expérimental dans son approche, le quatuor parisien construit minutieusement son répertoire avec patience livrant une musique Rock où la puissance du Stoner vient côtoyer les subtilités du Desert Rock. Souvent saturé mais jamais brouillon, CATAPULT THE RHINO élabore consciencieusement un style très personnel à la fois exaltant et sensible. Très carré et mélodique, le combo séduit.
Très bien produit, le groupe a également mis l’accent sur les arrangements qui sont aussi fins que discrets et efficaces (« Rhino », « Icarus »). Avec un chanteur littéralement habité par ses textes, CATAPULT THE RHINO montre autant de puissance que de sensibilité (« Natural Enemy », « Made In Nowhere »). Avec ce deuxième EP de six titres très abouti, les Parisiens prennent de l’épaisseur.
Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !
MUDDLES – « Mind Muddling » – Klonosphere
C’est un vent de fraîcheur qui souffle sur ce « Mind Muddling », premier album des Français de MUDDLES. Le quatuor signe ici de bonnes compos, très abouties et très bien produites. Mélodique et percutant, le Rock Alternatif du groupe, qui tire très franchement sur le Metal, puise son énergie chez des formations des 90’s. La voix de Barbara, toute en puissance, combinée au registre de MUDDLES fait irrémédiablement penser à Skunk Anansie mais des influences, on en trouve toujours. Le combo s’appuie sur une guitare efficace et aiguisée, une solide rythmique et surtout des refrains qui font mouche et viennent s’enraciner dans le cerveau. Sobre, direct et grâce à des arrangements dthe widow,iscrets et subtils, « Mind Muddling » laisse entrevoir un bel avenir au quatuor.
EREI CROSS – « The Widow » – Klonosphere
Décidemment, Poitiers semble devenue un point névralgique en termes de créativité et, forcément, tout ce qui est Rock et Metal n’est pas en reste. Ouvertement féministe dans son propos, ce premier EP de six titres est un concentré de sonorités très variées. Difficilement identifiable musicalement, EREI CROSS avance dans un Rock Alternatif aux vastes contours, qui vont d’ambiances très Electro à des fulgurances Stoner, le tout appuyé par de gros riffs rappelant le Metal Fusion des 90’s. Autoproduit, « The Widow » affiche une très belle production, mise en valeur par des arrangements très soignés et inventifs. Le trio composé d’Adrien Grousset (guitare), Laetitia Finidori (basse, chant) et Matthieu Guérineau (batterie) compte une solide expérience que l’on ressent sur l’ensemble très mature de ce premier EP, qui laisse même un goût de trop peu.
Ils ont beau se dire en colère et énervés, c’est pourtant avec une sacrée dose de bonne humeur et une énergie folle que le trio français THE CHRIS ROLLING SQUAD nous balance en pleine tête ce troisième album. « Cannonball Holocaust » est l’œuvre d’un power trio de fous-furieux qui fait rimer refrains accrocheurs et riffs assassins. Poussez les meubles et montez le son !
THE CHRIS ROLLING SQUAD
« Cannonball Holocaust »
(Cimex Records/Tvåtakt Records)
Invitez à la même table les Ramones, Motörhead, GBH et Slayer et vous aurez une petite idée du registre sauvage, véloce et enjoué de THE CHRIS ROLLING SQUAD. Entre la puissance du Hard Rock, l’énergie Punk et la fougue Rock’n’Roll, le trio n’a pas choisi, il a préféré se les approprier et l’idée est carrément bonne. Pied au plancher, le combo balance 14 baignes qui sont autant de bouffées d’oxygène.
Sorti il y a deux petits mois, « Cannonball Holocaust » est le troisième album de THE CHRIS ROLLING SQUAD et son premier sur les labels suédois Cimex Records et Tvåtakt Records, qui ont franchement eu du nez sur ce coup-là. Entre deux coups de speed, les riffs acérés et la très massive rythmique nous renvoient aux belles heures d’un Rock débridé, insolent et irrévérencieux à souhait.
Vocalement très en place, tant au niveau du lead que des chœurs, THE CHRIS ROLLING SQUAD rappelle des ambiances américaines (« Crazy Little Boy », « Revolution », « All Around »), des assauts très britishs (« Straight Down To Hell », « Desperate City ») et une énergie qui lui est très personnelle (« Faster », « Staying Home With Mommy », « Hollywood »). Courts et racés à l’instar des solos (!), les morceaux du trio claquent et fouettent !
En l’espace de trois ans, HIPPIE DEATH CULT est parvenu à conquérir la scène de Portland et le quatuor ne compte pas s’arrêter là. Après un premier album (« 111 »), une participation à une compilation en hommage à Black Sabbath et à la bande-son du film « All Gone Wrong », le combo de Stoner Psych Prog débarque avec un deuxième album addictif.
HIPPIE DEATH CULT
« Circle Of Days »
(Heavy Psych Sounds Records)
Sous de faux airs sabbathiens, le quatuor de Portland explore bien d’autres sphères musicales, qui vont du Heavy aux riffs bien gras à un Psych Progressif tirant sur le Doom et le Classic Rock. HIPPIE DEATH CULT propose sur « Circles Of Days » une synthèse pertinente entre Metal et Rock après seulement trois ans d’existence. Il faut dire que les Américains ne sont pas restés les bras croisés, loin de là.
Et c’est cette faculté à fusionner les genres qui rend la musique du groupe aussi efficace et rassembleuse. Le quatuor s’amuse des styles et des époques pour livrer des morceaux intemporels et pourtant bien ancrés dans leur temps. Composé de seulement cinq titres et s’étirant sur près de 40 minutes, « Circles Of Days » montrent aussi un beau panel du registre de HIPPIE DEATH CULT, à commencer par le morceau-titre de l’album.
Dès le brumeux « Red Meat Tricks », le combo nous enveloppe avec un son à la fois lointain, langoureux et massif. Le clavier vient apporter une touche apaisante à la solide rythmique des Américains (« Hornet Party », « Eye In The Sky »), qui est guidée par la touchante et captivante voix de Ben Jackson. HIPPIE DEATH CULT est aussi véloce qu’extatique et est surtout capable de belles variations (« Walk Within »).
Aussi brut dans l’attitude que dans sa musique, ACID’S TRIP débarque avec un premier album fortement imbibé de Rock’n’Roll aux effluves bluesy et Southern. Originaire de Göteborg en Suède, le quatuor vient de livrer un « Strings Of Soul » aussi ébouriffant qu’intemporel entre riffs Hard Rock et ambiance Psych. Anna, guitariste et chanteuse de la formation, revient sur la conception de ce premier album et aussi sur sa vision de la musique à travers le groupe.
– Avant tout, j’aimerais qu’on revienne sur la formation d’ACID’S TRIP en 2018. Tu jouais avec Honeymoon Disease jusqu’à ce moment-là. Que s’est-il passé ? Tu as senti que c’était le moment de passer à autre chose ?
ACID’S TRIP est né dans mon esprit bien avant que nous ayons jamais parlé de nous séparer avec Honeymoon Disease. Je voulais jouer un Rock plus dur et plus technique, et je n’avais pas le sentiment que le groupe était le bon pour ce genre-là. Je voulais donc créer ACID’S TRIP en tant que groupe parallèle, tout en conservant Honeymoon Disease pour continuer d’exprimer ma créativité. Mais après la dernière tournée espagnole, les autres membres ont abandonné et je n’ai eu d’autre choix que de me concentrer à 100% sur ACID’S TRIP, qui est alors devenu mon groupe principal. C’est ce qui pouvait arriver de mieux d’ailleurs. J’adore le mélange de Soul et de Hard Rock que nous produisons, et nous ne pourrions pas être plus heureux de la sortie de notre nouvel album. J’ai même l’impression que nous venons juste de commencer à jouer même si ça fait déjà trois ans. Le temps passe si vite quand on s’amuse !
– Avec ACID’S TRIP, on a l’impression d’un retour aux sources du Rock’n’Roll avec un son brut, efficace et sans concession. C’est l’objectif ? Aucun artifice ?
Oui, notre principal objectif était ce retour aux sources avec un son plus brut et technique même s’il reste facile d’accès. Nous aimons les riffs intelligents, amusants mais qui sont bien pensés et qui donnent une note personnelle à la tonalité dans laquelle nous jouons. Ce genre de riffs est original, car il n’y a pas beaucoup de groupes aujourd’hui, qui consacrent autant de temps juste pour trouver « ce riff parfait ». De nos jours, tout semble axé sur une voix entraînante et des accords Rock, ce qui n’est pas grave, mais les gens ne se souviendront plus de ces morceaux dans quelques années. Notre album fait partie de ceux qui dureront des décennies et plus, vous ne vous ennuierez jamais en l’écoutant. Laissez-vous aller !
– Et il y a cette superbe Flying V sur laquelle tu joues. On en voit beaucoup trop peu depuis un moment, et notamment dans la nouvelle génération. J’imagine qu’il y a une histoire personnelle autour de cette guitare aussi, non ?
Ouais, ma Vera est ma principale et la seule guitare sur laquelle que je joue en fait. J’ai aussi une excellente guitare JPN SG, mais elle est ma guitare de secours en tournée, car j’aime un peu trop la V. J’ai vu cette édition spéciale de 1998 en 2014-2015, lorsque je passais devant un magasin de guitares ici à Göteborg. Je l’ai vu à travers la vitrine et 10 minutes plus tard, j’ai acheté la guitare de mes rêves. Elle a un son génial et surtout, le manche me parle et je joue beaucoup mieux. Les guitares sont très personnelles et j’adore la forme en V. J’élargirai ma collection V, lorsque le groupe atteindra les grands charts ! (Rires !) Et si Gibson lit ceci, passez-moi un coup de fil !!!
– Avec une inspiration très 70’s, ACID’S TRIP est résolument ancré dans son temps entre Rock lourd et Stoner Psych. L’accent est aussi porté sur un groove imparable et une folie permanente dans l’attitude, comme une sorte de défouloir très orchestré finalement. C’est votre comportement qui guide votre musique, ou l’inverse ?
Oui, c’est l’amour de vieux groupes comme Captain Beyond, The Dead Boys, MC5 et le Kiss des 70’s à leur apogée. Nous écoutons beaucoup de musique Rock et Heavy, et depuis que je collectionne les vinyles, j’ai écouté des milliers de disques qui ont perfectionné mon style d’écriture et la façon dont j’entends les mélodies. Tout ce que j’écris fait référence à quelque chose que j’ai entendu auparavant, et cela sonne comme je l’entends. J’adore l’album, car il a une âme, peu de groupes de Rock aborde le Rock de cette façon.
– J’aimerais que tu me dises un mot sur l’intro de l’album, « Prelude », elle aussi très originale. Quand on connait la suite de « Strings Of Soul », on imagine que vous avez voulu désorienter votre auditoire dès le début, non ?
Quand l’album était presque terminé, il nous restait quelques notes d’orgue à enregistrer. Mon père jouait sur tous les disques Honeymoon Disease, alors je lui ai demandé s’il voulait aussi le faire sur l’album d’ACID’S TRIP. Je connais sa façon de jouer, et lui celle dont je chante les mélodies. C’est comme ça aussi que j’entends les arrangements de chorale et ça sort naturellement pour moi. Je lui ai demandé de jouer un morceau mélancolique auquel j’ajouterai plus tard des voix. Je veux que les gens réfléchissent lorsqu’ils écoutent notre album, et « Prelude » était un moyen de mettre les gens de bonne humeur. Certaines personnes aiment ça et d’autres veulent juste des chansons Rock pour ensuite passer à l’album suivant. Je viens du milieu Psych Prog avec beaucoup de Blues, et on ne peut pas donner une âme à un album sans une bonne intro à mon avis.
– Avec ACID’S TRIP, on touche au Hard Rock un peu Old School, mais aussi à des ambiances Stoner, bluesy et même Southern. En, fait, vous êtes un groupe de cow-boys and girls scandinaves des temps modernes ! C’est ça ?
(Rires) Oui, je suppose que oui ! Quand je cherche une grande variété d’émotions, je mets du Lynyrd Skynyrd. Quand j’ai besoin de réfléchir à quelque chose, je me tourne plutôt vers des sons de Floride, et quand j’ai besoin d’inspiration pour des harmonies, je mets du Allman Brothers et du Big Mama Thorton. Et quand j’ai besoin de vitesse, les Hellacopters sont le meilleur choix. Et voilà, vous avez le mix d’ACID’S TRIP ! Le voyage que j’ai fait en 2018 à Nashville puis à Jacksonville, en Floride, m’a vraiment donné une perspective sur les choses et j’ai réalisé que le Rock peut être beaucoup plus que simplement maltraiter des guitares. Bien que ce soit amusant à faire, il faut être plus intelligent que ça.
– Vous avez entièrement enregistré « Strings Of Soul » vous-mêmes, qui a ensuite été mixé et masterisé par Ola Ersfjord. La première étape était importante pour vous, afin de délivrer ce son particulier qui forge vraiment l’identité d’ACID’S TRIP ?
Je pense que oui, surtout quand il s’agit du chant et de toute la production de l’album. Lorsque vous entrez en studio, le résultat est souvent ce que le producteur est capable de faire. Cela peut être une expérience vraiment géniale et qui peut également améliorer la qualité de l’album, car c’est un travail de professionnel. Mais cela peut aussi compromettre le son, le rendre trop commercial et « trop » clean, car il n’y a plus de place pour les erreurs et les joyeux petits accidents. J’ai pris le rôle de producteur pour cet album, ce qui m’a pris beaucoup de temps et d’efforts. Sans mon intervention, l’album aurait probablement un son plus moderne, ce qui pourrait être une bonne chose. Mais nous voulions garder l’ambiance que nous avions sur ce projet : beaucoup de café et de longues heures passées à répéter. J’ai fait le chant dans une pièce sombre toute seule, ce qui a été une expérience formidable. J’ai fait confiance à mon instinct et ça s’est bien passé.
– Assez rapidement et notamment du à la qualité de vos concerts, vous vous êtes faits remarquer par le patron du très réputé label underground Heavy Psych Sounds Records. C’est une belle récompense, en plus d’être la maison de disques idéale pour vous aussi, non ? Elle vous ressemble beaucoup…
Elle nous ressemble beaucoup, c’est vrai. Oui, on adore Heavy Psych Sounds Records ! Le label nous a vraiment pris sous son aile et nous n’aurions pas pu avoir de meilleurs partenaires dans ce domaine. L’ambiance et le style sont parfaits pour nous. Et c’est très direct !
– Le printemps est là et la pandémie semble nous laisser un peu respirer. Avec un album encore tout chaud, vous devez bouillir d’impatience de remonter sur scène ?
Absolument, mais à l’heure où nous parlons, nous prévoyons des concerts pour 2022, car nous ne voulons pas le faire cet automne. Il y a de grandes choses à venir et nous visons les festivals pour l’année prochaine. L’album est pertinent et il le sera encore à l’avenir !
L’album « Strings of Soul » d’ACID’S TRIP est disponible chez Heavy Psych Sounds Records depuis le 7 mai !
Débordante d’énergie, la chanteuse à la chevelure bleue DIAMANTE revient avec un nouvel album, « American Dream ». Sur des morceaux racés et puissants, le Melodic Rock aux contours Hard et Metal de l’Américaine joue sur l’impact des refrains entêtants et des riffs robustes et incisifs. Très accessible et abordable, mais pas désagréable du tout.
DIAMANTE
« American Dream »
(Independant)
Malgré un premier qui a connu un franc succès outre-Atlantique, c’est toujours en indépendante qu’Azzura Boveli, alias DIAMANTE, revient avec ce « American Dream » rentre-dedans et une fois encore taillé pour les charts. A seulement 24 ans, la chanteuse américaine se montre d’une maturité étonnante, grâce notamment à une voix puissante et de l’adrénaline à revendre.
Survitaminé et musclé sont les maîtres-mots de ce second opus, dont le Rock Hard mélodique fait mouche à chaque morceau. Très formaté et très calibré pour les radios US, « American Dream » est bien entendu surproduit, mais la fraîcheur des morceaux, les riffs massifs et racés, ainsi que le superbe timbre de voix de DIAMANTE suffisent à rendre l’album entrainant et convaincant.
Aguerrie par de longues tournées aux côtés de Three Days Grace, Chevelle et Breaking Benjamin avec qui elle chante d’ailleurs « Iris » (une reprise des Goo Goo Dolls), la frontwoman avance sans filtre et séduit par sa fougue presqu’instinctive (« American Dream », « Ghost Myself », « Unfuck You »). DIAMANTE séduira les amateurs de Melodic Rock intense, costaud et très féminin. Une belle surprise.