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Hard Rock Southern Blues

Jared James Nichols : l’embrasement

Intense, brut et virtuose, le jeu de JARED JAMES NICHOLS englobe à la fois la densité du Hard Rock, les saveurs du Blues et une atmosphère Southern. Six-cordiste accompli et frontman assuré, il multiplie avec naturel et beaucoup de classe les ambiances, tout en affichant une forte identité artistique. Avec « Louder Than Fate », il laisse à nouveau éclater tout son talent avec une impression de facilité assez déconcertante. Sensible et dévastateur, son charisme et son écriture sont toujours aussi renversants.

JARED JAMES NICHOLS

« Louder Than Fate »

(Frontiers Music)

Depuis ses débuts en 2015 avec « Old Glory & The Wild Revival », le guitariste et chanteur du Wisconsin, aujourd’hui basé à Nashville, réalise un sans-faute. L’an dernier, il avait brillé sur le titre « Borderline » extrait de l’EP éponyme de Hollow Souls, le nouveau projet de Kris Barras. Et il se fit remarqué aussi sur les album de Mark Morton de Lamb Of God et sur celui d’Elegant Weapons. Depuis, JARED JAMES NICHOLS a présenté quatre morceaux de « Louder Than Fate », son quatrième album (« Runnnin’ Hot », « Killing Time », « Pretend » et « Ghost »). Et vu leur qualité, le reste de cet opus commençait a nourrir beaucoup d’impatience.

Ayant toujours navigué entre Hard Rock et Blues Rock avec une touche 70’s, il a su forgé un son très personnel et organique, toujours en gardant les deux pieds solidement ancrés dans son époque. Alors, très intelligemment, JARED JAMES NICHOLS a fait appel à deux producteurs qui se complètent à merveille sur ce « Louder Than Fate » : Jay Ruston (Anthrax, Amon Amarth, Steel Panther) et Roger Alan Nichols (Larkin Poe, Tyler Bryant & The Shakedown). Et leur complicité fait littéralement briller cette nouvelle réalisation. Un juste milieu entre une rudesse aux portes du Metal et la chaleur du Blues.

C’est donc dans un Power Blues costaud et fondé sur des riffs colossaux et des solos électrisants que nous embarque JARED JAMES NICHOLS. Très authentique, son jeu est aussi percutant qu’attachant et il parvient sans mal à distiller ses émotions sur des titres efficaces, certes, mais toujours sincères (« Let’s Go », « Way Back », « Bending Or Breaking », « Dust’n’Bones »). Et ce qui est particulièrement notable ici, c’est que le songwriting repose autant sur des parties de guitare très soignées que sur le chant et les textes. Une fois encore, le musicien frappe fort et devrait ravir autant les amoureux de Hard Rock pur et dur que les amateurs de sonorités plus sudistes.

Photo : Eric Ahlgrim

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Alternative Rock Rock US Rock/Hard

Dan Byrne : new rockin’ start

Même si ce sont ses grands débuts sous son propre nom, DAN BYRNE fait déjà partie de ces artistes chevronnés, qui mêlent habillement expérience et intuition. Spontané et solide, « This Is Where The Show Begins » vient ôter d’un Rock estampillé 80/90’s une poussière engourdissante pour lui mettre un sacré coup de boost, qui acte également une évolution notable de la part du Britannique. Mélodique et accrocheur, il surgit de la Mersey avec autant de talent que d’ambition.

DAN BYRNE

« This Is Where The Show Begins »

(Frontiers Music)

Il n’aura fallu que deux albums avec le groupe Revival Black en 2019 et 2022 pour que le musicien de Liverpool se lance en solo l’année suivante. Avec « Beginnings », DAN BYRNE se fait rapidement connaître, ce qui ne l’a pas empêché de sortir un autre disque avec Marty And The Bad Punch l’an dernier. Autant dire qu’il a de la suite dans les idées et qu’il se montre plutôt créatif. Après son premier EP, il est forcément attendu au tournant sur un format long, d’autant qu’il est fraîchement signé chez les Italiens de Frontiers Music.

Son style ? Un savoureux mélange de Hard Rock, de Rock US et d’Alternative Rock très actuel et moderne, malgré des références pour le moins classiques. C’est donc un Rock d’une fraîcheur très contemporaine que propose DAN BYRNE sur le bien-nommé « This Is Where The Show Begins ». Certes, tout n’est pas parfait, mais l’ensemble est soigné, bardé de bonnes guitares et surtout enrobé de sa voix puissante et chaleureuse. Seuls quelques arrangements très AOR et hors-propos viennent assombrir plusieurs titres.

Car, il faut reconnaître que la qualité du songwriting et la prestation vocale de l’Anglais offrent une très belle dynamique à « This Is Where The Show Begins ». mais si certaines parties de claviers viennent franchement ternir le travail effectué sur des morceaux efficaces, qui auraient mérité bien mieux comme traitement pour plus de tenue. Cela dit, DAN BYRNE s’en sort plutôt bien en restant toujours très positif dans les ambiances et en déployant une fougue sincère (« Saviour », « She’s The Devil », « Death Of Me », « Pulling The Under »). Convaincant !

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Alternative Metal Groove Metal

Mechanical Skin : un caractère explosif

De l’envie, elle n’en manque pas et cela se ressent tout au long du premier opus de la formation de la capitale. « Until The Void » s’impose presque de lui-même, tant il parvient à rassembler les éléments incontournables du Metal actuel. MECHANICAL SKIN bastonne autant qu’il séduit par ses capacités à diffuser de belles émotions. Très solide techniquement, il réussit à convaincre sans mal et nul doute que la force de ces nouveaux titres devrait prendre toute leur dimension en concert, où on les imagine lever les foules. Gardez un œil ouvert et une oreille attentive, l’énergie des Français est contagieuse.

MECHANICAL SKIN

« Until The Void »

(Independant)

Faire corps et monter en puissance tout en restant mélodique, c’est le credo de MECHANICAL SKIN et ce qu’il met en place depuis sa création en 2020. Alors qu’une grande partie de la scène hexagonale se tourne vers un Metal extrême, le quintet emprunte une voie parallèle et avec autant de détermination et d’expérience, et c’est un boulevard qui s’offre à lui. Au croisement entre un Alternative Metal musclé et un Groove Metal plus agressif, ce premier album vient confirmer le bel élan déjà pris sur les quatre titres de « Before I Die », premier EP sorti en mars 2024.

Depuis, MECHANICAL SKIN a pris du volume et les Parisiens témoignent parfaitement ici du chemin parcouru. Aujourd’hui, le groupe est plus aiguisé, racé et tranchant, et la bonne production de ce premier long format met très bien en valeur le travail effectué sur ces huit nouveaux morceaux (et sur l’intro). « Until The Void » est taillé dans le granit et il jaillit avec beaucoup d’originalité grâce à des influences bien digérées. Tout en restant accessible, il développe un côté massif et véloce, grâce à des membres unis qui ont le même objectif ravageur.

Sur des fondations clairement Hard Rock, MECHANICAL SKIN se fait fédérateur sur les refrains et incisif dans les riffs et, malgré un petit coup d’oeil dans le rétro, il se montre moderne dans l’attaque des titres. L’une des surprises vient également de son frontman que l’on découvre plutôt saturé sur l’entame de l’album, avant de revenir à un chant clair et puissant, qui lui va tellement mieux, par la suite. Le combo avance avec assurance et beaucoup de diversité, ce qui fait toute la richesse d’« Until The Void » (« Into A War », « Memories », « Fall Of Tyrant », « New World »).

Photo : Julien Duhem

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Classic Hard Rock Hard Blues Southern Blues

John Corabi : personal way

Avec un premier effort fortement imprégné par les 70’s, mais avec un son très actuel, JOHN CORABI se livre avec authenticité sur ce qui constitue sa culture musicale. Et même si on n’avait aucun doute sur le bon goût du chanteur de The Dead Daisies, il faut reconnaître qu’il se dévoile aussi comme un redoutable songwriter. Solaire et sincère, il passe en revue des atmosphères plus Rock peut-être, plus Southern aussi et portées par un groupe cinq étoiles. En s’offrant même une reprise de Sly And The Family Stone et flirtant avec la Soul et le Blues, le musicien de Philadelphie se montre impérial.

JOHN CORABI

« New Day »

(Frontiers Music)

Marqué au fer rouge par son passage chez Mötley Crüe le temps d’un album éponyme en 1994, JOHN CORABI s’est aussi essayé à d’autres formations, mais celles-ci firent beaucoup moins de bruit que le remplacement de Vince Neil. Depuis, il a enfin récupéré sa place au sein de The Dead Daisies qui a, de nouveau, retrouvé toute sa splendeur. Avec « New Day », c’est en solo qu’il se présente avec un disque qui lui ressemble beaucoup et sur lequel il se fait plaisir entre Classic, Southern et Hard Rock avec une même aisance et surtout une voix puissante.

Enregistré l’été dernier à Nashville avec le fameux Marti Frederiksen (Aerosmith, Ozzy) aux manettes, JOHN CORABI livre un opus très personnel et chaleureux. A ses côtés, le gratin du genre œuvre avec lui, à savoir son producteur, Evan Frederiksen pour la rythmique et beaucoup d’autres instruments, Richard Fortus (Guns N’Roses) à la guitare, Paul Taylor (Winger, Steve Perry) aux claviers et Charlie Starr de Blackberry Smoke aux solos. Difficile d’aligner un plus beau line-up et le résultat est à la hauteur des attentes : époustouflant !

De sa déjà longue carrière, l’Américain semble avoir rassemblé tout ce qui le fait vibrer. Que ce soit sur des titres acoustiques sensibles et délicats, ou d’autres plus entraînants aux teintes bluesy, ou évoluant dans un Rock plus brut, le frontman sait absolument tout faire et sa classe naturelle fait le reste. JOHN CORABI garde aussi un œil dans le rétro en incluant « Cosi Bella (So Beautiful) » (2021) et « Your Own Worst Enemy » (2022), sortis tous deux en singles, aux côtés d’autres pépites (« New Day », « That Memory », « When I Was Young », « 1969 »). Incontournable !

Photo : Jeff Fasano

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Hard Rock

Black Swan : la marque des grands

Si les CV sont aussi impressionnants que le niveau technique affiché, c’est bel et bien la qualité d’écriture et d’interprétation, qui sont les points forts de cette troisième réalisation de la dream-team irlando-américaine. Percutant et moderne, « Paralyzed » se présente comme l’œuvre la plus accomplie de BLACK SWAN. Depuis des décennies, ses membres font vivre le Hard Rock à l’international et ils ne semblent pas prêt à lâcher les rênes. Les mélodies sont accrocheuses et la fraîcheur du style des quatre vétérans irrésistibles.

BLACK SWAN

« Paralyzed »

(Frontiers Music)

Les réunions de vieilles gloires, ou les montages de supergroupes, ne débouchent pas souvent sur grand-chose, si ce n’est l’addition de talents. Sauf que la créativité a besoin d’un peu plus, à savoir d’une certaine alchimie notamment, pour se déclencher et parvenir à obtenir de bonnes compositions. Avec ce troisième album, BLACK SWAN démontre avec brio que son line-up ne doit rien hasard et qu’il y a une réelle complicité entre l’Irlandais Robin McAuley et les Américains Reb Beach, Jeff Pilson et Matt Starr. Et ce combo ‘All-Stars’ fait encore des étincelles.

Ainsi, depuis « Shake The World » sorti en 2020, puis « Generation Mind » en 2022, le quatuor trace sa route et se distingue vraiment des anciennes formations de chacun d’entre-eux. Certes, McAuley a brillé avec MSG et en solo, Beach avec Winger et Whitesnake, Pilson avec Foreigner et Dokken et Starr avec Mr Big et Ace Frehley, mais ensemble : l’entente est manifeste. Chez BLACK SWAN, chacun est à sa place dans une configuration classique et solide et tout semble réuni pour que son frontman déploie son incroyable puissance vocale.

Composé à quatre et parfaitement produit par le magnanime bassiste du groupe, « Paralyzed » éblouit d’abord par les guitares. Les riffs comme les solos sont exécutés avec un précision d’orfèvre et un feeling de chaque instant. Reb Beach réalise un sans-faute à la guitare et l’implacable rythmique est terriblement groovy. BLACK SWAN dégage une énergie phénoménale et la qualité du songwriting est la preuve que ces quatre-là sont au panthéon du Hard Rock (« If I Was A King », « The Fire And The Flame », « Carry On », « Paralyzed »). Aussi mélodique que ravageur.

Photo : Enzo Mazzeo

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Hard Rock Hard'n Heavy

Joel Hoekstra’s 13 : le bon goût

Fort d’une carrière exemplaire qu’il l’a vu passer chez Night Ranger, Trans-Siberian Orchestra, Revolution Saints ou Whitesnake, tout en œuvrant aussi sur les albums de Michael Sweet, Amy Lee ou Jeff Scott Soto, et en ayant également sorti trois disques instrumentaux en solo, JOEL HOEKSTRA’S 13 paraît cependant le projet le plus personnel de Joel Hoektra. Son implication est entière et le Hard Rock qu’il présente lui ressemble vraiment. Avec » From The Fade », le quatrième opus de ce projet, il prouve que le temps n’a aucune emprise et que l’inspiration demeure vivace.

JOEL HOEKSTRA’S 13

« From The Fade »

(Frontiers Music)

Alors que l’album qu’il a composé pour la jeune chanteuse de Boston, Austen Starr, vient tout juste de sortir, le guitariste et songwriter continue de faire l’actualité et fait son retour avec son projet solo, JOEL HOEKSTRA’S 13. Enfin, solo est une façon de parler, puisqu’il n’est pas seul du tout et il est même franchement très bien accompagné. Il a, en effet, monter un groupe de cadors et cela s’entend. Ce sont d’ailleurs les mêmes pointures présentes sur les trois précédents albums. Un line-up qui s’est solidifié et dont la complémentarité est une force ici encore.

Sans surprise donc, on retrouve Vinnie Appice derrière les fûts, Tony Franklin à la basse, Derek Sherinian aux claviers, Girish Pradham au chant et même Jeff Scott Soto en choriste de luxe. La formation a fière allure et ce JOEL HOEKSTRA’S 13 continue d’évoluer dans un Hard’n Heavy, ou Heavy Rock, qui lui va bien et qui résume bien les goûts et l’univers du musicien de l’Illinois. « From The Fade » est un album de Hard Rock assez classique, peu surprenant, mais l’interprétation suffit à elle seule pour passer un bon moment.

Mélodique et puissante, cette quatrième réalisation brille surtout par la virtuosité des musiciens, appuyée par une complicité évidente et très plaisante. En bon patron, le six-cordiste déclenche une avalanche de riffs bien sentis et au groove chaleureux. Côté solos, il ne fait pas tellement étalage de sa technique, malgré un talent rare et évident. C’est en groupe surtout que JOEL HOEKSTRA’S 13 brille et sait se montrer accrocheur et fidèle à une certaine vision du Hard Rock du siècle dernier, mais jouée avec fougue et beaucoup de modernité dans la production.

Photo : Mike Polito

Retrouvez les chroniques des deux derniers albums :

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Modern Rock Rock Hard

Austen Starr : un premier scintillement

Spontanée et rebelle, AUSTEN STARR montre beaucoup d’assurance sur ce « I Am The Enemy » avec lequel elle fait son entrée sur la scène Rock. Originaire du Massachusetts, la frontwoman affiche déjà une forte personnalité. Il faut dire que le groupe taillé sur mesure qui l’accompagne a de quoi rassurer. Mais elle n’a pas froid aux yeux et, dans la veine d’autres consœurs de la même génération, elle se livre avec enthousiasme et sans retenue sur une belle partition.

AUSTEN STARR

« I Am The Enemy »

(Frontiers Music)

Nouvelle venue sur la la scène Rock/Hard Rock, l’Américaine possède déjà de beaux atouts en main, à commencer par la confiance accordée par son label. Celui-ci lui a mis à disposition quelques cadors triés sur le volet pour élaborer « I Am The Enemy ». A ses côtés, Joel Hoekstra (Whitesnake, Revolution saints, …) a co-écrit les chansons, s’est chargé bien sûr des guitares et a même produit l’album. Autant dire qu’avec un partenaire de cette trempe, AUSTEN STARR se donne toutes les chances pour faire des débuts très remarqués.

Et ce n’est pas tout ! Car, si le virtuose a composé les musiques sur les textes de la chanteuse, le reste du combo a de quoi faire quelques envieux. A la basse, à la batterie et au mixage, c’est Chris Collier (Korn, Lita Ford, …) qui assène de belles rythmiques, tandis que Steve Ferlazzo (Avril Lavigne, Hugo’s Voyage) est aux claviers et Chloe Lowery (Trans-Siberian Orchestra) assure les chœurs. AUSTEN STARR ne pouvait rêver mieux pour mettre en lumière et en relief ses premiers morceaux. Alors, bien sûr, « I Am The Enemy » fait plus que tenir la route.

Musicalement, ce premier opus est bâti sur un Modern Rock percutant tirant sur le Hard Rock (Joel Hoekstra n’y est pas pour rien!). L’artiste de Boston affiche une proximité avec Diamante, The Warning, Halestorm par moments, ou encore avec sa collègue Cassidy Paris, également chez Frontiers Music. Même s’il reste encore quelques approximations vocales et un manque d’expérience normal, AUSTEN STARR est solide et audacieuse et son premier effort révèle de bons titres (« Remain Unseen », « Medusa », « Get Out Alive », « Not This Life » et le morceau-titre).

Photo : Anthony Grassetti

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Thrash Metal

Megadeth : that’s all, folks !

L’annonce avait fait l’effet d’une bombe dans le petit monde du Metal. L’un des membres du ‘Big Four’, et pas des moindres, tire sa révérence et met ainsi fin à l’âge d’or du Thrash ‘Made in Bay Area’ de la côte ouest américaine. Bien sûr, il reste une magnifique discographie, des coups de gueule et des petites phrases de son frontman qui resteront longtemps gravés, mais plus de disques. Cependant, le séisme aura quelques longues répliques, puisque le quatuor s’engage pour une tournée de trois ans. MEGADETH fait donc ses adieux vinyliques avec même un ultime pied de nez à ses meilleurs ennemis de Metallica en reprenant « Ride The Lightning », co-écrit avec James Hetfield, Cliff Burton et Lars Ulrich. « Megadeth » n’est probablement pas l’œuvre la plus marquante du groupe, mais il n’en est pas moins une très belle conclusion.

MEGADETH

« Megadeth »

(BLKIIBLK Records)

Chroniquer l’ultime opus d’une telle légende peut vite tourner à la nécrologie, sauf que l’envie et l’élan qu’apporte Dave Mustaine à ce « Megadeth », le bien-nommé, laissent sous-entendre que la tournée d’adieu devrait être musclée. Surtout, il parvient à réaliser le tour de force de représenter sur dix morceaux, et un joli bonus, l’ensemble des tendances du combo à travers les époques, bravant les modes en imposant un style unique et tellement personnel. Bien sûr, certains puristes ne jurent que par les quatre premières réalisations, tandis que d’autres sont tombés dans la marmite avec « Youthanasia » et son aspect plus mélodique. Et c’est aussi parce que MEGADETH incarne tous ces courants et reste au sommet à chaque fois qu’il demeure une machine inusable.

C’est donc une sorte de regard panoramique qu’offre « Megadeth » avec ce son et cette rugosité si particulière. De « Killing Is My Business… And Business Is Good! » à « The Sick, The Dying… And The Dead! » en passant par « So Far, So Good… So What! », «  Rust In Peace », « Countdown To Extinction » ou même « Th1rt3en », la gamme de MEGADETH est si vaste qu’elle traverse avec classe le monde du Thrash Metal pour lequel il a tant œuvré. Au-delà de quelques titres de très bonne facture, c’est surtout un ensemble que l’on retient ici dans une ambiance globale et avec cette touche inimitable (« Tipping Point », « Hey God! », « Puppet Parade », « Made To Kill », « Obey The Call », « The Last Note » et la brillante cover de « Ride The Lightning »).

En bons mercenaires qu’ils sont, Teemu Mäntysaari (guitare), James LoMenzo (basse) et Dirk Verbeuren (batterie) peuvent remercier Dave Mustaine pour la faveur accordée, même si on aurait souhaité un tout autre line-up pour clore ce beau chapitre. On peut regretter les absences de David Ellefson pour plus de groove, ainsi qu’un clin d’œil du magicien Marty Friedman pour une dernière envolée sur un duel dont ils avaient le secret. Bref, la vraie formation ! Après tout, MEGADETH est l’œuvre de son fondateur et ne brille plus que par lui depuis longtemps déjà. Ce 17ème album est une vraie réussite et ce que l’on était en droit d’attendre d’une carrière longue de plus de quatre décennies en guise de clap de fin. Merci pour tout, Monsieur Mustaine.

Retrouvez la chronique de l’avant-dernier album du groupe :

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Classic Hard Rock

Graham Bonnet Band : Englishman in L.A.

Rainbow, Alcatrazz, Michael Schenker Group, Impellitteri, Blackthorne et quelques autres sont autant de groupes prestigieux auxquels est associée la voix inimitable de GRAHAM BONNET. Désormais, c’est avec un quatuor chevronné, affûté et inspiré qu’il distille son Hard Rock aux saveurs Classic Rock. Loin de son Angleterre natale, c’est en Californie qu’il est allé immortaliser un pan de son histoire musicale. Devant un public aux anges, « Lost In Hollywood (Live) » nous renvoie à quelques chefs d’œuvre qui n’ont pas pris une ride.

GRAHAM BONNET BAND

« Lost In Hollywood Again (Live) »

(Frontiers Music)

S’il n’a sorti que trois albums avec le GRAHAM BONNET BAND, le frontman possède l’une des plus belles discographies du Hard Rock et du Heavy Metal étendue sur plus de cinq décennies. Et c’est une partie de ce bel héritage qu’il a interprété le 29 août 2024 au fameux ‘Whisky A Go Go’ sur le Sunset Strip à Los Angeles. En dehors de l’arrivée de Francis Cassol à la batterie, le line-up est le même que sur « Day Out In Nowhere », sorti il y a trois ans, et le courant passe toujours aussi bien sur ce « Lost In Hollywood (Live) ».

Entouré de Conrado Pesinato à la guitare, Beth-Ami Heavenstone à la basse, et Alessandro Bertoni aux claviers, le chanteur passe en revue son magnifique parcours sur ce live qui doit son titre à un morceau d’Alcatrazz du même nom. D’ailleurs, son ancienne formation est bien représentée avec « Eyes of The World », « Night Games », « Too Young To Die, Too Drink To Live » et bien sûr « Lost In Hollywood », qui clot le set. Le GRAHAM BONNET BAND nous fait traverse l’âge d’or du Hard Rock avec beaucoup d’énergie et de classe.

Autre chapitre important pour le Britannique, c’est son passage chez Rainbow dont il reprend « All Night Long », « Makin’ Love » et « Since You’ve Been Gone » comme au premier jour. Le temps d’une reprise de Deep Purple (« Lazy »), et le GRAHAM BONNET BAND fait un crochet par MSG (« Desert Song », « Assault Attack ») pour revenir tout de même sur son récent répertoire (« Imposter »). Ce nouveau live présente une tracklist assez classique, certes, mais jouée avec fougue et précision. Quant à la performance vocale, c’est du grand art !

Photo : Enzo Mazzeo

Retrouvez la chronique de « Day Out In Nowhere » :

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Hard Rock

Lynch Mob : so long !

Nombreux sont ceux qui gardent un souvenir ému de la sortie de « Wicked Sensation » en 1990, première réalisation du génial George Lynch en groupe après son départ de Dokken. Ce fut le début d’une belle envolée solo qui, si elle n’a jamais atteint le sommet des charts, aura été un formidable laboratoire pour un six-cordiste toujours en quête d’exploration et particulièrement doué. Avec un sens unique du riff et des solos plein de panache, il aura guidé LYNCH MOB pendant plus de deux décennies. Avec ce dernier « Dancing With The Devil », il affiche sa reconnaissance pour ses fans, loin de signer un lugubre chant du cygne.  

LYNCH MOB

« Dancing With The Devil »

(Frontiers Music)

Clap de fin pour LYNCH MOB après 25 ans d’une belle aventure, qui se termine avec un neuvième album en forme de baroud d’honneur. Si le groupe demeure le plus emblématique de la carrière post-Dokken du guitariste, il reste un homme de projet et nul doute qu’il ne tardera pas à refaire surface. Alors pour cet ultime opus, il a reconduit le line-up présent sur « Babylon », sorti en 2023. On le retrouve donc aux côtés de Gabriel Colón au chant, Jaron Gulino à la basse et Jimmy D’Andra derrière les fûts, histoire d’œuvrer une dernière fois dans la continuité et la ligne artistique établie du combo.

L’une des dernières formations iconiques du Hard Rock américain tourne donc la page et même si de nombreux musiciens s’y sont succédé, la touche de LYNCH MOB reste tellement identifiable. Cependant, le musicien a su moderniser son approche au fil du temps, tout en conservant ce chaleureux côté bluesy qui le suit. Comme toujours « Dancing With The Devil » sonne juste, le songwriting est irréprochable, l’interprétation du combo remarquable et le jeu de George Lynch fait encore des étincelles. Technique, mais sans tomber de trop dans la démonstration, il laisse parler son feeling… ainsi que sa virtuosité.

Avec l’assurance et la technicité qu’on lui connaît, le Californien distille un Hard Rock toujours élégant et efficace. S’il ne prend pas le moindre risque, il joue sur les contrastes avec un groove éclatant et démontre qu’il reste un maître en la matière (« Dancing With The Devil », « Pictures Of The Dead », « Saints And Sinners », « Lift Up Your Soul », « Follow My Down »). Avec ce dernier effort, le guitar-hero semble aussi poser un regard satisfait sur ce pan de sa carrière et se contente même de beaucoup de sobriété sur l’instrumental « Golden Mirrors ». Et LYNCH MOB ferme même la parenthèse avec « Somewhere », uniquement présent sur l’édition européenne. Merci pour tout Monsieur !

Retrouvez la chronique de « Babylon » :