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Caitlin Krisko & The Broadcast : une énergie magnétique

Basé à Asheville en Caroline du Nord, décidément creuset de très nombreux talents, CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST livre ce très attendu nouvel album. Et « Heirloom » se montre très largement à la hauteur de ce qu’on pouvait légitimement espérer, tant le précédent EP était d’une incroyable luminosité. Certes, la chanteuse de la formation américaine est un atout majeur, mais la qualité d’écriture et de composition est d’un tel feeling et d’une telle précision, qu’il est difficile d’y résister. Le style s’affirme aussi pour être désormais immédiatement identifiable, et ce Blues teinté de Soul, de Rock et d’Americana est aussi entraînant qu’émouvant.

CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST

« Heirloom »

(Independant)

Malgré une quinzaine d’années d’existence, c’est avec l’EP « Blueprints », sorti il y a deux ans et qui a vu le nom de sa chanteuse accolé à celui du groupe, que les Américains ont renversé la communauté Blues, et cet engouement a été renforcé grâce à des tournées dont les prestations ont marqué les esprits jusqu’en Angleterre. CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST revient avec un long format une fois encore exceptionnel. La tonalité globale est clairement plus sudiste que ce soit dans les envolées Soul, Rock et Blues. Un Roots Rock porté aussi par un son organique à la dynamique actuelle et à la saveur légèrement vintage et savamment dosée.

Dévoilé au fur et à mesure sur les plateformes, « Heirloom » a été enregistré aux studios Blackbird de Nashville et produit par Aaron Austin, guitariste du groupe. Ainsi, grâce à son musicien de mari, CAITLIN KRISKO se trouve portée par un environnement sonore à la hauteur de sa performance vocale. Car le six-cordiste donne une autre dimension à ces nouvelles chansons, grâce à des accords subtils, des riffs délicats et des solos magistraux. D’ailleurs, l’ensemble de THE BROADCAST est sur la même longueur d’onde, à savoir un jeu d’une grande finesse et d’une authenticité rayonnante. Il suffit aussi d’écouter l’orgue Hammond pour s’en convaincre.

Comme pour « Blueprints », il est bien difficile de mettre en avant certaines chansons plutôt que d’autres, tant elles nous racontent des histoires captivantes. Le récit est souvent profond, les refrains deviennent très vite entêtants et donnent la sensation d’une proximité, tout en se faisant très fédérateurs. Un tour de force réellement bluffant. Et si la puissance vocale de CAITLIN KRISKO emporte tout, on se raccroche volontiers à ces notes bleues distillées par THE BROADCAST avec fougue et émotion (« Keep On Trying », « Heart Of Gold », « Homeless », « Hole In My Heart », « Let It Ride », « Something Sweet », « Fuel My Fire »). Renversant !   

Retrouvez la chronique du précédent EP, « Blueprints » :

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Hannah Wicklund : the path to freedom [Interview]

Résolument Rock, l’univers artistique de HANNAH WICKLUND ne semble pourtant pas connaître de frontières. Passant de la Soul et du Gospel à des notes plus funky ou Folk, elle semble pourtant guidée en profondeur par un Blues qui ne dit pas son nom. Originaire de Caroline du Sud, la multi-instrumentiste, compositrice, productrice et même rédactrice en chef d’un magazine qu’elle a créé, sort « War On Women ; Calling All Good Men », son quatrième album et sans doute le plus personnel. Marquée par les luttes qu’elle a mené, elle met sa puissance vocale au service des émotions pour délivrer sa vérité. Lumineuse et envoûtante, la redoutable guitariste se présente comme une militante passionnée au style terriblement addictif. Rencontre avec une artiste hors-norme renforcée par les épreuves et les combats et surtout animée d’une intense liberté .

– Tout d’abord, j’aimerais que l’on revienne sur ces deux dernières années, celles qui ont suivi la sortie et l’acclamation de « The Prize ». Malgré cette belle reconnaissance, tu as rencontré de nombreux problèmes, et non des moindres. Pourtant, tu donnes l’impression sur ce nouvel album d’être encore plus forte aujourd’hui. Comment as-tu vécu cette période douloureuse à bien des égards ?

La sortie de mon album « The Prize » a été l’un des plus grands défis de ma vie, un véritable parcours du combattant, marqué par le sabotage et l’oppression. Nombreux sont ceux qui ont œuvré contre sa sortie, et alors même que je m’apprêtais enfin à le sortir selon mes propres conditions, j’ai été contrainte de collaborer avec un label qui, j’en suis convaincue, n’a jamais eu l’intention de s’investir pleinement dans mon projet et qui a, au contraire, semé le chaos. Ce sabotage, lié à cet album, a persisté pendant des années dans ma carrière. J’ai mes théories à ce sujet et une grande partie de ces agissements est liée à la volonté de ceux qui, au sein de l’establishment, ne souhaitent pas que le Rock’n’Roll féministe trouve sa place. J’ai subi de profondes trahisons de la part de nombreux hommes en qui j’avais confiance, et l’année dernière, j’ai finalement découvert une complicité et un complot à grande échelle au sein de ma carrière et de ma vie. J’ai enfin eu la preuve de ce que je pressentais depuis longtemps et cette preuve irréfutable m’a libérée. Je suis plus forte que jamais après cette expérience et je crois que mon nouvel album en est la preuve.

– Malgré cette environnement toxique, tu reviens avec « War On Women ; Calling All Good Men », au titre évocateur, qui est un album engagé et vraiment lumineux. Est-ce qu’il a été pour toi une façon d’inverser les choses et de panser aussi quelques plaies ?

Cet album est sans conteste l’œuvre la plus importante que j’aie jamais créée. J’ai vu le monde à travers le prisme de ma propre vie et vécu des choses absolument incroyables et je crois au pouvoir de la transformation. En tant qu’artiste, notre plus grande force est de transmuter la douleur en vérité, et c’est ce que j’ai entrepris de faire. Quand mon monde s’est obscurci, j’ai dû être ma propre lumière et me guider seule à travers l’abîme. Cet album témoigne de ce processus et j’en suis incroyablement fière.

– Justement, ce quatrième album est autoproduit et tu t’es occupée de tout, de l’écriture jusqu’à l’enregistrement. Etait-ce nécessaire pour toi de gérer entièrement le processus de création pour repartir de de bonnes bases ?

Ma confiance avait été complètement brisée et je savais que je devais mener ce projet à bien seule. Plus important encore, je savais que j’en étais capable. Des visuels au son de la guitare, je savais que je voulais maîtriser le processus et devenir pleinement l’artiste que j’avais toujours su être.

– Tu es compositrice et multi-instrumentiste, et d’ailleurs les parties de guitare et de piano sont assez incroyables. Ta musique est également très riche avec un mélange de Rock, de Soul, de Blues, de Folk et même de Gospel. Pourtant, ton style est limpide, fluide et très identifiable. As-tu aussi le sentiment d’avoir conçu ton album le plus abouti à ce jour avec « War On Women ; Calling All Good Men » ?

Sans conteste, c’est mon plus beau cadeau au monde. J’y ai mis tout mon être, mentalement, spirituellement, émotionnellement et physiquement. C’est un véritable voyage à travers ma vision de la société et je pense qu’il reflète très clairement qui je suis en tant qu’artiste, mais surtout en tant qu’être humain.

– D’ailleurs, j’aimerais qu’on parle aussi du contenu de tes textes, qui sont très revendicatifs, engagés et presque politiques d’une certaine manière. C’est clairement un appel au changement, que ce soir au niveau des relations humaines comme de l’environnement. Est-ce quelque chose que tu portes en toi depuis longtemps, ou est-ce que les évènements actuels dans le monde et dans ta vie ont pu accélérer cette prise de conscience et l’envie d’en parler ?

J’ai toujours été ainsi. J’ai agi avec passion et je me suis toujours considérée comme une militante de la justice sociale. L’art est politique et la vie est politique. Je refuse l’indifférence et d’édulcorer mon expression, même si le monde préférerait que je me taise et que je me contente de mes solos de guitare… Les épreuves de la vie m’ont façonnée et ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui : une personne intrépide, sans complexe et surtout profondément, radicalement moi-même.

– Pour en revenir à ta musique, j’aimerais que l’on parle de « Cowards & Kings » et son monumental solo très hendrixien, qui renvoie d’ailleurs à celui de « Hide And Seek » sur « The Prize ». Malgré une apparence qui paraît sage et douce, tu es une guitariste et une chanteuse fougueuse et redoutable. Est-ce une façon d’exalter certaines émotions, ou plus simplement de te faire plaisir et de dévoiler l’étendue de ton jeu ?

Ce solo en particulier me semble être le morceau de guitare le plus authentique que j’aie jamais enregistré. Pour un musicien, jouer en live est l’apogée. C’est dans cet échange énergétique avec le public que réside la véritable magie. Je me considère comme une musicienne très différente en studio et sur scène, mais cette chanson était différente. J’ai l’impression d’avoir réussi à retranscrire en une seule prise toute la fougue qui m’anime sur scène. J’étais en colère et je venais justement de parler de la trahison et de la connivence entre mon avocat, mon manager et ma maison de disques. J’ai donc enregistré ce morceau avec une rage viscérale. Ce solo de guitare sonne comme le cri guttural d’une femme bafouée. Et c’est exactement ce qu’il est.

– Il y a également une chose remarquable sur ce nouvel album, c’est l’équilibre qu’il présente. Tu joues sur les émotions avec beaucoup de justesse et d’authenticité en passant par plusieurs styles et même des chansons a cappella. Est-ce que tu penses à l’équilibre de l’ensemble au moment de la composition, ou tu crées finalement la tracklist en toute fin, avec un fil narratif précis ?

J’avais une idée précise de la structure de l’album dès le départ. Je savais, par exemple, qu’il s’ouvrirait sur « War On Women ». Mais j’ai laissé les morceaux, dans leur version finale, choisir leur place dans la tracklist. L’agencement des titres est un art et je souhaite que l’auditeur se sente embarqué dans cette aventure épique à mes côtés. Tout a donc été mûrement réfléchi, et les paroles s’enchaînent harmonieusement pour raconter une histoire de prise de conscience, de chagrin, de rage, de compréhension et d’espoir.

– Parallèlement, tu publies « The Strawberry Moon Tribune », qui est un magazine indépendant dédié à l’art et à la culture. Est-ce que tu le considères comme un prolongement de ta musique, ou plutôt comme une activité annexe qui vient en complément ?

En fin de compte, il est les deux à la fois. C’est un prolongement de moi-même et de ma musique, mais c’est aussi un espace où la créativité d’autres artistes côtoie la mienne. Nul n’existe, ni ne crée en vase clos et je souhaitais immortaliser ce moment intense et proposer un projet écrit et ambitieux pour accompagner cet album.

– Par ailleurs, et comme nous sommes sur un site français, tu as aussi une belle histoire avec la France. En effet, la créatrice de mode Deborah Baumgarten t’a conçu plusieurs tenues pour la scène. Est-ce que tu peux nous dire quelques mots au sujet de cette rencontre assez étonnante ?

Deb est un ange, j’en suis convaincue. Elle a partagé son art avec moi pour la première fois à Paris, en jetant sur scène un châle qu’elle avait créé spécialement pour moi après mon concert, puis en me surprenant avec une succession de robes. C’est une créatrice de robes de mariée véganes très talentueuse et recherchée et je ne me suis jamais sentie autant moi-même que dans ses créations. Son travail magnifique me permet d’être avant tout une femme, et ensuite seulement une artiste et une guitariste, ce qui n’a pas toujours été le cas. J’avais si bien joué le rôle de la rockeuse, que mon véritable moi s’était enfoui sous ce déguisement constant de femme rebelle. En réalité, je suis une femme aérienne, presque féerique, qui joue aussi de la guitare et du Rock. La juxtaposition de mes moments plus intenses sur scène avec la fluidité de ses robes est devenue une part essentielle de mon identité d’artiste. Je serai toujours reconnaissante à Deb de m’avoir aidée à devenir une version encore plus authentique de moi-même.

– Enfin, si ton registre est vaste, il conserve une dominante Blues et Soul dans ton Rock. Où est-ce que tu te situes, toi qui est originaire de Caroline du Sud où cette âme Southern possède des racines fortes et que l’on ressent aussi dans ta voix ?

J’ai du mal à me définir autrement que comme une pure rockeuse. La beauté du Rock, c’est qu’il laisse place à toutes les influences. Etant originaire du Sud, je crois qu’il y a un je-ne-sais-quoi dans ma musique, un peu comme un reflet de mes racines. Nous sommes tous influencés par notre environnement et je suis profondément reconnaissante à celui de mes origines.

Le nouvel album de HANNAH WICKLUND, « War On Women; Calling All Good Men » est disponible chez Strawberry Moon Records, directement sur le site de l’artiste : www.hannahwicklund.com/

Photos : Fay/Money Photography (1) et Aliegh Shields (4).

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Blues R&B Soul

Steve Cropper & The Midnight Hour : brother forever

Bien plus qu’un emblématique guitariste de studio qui a posé ses accords sur des hits planétaires devenus intemporels et entrés dans le patrimoine musical mondial, STEVE CROPPER nous fait de nouveau vibrer avec cet album posthume qui le voit entrer dans la postérité. Ayant eu la possibilité de l’écouter quelques jours avant sa mort, il était fier et d’un enthousiasme communicatif au sujet de ce nouvel opus, qui vient clore un parcours fantastique. C’est donc une page qui se tourne avec ce « Watching The Tide » lumineux.

STEVE CROPPER & THE MIDNIGHT HOUR

« Watching The Tide »

(Provogue) 

Avec la disparition de STEVE CROPPER en décembre dernier, c’est tout un pan de l’Histoire du Blues, de la Soul, du R&B et du Rock qui s’en est allé. Originaire du Missouri, le guitariste, compositeur, producteur et ingénieur du son a longtemps été un pilier des studios Stax et a participé aux grandes heures notamment d’Otis Redding, Sam & Dave et The Blues Brothers, dont il fut de tous les classiques. Rarement démonstratif, ce sont sa précision et son feeling qui ont écrit sa légende… et elle n’a pas fini de nous hanter sur ce « Watching The Tide ».

Collaborateur de prestige, STEVE CROPPER a aussi mené, plus discrètement, une carrière solo constituée d’une bonne douzaine de réalisations, dont « Friendlytown » sorti en 2024. Peu après, c’est au mythique studio RCA C à Nashville qu’il était allé enregistrer « Watching The Tide ». Composé avec Jon Tiven, également producteur du disque, et le chanteur de son groupe THE MIDNIGHT HOUR, Roger C. Reale, il est une dernière fois entouré de la crème de la crème pour un résultat éblouissant, chaleureux et aussi authentique que virtuose.

Sur cet ultime effort, on retrouve la chanteuse Ana Grosh (« Here & Gone », « Stand Right Here »), Nioshi Jackson à la batterie et l’ingénieur du son et claviériste Eddie Gore sur des compositions au groove unique et à la fluidité exceptionnelle. Musicien partageur, STEVE CROPPER accueille également quelques guests de renom comme Eric Clapton (« Ticket First »), Brian May et Billy Gibbons ensemble sur « My Angels Are Calling », puis ce dernier seul sur « Stand Right Here ». Décédé à 84 ans, le musicien laisse une splendide discographie et s’offre un final magistral.

Photo : Michael Wilson

Retrouvez la chronique de « Fire It Up » :

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Blues Blues Rock R&B Soul

Danielle Nicole : une force lumineuse

Bassiste captivante et chanteuse rayonnante, DANIELLE NICOLE a entamé une carrière en solo depuis une bonne décennie après avoir fait ses premières armes au sein du trio familial Trampled Under Foot. Depuis, son style s’affirme et s’affine au point qu’elle semble aujourd’hui à un sommet de son art. D’une incroyable richesse, « Fireflies » utilise d’inamovibles fondations Blues pour naviguer entre Rock, Soul, R&B et Americana avec une élégance rare.

DANIELLE NICOLE

« Fireflies »

(40 Below Records)

Alors que la musicienne traverse une période difficile due au décès de son frère, elle signe pourtant un quatrième opus exceptionnel. Auréolée de dix Blues Music Awards et d’une nomination aux Grammy, DANIELLE NICOLE se livre sans calcul et avec beaucoup d’audace, d’instinct et de force. Enregistré chez elle à Kansas City et en analogique, « Fireflies » livre à la fois une sensation de chaleur et de sérénité, tout en gardant un aspect très sensible et vulnérable. Une preuve supplémentaire de son grand talent.

Produit par son batteur Tony Brauanagel (Bonne Raitt, Taj Mahal), ce nouvel opus s’inspire d’un Blues intemporel, mais va bien plus loin dans l’exploration musicale et sonore, où la Soul tient une place prépondérante. Magnifiquement entourée de Brandon Miller (guitare), Jim Pugh (claviers) et de Melody Perrye et Maxayne Moriguchi pour les chœurs, DANIELLE NICOLE envoûte par son inimitable groove et séduit par la puissance et la profondeur de sa voix. Et au-delà, c’est l’humanité des chansons qui impressionne sur « Fireflies ».

il y a un côté universel dans ces compositions réunies au cœur de la musique traditionnelle américaine. Autrice ou co-autrice de la plupart de ces chansons, DANIELLE NICOLE a laissé de la place pour deux reprises de Bill Withers, qui se fondent parfaitement dans l’album. Du Blues Rock au R&B en passant par des bribes d’Americana, on se laisse porter par des titres intenses, poignants et inspirés (« Radical Love », « Take Me Back », « Gaslight », « The Same Love That Made Me Laugh », « Tug Of War »). incontournable !

Photo : Ben McBee

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Bluesy Rock Roots Rock Soul

Grace Potter : une classe XXL

Magnétique et sensuelle, GRACE POTTER conduit sa carrière comme sa chaotique Volkswagen Atlas 2020, c’est-à-dire avec une folle énergie et une liberté totale. Après « Mother Road », elle offre une nouvelle vision, façon carte postale, de son Amérique à elle avec cet envoûtant « Trespasser ». Sans filtre, elle fait le lien entre une Cyndi Lauper survoltée et une Aretha Franklin version Rock’n’Roll et hors de contrôle. D’un naturel assez déconcertant et absolu, elle peint en musique les joies comme les déboires des protagonistes qui jalonnent ce sixième opus solo.

GRACE POTTER

« Trespasser »

(Mother Road Records/Thirty Tigers)

Toujours tellement radieuse, GRACE POTTER livre une très belle suite à « Mother Road » paru en 2023. Ce road-trip très personnel est aussi enivrant que le précédent et ce malgré la teneur de certains textes. D’ailleurs, plutôt que de road-trip, il conviendrait plutôt de parler d’allers-retours. En effet, pour ses deux dernières réalisations, c’est sur la route, la main sur le volant, séparant sa maison de Topanga Canyon en Californie et celle située dans son Vermont natal qu’elle a imaginé et commencé à tisser ce voyage kaléidoscopique et haut en couleur.

A nouveau produit par son mari Eric Valentine (QOTSA, Slash), on retrouve avec délectation le son et atmosphère de « Mother Road », qui illustrent à merveille des paroles qui nous plongent dans l’univers intime de la chanteuse, sous couvert de rencontres improbables dans des endroits qui le sont tout autant. GRACE POTTER joue avec les émotions. Tantôt exaltée, puis touchante l’instant suivant, elle se meut dans des ambiances traversant le Rock américain en titillant le Blues, la Soul et la Country avec beaucoup d’audace et une touche de psychédélisme.

Subtilement vintage, on a parfois l’impression de se promener dans un film de Tarantino avec tout ce que cela suppose d’insouciance et de chaleur humaine. Mais au-delà de ce périple où l’asphalte défile et monte en température au fil des morceaux, c’est la performance vocale de GRACE POTTER qui impressionne. Intense et sensible, rien ne lui résiste et elle électrise « Trespasser » sur chaque refrain et chaque couplet « Main St. USA », le génial « Ride Or Die », « Gazoline, « Love Me Not », «  Run Baby Run », « The Voice » et le morceau-titre). Epoustouflant de vérité !

Photo : James Mountford

Retrouvez la chronique de « Mother Road » :

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International Roots Rock Soul Southern Blues Rock

Bywater Call : la liberté dans l’émotion [Interview]

Plus que jamais, la Soul délicate, sensuelle et au fort caractère des Canadiens prend sa pleine dimension. Non pas que BYWATER CALL ait changé quoique ce soit dans sa manière de faire, mais l’expérience accrue de la scène et la liberté totale de création semble lui avoir, sinon donner des ailes, du moins offert une assurance et une exigence dans une écriture qui est aujourd’hui d’une incroyable fluidité. Si « Shepherd » avait consacré la formation de Toronto, ce quatrième album vient conforter un style unique, résolument Southern, mariant très naturellement Americana, Roots Rock et Blues. « Broken Souvenirs » a cette particularité assez rare de nous porter immédiatement vers des cimes et dans des sphères émotionnelles incroyables. Cette passion dans la voix de Meghan Parnell propulse ce nouvel opus dans une douceur doublée d’une intensité enveloppante, actant le franchissement d’un cap et l’arrivée aux côtés des plus grands de ce registre si profond. Une occasion parfaite pour revenir avec la frontwoman sur ces derniers mois, l’évolution du septet et la confection de « Broken Souvenirs ».

– Lors de notre dernière interview à l’occasion de la sortie de « Shepherd », vous veniez de quitter votre label pour vous autoproduire et, en l’espace de deux ans seulement, BYWATER CALL a pris un essor considérable. Aviez-vous besoin de vous libérer de toutes contraintes pour pouvoir vous exprimer pleinement ?

Je pense qu’il était important pour nous d’avoir une liberté créative, mais aussi une liberté quant au calendrier et au processus d’enregistrement de l’album. Pour « Broken Souvenirs », nous avons décidé d’enregistrer l’album au fur et à mesure que les morceaux étaient prêts, plutôt que de tout faire en une seule session, ce qui fait qu’inévitablement le temps finit par manquer. De cette façon, nous avons pu accorder à chaque chanson l’attention qu’elle méritait.

– Ces deux dernières années, vous avez également beaucoup tourné, notamment en Europe où vous étiez encore il y a peu. Se produire devant un public qui n’a pas forcément une culture musicale nord-américaine vous a-t-il ouvert d’autres voies pour la composition de ce nouvel album, ainsi que sur votre communication sur scène ?

Le public européen et britannique nous a réservé un accueil chaleureux et nous a soutenus tout au long de notre parcours. Je pense que ce soutien nous a permis d’oser explorer de nouvelles idées et de nouvelles approches musicales, ce que nous n’aurions peut-être pas fait autrement. Nous nous sommes également sentis suffisamment à l’aise avec ce public pour tester de nouveaux morceaux sur scène… ce qui est toujours un atout considérable pour décider si une chanson est prête pour l’enregistrement en studio. Ce même soutien me donne la confiance nécessaire pour être moi-même sur scène et interagir pleinement avec le public.

– D’ailleurs, pour rester sur les concerts, BYWATER CALL a la particularité d’être une formation de sept musiciens, en studio comme sur scène. Alors que beaucoup misent sur les enregistrements, votre dynamique est donc intacte en live. Est-ce une chose qui est aujourd’hui irréversible et indiscutable pour vous ?

Je pense que si nous avions dû réduire la formation du groupe en concert, nous l’aurions probablement fait dès nos premières tournées. Tourner à sept, c’est évidemment assez coûteux… et c’était particulièrement vrai pendant les deux premières années. Nous avons intégré la section de cuivres très tôt, sans jamais imaginer que nous parcourrions l’Europe et l’Amérique du Nord, mais une fois notre son live bien défini, nous n’avons plus voulu faire de compromis. D’ailleurs, nous aimerions beaucoup agrandir le groupe pour les tournées ! (Sourires)

– Votre quatrième album, « Broken Souvenirs », vient de sortir et vous aviez déjà présenter quatre singles auparavant, ce qui est presque devenu la norme aujourd’hui avec les plateformes. Est-ce aussi un moyen pour vous de rester connectés avec vos fans, même si vous tournez beaucoup ?

Oui, notre stratégie de sortie repose sur le maintien du contact avec notre public, la création d’un engouement avant les dates de tournée et la possibilité de partager un aperçu de nos projets. Vu la fugacité de l’attention de nos jours, et le nombre de morceaux dont nous sommes fiers sur cet album, il nous a semblé judicieux de mettre en avant plusieurs titres.

– Justement, « Broken Souvenirs » n’a donc pas été enregistré en une seule fois, mais en plusieurs sessions ponctuées par vos concerts. Comment est-ce que vous gérez les tournées, le studio et surtout la composition, d’autant que l’homogénéité sonore et musicale est exemplaire ? N’est-ce pas trop difficile de rester focus sur l’album dans son entier et dans le temps ?

C’’est un équilibre très difficile à trouver et nous cherchons encore à le perfectionner. Composer en tournée peut être compliqué. La fatigue mentale et physique ne laisse parfois que peu de temps et d’énergie créative pour composer. Quand on est bien lancés, on profite souvent des balances pour travailler nos morceaux et les mettre en musique avant la fin de la tournée. Avec « Broken Souvenirs », une fois qu’on avait quelques chansons dont on était satisfaits, on réservait quelques jours de studio pour les enregistrer avant que l’élan ne s’essouffle. Pour Dave (Barnes, guitariste – NDR) et moi, il est essentiel de profiter des temps morts pour peaufiner une ou deux idées pendant la tournée.

– Musicalement, le spectre musical de BYWATER CALL s’est encore élargi et pourtant « Broken Souvenirs » semble être votre album le plus personnel. Est-ce finalement cette multiplicité d’ambiances qui façonne votre identité artistique ?

Nous n’avons jamais vraiment voulu nous enfermer dans une case. Nous aimons intégrer à notre musique les sonorités et les styles qui nous influencent actuellement, comme une capsule temporelle. Nous avons toujours souhaité montrer notre évolution en tant qu’auteurs-compositeurs tout au long de ce parcours. Pour « Broken Souvenirs », un aspect essentiel a été de travailler notre narration… Nous avons toujours constaté que la musique qui nous attire le plus est moins liée à sa technique qu’à la façon dont les paroles et l’instrumentation nous parlent, nous font ressentir quelque chose, nous connectent à elle. Pour y parvenir, nous avons exploré plus profondément nos propres sentiments et nos expériences.

– Non pas que « Broken Souvenirs » soit un album particulièrement mélancolique, mais il est le plus Soul des quatre. Etait-ce le bon moment pour vous d’aller encore plus loin dans l’émotion et surtout dans l’intensité de votre musique ? Une sorte de maturité artistique acquise en quelque sorte avec des certitudes sur vos envies ?

Absolument. Sur cet album, nous avons vraiment mis l’accent sur la dimension Soul du groupe. Encore une fois, pour nous, l’essentiel est de créer un lien émotionnel avec notre public, qu’il s’agisse de joie, de peur, de tristesse, de chagrin, voire d’un peu de colère ou de frustration. Quand on a formé le groupe, Dave et moi étions novices en matière d’écriture de chansons. Alors je pense qu’il nous a fallu un peu de temps pour trouver notre propre approche musicale. On y arrive petit à petit… (Sourires)

– Enfin, on connaît l’attachement de BYWATER CALL pour la Nouvelle-Orléans, ne serait-ce que par votre nom. Est-ce que le fait d’avoir le mot français ‘souvenirs’ dans le titre de ce nouvel album vient encore le renforcer, comme un clin d’œil ? D’autant qu’il a des couleurs qui rappellent beaucoup la Louisiane…

C’est intéressant. J’aimerais pouvoir dire oui, on y avait pensé comme ça… mais non ! (Sourires) C’est un extrait d’une des premières chansons qu’on a écrite pour l’album, « Clutter », qui a vraiment touché le public. On adorait l’image que ce vers véhicule et la façon dont il représente la fragilité de la nature humaine et des relations.

Le nouvel album de BYWATER CALL, « Broken Souvenirs », est disponible sur le site du groupe : www.bywatercall.com

Photos : Ed Rode (1) et Denis Carpentier (2, 3, 4)

Retrouvez aussi l’interview de Meghan à l’occasion de la sortie de « Shepherd »…

… ainsi que la chronique de l’album live sorti l’an dernier :

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Blues Rock Rythm'n' Blues Soul

Kat Riggins & Her Blues Revival : une ode à la vie

Toujours aussi lumineuse, la chanteuse originaire de Miami se livre pleinement sur ce nouvel opus, dont elle a écrit les textes. Personnelle et positive, elle se montre combative et authentique en décrivant les liens humains, tout en invitant à pleinement vivre sa vie. « Everyday Is Saturday » peut apparaître comme un mantra, dont KAT RIGGINS & HER BLUES REVIVAL se fait sien dans une Soul Blues rythmée à souhait, mélodique et accrocheuse.

KAT RIGGINS & HER BLUES REVIVAL

« Everyday Is Saturday »

(House Of Berry Productions)

Un peu plus d’un an après l’excellent « Revival », la Floridienne prolonge le plaisir avec son septième album. Dans la lignée du précédent, la frontwoman continue de parcourir un Blues assez classique dans le fond, mais paré de Rhythm’n Blues, de Rock, de Soul et de Gospel. Comme toujours c’est la voix exceptionnelle de KAT RIGGINS qui envoûte sur « Everyday Is Saturday ». Cela dit, le travail et le feeling de son groupe la font briller avec beaucoup de classe. Accompagnée cette fois encore par le multi-instrumentiste et producteur Tim Mulberry, elle rayonne.

Aux côtés de la famille Mulberry, puisque Shaelyn, Timya et Tamia assurent aussi les chœurs, on retrouve l’excellent Erik Guess à la guitare, qui livre notamment de superbes solos (« Head Are Gonna Roll », « Tears Like Gazoline », « Till The Lights Come On »). KAT RIGGINS & HER REVIVAL a choisi de faire d’« Everyday Is Saturday » un disque festif, mais le Blues ne tarde pas à le rattraper sur des chansons plus sensibles et émouvantes (« Hunger Games », « Live In Peace », où la voix de du père de la chanteuse vient se poser). Mais c’est globalement la joie qui domine ici.

Emprunt de liberté et d’espoir, « Everyday Is Saturday » passe par tous les sentiments et les traverse avec une incroyable sincérité. KAT RIGGINS & HER BLUES REVIVAL lance une invitation à rire et ressentir, le tout avec beaucoup d’énergie. Elle doit aussi son originalité à un style qui puise dans beaucoup d’autres pour obtenir une identité artistique désormais très identifiable (« Do My Thang », « I Say So », « Ain’t Goin’ Down »). Et il y a également un côté très spirituel dans l’univers de l’Américaine, un héritage direct de ses influences Gospel. Le reflet d’une belle âme, en somme.

Retrouvez aussi les chroniques de ses deux albums précédents :

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Blues Chicago Blues

GA-20 with Charlie Musselwhite : l’âme de la tradition

Frais et vivifiants, les dix morceaux enregistrés par le grand CHARLIE MUSSELWHITE avec le jeune combo GA-20 en six jours seulement revisitent un pan de l’œuvre de l’harmoniciste, mais pas seulement. Même si la magie de « Stand Back », son premier opus sorti en 1967, flotte sur « Blues Now » qui en contient d’ailleurs deux titres. Très roots dans l’approche, on retrouve ici l’essence-même du style, sans fioritures, ni effets de manche. Complices, les voix s’entremêlent dans une rugosité chaleureuse et attachante et sur des accords sauvages et rugissants de plaisir.

GA-20 with CHARLIE MUSSELWHITE

« Blues Now »

(New West Records)

En l’espace de huit ans seulement, GA-20 a su s’imposer comme la relève du Blues urbain made in Boston avec la manière et un habile mélange de Rockabilly, de Soul, de Country et de quelques éléments Psych. Mais l’explosif trio possède une solide expérience et notamment son leader et guitariste Matthew Stubbs, qui a officié une décennie durant aux côtés d’une légende bien vivante qu’il retrouve ici pour une première collaboration. CHARLIE MUSSELWHITE est, en effet, l’invité de marque de ce « Blues Now » sur lequel il se prête à une sorte de choc générationnel enjoué.

Figure incontournable de l’harmonica et chanteur d’une grande élégance, il est né dans le Mississippi et a grandi dès l’adolescence auprès des plus grands noms de Chicago. Des bases, un savoir-faire et un talent que CHARLIE MUSSELWHITE a savamment distillé sur une quarantaine d’albums et tout autant de collaborations. Cela dit, avec les musiciens de GA-20, c’est surtout la camaraderie et le plaisir de partager un amour commun pour les pionniers du genre qui prend le dessus. L’ensemble est profond, authentique et son aspect brut le rend irrésistible.

Hormis une composition de CHARLIE MUSSELWHITE (« Strange Land »), la formation est allée creuser dans l’extraordinaire répertoire Blues de la fin des années 50 jusqu’au début des 60’s. De Willie Dixon à Elmore James en passant par Junior Wells, John Lee Hooker et bien sûr Muddy Waters, GA-20 électrise ces classiques avec fougue, bien aidé par un mentor qui semble lui aussi galvanisé par le projet. Complété par les instrumentaux, « Universal Rock » et « Christo Redentor », « Blues Now » est d’une bonne humeur contagieuse. Un grand moment, qui mérite une suite !

Photo : Elizabeth Ellenwood

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Blues Soul

The Anthony Paule Soul Orchestra featuring Willy Jordan : classieux

Héritiers directs d’un Blues classique gorgé de Soul et porté par la voix envoûtante et pleine d’émotion de Willy Jordan, les Américains livrent une fois encore une partition, qui va puiser dans une tradition qui semble éternelle. Subtiles et entraînantes, les nouvelles compositions de THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA nous transportent hors du temps dans un voyage, où les mélodies se succèdent dans un élan très inspiré. Un disque qui fait vraiment du bien !

THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA featuring WILLY JORDAN

« What Can We Do ? »

(Nola Blues Records)

C’est à San Francisco que le guitariste et compositeur Anthony Paule a fondé cet orchestre génial en 2007. 19 ans plus tard, THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA est devenu une véritable institution, ayant vu passer dans ses rangs les chanteurs Wee Willie Walker, Frank Bey et Terri Odabi, avant de laisser place à Willy Jordan. Une fois encore, il enveloppe de sa voix chaude et douce des morceaux directement inspirés du Blues et de la Soul des années 60 et 70, non sans une approche moderne. « What Can We Do ? » n’a rien de nostalgique, il serait plutôt intemporel.

En presque vingt ans, THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA a sorti sept albums et multiplié les nominations aux Blues Music Awards, tant en ayant participé à de nombreux festivals et concerts en Europe. Il faut avouer que la formation composée de douze musiciens a de quoi faire briller les yeux de plaisir. Soutenue par une section cuivre brûlante et dynamique, de chœurs féminins et masculins d’une incroyable beauté et d’une rythmique dont le groove est totalement addictif, la guitare de son leader fait des merveilles entre des accords délicats et des solos tout en finesse.

Produit par Larry Batiste, le successeur de « What Are You Waiting For ? » (2024) conserve une saveur délicieusement rétro, grâce à l’exactitude et la très grande justesse d’interprétation de ce combo aux allures de Big Band. Et chez THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA, c’est surtout l’esprit de corps qui domine et surprend. Malgré la virtuosité de ses membres, personne ne tire la couverture à soi et « What Can We Do ? » se montre d’une formidable fluidité sur ses douze titres, dont la reprise du standard de Jazz de 1944, « You’re Nobody Till Somebody Loves You ». Classieux !

Photo : Matthew Niesen

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Blues Rock

Samantha Fish : born for the stage

La pétillante SAMANTHA FISH passe tellement de temps sur scène qu’il fallait bien qu’elle en garde un trace. Avec « Paper Doll Live », c’est enfin chose faite… et pas à moitié ! La frontwoman y retrace sa belle carrière à travers 16 morceaux triés sur le volet, même si sa dernière production se taille la part du lion. Et on ne s’en plaindra pas. Son chant est passionné et son jeu de guitare tout simplement ébouriffant et renversant ! L’Américaine donne un aperçu magistral de ses incroyables performances.

SAMANTHA FISH

« Paper Doll Live »

(Rounder Records)

Un peu plus créative sur chacun de ses neuf albums studio et réputée pour la qualité et l’explosivité de ses prestations scéniques, SAMANTHA FISH s’est forgée une solide réputation au point de devenir aujourd’hui une figure incontournable de la scène Blues Rock internationale. Il manquait cependant un témoignage live à sa belle discographie. Surfant sur le succès et la puissance de son dernier opus en date, « Paper Doll », c’est lors de cette tournée qu’elle a enregistré son premier disque en public et pas n’importe où.

Parmi les 250 concerts environ qu’elle donne par an, celui offert dans l’historique Bijou Theatre de Knoxville dans le Tennessee a retenu l’attention de la musicienne. Il faut dire que toutes les conditions étaient réunies : une salle pleine à craquer, un groupe dans une forme éclatante et la présence de The McCrary Sisters, génial ensemble Gospel de Nashville. Et au milieu brille SAMANTHA FISH. Histoire de donner du grain à moudre aux puristes, c’est avec « Kick Out The Jams » des MC5 qu’elle ouvre le bal, comme sur sa tournée avec Jesse Dayton.

Alors qu’il s’étend sur 16 morceaux, soit 1h20, « Paper Doll Live » fait bien sûr la part belle au dernier opus de SAMANTHA FISH avec pas moins de huit morceaux sur neuf. La musicienne de Kansas City fait le show, alternant des passages tout en émotion avec des moments qui confirment sa faculté à déferler comme un ouragan avec des chansons d’une énergie phénoménale. Sur la setlist figurent aussi « Bulletproof », « Poor Black Mattie » de R.L. Burnside, « Black Wind Howlin’ » et le brûlant « I Put A Spell On You » de Screamin’ Jay Hawkins. Un live d’anthologie !

Photo : Doug Hardesty

Retrouvez les deux interviews accordées au site :