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Classic Hard Rock Hard Blues Southern Blues

John Corabi : personal way

Avec un premier effort fortement imprégné par les 70’s, mais avec un son très actuel, JOHN CORABI se livre avec authenticité sur ce qui constitue sa culture musicale. Et même si on n’avait aucun doute sur le bon goût du chanteur de The Dead Daisies, il faut reconnaître qu’il se dévoile aussi comme un redoutable songwriter. Solaire et sincère, il passe en revue des atmosphères plus Rock peut-être, plus Southern aussi et portées par un groupe cinq étoiles. En s’offrant même une reprise de Sly And The Family Stone et flirtant avec la Soul et le Blues, le musicien de Philadelphie se montre impérial.

JOHN CORABI

« New Day »

(Frontiers Music)

Marqué au fer rouge par son passage chez Mötley Crüe le temps d’un album éponyme en 1994, JOHN CORABI s’est aussi essayé à d’autres formations, mais celles-ci firent beaucoup moins de bruit que le remplacement de Vince Neil. Depuis, il a enfin récupéré sa place au sein de The Dead Daisies qui a, de nouveau, retrouvé toute sa splendeur. Avec « New Day », c’est en solo qu’il se présente avec un disque qui lui ressemble beaucoup et sur lequel il se fait plaisir entre Classic, Southern et Hard Rock avec une même aisance et surtout une voix puissante.

Enregistré l’été dernier à Nashville avec le fameux Marti Frederiksen (Aerosmith, Ozzy) aux manettes, JOHN CORABI livre un opus très personnel et chaleureux. A ses côtés, le gratin du genre œuvre avec lui, à savoir son producteur, Evan Frederiksen pour la rythmique et beaucoup d’autres instruments, Richard Fortus (Guns N’Roses) à la guitare, Paul Taylor (Winger, Steve Perry) aux claviers et Charlie Starr de Blackberry Smoke aux solos. Difficile d’aligner un plus beau line-up et le résultat est à la hauteur des attentes : époustouflant !

De sa déjà longue carrière, l’Américain semble avoir rassemblé tout ce qui le fait vibrer. Que ce soit sur des titres acoustiques sensibles et délicats, ou d’autres plus entraînants aux teintes bluesy, ou évoluant dans un Rock plus brut, le frontman sait absolument tout faire et sa classe naturelle fait le reste. JOHN CORABI garde aussi un œil dans le rétro en incluant « Cosi Bella (So Beautiful) » (2021) et « Your Own Worst Enemy » (2022), sortis tous deux en singles, aux côtés d’autres pépites (« New Day », « That Memory », « When I Was Young », « 1969 »). Incontournable !

Photo : Jeff Fasano

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Hard'n Heavy

Elegant Weapons : target achieved

Sans doute désireux de prendre un peu la lumière en dehors de l’ombre de la légende avec laquelle il évolue d’habitude, Richie Faulkner mène depuis plus de trois ans maintenant ELEGANT WEAPONS avec quelques camarades soigneusement triés sur le volet. Et alors qu’on aurait pu y voir à l’époque un one-shot ou un simple plaisir passager, « Evolution » vient contredire ceux qui avaient un doute quant aux velléités du six-cordiste britannique. Ce deuxième opus est nettement plus varié, plus inspiré aussi et à l’évidence moins conventionnel que « Horns For A Halo ».

ELEGANT WEAPONS

« Evolution »

(Exciter Records)

Alors que son line-up avait soudainement changé après l’enregistrement de « Horns For A Halo », son premier effort, ELEGANT WEAPONS confirme sa détermination à s’installer durablement dans le paysage Metal. Cela dit, il faut ici surtout s’attendre à un Hard Rock assez classique aux reflets Heavy, certes, et même bluesy à l’occasion. Le guitariste de Judas Priest, Richie Faulkner, œuvre donc toujours aux côtés du caméléon Ronnie Romero (ex-Rainbow, MSG, …) au chant, du bassiste Dave Rimmer (Uriah Heep) et du batteur Christopher Williams (Accept). De la tenue, donc !

Toujours confié à Andy Sneap, son partenaire chez Judas Priest, la production confirme le son et le style d’ELEGANT WEAPONS et commence véritablement à le distinguer des groupes dont font partie les membres du combo. Très mélodique, « Evolution » prend une direction moins Heavy que son prédécesseur, ce qui laisse de fait l’opportunité à Richie Faulkner de montrer de nombreux aspects de son jeu. Plus personnel donc, on sent une réelle alchimie, même si le quatuor donne parfois l’impression de jouer un peu sur la retenue, mais non sans finesse et avec talent.

Loin de toutes extravagances guitaristiques (sauf peut-être sur les solos), l’instigateur du projet impose sa marque tout en laissant une belle place à ses partenaires. Et il ne sont d’ailleurs pas seuls. Côté invités, le claviériste Adam Wakeman pose de belles touches d’orgue Hammond sur « Come Back To Me » et « Keeper Of The Keys ». Et le jeune prodige Jared James Nichols se livre à une belle joute avec Faulkner sur « Thrown To The Wolf ». ELEGANT WEAPONS semble avoir trouvé son allure de croisière (« Holy Roller », « The Devil Calls », « Rupture »). Solide !

Retrouvez aussi la chronique du premier album :

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Metal Fusion

Skindred : follow the flow

La fluidité dans le mélange des styles, ce groove imparable et une voix qui porte et accroche, autant de signes qui rendent SKINDRED tellement identifiable. Et cela cela fait maintenant 24 ans que le groupe, né des cendres de Dub War, fait le pont entre le Pays de Galles et la Jamaïque avec talent et finesse. Sur « You Got This », les riffs bastonnent, les rythmes s’entremêlent et les refrains sont toujours aussi rassembleurs. Ce neuvième opus résonne avec force et les mots fédèrent comme jamais.

SKINDRED

« You Got This »

(Earache Records)

Après le succès outre-Manche de « Smile » il y a trois ans, les intenables Gallois reviennent armés de leur Metal Fusion, où les grosses guitares se mêlent à des flows et des rythmes Reggae et Ragga. Tout en conservant son ADN, SKINDRED continue son exploration et creuse inlassablement dans ce crossover si unique. Avec « You Got This », le power trio ne se contente pas d’appliquer les mêmes recettes, il pousse encore plus loin une maîtrise, dont il est l’instigateur. Toujours très positif, la croisée des genres opère comme par magie.

Généreux et fidèle à ce qu’il a toujours été, SKINDRED n’a pas son pareil pour diffuser une énergie compacte, moderne et solide. Il percute, il envoûte et il ensoleille au fil de ce neuvième album, dont chaque titre est très bien produit dans un équilibre parfait entre la puissance des guitares et la chaleur des mélodies. Comme d’habitude, « You Got This » est taillé pour le live, conçu pour enflammer les foules avec une facilité qui captive si facilement. C’en est même devenu une marque de fabrique, comme si le studio n’était qu’une simple étape.

Dans une forme étincelante, le combo parvient à raviver la fougue et la créativité des années 90 en la rendant plus actuelle que jamais. Le frontman Benji Webbe, le guitariste Mikey Demus et le batteur Arya Goggin n’en ont pas fini et prouvent encore une fois que leur épopée garde toute sa fraîcheur et son impact. On ne peut que souhaiter que SKINDRED prenne un peu plus la lumière et entraîne toujours plus de fans dans son si réjouissant sillage (« Can I Get A », « Born Fe Dis », « This Is The Sound », « Do It Like This », « Broke »). Dynamisant !

Retrouvez aussi la chronique de « Smile » :

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Classic Hard Rock Southern Rock

Brother Cane : back in town

Alors qu’il a collaboré avec de grands noms et également fondé Black Star Riders avec les ex-Thin Lizzy Scott Gorham et Ricky Warwick, Damon Johnson a décidé de réactiver pour de bon BROTHER CANE, une formation Hard Rock aux saveurs Southern. Et ce quatrième effort, qui surgit 33 ans après le premier, oscille entre une énergie communicative et des hommages appuyés, par ailleurs très réussis. « Magnolia Medicine » tient la route, brille parfois et propose des sonorités agréablement familières.

BROTHER CANE

« Magnolia Medicine »

(Double Dragon Records/Virgin Music Group)

Malgré sa reformation en 2022 qui avait mené le groupe sur scène pour quelques concerts, on n’osait plus véritablement croire à un retour sur disque avec de nouvelles compositions de la part de BROTHER CANE. Silencieux depuis 28 ans, après seulement trois albums à son actif, « Magnolia Medicine » marque donc la réapparition très attendue des Américains. L’idée est d’autant plus séduisante que tous les membres affichent une expérience confortable, à commencer par son guitariste et chanteur Damon Johnson au parcours exceptionnel.

Du line-up originel, il ne reste que le bassiste Glenn Maxey aux côtés du frontman. Il faut d’ailleurs préciser que ce dernier s’est affûté avec Alice Cooper, Thin Lizzy, Sammy Hagar et d’autres, ainsi qu’en solo avant d’intégrer Lynyrd Skynyrd en 2023 en lieu et place du regretté Gary Rossington à qui BROTHER CANE rend un bel hommage sur « Prince Charming », son surnom, avec en guests Johnny van Zant et Rickley Medlocke. Assurément un grand moment de « Magnolia Medicine », qui évolue globalement entre Hard Rock et Heavy Rock avec une touche Southern appuyée.

En effet, formé à Birmingham en Alabama, il y a forcément une saveur sudiste dans le jeu et l’atmosphère distillés par le quintet. On pourrait même parler de sextet, puisque le producteur Marti Frederiksen (Aerosmith, Def Leppard) joue aussi des claviers, des percussions et fait les chœurs sur ce nouvel opus. Globalement percutant et mélodique, BROTHER CANE se situe dans une certaine intemporalité marquée par les 90’s et livre de bons titres (« If This Means War », « Nothing To Lose », « Miracle » dédié à Tom Petty). Un bon retour !

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France Hard Rock

HighWay : wild, free & happy [Interview]

C’est dans l’Hérault, du côté de Sète, que les premières notes ont commencé à se faire entendre au début des années 2000. Depuis, HIGHWAY trace sa route, poursuit un chemin pavé de Rock, de Hard Rock, de Heavy Sleaze et de bien d’autres saveurs encore. Le changement de line-up intervenu il y a deux ans tout juste semble même avoir renforcé la vigueur et la joie de jouer du quintet. Avec ce sixième album, « Last Call For Rock’n’Roll », le groupe s’impose en patron d’un genre malheureusement trop peu représenté en France. Les compositions sont entêtantes et addictives, la production est massive et soignée et surtout la bonne humeur est franchement communicative. Ce nouvel opus est un véritable remède à la morosité et c’est son fondateur et guitariste, Ben Chambert, qui nous en parle sans détour et avec une passion intacte…

– Tout d’abord, j’aimerais qu’on revienne sur « The Journey », votre précédent et très acoustique album. C’est vrai que dans votre registre, beaucoup y sont allés de leur réalisation ‘unplugged’, de Tesla à Mr Big en passant par G N’R, Scorpions, Kiss et tant d’autres. Il est sorti en 2022 en pleine pandémie. D’où est venue cette idée de revisiter votre répertoire, avec quelques inédits, sous cette forme ?

En fait, ça nous trottait dans la tête depuis un moment déjà, car on l’habitude jouer en acoustique dans des pubs, lors d’événements spéciaux ou pendant les days-off en tournée. On avait réarrangé pas mal de nos morceaux et c’était toujours un plaisir de les jouer. On est allé au bout de nos envies et on en est vraiment ravis. Je pense notamment à la version flamenco de « In The Circus Of Madness », qui a vraiment lancé la machine et l’envie de l’enregistrer. La pandémie et l’annulation de tous nos concerts nous a permis de faire le tour de notre ‘to do list’ et de concrétiser ce rêve d’album ‘MTV Unplugged’ ! (Sourires) Comme tu le dis, on adore ce genre d’albums et on a grandi avec ces live cultes des 90’s ! KISS, les Guns, Eric Clapton, Bryan Adams, Scorpions… Que de bijoux ! Son titre de travail était d’ailleurs « The Truth » en réponse au « Lies » de Guns N’Roses justement ! (Rires) De fil en aiguille, on est passé d’un album assez simple et intimiste à une magnifique production très riche et soignée. On a écrit trois morceaux spécialement pour cet opus, dont « Like A Rockstar » qui a super bien marché, et revisité des anciens titres de notre discographie. Comme son nom l’indique, « The Journey » est un vrai voyage auditif et sensoriel et il nous a aussi permis de grandir en tant que musiciens et compositeurs.

– Vous avez également forgé votre son depuis l’album « IV » en 2017 avec Brett Caldas-Lima, qui a vraiment révélé votre signature musicale. Est-ce que cette complicité justement est une chose à laquelle vous tenez et surtout qui joue un rôle prépondérant aujourd’hui ?

Absolument et je suis heureux que tu en parles, car on a vraiment trouvé la personne idéale pour nous. Brett est un peu notre Bob Rock à nous ! (Sourires) En l’espace de trois disques, nous avons développé une relation humaine et professionnelle forte au point qu’il est un peu le garant de notre son. Les groupes et les productions actuelles ont un manque énorme de ce côté-là en ce moment et c’est une vraie chance pour nous. De nos jours, il est possible de réaliser un album qui sonne très bien en home-studio et dans sa chambre… Mais avoir une écoute et une vision extérieure de qualité est un plus indéniable. Il est connu pour ses productions Metal (Devin Townsend, Ayreon…), mais il reste très éclectique et est surtout un passionné de musique au sens large. Il nous a aidé à révéler et intégrer toutes nos influences dans le son d’HIGHWAY pour en faire quelque chose d’unique et de reconnaissable. On parle le même langage et il sait tirer le meilleur de nous en nous poussant dans nos retranchements lors des prises. On a beaucoup appris et progressé à tous les niveaux grâce à Brett. J’avais l’impression de vivre un extrait de « 1 an et demi dans la vie de Metallica » sur le tournage du ‘Black Album’ ! (Rires) Sur « « IV », il avait ‘juste’ mixé et masterisé l’album, mais sur « The Journey », et encore plus sur le petit dernier « Last Call For Rock’n’Roll », il a vraiment réalisé un travail de producteur. Nous avons travaillé les maquettes et pré-prod’ ensemble pour tirer la substantifique moelle des morceaux et les faire sonner le mieux possible. Il a également contribué à tous les arrangements. C’était un travail passionnant et un vrai rêve d’avoir la possibilité de travailler comme ça, ‘à l’ancienne’… et ça s’entend ! La prod’ de l’album est incroyable. Puissante mais organique. J’ai vraiment la sensation de livrer au monde un album fini dont nous sommes satisfaits à 2000% de chaque détail.

– Aujourd’hui, vous faites donc votre retour en version très électrifiée avec « Last Call For Rock’n’Roll », votre sixième album. Outre une confiance renouvelée à Rock City Music Label, c’est au niveau du line-up qu’il y a du nouveau. Le départ de votre bassiste Sam Marshal s’est fait juste après qu’il ait enregistré ses parties et il a d’ailleurs aussi participé à la composition. C’est une décision qui peut surprendre…

Oui, et ça n’a pas été une chose facile, même si cela s’est fait qu’un commun accord. On a joué 15 ans ensemble, et il a eu le sentiment d’en avoir fait le tour. Il aspire aujourd’hui à un autre univers. Mais il me fallait vraiment une équipe très investie pour porter ce nouveau projet à un niveau supérieur. Et comme cela devenait un peu difficile à vivre, nous nous sommes séparés. Néanmoins, il signe trois excellents titres de l’album et a écrit et joué des lignes de basses parmi les plus affûtées de sa carrière. C’est une très belle manière de tourner la page et d’entamer une nouvelle ère pour lui comme pour nous. On a appris le métier, grandi et vécu des choses inoubliables ensemble. Il laisse incontestablement sa trace dans notre musique et notre histoire. On lui souhaite le meilleur !

– C’est donc Cerise Pouillard, qui a œuvré 12 ans avec Ladies Ballbreaker qui vous a rejoint. Sur le papier, ça paraît même évident. Son intégration n’a pas dû être très compliquée…

Oh non ! (Sourires) On se connaît depuis une dizaine d’années maintenant et c’est aussi une excellente chanteuse, guitariste et bassiste. Nous avons les mêmes goûts, les mêmes influences et elle a toujours fait un peu partie de l’environnement du groupe. Nous avons partagé le même ingé-son pendant des années, elle avait même filmé le clip de notre titre « I Like It » tiré de l’album « United States Of Rock’n’Roll » (vidéo shootée en première partie de Gotthard en 2012). Elle a mené la barque des Ladies Ballbreaker avec brio, puis leur groupe a stoppé ses activités quelques mois avant notre décision de changer de bassiste. Le choix de lui proposer le poste s’est fait naturellement et Sam lui a transmis le flambeau de la quatre cordes avec amitié. Elle apporte son énergie solaire, son enthousiasme et une rigueur qui tire clairement le groupe vers le haut et qui correspond exactement à ce dont nous avions besoin. Les planètes se sont alignées et j’en suis très reconnaissant.

– En revanche, ce qui est plus étonnant, c’est l’arrivée d’un second guitariste, Florian Arnaud, originaire lui aussi de Montpellier. L’idée était-elle d’avoir plus de volume sur scène, ainsi que pouvoir expérimenter autre chose dans le jeu ?

En fait, après le départ de Sam, on s’est demandé comment on voyait le futur du groupe et surtout de quelle manière on allait défendre ce nouvel album. On a opté pour un vrai changement, histoire aussi d’ouvrir un nouveau chapitre. Florian est l’un des meilleurs guitaristes de la région, le choix n’a pas été compliqué ! (Rires) Cerise sur le gâteau, c’est aussi un fantastique chanteur ! Nous l’avions sollicité par le passé sur un ou deux remplacements à la basse quand Sam n’était pas disponible et nous avions tout de suite matché sur le plan humain, ce qui est primordial pour nous. L’aspect collectif, le coté équipe ! Quand l’idée de rajouter une deuxième guitare est sortie, c’était le candidat idéal à tous les niveaux et… il a accepté la proposition ! (Sourires) Nous sommes hyper-heureux et excités de vous présenter le nouveau line-up en live ! Les twin-guitars et les chœurs massifs vont vous scotcher ! Le travail sur les voix est vraiment original dans le style.

– HIGHWAY évolue dorénavant en quintet, ce qui n’était plus arrivé depuis 2007. Est-ce qu’on retrouve facilement un nouvel équilibre et ses marques ? Et surtout est-ce la formation qui vous convient le mieux en raison de la puissance à disposition au niveau des guitares et des chœurs notamment ?

J’ai été seul guitariste pendant 15 ans, donc j’ai pris mes marques et de mauvaises habitudes aussi ! (Rires) Mais l’ajout Florian s’est fait très simplement. Il a une grande intelligence musicale, qui lui permet de s’intégrer facilement et de mettre sa patte. Je me suis un peu lâché sur les parties guitares en studio, ça aurait dommage d’amputer ces titres d’une deuxième guitare et de ne pas leur rendre honneur en concert. Pareil pour le travail sur les chœurs. Cette formule nous a permis aussi de mettre un bon coup de lifting à nos anciens titres, qui devrait donner le sourire à nos fans ! (Sourires)

– Avec « Last Call For Rock’n’Roll », vous ne changez pas non plus vos bonnes habitudes, puisque l’album s’étend sur une heure et douze morceaux, ce qui devient de plus en plus inhabituel dans cette époque très formatée. Est-ce que c’est ça aussi la marque de HIGHWAY, un Hard Rock généreux ?

Oui ! On ne sort pas des albums tous les ans, alors quand l’heure est venue, on a envie de donner beaucoup à nos fans et au public. On mijote des albums à l’ancienne : un album pensé du début à la fin, avec des variations de rythme, d’intensité. Un voyage auditif, émotionnel et sensoriel ! Le format d’une heure permet de bien développer cela. C’est un peu aux antipodes de la mode actuelle imposée par les algorithmes des plateformes et la stratégie des singles… Mais bon, on fait la musique qui nous plaît et comme il nous plaît ! Si vous avez un bon film, ou un bon livre, entre les mains, vous ne regardez pas d’abord le milieu pour passer à la fin et enfin le chapitre du début. Il y a une logique voulu par l’auteur ou le réalisateur… un sens à tout ça. Je considère que c’est pareil avec un album. Il y a un vrai travail d’enchaînement de tonalité, de tempos, etc… pour procurer des sensations à l’auditeur et lui raconter une histoire. Il faut du temps pour créer une vraie connexion.

– Ce qui est aussi un peu étonnant sur ce nouvel album, c’est la variété des ambiances, des sons qui le traversent. Vous vous détachez du Hard US auquel vous êtes attachés pour explorer d’autres registres, tout en restant évidemment très Rock…

Exactement, on passe du Hard Rock au Heavy en revenant au Rock plus classique. C’est un mélange d’influences américaines, australiennes, anglaises… Et l’ensemble est intégré à l’univers d’HIGHWAY et il est vaste ! (Sourires) On a démarré l’interview en parlant de l’album acoustique et, en fait, « Last Call For Rock’n’Roll » est la suite directe en version électrique. « The Journey » nous a ouvert de nouveaux horizons, qui se concrétisent ici. Notre mot d’ordre est depuis : ‘No Limit’ ! Tu vois le concept ! (Rires) On retrouve la section cuivre de « Like A Rockstar » sur « Action », interprétée des musiciens américains proches de notre producteur, du clavier, des chœurs ‘Queenesques’, des percussions cachées un peu partout. « The Journey » était en fait le tremplin à notre évolution musicale. « Last Call For Rock’n’Roll » est l’aboutissement de ce travail commencé il y a de nombreuses années. Il fait le lien entre le Hard plus sauvage et naïf de nos débuts et la maturité acquise depuis.

– Enfin, j’aimerais qu’on dise un mot sur cette bonne humeur, qui se traduit autant dans votre style, que dans votre musique et votre interprétation. Il y a une réelle joie de vivre dans ce nouvel album qui donne vraiment la patate. Est-ce aussi une ligne de conduite chez vous, de ne pas trop se prendre au sérieux ?

Merci beaucoup ! Ça me touche vraiment… (Sourires) Effectivement, on reste avant tout une bande de rigolos qui passons du bon temps sur cette Terre en jouant la musique qui nous fait vibrer. Et ça doit se ressentir dans nos compositions. C’est juste naturel et authentique. La musique est vraiment un langage universel qui peut aider et donner du bonheur au gens, alors autant ne pas s’en priver. On ne fera jamais dans le Rock ou le Metal dépressif. C’est pas pour nous ! (Rires) Il y a assez de tristesse dans le monde qui nous entoure. On est de nature optimiste et on est tellement heureux de jouer notre musique et de la partager au public depuis 25 ans maintenant ! Je vis mon rêve de gosse. Je ne pourrais pas faire dans le Hard trop sérieux, genre ‘angry face’. Ça ne nous irait pas du tout. On fait la musique qui nous ressemble. On rit tellement qu’il y a même des rires de Benjamin, notre chanteur, qui se retrouvent dans l’album ! (Rires) Life is beautiful !

Le nouvel album de HIGHWAY, « Last Call For Rock’n’Roll » est disponible chez Rock City Music Label et distribué par FTF-Music.

Retrouvez aussi la chronique de « The Journey » :

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Death Metal Livre

Obituary : les pages dorées du Death Metal [Livre]

Pilier et figure incontournable du Death Metal, OBITUARY est l’origine de la création du mouvement avec quelques autres. A cette différence près que le combo des frères Tardy a duré dans le temps, essuyant tempêtes et changements de line-up avec force et caractère. Mais ce que l’on retient surtout des Américains, c’est un son et un identité musicale reconnaissables entre tous, ainsi qu’une discographie hors-norme. Avec « Turned Inside Out », on pénètre dans le quotidien de ces musiciens de l’extrême.

TURNED INSIDE OUT

David E. Gehlke

(Editions des Flammes Noires)

Initialement publié en 2022 en Amérique du Nord, les Editions des Flammes Noires offrent enfin à tous les fans de Death Metal le plaisir de plonger dans l’histoire, à la fois riche et chaotique, de l’un des plus grands acteurs du genre. Une légende parmi les légendes : OBITUARY. Avec la complicité des anciens comme des actuels membres du groupe, cette biographie retrace l’étonnante carrière des Floridiens sur pas moins de 40 ans d’activité. Entre anecdotes parfois déconcertantes et photos inédites, « Turned Inside Out » est d’une authenticité rare.

Préfacé par un autre monstre sacré, Max Cavalera, fondateur de Sepultura et Soufly, revient sur sa rencontre pour le moins débridée avec OBITUARY, alors qu’il venait terminer les voix de l’incontournable « Beneath The Remains » aux célèbres Morrisound Studios de Tampa. La naissance d’une amitié qui allait durer. D’ailleurs, le Brésilien ne tarit pas d’éloge sur ceux qu’il considère comme les précurseurs du Death Metal, élevés aujourd’hui au rang d’influence majeure et avec qui il partage une passion commune pour ses fans et le Metal.

Achevé au moment où OBITUARY travaillait sur son onzième album, « Dying Of Everything » (2023), même les fans les plus fervents en apprendront davantage sur le parcours unique de ceux qui sont aussi à l’origine de l’essor et de effervescence de la scène de Tampa et de ses mythiques studios, qui ont façonné le Metal extrême de toute une époque. De leur ascension à leur déboires avec leur label Roadrunner, en passant par une longue pause au début des années 2000, « Turned Inside Out » est riche en révélations et livre un éclairage pertinent.

Couverture cartonnée 16x23cm / 444 pages / 27€

Disponible sur le site de l’éditeur : www.edt-flammes-noires.com

Retrouvez aussi l’interview du fondateur des Editions Des Flammes Noires et quelques récentes chroniques sur les derniers livres parus :

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Blues R&B Soul / Funk

Marc Broussard : bluesy bayou soul

Du Shuffle Blues en ballade délicate, tout en négociant des virages funky et cuivrés façon big band, le frontman de Louisiane s’est laissé entraîner pour la première fois de sa carrière dans l’aventure d’une réalisation entièrement Blues, ce qui ne lui était encore jamais arrivé. Avec la complicité de Joe Bonamassa notamment et d’un groupe hors-norme, il laisse parler son talent avec beaucoup d’intensité et une précision vocale exceptionnelle. Un chapitre inédit s’ouvre à lui.

MARC BROUSSARD

« Chance Worth Taking »

(KTBA Records)

Ayant déjà sorti une bonne douzaine d’albums, c’est pourtant une première pour le chanteur Soul R&B. Réputé pour la puissance et la chaleur de sa voix, celui qui apporte sa magie au Gospel n’a pu résister à la proposition de Calvin Turner. Ce dernier lui a tout simplement envoyé 15 titres instrumentaux, en lui demandant d’y poser ses mots. Sauf que cette fois, c’est dans un environnement Blues que MARC BROUSSARD navigue et c’est une évolution somme toute très naturelle vu son parcours. Et il est en très bonne compagnie… forcément !

Signé sur le label de Joe Bonamassa, on le retrouve également à ses côtés à la guitare, bien sûr, mais aussi à la production avec Josh Smith et Calvin Turner. Comme souvent, le virtuose livre une prestation exceptionnelle, loin d’être démonstrative et préférant des solos envoûtants, des parties de slide captivantes et des mélodies tout en finesse pour laisser jaillir le talent de MARC BROUSSARD. Accompagné de pointures, il a co-écrit dix chansons de « Chance Worth Taking » avec ses producteurs et Trombone Shorty, une autre légende.

Si les singles déjà sortis ont dévoilé plusieurs aspects de ce nouvel opus (« You’ll Be Sorry », « I’m Going Home », « Trying To Do Right », « Fever », « No More »), le maître de la ‘Bayou Soul’ se montre aussi très à l’aise dans son nouveau rôle de bluesman, même si les styles se rejoignent instinctivement. Poignant, énergique et funky à l’occasion, MARC BROUSSARD brille littéralement sur ce « Chance Worth Taking » aux ambiances variées et attachantes (« Blame », « Let Me Take You Out Tonight », « Sweet Love », « Laissez Les Bons Temps Rouler »). Epoustouflant !

Photo : Jeff Fasano

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International Stoner Rock

Waste A Saint : natural fuzz [Interview]

Trois albums et presque autant de facettes pour WASTE A SAINT, qui continue de faire évoluer son Stoner Rock avec beaucoup d’imagination. Toujours aussi brut et organique dans la production, le quatuor se présente avec un nouvel opus très ouvert, fédérateur et d’une grande variété. Les Norvégiens accueillent aussi un nouveau batteur, qui vient apporter un groove particulier à l’ensemble, assez loin des conventions, ce qui offre une approche originale à « …And It’s Evergreen ». Alors que beaucoup de groupes sont très facilement identifiables dans leurs influences, WASTE A SAINT impose sa propre vision du genre et son style avec une liberté, qui reste le maître-mot de la formation scandinave. Rencontre avec quatre musiciens, dont une magnétique frontwoman, qui assument cette indépendance et des choix artistiques forts.

– « … And It’s Evergreen » est votre troisième album et il présente quelques changements au sein de WASTE A SAINT à commencer par un nouveau batteur, puisque l’ancien a quitté le groupe en pleine composition. Comment l’avez-vous vécu, car vous ne semblez pas avoir été si déstabilisés ?

Eh bien, il y a eu pas mal de changements au sein de la section batterie ces dernières années. On dirait que le poste de batteur est maudit chez nous… (Sourires) On finit par s’y faire, je suppose. On avait enregistré quelques morceaux pour le nouvel album et, aux alentours de Noël, notre cher batteur Øivind nous a annoncé qu’il souhaitait explorer d’autres horizons. Ole (Nogva, basse, synthés, chœurs – NDR), Bogey (Stefansdottir, chant – NDR)  et Alex (Skomakerstuen, guitare, chœurs – NDR) sont les membres fondateurs de WASTE A SAINT. Et on a toujours eu une structure assez horizontale où chaque membre contribue à façonner l’univers de WASTE A SAINT. Alors, quand Trym (Solan Renolen, batterie, chœurs – NDR) a rejoint le groupe, on a d’abord dû apprendre à le connaître et tâter le terrain. On le connaissait déjà un peu, car Tronheim n’est pas une si grande ville, mais on n’avait jamais joué avec lui. Le courant est passé tout de suite, musicalement et humainement. C’est un excellent batteur et un type super. Ensuite, il a fallu que son style et son flow s’intègrent aux nôtres, ce qui est essentiel pour notre son et notre processus créatif.

– D’ailleurs, vous avez aussi modifié vos habitudes jusqu’à changer d’environnement et même d’instruments. Est-ce que vous vivez ce nouvel album comme un nouveau départ ?

Bogey : Oui, je dirais même plus. Le batteur est un élément essentiel de notre son, et l’a toujours été. Son jeu, son influence sur les morceaux et la composition… Nous sommes un groupe où l’improvisation est importante et en tant que quatuor, chaque membre contribue énormément au résultat final. Parallèlement, nous avons dû changer de local de répétition au pied levé, nous avons utilisé un nouveau studio pour l’enregistrement et nous avons davantage intégré le synthétiseur à notre musique. L’intégration de tous ces éléments, ainsi que les idées et la vision de Trym pour les chansons et le groupe, ont été une véritable renaissance.

– C’est vrai qu’il se dégage de « … And It’s Evergreen » un sentiment de liberté et peut-être même d’un peu plus d’insouciance, comme l’indique aussi le titre de l’album. Aviez-vous besoin d’une nouvelle respiration pour trouver de nouvelles inspirations ?

Oui, c’était un peu le but. Les changements nous amènent à découvrir de nouvelles façons de travailler et de penser, et ces perspectives ont assurément influencé le groupe. L’album précédent était inspiré par notre soif insatiable de création, qui nous anime toujours. Mais cette fois-ci, nous avons dû intégrer tous ces changements de membres et de logistique dans notre flux de travail en un temps record. Le titre de l’album fait aussi référence à la pression liée à la diffusion de la musique, à son partage avec le public. On a toujours envie de changer des choses, de se remettre en question, de peaufiner son art jusqu’à l’épuisement. C’est très humain. Mais à un moment donné, il faut bien sortir son truc pour que les gens puissent le voir et l’entendre. Et après, impossible de revenir en arrière, impossible de changer quoi que ce soit. C’est publié, c’est là, dans le monde entier… et c’est intemporel.

– La première chose qui transparaît de l’écoute de ce troisième album, c’est toujours cette volonté de repousser les limites de votre Stoner Rock en explorant d’autres contrées musicales. Et cette fois, vous imposez une signature forte. Est-ce que c’est le travail sur le groove surtout qui vous a permis de trouver cet équilibre ?

Bogey : J’ai toujours eu l’impression qu’on flirtait avec le Stoner Rock depuis des années, sans jamais s’y consacrer pleinement. Sur cet album, je pense qu’on s’est davantage investis dans les morceaux Stoner Rock et qu’on a exploré plus en profondeur les autres. On n’avait pas trop réfléchi au groove, notamment à la batterie, mais je suppose que ça vient naturellement avec un nouveau batteur. Petite précision : Trym n’avait aucune expérience du Stoner Rock. C’est un musicien plutôt Indie/Punk, enfin, c’est comme ça que je le vois ! (Rires) Je pense que son approche novatrice du genre pousse l’expérimentation encore plus loin.

– L’album est aussi plus aéré, votre spectre sonore s’est élargi et ton chant, Bogey, est également plus libre et assuré. Est-ce à dire que vous étiez un peu à l’étroit dans un Stoner Rock trop classique ?

Bogey : En fait, notre ancien batteur, Vebjørn Svanberg Numme, à l’époque de l’album « Hypercarnivore », était aux manettes en studio, et on avait passé un super moment. Bien sûr, le temps d’enregistrement était limité, mais ça nous avait permis d’avoir une session très ouverte et exploratoire. Je pense qu’on a abordé celle-ci avec un état d’esprit différent de nos albums précédents. Cette fois-ci, on était plus détendus et on s’est concentrés sur le plaisir et l’expérience. Travailler avec un ancien membre comme producteur était aussi un avantage, du moins pour moi, car ça m’a offert une plus grande liberté pour expérimenter vocalement.

Alex : Ouais, je suis d’accord. ‘Expérimenter et voir ce que ça donne’ était peut-être le mot d’ordre de cette session. On a aussi reçu la visite du fabricant norvégien de pédales Bråk, qui nous a prêté plein de matériels géniaux et originaux. Un grand merci à Torje !

– WASTE A SAINT véhicule encore mieux la puissance du Stoner en laissant aussi beaucoup de place aux mélodies. D’ailleurs, comment procédez-vous lorsque vous composez ? Commencez-vous par une ligne de chant, ou par un riff comme c’est souvent le cas dans le registre ?

L’improvisation est notre principal moyen de création. Bien sûr, ça varie, mais souvent on commence par s’échauffer avec des riffs qu’Ole et Alex sortent de nulle part. Parfois c’est bon, parfois c’est nul ! (Sourires) A partir de là, on pose la base d’un morceau, puis Bogey et Trym y ajoutent leur touche magique et voilà, une chanson prend vie. Même maintenant que l’album est terminé, on continue à s’échauffer avec de nouveaux riffs en répétition et on peut dire qu’on a même déjà quelques morceaux en préparation.

– Votre son est également plus massif et plus ample que sur « Hypercarnivore » et « Ravenous », et vous accordez toujours beaucoup d’importance au narratif. Le côté Psych de l’album ouvre aussi de nouveaux horizons au groupe, et l’ensemble est encore très nordique dans l’atmosphère. Est-ce quelque chose que vous travaillez spécifiquement, ou cette touche scandinave est-elle inconsciente ?

(Rires) Le style nordique n’a jamais été notre priorité. Peut-être est-ce juste parce que nous le sommes tout simplement ? (Sourires) Pour cet album, Alex et Bogey se sont partagés une grande partie de l’écriture des paroles. Et il est clair que nous avons des approches très différentes. L’album présente donc une certaine dualité : le côté décalé d’Alex et le côté plus dramatique de Bogey.

– Pour conclure, j’aimerais qu’on dise un mot du morceau « Brother, I Am Starving », qui résume assez bien l’album, je trouve, et qui le conclue aussi d’ailleurs. Il évolue sur un groove langoureux avec un saxophone pour ensuite accélérer vers un rythme frénétique et puissant. Est-ce le genre de titre qu’on compose en toute fin, histoire de clore un chapitre ?

Oui, un grand bravo à David Brüggermann au saxophone ! Un gars super ! Je crois qu’on l’a fait inconsciemment pour chaque album. On n’a jamais l’intention d’écrire un morceau de clôture spécifique pour chaque disque, mais une fois la production et le mastering terminés, ça semblait être le choix évident pour conclure « ...And It’s Evergreen ».

Le nouvel album de WASTE A SAINT, « …And It’s Evergreen », est disponible chez All Good Clean Records.

Photos : Yvind Ha Enes (1, 4) et Silje Marie Svendsen (2, 3).

Et retrouvez aussi la chronique de « Ravenous », le précédent album :

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Glam Metal Glam Rock Punk Rock

Gypsy Pistoleros : happy darkness

Adeptes d’une mise en scène très Rock’n’Roll, les Anglais font déjà leur retour avec la fraîcheur qu’on leur connaît armés de ce « Dark Faerie Tales », une belle continuité et également le marqueur d’une nouvelle étape franchie. Audacieux et délicieusement libre dans ses compositions, GYPSY PISTOLEROS captive, car il surprend. C’est en mélangeant les ambiances et les styles qu’il a trouvé le sien et aujourd’hui, il le délivre avec tellement de naturel qu’il laisse une impression très familière. Et entre Glam et Punk, la fusion opère.

GYPSY PISTOLEROS

« Dark Faerie Tales »

(The New Church Records/Plastic Head Distribution)

Une touche de Glam Rock/Metal, un zeste de Punk dans l’attitude et une atmosphère à la fois pailletée et gothique, c’est la recette qu’appliquent les Anglais depuis cinq albums maintenant. Après avoir créé son propre label (on n’est jamais mieux servi que par soi-même), revoici les GYPSY PISTOLEROS en ordre de marche avec un nouvel opus, un an tout juste après le fougueux « Church Of The Pistoleros ». A croire que le groupe le préparait depuis un petit moment, car il est tout en maîtrise que ce soit au niveau des morceaux comme de la production. Et sans rien perdre de sa douce folie !

Toujours avec son complice de longue date aux manettes, Dave Draper (Michael Monroe, The Wildhearts, Therapy?) qui a également co-écrit « Dark Faerie Tales » avec le quatuor, celui-ci s’assure d’un son peaufiné qui conserve toute l’énergie de son style. Entre féerie champêtre et Rock costaud, GYPSY PISTOLEROS œuvre dans une sorte de registre hybride, qui lui va bien et fait aussi toute son originalité. Bien sûr, on pense à Mötley Crüe sur les parties vocales, à Zodiac Mindwarp également dans l’approche déjanté et sleazy, mais le combo y a insufflé une grandiloquence assez étonnante.

Entre de fulgurantes accélérations et des instants délicatement mélodiques aux faux airs de ballades, GYPSY PISTOLEROS brise les codes, trace son chemin et impose sa patte tout en déclarant son amour du Rock’n’Roll. Car, avec ce côté théâtral débridé, il s’agit bel et bien, encore et toujours, de Rock au large. Le combo y adsorbe toutes les composantes et surgit là où on ne l’attend pas. « Dark Faerie Tales » passe par toutes les émotions, se montre sombre, épique et poignant, tout en gardant un fil narratif prégnant (« My One Desire To Burn It Up », « She’s Getting Stranger », « Take My Hand To Nightmare Land », « Rattling » et le morceau-titre). Enthousiasmant !

Retrouvez la chronique de « Church Of The Pistoleros » :

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Desert Rock Stoner Rock

Avon : through the clouds

Huit ans après son dernier effort, AVON revient irradier de son Desert Rock la planète Stoner. Toujours aussi californien dans le son comme dans l’esprit, il est plus irrésistible que jamais. Très organique et avec l’instinct du live, le groupe incarne l’essence-même du style avec tout ce qu’il contient d’instantanéité et de vérité dans le jeu. Expressif autant qu’explosif, « Black On Sunshine » fait l’équilibre entre onirisme et mélodies appuyée avec maestria.

AVON

« Black On Sunshine »

(Go Down Records)

Après « Mad Marco » (2016) et « Dave’s Dungeon » (2018), « Black In Sunshine » est donc le troisième album de l’emblématique trio AVON. Enregistré et produit par James Childs lui-même, on retrouve l’esthétisme du Desert/Stoner Rock dans toute sa splendeur . Malgré un nombre conséquent de productions du même genre, et même si ce nouvel opus dépasse tout juste les 30 minutes, les trois musiciens atteignent des sommets et se hissent tranquillement au dessus du lot. Soudés autour du même line-up depuis le début, l’osmose et la complicité sont palpables.

Il faut dire qu’ils ont du métier. Le batteur Alfredo Hernández a œuvré chez Kyuss, QOTSA et Yawning Man, James Childs au chant et à la guitare a pris la lumière avec les Anglais de Airbus notamment et Charles Pasreli fait vibrer sa basse sur la scène de Palm Springs au sein de plusieurs formations. AVON a donc beaucoup de caractère, d’expérience et possède surtout un sens du songwriting, qui semble tellement naturel. Le groove est épais, le Fuzz transcende les riffs et la voix du frontman vient éclairer des morceaux d’une rare efficacité et d’une intensité constante.

Et c’est un souffle chaud qui traverse « Black On Sunshine » dans la plus pure tradition Desert Rock. Rebelle et psychédélique, le Heavy Rock du combo livre aussi quelques clins d’œil bluesy, ou Surf sur l’éponyme titre d’ouverture. AVON vit et respire les sonorités de son désert voisin et atteste que Mojave n’est qu’à deux pas. En exhumant « Super Furry Antidote » et « Doorway », il jette un regard sur un passé pas si lointain, mais continue d’avancer sans nostalgie sur des morceaux percutants (« Awkwardness », « Spacebar », « Never In A Million Years », « Bandits »). Magique !