L’entreprise dans laquelle s’est lancée la formation ukrainienne ne manque pas de piquant. C’est toujours un moment à part dans une carrière et bien souvent une sorte d’accomplissement pour les artistes. Et cette épopée progressive repose autant sur un fuzz tranchant que sur des notes plus aérées. Les atmosphères se bousculent, mais le concept conserve un fil rouge clair sur ce « Songs To Moon », traversé de post-Metal et Heavy Stoner Prog. Ce deuxième volume donne un bel éclairage sur la suite à venir…
STONED JESUS
« Songs To Moon »
(Season Of Mist)
L’an dernier, le trio s’était engagé dans une ambitieuse trilogie avec « Songs To Sun », ouvrant ainsi un chapitre majeur de sa discographie. L’idée est en effet de dévoiler ses multiples facettes musicales. Essentiellement composé par le multi-instrumentiste et chanteur Igor Sydorenko, « Songs To Moon » continue l’introspection de STONED JESUS dans l’univers progressif. Librement inspiré par Opeth, Alice In Chains et Mastodon, ce deuxième volet s’en détache facilement pour mettre en lumière une identité artistique développée depuis 2009.
En attendant « Songs To Earth », probablement l’an prochain si le rythme est respecté, « Songs To Moon » se distingue par un aspect plus expérimental et plus sombre également. Ces nouveaux morceaux se focalisent sur le côté émotionnel du registre de STONED JESUS. Les passages plus délicats et parfois acoustiques sont plus nombreux, même si l’empreinte Heavy Rock n’est jamais bien loin. Elle résonne d’ailleurs dès le titre d’ouverture, « Under The Skin », dont la puissance, y compris vocale, explose littéralement à travers des nuances bien senties.
Sur une production jumelle à son prédécesseur, « Songs To Moon » s’inscrit dans une même continuité artistique. Si le curseur a bougé, le propos semble plus mélancolique, à l’instar d’ailleurs de sa ténébreuse pochette. Comme pour marquer cette trilogie, STONED JESUS s’offre aussi une sorte de point cardinal entre les deux premiers volets avec « Syzgy », son premier morceau instrumental, qui se situe d’ailleurs précisément et musicalement au milieu des trois réalisations. Mieux, il emprunte une mélodie de chaque disque pour n’en faire qu’une. Une suite captivante.
Photo : Babbibrun
Retrouvez l’interview du groupe à l’occasion de la sortie du premier volet, « Songs To Sun » :
Depuis ses débuts, le Blues Rock de BERNARD ALLISON est synonyme de communion et de transmission aussi d’une certaine manière, puisqu’il est lui-même détenteur d’un héritage conséquent. S’il n’a jamais cherché à cacher la filiation directe et naturelle avec celle de son père, embrassant lui-même un registre assez proche, il s’est rapidement émancipé au point de devenir une référence pour la nouvelle génération. Avec « Loving You », il exprime sa passion pour cette musique dans ce qu’elle de plus contemporaine et avec la classe qu’on lui connaît.
BERNARD ALLISON
« Loving You »
(Ruf Records)
Sorti depuis longtemps de l’ombre de sa légende de père, le grand Luther, BERNARD ALLISON mène une belle carrière, peut-être trop discrète et pas suffisamment reconnue, mais en tous points exemplaire. Guitariste virtuose et chanteur investi, l’Américain est l’auteur d’une bonne vingtaine d’albums et le fait d’avoir des racines à Chicago comme en Europe lui confère une touche et un son très identifiables. Bien sûr, l’influence paternelle est là, tout comme son admiration pour SRV et Johnny Winter, mais son Blues est unique et toujours très enjoué.
L’une des caractéristiques de BERNARD ALLISON est aussi son plaisir à partager sa musique et surtout à la jouer. Et cela s’entend ! C’est tellement palpable que cela en est communicatif. Avec « Loving You », il fait probablement sa plus belle déclaration à ses proches, mais aussi à ses amis musiciens. Et parmi eux, on retrouve les six-cordistes Larry McCray, Devon Allman et Matthew Curry. Un vrai feu d’artifice bâti sur un Blues traditionnel, qui se pare au fil de l’album de couleurs funky, Rock et R&B. L’alliance est majestueuse, d’autant que l’ensemble est brillamment interprété.
Dans cette belle réunion figurent aussi la violoncelliste Heather Hardy, le pianiste Victor Wainright, ainsi que sa nièce et son neveu Lyndrey et Jasper aux chœurs. Et avec Stephen Johnson à la guitare rythmique, co-auteur de cinq titres, Sam Butt Jr III derrière les fûts, Eric Roberts aux claviers et George Moye à la basse, BERNARD ALLISON ne pouvait rêver mieux ! Limpide et si naturel, son Blues est à la fois familier et plein de surprises (« Left Me With My Guitar », « Time Traveler », « Rock’n’Roll Hoochie Koo » de Rick Derringer, « Blues Thang » et le morceau-titre). Un régal !
Déjà vaste, l’univers de SANGHAM prend encore un peu plus de volume et de densité sur cette deuxième réalisation. Direct et intense, « The Radiant Crown » reprend les thématiques d’« Intangible », sorti en 2021, avec une force décuplée et une intention clairement explicite. Les Français soufflent toujours le chaud et le froid dans un engagement de chaque instant. Véloce et musclé, leur Modern Prog Metal a changé de dimension, se montre plus assuré et ces huit nouveaux morceaux témoignent d’une envie et d’une maîtrise totales, qui font de ses nombreuses nuances une signature distincte.
SANGHAM
« The Radiant Crown »
(Independant)
Il y a cinq ans, les Marseillais faisaient leurs premières armes avec « Intangible », un premier effort solide et déjà personnel. Entre-temps, la scène aidant, SANGHAM semble s’être remis en question, ou du moins a affiné la vision de sa propre musique. D’un Metal Progressif déjà très actuel dans l’approche, c’est aujourd’hui un registre nettement plus hybride qui est à l’œuvre sur « The Radiant Crown ». Ce qui n’était que fulgurances, à savoir le côté Djent et un léger penchant pour le Death, font désormais partie intégrante de la patte du combo. Ainsi, de nouvelles voies se dessinent dans lesquelles le quatuor s’engouffre habillement et sans retenue.
Sans parler de métamorphose, l’une des raisons de ce léger changement de cap vient peut-être du nouveau line-up de SANGHAM. Toujours mené par son duo fondateur, Christelle Meunier (chant) et Cyril Lhuillier (guitare), tous deux compositeurs, Paul Gavoille (basse) et Antoine Balzé (batterie) les ont rejoint et cette nouvelle rythmique a du feu dans les mains. Très polymorphes, les tempos sont d’une agilité et d’une puissance remarquables, de quoi laisser exploser ces nouvelles compositions avec fluidité. Côté chant, l’équilibre se fait toujours entre voix claires et growls, ces derniers ternissant cependant, un peu par facilité, l’identité originale du combo.
On l’aura compris, les dualités et les contrastes restent la base du jeu des Phocéens, qui s’appuient une fois encore sur une production solide et soignée. Engagé, SANGHAM mène toujours vigoureusement ses combats contre la maltraitance animale, la surconsommation et la domination patriarcale. Il en est d’ailleurs question sur « Reclaim », où pas moins de dix musiciennes françaises se relaient dans un collectif militant déterminé. Multipliant les ambiances, « The Radiant Crown » est brutal et aérien, et toujours mélodique et captivant (« The Insatiable Ogre », « La Tour Dorée » chanté en français, « Our Vain Pleasure », « Listen »). Limpide et sans compromis.
Photo : Elise Meunier
Retrouvez l’interview du groupe à l’occasion de la sortie de son premier album « Intangible » :
Avec beaucoup d’aplomb et d’envie, la formation basée à Londres est retournée en studio comme on monte sur scène : avec fougue et impulsivité. Mis en sommeil depuis 2020, THE TEMPERANCE MOVEMENT a remis le courant et repris ses bonnes habitudes pour livrer dix nouvelles compositions forgées dans un Southern Rock aux élans Hard Rock et à la constance bluesy. Passé une comparaison inévitable et manifeste avec The Black Crowes, « New Promise Land Incorporated » atteste tout de même d’une identité forte et d’un sens de la mélodie imparable.
THE TEMPERANCE MOVEMENT
« New Promise Land Incorporated »
(Earache Records)
Quinze ans après sa création et après avoir disparu des radars pendant huit longues années, les Britanniques donnent enfin une suite à « A Deaper Cut », sorti en 2018. Reformé dans l’idée de renouer avec son chaleureux Southern Rock, THE TEMPERANCE MOVEMENT est le fruit du même line-up, toujours guidé par l’Ecossais Phil Campbell au chant. Aux guitares, Luke Potashnick et Paul Sayer se montrent toujours aussi complices et la rythmique constituée du bassiste Nick Fyffe et du batteur Simon Lea distillent un groove familier et assuré. Et la magie opère encore.
Alors que le quintet avait ressuscité sur scène l’an dernier, il semblerait que ce soit le même élan qui les a mené sur le chemin du studio. Enregistré à la campagne en seulement cinq jours, « New Promise Land Incorporated » a été posé sur bandes et en conditions live en collaboration avec Ethan Johns (McCartney, Ray LaMontagne, Rufus Wainright). Seulement, et même si ces nouveaux morceaux sont solides, il y a peut-être eu un peu trop de précipitation de la part de THE TEMPERANCE MOVEMENT à vouloir si vite les immortaliser. Le talent a ses limites.
Côté spontanéité, on se croirait au milieu de la pièce avec les cinq musiciens et cette atmosphère a même un certain charme. Forcément, la production est loin d’être lisse et c’est tant mieux, mais l’ensemble est flou, manque de puissance et l’énergie se disperse. Malgré tout, ce nouvel opus contient des titres accrocheurs et sincères, des riffs et des solos étincelants et des parties vocales exaltées. THE TEMPERANCE MOVEMENT n’a rien perdu de son mordant, ni de sa sensibilité (« Shadows », « Eat You Alive », « Mongrels », « Love Kicks », « Saving Grace »). Une foi intacte.
Dans une ambiance presque cosmique et pleine de mysticisme, le quatuor invoque la puissance du Doom pour guider son Stoner. Entre Occult Rock et déflagrations Metal, TERRA BLACK sort son deuxième album avec beaucoup de certitudes et un jeu qui a gagné autant en maturité qu’en maîtrise. « Mirage » fait suite à « All Descent » sorti il y a trois ans et qui avait tapé dans l’œil du label Bonebag Records. A forte dominante féminine, l’approche des Suédoises et de leur guitariste-chanteur offre beaucoup de nuances à des compositions, qui évitent les clichés en privilégiant un aspect plus aérien qu’écrasant. Enregistré en conditions live, ce nouvel opus est aussi fin que massif et sa production très organique renvoie à des atmosphères presque charnelles. Sombre et dense, l’univers des Scandinaves est à la fois profond et incantatoire, et son identité musicale est désormais claire. Ezgi, chanteuse principale de la formation, revient sur l’évolution de TERRA BLACK, la sortie il y a quelques semaines de « Mirage » et les caractéristiques du Stoner Doom à l’œuvre sur ce nouvel effort.
– Vous avez fondé TERRA BLACK en 2020 et vous avez enchaîné rapidement avec les EP « Triple Goddness » (2021) et « Capra » (2022). A l’écoute de ces quatre morceaux, on a le sentiment que vous vous cherchiez encore musicalement. Cette période a-t-elle été un terrain d’apprentissage et d’expérience pour définir votre son ?
Oui, absolument. Elle était bien sûr davantage une phase d’expérimentation qu’une période où nous avions un son clairement défini dès le départ. Nous apprenions à nous connaître en tant que groupe, mais aussi musicalement, à travers ce que nous aimions, ce que nous voulions faire et la direction que nous souhaitions donner à notre musique. L’idée principale de TERRA BLACK n’a cependant jamais vraiment changé. Dès le début, nous étions attirés par le mysticisme et cela a toujours été un élément important de notre démarche créative. Mais musicalement, il nous a fallu du temps pour trouver notre propre façon de l’exprimer. Je pense que nous l’avons trouvée en expérimentant, en jouant ensemble et, tout simplement, en faisant de la musique.
– D’ailleurs, avec la sortie d’« All Descent » sorti en 2023 et que vous aviez autoproduit, TERRA BLACK est apparu avec un tout autre visage. Y a-t-il eu un déclic, car votre style s’est vraiment affirmé et affiné au point que l’on croirait à la véritable naissance du groupe ?
En réalité, je pense que le tournant pour nous s’est produit un peu avant « All Descent ». Quand Isak a rejoint le groupe et que nous avons commencé à composer ensemble, nous avions déjà amorcé progressivement l’élaboration de notre propre son et la définition de nos aspirations musicales. Donc oui, je dirais qu’« All Descent » est vraiment le fruit de ce processus. C’est à ce moment-là que tout ce que nous avions développé a commencé à se concrétiser et que le son de TERRA BLACK s’est affirmé.
– Justement depuis l’arrivée d’Isak en 2021, TERRA BLACK a conservé le même line-up avec une dominante féminine assez peu courante. Est-ce, selon vous, cette particularité qui offre la finesse et l’aspect plus délicat de votre Stoner Doom ?
Je pense qu’il est difficile de répondre à cette question d’un seul point de vue. Mais je ne crois pas que la présence de femmes dans le groupe rend forcément notre musique plus délicate, car nous écoutons tous des styles très différents. Je pense que ce qui nous unit, c’est notre goût pour les ambiances mélancoliques et c’est probablement de là que vient cette facette de notre son. Mais s’il y a bien une chose que l’on peut retenir du fait d’être un groupe majoritairement féminin, c’est notre ponctualité et notre discipline ! (Rires)
– D’ailleurs, au niveau du chant, l’évolution a été éclatante avec « All Descent ». TERRA BLACK se distingue par un Doom plus enveloppant qu’écrasant, avec même parfois des chuchotements. L’idée est-elle aussi de pouvoir apporter plus de nuances grâce à ces nuances vocales ?
Oui, il y a eu une nette évolution au niveau du chant avec « All Descent », surtout parce qu’avant, j’étais la seule à chanter. Partager le chant avec Isak a vraiment donné une nouvelle dimension au groupe, et je pense que ça a très bien fonctionné. Mais ce n’était pas vraiment une décision consciente d’avoir deux chanteurs juste pour ajouter des nuances. C’est venu assez naturellement pendant la composition. On essayait des choses comme : ‘tiens, tu chantes cette partie et je prends celle-ci’, ou ‘peut-être que cette partie fonctionnerait mieux avec ce type de chant’. Ce sont donc vraiment ces petites décisions prises pendant l’écriture, qui ont façonné notre style vocal au final.
– Parlons de « Mirage », qui sort chez Bonebag Records. Tout d’abord, est-ce que la signature sur un label est une étape importante pour vous, et peut-être aussi une certaine confirmation de l’originalité et du talent d’écriture de TERRA BLACK ?
Je pense que signer avec un label est une étape importante, mais je ne le vois pas forcément comme une confirmation de notre originalité ou de nos talents d’auteurs-compositeurs. Ce sont des choses qui se construisent avec le temps, et on ne peut pas les confirmer et les établir simplement en signant avec une maison de disques.
Pour nous, l’aspect passionnant de travailler avec un label, c’est que cela offre à notre musique davantage de canaux et d’opportunités de toucher un public plus large. C’est ce qui représente un véritable pas en avant pour nous. C’est aussi un atout d’avoir quelqu’un comme Max Malmer (le patron du label – NDR), qui est très au fait de la scène musicale avec qui échanger des idées. Même si nous avons une grande liberté créative, un regard extérieur peut parfois s’avérer très utile.
– Ce nouvel album a été enregistré en conditions live, afin de capturer les vibrations de votre jeu et l’authenticité de l’endroit où vous étiez avec sa réverbération naturelle. Etait-ce la meilleure façon, selon vous, pour retrouver l’intensité et le côté organique de la scène et mieux les restituer ?
Oui, sans aucun doute. Ce type de musique, selon nous, se prête particulièrement bien à l’enregistrement en direct, avec tout ce que cela implique : la repisse des micros, l’ambiance de la salle et un groove plus organique. C’est aussi beaucoup plus efficace, pour être honnête, puisque la plupart des instruments peuvent être enregistrés en une seule prise. Nous insistons rarement sur les détails ou les performances individuelles dans nos morceaux, mais plutôt sur l’atmosphère générale. De ce fait, ces petites imperfections n’ont pas vraiment d’importance, et contribuent même parfois à l’authenticité du morceau.
– J’aimerais que l’on parle du morceau « Thorn », qui se distingue du reste de l’album, car il est entièrement parlé et par une voix d’homme. Que représente-t-il dans la construction de « Mirage » et quelle signification a-t-il pour vous ? D’ailleurs, l’avez-vous imaginé en version instrumentale au départ, car il s’y prête bien ?
« Thorn » est assurément un peu à part, mais pour nous, elle joue un rôle bien précis dans l’album. Elle est née tout naturellement d’une mélancolie profonde dans laquelle nous étions plongés, et les paroles nous sont venues lors d’une nuit au bord d’un lac perdu dans la campagne suédoise. Le premier riff a été entièrement improvisé en studio, un soir arrosé (en grande quantité) de vin de cerises maison ! (Sourires) Isak et moi avons commencé à jouer et j’ai rapidement enregistré. L’enregistrement nous a tous profondément touchés. Nous avons senti qu’il exprimait quelque chose d’important et d’authentique. Je pense qu’il symbolise un désespoir quasi-total, une fin dystopique, un monde dénué de toute humanité.
– Enfin, votre Stoner Doom oscille entre Rock et Metal avec beaucoup de fluidité et de relief. A la fois puissant et intense, « Mirage » est plus aérien que pesant. Etait-ce votre premier objectif après trois ans de travail ?
En fait, nous n’avions pas vraiment d’objectif précis au départ. Ce sont plutôt les morceaux qui ont pris forme et qui ont façonné l’album. Puis, un peu plus tard, pendant l’enregistrement, nous avons réalisé que cette constellation de riffs sombres, denses et imprégnés de Doom avait une dimension plus ancrée et viscérale que nos précédents albums. On y retrouve cette atmosphère étrange et éthérée qui, selon nous, définit en quelque sorte notre son, mais avec une intensité presque claustrophobique.
Le nouvel album de TERRA BLACK, « Mirage », est disponible chez Bonebag Records.
Implacable, la formation scandinave déferle sans ménagement pour asséner avec force un Heavy Metal, qui tire son essence des années 80 et qui tient haut la main la comparaison avec une vision plus contemporaine du style. RAM ne fait aucune concession, évite soigneusement les clichés et livre des morceaux fédérateurs, véloces et musclés. Avec « Against », le quintet signe une sorte de manifeste et d’appel à la contestation dans une époque sclérosée. Frontal et à contre-courants, le groupe est plus incisif que jamais, privilégiant l’efficacité à la démonstration. Pleine face !
RAM
« Against »
(Metal Blade Records)
Sept ans après leur dernier méfait, « The Throne Within », les Suédois repartent au combat avec « Against », dont le titre à lui seul laisse entrevoir qu’ils ne sont pas revenus pour trier les lentilles. Et, en effet, ça bastonne dans les règles. Toujours, et peut-être même plus jamais, RAM reste l’un des derniers et fidèles représentants du Heavy Metal traditionnel du grand Nord. Rugueux et féroce, c’est à grand coup de riffs tendus et agressifs qu’il repasse en mode bulldozer, façon mur du son, avec un sentiment très palpable, et même omniprésent, mêlant liberté et colère.
Sur une production brute et massive, la rébellion commence dès l’ouverture avec « Obsession », prélude qui pose le climat avant que le frontman ne lance les hostilités sur « Ghost Emperor ». La machine est en marche et paraît inarrêtable. Enregistré au Studio Recordia à Varberg et produit par leur complice de longue date Johan Reiven, ce septième album contient tous les ingrédients du son de RAM, à savoir une richesse dans les textures et un environnement organique. Le combo ne triche pas et son identité musicale commence par cette authentique déferlante de décibels.
Oscar Carlquist, qui signe aussi la pochette, n’a rien perdu de son mordant et c’est en défenseur d’un Heavy Metal originel, teinté de Speed, qu’il chante avec cette approche si instinctive qui le caractérise. Solidement entouré par le duo Harry Granroth et Martin Jonsson aux guitares, qui rivalise de grands coups de semonce et de solos assassins, le chanteur guide RAM avec intensité. L’explosif tandem basse/batterie martèle sans répit et donne ainsi à « Against » une puissance de frappe rageuse (« Abattoir », « Night Blade », « Rising Again », « 1984 » et le morceau-titre). Jouissif !
Dans un véritable élan de liberté, c’est avec un troisième effort d’une grande diversité que SARI SCHORR refait surface. Très attendue, même si son duo avec Robin Trower avait fait des étincelles, elle rayonne tellement plus lorsqu’elle évolue dans son univers personnel. Avec « Running Wild », elle offre une vision panoramique de son talent… et il est immense. Impertinente, souple, captivante ou totalement débridée, elle a fait du Blues son terrain de jeu et elle impose ses propres règles avec beaucoup de classe.
SARI SCHORR
« Running Wild »
(Provogue/Artone Label Group)
Il y a dix ans, la chanteuse et compositrice surgissait sur la scène Blues Rock avec le bien-nommé « A Force Of Nature », suivi de « Never Say Never » en 2018 et d’un album live. Et c’est ensuite sur l’excellent « Joyful Sky » du grand Robin Trower que SARI SCHORR avait livré une performance exceptionnelle en 2023. Perfectionniste, elle aura tenu ses fans en haleine huit longues années avant de livrer « Running Wild ». Un retour que l’on doit à son guitariste Jamie Walker, qui a étroitement collaboré à la conception de ce nouvel album.
Pour rappel, l’Américaine fut la choriste de Joe Louis Walker et Popa Chubby avant de faire un bout de chemin avec le guitariste de Robert Plant, Innes Sibun. Un parcours très riche et « Running Wild » vient confirmer qu’elle reste l’une des meilleures dans son domaine. Et pour son troisième opus en solo, SARI SCHORR a confié la production de son disque à son six-cordiste et bassiste Jamie Walker et à son batteur Luke Paget. Enfin, le groupe ne serait pas au complet sans les chaleureuses notes d’orgue Hammond et de piano de Bennett Holland.
Dès l’entame avec « Mr. In The Middle », puis sur le morceau-titre, la New-yorkaise place la barre très haut. L’irrésistible voile éraillé de sa voix permet à SARI SCHORR d’aborder une large palette d’ambiances, toujours entre puissance et délicatesse. Subtile, grave et sensuelle, elle est à l’aise dans tous les registres, passant du Southern Rock (« Monday Morning »), au Blues Rock groovy (« Cool Hand Riders ») ou à des tessitures plus Gospel (« Call It Freedom ») et Americana (« Finding My Way »). Somptueux et attachant !
Photo : Tom Row
Retrouvez la chronique de son album avec Robin Trower :
Faisant suite à « Force Of Nature », un album où le style des Anglais s’était clairement dessiné, « Fire And Folklore » vient confirmer cette touche unique qui soude et propulse le groupe à un sommet artistique d’une grande force. Avec ce troisième opus, leur Southern Rock prend une nouvelle dimension et, outre la qualité des morceaux, le travail effectué sur la production est lui aussi somptueux. Les riffs sont racés et enveloppants et la voix de John Hartwell délivre des messages d’espoir avec une sensibilité quidonne un caractère touchant à l’ensemble. Sur des guitares scintillantes, une rythmique au groove chaleureux et des notes de claviers qui viennent à la fois suspendre le temps et donner du corps au mélodies, THESE WICKED RIVERS prend son envol de la plus belle des manières. Entre passages Soul, Country, Blues et Classic Rock, le Sud guide l’inspiration des Britanniques, qui s’imposent désormais comme un valeur montante du genre. Le très polyvalent Rich Wilson (claviers, guitare, harmonica et chœurs) nous en dit plus sur la démarche du quintet, son approche de la composition et ce nouvel élan sudiste à l’œuvre depuis quelques années.
– Avant de parler de ce nouvel album, j’aimerais que l’on revienne sur le nom du groupe, qui est en lien direct avec votre ville de Belper dans le Derbyshire. Quelle est l’histoire derrière THESE WICKED RIVERS ?
Le nom du groupe vient de la comparaison entre le cours d’une rivière et la vie. Autrement dit, la rivière emprunte souvent le chemin de moindre résistance au fil du temps. Des méandres et des détours inévitables jalonnent son parcours ce qui, souvent, renforce son courant. Ces bifurcations peuvent surgir de nulle part et vous prendre totalement par surprise, vous entraînant sur des chemins insoupçonnés. Finalement, tout cela fait partie intégrante du voyage de la vie, des ruisseaux paisibles à la mer déchaînée.
– Je vous avais découvert avec « Force Of Nature » il y a deux ans et la qualité de ce deuxième album m’avait vraiment marqué. Or, avec « Fire And Folklore », votre jeu et votre écriture sont encore plus marqués. Il est d’ailleurs plutôt question de puissante émotionnelle, grâce à des mélodies et des textes forts. Cet aspect a-t-il pris plus d’importance durant l’écriture ?
Pour moi, la musique est une émotion. Dans « Sing Another Song », je parle de la bande-son de votre vie, qui vous accompagne à travers tout et nous croyons profondément au pouvoir de la musique et à son lien avec les émotions. Les liens que nous tissons avec la musique deviendront une mémoire vivante si on le permet, nous reliant aux bons comme aux mauvais moments. C’est pourquoi nous avons toujours été un groupe fier de nos textes, du message véhiculé par nos chansons. Je pense aussi qu’une mélodie forte contribue grandement à transmettre ce message, elle est donc tout aussi importante pour créer ce lien. Nous privilégions un message d’espoir, de compassion et de compréhension, si possible, mais il est tout aussi important de ne pas oublier les riffs percutants et les doubles pédales. La musique est ce qui se rapproche le plus de la magie. Créer quelque chose à partir de rien et qui puisse influencer positivement la vie des gens, est une chose puissante en ces temps difficiles.
– Revenons un instant sur votre ville de Belper où vous avez enregistré « Fire And Folklore », car il se trouve que le producteur Andy Sneap en est aussi citoyen. Qu’est-ce que le fait d’avoir travailler avec lui, ainsi qu’avec Colin Richardson, a apporté à votre son et peut-être au-delà à votre manière de composer et d’arranger ces nouveaux morceaux ?
Travailler avec des musiciens comme Colin et Andy allait forcément nous pousser à nous surpasser pour cet album. Leur riche expérience combinée était palpable à tous les niveaux du studio : ils savaient quelle guitare Arran (Day – NDR) devait utiliser pour chaque solo et avec quel ampli, afin d’obtenir le son ‘Thin Lizzy ultime’. Ils étaient même capables de déceler à l’oreille la moindre imperfection de timbre sur la peau d’un tom basse frappé par Dan (Southall – NDR). Nous avons vraiment adoré notre séjour aux studios Backstage et je pense que cela s’entend sur les enregistrements.
Pour être honnête, à part « Sing Another Song », le reste de l’album était déjà bien structuré avant d’entrer en studio, mais Colin et Andy semblaient savoir comment tirer le meilleur parti de chaque élément des morceaux. Ils suggéraient des modifications simples ici et là qui renforçaient toujours l’émotion du morceau. Andy travaillait les détails de la guitare avec Arran, l’aidant à peaufiner ses parties finales, tandis que Colin était très doué pour ajouter des idées de basse et de percussions. Il ressentait vraiment les morceaux et se déchaînait dans le studio. Nous avions également Pete Newdeck, un ingénieur du son doté d’une oreille incroyable pour les harmonies, qui s’est assuré que nous restions sur la bonne voie en ce qui concerne la partie vocale.
– Ce qui est d’ailleurs étonnant, c’est le contraste entre votre musique et celle sur laquelle Andy Sneap et Colin Richardson travaillent habituellement et qui est clairement orientée Metal. Comment s’est passée cette collaboration et comment avez-vous établi les ponts entre vos deux cultures musicales ?
On adore le Metal, c’est indéniablement une partie de notre histoire, les membres du groupe connaissant très bien le travail de Colin et Andy. Honnêtement, je pense qu’on a contacté Colin au bon moment, car il était prêt à travailler sur un album de Rock plus classique et à faire une pause avec la scène Metal. Il a aimé les démos qu’on lui a envoyées et a parlé à Andy de l’idée de collaborer avec nous.
Bien qu’ils soient tous les deux connus pour leur travail dans le Metal, ils aiment aussi le Rock, et puis, c’était une bonne excuse pour qu’ils passent quelques mois ensemble. On voulait tous capturer au maximum l’énergie d’un vrai concert, en travaillant sur le vif pour préserver un maximum de spontanéité, ce qui, je crois, était très stimulant pour tout le monde.
– D’ailleurs, il y a une autre artiste de grand talent près chez vous et sur cet album, c’est la chanteuse de Country Music, Kezia Gill, et votre rencontre sur « Sing Another Song » est lumineuse. Comment avez-vous travaillé sur cette chanson, et ce duo s’est-il imposé de lui-même ?
Nous avons assuré la première partie du groupe ‘A Thousand Horses’ de Nashville pour quelques concerts dans le sud des Etats-Unis, et Kezia était là en tant que chanteuse invitée. On a commencé à discuter avant le concert et le courant est tout de suite passé, car on a le même humour et on vient de la même région. Après le concert, je parlais avec un fan qui avait une photo d’elle et de Michael, le chanteur d’A Thousand Horses, datant d’il y a dix ans, et une autre prise ensemble le soir même. Plus tard, je lui en ai parlé et il m’a dit que ce n’étaient pas les années qui comptaient, mais les kilomètres. Ça m’a fait réfléchir à la vie d’un musicien itinérant et à la relation entre le fan, la musique et le musicien, et c’est de là qu’est née la chanson. J’en ai fait une démo pour la maison de disques, qui a beaucoup aimé et a pensé que ça pourrait être une bonne idée pour une collaboration. Dès que j’ai entendu ça, j’ai tout de suite pensé à Kezia, car je savais que le côté Country de la chanson collerait parfaitement à sa voix. Elle était aussi liée à la genèse de la chanson, puisqu’elle était là le soir où j’ai commencé à l’écrire. Nous lui avons envoyé la chanson, elle l’a adorée et a accepté de venir au studio où elle a fait un travail formidable.
– « Fire And Folklore » affiche par ailleurs une sonorité plus Southern Rock que « Force Of Nature » qui était plus Blues Rock dans le fond. Est-ce qu’après deux EPs et trois albums, THESE WICKED RIVERS a atteint son identité artistique profonde, car ce nouvel album est vraiment le plus abouti ?
L’album « Force Of Nature » avait un bassiste différent et plusieurs morceaux existaient déjà depuis un certain temps. Avec ce nouvel album, nous avons enfin les cinq membres au complet, ce qui nous a permis de peaufiner notre son. Ces deux dernières années, nous avons eu l’occasion de composer ensemble et de renforcer notre cohésion. On ressent vraiment la fusion de nos influences musicales pour créer ce son unique. Ces influences nous permettent de naviguer entre les genres, car notre objectif est de proposer la meilleure version possible de chaque chanson, quel que soit le style : ballade, morceau Rock entraînant ou Southern Blues.
– Avec DeWolff, Robert Jon & The Wreck, The Commoners, The Georgia Thunderbolts et quelques autres, THESE WICKED RIVERS fait partie du renouveau de la scène Southern. Et pour une fois, la relève ne vient pas exclusivement du sud des Etats-Unis. Selon vous, la différence vient-elle du contenu des textes, ou plutôt d’une approche musicale plus moderne et directe comme la vôtre ? Car les ingrédients sont finalement restés les mêmes…
Oui, je pense qu’au final, c’est une belle histoire. Il y a sans doute aussi un côté cyclique, car je crois que les gens commencent à se lasser des pistes d’accompagnement, des samples et qu’ils aspirent à ce son et à cette ambiance classiques. La combinaison d’instruments y contribue également, avec la présence importante du piano sur l’album. On retrouve cette basse mélodique, presque comme une guitare solo par moments, et une sincérité et une vulnérabilité touchantes dans le chant. Ajoutez à cela des riffs profonds, une batterie éclectique et des harmonies vocales riches, et vous y êtes. Je ne pense pas que nos origines importent vraiment. En tant que musiciens, nous sommes tous influencés par les grands maîtres et la musique de notre enfance. Au final, nous sommes tous des nains sur les épaules de géants.
– Enfin, il y a un véritable sentiment de liberté sur cet album, ainsi qu’une empreinte britannique très présente. Est-ce finalement l’exploration de vos racines immédiates, et non celles d’autres artistes, qui alimente votre style ?
Nous avons la chance d’avoir plusieurs auteurs-compositeurs dans le groupe. Ils s’inspirent de leurs propres expériences et racontent des histoires qui leur tiennent à cœur. Les morceaux sont toujours finalisés ensemble en répétition, ce qui permet à chacun d’y intégrer son style et ses influences. Au final, nous cherchons à transmettre une vérité à travers ces histoires, une vérité à laquelle, nous l’espérons, les gens pourront s’identifier. Nous sommes tous sur le même chemin : le ‘feu et le folklore’ ne sont que des repères pour guider ceux qui en ont besoin.
Le nouvel album de THESE WICKED RIVERS, « Fire And Folklore », est disponible chez Fat Earth Records.
Photos : Blackham
Retrouvez aussi la chronique de « Force Of Nature » :
Secoué par un récent changement de line-up, la formation de Göteborg a préféré resserrer les rangs plutôt que de se mettre en quête d’un nouveau membre. Et bien lui en a pris, car « Fever » a gagné en explosivité avec un côté direct et imposant, qui reste au plus près de l’esprit spontané qui l’anime depuis ses débuts. Non pas que GRAVEYARD se soit plongé dans le grand bain du Stoner, mais il faut reconnaître que c’est la ligne qui s’impose, toujours établit autour d’éléments Blues et psychédéliques. Une situation et une intention clarifiées au profit d’un opus massif et délicat.
GRAVEYARD
« Fever »
(Nuclear Blast Records)
Suite au départ de son guitariste, chanteur et fondateur Jonatan Larocca-Ramm en juin dernier, c’est donc en formule trio que se présente GRAVEYARD. Autour de Joakim Nilsson (guitare, chant), dernier pilier originel, Truis Mörck (basse, chant) et Oskar Bergenheim (batterie) semblent loin d’avoir laissé les bras. « Fever » arrive trois ans après « Six » et ils ont laissé son ambiance assez sombre pour renouer avec une énergie plus solaire. Toujours avec une touche vintage, leur style refuse encore d’être linéaire et il se renouvelle brillamment.
Plus frontal que son prédécesseur, ce septième album porte bien son nom. C’est un retours aux sources du Rock qu’effectue le groupe et s’il est toujours teinté de Blues et de gros riffs fuzz, le Stoner domine très largement. Il faut dire qu’en la matière, la Suède n’est pas en reste et compte même parmi les meilleurs représentants européens du genre. GRAVEYARD jour sur son aspect le plus brut pour mettre en lumière une identité forgée sur deux décennies. Organique et incandescent, « Fever » se déploie sur une production intemporelle et dynamique.
Si l’approche est différente, l’énergie reste le moteur du combo et elle alimente ce Heavy Rock solide de bout en bout. Le groove est épais, les morceaux tranchent dans le vif et GRAVEYARD semble inépuisable. Puissante, tout en restant mélodique, cette nouvelle réalisation brûle de toutes parts (« Back From The Grave », « Room Tempered », « Tongue Tied », « A Mens To An End », « Year Of The Horse » et l’excellent « Dead Note »). Efficace et sans concession, « Fever » est vraiment le disque qu’on attendait de la part des Scandinaves.
Généreuse et enflammée, la virtuose guitariste venue du grand Nord a célébré son anniversaire avec panache, se faisant plaisir sur scène, mais surtout en offrant à son public une prestation intense. Avec 13 albums studios et ce cinquième live à son actif, ERJA LYYTINEN est parvenu à braquer les projecteurs sur son Blues Rock, bien sûr, mais aussi son pays. La compositrice a également imposé un style très identifiable, finalement assez éloigné des standards habituels dans les mélodies notamment. Ce « 50th Birthday – Live 2026 » vient ponctuer une carrière exemplaire, toujours pleine de surprises, et explosive.
ERJA LYYTINEN
« 50th Birthday – Live 2026 »
(Tuohi Records)
Lorsque la fougueuse chanteuse et guitariste fête son anniversaire, elle ne fait pas les choses à moitié. Tout d’abord, c’est dans le bel écrin de la ‘House of Culture’, surnommé ‘Kultsa’ à Helsinki qu’elle a soufflé ses bougies devant un public acquis et enthousiaste. Comme on le comprend ! Le 21 mars dernier, ERJA LYYTINEN a donc offert un beau cadeau à ses fans à travers une performance comme toujours électrique et pleine d’émotion. Pendant 90 minutes, la musicienne a parcouru sa discographie, et l’on mesure ainsi facilement son statut d’icône nationale dans sa Finlande natale.
A travers 15 morceaux soigneusement sélectionnés, on replonge dans la belle carrière de la blueswoman. Forcément, toutes ces chansons sont autant de moments qu’ERJA LYYTINEN joue et vit intensément. Parmi elles, on retiendra « One Thing I Won’t Change », sur laquelle le bassiste Sami Yaffa (Hanoï Rocks, New York Dolls, Joan Jett) l’accompagne aussi aux chœurs. Un beau moment de complicité. Bien sûr, et vu la proximité d’avec son dernier album studio en date, on retrouve plusieurs titres de « Smell The Roses ». Un disque qui vient marquer le second cadeau.
En effet, c’est un double-live qu’offre la Scandinave avec un autre concert enregistré durant sa dernière tournée au ‘Tempo’ de Mikkeli, toujours en Finlande, et en octobre 2025 cette fois. L’ensemble est plus Rock, à l’image de « Smell The Roses », et ERJA LYYTINEN est fascinante sur « Dragonfly », « Abyss », « Stoney Creek », « The Ring », le délicat « Empty Hours », sans oublier les versions dantesques de « You Talk Dirty » et « Wedding Day », désormais des classiques de son répertoire. Rayonnante, la rockeuse fait vibrer le Blues avec une approche nordique irrésistible.
Photo : Elsa Wellamo
Retrouvez l’interview d’ERJA LYYTINEN à l’occasion de la sortie de « Smell The Roses »…