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International Thrash Metal

Tonic Breed : sous contrôle [Interview]

En invitant Dirk Verbeuren (Megadeth), Bernt Jansen (Artch/Wig Wam), Björn Strid (Soilwork), Martin Skrivbakken (Endezzma) et Oliver Palotai (Kamelot) sur ce nouvel EP, TONIC BREED affiche une ambition et une forte volonté de revenir avec un projet solide et exigeant. Seul aux manettes, le Norvégien Patrik K. Svendsen évolue dorénavant sous une formule en one-man-band, qui lui réussit plutôt bien. Il nous en dit plus que la conception de « Fuel The Fire », sa façon de travailler, sa vision de ce projet atypique et son avenir.

– Tout d’abord, j’aimerais que l’on revienne un peu en arrière. TONIC BREED avait déjà sorti deux albums avant de se séparer en 2019. Tu as récemment décidé de reprendre le groupe, quels ont été tes motivations et le déclic pour redémarrer l’aventure ?

C’est exact et chaque album avait même un line-up différent. En raison d’intérêts et d’ambitions différents, TONIC BREED a subi beaucoup de changements. Un scénario que connaissent beaucoup de groupes. Concernant le mien, l’histoire semblait se répéter. TONIC BREED a dû passer du temps à chercher et à recruter de nouveaux membres pour remplacer ceux qui, pour différentes raisons, ont quitté le groupe alors que nous devions être en tournée et promouvoir nos dernières sorties.

Chaque époque du groupe a été une balade amusante, malgré des changements de line-up épuisants. Les raisons des séparations venaient du fait qu’on ne s’entendait pas sur la voie musicale, ou qu’on ne pouvait pas combiner la musique avec la vie de famille, ou simplement parce qu’on était loin les uns des autres en termes d’ambition. Et trois ruptures pèsent bien sûr sur la motivation. J’étais prêt à mettre fin à TONIC BREED de manière officielle, puis à passer à quelque chose d’entièrement nouveau. J’ai suivi cette idée pendant longtemps et j’ai composé beaucoup de musiques après notre séparation en 2019. Puis, quand les choses ont commencé à devenir concrètes, j’ai fait un revirement complet. Au lieu de créer un nouveau groupe, j’ai réactualisé TONIC BREED en un projet individuel. Ce fut une décision rapide et spontanée.

– Tu reprends donc TONIC BREED seul aux commandes et un premier EP, « Fuel The fire », vient de sortir. Quel est le noyau dur du groupe, je pense aussi à la scène, et de qui es-tu ou vas-tu t’entourer ?

À ce stade, je n’ai pas l’intention d’impliquer quelqu’un d’autre dans TONIC BREED, sauf en invitant des artistes à participer aux chansons. J’aime travailler seul comme actuellement et ça marche plutôt bien. En ce qui concerne les concerts, il n’est pas prévu d’en faire avec ce projet. Je remonterais volontiers sur scène, mais ce sera pour autre chose dans le futur.

Bjorn Strid (Soilwork) & Oliver Palotai (Kamelot)

– J’aimerais aussi savoir pourquoi TONIC BREED revient avec un EP de quatre titres. C’est assez court pour se faire une idée globale. C’était compliqué de revenir avec un album complet au niveau des compositions et peut-être aussi du budget ?

L’album est toujours mon objectif principal. Mais tel que je le vois, cela fonctionne principalement pour ceux qui sont soutenus par de grandes maisons de disques, ou si les groupes ont eux-mêmes des budgets énormes. Il faut une énorme machine de promotion pour que les ventes d’albums se fassent. La réalité, même si elle peut faire mal, c’est que les gens écoutent à peine un CD. Et les disques vinyles sont plus un objet de collection qu’un support que les gens utilisent pour écouter de la musique au quotidien. Par conséquent, je ne vois aucune raison de faire exploser un budget pour l’impression d’albums en tant qu’artiste indépendant. Les auditeurs trouvent de toute façon leurs chansons préférées sur les services de streaming ou en créant leurs playlists de lecture, et un album est rarement écouté dans son ensemble finalement. Je ne vois aucune raison d’opter pour l’ancienne stratégie promotionnelle, qui est devenue obsolète. Ce serait formidable pour nous, les musiciens, d’un point de vue financier, si les CD étaient toujours d’actualité. Mais ce n’est pas le cas. Vous pouvez être têtus et détester le changement ou vous adapter à la façon dont le monde qui vous entoure change. J’ai choisi de m’adapter. Cet EP est plus une collection de quatre chansons sorties sur une période de 18 mois.

– Musicalement, TONIC BREED propose un Thrash racé, super efficace où l’esprit Old School côtoie une grande modernité. Ton objectif était de faire le lien entre un esprit originel et un style qui a aussi beaucoup évolué ?

Absolument ! Tu as mis le doigt sur ma propre intention avec TONIC BREED. J’ai le Metal classique qui me tient aux tripes. Ce sera toujours en moi. On peut établir des parallèles avec les années 70, 80 et 90 sur le dernier single, « Fuel the Fire », par exemple. En même temps, j’essaie toujours d’ajouter une touche d’originalité à mes chansons. Cette stratégie peut cependant aller dans les deux sens. Cet EP contient quatre chansons très différentes. J’imagine qu’on ne s’attend pas à l’ambiance sur le morceau final après avoir écouté les deux premiers.

Dirk Verbeuren (Megadeth)

– Pour ce retour, « Fuel The Fire » est vraiment très réussi avec des morceaux très bruts et radicaux. Avant de parler des guests présents, j’aimerais que tu nous parles de l’enregistrement et du travail de production…

Toutes les chansons sont enregistrées dans plusieurs studios différents. Je fais aussi beaucoup d’enregistrements dans le mien. Beaucoup de choses y sont faites avant d’être transmises aux ingénieurs du son. Toutes les voix ont été faites aux Stable Studios à Oslo. J’ai essayé différents ingénieurs du son pour m’amuser un peu plus. Par exemple, Oliver Palotai a fait le mixage principal et le son sur « H.E. Antagoniste ». En d’autres termes, il a choisi le son du solo de guitare. J’ai travaillé avec Juhis Kauppinen sur « Blood Moon », une chanson qui a en fait été terminée en 2020 ! En parlant d’ingénieurs du son, je suis obligé de mentionner Viktor Gullichsen, qui a fait tout le travail sur « Fuel the Fire » et « No Rocks On The Scotch ». Donc, cette version est vraiment un mélange international qui, pour une raison inconnue, a très bien fonctionné.

– Rentrons dans le vif du sujet avec les présences de Dirk Verbeuren de Megadeth, Bjorn Strid de Soilwork, Oliver Palotai de Kamelot, Martin Skrivbakken d’Endezzma et Bernt Jansen d’Artch/Wig Wam. Comment as-tu mis en place toutes ces collaborations ? Ce sont des musiciens avec qui tu avais déjà travaillé ?

J’en connais certains depuis longtemps. D’autres m’ont été recommandés par des personnes que je connais ou par ceux qui sont sur le disque. Des gens fantastiques, tous. Ils ont été exceptionnellement impliqués et faciles à vivre dès le premier e-mail ou le premier coup de fil. Ils n’ont pas non plus été choisis au hasard. Je crée une chanson avec quelques noms en tête et j’espère juste les faire participer ensuite quand c’est possible. Et je suis ravi que tous ces artistes aient dit oui au projet.

Patrik K. Svendsen & Bernt Jansen (Artch/Wig Wam)

– Est-ce que tu avais prévu et écrit les parties de chacun, ou leur as-tu laissé carte blanche sur leurs prestations et leur implication sur les morceaux ?

En ce qui concerne la composition et les paroles, je fais tout. J’ai beaucoup de chance d’avoir des artistes aussi talentueux qui m’ont aidé sur les chansons. Ils y ont tous mis leur touche personnelle. J’enregistre généralement une version démo de ce que j’ai en tête et je les laisse travailler à partir de là. J’ai fait des petites demandes et des commentaires, et tout le monde les a très bien acceptés en faisant les changements nécessaires pour obtenir le meilleur résultat possible. Dans le cas de Dirk Verbeuren, il m’a montré tout son savoir-faire. Nous avions réservé une heure et une date pour la séance en studio. Il était à L.A. en train d’enregistrer la batterie pour la chanson « Fuel the Fire » pendant que j’étais dans mon home-studio, communiquant avec lui au téléphone. Nous avions prévu la majeure partie avant l’enregistrement, mais certains détails subsistaient. Il a livré ce que nous avions convenu au préalable, et j’ai été ravi du résultat qu’il m’a été envoyé du studio d’Adair Daufembach. Il n’y avait qu’un tout petit détail que je voulais qu’il refasse. Sa seule réponse a été : « N’en dis pas plus ! ». Non seulement, il avait enregistré ce que je voulais, mais il avait également enregistré la chanson entièrement, et en une seule prise.

« Fuel The fire » de TONIC BREED est disponible chez M&O

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Southern Blues

Jimmy Hall : le souffle du sud

Menant déjà une remarquable carrière avec son groupe Wet Willie, ainsi qu’en solo depuis 1980, JIMMY HALL vient poser une splendide pierre à son bel édifice. Avec « Ready Now » et une signature récente chez KTBA Records, le chanteur et harmoniciste américain semble presque prendre un nouveau départ, et ça lui va franchement bien.

JIMMY HALL

« Ready Now »

(KTBA Records)

Après un peu plus de deux ans d’existence, le label de Joe Bonamassa est déjà en phase de devenir incontournable dans le monde du Blues. Avec un tel catalogue, KTBA Records fait un démarrage en trombe et l’arrivée du légendaire JIMMY HALL vient conforter les ambitions de l’homme au costume, et surtout la qualité des artistes semble chaque fois élever un peu plus le niveau.

Pour son nouvel album depuis 2007 (« Build Your Own Fire »), le chanteur et harmoniciste du célèbre groupe de Southern Rock d’Alabama Wet Willie s’est entouré d’autres cadors du genre. Reese Wynans (claviers), Michael Rhodes (basse) et Greg Morrow (batterie) forment le noyau dur du groupe autour d’un JIMMY HALL radieux tant vocalement qu’avec son harmonica, dont il reste un joueur hors-norme.

En co-signant cinq titres, Joe Bonamassa s’est mis au service du musicien et livre aussi quelques solos où sa virtuosité sert un feeling intarissable. D’autres grands guitaristes ne sont pas en reste, puisqu’on retrouve Warren Hayes sur « Ready Now » et Jared James Nichols sur le sublime « Without Your Love ». JIMMY HALL est aussi à son aise sur du Blues classique, du Boogie que du Southern. Etincelant !

Photo : Bob Seaman
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Stoner Rock

Clutch : galactic western

Ce treizième opus de CLUTCH n’est pas seulement massif et dynamique. Les Américains ne cessent d’évoluer et d’enrichir leur style déjà si distinctif en alliant puissance et mélodie avec un naturel toujours spontané. « Sunrise On Slaughter Beach » est fédérateur tout en restant direct et instinctif et sa chaleureuse production fait de lui l’un des albums de Stoner Rock incontournables de l’année, une fois encore.

CLUTCH

« Sunrise On Slaughter Beach »

(Weathermaker Music)

En un peu plus de trois décennies, le quatuor du Maryland a façonné un style, construit une discographie sans faille et même bousculé les codes du Stoner Rock dont il est devenu une référence, un pilier incontournable. Plus de quatre ans après « Book Of Bad Decisions », un record pour le groupe, CLUTCH livre enfin son nouvel album, le treizième, et pour la première fois sur son propre label.

Et comme les Américains font toujours comme ils l’entendent, c’est en pleine tournée que sort « Sunrise On Slaughter Beach », préférant offrir à son fidèle public la primeur de ses nouveaux titres au lieu de s’épancher à outrance dans les médias. La force et l’élégance des grands. Pourtant, CLUTCH en aurait sûrement des choses à dire sur ce toujours très musclé registre à l’œuvre ici.

Une fois n’est pas coutume, « Sunrise On Slaughter Beach » a la particularité, loin de lui être inédite, d’être très, très bon mais aussi très, très frustrant. Et cette frustration, on la doit aux 33 petites minutes de l’album, bien trop courtes. De « Red Alert (Boss Metal Zone) » à « Jackhammer Our Name », CLUTCH se montre compact et racé tout en laissant parler le groove et l’énergie qui le caractérisent depuis ses débuts.  

Grâce à un songwriting brillant et redoutable, doublé d’une production très organique et brute, le combo enfonce sans forcer ses refrains tenaces dans le crâne (« Slaughter Beach », « We Strive For Excellence »). Capable aussi d’être feutré (« Mountain Of Bowe ») et jouant sur les émotions (« Mercy Brown », « Skeletons On Mars »), CLUTCH se balade avec classe sur les cimes du Stoner en particulier, et du Rock en général.

Retrouvez l’interview accordée à Rock’n Force en août 2021 :

https://rocknforce.com/clutch-une-annee-bien-remplie/
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Crossover Thrash Metal

Algebra : un crossover à l’équilibre

Avec une rythmique entièrement renouvelée qui libère un impact et une puissance phénoménale, ALGEBRA sculpte son approche du Thrash Metal basée sur une culture poussée du riff. Les Suisses prolongent leur effort sur ce quatrième album, « Chiroptera », qui s’inscrit avec brio dans les pas de son très bon prédécesseur.

ALGEBRA

« Chiroptera »

(Unspeakable Axe Records)

Depuis sa première démo en 2008, ALGEBRA en a fait du chemin. Au fil des albums, et « Chiroptera » est déjà le quatrième, le groupe de Lausanne a affiné et surtout personnalisé son style pour obtenir un Thrash Metal incisif et percutant. Avec une précision et un tranchant de chaque instant, ce nouvel opus est une belle avancée dans le parcours du combo.

Malgré un line-up mouvant, ALGEBRA a maintenu la dynamique musicale à l’œuvre sur « Pulse ? ». Dorénavant, le chanteur et guitariste et chanteur Ed Nicod est entouré du six-cordiste Nick Abery, du batteur Florent Duployer (Cenotaph) et de l’ancien bassiste d’Entombed A.D. Victor Brandt. Autant dire que les Helvètes sont techniquement très bien armés.

Sur un Crossover HxC très actuel doté de quelques sonorités Old School, le quatuor apporte brillance et mélodie, mais aussi agressivité et impact avec des riffs et des solos, qui déferlent dans une concentration fluide et très pointue (« Resuscitation », « Constrited », « Suspect »). Et quand ALGEBRA lève un peu le pied, son Thrash prend encore plus de  hauteur (« Eternal Sleep »). Chirurgical !

Photo Maciej Pieloch Photography
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Classic Rock Hard Blues Hard US

Smith/Kotzen : du studio à la scène

Dorénavant disponible en physique, le dernier EP du duo SMITH/KOTZEN sort en édition augmentée avec un gros bonus de cinq morceaux enregistrés lors de leur seule, unique et trop courte tournée en début d’année. « Better Days… And Nights » montre ainsi la magie qui opère sur scène entre les deux musiciens à travers des prestations chaleureuses et brillantes.

SMITH/KOTZEN

« Better Days…and Nights »

(BMG)

Au printemps 2021, les virtuoses Adrian SMITH (Iron Maiden) et Richie KOTZEN (Poison, Mr Big, …) s’étaient réunis pour un album éponyme qui laissait apparaître une évidente complicité, tant dans le jeu que dans les compositions. Tellement opposés artistiquement, les deux guitaristes se retrouvent pourtant dans un Classic Rock nerveux, teinté de Blues et aux effluves forcément Hard Rock.

Forts de ce bel accueil, l’Anglais et l’Américain étaient revenus avec un EP de quatre titres, « Better Days », en fin d’année dernière. Là encore, c’était une vraie réussite pour ce duo qui se complète si bien. SMITH et KOTZEN forment un tandem assez atypique lorsqu’on connait leur parcours respectif et c’est très certainement ce qui fait leur force en sortant ainsi de leur zone de confort.  

Cette fois, le dernier EP sort en CD avec en bonus cinq titres live, qui ont été enregistrés il y a quelques mois en Angleterre et aux Etats-Unis avec la bassiste Julia Lage et le batteur Bruno Valverde. On y retrouve en concert deux morceaux du dernier enregistrement et trois autres issus de l’album. SMITH/KOTZEN nous fait agréablement patienter avant leur prochain album que l’on espère proche.

Photo : Robert Sutton
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Blues Rock

Lee O’Nell Blues Gang : un jeu plein de sérénité

Sans tirer la couverture à lui, le guitariste Lionel Wernert illumine ce nouvel album de LEE O’NELL BLUES GANG de ses riffs acérés et accrocheurs et de ses solos tout en finesse, avec son toucher délicat sur l’ensemble de « This Is Us ». Toujours à ses côtés, Gipsy Bacuet allie puissance et sensualité sur des textes sensibles qu’elle incarne parfaitement. Et dans une tradition Blues et très Rock aussi, le quintet impose son style entre nostalgie et modernité.

LEE O’NELL BLUES GANG

« This Is Us… »

(Independant)

Quel plaisir de voir la scène Blues et Blues Rock hexagonale se porter aussi bien ! Depuis quelques années maintenant, les artistes français semblent avoir enfin trouvé leur voie et surtout affirment sans retenue leur style en s’affranchissant de l’emprise américaine ou anglaise. Et LEE O’NELL BLUES GANG fait partie de ces groupes qui confirment, avec ce très bon « This Is Us… », cette bonne santé avec une énergie créative, originale et palpable avec un ton très personnel.

Après un premier opus, « Different Shades Of Love » sorti en septembre 2020, et donc bousculé et malmené par la pandémie, la chanteuse Gipsy Bacuet et le guitariste Lionel Wernert se sont aussitôt remis à l’ouvrage et ont composé pas moins de 14 morceaux qui constituent ce très inspiré « This Is Us… ». Rompu à l’expérience, LEE O’NELL BLUES GANG fait preuve d’audace et de feeling dans un registre bien à lui où le Blues et le Rock font cause commune en faisant bien plus que cohabiter.

Très fourni et tout en contraste, ce deuxième album regorge de vibrations positives perceptibles à travers un plaisir partagé. LEE O’NELL BLUES GANG affiche une maturité et une force envoûtante (« As If It Was Enough », « Kiss Me Again »). Au chant, Gipsy accueille même la choriste de Joe Bonamassa, Jade MacRae, sur « Just Need A Prayer », après un duo aux saveurs vintage avec Leadfoot Rivet sur « Let The Good Times Roll » sur lequel Fred Chapellier livre aussi un solo bien senti. Brillant.

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Stoner Rock

Wizzo : changement de cap

Avec ce deuxième album, WIZZO entre dans la cour des grands de la plus belle des manières avec un Stoner Rock, où s’invitent Fuzz, groove et des progressions toujours un peu Metal, mais nettement plus mélodiques et travaillées qu’auparavant. Ce savant mélange, guidé par la voix hypnotique de son chanteur, montre que le quatuor de Chicago a effectué une grande remise en question qui se ressent sur ce « Most Severe Crisis » de haut vol.

WIZZO

« Most Severe Crisis »

(Independant)

Ce deuxième album du groupe de Chicago, Illinois, fait littéralement penser à une métamorphose de la part des Américains. Entièrement enregistré et produit chez et par son chanteur, guitariste et claviériste, Quentin Poynter, durant la pandémie, WIZZO a affiné son style et si son Stoner Rock a perdu en agressivité, et parfois en lourdeur, c’est au bénéfice de plus de mélodies et d’une maîtrise musicale et technique et « Most Severe Crisis » montre un tout autre visage. 

Grâce à cette maturité atteinte, son leader, toujours soutenu par RB Green (guitare), Kyle Tuggle (basse) et Garry Naples (batterie), semble avoir libéré WIZZO qui vient se fondre dans les sphères et des sonorités très 90’s, qui reste l’une des dernières décennies les plus créatives. Cela dit, le quatuor n’a rien perdu de son tranchant et l’épaisseur des guitares et la rythmique massive vient sonner le rappel des troupes. Moins Metal qu’auparavant, c’est une direction plus Grunge à laquelle il nous invite.

Dès « Hollow Earth », la voix pénétrante de Quentin Poynter se fait aérienne sur les riffs alternant légèreté et impact massif. WIZZO est sûr de lui et cela s’entend (« Sacrificial Lamb », « Is What Is », « Wizzard’s Sleeve »). Les Américains en imposent tout en posant des atmosphères souvent délicates, servies par une production irréprochable (« Godless Interval », « End Is Nigh »). Difficile donc de ne pas se laisser happer par ce « Most Severe Crisis » enveloppant, mélodique et solide.

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Metal Progressif

Somehow Jo : une approche singulière

Inventif et véloce, le style de SOMEHOW JO apporte beaucoup de fraîcheur et d’enthousiasme à un Metal Progressif moderne et porté par les mélodiques. Très technique et accrocheur, ce troisième album des Finlandais place la barre très haute et « Scales And Details » se dévoile un peu plus au fil des écoutes.

SOMEHOW JO

« Scales And Details »

(Inverse Records)

Bien trop discrètement, les Finlandais sortent leur troisième album et il devrait ravir les fans de Metal Progressif, que l’on sait curieux et exigeants. Après « Satans Of Swing » (2015) et « Tusk » (2019), SOMEHOW JO confirme son talent et sa créativité sur ce très bon « Scales And Details ». Très original et plein d’humour, ce nouvel opus surprend et étonne grâce à ses multiples variations et un chant polymorphe.

Sur des structures très changeantes, les morceaux de ce nouvel opus prennent des dimensions assez particulières, ce qui n’empêchent pas les Scandinaves d’avoir une ligne directrice constante. Très technique, le duo basse/batterie de SOMEHOW JO enchaîne les prouesses en amplifiant les changements de rythmes, les breaks et les relances avec astuce et beaucoup de dextérité.

Si le groove mène la danse sur les neuf titres, le duo de guitaristes s’en donne à cœur-joie en se livrant un échange et même un dialogue de riffs assez époustouflant. Et en agrémentant son Metal Progressif de quelques touches d’Alternatif Metal, SOMEHOW JO place les mélodies au premier plan avec une maîtrise impressionnante (« Fata Morgana », « Cycle », « Rush », « Getaway »). Une fraîcheur pleine de souplesse !

Photo : Patrik Nuorteva
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Doom Post-HardCore Post-Metal Sludge

Ahasver : Golgotha road

Mélodique et surpuissant, ce premier album des Occitans d’AHASVER est l’aboutissement d’un long travail et d’une créativité colossale. Composé de cadors du Metal extrême, le quintet élève son post-Metal aux reliefs saisissants et captivants pour en faire une matière musicale hypnotique et magnétique. Servi par une très bonne production, « Causa Sui » ouvre une multitude d’horizons musicaux.

AHASVER

« Causa Sui »

(Lifeforce Records)

Ce premier album d’AHASVER fait l’effet d’une gigantesque vague. Elle arrive, elle est très haute, le choc est violent et ensuite c’est la lessiveuse. Bâti autour de membres de Gorod, Eryn Non Dae, Psykup, Zubrowska, Dimitree et Drawers, le quintet ne donne évidemment pas dans l’easy listening. Poussant le post-Metal dans ses derniers retranchements, les français frappent un grand coup et sans retenue.

Mais au-delà de son impact sonore conséquent, « Causa Sui » est un album-concept très bien ficelé et surtout d’une grande finesse musicale. Le groupe tire son nom du personnage mythique ayant refusé de venir en aide à Jesus sur le chemin de Golgotha. Cela lui valut une errance éternelle sur terre. AHASVER en a imaginé la suite en inscrivant ses morceaux dans l’Histoire et en faisant un parallèle avec notre société.

Pour en saisir toutes les subtilités, plusieurs écoutes de « Causa Sui » s’imposent. Dans un climat extrême, tendu et nerveux, le combo enchaîne les phases Doom, Sludge et post-HardCore à grand renfort de blast monumentaux et réguliers (« Dust », « Tales, « Path »). Pourtant, AHASVER sait aussi nous emporter dans des atmosphères progressives et accrocheuses avec la même facilité (« Fierce », « Wrath », « Kings »).

Pas moins de quatre ans auront été nécessaires à l’écriture et à l’enregistrement de l’album et on comprend très bien vu le résultat obtenu. S’il a sans doute fallu faire converger les emplois du temps de chacun, c’est surtout la complexité des morceaux qui interpellent, tout comme le travail minutieux effectué sur les arrangements. AHASVER signe l’un des meilleurs albums du genre de cette rentrée, et c’est indiscutable !

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Blues Blues Rock Contemporary Blues

Alex Lopez : un feeling boosté par l’expérience

Très ancré dans son époque, le Blues d’ALEX LOPEZ est pétillant d’autant qu’il se complète avec de multiples autres styles, tout en gardant une identité propre. Songwriter, chanteur et guitariste, l’Américain joue avec les mêmes musiciens depuis de longues années et « Nasty Crime » reflète parfaitement cette belle entente et ce feeling commun.

ALEX LOPEZ

« Nasty Crime »

(Maremil Imprint)

Arrivé en Floride pour y faire ses études, ALEX LOPEZ a passé plus de temps à jouer et à composer, et bien lui en a pris. Le chanteur et guitariste a sorti son premier album solo en 2013, « Back Bedroom Blues », et « Nasty Crime » est le sixième effort de sa courte et déjà belle carrière. Et dans un registre très contemporain, le natif de l’Ohio livre un Blues très Rock varié et original, mais pas uniquement.

Fin guitariste et possédant une voix claire et haute, ALEX LOPEZ est toujours accompagné de son groupe de longue date, The Xpress, et la complicité affichée est plus que palpable. Le groove de Steve Roberts à la basse et de sa batteuse Kana Leimbach combine à merveille avec les envolées de l’orgue de Kenny Hoye. Aussi bien entouré, le songwriter a le champ libre et tous les atouts pour mener à bien ce nouvel opus.

Très affûté, il a co-produit « Nasty Crime » avec George Harris (Cheap Trip, Rick Derringer, Brian Johnson d’Ac/Dc) et à eux-deux, ils ont parfaitement capturé l’esprit et l’essence du style d’ALEX LOPEZ. Rock et fougueux, (« World On Fire », « Just Wait »), swing et délicat (« When The Sun Goes Down »), funky (« Nasty Crime ») ou en mode acoustique (« The First Time »), il ne s’interdit rien laisse son talent s’exprimer.