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Americana Blues Country

Randy Lee Riviere : natural trip

Après « Farmhand Blues », RANDY LEE RIVIERE arpente le Nouveau-Mexique et élargit son espace d’exploration sonore. Peut-être plus rugueux et plus roots que ses prédécesseurs, « New Blue Mexico » travers les paysages, dépeint la condition humaine et reste profondément attaché à la nature. La culture des Etats-Unis est très présente et très vivante tout au long de cette nouvelle réalisation et, musicalement, elle transcende les époques et les courants dans une douceur bienveillante et attachante.

RANDY LEE RIVIERE

« New Blue Mexico »

(Wilderness Records)

Partageant son temps entre le Montana et Nashville, le natif du nord de la Californie n’a rien du bluesman au parcours classique. Ancien militaire, biologiste de la faune sauvage et même conducteur de poids lourds, RANDY LEE RIVIERE suit pourtant sa route dans un style bien à lui et hors des sentiers battus. Plutôt que de se contenter d’un seul et unique registre, il embrasse la musique américaine dans son ensemble, qu’il passe en revue et qu’il livre à travers un regard très personnel. Ce cinquième album est une mosaïque d’atmosphères, de couleurs et d’humanité.

Pour la troisième fois consécutive, le songwriter fait équipe avec le producteur, compositeur et batteur Tom Hambridge, décidément incontournable. Avec eux à Nashville, un groupe pour le moins chevronné met en lumière et habille brillamment les chansons de RANDY LEE RIVIERE. Parmi eux, on retrouve Bob Ritt, Mike Rojas, Robert Kearns, Michael Saint-Leon et Tommy Macdonald. Et autant dire que ce line-up cinq étoiles offre à « New Blue Mexico » une classe et une musicalité hors-norme. Les territoires explorés ici le sont magistralement.

Avec humilité et générosité, l’Américain se fend de 15 morceaux, qui parcourent avec beaucoup d’authenticité les nombreuses facettes roots de son pays avec un regard tourné vers l’Ouest. Rock, Americana et Country, RANDY LEE RIVIERE a façonné un Blues sincère, qui ne cherche pas les embardées démonstratives. Certes, il est entouré de musiciens aguerris et virtuoses, mais il y a quelque chose de simple et même de minimaliste dans son jeu (« Traveling Pastor », « Jersey Girl », « Buffalo Blues », « My Old Man »). « New Blue Mexico » est un vrai témoignage de vie.

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Americana Blues Rock Country-Rock Southern Blues

Susan Santos : el fuego del desierto

Toujours aussi bouillonnante, la blueswoman joue à nouveau avec les atmosphères en préservant une belle unité sur ce « Camino Diablo », tout en nuances. Très électrique, sans dédaigner l’acoustique, passant d’un Blues Rock musclé à une Country-Rock relevée, SUSAN SANTOS garde aussi des éclats Southern vissé à un style insaisissable et toujours plein de ressources. Et si un voile hispanique demeure, c’est pour mieux nourrir une inspiration déjà fertile. Plus orientée Americana, cette nouvelle réalisation de la compositrice propose un voyage plein de rebondissements. 

SUSAN SANTOS

« Camino Diablo »

(Rattlesnake Records)

Entre deux tournées, la Madrilène a pris le temps d’enregistrer son septième album, deux ans après le très bon « Sonora ». Entourée de musiciens qu’elle connaît bien, à savoir le bassiste José Vera, Mario Carrión à la batterie et Paco Arroya, lui-même accompagné par SUSAN SANTOS, aux percussions. Enregistré, mixé et masterisé aux Black Betty Studios dansla capitale ibérique, c’est José Nortes et la musicienne qui ont produit « Camino Diablo ». Et même s’il sonne différemment que son prédécesseur, le thème du désert façon road-trip n’a pas changé.

Ces nouveaux morceaux s’inspirent de la célèbre ‘El Camino Del Diablo’ (la route du diable) reliant les terres arides d’Arizona au Mexique en passant par la Californie. C’est en quelque sorte la bande originale de ce périple qu’a mis en musique la chanteuse et guitariste. Peut-être moins Rock que « Sonora », « Camino Diablo » montre un visage plus Americana et dans un Blues assez classique. Toujours aussi intuitive, SUSAN SANTOS aime à ne pas se répéter et c’est encore lecas ici, même si son identité artistique et son toucher restent, quant à eux, toujours aussi évidents.

La gauchère prend un virage Country-Rock sur plusieurs chansons, même si quelques élans Boogie Rock très texans, tout comme des saveurs propres au Hill Country Blues, sont aussi présentes. En songwriter accomplie, elle déploie sa créative polyvalence. Dès l’entame avec « Camino » jusqu’au final avec « El Diablo Is Goin’ On », SUSAN SANTOS impose sa patte sur un opus dynamique et complet, grâce à un jeu toujours aussi fluide et virtuose (« Down On The Bayou » et son ambiance vaudou, « Faith », « Bad Little Susie », « The Bluesome Stranger’s Waltz »). Intense !

Retrouvez SUSAN SANTOS en interview à l’occasion de la sortie de « Sonora » :

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Dark Folk Neo-Folk

Nytt Land : the celebration of nature

Acteur majeur d’une scène néo-Folk en plein essor depuis quelques années et essentiellement originaire de Scandinavie, NYTT LAND se distingue par son pas de côté. Ici, l’esprit viking ne guide pas l’atmosphère globale et c’est surtout la variété des chants, diphoniques et de gorge typiquement sibériens, qui fascine. Entourés d’instrumentaux anciens, mais aussi de quelques boucles rythmiques électroniques et d’une profondeur de chaque instant, « Ritual Of Stone Sun » fait la part belle aux morceaux les plus entraînants dans un recueillement pagan toujours très immersif.

NYTT LAND

« Ritual Of Stone Sun (Live 2026) »

(Season Of Mist)

Le chamanique duo ne pouvait manquer de célébrer l’équinoxe de printemps, et cet éveil de la nature, comme il se doit et au son de sa Dark Folk enivrante. Quelques mois seulement après la sortie d’« Abra Khan », NYTT LAND signe son arrivée sur le label français Season Of Mist avec un enregistrement live capté le 22 mars dernier à Moscou. Le couple Pakhalenko, Natalia et Anatoly, offre une performance captivante, digne de l’évènement ancestral auquel il rendait hommage. Et «  Ritual Of The Stone » captive grâce à une setlist imparable.

Depuis plus de deux décennies maintenant, NYTT LAND travaille et recherche au plus profond de l’Histoire des tribus sibériennes notamment un héritage essentiellement vocal, afin de le préserver d’une part, et de le transmettre de l’autre. Les Russes, de par leur démarche artistique et les chants et récits collectés, font œuvre de préservation en (re)donnant vie à une culture immémoriale. Dans une ferveur très solennelle, « Ritual Of Stone Sun » résonne toujours de cet élan très introspectif et s’il charme, il se veut avant tout très respectueux de ces traditions.

Bien sûr, leur Sibérie natale reste au cœur leurs recherches, mais la magie de la mythologie nordique est aussi un pan important dans la discographie de NYTT LAND. Les liens paraissent même assez évidents et se dévoilent avec une même ardeur sur des morceaux devenus des classiques de la formation (« The Fires Of Midgard », « Risu Raknar », « Ragnarok »). Les applaudissements, qui viennent ponctuer le concert, sont autant de marque de respect de la part d’un public conquis par ce voyage musical intemporel (« Sotvorenie », « Equinox »).

Photo : Dimitrii Kulikov

Retrouvez les chroniques des précédents albums du duo :

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Country-Rock Southern Rock

Wood Burnt Red : hot ride

Alors que l’Angleterre a déjà succombé à une vague Americana-Country très inspirée, il semblerait que le Southern Rock commence lui aussi à percer doucement. Ayant bien assimilé cette longue et riche tradition musicale, WOOD BURNT RED fait son apparition avec « Hold On Tight », un opus alliant puissance et mélodie et proposant une fraîcheur très contemporaine, loin de tout aspect consensuel. Les Britanniques jouent leur partition avec beaucoup de personnalité et devrait s’imposer assez naturellement sur la scène actuelle.

WOOD BURNT RED

« Hold On Tight »

(Independant)

Cela fait maintenant un petit moment que WOOD BURNT RED fait parler de lui outre-Manche grâce à des performances scéniques explosives et cela ne saurait plus tarder avant que la déferlante ne nous touche aussi. Originaire des Midlands, c’est pourtant du côté des Etats-Unis qu’il faut lorgner pour mieux saisir les sources d’inspiration des Anglais. Dans la lignée de la nouvelle génération de Rock Sudiste, allant de Blackberry Smoke à Whiskey Myers en passant par Robert Jon & The Wreck, ils s’engouffrent très habillement avec conviction.

Co-produit avec Tyler Spicer, qui a aussi participé à l’écriture des morceaux, « Hold On Tight » fait forte impression pour un premier album. Teinté de Country-Rock, le Southern Rock de WOOD BURNT RED s’inscrit dans son temps et même plus précisément dans la veine des Américains d’Orange County cités plus haut. Il ressort tout de même quelques sonorités européennes, notamment dans le traitement des guitares. Entraînant et sincère, le style du quatuor est d’une joie communicative, bien aidé par un songwriting efficace et rassembleur.

La voix captivante et agréablement éraillée de Tom Franklin, également six-cordiste, guide les chansons avec beaucoup d’entrain et un grain Country authentique. Sur un groove organique, WOOD BURNT RED libère une belle énergie grâce à ses deux guitaristes, tout comme aux indispensables notes de piano, sans doute distillées par son ancien claviériste Mike Mann, et qui renvoient aux belles heures de Lynyrd Skynyrd : le point fort de « Hold On Tight ». Les onze titres naviguent entre tradition et modernité avec beaucoup de doigté.

Photo : Lucy Cave

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Americana Blues Soul Southern Blues Rock

Caitlin Krisko & The Broadcast : une énergie magnétique

Basé à Asheville en Caroline du Nord, décidément creuset de très nombreux talents, CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST livre ce très attendu nouvel album. Et « Heirloom » se montre très largement à la hauteur de ce qu’on pouvait légitimement espérer, tant le précédent EP était d’une incroyable luminosité. Certes, la chanteuse de la formation américaine est un atout majeur, mais la qualité d’écriture et de composition est d’un tel feeling et d’une telle précision, qu’il est difficile d’y résister. Le style s’affirme aussi pour être désormais immédiatement identifiable, et ce Blues teinté de Soul, de Rock et d’Americana est aussi entraînant qu’émouvant.

CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST

« Heirloom »

(Independant)

Malgré une quinzaine d’années d’existence, c’est avec l’EP « Blueprints », sorti il y a deux ans et qui a vu le nom de sa chanteuse accolé à celui du groupe, que les Américains ont renversé la communauté Blues, et cet engouement a été renforcé grâce à des tournées dont les prestations ont marqué les esprits jusqu’en Angleterre. CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST revient avec un long format une fois encore exceptionnel. La tonalité globale est clairement plus sudiste que ce soit dans les envolées Soul, Rock et Blues. Un Roots Rock porté aussi par un son organique à la dynamique actuelle et à la saveur légèrement vintage et savamment dosée.

Dévoilé au fur et à mesure sur les plateformes, « Heirloom » a été enregistré aux studios Blackbird de Nashville et produit par Aaron Austin, guitariste du groupe. Ainsi, grâce à son musicien de mari, CAITLIN KRISKO se trouve portée par un environnement sonore à la hauteur de sa performance vocale. Car le six-cordiste donne une autre dimension à ces nouvelles chansons, grâce à des accords subtils, des riffs délicats et des solos magistraux. D’ailleurs, l’ensemble de THE BROADCAST est sur la même longueur d’onde, à savoir un jeu d’une grande finesse et d’une authenticité rayonnante. Il suffit aussi d’écouter l’orgue Hammond pour s’en convaincre.

Comme pour « Blueprints », il est bien difficile de mettre en avant certaines chansons plutôt que d’autres, tant elles nous racontent des histoires captivantes. Le récit est souvent profond, les refrains deviennent très vite entêtants et donnent la sensation d’une proximité, tout en se faisant très fédérateurs. Un tour de force réellement bluffant. Et si la puissance vocale de CAITLIN KRISKO emporte tout, on se raccroche volontiers à ces notes bleues distillées par THE BROADCAST avec fougue et émotion (« Keep On Trying », « Heart Of Gold », « Homeless », « Hole In My Heart », « Let It Ride », « Something Sweet », « Fuel My Fire »). Renversant !   

Retrouvez la chronique du précédent EP, « Blueprints » :

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Alt-Country American Roots Rock

American Aquarium : le déclin de l’empire américain

Plein d’autodérision et sans compromis, AMERICAN AQUARIUM poursuit sa route dans une Amérique qu’il peine de plus en plus à comprendre et surtout à reconnaître dans son âme première et profonde. Vous l’aurez compris, « New Ways To Lose » fait partie de ces disques politiques, au bon et véritable sens du terme, et pas seulement rempli de ‘protest songs’, plus ou moins insipides, très convenues et pleines de lieux communs. Et si cette indépendance chèrement acquise fait le bonheur d’un certain circuit underground, ce n’est pas pour déplaire à ses membres… et à nous aussi !

AMERICAN AQUARIUM

« New Ways To Lose »

(Losing Side Records/Thirty Tigers)

Si BJ Barham n’a pas choisi le chemin le plus facile pour mener son groupe, il le fait en revanche en toute liberté. Fondé à Rayleigh en Caroline du Nord, AMERICAN AQUARIUM est plutôt prolifique, puisqu’il en est à une vingtaine d’albums en deux décennies. Et si le rythme semble effréné, c’est que son leader a beaucoup de choses à dire. Ainsi, sur « No Ways To Lose », il dépeint la réalité, les épreuves et les combats que les gens affrontent quotidiennement au cœur-même de l’actuel déclin de l’empire américain. Un opus résolument engagé, donc.

Cultivant un art du songwriting doté d’un sens de la narration touchant et parfois cru, AMERICAN AQUARIUM ne donne pourtant pas dans le manifeste. C’est bien plus subtil, d’autant que les lueurs d’espoir en manquent pas. Attaché à un Roots Rock authentique et obstiné, il y a aussi un petit côté Springsteen, même si le combo possède une touche bien à lui. Intense et mélodique, « No Ways To Lose » traverse des émotions diverses, toujours autour de l’humain, de ses faiblesses, de ses forces aussi et d’un système qui cherche justement à le déshumaniser.

Enregistré en dix jours à Los Angeles et toujours produit par Shooter Jennings, ce nouvel opus tient son aspect instinctif au fait que l’essentiel ait été capté en conditions live. Le sextet se fait percutant (« Dollar General », « Can’t Into Could ») avec une savoureuse ambiance Country-Rock (« Just Like You », « Favorite Hello » et son étincelante slide). L’univers d’AMERICAN AQUARIUM est si vaste qu’il en est rafraîchissant, y compris quand la mélancolie pointe le bout de son nez (« Out There Is The Dark », « Bad Habits »). Touchant et complet, c’est une vraie réussite.

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Americana Roots Rock Southern Rock

Duane Betts : un sanctuaire musical

Plus intimiste qu’à l’habitude, DUANE BETTS ouvre un nouveau chapitre de sa carrière, même s’il ne change évidemment pas de registre. Très roots dans l’approche, ses nouvelles compositions sont parfaitement écrites, toujours aussi authentiques et se distinguent aussi par beaucoup de sensibilité. Original et mettant en avant le jeu de guitare de l’Américain, « Isle Of Hope » est d’une finesse et d’une chaleur qui le rendent déjà incontournable. Il fait ici bien plus que d’entretenir un héritage assumé, il le bonifie et lui donne une nouvelle dimension.

DUANE BETTS

« Isle Of Hope »

(Sun Records)

Son talent et son inspiration ne sont plus à démontrer depuis longtemps et pourtant DUANE BETTS reste plein de surprises. Alors qu’il s’était lancé en solo il y a trois ans avec le solaire et très positif « Wild & Precious », après l’aventure du Allman Betts Band aux côtés de son ami Devon Allman, il fait son retour avec un deuxième album très introspectif. Emprunt d’une certaine mélancolie, mais non sans une belle lueur d’espoir, « Isle Of Hope » sort deux ans après la perte de son père et mentor Dickey, dont l’ombre plane sur ces nouveaux morceaux.

Ecrit avec son collaborateur de longue date Stoll Vaughan, DUANE BETTS navigue toujours entre Southern Rock, Roots Rock et Americana avec une légère touche Country, mais c’est le ton qui change. Plus posé aussi, il explore en profondeur une multitude de sentiments et d’émotions, le tout porté de bout en bout par son incroyable jeu de guitare. Enregistré en seulement cinq jours dans son studio de Savannah, « Isle Of Hope » est produit par le grand Dave Cobb (Chris Stapleton, Rival Sons) lui garantissant un son organique et chaleureux.

A la fois intemporel sans être nostalgique, le chanteur et guitariste dévoile un aspect plus personnel de son univers. En respectant la tradition tout en se construisant une identité bien à lui, DUANE BETTS montre une grande polyvalence, qui reste spontanée et naturelle. Les titres présentent des sonorités riches et captivantes, tandis que ses textes sont d’une rare sincérité (« Heartache », « Reckless », « Pills And Liquor », « Winners Of War », « Down To Houston », « Best Wiches »). La slide est envoûtante, les arrangements soignés et le chant délicat : un must !

Retrouvez la chronique de son premier album solo :

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Americana Blues Blues Rock

Gráinne Duffy : bluesy shamrock

Groovy et spontanée, cette nouvelle réalisation de GRÁINNE DUFFY vient confirmer l’étendue de son talent, tout en se distinguant de son prédécesseur « Dirt Woman Blues », sorti il y a trois ans et pour lequel elle s’était livrée au site. Avec « What Am I Supposed To Do », elle joue la carte de la diversité avec la classe naturelle qu’on lui connaît. Blues Rock, mais pas seulement, ses performances vocales et guitaristiques sont assurées et virtuoses et ses nouvelles compositions ont déjà des allures de classique.

GRÁINNE DUFFY

« What Am I Supposed To Do »

(Independant)

C’est depuis le comté de Monaghan où elle est née et a grandi que GRÁINNE DUFFY puise son inspiration. Ayant pris son envol en 2007 avec « Out Of The Dark », elle sort aujourd’hui son sixième album. Au fil des années, son Blues, mâtiné de Rock, de Soul, d’Americana auquel quelques saveurs Country et celtiques s’échappent délicatement, s’est affiné et surtout personnalisé. Avec « What Am I Supposed To Do », l’Irlandaise s’impose comme l’une des meilleures représentantes du genre dans son pays… et bien au-delà.

La musicienne est aussi retourné sous le soleil californien, à Los Angeles, au 64 Sound Studio sous la houlette de Justin Stanley et de Marc Ford à la production pour un résultat toujours aussi sincère et authentique. Analogique et chaleureuse, la musique de GRÁINNE DUFFY reste d’une grande liberté et se tient à distance des sorties actuelles. Farouche et audacieuse, la songwriter évolue dans une intemporalité constante entre respect des traditions et une approche moderne, tout en piochant à la fois dans l’héritage américain et dans sa culture européenne.

Toujours aussi bien entourée, les musiciens présents jouent, ou ont joué, avec John Mellencamp, Gov’t Mule, Blind Boys Of Alabama ou The Black Crowes, sans oublier son guitariste de mari Paul Sherry. C’est dire la qualité d’interprétation des chansons signées GRÁINNE DUFFY. Et la chanteuse et guitariste diffuse une énergie continue à travers des titres qui traversent le temps avec une émotion brute (« Early In The Morning », « Streets Of Love », « Tearing The Apart », « Got To Give It Up », le morceau-titre et « Need Your Love So Bad », immortalisé par Peter Green). Immanquable !

Photo : Barry McCall

Retrouvez aussi l’interview de GRÁINNE DUFFY à l’occasion de la sortie de « Dirt Woman Blues » :

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Americana Blues Rock Country-Rock

Steve Louw : another South

Si beaucoup ont tendance à considérer le Blues comme universel, il l’est probablement dans sa démarche et la profondeur de son message, mais il peut également se montrer tellement différent dans ses sonorités et son jeu. STEVE LOUW, depuis son Afrique du Sud, est de ces chanteurs, guitaristes et compositeurs, qui apportent une autre vision au style. Avec son nouvel effort, « Traces Of Flood », le musicien dévoile encore quelques surprises sur un groove unique, des atmosphères somptueuses et un indéfectible espoir comme fil conducteur.

STEVE LOUW

« Traces Of Flood »

(BFD Records/The Orchard)

Ancien leader de Big Sky, un groupe de légende chez lui, pendant près de 20 ans, STEVE LOUW est une figure emblématique dans son pays, tant il embrasse les styles avec une approche très personnelle. Rock, Blues Rock, Americana ou Country-Rock, rien ne lui résiste et même après 50 ans de carrière, on le retrouve toujours aussi sincère et d’une étonnante intemporalité. Avec « Traces Of Flood », son quatrième album en solo, il arpente, avec cette fraîcheur qui le caractérise, des registres parfaitement maîtrisés et même remaniés avec la particularité de sa voyageuse touche.

Car la musique de STEVE LOUW, si elle lui est très personnelle, ressemble aussi terriblement à son univers. En effet, le Blues Rock d’Afrique du Sud présente des similitudes avec celui qu’on peut entendre en Australie notamment, et se démarque ainsi des Etats-Unis et de l’Europe. Un petit souffle de fraîcheur dans une galaxie qui se ressemble trop souvent. Pourtant, à la production,, on retrouve son ami Kevin Shirley avec qui il travaille depuis le milieu des années 80, et qui œuvre aujourd’hui pour Joe Bonamassa, Robert Jon & The Wreck, Black Country Communion, …

Assez cinématographique dans l’approche, la grandeur majestueuse des paysages qui l’entourent doit être une belle source d’inspiration. STEVE LOUW nous emmène en ballade, bercée par sa voix de velours rassurante et enveloppante, et une guitare pleine de saveurs variées. Cette ampleur, on la retrouve forcément dans le son, tant le spectre est intelligemment travaillé. « Traces Of Flood » respire et survole des compositions très attachantes et entraînantes, dont le songwriter a le secret (« Tumbling Down », « Echo Dream », « Angeline », « CBGB Xmas » et le morceau-titre).

Photo : Jacqui van Staden

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Americana Dark Folk Desert Rock

Wildhorse : l’Ouest en grand

Dans un décor de western, le frontman du combo Stoner Rock Appalooza se présente aux commandes d’un projet solo, dans lequel il avance sur des titres plus dépouillés et introspectifs. Avec un fond aux résonances tribales, « Shewolf » développe une partition narrative entre Desert Rock, Americana et Folk. L’imaginaire de WILDHORSE rappelle autant les Appalaches que le désert de Mojave, et il fait le lien avec beaucoup de justesse et de subtilité. Une évasion originale et très convaincante.

WILDHORSE

« Shewolf »

(Independant)

Quelques mois après la sortie de « The Emperor Of Loss », le quatrième album du groupe Appalooza, son chanteur et guitariste s’offre une petite escapade en solitaire. C’est d’ailleurs sous le nom qu’il emprunte aussi avec ses camarades qu’il se présente avec « Shewolf ». Certes, l’approche personnelle de WILDHORSE est bien différente du Heavy Stoner Rock auquel il nous habitué, mais les similitudes sont pourtant nombreuses. Le Breton, natif d’un bout du monde lui aussi, se tourne une fois encore vers le grand Ouest pour prendre sa source au-delà de l’Atlantique.

C’est presque naturellement que le songwriter passe du Stoner au Desert Rock sur « Shewolf ». Avec quelques éléments Dark Country et une base Folk, WILDHORSE dévoile une douceur qu’on ne lui connaissait pas. Dans son imaginaire et dans l’atmosphère aussi, il nous fait parcourir de grands espaces sur des textes intimistes. Dans l’intention, le musicien conserve un fond Rock même s’il s’en détache pour un environnement plus acoustique. La production du disque est également très organique, ce qui lui confère une proximité très immédiate et palpable.

Ici, la voix est plus légère, la guitare plus épurée aussi et quelques percussions discrètes accompagnent les morceaux. L’esprit très amérindien offre une ambiance, qui prend parfois des teintes shamaniques. WILDHORSE est hypnotique et très roots, et les chansons s’enchaînent à la manière d’un road-trip en pleine nature, loin de toute civilisation. Intense et viscéral, « Shewolf » déploie une énergie très sereine (« The Craven », « Fellow Travelers », « Run Baby Run », « The Wolf March », « The Bullet Was Never Used » et le morceau-titre). Une immersion très réussie.

Retrouvez aussi les interviews d’Appalooza…

… la chronique de « The Holy Of Holies » et le [Going Faster] du « Live at Smoky Van Sessions » :