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Heavy Rock Stoner Doom

Friensdhip Commanders : un coup de griffe

Tout en menant une belle carrière solo et divers projets en parallèle, la chanteuse, guitariste et songwriter Buick Audra poursuit l’aventure FRIENDSHIP COMMANDERS avec le batteur et bassiste Jerry Roe qui, de son côté, enchaîne les sessions studio sur un rythme soutenu. A eux deux, ils élaborent un Heavy Rock aux accents Stoner et Metal et avec « Bear », ils sont parvenus à une synthèse très solide, cohérente et mélodique. Intelligent, solide, accessible et plein de finesse, ce nouvel effort ouvre des brèches où il fait bon se perdre.

FRIENDSHIP COMMANDERS

« Bear »

(Magnetic Eye Records)

Après quatre EPs et une flopée de singles depuis dix ans, le duo de Nashville sort son quatrième album, « Bear », et il ne manque pas de saveur. En effet, la chanteuse et guitariste Buick Audra et le batteur, bassiste et claviériste Jerry Roe ont concocté, et aussi coproduit, dix nouveaux titres, qui se dévoilent un peu plus à chaque écoute. Entre Heavy Rock et Stoner Doom, FRIENDSHIP COMMANDERS froisse les étiquettes autant qu’il les rassemble pour obtenir un univers artistique très singulier, où le Sludge côtoie aussi le Hard-Core très naturellement.

Malgré son aspect expérimental, « Bear » est d’une grande fluidité et d’une liberté totale. Il faut aussi préciser que le tandem est aussi ardent qu’expérimenté et reconnu. Auréolée de deux Grammy Awards, Buick Audra est une songwriter accomplie, tandis que Jerry Roe est l’une des batteurs les plus demandés. Avec FRIENDSHIP COMMANDERS, ils jouent sur les contrastes en confrontant les styles. Et ils finissent par faire de ces apparentes contradictions un épanouissement musical, qui défie les codes et explose dans un Rock musclé et accrocheur.

Deux ans après « Mass », « Bear » se montre assez insaisissable et pourtant, il y a une réelle unité artistique chez les Américains. Grâce à la puissance et la polyvalence vocale de sa frontwoman, FRIENDSHIP COMMANDERS œuvre dans un Heavy Rock qui emprunte autant au Grunge qu’au Metal, ce qui en fait un modèle d’éclectisme, tout en maîtrise (« Keeping Score », « Dripping Silver », « Midheaven », « Dead & Discarded Girls »). Energétique,  épais et positif, ce nouvel opus porte bien son nom et on se régale littéralement d’autant de créativité.

Photo : Jamie Goodsell

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Hard Blues

Hollow Souls : des débuts fracassants

Avec HOLLOW SOULS, Kris Barras ouvre un nouveau chapitre de sa belle carrière et s’il n’était aussi concluant et abouti, on pourrait voir en « Hollow Souls » une sorte de caprice ou de récréation. Car, sur les six morceaux et seulement vingt minutes, le trio anglais a convié quatre artistes à se joindre à lui. Autant d’éléments qui font qu’il est difficile de se faire réellement une idée précise du groupe, même si la qualité est indéniable, la production exceptionnelle et le songwriting imparable. Le plaisir est grand, mais de courte durée.

HOLLOW SOULS

« Hollow Souls »

(Independant)

Le problème des EPs est que, lorsqu’ils sont bons, on reste systématiquement sur sa faim. Et c’est précisément le cas avec « Hollow Souls » dont on aurait souhaité qu’il s’étende bien plus en longueur. Il faudra donc s’en contenter, d’autant qu’il s’écoute en boucle et avec délectation. HOLLOW SOULS est né du désir du chanteur et guitariste Kris Barras de renouer avec son amour du Blues, mais avec une approche très Rock, flirtant même avec le Hard Rock. Et il a également très bien su s’entourer sur ce premier format court explosif.

C’est tout d’abord le rapprochement avec son collaborateur de longue date, le producteur et multi-instrumentiste Josiah J Manning, qui a servi de détonateur au projet. Rapidement, HOLLOW SOULS s’est complété de l’excellent duo rythmique constitué de Joe Harris à la batterie et de Leighton Allen à la basse. Une solide assise sur laquelle est venue se poser la superbe voix de Phoebe Jane, ancienne choriste du Kris Barras Band, qui s’est imposée tout naturellement. Et pour couronner le tout, quelques invités de renom sont aussi de la partie.

C’est d’abord le fougueux guitariste américain de Blues Rock Jared James Nichols qui met le feu aux poudres avec un solo majestueux sur « Borderline ». Puis, le frontman de The Cold Stares enflamme « Bad Things », avant que HOLLOW SOULS dans sa configuration originelle ne prenne le relais sur « I Need The Fire » et la belle ballade « Chasing Ghosts » en toute fin. Puis, le chanteur canadien Jon ‘Marv’ Harley de Monster Truck dynamite « Shotgun », tout comme la Britannique Elles Bailey sur le génial « Burn It To The Ground », joyau de cet EP.  

Photo : Rob Blackham

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Blues Rock Heavy Blues

The Bateleurs : éblouissant

La nouvelle sensation Heavy Blues déferle du Portugal et même si le quatuor n’en est pas à son coup d’essai, « A Light In The Darkness » devrait mettre tout le monde d’accord. Véloce, ce nouvel opus est encore plus tranchant que le précédent, et THE BATELEURS prend une nouvelle dimension. Ici, tout est plus précis et les émotions sont canalisées avec soin, tout en maintenant un solide impact. Grâce à quelques notes d’orgue Hammond savamment distillées, les guitares gagnent aussi en profondeur et le chant de Sandrine Orsini en luminosité et en relief.

THE BATELEURS

« A Light In The Darkness »

(Discos Macarras Records)

Trois ans après le très bon « The Sun In The Tenth House », qui faisait suite à son premier EP « The Imminent Fire » sorti en 2018, THE BATELEURS semble encore plus inspiré sur ce deuxième album qui le hisse parmi les meilleurs groupes de Blues Rock européen. Et de très loin ! En tout cas, « A Light In The Darkness » vient secouer le microcosme avec beaucoup de fraîcheur. La formation de Lisbonne approfondit son style, toujours paré d’un Classic Rock très contemporain qui le rend irrésistiblement Heavy et accrocheur.

Côté line-up, Ricardo Galrão prend le relais de Marco Reis à la guitare, et les Portugais ne semblent pas déstabilisés pour autant, car la fluidité est toujours au rendez-vous sur ces nouveaux titres. Et puis, THE BATELEURS peut toujours compter sur l’allant et la forte personnalité de sa chanteuse Sandrine Orsini. Son magnétisme et surtout sa puissance vocale offrent à « A Light In The Darkness » une dynamique imparable. Les riffs sont costauds, le groove haletant et le son est d’une chaleur organique saisissante.

Réalisée par les Lisboètes et mixé par leur bassiste, la production est vigoureuse et contemporaine, tout en laissant une grande place à l’authenticité inhérente au style. THE BATELEURS ravive l’esprit vintage de son registre avec force et volonté. Très Rock’n’Roll, la frontwoman guide les morceaux avec prestance et caractère, et manie les ambiances tout en feeling (« A Price For My Soul », « The Lighthouse », « Best Of Days », «  Gardens Of Babylon », et le génial « Before The Morning Is Done » et ses saveurs celtes addictives). Monumental !

Retrouvez la chronique de « The Sun in The Tenth House » :

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Hard 70's Proto-Metal Psych

Siena Root : vintage steam

Avec ce nouveau double-album live, la formation de Stockhölm propose un voyage dont il a le secret à travers 12 morceaux soigneusement choisis et sur plus d’une heure et quart. SIENA ROOT y parcourt l’essentiel de sa discographie avec cette liberté qu’on lui connaît, c’est-à-dire une proportion à réarranger ses compostions pour les laisser atteindre des sommets d’improvisation. Capté sur bandes, « Made In KuBa » offre une chaleur et une proximité qui font le sel de ses productions depuis la fin des années 90.

SIENA ROOT

« Made In KuBa (Live) »

(Perception)

Après son dernier album studio, le très bon « Revelation » (2022), SIENA ROOT revient à ce qui fait l’essence-même de sa musique : la scène. Si le quatuor a déjà sorti huit opus, il faut revenir en 2011 et à « Root Jam » pour trouver une trace discographique du groupe en live. « Made In KuBa » est donc très attendu par les fans, et pas seulement. C’est en mars 2024 que les Suédois ont donné une série de concerts à Iéna en Allemagne et précisément au ‘Kulturbahnhof’, plus communément appelé le ‘KuBa’. 

Entièrement enregistré en analogique par l’ingénieur du son du combo, Ove Noring, qui travaille avec lui depuis « Kaleidoscope » paru en 2006, « Made In KuBa » relate à la perfection l’ambiance de ces trois soirées et surtout ce ‘Classic Roots Rock’ que SIENA ROOT élabore depuis une vingtaine d’années maintenant. Cultivant un esprit jam très créatif qui prend régulièrement le dessus, son registre défie le temps et se montre captivant dès les premières notes, où le Psych Rock côtoie le proto-Metal.

Sous l’impulsion de sa frontwoman, Zubaida Solid, également à l’orgue, les quatre musiciens s’engouffrent dans un répertoire savamment sélectionné pour le plus grand plaisir de la chanceuse assemblée présente ces soirs-là. Délicatement rétro, atmosphérique et capable d’éruptions sonores déflagrantes, SIENA ROOT accueille aussi à ses côtés Erik Petersson aux claviers Rhodes et la flûtiste et chanteuse Lisa Isaksson, qui viennent enrichir des morceaux aux riches tessitures. Une saveur vintage qui devient très vite envoûtante.  

Photo : Petter Hilber

Retrouvez la chronique de « Revelation » :

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Heavy Stoner Psych Stoner Doom

Birds Of Nazca : tellurique

Si l’intention de BIRDS OF NAZCA a toujours été de prendre son envol à la découverte de territoires et de panoramas hors-normes, le fait qu’il évolue dans un registre instrumental laisse à chacun le loisir de faire voguer son imagination au gré de sa perception personnelle. Avec « Pangaea », le voyage passe par des terres gelées, de montagnes majestueuses et de grands espaces qu’on a le sentiment de survoler au fil d’intempéries retentissantes, et qui viennent se fondre dans des ambiances captivantes. Spontané et épais, le Stoner des Nantais prend ici un essor organique plein de rebondissements. 

BIRDS OF NAZCA

« Pangaea »

(Independant)

Pour avoir vu éclore et évoluer le duo depuis ses débuts en 2020 avec un album éponyme déjà prometteur, BIRDS OF NAZCA prend avec « Pangaea » une toute autre dimension. Son style s’est réellement peaufiné et il affiche aujourd’hui une identité propre, qui demeure d’ailleurs toujours aussi délicieusement complexe. Pas de profond changement dans l’approche musicale, mais plutôt une maîtrise affinée des tessitures et des textures des morceaux qui composent ce deuxième opus, où le son est nettement plus massif.

Grâce à une production profonde, le tandem joue surtout sur les reliefs dans un climat aride, du aussi à sa formation très resserrée et qui, sans effet supplémentaires, se veut aussi rêche que rugueuse. Pour autant, BIRDS OF NAZCA n’écrase pas toujours tout sur son passage, malgré des fulgurances Doom musclées, et s’échappe également dans des envolées plus légères et épurées. Guillaume Kerdranvat (guitare) et Romuald Chalumeau (batterie) ont enregistré « Pangaea » en condition live pour plus de vérité et le ressenti est bien présent.

Hormis quelques samples de chant d’oiseau (évidemment !) ou de la nature plus largement, l’approche du groupe est toujours aussi brute et directe, ce qui offre à son Heavy Stoner Psych un aspect compact aux nuances plus subtiles qu’il n’y parait. BIRDS OF NAZCA  multiplie les ponts et les breaks, transite par des élans aériens avec toujours en ligne de mire un travail minutieux sur le riff, servi par un batteur au service d’escapades sonores parfois brusques. « Pangaea » montre une maturité certaine et une assurance sans faille.

Photo : Bérénice Tatoo

Retrouvez la chronique de « Héliolite », ainsi que celle du premier album sur Facebook :

https://www.facebook.com/photo?fbid=764597594096010&set=a.171191596769949

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Hard Rock Heavy metal

Michael Schenker Group : un phare dans la brume

On ne présente bien sûr plus le mythique Michael Schenker, influence majeure de très nombreux guitaristes de Hard Rock et de Heavy Metal, et pas seulement. Avec une carrière qui s’étend sur plusieurs décennies, on pourrait le croire à bout de souffle, en fin de course et pourtant il continue d’entretenir cette flamme incroyable grâce à un toucher et un son tellement identifiables. Et c’est avec son infatigable MICHAEL SCHENKER GROUP qu’il poursuit l’aventure et sur lequel il laisse le micro à quelques frontmen qu’il connait bien et qui rayonnent ici encore. 

MICHAEL SCHENKER GROUP

« Don’t Sell Your Soul »

(earMUSIC)

L’an dernier, l’iconique guitariste allemand avait entamé une trilogie, dont voici le deuxième volet. La première, consacrée à UFO (« My years With UFO ») où il a été brièvement de passage, nous replongeait quelques décennies en arrière, mais avec « Don’t Sell You Soul », MICHAEL SCHENKER GROUP revient à un registre plus personnel. On sait le guitar-hero assez peu familier avec les compromis, c’est pourquoi il vient nous rappeler avec le talent qu’on lui connait qu’il n’est pas prêt de vendre son âme. Et si le précédent exercice présentait quelques guests de renom, on le retrouve ici avec des amis de longue date. 

Pour composer le MICHAEL SCHENKER GROUP, c’est l’habituelle formation composée de Bodo Schopf (batterie), Barend Courbois (basse) et Steve Mann (guitare, claviers), qui assure la partie instrumentale de « Don’t Sell Your Soul ». Quant au chant, c’est d’abord Erik Grönwall, ex-frontman de Skid Row, qui apporte sa fougue sur l’irrésistible morceau-titre. Pour le reste, l’emblématique chanteur de MSG, Robin McAuley, passe le relais à Dimitri Liapakis (Mystic Prophecy), puis à Michael Voss (Mad Max) qui co-produit aussi l’album. Et le plaisir partagé est franchement palpable et la complémentarité évidente.

Si l’on aurait pu craindre une perte d’unité artistique en raison du nombre de chanteurs présents, il n’en est rien, puisque le MICHAEL SCHENKER GROUP est une entité solide et surtout rangée derrière son guitariste, maître d’œuvre et garant de ce Hard Rock unique et si reconnaissable. Car, ne nous y trompons, le six-cordiste ne s’aventure pas dans des contrées inconnues (du moins pour lui !), mais entretient un style et une patte qui m’ont pas franchement besoin de lifting (« Danger Zone », « Sign Of The Times », « The Chosen », « It’s You », « Surrender »). De riffs racés en solos majestueux, la légende continue.

Photo : Elisa Grosman

Retrouvez les chroniques des deux derniers albums de Michael Schenker :

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Blues Rock Contemporary Blues

When Rivers Meet : une connexion XXL

Cela devient une (bonne) habitude chez WHEN RIVERS MEET de sortir un album live après chaque enregistrement studio, histoire de capter la tournée qui suit et surtout sa rencontre avec ses fans. Il y a un aspect très familier dans cet exercice et le résultat offre aussi un instantané de la formation à un moment précis de sa carrière. Alors, après le très bon « Addicted To You », qui a aussi marqué un cap important musicalement, c’est très naturellement que le tandem, parfaitement accompagné, livre « Live & Addicted », témoin des concerts qui ont suivi la sortie de son cinquième album.

WHEN RIVERS MEET

« Live & Addicted »

(One Road Records)

La complicité de Grace et Aaron Bond dépasse très largement leur duo et ce n’est d’ailleurs pas un secret, car ils ont tout récemment annoncé l’arrivée d’un heureux évènement pour mars prochain. Et avant que le groupe ne fasse une pause dans sa galopante ascension, il se présente avec « Live & Addicted », un double-album enregistré en public comme indiqué et qui, en dehors de son format, n’a rien d’inhabituel pour WHEN RIVERS MEET qui a déjà sorti trois Live, rien que l’an dernier et quatre au total. La scène est une deuxième maison et cette fois, il se présente dans deux configurations et deux contextes assez différents.

Quelques mois après l’excellent « Addicted To You », les Anglais ont tenu à immortaliser deux récentes prestations données lors de leur dernière tournée il ya quelques mois. Tout d’abord, on les découvre au ‘London Parabellum’ lors de leur passage le 25 mai dernier en ouverture de Blue Öyster Cult pour une performance électrisante, où  WHEN RIVERS MEETS avait décidé de proposer un set musclé qui a littéralement emporté le public. Plus court forcément, le Blues Rock des musiciens dégage une énergie incroyable, montre surtout une passion de chaque instant et une réelle envie de partager.

Quant au second disque, qui capte un set complet de 20 morceaux contre huit pour le premier, on plonge dans une ambiance plus intime, où la proximité du lieu donne une toute autre approche de la musique des Britanniques. Enregistré le 29 mai à Norwich au ‘Waterfront’, WHEN RIVERS MEET s’offre de nombreux échanges avec ses fans, ce qui donne d’ailleurs lieu à quelques moments cocasses et joyeux. Et c’est aussi l’occasion d’alterner des moments très explosifs et d’autres plus calmes, une alternance parfaitement menée et qui laisse profiter de tous les aspects d’un registre très nuancé. Deux magnifiques soirées ! 

Retrouvez les interviews du groupe…

…et les chroniques de leurs albums :

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Heavy metal Old School

Dolmen Gate : au cœur de la légende

Sinueux et entraînant, « Echoes Of Ancient Tales » fait prendre encore plus de hauteur à DOLMEN GATE, qui franchit ici le cap du deuxième album en approfondissant les bases du premier. Assez peu connu pour sa scène Metal, le Portugal peut désormais compter sur un groupe capable de brandir haut et fort une bannière Heavy, qui porte un héritage 80’s clairement actualisé. Agressif et aussi capable de faire quelques clins d’œil au ‘fado’ de son pays, le style des Lisboètes renouvelle une tradition héroïque du genre, et sortir deux longs formats d’une telle qualité en l’espace d’un an et demi seulement est vraiment exceptionnel.

DOLMEN GATE

« Echoes Of Ancient Tales »

(No Remorse Records)

Source inépuisable et terreau fertile, l’underground révèle régulièrement de bien belles choses, d’autant qu’il ne connait pas non plus de frontières. Créé depuis quatre ans seulement et après un premier opus livré l’année dernière, « Gateways Of Eternity », qui avait déjà fait forte impression, la formation de Lisbonne n’a pas tarder à se remettre à l’ouvrage et surgit avec « Echoes Of Ancient Tales ». L’évolution de DOLMEN GATE est d’ailleurs assez fulgurante et saisissante. Sur son deuxième effort, l’atmosphère vintage s’est légèrement dissipée, et l’ensemble en impose clairement.

Cela dit, même si la production s’est modernisée, le groupe conserve cet esprit Old School chevillé au corps et son Heavy Metal épique et galopant fait toujours de l’effet. Jouant habillement sur les atmosphères, DOLMEN GATE se montre particulièrement méticuleux au niveau de la composition, particulièrement dans la structure de ses morceaux. Grâce à un duo de guitaristes complet et complice, parfois soutenu par la chanteuse sur les parties acoustiques, les Portugais se sont forgés une identité très personnelle, qui devient vite hypnotique autant que familière, malgré la longueur des titres.

Car, en ouvrant le disque avec « Souls To Sea » et ses neuf minutes, le quintet ne manque pas d’audace et nous fait pénétrer immédiatement dans son univers. Mené de main de maître par sa chanteuse Ana, dont la voix est aussi claire que puissante, DOLMEN GATE possède un atout de charme et de choc. Ne forçant jamais le trait, elle guide très habillement  « Echoes Of Ancient Tales » et se distingue aussi de ses consœurs en restant d’un naturel incroyable (« We Are the Storm », « The Maze », « Carthage Eternal », « Rising Whispers », « The Prophecy »). Une réalisation pleine et dynamique.

Photo : Filipa Pinto Machado

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Blues Country R&B Soul

Marcus King Band : the great South

Détaché de l’atmosphère très intimiste et assez sombre de son précédent effort solo, « Moon Swings », le natif de Caroline du Sud retrouve la lumière et remet surtout sur les rails le génial MARCUS KING BAND. Si certains tourments demeurent, « Darling Blue » présente une nouvelle dynamique, toujours très sudiste, mais plus festive où sa guitare côtoie les violons, les banjos et les cuivres dans une belle harmonie. Directes et organiques, ces nouvelles chansons sont d’une authenticité absolue et guidées par une voix touchante et sincère. Il n’en finit plus de surprendre et aussi de faire des choix artistiques audacieux.      

MARCUS KING BAND

« Darling Blue »

(American Recordings/Republic Records/Universal)

Il semblerait que l’empreinte de Nashville, où il est installé depuis un moment maintenant, ait une emprise grandissante sur le jeu et surtout les envies musicales de MARCUS KING. On n’en voudra pourtant pas au bluesman de s’imprégner de son environnement direct, puisque cela le mène dans des contrées où il excelle également. Preuve en est que le jeune homme, qui approche la trentaine, est d’une rare polyvalence et a aussi une faculté d’adaptation hors-norme, car « Darling Blue », s’il reste très bluesy, avance dans une lignée Honky Tonk marquée par la Country. D’ailleurs, les guest présents ici sont directement issus du sérail, ou très proches. 

Il faut aussi souligner que « Darling Blue » marque le grand retour du MARCUS KING BAND, que le guitariste avait mis en sommeil depuis 2016 après un excellent album éponyme. Après presque dix ans passés an solo, et qui lui ont tout de même valu ses plus grandes récompenses, il retrouve des musiciens qu’il n’a jamais vraiment quittés et qui restent un socle inamovible de sa musique, quand bien même elle a pu prendre des chemins de traverse souvent surprenants. Pour ce quatrième opus en groupe, la tonalité est donc plus Country-Rock et Blues avec aussi quelques douceurs R&B très touchantes qui surgissent toujours (« Carolina Honey », « No Room For Blue »).

L’entame de « Darling Blue » est très marquée de Country et de Honky Tong, avant de revenir à des chansons plus imprégnées de Blues et de Soul. Il faut dire que les présences de Jamey Johnson et Kaitlin Butts (« Here Today »), puis Jesse Welles (« Somebody Else ») y sont pour beaucoup. On retrouve d’ailleurs aussi Billy Strings plus tard sur une version ‘Nashville’ de « Dirt ». Sur « The Shadows », Noah Cyrus, fille de et sœur de, qui vient poser un beau duo très aérien entouré d’un MARCUS KING BAND rayonnant. Décidemment plein de surprises, ce nouvel opus montre à quel point l’univers du musicien est d’une grande richesse et qu’il ne cesse de se renouveler brillamment.

Retrouvez les chroniques de ces derniers albums précédents :

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Classic Rock Hard 70's Heavy Rock

Red Cloud : un Rock herculéen

On assiste depuis quelques temps déjà à un revival du Classic Rock avec de beaux clins d’œil au Hard 70’s et l’hexagone n’est pas en reste. Depuis cinq maintenant, RED CLOUD assène son Heavy Rock débridé et la densité de cette nouvelle production témoigne d’un caractère bien trempé et d’une volonté aussi brute et organique que les morceaux qui composent « This Is Not An Album ». Et l’électrisante frontwoman du combo offre aussi une dimension supplémentaire à un registre inspiré et de plus en plus personnel.

RED CLOUD

« This Is Not An Album »

(Independent)

Poser ses fondations sur ce qu’on a fait de mieux en termes de Rock au sens large est le credo des Parisiens qui, après un premier album éponyme il y a deux ans, sont de retour avec « This Is Not An Album ». Comme l’indique son titre, ce nouvel opus est aussi une sorte de pied à une industrie musicale en pleine déliquescence. Solidement ancré dans un Heavy Rock délicieusement vintage, qui fait la bascule entre Classic Rock et Hard Rock, RED CLOUD a trouvé sa voie et enveloppe la légende d’une modernité rafraîchissante.

Pour ce deuxième effort, le groupe s’est lancé le défi de sortir un single par mois pendant huit mois. Une façon de rompre la monotonie, certes, mais surtout un challenge relevé haut la main qui nous renvoie aujourd’hui à « This Is Not An Album », une entité fougueuse et mélodique. Par ailleurs, Laura Luiz (orgue) a cédé sa place à Amy Prada, qui vient renfoncer la section guitare de RED CLOUD aux côtés de Rémi Bottriaux. Autant dire que l’accent est porté sur les riffs… Et on ne s’en plaindra pas, bien au contraire !

Situé quelque part entre Led Zeppelin et Rival Sons, « This Is Not An Album » présente des ambiances assez différentes, sans doute en raison du processus d’écriture. Sur un groove épais aux teintes bluesy, la voix de Roxane Sigre fait le liant entre un mur de guitare imposant et une rythmique soutenue. RED CLOUD sait aussi se faire plus aérien (« For Those Who Died Dancing »), comme pour mieux délivrer cette intensité qui fait son ADN (« Naked Under My Breath », « Black Sunlight », « Werewolf »). Une force qui s’affirme !

Retrouvez la chronique du premier album :