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Hard Rock

Lynch Mob : so long !

Nombreux sont ceux qui gardent un souvenir ému de la sortie de « Wicked Sensation » en 1990, première réalisation du génial George Lynch en groupe après son départ de Dokken. Ce fut le début d’une belle envolée solo qui, si elle n’a jamais atteint le sommet des charts, aura été un formidable laboratoire pour un six-cordiste toujours en quête d’exploration et particulièrement doué. Avec un sens unique du riff et des solos plein de panache, il aura guidé LYNCH MOB pendant plus de deux décennies. Avec ce dernier « Dancing With The Devil », il affiche sa reconnaissance pour ses fans, loin de signer un lugubre chant du cygne.  

LYNCH MOB

« Dancing With The Devil »

(Frontiers Music)

Clap de fin pour LYNCH MOB après 25 ans d’une belle aventure, qui se termine avec un neuvième album en forme de baroud d’honneur. Si le groupe demeure le plus emblématique de la carrière post-Dokken du guitariste, il reste un homme de projet et nul doute qu’il ne tardera pas à refaire surface. Alors pour cet ultime opus, il a reconduit le line-up présent sur « Babylon », sorti en 2023. On le retrouve donc aux côtés de Gabriel Colón au chant, Jaron Gulino à la basse et Jimmy D’Andra derrière les fûts, histoire d’œuvrer une dernière fois dans la continuité et la ligne artistique établie du combo.

L’une des dernières formations iconiques du Hard Rock américain tourne donc la page et même si de nombreux musiciens s’y sont succédé, la touche de LYNCH MOB reste tellement identifiable. Cependant, le musicien a su moderniser son approche au fil du temps, tout en conservant ce chaleureux côté bluesy qui le suit. Comme toujours « Dancing With The Devil » sonne juste, le songwriting est irréprochable, l’interprétation du combo remarquable et le jeu de George Lynch fait encore des étincelles. Technique, mais sans tomber de trop dans la démonstration, il laisse parler son feeling… ainsi que sa virtuosité.

Avec l’assurance et la technicité qu’on lui connaît, le Californien distille un Hard Rock toujours élégant et efficace. S’il ne prend pas le moindre risque, il joue sur les contrastes avec un groove éclatant et démontre qu’il reste un maître en la matière (« Dancing With The Devil », « Pictures Of The Dead », « Saints And Sinners », « Lift Up Your Soul », « Follow My Down »). Avec ce dernier effort, le guitar-hero semble aussi poser un regard satisfait sur ce pan de sa carrière et se contente même de beaucoup de sobriété sur l’instrumental « Golden Mirrors ». Et LYNCH MOB ferme même la parenthèse avec « Somewhere », uniquement présent sur l’édition européenne. Merci pour tout Monsieur !

Retrouvez la chronique de « Babylon » :

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Rock Hard

Cassidy Paris : rockin’ lady

Même si elle n’était déjà plus une débutante, CASSIDY PARIS avait réalisé une belle entrée en matière avec « New Sensation » il y a deux ans. Le plus difficile est toujours de confirmer et avec « Bittersweet », la mission de la jeune artiste est accomplie. Se référant aux pionnières du Rock, tout autant qu’à la scène Hard Rock 80’s, ainsi qu’à certaines tendances plus modernes, la musicienne réussit le tour de force d’actualiser un registre qui a fait ses preuves et auquel elle apporte sa personnalité avec beaucoup d’impact et de conviction.

CASSIDY PARIS

« Bittersweet »

(Frontiers Music)

Du haut de ses 23 ans, CASSIDY PARIS compte déjà deux EPs (« Broken Hearted » et « Flirt ») et un premier album, « New Sensation » sorti en 2023 et très bien accueilli. La jeune chanteuse et guitariste continue sur sa lancée et livre aujourd’hui « Bittersweet », où elle marque certaines intentions de manière très claire. Tout d’abord, elle a grandi bien sûr et sa musique aussi. Dans un Rock musclé tirant sur le Hard Rock et très inspiré par la scène américaine avec des groupes comme Bon Jovi ou Warrant notamment, elle emprunte aussi à ces consœurs une fougue féminine à la fois sexy et débridée, façon Pink et Avril Lavigne.

Toujours entourée de son complice Paul Laine, ainsi que Steve Brown, CASSIDY PARIS s’affirme enfin, là où « New Sensation » versait peut-être dans des mélodies faciles. La frontwoman durcit le ton, impose sa voix qui a aussi gagné en puissance et surtout présente des parties de guitares nettement plus convaincantes. L’australienne a mûri et cette maturité s’en ressent dans ses compositions. Egalement compositrice, elle raconte ici sa vie de jeune femme sans détour et s’adresse directement à ses fans qui la suivent aux quatre coins du monde. Sincère et convaincante, elle roule pour un Rock Hard fédérateur.

Sur une production très moderne, « Bittersweet » est accrocheur, bardé de riffs costauds, de solos bien sentis et de chœurs qui apportent ce souffle ‘Power Pop’ très rassembleur. Si elle sait se faire plus douce sur des titres mid-tempos parfois touchants (« Can’t Let Go »), CASSIDY PARIS révèle son caractère sur des morceaux plus pêchus et entraînants, où elle se montre vocalement très sûre d’elle (« Butterfly », « Stronger », « Wannabe », « Undecided », « Brand New Day », « Is Anybody Out There »). Si certaines influences sont toujours très présentes, une personnalité émerge vraiment et on ne parle plus ici d’épiphénomène.   

Photo : Ian Ritter

Retrouvez son interview à l’occasion de la sortie de « New Sensation » :

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Hard Rock

The Dead Daisies : intenables

Depuis le retour de John Corabi derrière le micro, THE DEAD DAISIES semble plus assuré que jamais. Les riffs massifs de David Lowy, les solos toujours inspirés de Doug Aldrich et le tonitruant duo basse/batterie formé par Michael Devin et Tommy Clufetos renouent avec une énergie brute. Rompu à la scène, ils sont tous les cinq dans leur élément et cette belle captation de leur prestation au festival ‘Stonedead’ fait littéralement vibrer les spectateurs à l’unisson sur un Hard Rock costaud et rassembleur. Les échanges sont nombreux, et les fans comme le groupe se régalent de cet instant suspendu.

THE DEAD DAISIES

« Live At Stonedead »

(Independant)

L’été dernier, le quintet a conclu sa tournée britannique avec un passage très remarqué au festival ‘Stonedead’, au Newark Showground, au cœur de l’Angleterre. Créé en 2018, il renoue avec l’esprit ‘Monsters Of Rock’ et offre dix groupes sur une journée et une même scène. Le 23 août dernier, THE DEAD DAISIES y a donc fait escale avec la ferme intention d’y mettre le feu. Mission accomplie pour la formation américano-australienne qui a laissé une empreinte indélébile que l’on peut se réjouir de revivre juste en ligne malheureusement.

Loin de la quiétude du Fame Studio de Muscle Shoals où il avait enregistré le bluesy « Lookin’ For Trouble » sorti en juin dernier, c’est dans le bouillonnant chaudron du ‘Stonedead’ que le groupe est venu livrer un set survitaminé d’une heure devant un public tout acquis à sa cause. Dans une ambiance électrique et avec son frontman retrouvé, THE DEAD DAISIES a surtout insisté sur la partie de sa discographie avec John Corabi évidemment, et notamment sur l’album « Light’Em Up », tout en montant en puissance avec quelques surprises à la clef.

En ouvrant avec « Long Way To Go », puis « Rise Up », la foule ne met longtemps à être conquise avant de savourer des morceaux qui prennent toute leur dimension en live (« Light’Em Up », « I Wanna Be Your Bitch», « I’m Gonna Ride », « Going Down », « Mexico », « Resurrected »). Si cette fois, on échappe à une reprise de Deep Purple, THE DEAD DAISIES se fend d’un explosif « Fortunate Son » de CCR et clot son concert par le non-indispensable « Helter Skelter », preuve que le combo sait aussi s’adapter à son auditoire.

A noter que « Live At Stonedead » n’est disponible qu’en version numérique.

Retrouvez les chroniques des récents albums du groupe :

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Doom folk Hard Rock

Wino : ecce homo

Grand maître de l’esprit Doom, le songwriter américain n’en finit pourtant pas de surprendre à travers un parcours en solitaire, ou presque, où il se dévoile depuis quelques disques déjà, dans la peau d’un artiste toujours aussi rebelle, mais peut-être plus apaisé. Suivant une devise qui lui va bien, « Create Or Die » pose un regard très éloigné de celui de ses anciens groupes Saint Vitus et The Obsessed notamment. WINO s’autorise tout et le fait avec talent, laissant apparaître un musicien aux ressources illimitées, dont la ligne musicale a mûri et s’est aussi affinée.

WINO

« Create Or Die »

(Ripple Music)

Figure iconique de l’underground américain, et bien au-delà, WINO mène depuis quelques années maintenant, une carrière solo assez éloignée du Doom et du Heavy qui ont forgé sa légende. Cela ne l’a pourtant pas empêché de reformer The Obsessed avec un nouvel album, « Gilded Sorrow » sorti en 2023. L’ancien membre de Saint Vitus et également Spirit Caravan affiche un visage totalement différent sous son nom, et même si l’esprit du Doom n’est jamais bien loin, ses envies aujourd’hui se tournent vers un registre assez acoustique, surtout sur le précédent « Forever Gone » (2020) d’ailleurs, car « Create Or Die » vient électrifier les nouvelles compositions du chanteur dans un bel élan d’authenticité.

Et pour mener à bien cette nouvelle aventure, il ne pouvait donc être totalement seul. Si les guests sont assez nombreux sur divers morceaux, WINO a principalement fait appel à Ky Anto (batterie, basse, orgue, percussions), lui-même étant à la guitare, bien sûr, ainsi qu’à la basse, derrière le micro et à la production aux côtés de Frank Marchand. Autant dire qu’il sait parfaitement où il va, tout en diversifiant de manière assez incroyable ce « Create Or Die ». Difficile donc de bien cerner ce quatrième opus dans une globalité artistique, tant il s’amuse à passer de titres très Hard Rock à une Folk sauvage aux saveurs Southern. Mais peu importe puisque sa voix nous guide à travers cette nouvelle introspection.

Ce qui devait être au départ une sorte de voyage intimiste a donc pris du volume, se fait parfois Heavy (« Anhedonia », « Carolina Fox », « Hopeful Defiance », « Us Or Them ») avec cette lenteur apparente dans le chant. Cette constance ‘doomesque’ se fond d’ailleurs sur tout l’album, comme pour mieux appuyer un propos articulé autour de réflexions personnelles et sans détour sur sa vie. WINO y expose son âme, entre colère et contemplation, mais avec une lucidité et une sincérité de chaque instant, notamment sur les chansons acoustiques («  Cold And Wrong », « Lost Souls Fly », « Noble Man »). A travers un éclectisme fulgurant, il reste fidèle à un univers unique et tellement personnel.    

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Hard'n Heavy Heavy Rock Rock US

Mammoth : le grand saut

De grosses guitares bien sûr, un duo basse/batterie hyper-groovy et un chant qui s’installe doucement, l’identité de WVH se dessine de plus en plus au moment même où trois lettres disparaissent de la pochette de ce nouvel effort. S’il est toujours question d’un travail personnel, c’est MAMMOTH qui domine et cela ressemble presque à une libération. Très Rock et pêchu, « The End » est plus organique que les deux premiers volumes et l’ensemble gagne de fait en fluidité. Une belle manière de clamer haut et fort qu’il n’a désormais plus rien à prouver.

MAMMOTH

« The End »

(BMG)

La passe de trois pour Wolfgang, qui s’émancipe réellement sur ce « The End » en livrant son disque le plus personnel à ce jour. S’il a de nouveau confié la production à Michael ‘Elvis’ Baskette (Slash, Alter Bridge, Sevendust) et que l’enregistrement s’est fait dans les familiaux Studios 5150, c’est dans l’approche musicale qu’il y a du neuf. Là où le multi-instrumentiste s’était jusqu’à présent appliqué à rendre une copie très propre (et elle l’est toujours !), MAMMOTH opte un son plus direct et plus live, comme si le jeune Californien s’était résolu à bannir toute fioritures, laissant de côté le poids d’un héritage paternel conséquent.

Et c’est plutôt bien vu, car les références sont moins présentes, hormis peut-être ce joli clin d’œil sur la chanson-éponyme « The End » justement, une façon aussi de confirmer que désormais le nom de sa formation se passerait de ses illustres initiales. Et il tape dans le mille. Très Rock tout en gardant des fulgurances très Heavy et Hard Rock, le Heavy Rock US de MAMMOTH commence à se faire identifiable, même si on pourrait lui reprocher un léger manque d’audace vocale. Car pour le reste, ce troisième album est très cohérent, très homogène et consistant, malgré quelques errements très pardonnables comme « Happy ».

En l’espace de cinq ans seulement, le musicien a affiné le songwriting, se fait aussi moins démonstratif et plus instinctif, et « The End » est à la fois élégant et plus cavalier (« I Really Wanna »). Très sincère dans le jeu, comme dans les textes, MAMMOTH n’écarte pas non plus le côté classique du genre, mais la jeunesse du combo vient rapidement rappeler qu’il vit dans son temps avec ce que ça comporte d’insouciance (« One Of A Kind », « The Spell », « Something New », « Selfish »). Il émane de ces dix titres un vent de liberté qui lui confère une touche de légèreté. Le musicien s’affranchit et se lance vers un avenir vraiment radieux.

Photo : Travis Shinn

Retrouvez les chroniques des premiers albums :

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Heavy Rock Stoner Doom

Friensdhip Commanders : un coup de griffe

Tout en menant une belle carrière solo et divers projets en parallèle, la chanteuse, guitariste et songwriter Buick Audra poursuit l’aventure FRIENDSHIP COMMANDERS avec le batteur et bassiste Jerry Roe qui, de son côté, enchaîne les sessions studio sur un rythme soutenu. A eux deux, ils élaborent un Heavy Rock aux accents Stoner et Metal et avec « Bear », ils sont parvenus à une synthèse très solide, cohérente et mélodique. Intelligent, solide, accessible et plein de finesse, ce nouvel effort ouvre des brèches où il fait bon se perdre.

FRIENDSHIP COMMANDERS

« Bear »

(Magnetic Eye Records)

Après quatre EPs et une flopée de singles depuis dix ans, le duo de Nashville sort son quatrième album, « Bear », et il ne manque pas de saveur. En effet, la chanteuse et guitariste Buick Audra et le batteur, bassiste et claviériste Jerry Roe ont concocté, et aussi coproduit, dix nouveaux titres, qui se dévoilent un peu plus à chaque écoute. Entre Heavy Rock et Stoner Doom, FRIENDSHIP COMMANDERS froisse les étiquettes autant qu’il les rassemble pour obtenir un univers artistique très singulier, où le Sludge côtoie aussi le Hard-Core très naturellement.

Malgré son aspect expérimental, « Bear » est d’une grande fluidité et d’une liberté totale. Il faut aussi préciser que le tandem est aussi ardent qu’expérimenté et reconnu. Auréolée de deux Grammy Awards, Buick Audra est une songwriter accomplie, tandis que Jerry Roe est l’une des batteurs les plus demandés. Avec FRIENDSHIP COMMANDERS, ils jouent sur les contrastes en confrontant les styles. Et ils finissent par faire de ces apparentes contradictions un épanouissement musical, qui défie les codes et explose dans un Rock musclé et accrocheur.

Deux ans après « Mass », « Bear » se montre assez insaisissable et pourtant, il y a une réelle unité artistique chez les Américains. Grâce à la puissance et la polyvalence vocale de sa frontwoman, FRIENDSHIP COMMANDERS œuvre dans un Heavy Rock qui emprunte autant au Grunge qu’au Metal, ce qui en fait un modèle d’éclectisme, tout en maîtrise (« Keeping Score », « Dripping Silver », « Midheaven », « Dead & Discarded Girls »). Energétique,  épais et positif, ce nouvel opus porte bien son nom et on se régale littéralement d’autant de créativité.

Photo : Jamie Goodsell

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Classic Rock Hard 70's Heavy Rock

Red Cloud : un Rock herculéen

On assiste depuis quelques temps déjà à un revival du Classic Rock avec de beaux clins d’œil au Hard 70’s et l’hexagone n’est pas en reste. Depuis cinq maintenant, RED CLOUD assène son Heavy Rock débridé et la densité de cette nouvelle production témoigne d’un caractère bien trempé et d’une volonté aussi brute et organique que les morceaux qui composent « This Is Not An Album ». Et l’électrisante frontwoman du combo offre aussi une dimension supplémentaire à un registre inspiré et de plus en plus personnel.

RED CLOUD

« This Is Not An Album »

(Independent)

Poser ses fondations sur ce qu’on a fait de mieux en termes de Rock au sens large est le credo des Parisiens qui, après un premier album éponyme il y a deux ans, sont de retour avec « This Is Not An Album ». Comme l’indique son titre, ce nouvel opus est aussi une sorte de pied à une industrie musicale en pleine déliquescence. Solidement ancré dans un Heavy Rock délicieusement vintage, qui fait la bascule entre Classic Rock et Hard Rock, RED CLOUD a trouvé sa voie et enveloppe la légende d’une modernité rafraîchissante.

Pour ce deuxième effort, le groupe s’est lancé le défi de sortir un single par mois pendant huit mois. Une façon de rompre la monotonie, certes, mais surtout un challenge relevé haut la main qui nous renvoie aujourd’hui à « This Is Not An Album », une entité fougueuse et mélodique. Par ailleurs, Laura Luiz (orgue) a cédé sa place à Amy Prada, qui vient renfoncer la section guitare de RED CLOUD aux côtés de Rémi Bottriaux. Autant dire que l’accent est porté sur les riffs… Et on ne s’en plaindra pas, bien au contraire !

Situé quelque part entre Led Zeppelin et Rival Sons, « This Is Not An Album » présente des ambiances assez différentes, sans doute en raison du processus d’écriture. Sur un groove épais aux teintes bluesy, la voix de Roxane Sigre fait le liant entre un mur de guitare imposant et une rythmique soutenue. RED CLOUD sait aussi se faire plus aérien (« For Those Who Died Dancing »), comme pour mieux délivrer cette intensité qui fait son ADN (« Naked Under My Breath », « Black Sunlight », « Werewolf »). Une force qui s’affirme !

Retrouvez la chronique du premier album :

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Hard 70's Heavy Rock

Wucan : strong convictions

Aller au bout de ses envies tout en maintenant une exigence de chaque instant pourrait assez bien résumer la belle entreprise de WUCAN. Maîtrisant parfaitement ses classiques, les Allemands y insufflent des aspects très actuels avec une touche germanique inattendue et irrésistible. « Axioms » rassemble de nombreux styles qui cohabitent de manière très fluide, portés par une voix accrocheuse aussi douce que féroce. Un disque finalement très évident et d’une grande richesse.

WUCAN

« Axioms »

(Long Branch Records/SPV)

Depuis une décennie maintenant, le quatuor de Dresde affine, explore et peaufine son style. Sur une base Heavy Rock héritée du Hard Rock 70’s, il multiple avec beaucoup de talent les incursions diverses dans le Rock Progressif, le Metal vintage ou le Krautrock, tout en affichant des références directement issues du Rock de l’ex-Allemagne de l’Est. Une belle mixité qui prend forme grâce à une créativité sans frontières, ni limites et qui fait de WUCAN une formation originale et singulière, qui mélange la modernité à des sonorités Old School.

Avec « Axioms », le groupe réalise une espèce de synthèse très élaborée de ce qu’il avait entamé sur « Sow The Wind » (2015), « Reap The Storm » (2017) et « Heretic Tongues » (2022). Plus magnétique que jamais, la frontwoman Francis Todolsky guide l’auditeur dans un Rock fiévreux qu’entretiennent Rim George (guitare, claviers), Alexander Karlisch (basse) et Philip Knöfel (batterie). Inutile de rappeler que WUCAN se présente sous une production très organique, qui rend son groove irrésistible et les riffs des deux guitaristes tranchants.

Flamboyante six-cordiste et joueuse de thérémine, la chanteuse œuvre aussi à la flûte et ses sublimes interventions ne sont pas sans rappeler Jethro Tull ou King Crimson. Une ambiance vintage qui libère totalement le combo, qui peut ainsi se mouvoir dans des atmosphères chaleureuses et envoûtantes. WUCAN ne s’en prive pas et repousse un peu plus les codes d’un Classic Rock, qui a encore de beaux jours devant lui. (« Spectres Of Fear », « Wicked, Sick and Twisted », « KTNSAX », « Holz Auf Holz », « Pipe Dreams », « Fountain Of Youth »).

Photo : Joe Dilworth

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France Heavy Rock Rock Hard

Lucie Sue : la force et le fun [Interview]

Pétillante, déterminée et hyper-Rock’n’Roll, LUCIE SUE remonte sur le ring avec « Battlestation », un deuxième album où elle plonge littéralement dans un Heavy Rock qui vient trancher avec son premier opus, « To Sing In French ». Cette fois, les riffs sont massifs et tranchants et on imagine sans mal à quel point la terre de Clisson a du trembler lors du dernier Hellfest. Non sans beaucoup d’humour, la frontwoman évolue en totale liberté à grand renfort de décibels, tout en maîtrisant un projet qui lui ressemble tellement. Entretien avec une artiste inspiré, volontaire et profondément sincère.

– Tout d’abord, j’aimerais que l’on remonte un peu le temps jusqu’en juin 2022 où tu tenais la basse avec Steel Panther au Hellfest, lors d’un featuring mémorable. Pourtant, ton premier album n’est sorti que l’année suivante et l’aventure n’avait pas encore réellement commencé…

Ce jour-là, je m’en souviendrai toute ma vie ! C’était tellement incroyable ! Jouer devant 60.000 personnes avec un de mes groupes préférés, c’est exceptionnel. En revanche, j’avais déjà fini l’écriture de l’album avant de monter sur scène avec eux. Mais c’est sûr que cet événement a été un véritable propulseur pour moi, car j’ai marqué les esprits auprès du public, mais aussi des pros. Ton dossier de presse a une autre saveur quand tu peux dire que tu as fait ce genre de chose !

– Et cette année, quelques semaines avant la sortie de « Battlestation », tu as de nouveau foulé la mainstage du Hellfest avec ton groupe. Trois ans après, comment as-tu abordé ce concert ? As-tu eu tout de même cette impression de ‘première  fois’ ?

J’avais gardé en tête les images et la sensation de mon premier passage avec Steel Panther. J’étais préparée psychologiquement. Et puis, j’avais déjà vu les backstage, l’organisation, vécu l’attente et le stress avant de monter sur scène. La vue de la marée humaine depuis la scène. Ca faisait le même effet que dans le film « Gladiateur », avant qu’il entre dans l’arène, le sol tremblait, la foule criait, le vent était chaud…

Cette année, c’était à la fois moins stressant, car on jouait le matin à 11h. Il y avait donc moins de monde, et en même temps c’était beaucoup plus stressant parce que c’était ma musique, mes chansons, ma crédibilité vis-à-vis du Hellfest et vis-à-vis du public. Il ne fallait vraiment pas se planter. On était obligés d’assurer. Et je pense qu’on s’en est bien sortis ! Prochain objectif, jouer à 19h, comme Steel Panther ! (Sourires)

– Pour clore ce chapitre, on retrouve Satchel, le guitariste de Steel Panther, sur ton nouvel album pour le solo de « Ride The Wired Wild Tiger ». Comment est née cette idée de collaboration ? Avez-vous gardé le contact ces trois dernières années ?

Oui, j’ai toujours su que je voulais faire une collab’ avec lui. Je le lui avais dit à l’époque, parce qu’on a le même humour et les mêmes gouts musicaux. Alors naturellement, c’est à lui que j’ai pensé pour cette chanson et il a super gentiment accepté. Je lui écris de temps en temps, pour le tenir informé de mon évolution. Je prends de ses nouvelles, sans le harceler non plus. C’est vraiment un mec super cool et super doué.

– Revenons à « Battlestation », qui marque un tournant aussi par rapport à « To Sing In French » qui sonnait clairement plus Rock, voire Pop. Cette fois, le ton est nettement plus Metal et Heavy avec toujours cette sensation très 90’s. Pourquoi et comment as-tu amorcé ce virage plus ‘musclé’ ?

Pour « To Sing In French », je sortais d’une période de ma vie qui m’avait littéralement vidée. J’ai du tout reprendre à zéro. J’étais dans un moment dur, sombre et triste. Et ça se ressent dans l’album. Et depuis, je me suis reconstruite, j’ai trouvé en moi une force incroyable, comme si je naissais à nouveau, comme si j’étais une belle fleur qui s’ouvrait enfin ! J’ai retrouvé une patate de malade, l’envie de tout défoncer et dans un sens très positif ! (Sourires)  Et c’est pour ça que « Battlestation » est bien plus percutant. Il reflète l’énergie dans laquelle je me trouve !

– Tu as entièrement écrit, composé et aussi produit ce deuxième album et même conçu sa pochette. Au-delà d’une démarche très DIY évidente, « Battlestation » donne aussi l’impression d’être très personnel. C’est pour cette raison que tu as tenu à maîtriser l’ensemble du processus ?

Je ne ‘tiens’ pas spécialement à quoi que ce soit. Ca s’est fait comme ça. Par manque de moyen aussi et parce que je n’avais pas le choix. Mais finalement, ce n’est pas plus mal, car en maîtrisant tout, ça reste forcément cohérent et fidèle à ce que je veux. Ca reste moi. Et c’est important, je crois. J’essaie de plus en plus de faire confiance à mon instinct profond. J’essaie de plus en plus de m’écouter et de m’autoriser à dire non, si je ne le sens pas.

– Ton Heavy Rock est franchement explosif et mêle à la fois des moments de rage et d’autres plus sensibles. Cependant, il y a beaucoup de joie et d’humour aussi, le tout dans un univers très 90’s assez Glam. C’est important pour toi que l’esprit fun soit si dominant dans ta musique pour peut-être ne pas donner dans une certaine noirceur ?

Je pense qu’on peut beaucoup plus facilement faire passer un message en rigolant plutôt qu’en accusant, ou en étant trop premier degré. Etre moralisateur, ça peut vite braquer les gens. Et ça peut vite faire genre : ‘t’as un énorme melon’. C’est pour ça que l’humour et l’autodérision sont super importantes. Chez moi, c’est naturel et c’est en prenant du recul que je me rends compte que, finalement, c’est parfait pour communiquer, emballer les gens, les encourager et leur ouvrir les yeux !

– Ce qui ressort également de « Battlestation », c’est la durée des morceaux qui n’excède pas les trois minutes, et qui offre un sentiment d’urgence parfois. C’est une volonté d’efficacité et d’immédiateté, ou plus simplement ta vision personnelle du songwriting et de ton univers musical ?

(Rires) Bien vu ! Oui ça, pour le coup, c’était réfléchi en amont, contrairement au reste de ma vie que j’aborde plutôt de manière spontanée. Je me suis toujours dit qu’il valait mieux faire court et donner envie aux gens d’en reprendre, plutôt que de trop en donner et de saouler.

– Avant la sortie de l’album, tu as sorti huit singles en huit mois, ce qui est pour le moins atypique. Quel était l’objectif, voire l’enjeu, d’une telle démarche et « Battlestation » est-il d’ailleurs prêt dès le départ ?

« Battlestation » était prêt un an avant sa sortie. Mais on a du attendre pour démarcher des tourneurs, RP et autres partenaires. Et puis, comme j’observe comment font les autres, j’avais vu que Julien Doré sortait single sur single, chaque mois, et je me suis dit que l’idée était forcément bonne. Ca maintient l’algorithme et tu ne changes rien auprès de ta communauté, non plus. Donc on a chauffé, chauffé, chauffé avec huit singles, huit clips et huit promos pour que la sortie de l’album arrive en mode apothéose ! C’est un boulot de dingue, sachant qu’on a du tout faire tout seuls avec zéro budget. Mais ça valait le coup.

– Même si l’industrie musicale demande aujourd’hui une forte présence sur les réseaux et les plateformes, où est, selon toi, le sens de dévoiler à ce point un album avant sa sortie ? Sur les treize morceaux de « Battlestation », on en connait déjà huit et il en reste seulement cinq à découvrir. Le format du disque traditionnel est-il devenu obsolète, avalé par le numérique ?

J’ai vécu les années 90, donc pour moi le concept de l’album est super important. Mais j’ai conscience que ce ne l’est plus pour la majeure partie des gens, qui préfèrent écouter des playlists plutôt qu’un album de A à Z. Le numérique a tout chamboulé, et bien et en pas bien. Mais ça, c’est un autre débat. J’ai sorti huit singles, mais les cinq titres qui restent sont tout aussi cools, voire encore plus originaux. Je les adore et je pense sincèrement que vous allez les aimer aussi. D’ailleurs, je vais leur faire un clip à chacun, car ils le méritent tout autant que les huit autres.

– Enfin, j’imagine que le prochain objectif est la scène, mais as-tu aussi dans un coin de la tête l’envie de trouver un label, sauf si continuer à évoluer en indépendant te convient pour le moment et te semble la meilleure option ?

On a fait tout le boulot d’un label. On a constitué une super équipe de RP, on a les meilleurs tourneurs, je bosse sur la partie marketing, car je suis graphiste et mon manager est à fond sur les contacts et le développement. Il connait tout le monde et il est malin. Donc à part pour faire du ‘name dropping’ et se faire pomper un pourcentage impressionnant de droits, on n’a pas besoin d’un label. Dans ce schéma-là, on maitrise tout. Je préfère. Mais il ne faut jamais dire jamais. On verra ce qui se présente. Ce qu’il nous faut à présent, c’est un tourneur pour l’international, les Etats-Unis, l’Australie, l’Asie, l’Amérique du Sud, etc…

Le nouvel album de LUCIE SUE, « Battlestation », sera disponible le 29 août sur le site de l’artiste et sur toutes les plateformes : www.luciesue.com

Photos : Xavier Ducommun (1, 2, 4) et Tisseau (5).

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Classic Rock Hard 70's

Gypsy’s Kiss : beyond time

Formé une première fois il y a 50 ans et donc juste avant la déferlante de la NWOBHM, les Britanniques auraient pu suivre cette voie royale. Mais après une longue absence, ils ont jeté leur dévolu sur un Classic Rock musclé faisant la part belle aux guitares et aux refrains bien ciselés. Avec « Piece By Piece », GYPSY’S KISS poursuit finalement son début de carrière avec une fougue de jeunes premiers, qui semblent galvaniser le sextet londonien.

GYPSY’S KISS

« Piece by Piece »

(Independant)

Chez la plupart des groupes fondés dans les 70’s, et notamment en Angleterre, on retrouve toujours cette petite part de légende, de celle qui vient s’ajouter à la grande Histoire. GYPSY’S KISS ne déroge pas à la règle. Créé dans l’Est de Londres en 1974, l’aventure s’arrête pourtant l’année suivante après quelques concerts et vierge de tout enregistrement. Seulement, le chanteur et guitariste David Smith a fondé le combo avec un certain Steve Harris à la basse. Le mythe se joue souvent sur un détail.

Réactivité en 2018 avec plusieurs membres originels, mais sans celui parti bâtir Iron Maiden, GYPSY’S KISS a sorti un  premier single (« Influence » en 2019), deux EPs (« Heart Crazed Vole And Other Talls » en 2019 avec une ressortie dans le foulée), puis l’album « 74 » paru en 2021. Après deux titres l’an dernier (« We’ve Come To Play », et « Jack For All Times ») qui figurent d’ailleurs sur « Piece By Piece », les Anglais se présentent donc avec un deuxième long format bien produit et qui garde intactes les saveurs de leurs débuts.

Fidèle à un Classic Rock intemporel tirant sur le Hard Rock et plus légèrement sur le Heavy, GYPSY’S KISS avance avec une armada de trois guitaristes, un claviériste inspiré et une rythmique groovy. Cela dit, l’ensemble ne sonne pas vraiment vintage et affiche plutôt une fraîcheur actuelle. Mélodique et accrocheur, « Piece By Piece » est abouti et soigné et ses morceaux ne manquent de diversité (« War Of The World », « Spirit Of Lost Years », « A Soldiers Tale », « Electrify Me »). A noter la belle prestation de son vigoureux frontman.