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Metal Indus

The banishment : connected Lynch

Six-cordiste hors-norme de Hard et de Heavy essentiellement, George Lynch n’est plus à une aventure et à une expérience musicale près. Avec THE BANISHMENT, l’Américain s’essaie au Metal Indus dans un style rétro-futuriste plutôt sombre. « Machine And Bone » ne réinvente pas le genre, et les puristes pourraient même être déçus, mais il présente une alternative intéressante au registre.

THE BANISHMENT

« Machine And Bone »

(Frontiers Music)

Non seulement, George Lynch nous aura tout fait, mais en plus il sait tout faire ! Si le magicien de Dokken et de Lynch Mob, reconnu justement comme l’un des plus brillants de sa génération, a multiplié (souvent avec bonheur) les collaborations, il est resté pour l’essentiel dans les domaines du Hard Rock, du Heavy Metal et parfois de la Fusion. Avec THE BANISHMENT, le guitariste s’offre d’autres perspectives.

C’est dans le Metal Indus que s’engouffre le musicien et il est une fois encore très bien épaulé. A ses côtés, Devix Szell (chant) et Joe Haze (programmation, claviers, …), deux sommités du monde Indus, ont su créer un univers lourd et maussade où plane une atmosphère très 90’s que n’auraient pas renié Filter et Nine Inch Nails. THE BANISHMENT joue la carte de la nostalgie avec talent.

Si la dominante est bien sûr Electro, on retrouve les riffs acérés de Lynch avec même quelques touches bluesy. L’étonnant et improbable trio va au bout de ses envies et le procédé est assez saisissant (« Reaction », « Max Pain », « Lost Horizon »). Et pour couronner le tout, THE BANISHMENT a invité quelques guests de marque : Richard Patrick (Filter), Tommy Victor (Prong) et Jason Charles Miller (Godhead). A découvrir !

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Thrash Metal

Praetor : bulldozor

Un pied en Lorraine et l’autre dans le Duché de Luxembourg, PRAETOR est solidement ancré dans un Thrash Metal percutant et sans détour. Rageur, le combo se montre facile dans un exercice très maîtrisé pour un premier album. Bien aidé par une riffeuse et soliste hors-pair, l’unité affichée se montre fracassante et très prometteuse. 

PRAETOR

« Praetor »

(Metal East Productions)

Forcément pour avoir œuvré dans des Tribute Bands dédiés à Metallica, Sepultura et Pantera, les influences de PRAETOR sur ce premier album éponyme sont manifestes. Et on ne va pas s’en plaindre ! Bien au contraire, les Franco-Luxembourgeois sont parvenus à élaborer un mix vraiment convaincant à travers des compositions musclées, efficaces et rentre-dedans.

Avec des tonalités Old School et directement marqué par l’héritage de la Bay Area, le quatuor a des arguments que les puristes de Thrash Metal trouveront familiers et addictifs. Composé d’Hugo Centero (guiatre, chant), Alex Guignard (batterie), Sébastien Gouttes (basse) et Noémie Bourgois (guitare), PRAETOR envoie du bois avec un savoir-faire de vieux briscards.

Ce premier effort présente une production puissante et massive, où les dix morceaux se libèrent dans un registre à la fois rugueux et sans concession. Véloce et groovy, le style de PRAETOR se détache rapidement de ses modèles avec des titres agressifs et mélodiques (« No Return », « Enemy », « Dormant Brain », « Screens », « Distant Road »). Une belle et grosse claque !

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Rock Progressif

Overhead : opened spirit

L’une des plus créatives de sa génération, la formation finlandaise a le don de présenter des albums de plus en plus originaux. Cette fois, c’est carrément avec un double-album composé de morceaux immersifs et ensorceleurs qu’OVERHEAD revient sur le devant de la scène avec une séduisante réalisation de haut vol pour ce « Telepathic Minds » teinté de musique du monde. Un modèle de finesse et de Rock Progressif intense et inventif.

OVERHEAD

« Telepathic Minds »

(Independant)

Loin d’être des inconnus pour les amateurs de musique sans frontières, OVERHEAD réalise pourtant une carrière bien trop discrète. Toujours autoproduit, le quintet sort un double-album, son sixième, et celui-ci est éblouissant de classe et de beauté. Si « Telepathic Minds » marque sans doute un summum pour les Scandinaves, il risque aussi de marquer les esprits dans le monde progressif et même au-delà.

Avec l’audace comme leitmotiv, l’histoire des Finlandais a débuté avec une trilogie où ils ont posé les jalons d’un style unique avec « Zumanthum » (2002), « Metaepitome » (2005) et enfin « And We’re Not Here After All » (2008). En l’espace de quelques années, OVERHEAD avait déjà impressionné et conquis de nombreux fans. La suite est aussi belle avec deux très bons albums studios et des concerts mémorables.

Cinq ans après « Haydenspark », c’est donc avec le majestueux « Telepathic Minds », couché dans un magnifique double-digipack, que la formation nordique continue son chemin. Sur une production exceptionnelle et tout en relief, OVERHEAD nous embarque dans un voyage d’une heure et demi à travers un Rock Progressif coloré, fait de variations en tout genre et de sonorités universelles. Un moment fort !

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Doom France Sludge

Seum : montée en puissance [Interview]

Porteur d’un Doom’N’Bass massif et puissant depuis ses débuts, SEUM a étoffé son répertoire à vitesse grand V depuis que le trio français a posé le pied à Montréal. Et depuis sa nouvelle terre d’accueil, le groupe effectue une montée en puissance assez phénoménale, qui se traduit par de nombreuses sorties discographiques en un laps de temps record. De quoi avoir la banane ! Alors que le virulent combo sort son nouvel album, « Double Double », l’occasion était trop belle pour s’entretenir une nouvelle fois avec Piotr (basse), Gaspard (chant) et Fred (batterie) que Rock’n Force suit depuis leurs débuts dans la Belle Province.

Photo : Alban Soto

– Avant de parler de « Double Double », j’aimerais que l’on revienne sur ces derniers mois où vous avez enfin pu enchaîner les concerts avec également quelques dates en France. J’imagine qu’après la période pénible de vos débuts avec la pandémie, vous commencez à trouver vos marques et à vous éclater…

Piotr: Effectivement, lorsque Gaspard, Fred et moi avons monté SEUM, on était en pleine période de Covid et on passait le plus clair de notre temps en studio. Lorsque les mesures ont commencé à s’assouplir à l’été 2021, on s’est empressé de faire découvrir notre musique en concert. Je crois même que nous avons été les premiers à organiser un concert Metal à Montréal en Juillet 2021 après le déconfinement – concert encore pirate à l’époque – c’est dire si on était motivé ! Depuis, on a enchaîné les shows sur Montréal et ses alentours et on est même venu en France faire la première partie d’ASG à Paris et quelques autres dates dans la foulée. Après avoir connu des débuts difficiles, on essaye d’en profiter au maximum.

– Avec le recul que vous avez aujourd’hui, quel premier bilan dressez-vous de votre expatriation au Québec ? La différence avec la France est-elle vraiment notable ? Les choses se font-elles plus facilement là-bas ?

Piotr : Le bilan est globalement très positif. Ça fait déjà plus de cinq ans que nous sommes là et nous avons trouvé nos marques dans nos vies quotidiennes et musicales. Malgré la langue commune, il y a des différences culturelles avec la France. On est en Amérique du Nord, un continent où la débrouille et l’entreprenariat sont très encouragés. Je pense que ça nous a influencé et nous a poussé à traiter le groupe plus sérieusement. On a investi dans notre propre matériel d’enregistrement, on produit nos disques, on organise nos concerts et nos tournées. J’ai l’impression qu’on était un peu plus passifs avec les groupes qu’on avait précédemment en France. C’est dû au changement de culture, mais aussi à l’expérience, car on est plus vieux. En revanche, je ne veux pas te faire un portrait idyllique, non plus. Pour les concerts par exemple, c’est plus facile de les organiser au Canada. Par contre, tu te débrouilles tout seul, la salle ne fait que te prêter ses locaux. En France, tu peux généralement compter sur un repas chaud, à boire et si tu as fait de la route, tu auras aussi un endroit où dormir. Ce sont deux réalités différentes avec leurs avantages et leurs inconvénients.

Gaspard : Il y a effectivement des différences entre la France et le Canada. Je dirais qu’ici rien n’arrive tout seul. Il faut en quelque sorte être l’artisan de son propre bonheur, personne ne va venir te prendre par la main. Je pense que c’est ce qu’on fait avec SEUM. On fait tout nous-mêmes, ce qui demande pas mal de temps, mais on prend beaucoup de plaisir à travailler ensemble notre musique ! Les longs hivers te donnent vraiment l’occasion de créer. Pour le côté personnel, je dirais que le Canada m’a permis d’évoluer professionnellement. J’ai enfin pu accéder à mon job de rêve : brasseur. Il faut savoir que la bière, comme la musique, est une de mes passions. Si je dois faire le bilan, je dirais que c’est positif.

Fred : Je ne m’attendais pas à autant de différence entre le Québec et la France ! On a une langue commune mais, culturellement, c’est un monde différent, en tout cas pour moi. En termes de mentalité, ça me rappelle beaucoup plus les Etats-Unis. C’est très dynamique, les choses évoluent rapidement et on a l’impression qu’il y a tout à faire. C’est un vrai paradis si tu es un peu entrepreneur et que tu veux créer quelque chose de nouveau. C’est vrai aussi pour SEUM : on s’est bâtit notre communauté tout en découvrant ce pays, un gros challenge, mais très gratifiant.

Photo : Mouad El Ykb

– Depuis vos débuts au Québec, SEUM s’est montré très actif avec le premier EP « Summer Of Seum », un split avec Fatima, suivi de l’album « Winterized », puis le « Live At The Seum Cave » et enfin « Blueberry Cash ». C’est assez surprenant une telle production en si peu de temps…

Piotr : C’est vrai qu’avec le recul, on n’a pas chômé ces dernières années. C’est dû à plusieurs choses : on a d’abord été coincé en studio avec le Covid et on avait que ça à faire que d’enregistrer ! Mais aussi, on a très vite voulu être indépendants, on s’est donc trouvé un local à nous et on a acheté du matériel pour pouvoir s’enregistrer nous-mêmes. Et puis Fred a de bonnes notions en enregistrement et mixage (en dehors de SEUM, il a mixé le dernier album de Fatima, « Fossil », par exemple). Tout ça nous a permis de pouvoir enregistrer beaucoup plus rapidement que si on avait dû aller en studio. Et puis, je ne te cache pas qu’on adore ça. Chaque projet est l’occasion de tester de nouvelles méthodes d’enregistrement, un nouveau son, de collaborer avec des gens de l’extérieur, que ce soit Greg Dawson pour « Blueberry Cash » ou John Golden pour « Double Double ».

– Et donc, vous revoilà déjà avec « Double Double », un album assez court et ramassé, mais qui tabasse une fois encore ! Vous composez très vite, ou est-ce que vous aviez déjà des morceaux de côté ?

Piotr : Un peu des deux, en fait. La majeure partie de « Double Double » a été composée très rapidement à l’hiver 2021, mais on a ensuite passé une bonne partie de 2022 à peaufiner les titres. Jusqu’à présent, on a toujours découpé notre processus de composition en deux étapes : je maquette d’abord les titres dans mon coin de manière à avoir un squelette des morceaux avec des batteries programmées, puis on rebosse avec l’ensemble en groupe. On retouche les structures, Fred s’approprie les batteries et Gaspard ajoute le chant. Le but étant d’obtenir à la fin des morceaux catchy qui sonnent presque ‘évidents’, mais c’est un long chemin pour arriver à un résultat qui nous convienne. L’avantage de cette manière de travailler, c’est aussi de pouvoir réfléchir les projets dans leur ensemble en amont, qu’ils ne soient pas qu’un enchaînement de titres. Sur « Double Double », encore plus que sur « Winterized », on a voulu que l’album puisse s’écouter à la suite et on a donc composé les titres en conséquence.

Photo : Mouad El Ykb

– Dites-moi si je me trompe, mais ce deuxième album sonne assez Punk dans l’énergie déployée et dans le chant notamment. Est-ce à dire que vous êtes en train de faire bouger les lignes ? De passer d’un Sludge Doom à un registre plus rapide ?

Piotr : L’album est définitivement plus direct et plus Punk. Si « Winterized », composé en plein confinement, était lourd et oppressant, « Double Double » lui est extraverti et énergique. Les nombreux concerts qu’on a donnés et les réactions du public ont eu une influence sur les morceaux. Par contre, ce n’est pas un virage définitif. On admire beaucoup des groupes comme Boris ou les Melvins qui, bien que liés à la scène Metal et Sludge, sont complètement imprévisibles d’un projet à l’autre. Et un virage à 180 degrés pour le prochain projet n’est pas impossible…! (Sourires)

– Est-ce que le fait d’ouvrir le groupe en faisant produire vos morceaux par quelqu’un comme John Golden vous a fait prendre conscience de nouvelles possibilités, d’ouverture et peut-être de champ d’action que vous n’aviez pas pensé explorer jusqu’à présent ?

Piotr : La collaboration avec John Golden est née d’un besoin, mais aussi d’une envie des fans que nous-sommes, associer notre ‘petit’ groupe à l’ingé-son qui a masterisé des groupes aussi légendaires que les Melvins, Sleep, OM, Weedeater, Sonic Youth, Soundgarden et j’en passe… C’est un sacré kiff ! Je pense que la grosse révélation de cette collaboration est qu’on s’est rendu compte que le mastering est une étape essentielle de la production. Elle ouvre la porte à des sons qu’on n’aurait pas imaginé obtenir pour les productions à venir.
Fred : John a vraiment fait un travail incroyable sur notre album et en un temps record. Quel talent ! Cela m’a aussi permis de gagner du temps au mixage, car je savais que le mastering était entre de bonnes mains. Typiquement, cela me prend beaucoup de temps d’écouter le mix sur plein de systèmes différents (écouteurs, enceintes, voiture, …) pour être sûr que le tout est bien équilibré. Mais John sait faire ça plus efficacement avec toute l’expérience acquise et son studio dédié.

Photo : Mouad El Ykb

– « Double Double » bénéficie donc d’une production beaucoup plus soignée et peut-être même plus ‘ronde’. Qu’est-ce qui a changé à ce niveau-là ? Vous aviez besoin de faire évoluer votre son ?

Fred : Sur cet album, le processus d’enregistrement était assez proche de « Winterized », si ce n’est qu’on a changé l’ampli basse pour un bon gros Orange. Ce qui fait la grosse différence, c’est d’avoir fait appel à John Golden pour le mastering, comme on le disait plus haut. Pour lui laisser le plus de possibilités, j’ai mis très peu de compression sur mon mix. La compression est une étape super importante pour obtenir un gros son, mais si c’est mal fait, on perd en dynamique et en clarté… Avec John aux manettes, on savait qu’il nous ferait un master dynamique et impactant, tout en gardant une bonne épaisseur. Grâce à son expertise, il a su aussi corriger tous les petits défauts d’équilibrage de fréquence pour que l’écoute ne soit pas fatigante et que tous instruments restent lisibles. Comme tu dis, le rendu est donc plus soigné, un vrai step en qualité pour nous.

– Cette nouvelle production amène aussi beaucoup de groove à votre jeu. J’ai l’impression que cette étiquette ‘Doom’N’Bass’ prend enfin toute son ampleur. C’est aussi votre avis ?

Piotr : L’étiquette Doom’N’Bass est née spontanément lorsqu’on a commencé le groupe et elle vit sa propre vie depuis. (Sourires) Elle décrit finalement assez bien notre son et elle se révèle encore plus sur « Double Double ».

Fred : Pour moi, cet album est plus varié dans les ambiances… Parfois quasiment Punk, parfois plus Rock, mais toujours Sludge… On varie davantage notre répertoire avec des morceaux qui prennent leur temps comme « Seum Noir » et des rafales comme « Dollarama ». C’est peut être ça le groove, quand il y a du contraste ! Surtout en opposition avec l’approche Doom Metal classique où les morceaux sont dans la lourdeur monolithique… Ce que l’on fait sur le morceau éponyme d’ailleurs, mais on n’abuse pas de cette carte, pour que l’auditeur ait envie de rejouer l’album encore et encore.

Photo : Alban Soto

– Maintenant que vous avez un répertoire conséquent, quel est le programme ? Est-ce que vous envisagez de multiplier les concerts, d’éventuellement aller vous produire en dehors du Canada ? Ou d’aller voir à l’Ouest aussi, car le pays est grand…

Piotr : Après Montréal et la France, on a effectivement décidé d’élargir notre champ d’action. Nous ferons nos premiers concerts aux Etats-Unis début avril et nous enchaînerons aussi sur une tournée en Ontario avec des concerts, entre autres, à Toronto et Ottawa début mai. On a hâte de partager notre musique avec ce nouveau public !

– J’aimerais aussi que vous nous parliez du visuel, qui a une part importante chez SEUM. Là encore, vous avez fait fort. Avec qui avez-vous travaillé et comment se passent toutes ces collaborations, qui sont toujours très étroites entre vous et les autres artistes ?

Piotr : Ravi que la pochette de « Double Double » te plaise, on l’aime beaucoup aussi ! Elle a tendance à diviser ce qui était dans nos intentions. On voulait un visuel atypique pour du Metal, qui puisse aussi bien correspondre à du Punk, de la Pop ou n’importe quel autre style de musique. On a la chance d’avoir pas mal de dessinateurs et d’artistes dans notre entourage, on aime aussi partir à la découverte d’artistes méconnus, comme ce fut le cas pour Fadzee, le dessinateur malaysien qui a fait la pochette de « Blueberry Cash ». Dans le cas de « Double Double »,  on a collaboré avec un ami, Gorka Uztarroz, qui avait déjà fait la pochette de notre split avec Fatima. On est arrivé avec le titre de l’album et quelques propositions de concepts  qui, avec le recul, n’étaient pas vraiment terribles. On avait en référence la pochette de « Houdini » des Melvins. Gorka nous a poliment écouté et est revenu avec sa propre proposition, un personnage au visage ‘double’, qui nous a immédiatement convaincu. On a ensuite itéré autour du concept avec d’abord l’idée d’intégrer des vrais bâtiments caractéristiques de Montréal, puis d’avoir des sets de couleurs différentes suivant les versions : orange pour le digipack, vert pour le vinyle et enfin faire que ces deux versions se répondent (l’album sur le Billboard au verso de la version digipack est la version vinyle et vice-versa), etc… On trouve que l’identité visuelle d’un album est importante et on y investit autant de temps et d’efforts que dans la musique.

– Enfin, vous êtes toujours fidèles à une confection et une conception DIY de votre musique. Est-ce que le travail avec John Golden vous a donné des envies de signature sur un label, par exemple, ou l’idée n’a pas encore fait son chemin ?

Piotr : Tu n’es pas le premier à nous le demander. Tout faire en indépendant nous permet de prendre des décisions atypiques et d’être à 100% aux commandes du groupe. La pochette de « Double Double » en est un exemple, mais il y a d’autres cas. Pour promouvoir l’album, on a passé des nuits à parcourir Montréal et peindre des pochoirs SEUM aux quatre coins de la ville. On a ensuite organisé un concours pour nos fans consistant à prendre les pochoirs en photo et les partager sur leurs réseaux sociaux pour, finalement, récompenser ceux qui en auraient trouvé le plus. Pas sûr qu’un label nous aurait suivi sur une idée aussi loufoque ! Mais on n’est pas fermés à l’idée d’un label sur le principe, il faudrait rencontrer une équipe de gens aussi tordus que nous. Ce n’est pas une mauvaise manière de conclure l’interview d’ailleurs : vous avez un label ? Vous aimez faire tout le contraire de ce qu’il faudrait faire ? Contactez-nous !

Retrouvez SEUM sur son Bandcamp : https://seumtheband.bandcamp.com/

Et SEUM sur Rock’n Force, ça fait aussi un moment que ça dure !

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Southern Rock

Robert Jon & The Wreck : the new southern establishment

Finalement, l’ascension du groupe de Southern Rock n’aura pas été tellement longue. Cela dit, avec de telles productions, il était difficile de les imaginer se morfondre bien longtemps dans leur fief  d’Orange County en Californie. Il y a si longtemps que l’on attend que ce style si familier et chaleureux, que d’aucun pense d’ailleurs à tord éteint, ne reprenne des couleurs et affiche de nouvelles ambitions. C’est dorénavant chose faite : ROBERT JON & THE WRECK est dans la place ! 

ROBERT JON & THE WRECK

« One Of A Kind »

(Journeyman Records)

Robert Jon Burrison, guitariste et chanteur, me confiait dans une interview récente (lire ci-dessous), son groupe allait livrer de nouveaux morceaux par différents biais dans les semaines qui suivaient notre entretien. Promesse tenue avec « One Of A Kind », un EP de quatre morceaux où ROBERT JON & THE WRECK se fait plaisir comme pour fêter sa signature avec l’une des entités du label de Mr Joe Bonamassa, Journeyman Records. Ca aussi, vous l’aviez appris ici même…

Alors que ROBERT JON & THE WRECK enflamme son pays, comme toute l’Europe, depuis de longs mois, c’est une petite gourmandise bien sudiste que nous livre le quintet. Et il serait dommage de ne pas s’en délecter d’autant que les Américains du sud de la Californie ont enregistré ces quatre titres aux côtés de grands noms. Jugez plutôt, « One Of A Kind » est produit par le duo Don Was (Bonnie Raitt, John Mayer) à Los Angeles et par David Cobb (Blackberry Smoke, Rival Sons) à Nashville.

Très prolifiques, les musiciens entament donc un nouveau chapitre de leur carrière sans pour autant cesser de tourner… bien au contraire ! Fougueux sur « Come At Me », plus roots sur « Pain No More », presqu’Americana sur « Who Can You Love » et hyper-Rock sur le morceau-titre, ROBERT JON & THE WRECK passe en revue un Southern Rock qu’il maîtrise totalement, mais qu’il se permet aussi de renouveler là où d’autres, et non des moindres, se cassent un peu les dents. On ne parle plus de relève, c’est le nouvel establishment !

Enfin, et en clin d’œil à mes amis de la Salle Cap Caval qui ont du avoir le même nez et surtout le même coup de coeur que votre serviteur, sachez que l’ardant combo se produira le 29 septembre prochain dans mon beau Pays Bigouden en Bretagne qui prendra, le temps d’une soirée qu’on imagine déjà magique, des allures de western… ce qu’il est déjà un peu d’ailleurs… Un concert à ne surtout pas manquer ! (les billets sont déjà en vente : www.seetickets.com/fr/d/event/robert-jon-the-wreck/salle-cap-caval/9478321).

Photo : Rob Blackham

Retrouvez les deux interviews accordées à Rock’n Force en 2021 et en 2022 :

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edito

Dans le même sens… encore et toujours ! [Edito]

Après une pause contrainte pour des causes diverses, Rock’n Force va reprendre du service, plus passionné et déterminé que jamais. Il n’y a aucune raison d’arrêter, puisque le site a su s’imposer grâce à une ligne éditoriale sans compromission et des choix artistiques assumés et que vous semblez apprécier, si j’en crois les ‘statistiques’. Cela dit, quelques mises au point et quelques explications sont nécessaires pour continuer d’aller de l’avant et de mettre les choses au clair. Car la coupe est pleine… et elle commence même à bien se fissurer.

Depuis un peu plus de deux ans maintenant, Rock’n Force essaie de se distinguer de ses amis confrères avec l’intention de ne justement pas faire la même chose. Peu de webzines (terme que je déteste d’ailleurs !) osent proposer du Metal et du Blues, du Stoner et du Progressif ou du Rock et du Hard/Heavy. Et cet éclectisme est une preuve d’ouverture d’esprit, selon moi. C’est ce qui me guide, car seule la qualité musicale importe à mes yeux… et ce depuis le tout début. On ne va pas manger le même plat tous les jours, si ?

Par ailleurs, vous n’êtes pas sans savoir que j’ai fait un appel au don il y a quelques semaines. Devant un succès dû à un flux de plus en plus conséquent, Rock’n Force doit changer de structure technique et grossir. En plus des 1.200 articles et interviews, le nombre croissant de visites a saturé la base de données. Si j’ai reçu quelques soutiens de votre part, amis lecteurs, et de quelques groupes indépendants qui ont de la mémoire, le compte n’y est toujours pas. Et je me refuse toujours à inonder le site de publicités comme le font les autres.

Alors, j’ai ensuite sollicité les attachés-de-presse avec qui je travaille au quotidien. Là aussi, deux indépendants ont répondu présents. Je vais donc procéder à un ménage en règle. Comme on dit : ‘crevard un jour, crevard toujours !’. Certaines sociétés, et anciennement partenaires, sont donc bannis de Rock’n Force. Le plus désolant est bien sûr pour les groupes qui sont si mal représentés et qui paient même pour ça. Je vais donc procéder comme souvent, directement par les artistes. Et ça évite de passer par d’inutiles intermédiaires.

Enfin, pour pouvoir éditer de nouveau sur le site, j’ai dû supprimer certaines publications. Elles étaient bien sûr le fruit de collaborations avec ces mêmes attachés-de-presse. Ce qui me met en rage, c’est leur manque de solidarité et leur quasi-mépris, alors que je travaille gratuitement pour eux ! Mais c’est terminé ! Il n’y a rien à attendre d’eux, donc je vais en faire de même. Voilà les amis, il manque encore quelques dizaines d’Euro pour pérenniser Rock’n Force une bonne fois pour toutes, car cette donation est ponctuelle, pour rappel.

Si vous souhaitez m’aider à faire vivre le site pour qu’il ne dépende plus d’un système qui ne voit que son propre intérêt et son nombril, un onglet se situe à droite en haut de la page d’accueil (« Devenez mécène »). J’espère ainsi retrouver une tranquillité d’esprit et mon habituelle sérénité le plus rapidement possible. Ma démarche sera de plus en plus axée sur les productions indépendantes, qui n’ont rien à envier aux catalogues fadasses des gros labels. La ‘mission’ de Rock’n Force a été toujours été de soutenir la musique de qualité.

Un grand merci à vous et surtout n’hésitez pas à en parler autour de vous et à partager le lien destiné aux dons. Rock on and fuck the marketing !

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Blues Rock Southern Blues

Harlem Lake : sensible et virtuose

Avoir autant de talent et de créativité dès ses débuts, c’est suffisamment rare pour être souligné. Le Southern Blues Rock teinté de Soul de HARLEM LAKE est aussi fin et pertinent qu’il est techniquement irréprochable et irrésistible. Après un  premier opus de haut vol, les Néerlandais présentent « Volition Live », dont la qualité de la captation est le parfait reflet de leurs très belles compositions.

HARLEM LAKE

« Volition Live »

(Independant)

Découvert il y a deux ans lors de la sortie de leur excellent premier album, « A Fool’s Paradise Vol.1 », les Hollandais ne cessent depuis de faire parler d’eux et l’aventure de cette jeune formation prend une très belle tournure. Auréolé d’une victoire à l’European Blues Challenge l’année dernière, HARLEM LAKE n’a pas attendu un deuxième enregistrement studio pour livrer déjà un premier opus live.

Enregistré le 27 août dernier au Culemborg Blues Festival aux Pays-Bas, « Volition Live » montre le groupe en pleine possession de ses moyens et surtout incroyablement inspiré. La scène révèle HARLEM LAKE avec éclat et les compositions de « A Fool’s Paradise Vol.1 » prennent une ampleur et un volume déjà perceptibles sur l’album. Et une autre surprise attend encore l’auditeur.

En effet, c’est en version XXL que le groupe s’est produit ce soir-là avec le soutien de choristes et d’une session cuivre qui vient augmenter le groove déjà l’œuvre sur les versions originales. Porté par la voix pleine d’émotion de Janne Timmer, le feeling de Sonny Ray à la guitare, des parties d’orgue Hammond de Dave Warmerdam et par une rythmique imparable, HARLEM LAKE prend un envol majestueux d’une classe monumentale.

Photo : Rob van Dalen
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Glam Metal Sleaze

Steel Panther : delicatessen

Bourrés d’humour et musicalement irrésistibles, les Américains continuent de perpétuer l’héritage flamboyant de l’époque bénie où le Sunset Strip de Los Angeles donnait le ton à un style qui marquerait définitivement le Hard et le Heavy. STEEL PANTHER joue sur ces mêmes extravagances et ne s’encombrent d’aucune limite sur ce « On The Prowl » plein d’énergie et de quelques clichés toujours amusants.

STEEL PANTHER

« On The Prowl »

(Independant)

Considéré par certains comme un groupe parodique, il faut bien reconnaître que STEEL PANTHER a su s’imposer sur la scène mondiale et ce sixième album vient confirmer l’évidence. Certes, le Glam Metal du quatuor de Los Angeles ne vient absolument rien bouleverser, mais il présente l’avantage de très bien reprendre des recettes qui ont déjà fait leurs preuves. Une plongée de 40 ans dans le passé en forme de gourmandise.

Savant mélange de Hard et de Heavy US, STEEL PANTHER entretient le mythe avec panache sur des morceaux aussi fougueux qu’emprunts d’une poésie toute personnelle (« Never Too Late (To Get Some Pussy Tonight) », « Put Your Money Where Is My Mouth », « Is My Dick Enough ? » et le délicat « Magical Vagina »). On ne se refait pas et les Californiens n’ont donc pas changé de logiciel pour continuent à donner dans le raffiné.

Il y a une petite nouveauté tout de même ! « On The Prowl » consacre également l’arrivée de Spyder à la basse aux côtés des inamovibles Starr (guitare, chant), Satchel (guitare) et Stix (batterie). Ca ne change pas grand-chose à l’ADN ou au style de STEEL PANTHER, mais ça va mieux en le disant ! En conclusion, nos lascars livrent un album joyeux, irrévérencieux bien sûr et terriblement accrocheur.  

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Alternative Metal

Godsmack : changement de trajectoire

Si les riffs sont toujours massifs, les solos flamboyants, la rythmique groove et tendue et le chant perçant et captivant, GODSMACK s’apprête pourtant à changer de cap. « Lighting Up The Sky » est annoncé comme sa dernière réalisation studio. Et si c’est le cas, la formation laissera un puissant témoignage et une empreinte forte dans le monde du Hard Rock et de l’Alternative Metal.

GODSMACK

« Lighting Up The Sky »

(BMG)

GODSMACK, par la voix de son leader Sully Erna, l’a annoncé : il ne mettra plus les pieds dans un studio. Cette décision forte intervient après 27 ans de carrière et a de quoi surprendre. A l’heure où de nombreux groupes, et non des moindres, voient leurs tournées s’annuler, le quatuor a décidé de se consacrer à la scène et partagera donc sa musique de manière différente. On peut par conséquent s’attendre à quelques surprises.

A en croire les Américains, « Lighting Up The Sky » se présente comme leur ultime album. Et très franchement, à l’écoute du huitième opus du combo du Massachusetts, il y a de quoi nourrir des regrets… et pas qu’un peu ! L’Alternative Metal de GODSMACK est toujours incisif et accrocheur et les teintes de Hard Rock apporte ce côté tellement organique qui fait sa force. Quant à la production, elle reste exceptionnelle bien sûr.

Typiquement US dans le son comme dans la forme, « Lighting Up The Sky » regorge de titres pêchus et musclés comme ceux qui ont marqué la discographie de ce monument de la scène américaine (« You And I », « Red White And Blue », « Hell’s Not Dead », « Let’s Go » et le génial « Surrender »). Mais GODSMACK sait aussi donner dans la profondeur et l’émotion (« Best Of Times », « Growing Old », « What About Me », Truth »). Il va manquer !

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Heavy metal

Manigance : sans frontières

Alors qu’ils auraient pu surfer encore un peu sur « Le Bal Des Ombres », où ils ont montré de bien belles choses, les musiciens de MANIGANCE se sont donné un nouveau challenge. En réarrangeant et surtout en interprétant ce dernier album en anglais, l’objectif est clairement affiché : s’exporter le mieux possible au-delà de nos frontières. Si certaines tentatives se sont révélées plutôt approximatives, celle des compagnons de François Merle s’avère très convaincante.

MANIGANCE

« The Shadows Ball »

(Rockshots Records)

Il y a un an, presque jour pour jour, MANIGANCE sortait « Le Bal Des Ombres » (Verycords) et amorçait un retour fracassant avec un registre riche et très bien arrangé. Très Heavy et surtout porté par sa nouvelle chanteuse Carine Pinto, en lieu et place de Didier Delsaux, et juste après la sortie de « Machine Nation » en 2018, l’album avait reçu un bel accueil et le groupe a livré quelques concerts mémorables. Très à l’aise dans cette nouvelle formule où le chant féminin apporte un vrai plus, le groupe a pris une nouvelle envergure.

A l’aube d’une tournée européenne avec les Italiens de Rhapsody Of Fire, le quintet a eu la riche idée de réinterpréter son dernier opus, cette fois en anglais. L’objectif est bien sûr de communier plus facilement avec le public et aussi de s’ouvrir des portes à l’international que le chant en français ne permet souvent pas. Et MANIGANCE a vu juste car, devenu « The Shadows Ball », la neuvième réalisation des Pyrénéens présente une saveur, certes différente, mais tout aussi à propos et surtout bluffante à bien des égards.  

Armé d’une puissance vocale à la fois sensuelle et solide, le combo perpétue un Heavy Metal aux reliefs Old School penchant vers un Power très moderne avec une vigueur de chaque instant et tout en conservant son identité première. Sur une production de son guitariste François Merle, MANIGANCE réussit parfaitement l’adaptation de son disque dans la langue de Shakespeare, et celle-ci offre même beaucoup de volume à plusieurs morceaux. Les Français nous font traverser une multitude d’ambiances avec une belle assurance.