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Americana Blues Rock International

Jax Hollow : la force de l’instinct [Interview]

Jeune artiste complète basée à Nashville, JAX HOLLOW est une musicienne dont la musique délivre une folle énergie et, par-dessus tout, une réelle et palpable sincérité. Authentique et directe, la guitariste et chanteuse écume les scènes américaines comme européennes depuis un moment déjà. Pointilleuse et perfectionniste, elle se trouve actuellement en studio pour l’enregistrement de son troisième album à paraître dans quelques semaines. L’occasion de faire un point avec elle sur ses nouvelles compostions et plus largement sur sa vision artistique. Entretien.

– Tout d’abord, parlons de ce moment un peu particulier, puisque tu es actuellement en studio pour l’enregistrement de ton troisième album, qui sera terminé fin-septembre. Alors comment cela se passe-t-il pour le moment ?

Tout d’abord merci de m’avoir invité ! Nous en sommes à peu près à la moitié de l’enregistrement du nouvel album et ça se passe très bien jusqu’à présent. Il est en préparation depuis un peu plus d’un an maintenant. Beaucoup de chansons ont été écrites, mais seule une poignée d’entre-elles ont émergé. Et même certaines, qui sont encore en cours de préparation, ne sont pas garanties de parvenir jusqu’aux oreilles des gens.

– Pour « Only The Wild One », tu étais accompagnée de musiciens brillants et expérimentés. A priori, tu as changé d’équipe pour ce nouvel album. Est-ce que tu peux nous les présenter et nous expliquer un peu de quelle manière tu as choisis le groupe qui joue à tes côtés cette fois ?

Bien sûr, j’essaie une nouvelle approche pour le nouvel album et il met en vedette mon groupe de tournée cette fois. J’ai emmené ces gentilshommes autour du monde avec moi et je voulais capturer l’alchimie que nous avons sur scène, en studio. Il y a donc Michael Lupo, qui est diplômé du Berklee College Of Music de Rhode Island et qui, non seulement joue de la batterie, mais compose aussi de la musique. Puis, j’ai Taylor Tuke aux claviers et aux chœurs. C’est un artiste incroyable, ainsi qu’un instrumentiste accompli, jouant du piano, de la guitare et de la basse. Il est originaire du Colorado. Ensuite, j’ai aussi les meilleurs de Nashville pour d’autres parties, notamment Tim Marks à la basse, Smith Curry à la Steel et Ross Holmes au violon, et encore d’autres à venir !

– On l’a dit, tu vas bientôt terminer les sessions d’enregistrement de ce nouvel album. Comment est-ce que tu procèdes ? Y a-t-il encore une part de créativité, d’écriture et peut-être d’imprévu en studio, ou est-ce que tout est soigneusement calé à l’avance avec une idée bien précise de ce que tu souhaites obtenir ?   

J’avais soigneusement planifié chaque étape de ce disque et j’ai depuis tout jeté par la fenêtre. Il n’y a tout simplement pas de bonne façon d’aborder l’art. Vous pouvez tout guider, vous pouvez travailler sur une chanson pendant des mois, l’aimer inconditionnellement, puis l’abandonner totalement pour des raisons imprévues. J’ai laissé tomber le contrôle, je m’accroche maintenant aux rênes et je vois dans quelle direction elles bougent naturellement. Puis, j’essaie d’attraper cette étincelle. Je la suis, j’essaie de rester fidèle à l’intention originale de chaque chanson lors de la création. Ensuite, je mets les meilleurs créatifs que je connais au premier plan et nous comptons tous activement sur notre instinct et notre talent pour créer le bon espace pour que chacun puisse respirer.

– Tu viens de sortir un premier single, « Don’t Call Me Baby », qui est une belle ballade. Pour ton album précédent, c’était « Wolf In Sheepskin », une chanson également très calme. Tu aimes bien dévoiler les aspects peut-être les plus tendres, tranquilles et les plus sensibles de tes albums au public avant des titres plus nerveux et plus Rock ?

Ce ne sont peut-être que des coïncidences, mais je vois tout à fait ce que tu veux dire. Je me suis dit que le premier single de ce nouvel album devait être rythmé et entraînant. Puis j’ai réfléchi un peu plus et je suis arrivée à la conclusion : je ne suis pas sur un label. Rien de ce que je fais n’est jamais conforme aux habitudes de toute façon. Je n’ai donc pas à me conformer à l’idée qu’on ne publie jamais une ballade pour une premier single. Alors, j’ai encore suivi mon instinct. J’avais un fort sentiment à propos de « Don’t Call Me Baby ». C’est tellement brut, réel et intime. Je crois en cette chanson dans son ensemble.

–  D’ailleurs, je crois que tu n’as pas encore dévoilé le titre de ce troisième album. Est-ce que l’on peut savoir comment il s’appellera et surtout quand est-ce que sa sortie est prévue ?

Je pense que je l’appellerai « Come Up Kid ». C’est une biographie des deux dernières années de ma vie. De la standing-ovation en ouverture de Melissa Etheride au ‘Ryman Auditorium’ de Nashville jusqu’à la nuit à dormir dans ma voiture.

– J’aimerais qu’on fasse un petit flashback sur ton premier disque « Underdog Anthems », qui était très Rock. « Only the Wild One » avait une toute autre sensibilité et un aspect plus travaillé peut-être sur les arrangements et plus produit aussi. Est-ce que, justement, cela correspondait à des moments très différents en termes d’intensité dans ta vie personnelle et qu’on a retrouvé à travers tes chansons ?

J’avais une certaine colère sur « Underdog Anthems ». Depuis, j’ai été un peu humiliée par la vie, par l’industrie de la musique, par le monde… Chaque album est le reflet de l’endroit où se trouve un artiste à ce moment-là, mais celui-ci est différent. Cette fois, je n’ai pas peur de creuser certaines choses jusqu’ici désordonnées. Je ne suis pas opposée à prendre le long chemin du retour, je n’ai plus peur de ce qu’ils pensent. J’ai été sauvage trop longtemps. J’ai été sur la route à travers le monde, j’ai eu le cœur détruit et puis j’ai eu des aperçus de l’amour le plus incroyable que je n’ai jamais trouvé… il y a beaucoup de choses à creuser dans la vie de nos jours à travers la musique.

– « Only The Wild One » avait apporté un véritable vent de fraîcheur avec un style désormais identifiable fait de Classic Rock, de Blues et d’Americana sur un chant très personnel. Doit-on s’attendre à une certaine continuité avec ce nouvel album ?

La continuité est l’objectif, mais je me laisse davantage aller sur les chansons cette fois-ci. Je ne vais pas écrire un morceau Classic Rock juste pour en avoir un. Il faut que cela me plaise. J’ai déjà écrit des chansons de Heavy Rock pour cet album qui ne verront pas le jour, car elles ne m’ont pas donné cette confiance à 100 % pour que je croie réellement en elles.

– Tu es musicienne, chanteuse et compositrice. De quelle manière est-il plus naturel pour toi de faire passer des émotions à travers ta musique ? Plutôt par la voix, ou avec ta guitare ?

J’ai eu la chance d’étudier cette forme d’art dans des conditions intenses et de poursuivre ce voyage au-delà des murs du Berklee College Of Music et dans le monde réel. Celui-ci ne se soucie pas du fait que vous puissiez écrire à des moments inhabituels, ou jouer des gammes diminuées en ‘sweep picking’ sur le manche de votre guitare. Je pense que ce dont le monde a besoin aujourd’hui, c’est d’un sentiment d’unité, peut-être d’un certain soulagement  ​​dans le contexte d’une impression moins solitaire. Lorsque quelqu’un s’ouvre à une vulnérabilité totale, ou dit quelque chose sans s’excuser, je pense que cela inspire une réaction en chaîne. J’aimerais inviter les gens à aller à contre-courant et dans tous les aspects de la vie.

– Sur « Don’t Call me Baby », il y a le violon de Ross Holmes, qui apporte une touche légèrement Country. Etant originaire et résidente de Nashville, j’imagine que la tentation est grande tant la Country Music y est présente. Est-ce un domaine musical que tu as envie d’explorer, car il y a beaucoup d’effervescence dans le style depuis un moment déjà aux Etats-Unis et qui se propage ailleurs ?

La Country/Americana est un genre que j’explore, c’est vrai. Je suis à Nashville depuis un certain temps et je l’ai certainement intégré à mon style Et puis, cette fois-ci, je ne m’en tiens pas strictement au Rock. Je ne me suis jamais vraiment limité au Rock de toute façon, même sur « Underdog Anthems ». J’avais sorti une chanson Country toute simple sur l’album, « Drift Together », et je pense qu’il était facile de me mettre dans cette catégorie à ce moment-là. C’était Michael Wagener qui avait produit ce disque et il ressemble à ses disques de Hard Rock emblématiques. Cela dit, mes héros suivent de toute façon des chemins différents à travers les genres, donc tout ça peut être un peu flottant de toute façon.

–  On le sait, tu es vraiment dans ton élément lorsque tu es sur scène et on a vraiment l’impression que c’est le lieu de toutes les émotions pour toi et ta musique. Est-ce que pour ce nouvel album, tu te projettes déjà sur le rendu scénique au moment de la composition, ou c’est quelque chose qui arrive plus tard ?

J’adore être sur scène, c’est vrai ! J’ai eu la chance de jouer dans quelques grands festivals cet été et mes préférés ont été ceux de Blues en Belgique et aux Pays-Bas ! Faire une tournée avec les garçons a ouvert de nombreuses portes sur le plan créatif et nous voulons maintenant capturer un peu de cette magie en studio. Nous testons les nouvelles chansons depuis environ un an maintenant, elles sont donc presque prêtes à être enregistrées. Mais nous sommes aussi catégoriques sur le fait que chacune d’entre elles doit être parfaite. Donc, nous les réenregistrerons donc autant de fois que nécessaire.

– Tu enchaînes les concerts toute l’année, y compris en Europe où tu es venue à plusieurs reprises. D’ici, on imagine le terrain de jeu américain gigantesque et surtout peut-être plus réceptif à ta musique, qui n’est pas réellement notre culture. Y a-t-il des choses spéciales lors de tes tournées en Europe au niveau du public notamment ? Est-ce que ta musique est perçue de la même manière des deux côtés de l’Atlantique ?

Nous sommes mieux reçus à l’étranger. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Nous ADORONS le public européen : il est très attentif et il n’a pas peur de s’amuser ! Je ne connais pas les raisons pour lesquelles le marché européen est meilleur pour nous. Peut-être que le public apprécie davantage la vraie musique, les gens qui jouent de leurs instruments, sans pistes enregistrées… ?

– Pour conclure, j’aimerais que tu me dises pour quelles raisons tu restes une artiste indépendante. Est-ce que c’est un désir de pouvoir contrôler ton processus créatif dans son entier et parce qu’aujourd’hui un label a moins d’impact qu’auparavant, ou plus simplement parce qu’il est plus difficile d’être signé en raison d’une situation devenue peut-être saturée ?

C’est une bonne question. J’ai ma petite idée là-dessus… Je vais en poser juste une : je peux être difficile à cerner en termes de genre ou de style. Les labels n’aiment plus prendre de risques. C’est vraiment dommage. J’ai beaucoup d’amis à Nashville qui composent de la bonne musique et il y a 30 ans, je parie que tous auraient été signés. C’est franchement un acte solitaire d’essayer de tout faire soi-même, mais je ne suis plus seule maintenant. J’ai rassemblé des gens formidables autour de moi. Et nous avons trouvé la solution de manière très simple : saisir la vie par les couilles au lieu d’attendre que quelque chose se passe. J’ai eu un label qui m’observait pendant que les gens tapaient sur les bancs du ‘Ryman Auditorium’ pendant deux minutes d’affilée pour une standing-ovation. C’était en première partie de Melissa Etheridge. Et ils m’ont TOUJOURS laissé tomber. Donc s’ils attendent juste que je devienne ‘rentable’, alors je passerai mon tour…

Le single « Don’t Call Me Baby » du prochain album de JAX HOLLOW est déjà disponible sur les plateformes et retrouvez-la aussi sur son site :

www.jaxhollow.com

Photos : Jon Duncan Photography (2 – 3 – 5)

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Psych Stoner Doom Stoner Prog

Fostermother : une aventure éblouissante

Doté d’une incroyable créativité, FOSTERMOTHER se présente avec « Echo Manor » où il parvient encore à surprendre, grâce à un subtil alliage de Stoner et de Rock, de Doom et de Psych, le tout dans une atmosphère progressive éclatante. Très bien produit, le digne successeur de « The Ocean » s’annonce comme l’une des pièces maîtresses de la discographie des Américains. Un modèle de diversité et une ouverture musicale totalement maîtrisée et envoûtante.

FOSTERMOTHER

« Echo Manor »

(Ripple Music)

Depuis sa formation en 2019, le combo de Houston ne cesse de surprendre. Dès son premier album éponyme l’année suivante, FOSTERMOTHER a su s’imposer jusqu’à signer chez Ripple Music qui a sorti « The Ocean » et mis tout le monde d’accord. Sur une base Stoner Doom, le power trio continue ses expérimentations et avec « Echo Manor », le leader et fondateur Travis Weatherred (chant, guitare, claviers), Stephen Griffin (guitare, basse, claviers) et Jason Motamedi (batterie) explorent de nouvelles contrées musicales.

Tout en évoluant au fil de ses réalisations, FOSTERMOTHER réussit pourtant à imprimer sa personnalité artistique, même si les grands écarts sont nombreux depuis ses débuts. Dans ce cas, difficile de définir précisément le style des Texans. Sur « Echo Manor », leur Stoner Rock s’engouffre dans des territoires Psych et surtout progressifs, lorgnant même du côté du post-Rock avec des passages très aériens. Ce nouvel opus est de loin le plus trippant des trois et l’invitation à ce voyage étonnant et varié est franchement irrésistible.

Si le Doom de FOSTERMOTHER s’est vraiment éclairci, il n’en demeure pas moins véloce et puissant. Très bien ciselé, cette troisième production joue sur les ambiances, multiplie les tempos et offre une palette de riffs à la fois racés et mélodiques. Intenses, les nouvelles compos ne font pas l’impasse sur l’aspect occulte que le groupe cultive depuis toujours (« Wraith », « All We Know », « King To A dead Tree », « In The Garden Of Lies » et l’excellent morceau-titre). Avec beaucoup d’élégance, « Echo Manor » est littéralement brillant.

Retrouvez les chroniques des deux premiers albums :

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Blues Rock Classic Rock Soul

Brave Rival : l’envol

La scène Blues Rock anglaise ne s’est rarement aussi bien portée que ces dernières années avec l’émergence d’artistes rafraîchissants et créatifs. Et BRAVE RIVAL en fait bien sûr partie, grâce à des compositions pleines d’émotion où le British Blues côtoie le Rock et la Soul pour s’élever dans des sphères puissantes et accrocheuses. Les deux chanteuses sont évidemment l’une des forces de la formation, mais c’est surtout la complicité artistique et le feeling très palpable de l’ensemble qui dominent cet ensemble soudé et harmonieux sur « Fight Or Flight ».   

BRAVE RIVAL

« Fight Or Flight »

(Independant)

Mis en lumière il y a seulement deux ans avec un somptueux premier album, « Life’s Machine », suivi de près par un « Live At The Half Moon » époustouflant en live, BRAVE RIVAL n’avait pas mis très longtemps à se faire remarquer. Nominés aux UK Blues Awards dans la foulée, les Britanniques ont donc un rang à tenir et « Fight Of Flight » est attendu avec une certaine impatience. Et même s’ils ont déjà dévoilé pas moins de cinq singles, il reste des surprises… sept exactement ! Et sur les 50 minutes proposées, on passe littéralement par toutes les sensations.

Toujours aussi chevillé à son indépendance, BRAVE RIVAL est à nouveau passé par une campagne de crowdfunding pour financer son deuxième opus. Encore très bien produit, on retrouve les mêmes intentions, si ce n’est que le groupe montre peut-être un côté plus Rock cette fois. Du moins, c’est ce que laisse transparaître de l’entame pied au plancher du disque avec « Bad Choices », « Seventeen » et « Stand Up » avec en invités l’explosif et tonitruant Will Wilde et son harmonica.

Bien sûr, les deux frontwomen de BRAVE RIVAL, Chloe Josephine et Lindsey Bonnick, offrent des parties vocales aussi volcaniques que sensuelles et parviennent encore à éblouir par l’élégance de leur duo (« Insane », « Heavy », « All I Can Think About », « Five Years On », « Stars Upon My Scars »). Pour le groove, Donna Peters (batterie) et Billy Dedman (basse) font ronronner la machine, alors qu’Ed Clarke a du feu dans les doigts au point de livrer une prestation de haut vol avec notamment des solos renversants. Indispensable !

Retrouvez la chronique du précédent Live et l’interview accordée lors de la sortie du premier album :

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Southern Rock

The Georgia Thunderbolts : groovy roots

Une telle ascension force le respect. Alors que beaucoup mettent des années à s’imposer, THE GEORGIA THUNDERBOLTS est parvenu à se faire une place dans la belle famille du Southern Rock en l’espace d’un EP et d’une première et impressionnante réalisation studio. Trois ans plus tard, et après avoir partagé la scène avec leurs aînés du Marshall Tucker Band, Black Stone Cherry et Blackberry Smoke entre autres, le combo franchit la deuxième étape de son parcours sur un groove toujours aussi puissant. « Rise Above It All » confirme un héritage parfaitement assimilé et une inspiration croissante.

THE GEORGIA THUNDERBOLTS

« Rise Above It All »

(Mascot Records)

Dernier arrivé dans cette nouvelle génération de Southern Rock, le quintet avait frappé fort et affiché ses ambitions en 2021 avec « Can We Get A Witness », un premier album tellement efficace que son contenu était d’une rare évidence, tout comme son précédent EP éponyme d’ailleurs. Alors, renforcé par des prestations scéniques redoutables, THE GEORGIA THUNDERBOLTS est attendu au tournant et c’est justement en pleine tournée européenne qu’il sort « Rise Above It All », dont on attend beaucoup.

Avec une touche très moderne dans le jeu comme dans la production, les Américains ont soigneusement évité la redite et, même s’il est toujours bardé d’Americana et de Blues, ce nouvel effort studio a autant de résonnances Classic Rock que purement sudistes. En effet, THE GEORGIA THUNDERBOLTS se montre ici plus direct avec des riffs musclés et tenaces, et sait aussi verser dans une sensibilité plus Soul et délicate (« Wait » avec le musicien de Nashville Kurt Ozan, « Crawling My Way Back To You »).

Très proche de ses racines, le groupe entretient la flamme avec intensité et s’épanouit dans un Rock’n’Roll attachant et chaleureux (« Gonna Shine », « Stand Up », « Whiskey Talkin’ », « Pricetag »). Quelques années seulement après sa création, THE GEORGIA THUNDERBOLTS grandit sereinement, affine son style pour être dorénavant identifiable entre tous. Et avec un frontman de la trempe de TJ Lyle, deux guitaristes redoutables et une rythmique implacablement groovy, il dispose d’atouts imparables.

Retrouvez l’interview du groupe à la sortie de son premier album :

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Doom Rock Occult Rock

Hail Darkness : une noirceur enveloppante

Entre magie noire et voyage cosmique, « Death Divine » affiche pour un premier album de multiples facettes que la richesse instrumentale et l’interprétation mettent parfaitement en valeur. Le combo américain a tout réalisé lui-même et ses efforts sont ici récompensés. Porté par la voix envoûtante de Jez, qui offre une couleur authentique et saisissante à cet opus, HAIL DARKNESS livre un Occult Doom Rock très Psych et original. Une belle entrée en matière.  

HAIL DARKNESS

« Death Divine »

(Vatican Records)

C’est à Phoenix en Arizona que HAIL DARKNESS a vu le jour sous l’impulsion de son bassiste Joshua en 2020. Accompagné de la compositrice Jez au chant et à la guitare et Emmet derrière les fûts, le groupe a rapidement déménagé en Caroline du Sud, sur les terres de sa chanteuse, et a commencé à se constituer un solide répertoire. Après cinq singles sortis sur la toile, le premier album parait sur le propre label des Américains, le bien-nommé Vatican Records, et il nous plonge dans un Occult Doom Rock prometteur.

L’esprit très 70’s et délicieusement vintage qui émane de « Death Divine » ne fait pas oublier la pesanteur des morceaux et on se délecte aussi du côté psychédélique prononcé du trio. D’ailleurs, HAIL DARKNESS peut aussi compter sur le ‘Hail Darkness Coven’, un collectif multi-instrumentiste d’amis qui lui prête main forte et donne beaucoup de relief à l’ensemble. Le groove épais se déploie dans un Doom Rock sombre, entêtant et savamment mâtiné d’une folk obscure, qui vient apporter un soupçon de légèreté.

Si l’apport d’autres musiciens offre de la profondeur et un certain côté plus aérien aux compos, c’est bel et bien HAIL DARKNESS qui mène le jeu et notamment sa frontwoman, qui sait se faire captivante. Même si la production est assez étouffée, on distingue quelques halos lumineux assez rétro et bien distillés (« Cult Of The Serpent Risen », « Hour Of The Silent Rite », « Coven Of The Blackened One », « Azarak ! », « See You In Hell »). Les sorcières ne sont pas loin et elles veillent sur ce très bon « Death Divine ».

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Metal Progressif Modern Metal Symphonic Metal

Simone Simons : red ride

Même si elle ne déboussolera pas ses fans de la première heure, SIMONE SIMONS sort quelque peu des sentiers balisés d’Epica. Très symphonique pour l’essentiel, « Vermillion » affiche des ambiances franchement Electro, assez Prog même et résolument Metal. Composé en collaboration avec le maître à penser d’Ayreon, ce premier envol sous son nom oscille entre des moments calmes et des impacts plus musclés, où la frontwoman distille une prestation à la fois épique et aérienne.

SIMONE SIMONS

« Vermillion »

(Nuclear Blast Records)

Emblématique chanteuse d’Epica depuis plus de deux décennies et figure incontournable de la scène Metal Symphonique, SIMONE SIMONS se présente cette fois en solo avec un premier album très complet et plutôt convaincant. A l’instar de ses consœurs Floor Jansen et Charlotte Wessels, on découvre un univers plus personnel et assez différent de ce à quoi elle nous a habitué jusqu’à présent, tout en restant fidèle à son style. Cela dit, on connait ses grandes qualités vocales et dans ce domaine, elle reste incroyable.  

« Vermillion » ne ressemble donc pas à une production de son groupe, car SIMONE SIMONS parait ici plus libre et se montre également plus sobre au niveau du chant. Les embardées lyriques sont par conséquent moins systématiques et elle évolue dans des contrées très électroniques, légèrement progressives, mais toujours aussi Metal. Cette diversité fait aussi ressortir toute l’étendue du panel de la voix de la Hollandaise. D’ailleurs, cet éclectisme soudain doit beaucoup à la présence d’Arjen Lucassen à ses côtés.

C’est avec son complice de longue date et leader d’Ayreon que SIMONE SIMONS a conçu ce premier effort et cela s’entend sur quelques morceaux aux reflets cinématographiques et même Indus (« Red », « Dystopia », « Fight Or Flight »). Par ailleurs, si « Vermillion » est assez synthétique dans la production, il offre une collection de riffs impressionnante (« Aeterna » et ses sonorités orientales, « Cradle To The Grave » en duo avec Alissa White-Gluz d’Arch Enemy, « The Weight Of My World »). Une émancipation réussie.

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Blues Contemporary Blues

Chris Cain : un coup d’éclat

Incroyable virtuose et distillant son feeling sur chaque note, le chanteur et guitariste CHRIS CAIN réapparaît sur le légendaire label Alligator avec un deuxième disque dont on ne se lasse pas. Totalement libre et épanoui grâce à un songwriting efficace et irréprochable, le musicien de San Jose s’en donne à cœur-joie et nous emporte sur ce « Good Intentions Gone Bad » séduisant de bout en bout, laissant parler sa six-corde avec une exceptionnelle fluidité.

CHRIS CAIN

« Good Intentions Gone Bad »

(Alligator Records)

Peut-être trop discret sur la scène Blues internationale et même américaine, CHRIS CAIN n’en demeure pas moins un artiste reconnu par ses pairs et dont la carrière parle pour lui. Avec une quinzaine d’albums étalés sur trois décennies, c’est surtout depuis sa signature en 2021 chez Alligator qu’il prend sérieusement la lumière, soutenu par Joe Bonamassa et Robben Ford notamment, qui ont su voir en lui le grand bluesman qu’il est. Et avec ce nouvel opus, il vient le confirmer avec beaucoup de classe.

Toujours dans cette veine héritière du son de Memphis et de BB King surtout, CHRIS CAIN s’en rendu dans le home-studio de Kid Andersen, producteur de « Good Intentions Gone Bad », mettre en boîte ses nouveaux morceaux. On y retrouve d’ailleurs beaucoup de cuivres, l’intervention de Kid sur divers instruments et celle de sa femme au chœur. Greg Rahn (piano, orgue), June Core et Sky Garcia (batterie), Cody Wright (basse) et même Tommy Castro sur un titre constitue ce solide line-up.

Electrique et classique, le jeu de CHRIS CAIN brille au son des riffs et des solos de sa Gibson ES-335, sans pour autant tomber dans une certaine nostalgie. Au lieu de ça, le Californien est étincelant, accrocheur et dynamique (« Too Little Too Late », « Fear Is My New Roommate », « Thankful » et le délicat « Blues For My Dad »). La joie transparaît sur les 15 morceaux et il est à souhaiter qu’enfin, il se pose définitivement au panthéon des plus grands de sa génération, car il le mérite vraiment.

Photo : Laura Carbone

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Hard Rock Pub Rock Sleaze

The Southern River Band : hot shot

Sur une rythmique d’enfer, deux guitares en fusion et un frontman survitaminé, THE SOUTHERN RIVER BAND fait parler la poudre dans un registre intemporel, fruit de la collision entre un Hard Rock authentique aux saveurs bluesy et forcément un peu sudiste et un Rock sans concession. Réputée pour ses prestations enflammées, la formation australienne joue sur une spontanéité débridée, qui fait de « D.I.Y » une réalisation dont l’énergie est plus que communicative.

THE SOUTHERN RIVER BAND

« D.I.Y »

(Independent)

THE SOUTHERN RIVER BAND est un véritable groupe de scène et cela s’entend. Il transpire le Rock’n’Roll à grosses gouttes ! Et ce n’est sans doute pas un hasard si son premier album, « Live At The Pleasure Dome » (2016), a été enregistré en concert. Depuis, il a fait le tour des salles et des clubs de sa grande île, avant d’entrer en studio en 2019 pour y concocter « Rumors And Innuendo ». Addicts au live, les Australiens ont sorti « Live From Rada Studios » il y a deux ans, puis se sont posés pour cet excellent « D.I.Y ».

Le titre de ce quatrième effort parle de lui-même et résume parfaitement l’état d’esprit du combo. Il est peut-être fait-maison, mais il est aussi et surtout très bien réalisé. Originaire de la ville de Thornlie en périphérie de Perth, le quatuor combine un Hard Rock assez classique, et dans la veine de sa scène nationale, avec le côté brut du fameux Pub Rock incontournable là-bas. Et THE SOUTHERN RIVER BAND séduit aussi par cette fougue un brin Sleaze, qui émane de ce « D.I.Y » explosif et entêtant à bien des égards.

C’est « Vice City » qui ouvre les festivités, un morceau que les quatre musiciens déclinent depuis « Live From Rada Studios » et dont ils nous livrent ici les deux dernières (?) parties. L’émotion féroce déployée tout au long de ce nouvel opus est franchement stratosphérique, si l’on tient compte du parcours effectué (« Second Best », « Do You Miss Me When I’m Gone », « Cigarette (Ain’t Helping Me None) », « Chimney » et le fracassant « Stan Qualen ». THE SOUTHERN RIVER BAND entre dans la cour des grands et l’avenir s’annonce radieux.

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Contemporary Blues Soul / Funk

Caitlin Krisko & The Broadcast : soulful reverberations

Avec « Blueprints », CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST semble franchir un cap et même si on devra se contenter de six titres, on reste sous le charme de ce nouvel, et bien trop court, effort. Avant une tournée anglaise à la rentrée, le quatuor se présente au meilleur de sa forme et la performance vocale de sa chanteuse est tout simplement époustouflante. Avec beaucoup de force et d’authenticité, elle captive grâce à des variations toute en puissance et terriblement mélodiques.    

CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST

« Blueprints »

(Independant)

Après l’excellent « Lost My Sight » paru en 2020 et qui avait déjà posé les solides fondations de THE BROADCAST, c’est avec l’EP « Blueprints » que les Américains font leur retour. Cette fois, leur chanteuse et parolière CAITLIN KRISKO y a ajouté son patronyme, peut-être pour mieux marquer de son empreinte ce nouveau format-court, mais pas seulement. Il faut préciser que les six morceaux ont un côté très personnel et introspectif dans la mesure où la frontwoman a récemment perdu sa mère et nombre des émotions traversées ici y font directement référence, rendant ce Blues teinté de Soul et de Rock plus émouvant encore.

Si le premier album avait une couleur peut-être plus roots et brute avec un jeu plus direct, sur « Blueprints », CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST joue la carte de l’émotion et la chanteuse est réellement au centre de toute l’attention. Née à Détroit et ayant grandi à New-York, c’est désormais dans la ville d’Asheville en Caroline du Nord qu’elle est basée et sans tomber dans un registre clairement Southern, des sonorités et des intentions très Soul se dégagent du EP, notamment sur les très bons « Haunted By You », Have To Say Goodbye » « Blue Monday », les chansons les plus touchantes.

Déchirante souvent, CAITLIN KRISKO fait parler la puissance de sa voix tout en faisant preuve de beaucoup de sensibilité et d’une folle énergie, comme sur le très funky et enthousiasmant « Devil On Your Side », qui ouvre cette nouvelle réalisation. Et que dire de ses camarades qui élèvent THE BROADCAST sur chaque titre ! Sur une production limpide, le groove et les arrangements très soignés prennent une dimension enchanteresse, comme sur le dynamique « Piece Of You » et l’entêtant « Operator ». Très moderne dans son approche, « Blueprints » montre un large spectre musical, et on attend la suite rapidement.

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Blues Rock Pop Rock

Blues Pills : une ferveur déterminée

Les réalisations des Suédois sont de plus en plus attendues, tant leur style s’affine au point de devenir addictif au fil des années. Même s’ils ont laissé échapper quelques singles avant sa sortie, « Birthday » est loin d’avoir dévoilé tous ses secrets. Authentique et organique dans le son, il fait preuve d’autant de sensibilité que d’aplomb et BLUES PILLS se fait de plus en plus incontournable. Avec une chanteuse engagée et élégante, les Scandinaves frappent fort et s’affirment avec talent.

BLUES PILLS

« Birthday »

(Throwdown Entertainment/BMG)

La décennie largement passée et la maternité de sa frontwoman aurait pu calmer les ardeurs de BLUES PILLS, mais à y regarder de plus près, il n’en est rien. Pourtant enregistré durant la grossesse d’Elin Larsson, « Birthday » ne propose pas vraiment le climat de tendresse auquel on aurait pu légitimement s’attendre. De plus, en le sortant en pleine période estivale, le quatuor montre qu’il n’a pas froid aux yeux. Et tous ces éléments mis bout à bout confirment une belle envie et surtout une assurance évidente.

Pour son quatrième album, auquel il faut ajouter un live et trois EPs, BLUES PILLS se présente avec son très reconnaissable Blues Rock où psychédélisme, élans sauvages et légères sonorités Pop se fondent dans une unité musicale que le combo élabore depuis ses débuts. Toujours portés par une voix envoûtante, les morceaux de « Birthday » s’envolent souvent, tout comme ils libèrent d’intenses émotions comme sur « Somebody Better », l’un des sommets de ce nouvel effort.

Toujours aussi bien produit, le morceau-titre, qui ouvre les festivités, donne le ton. Enjoué et volontaire, ses nouvelles compositions se veulent ouvertement féministes et la situation d’Elin Larsson au moment de l’enregistrement vient confirmer une force palpable (« Piggyback Ride », « Holding Me Back », « Don’t You Love It », « Back On That Horse Again »). Varié et inspiré, BLUES PILLS livre un opus complet et fait vibrer son Blues Rock avec beaucoup de profondeur et de charme. Personnel, convaincant et soigné !

Photo : Dana Trippe