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Classic Rock France Heavy Blues

Armellino : groovy pleasure [Interview]

Autour de la fratrie ARMELLINO, Yann à la guitare et Alban à la batterie, sont venus se greffer Vincent Martinez à la guitare et au chant, et Jacques Mehard Baudot à la basse pour donner vie à un quatuor au groove très 70’s et à l’énergie très actuelle. Fort d’un premier album, « Heritage Blend », qui en dit déjà long sur le niveau et les intentions des quatre musiciens, c’est avec un grand plaisir qu’on replonge dans l’âge d’or du Heavy Blues et du Classic Rock, preuve s’il en est que dans l’hexagone, on sait aussi y faire en matière de Rock…. Et sans nostalgie ! Entretien avec Yann et le plus discret Vincent autour de ce premier opus, qui en appelle déjà d’autres.

– Tout d’abord, j’aimerais que vous reveniez sur la création d’ARMELLINO. Certes, il y a cette réunion de guitaristes, mais vu le nom du groupe, il s’agit aussi d’une histoire de famille, non ?

Yann : Je connais Vincent depuis longtemps, cela remonte à 2006 lorsqu’il était déjà guitariste et chanteur du groupe Jakes. A l’époque, je faisais partie du label ‘Why Note’ (Nocturne Distribution). Nous avions organisé une release party pour la sortie de l’album « I Have A Dream » de The Reverend au Hard Rock Café à Paris. C’est Jakes qui a ‘chauffé’ la salle et par la même occasion m’a retourné la tête ! J’ai été tout de suite séduit par l’énergie et les compositions, une claque ! Je leur ai proposé de les signer sur le label, mais cela n’a pas abouti, car le groupe s’est séparé peu de temps après… J’ai toujours gardé une oreille attentive à ce que faisait Vincent artistiquement, notamment avec Carousel Vertigo, que je trouvais vraiment très chouette. Quand il a quitté le groupe, nous avons pensé que c’était le bon moment pour commencer à travailler ensemble (enfin !). Il y a des évidences qui mettent du temps à se concrétiser. Quand nous avons terminé le travail de composition, il a fallu trouver un nom. Une étape toujours un peu délicate. Comme tu le soulignais dans ta question, mon frère Alban est à la batterie, donc oui, c’est aussi une histoire de famille. C’est Vincent qui a eu l’idée de se présenter tout simplement sous le nom d’ARMELLINO et ça nous a semblé être la meilleure option.

Vincent : De mon coté, j’ai toujours suivi les productions de Yann. Depuis notre rencontre, il m’a toujours supporté et j’ai toujours gardé dans un coin de la tête l’idée qu’on ferait quelque chose ensemble à un moment donné.

– Vous vous côtoyez depuis quelques années à travers vos différents projets et dans des registres assez différents. Le Heavy Blues et/ou le Classic Rock ne sont malheureusement pas très répandus en France, pourtant ARMELLINO est la preuve qu’on sait y faire. Comment expliquez cette absence dans l’hexagone et qu’est-ce qui vous a finalement convaincu de vous lancer ?

Yann : Quand on s’est décidé à travailler ensemble, nous n’avons pas parlé de ‘direction artistique’ ou de choix de style. Cela s’est fait naturellement. On avait juste envie de passer de bons moments à écrire, jammer… bref, jouer ! Et notre langage commun est ce mélange de Heavy, de Blues et de Rock avec une dose de Soul. Effectivement, ce style n’est pas très répandu en France mais, avec Internet, les artistes souffrent moins des ‘barrières frontalières’ comme c’était le cas il y a quelques années. Aujourd’hui, j’observe que ça bouge pas mal par ici. Il y a de nombreux artistes et groupes vraiment chouettes comme les Red Beans & Pepper Sauce, Rozedale, Jessie Lee & The Alchemists (et oui !), Nico Chona, Little Odetta, Mat Ninat…. et pas mal d’autres.

– Même si « Heritage Blend » ne laisse pas planer le doute quant à  vos références, quelle était votre ambition première, même avec un registre qui s’impose de lui-même dès le départ ?

Yann : Notre première ambition était de se faire plaisir et de partager un genre musical qui perdure malgré les modes. Comme je te le disais précédemment, nous n’avions pas de ligne directrice, ce qui donne à l’arrivée des titres assez variés où l’on peut retrouver pas mal de styles différents. C’est une liberté artistique très éloignée des formats que l’on peut imposer en Pop, en Rap, etc…

Vincent : Et Yann étant très prolifique, c’est très excitant de le suivre dans ses propositions.

– La première chose que l’on remarque chez ARMELLINO est cette complicité entre vous deux au niveau des guitares. Est-ce que c’est quelque chose que vous avez particulièrement travaillé et comment vous répartissez-vous les rôles, notamment au niveau du lead ?

Yann : Quand on s’est retrouvé guitare en main, c’était un peu comme si on avait toujours travaillé ensemble, tant musicalement qu’humainement. Je trouve que Vincent a un phrasé, un groove et une expression musicale digne des plus grands. C’est un cadeau de jouer avec lui. Et en plus, il a une voix Blues Rock Soul, qui sert parfaitement le style. Nous n’avons pas vraiment réfléchi au partage des rôles concernant les lead. C’est pour cela que, suivant les titres, nous ‘chorussons’, si je puis dire, parfois seul ou alors à deux. Ca se fait vraiment au feeling…

Vincent : D’ailleurs, en live, il nous arrive d’étendre certaines plages de guitares et parfois d’échanger nos solos par rapport à l’album.

– Au-delà de l’aspect guitaristique et purement technique d’ARMELLINO, vous avez également le talent de composer des chansons mélodiquement efficaces et entêtantes. Comment cela se passe-t-il au niveau de l’écriture ? Vous échangez d’abord sur des idées de riffs, ou partez-vous aussi d’une ligne vocale ?

Yann : On part très souvent d’une idée de riff que l’on fait tourner. Et quand on sent qu’il se passe quelque chose, on laisse mûrir et ça évolue doucement. Il y a des titres qui ont mis un certain temps à être finalisés, je pense notamment à « These Bones ». On avait le riff d’intro, qui peut évoquer « Oh Well », mais le refrain est venu bien après. C’est d’ailleurs un morceau qui a failli passer à la trappe (ce qui aurait été un véritable sacrilège ! – NDR).

Vincent : Notre but, c’est d’abord la chanson et son ambiance.

– On l’a dit, vous œuvrez dans un registre qui prend racine dans les années 70/80, ce qui offre une saveur vintage délicate. Pourtant, « Heritage Blend » sonne très actuel et ce n’est pas qu’une question de matériel ou de technique. L’idée est-elle de prolonger ce style en lui insufflant une touche moderne, ce qui voudrait aussi dire que le chapitre de ces années-là n’est pas clos…

Yann : Je crois que le chapitre de ces années ‘bénies’ n’est pas près de se refermer. Tout est parti de là et les productions de l’époque n’ont quasiment pas vieilli. C’est loin d’être le cas sur les productions des années 80/90, sur lesquelles il y avait excès de vitesse sur les réverb’ et le traitement des batteries, qui donnait la migraine. C’est dommage, car il y avait de très bons albums aussi pendant cette période. Mais de par leur production, on a du mal à les réécouter aujourd’hui, ce qui n’est pas le cas des Led Zeppelin, Kiss, Cream, Bad Co, etc… On est revenu depuis pas mal de temps à des productions qui ne dénaturent pas le son à proprement parler, un ‘sonner vrai’, qui caresse plutôt les oreilles.

– Un petit mot aussi au sujet des très bonnes parties d’orgue Hammond de Fabien Saussage et de celles de Little Magic Sam à l’harmonica. Elles apportent à ARMELLINO une couleur Southern et beaucoup de chaleur à l’album. Vous aviez besoin de cet équilibre entre Rock et Blues pour construire votre répertoire ?

Yann : Assez vite, on a entendu d’autres instruments sur différents titres. L’orgue, le piano et l’harmonica se sont imposés naturellement, c’est une vraie valeur ajoutée. Fabien et Little Magic Sam ont fait un travail remarquable, c’est un cadeau de les avoir avec nous. Ils ont eu une totale liberté pour s’exprimer. C’est pourquoi, sur certains titres, il y a de l’orgue et du piano, car Fabien le sentait comme ça et il a eu raison ! Sur « Hardly Yours », on avait demandé à Little Magic Sam de rentrer au moment du chorus de guitare. Et à l’arrivée, il a eu envie de jouer sur tout le morceau : une super idée et une belle inspiration avec ses phrases qui répondent au chant de Vincent. Merci à eux.

– « Heritage Blend » contient onze chansons, dont deux reprises, d’ailleurs très bien produites par Didier Théry qu’on connait pour son travail avec Gaëlle Buswel notamment. Il y a d’abord « Fire » d’Etta James chantée par Jessie Lee Houllier de ‘Jessie Lee & The Alchemists’. Le choix paraît très spontané vu le reste de l’album. Mais pourquoi chante-t-elle seule ? Un duo ne vous a pas tenté ?

Yann : Vincent, qui a déjà travaillé avec Didier Théry, a tout de suite pensé à lui pour réaliser l’album. C’est quelqu’un de très patient, à l’écoute des artistes et qui s’est impliqué dans le projet en y ajoutant ses idées de chœurs, de percus et de batterie. C’est une belle rencontre. Concernant « Fire », l’idée de proposer un featuring à Jessie s’est vite imposée, car elle est parfaite pour rendre cet hommage à Etta James. Un duo aurait été chouette, mais nous n’avons pas eu l’occasion de le mettre en place. Peut-être une prochaine fois ?

Vincent : J’adore quand Yann rend hommage à la Soul et au R’n B. Et avec Jessie, la version est géniale ! On s’est bien éclaté !

– Et il y a cette reprise acoustique du classique de Thin Lizzy, « Dancing In The Moonlight ». Je comprends parfaitement votre choix, car la chanson est géniale, et j’aimerais savoir comment vous l’avez imaginé dans cette version assez épurée et lumineuse…

Yann : On avait envie de faire une autre reprise et Thin Lizzy est l’un des nombreux groupes qui nous rassemble. Il restait à trouver le bon titre. On s’est dit que reprendre un morceau plus Rock serait un peu trop ‘attendu’, donc le choix de « Dancing In The Moonlight » est venu assez naturellement. A l’inverse de la chanson d’Etta James, on l’a tout de suite pensé en acoustique. J’aime beaucoup l’interprétation tout en finesse de Vincent sur ce titre, qui n’est pas facile à chanter. J’aurais bien également tenté « The Sun Goes Down », mais ça nous semblait plus acrobatique en acoustique. Le répertoire de Thin Lizzy est une vraie mine d’or.   

Vincent : C’était super quand Yann a commencé à jouer « Dancing In The Moonlight » en acoustique… Et on adore Thin Lizzy.

– Enfin, vous êtes tous les quatre des musiciens aguerris et très occupés et j’espère que « Heritage Blend » n’est pas un simple one-shot. Comment envisagez-vous l’avenir d’ARMELLINO ? Avec de la scène et aussi une suite discographique ?

Yann : Nous l’espérons aussi ! (Sourires) On va essayer de tourner le plus possible jusqu’à fin 2025. Ça va aussi dépendre de l’accueil des médias et du public. Concernant la suite discographique, nous avons déjà quelques idées ‘sous le coude’. Donc oui, il y en aura une, ce n’est pas un one-shot !

L’album d’ARMELLINO, « Heritage Blend », est disponible chez May I Records/Pias.

Photos : Yann Armellino à la guitare (2), Alban Armellino à la batterie (3), Vincent Martinez à la guitare et au chant (4) et Jacques Mehard Baudot à la basse (5).

Et une fois n’est pas coutume, découvrez le clip de la chanson « I’m Only Me » :

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Doom Rock Occult Rock

Hail Darkness : une noirceur enveloppante

Entre magie noire et voyage cosmique, « Death Divine » affiche pour un premier album de multiples facettes que la richesse instrumentale et l’interprétation mettent parfaitement en valeur. Le combo américain a tout réalisé lui-même et ses efforts sont ici récompensés. Porté par la voix envoûtante de Jez, qui offre une couleur authentique et saisissante à cet opus, HAIL DARKNESS livre un Occult Doom Rock très Psych et original. Une belle entrée en matière.  

HAIL DARKNESS

« Death Divine »

(Vatican Records)

C’est à Phoenix en Arizona que HAIL DARKNESS a vu le jour sous l’impulsion de son bassiste Joshua en 2020. Accompagné de la compositrice Jez au chant et à la guitare et Emmet derrière les fûts, le groupe a rapidement déménagé en Caroline du Sud, sur les terres de sa chanteuse, et a commencé à se constituer un solide répertoire. Après cinq singles sortis sur la toile, le premier album parait sur le propre label des Américains, le bien-nommé Vatican Records, et il nous plonge dans un Occult Doom Rock prometteur.

L’esprit très 70’s et délicieusement vintage qui émane de « Death Divine » ne fait pas oublier la pesanteur des morceaux et on se délecte aussi du côté psychédélique prononcé du trio. D’ailleurs, HAIL DARKNESS peut aussi compter sur le ‘Hail Darkness Coven’, un collectif multi-instrumentiste d’amis qui lui prête main forte et donne beaucoup de relief à l’ensemble. Le groove épais se déploie dans un Doom Rock sombre, entêtant et savamment mâtiné d’une folk obscure, qui vient apporter un soupçon de légèreté.

Si l’apport d’autres musiciens offre de la profondeur et un certain côté plus aérien aux compos, c’est bel et bien HAIL DARKNESS qui mène le jeu et notamment sa frontwoman, qui sait se faire captivante. Même si la production est assez étouffée, on distingue quelques halos lumineux assez rétro et bien distillés (« Cult Of The Serpent Risen », « Hour Of The Silent Rite », « Coven Of The Blackened One », « Azarak ! », « See You In Hell »). Les sorcières ne sont pas loin et elles veillent sur ce très bon « Death Divine ».

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Alternative Rock Rock Hard

Black Smoke Trigger : the great mix

Grosse prod’, riffs musclés, solos bien sentis et un chant puissant posé sur une rythmique massive, voilà la somme des ingrédients savamment dosés du premier effort complet des quatre ‘All Black’ qui composent BLACK SMOKE TRIGGER. Avec « Horizons », ils distillent un Alternative Rock aux accroches Hard Rock, aux influences grungy et à l’énergie débordante. Après quelques dates qui ont marqué les esprits outre-Manche et à Paris, l’aventure ne fait que commencer pour ce turbulent combo.

BLACK SMOKE TRIGGER

« Horizons »

(Independant)

Et si la nouvelle sensation Rock/Hard venait de Nouvelle-Zélande ? Récemment apparu en première partie de Bruce Dickinson en Angleterre il y a quelques mois et chez nous, BLACK SMOKE TRIGGER avait fait forte impression, malgré un seul EP sorti en 2019 à son actif. Ce premier album était donc très attendu et il ne déçoit pas. Ce savoureux mélange de post-Grunge et d’Alternative Rock/Metal, mâtiné d’un Pub Rock irrésistible cher à leurs voisins australiens est franchement accrocheur et a de quoi séduire le plus grand nombre.

Mixé et produit par Nick Raskulinecz (Alice In Chains, Korn, Foo Fighters) entre Nashville et Hawke’s Bay sur leur île, « Horizons » est une réalisation très mature, équilibrée et sacrément costaude. BLACK SMOKE TRIGGER fait preuve de force et de vigueur, tout en développant des mélodies efficaces et des refrains qui restent en tête. Le quatuor ne bouleverse pas las codes établis, mais délivre beaucoup d’envie et de fraîcheur sur une dynamique très Rock, parfois Hard, et de solides fondations.

C’est vrai que chez les formations issues du Classic Rock, rien ne bouge beaucoup depuis des années, mais BLACK SMOKE TRIGGER affiche pourtant beaucoup d’originalité grâce à une vision moderne du genre et une interprétation à la fois explosive et délicate. En utilisant à bon escient des guitares acoustiques, le groupe apporte une sensible et captivante approche des émotions sans pour autant lever le pied (« Phantom Pain », « KMTL », « The Way Down », « Perfect Torture », « Set Me On Fire »). Une belle surprise !

Photo : Maryanne Bilham

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Alternative Metal

Flat Black : fulgurant

Avec sa nouvelle formation, le six-cordiste, songwriter et producteur Jason Hook tourne la page de son ancien groupe en se montrant plus créatif. Résolument moderne dans le son et l’écriture, le Canadien a effectué un recrutement de choix, tout en mixant un virulent Hard Rock avec des incursions bien sentiers vers le Nu Metal et brièvement le MetalCore. Avec un tel premier effort, FLAT BLACK ne devrait pas rester bien longtemps dans l’ombre.

FLAT BLACK

« Dark Side Of The Brain »

(Fearless Records)

Après avoir œuvré chez Five Finger Death Punch une bonne décennie et participé à six albums majeurs du groupe, Jason Hook avait décidé de quitter le navire, estimant qu’artistiquement, l’essentiel avait été réalisé. Et on ne peut que lui donner raison. Ensuite, c’est aux côtés de l’excellent Corey Marks et de la chanteuse Dorothy Martin qu’il a continué à distiller ses talents de guitariste et de compositeur. Et c’est l’an dernier qu’il monte FLAT BLACK, un combo de musiciens affamés et inspirés.

Regroupés autour de leur leader, qui produit également l’album avec Chris Collier (Korn), le chanteur Wes Horton, le bassiste Nicholas Diltz et le batteur Rob Pierce donnent le meilleur d’eux-mêmes et malgré un relatif anonymat, ils se montrent à la hauteur et très aguerris. FLAT BLACK possède une belle force de frappe et l’Alternative Metal des Américains déploie une énergie féroce et constante. Certes, on y retrouve aussi quelques touches identifiables à FFDP, puisque Hook en a longtemps été la signature sonore.

Ici, il sort l’artillerie lourde et son jeu est fulgurant. Toujours aussi impressionnant au niveau des riffs, les mélodies ne sont pas en reste et le frontman se fait lui aussi plaisir en variant le clair et le scream sur une rythmique survoltée. FLAT BLACK a de beaux arguments, capable d’être tranchant et brutal tout en imposant des refrains accrocheurs (« It’s Ok To Be Angry », « Sideways », « Home », « Halo », « Unwanted », « It’s Your Lack Of Respect »). Le quatuor signe ici une entrée en matière fracassante avec cet opus massif.

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Americana Country Soul Southern Blues Southern Rock

Kyle Daniel : Southern flavors

Tout ici respire le sud des Etats-Unis. L’Alternative Country enrobée d’Americana, de Blues et de Rock rayonne et se diffuse avec évidence sur « Kentucky Gold », premier opus d’un KYLE DANIEL qui se pose déjà comme le futur songwriter incontournable de cette nouvelle génération Southern Rock, décidemment en pleine ébullition. Il a écumé les bars et les clubs et a appris les moindres détails qui font flamboyer l’âme de baroudeur qu’il affiche déjà. Modernes et avec une approche Old School raffinée, ces douze morceaux se savourent encore et encore.  

KYLE DANIEL

« Kentucky Gold »

(Snakefarm Records)

Comme l’indique le titre de son album, c’est bel et bien du Kentucky et plus précisément de Bowling Green qu’est originaire le talentueux KYLE DANIEL. Basé à Nashville depuis la pandémie, celui qui a été élevé en écoutant de la Country et du Southern Rock n’est donc pas dépaysé, même si son style se démarque franchement de sa nouvelle ville d’adoption. Après deux EPs en indépendant, un éponyme en 2018 et « What’s There To Say » l’année suivante, « Kentucky Gold » marque le franchissement d’une étape importante, le tout avec une maîtrise totale et un sens de la chanson captivant.  

Cela dit, KYLE DANIEL n’est pas totalement inconnu sur le circuit Blues, Country et plus largement Southern américain. Redoutable guitariste, il remporte le ‘Kentucky Blues Challenge’ à 17 ans, puis le très renommé ‘International Blues Challenge’ dans la foulée. Autant dire que le musicien sait parfaitement où il va, et en confiant la production à Jaren Johnston (The Cadillac Three), Brian Elmquist (The Lone Bellow) et au faiseur de hits canadien Mike Krompass, il s’assure une entrée en matière somptueuse pour un résultat qui l’est tout autant.

Torride, l’entame de « Kentucky Gold » s’inscrit dans la lignée classique du Rock Sudiste, musclée et fédératrice (« Can’t Hold Me Back »). KYLE DANIEL a aussi pris le soin de se rendre à Muscle Shoals, ce qui libère un côté Soul très authentique (« Me And My Old Man »). Puis, les surprises s’égrainent au fil du disque avec des duos de haut vol. On se régale de « Fire Me Up » avec Maggie Rose, de « Southern Sounds » avec Kendrell Marvel, de « Summer Down South » avec The Cadillac Three et enfin de « Everybody’s Talkin’ » avec Sarah Zimmerman. Epoustouflant !

(Photo : Jason Stolzfus)

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Alternative Metal Melodic Rock

Braindrag : Spanish race

Si l’Espagne se fait assez discrète sur la scène Metal européenne, elle n’en demeure pas moins active et inspirée. Et BRAINDRAG fait une belle entrée en matière avec « Coure Roent », un premier opus qui en dit long sur les intentions et la motivation du combo. Avec à sa tête une chanteuse à la voix chaude, puissante et qui chante presqu’intégralement dans sa langue maternelle, le catalan, le quatuor évolue dans un Alternative Metal ancré dans son temps et très percutant.

BRAINDRAG

« Coure Roent »

(Wormholedeath Records)

Fondé il y a un peu moins de dix ans à Barcelone, BRAINDRAG est typiquement de ces groupes dont on apprécie la technique, la persévérance et l’humilité. Créé par le guitariste Enric GS, c’est avec l’arrivée de Mirea Pérez au chant que les choses se sont  accélérées avec l’EP « Atreverme » (2019), reprenant d’anciennes chansons issues de « One » (2017) et « Soñar » (2018), ses deux précédents formats courts. Ce premier album marque donc le franchissement d’un cap et impose le style des Espagnols.  

Dans un Alternative Metal solide (Lorenç Arbonés à la batterie et Gon Tello à la basse y sont aussi pour beaucoup) et également assez sensuel grâce à sa frontwoman, BRAINDRAG présente des morceaux bien structurés, mélodiques et accrocheurs. Et là où il sort son épingle du jeu et se montre original, c’est que l’essentiel de « Coure Roent » est chanté en catalan, une belle preuve d’indépendance au regard d’une industrie musicale dominé par une influence anglophone omniprésente.

Pour autant, BRAINDRAG n’a rien d’exotique et emprunte même de nombreux courants actuels du Metal et du Rock, ce qui rend son jeu très moderne. Des sonorités orientales de  « Pro Human Race » au plus progressif et massif « Rhapsody » qui clôt l’album, le quatuor est très volontaire, vif et créatif en multipliant les atmosphères. Ce mariage entre Melodic Rock et Hard Rock, avec une touche Heavy tranchante, prouve que la formation ibérique en a sous le pied et qu’elle est prête à déferler hors de ses frontières.

(Photo : Raquel Garcia)

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Rock/Hard

Mine Road : rockin’ way

Tout en se frottant au Hard Rock et à un Rock un peu plus rugueux, les Irlandais restent très accessibles et mélodiques. Avec ce premier long format qui aura mis plus d’une décennie à voir le jour, MINE ROAD montre beaucoup de maîtrise grâce, notamment, à de bonnes guitares et un chant bien en place. « Tomorrow’s Sky » affiche une diversité un peu déroutante, mais au final très efficace et accrocheuse. Une bonne entrée en matière.

MINE ROAD

« Tomorrow’s Sky »

(Independant)

L’histoire de MINE ROAD n’est vraiment pas banale. Fondé par les frères Cash, Stuart (guitare) et Steve (batterie), avec Ken Carthy (chant) et Dave Flood (guitare), le groupe avait sorti « Satellite », un EP en 2021, avant que la fratrie ne se disperse en Australie pour l’un et à New-York pour l’autre, mettant tout le monde en stand-by. Après un travail de composition à distance, c’est au retour des musiciens dans leur ville de Dublin que les choses se sont accélérées en 2019 avec une série de concerts et l’élaboration de « Tomorrow’s Sky ».

Avec le soutien de Donnacha Neary à la basse sur tout l’album, MINE ROAD livre enfin son premier effort sur la longueur et le résultat est convaincant avec onze titres aux accents Hard Rock et aux teintes Soft Rock typiques de leur île. On peut y déceler quelques influences des Ecossais de Gun, de Def Leppard et de leur compatriotes de feu-Something Happens. Les sonorités de « Tomorrow’s Sky » sont donc résolument britanniques et un brin nostalgiques dans un ensemble costaud et fédérateur.

Ce premier opus est donc l’occasion pour le quatuor de montrer l’étendu de son savoir-faire, tant il se montre varié dans son approche du Rock. Musclé sur « Snowplow », « Tomorrow’s Sky » et « Feeling », plus acoustique sur « I’ll Be Home », mid-tempo sur « American Dream », décalé avec l’interlude au piano « Recall », MINE ROAD révèle une énergie live très positive. On regrettera peut-être une production qui aurait mérité plus de coffre et de relief, mais le job est fait.

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Dark Folk Heavy Stoner Doom Stoner Doom

Moon Womb : transcendental

L’une des premières choses qui surprend chez MOON WOMB, c’est cette production à la fois rugueuse et sauvage, et pourtant très lumineuse, qui se caractérise par une volonté d’authenticité et d’une certaine pureté. La délicatesse presque vulnérable de la voix fait face à des distorsions guitaristiques où l’étrangeté musicale reste étonnamment familière et transcendante. Les Américains donnent le sentiment d’avoir totalement électrifié un registre acoustique pour lui donner du corps et le résultat est plus qu’ingénieux.   

MOON WOMB

« Moon Womb »

(Firelight Records)

Rangé derrière une étiquette Heavy Rock un peu étriquée, MOON WOMB fait partie de ses groupes complètement atypiques, qui semblent avoir un don inné pour désarçonner leur auditoire. Car sur ce premier album éponyme, les frontières stylistiques sont abattues pour laisser libre-court à l’inspiration du duo, qui nous embarque dans un périple musical contemplatif, globalement assez sombre, mais toujours pertinent et original. Ici s’entrechoquent Folk et psychédélisme sur fond d’ésotérisme et de magie.

Originaire de Woodland en Caroline Du Nord, Brandy (chant, batterie et cymbales) et Richard Flickinger (guitare et amplification) se sont créé un univers très personnel, composé de paysages sonores aux reliefs saisissants. Très organique dans le son, « Moon Womb » est guidé par la voix de sa chanteuse, qui n’a pas son pareil pour donner aux morceaux des aspects presqu’incantatoires avec une douceur enchanteresse. MOON WOMB se montre très intimiste dans l’approche et même assez minimaliste dans la composition.

Le tandem est en symbiose totale et si la voix semble ouvrir le chemin, la guitare baryton aux sonorités brutes et singulières donne le ton aux ambiances qui s’engouffrent dans des passages très sombres et atmosphériques. On est proches d’une Dark Folk où se mêlent contes de fées et folklore dans une ode à la nature. La lenteur des compositions de MOON WOMB libère d’étonnantes impressions de liberté et d’espace et des éléments empruntés au Drone, voire au Doom, se joignent à ce mélange artistique créatif et inattendu.         

Photo : Agatha Donkar Lund
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France Neo-Folk Pagan Viking

Hrafngrímr : songes et mythes nordiques [Interview]

Après de nombreux singles et un EP, l’univers pagan de HRAFNGRÍMR (prononcez Ravengrim) se dévoile enfin sur la longueur avec un premier album, « Niflheims Auga », très réussi et captivant. Cette plongée onirique dans l’imaginaire viking et païen se déploie à travers une néo-Folk à la fois intemporelle et d’une modernité bluffante. Entre légendes nordiques et spiritualité, c’est en vieux norois que s’exprime le groupe et l’immersion est garantie. Guidé par son duo vocal composé de Christine Roche et Mattjö Haussy, ils reviennent tous les deux sur les étapes franchies depuis les débuts de la formation à quelques jours d’une prestation très attendue au Hellfest de Clisson. Entretien.

– En l’espace de quatre ans, vous avez été très prolifiques et productifs en sortant, notamment, 14 singles ce qui est assez inhabituel. Ce sont des morceaux plus anciens que vous avez peut-être réarrangés, ou est-ce juste une sorte de frénétique créativité ?


Mattjö : A l’époque, je venais d’être invité à quitter le groupe Skáld (fin décembre 2019). Reconstituteur et amateur d’archéologie vivante, je suis aussi empreint d’une spiritualité et d’une philosophie de vie, qui s’inspire largement des mythes nordiques. J’avais donc comme un sentiment d’inachevé. J’avais besoin de faire quelque chose de plus personnel et de plus authentique tout de suite ! D’où cette frénésie créative. Et puis, on s’est retrouvé plongé dans la pandémie. Il me semblait important d’apporter un peu de divertissement tous les mois à la communauté des mélomanes, un peu de poésie et de résilience. J’ai donc travaillé nuit et jour sur des compos originales. A l’origine, j’avais prévu de sortir tour à tour un titre plutôt Nü-Nordic, puis un titre plus Nü-Metal pour HRAFNGRÍMR. Et l’accueil du public m’a finalement incité à composer davantage de morceaux comme ceux qu’on connaît aujourd’hui. Mais on a des surprises pour bientôt !

– Vous avez aussi sorti un EP, « Hólmganga » il y a deux ans. Avec autant de titres à disposition, vous n’avez pas été tenté de sortir directement un album complet ? A moins que vous ayez choisi cette voie pour alimenter les réseaux comme cela se fait beaucoup aujourd’hui ?

Christine : J’ai intégré le groupe peu de temps avant la sortie d’« Hólmganga ». J’ai une voix assez différente de ce que l’on peut entendre dans ce style de musique. Par conséquent, il fallait dans un premier temps trouver nos marques, ce qui était vrai pour chacun d‘entre nous d’ailleurs. Nous avions depuis longtemps parlé de faire un album, mais il était important de trouver un équilibre, tant sur la sphère artistique que personnelle. 

Mattjö : Alimenter les réseaux oui, c’est sûr qu’on participe à ce jeu dans une certaine mesure, mais il s’agissait plus de la maturité du groupe, de l’implication et de la participation des membres. Et puis, cela aurait fini en recueil de singles. Là, on a un véritable album !

– Entre vos nombreux singles, l’EP et ce premier album « Niflheims Auga », il y a une réelle évolution dans la structure des titres, du son et dans l’inspiration également. Est-ce que cela vient du fait que, dorénavant, vous écrivez des textes originaux ?


Mattjö : Sans doute ! Mais cela vient surtout du fait que tous les membres du groupe participent à la composition et la construction des chansons. On puise donc dans les influences et les émotions de chacun, qui ne sont pas forcément relatives à l’univers néo-Folk, Viking, etc…

Christine : Outre les influences de chacun et de notre implication, il y a aussi la participation de nombreux amis. Anatoly de Nytt Land, Johan de Det Var, Louis Ville, Stan d’Arrün, etc… Cela ressemble beaucoup plus à l’esprit du groupe, celui de jouer de la musique entre amis, de s’amuser, de s’enrichir les uns les autres et de partager cette énergie avec le public !

– En parlant de la production, celle de « Niflheims Auga » est nettement plus élaborée et montre beaucoup plus de brillance également. Il vous aura fallu ce laps de temps pour trouver votre identité artistique et votre son, sachant que sur des thématiques ancestrales, cela peut compliquer aussi les choses ?


Mattjö : On a travaillé avec quelqu’un d’autre tout simplement ! Louis Ville ne vient pas du tout de cette scène. Du coup, il a un regard neuf et a pu mettre sa longue expérience à profit et représenter au mieux la diversité du groupe dans le mixage et la production. Il nous a épaulés également en tant que réalisateur et arrangeur sur certains titres pour leur donner le son qu’ils ont aujourd’hui.

Christine Roche


– Justement, vous avez commencé le groupe en vous inspirant et en puisant dans le ‘Hávamál’, cette œuvre didactique de l’« Edda Poétique », légendaire recueil de poèmes en vieux norrois. A quel moment vous êtes-vous décidés à écrire vos propres textes et quel a été le déclic ?


Mattjö : Quand je me suis rendu compte qu’on chantait la même chose que tous nos amis de la même scène et qu’on avait la même source d’inspiration. On s’est dit qu’on manquait d’originalité et d’authenticité. Et puis, quand on écrit les paroles soi-même pour évoquer des émotions ou un regard sur les choses, tout devient vraiment plus personnel.

Christine : D’autant plus que cette culture littéraire et historique fait partie tout particulièrement du bagage de Mattjö, ce qui n’est pas le cas de tout le monde dans le groupe. Il était important pour nous aussi de prendre part à la construction des titres avec nos propres codes et nos émotions et sans dénaturer le projet de départ. L’idée était d’y apporter quelque chose de personnel, et tous ensembles !

– A propos des textes, ils sont donc en vieux norrois et vous faites appel au traducteur Jules Piet pour vous assister. Quel est précisément son rôle et le considérez-vous même indirectement comme un membre de HRAFNGRÍMR ?


Mattjö : Jules participe aussi à l’écriture, autant dans la forme que dans les sonorités. Il n’est pas juste un traducteur, en fait. Il apporte aux textes sa sensibilité et son expérience de cette langue. Il est sans aucun doute un membre du groupe, un acteur de l’ombre. Son travail permet de rendre notre univers musical immersif et épique. 

Mattjö Haussy

– A travers vos chansons, vous combinez textes anciens et modernes dans vos compositions, ainsi que des instruments traditionnels et d’autres actuels. L’idée avec HRAFNGRÍMR est-elle de créer une sorte de passerelle entre ces deux époques éloignées de plusieurs siècles ? Et peut-être aussi d’assurer une continuité ou une espèce de renouveau de ces temps lointains ?

Mattjö : L’idée est de s’inspirer du meilleur du passé comme du présent. Le mot tradition, signifie ‘transmettre’. Ce qu’on appelle la tradition orale pour les peuples anciens était de transmettre la culture, la philosophie et les croyances à travers la musique et les chants. Les notions de ponts, de portails et de liens entre les mondes du présent et du passé sont incontestables dans notre travail, en effet.

Christine : Cela permet aussi à chacun d’entre nous d’apporter son expérience et son savoir-faire avec ses propres outils. Mus se débrouille vraiment bien à la guitare électrique et j’aime pour ma part travailler avec des loopers et des synthés. Ça s’est donc fait naturellement.

– En vous inspirant et en prenant comme référence le Folk Païen, à l’instar de Wardruna notamment, est-ce que vous exprimer en vieux norrois était essentiel et même naturel ? Cela n’aurait pas pu se faire dans une autre langue que celle-ci ? Sans compter que cela vous aurait peut-être aussi éloigné de la culture viking…


Mattjö : Le folk Païen est un de nos nombreux outils parmi le Rock, le Metal, l’Electro et tant d’autres styles, qui nous influencent beaucoup. Les mythes scandinaves et germaniques font partie de mon bagage culturel et artistique. Ils ont été à l’origine de HRAFNGRÍMR, qui propose un voyage musical onirique, une aventure collective, mais aussi personnelle. Cela constitue une excellente base pour explorer d’autres horizons à l’instar de ces voyageurs, marchands, guerriers et poètes. Je veux dire par là que cela ne nous enferme en rien et ne nous empêche pas du tout de faire l’usage d’instruments et de techniques venant des quatre coins du monde. Et de laisser surtout chaque membre du groupe laisser aussi son empreinte, alors qu’ils ne sont pas forcément aussi intimes que moi avec cet univers. Au contraire, cette langue nous permet de nous détacher un court instant du réel et on est là pour ça !

– La musique de HRAFNGRÍMR met en avant la variété des rythmes autour du chant à plusieurs voix essentiellement. C’est un registre qui peut paraître assez épuré de prime abord.  L’authenticité est donc au cœur de votre style. De quelle manière la cultivez-vous et cela passe-t-il aussi par cette immersion que vous transmettez ensuite ?


Mattjö : Ca se fait naturellement, avec le cœur et les tripes ! C’est honnête et sincère !

Christine : Je ne peux pas vivre sans musique, ni sans chanter ! Nous avons très facilement trouvé un équilibre avec Mattjö et le duo vocal s’est imposé de lui-même. Nous sommes en couple et nous avons souvent l’occasion de chanter ensemble. Nous partageons, entre autres, le fait que nous ne pouvons pas chanter sans être authentiques et sincères. C’est une complicité qu’on cultive au quotidien.

– L’aspect théâtral du groupe peut aussi faire penser à certains groupes Metal. D’ailleurs, vous serez au Hellfest dans quelques jours. Pourtant les différences musicales sont flagrantes et même opposées. Comment percevez-vous le fait d’être assimilés à cet univers ?

Mattjö : On vient aussi de la scène Rock/Metal ! Mus avec Arkan, Arnaud avec Othargos, Nesh avec Azziard et Nydvind et moi avec Madonagun, etc… Et Christine avec aussi tous ses projets. On construit nos chansons avec les mêmes codes, les mêmes intentions et sans le faire exprès. On est donc très fiers d’être reconnus comme des métalleux!

Christine: Carrément ! J’ai l’habitude depuis plus de 30 ans de m’amuser dans des styles très crossover! Avec mon premier groupe Westing*House, puis Both et même mon projet solo The Black Lion Theory, qui mélange Pop, Rock, variété et Electro. Il y a aussi mon autre groupe Our Queen Liberty, qui mélange un style Grunge et aussi très Power Rock. Je me rends compte qu’en fait je ne fais que ça : métisser et explorer les choses. C’était donc un défi pour moi d’intégrer HRAFNGRÍMR et d’y apporter ma voix.  

– Enfin, HRAFNGRÍMR fait partie d’une niche musicale même si certains, comme Wardruna surtout, bénéficient d’une plus grande notoriété. L’objectif est-il de faire de plus en plus d’adeptes, ou au contraire de conserver une certaine confidentialité à l’instar du ‘Dungeon Synth’, par exemple ?

Mattjö : Je pense que c’est quelque chose que l’on ne maîtrise pas du tout. On est déjà très heureux de toucher un aussi large public ! C’est minuscule par rapport à d’autres groupes, mais déjà gigantesque pour nous. On ne se rend pas compte de ces choses et on est toujours très surpris d’avoir des fans et de constater leur émotion quand ils viennent nous voir après les concerts. C’est émouvant et irréel à la fois. D’un autre côté, il faut faire preuve d’honnêteté : avoir la chance de jouer sur des scènes comme celles du Hellfest est une expérience unique, pleine d’émotions et de satisfaction. Sans dénigrer les plus petites scènes au contraire, car elles représentent un vrai plaisir aussi. C’est juste une différence d’intensité.

Christine : Tant qu’on s’amuse, qu’on prend du plaisir, qu’on se respecte… Si en plus, on peut partager ça avec un large public, que demander de plus !

Le premier album de HRAFNGRÍMR, « Niflheims Auga », est disponible depuis quelques semaines. Retrouvez également l’ensemble des productions du groupe sur son Bandcamp :

https://hrafngrimr.bandcamp.com

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Hard'n Heavy

The Mercury Riots : so boldly

Avec « In Solstice », c’est un souffle nouveau que vient porter THE MERCURY RIOTS sur le Hard’n Heavy américain incarné à leur belle époque par des formations comme Extreme, Skid Row, voire Dokken et White Lion. A la différence près qu’ici l’ensemble paraît presque revitalisé, réoxygéné, mais sans être forcément réinventé, non plus. Audacieuse et vigoureuse, cette réalisation originelle toute en puissance et accrocheuse va en surprendre plus d’un.

THE MERCURY RIOTS

« In Solstice »

(SAOL)

Enchantés par une prestation enflammée en septembre dernier dans une obscure petite salle du Finistère-Sud, en première partie de vétérans australiens totalement à bout de souffle, les connaisseurs avaient pleinement pu apprécier la fougue et le talent du combo de Los Angeles. Avec un seul single en 2021 (« Save Me A Drink », présent ici) et surtout beaucoup de concerts, THE MERCURY RIOTS présente enfin son premier album et « In Solstice » est une époustouflante réponse aux attentes légitimement placées en lui.

Aguerri par la scène, le quatuor fait des étincelles et a mis toutes les chances de son côté pour réaliser de manière éclatante son premier effort. Pour l’enregistrement, c’est dans les légendaires Armoury Studios de Bruce Fairbairn et chez Bryan Adams au Warehouse que la magie a opéré, et sous la houlette du non moins légendaire Mike Fraser (Ac/Dc, Aerosmith, Metallica) derrière la console. THE MERCURY RIOTS s’est donc donné les moyens avec en prime un mastering signé Ryan Smith (The Black Keys, Greta Van Fleet).

Frais et musclé, le style du groupe doit beaucoup au Heavy californien des 90’s, lequel aurait reçu un furieux coup de boost. Sauvages et virtuoses, Sleaze et mélodiques, les quatre rockeurs font trembler les murs à grands renforts de riffs tranchants et survitaminés. THE MERCURY RIOTS connait la recette, maîtrise tous les rouages et se montre affûté (« Make It », « L.A. Girls »,  « Light It Up », « Scream It Out », « 99 Degrees »). L’entrée en matière est somptueuse et la spontanéité affichée fait vraiment plaisir à entendre.

Photo : Elizabeth Bacher