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International Southern Rock

These Wicked Rivers : along the water [Interview]

Faisant suite à « Force Of Nature », un album où le style des Anglais s’était clairement dessiné, « Fire And Folklore » vient confirmer cette touche unique qui soude et propulse le groupe à un sommet artistique d’une grande force. Avec ce troisième opus, leur Southern Rock prend une nouvelle dimension et, outre la qualité des morceaux, le travail effectué sur la production est lui aussi somptueux. Les riffs sont racés et enveloppants et la voix de John Hartwell délivre des messages d’espoir avec une sensibilité quidonne un caractère touchant à l’ensemble. Sur des guitares scintillantes, une rythmique au groove chaleureux et des notes de claviers qui viennent à la fois suspendre le temps et donner du corps au mélodies, THESE WICKED RIVERS prend son envol de la plus belle des manières. Entre passages Soul, Country, Blues et Classic Rock, le Sud guide l’inspiration des Britanniques, qui s’imposent désormais comme un valeur montante du genre. Le très polyvalent Rich Wilson (claviers, guitare, harmonica et chœurs) nous en dit plus sur la démarche du quintet, son approche de la composition et ce nouvel élan sudiste à l’œuvre depuis quelques années.

– Avant de parler de ce nouvel album, j’aimerais que l’on revienne sur le nom du groupe, qui est en lien direct avec votre ville de Belper dans le Derbyshire. Quelle est l’histoire derrière THESE WICKED RIVERS ?

Le nom du groupe vient de la comparaison entre le cours d’une rivière et la vie. Autrement dit, la rivière emprunte souvent le chemin de moindre résistance au fil du temps. Des méandres et des détours inévitables jalonnent son parcours ce qui, souvent, renforce son courant. Ces bifurcations peuvent surgir de nulle part et vous prendre totalement par surprise, vous entraînant sur des chemins insoupçonnés. Finalement, tout cela fait partie intégrante du voyage de la vie, des ruisseaux paisibles à la mer déchaînée.

– Je vous avais découvert avec « Force Of Nature » il y a deux ans et la qualité de ce deuxième album m’avait vraiment marqué. Or, avec « Fire And Folklore », votre jeu et votre écriture sont encore plus marqués. Il est d’ailleurs plutôt question de puissante émotionnelle, grâce à des mélodies et des textes forts. Cet aspect a-t-il pris plus d’importance durant l’écriture ?

Pour moi, la musique est une émotion. Dans « Sing Another Song », je parle de la bande-son de votre vie, qui vous accompagne à travers tout et nous croyons profondément au pouvoir de la musique et à son lien avec les émotions. Les liens que nous tissons avec la musique deviendront une mémoire vivante si on le permet, nous reliant aux bons comme aux mauvais moments. C’est pourquoi nous avons toujours été un groupe fier de nos textes, du message véhiculé par nos chansons. Je pense aussi qu’une mélodie forte contribue grandement à transmettre ce message, elle est donc tout aussi importante pour créer ce lien. Nous privilégions un message d’espoir, de compassion et de compréhension, si possible, mais il est tout aussi important de ne pas oublier les riffs percutants et les doubles pédales. La musique est ce qui se rapproche le plus de la magie. Créer quelque chose à partir de rien et qui puisse influencer positivement la vie des gens, est une chose puissante en ces temps difficiles.

– Revenons un instant sur votre ville de Belper où vous avez enregistré « Fire And Folklore », car il se trouve que le producteur Andy Sneap en est aussi citoyen. Qu’est-ce que le fait d’avoir travailler avec lui, ainsi qu’avec Colin Richardson, a apporté à votre son et peut-être au-delà à votre manière de composer et d’arranger ces nouveaux morceaux ?

Travailler avec des musiciens comme Colin et Andy allait forcément nous pousser à nous surpasser pour cet album. Leur riche expérience combinée était palpable à tous les niveaux du studio : ils savaient quelle guitare Arran (Day – NDR) devait utiliser pour chaque solo et avec quel ampli, afin d’obtenir le son ‘Thin Lizzy ultime’. Ils étaient même capables de déceler à l’oreille la moindre imperfection de timbre sur la peau d’un tom basse frappé par Dan (Southall – NDR). Nous avons vraiment adoré notre séjour aux studios Backstage et je pense que cela s’entend sur les enregistrements.

Pour être honnête, à part « Sing Another Song », le reste de l’album était déjà bien structuré avant d’entrer en studio, mais Colin et Andy semblaient savoir comment tirer le meilleur parti de chaque élément des morceaux. Ils suggéraient des modifications simples ici et là qui renforçaient toujours l’émotion du morceau. Andy travaillait les détails de la guitare avec Arran, l’aidant à peaufiner ses parties finales, tandis que Colin était très doué pour ajouter des idées de basse et de percussions. Il ressentait vraiment les morceaux et se déchaînait dans le studio. Nous avions également Pete Newdeck, un ingénieur du son doté d’une oreille incroyable pour les harmonies, qui s’est assuré que nous restions sur la bonne voie en ce qui concerne la partie vocale.

– Ce qui est d’ailleurs étonnant, c’est le contraste entre votre musique et celle sur laquelle Andy Sneap et Colin Richardson travaillent habituellement et qui est clairement orientée Metal. Comment s’est passée cette collaboration et comment avez-vous établi les ponts entre vos deux cultures musicales  ?

On adore le Metal, c’est indéniablement une partie de notre histoire, les membres du groupe connaissant très bien le travail de Colin et Andy. Honnêtement, je pense qu’on a contacté Colin au bon moment, car il était prêt à travailler sur un album de Rock plus classique et à faire une pause avec la scène Metal. Il a aimé les démos qu’on lui a envoyées et a parlé à Andy de l’idée de collaborer avec nous.

Bien qu’ils soient tous les deux connus pour leur travail dans le Metal, ils aiment aussi le Rock, et puis, c’était une bonne excuse pour qu’ils passent quelques mois ensemble. On voulait tous capturer au maximum l’énergie d’un vrai concert, en travaillant sur le vif pour préserver un maximum de spontanéité, ce qui, je crois, était très stimulant pour tout le monde.

– D’ailleurs, il y a une autre artiste de grand talent près chez vous et sur cet album, c’est la chanteuse de Country Music, Kezia Gill, et votre rencontre sur « Sing Another Song » est lumineuse. Comment avez-vous travaillé sur cette chanson, et ce duo s’est-il imposé de lui-même ?

Nous avons assuré la première partie du groupe ‘A Thousand Horses’ de Nashville pour quelques concerts dans le sud des Etats-Unis, et Kezia était là en tant que chanteuse invitée. On a commencé à discuter avant le concert et le courant est tout de suite passé, car on a le même humour et on vient de la même région. Après le concert, je parlais avec un fan qui avait une photo d’elle et de Michael, le chanteur d’A Thousand Horses, datant d’il y a dix ans, et une autre prise ensemble le soir même. Plus tard, je lui en ai parlé et il m’a dit que ce n’étaient pas les années qui comptaient, mais les kilomètres. Ça m’a fait réfléchir à la vie d’un musicien itinérant et à la relation entre le fan, la musique et le musicien, et c’est de là qu’est née la chanson. J’en ai fait une démo pour la maison de disques, qui a beaucoup aimé et a pensé que ça pourrait être une bonne idée pour une collaboration. Dès que j’ai entendu ça, j’ai tout de suite pensé à Kezia, car je savais que le côté Country de la chanson collerait parfaitement à sa voix. Elle était aussi liée à la genèse de la chanson, puisqu’elle était là le soir où j’ai commencé à l’écrire. Nous lui avons envoyé la chanson, elle l’a adorée et a accepté de venir au studio où elle a fait un travail formidable.

– « Fire And Folklore » affiche par ailleurs une sonorité plus Southern Rock que « Force Of Nature » qui était plus Blues Rock dans le fond. Est-ce qu’après deux EPs et trois albums, THESE WICKED RIVERS a atteint son identité artistique profonde, car ce nouvel album est vraiment le plus abouti ?

L’album « Force Of Nature » ​​avait un bassiste différent et plusieurs morceaux existaient déjà depuis un certain temps. Avec ce nouvel album, nous avons enfin les cinq membres au complet, ce qui nous a permis de peaufiner notre son. Ces deux dernières années, nous avons eu l’occasion de composer ensemble et de renforcer notre cohésion. On ressent vraiment la fusion de nos influences musicales pour créer ce son unique. Ces influences nous permettent de naviguer entre les genres, car notre objectif est de proposer la meilleure version possible de chaque chanson, quel que soit le style : ballade, morceau Rock entraînant ou Southern Blues.

– Avec DeWolff, Robert Jon & The Wreck, The Commoners, The Georgia Thunderbolts et quelques autres, THESE WICKED RIVERS fait partie du renouveau de la scène Southern. Et pour une fois, la relève ne vient pas exclusivement du sud des Etats-Unis. Selon vous, la différence vient-elle du contenu des textes, ou plutôt d’une approche musicale plus moderne et directe comme la vôtre ? Car les ingrédients sont finalement restés les mêmes…

Oui, je pense qu’au final, c’est une belle histoire. Il y a sans doute aussi un côté cyclique, car je crois que les gens commencent à se lasser des pistes d’accompagnement, des samples et qu’ils aspirent à ce son et à cette ambiance classiques. La combinaison d’instruments y contribue également, avec la présence importante du piano sur l’album. On retrouve cette basse mélodique, presque comme une guitare solo par moments, et une sincérité et une vulnérabilité touchantes dans le chant. Ajoutez à cela des riffs profonds, une batterie éclectique et des harmonies vocales riches, et vous y êtes. Je ne pense pas que nos origines importent vraiment. En tant que musiciens, nous sommes tous influencés par les grands maîtres et la musique de notre enfance. Au final, nous sommes tous des nains sur les épaules de géants.

– Enfin, il y a un véritable sentiment de liberté sur cet album, ainsi qu’une empreinte britannique très présente. Est-ce finalement l’exploration de vos racines immédiates, et non celles d’autres artistes, qui alimente votre style ?

Nous avons la chance d’avoir plusieurs auteurs-compositeurs dans le groupe. Ils s’inspirent de leurs propres expériences et racontent des histoires qui leur tiennent à cœur. Les morceaux sont toujours finalisés ensemble en répétition, ce qui permet à chacun d’y intégrer son style et ses influences. Au final, nous cherchons à transmettre une vérité à travers ces histoires, une vérité à laquelle, nous l’espérons, les gens pourront s’identifier. Nous sommes tous sur le même chemin : le ‘feu et le folklore’ ne sont que des repères pour guider ceux qui en ont besoin.

Le nouvel album de THESE WICKED RIVERS, « Fire And Folklore », est disponible chez Fat Earth Records.

Photos : Blackham

Retrouvez aussi la chronique de « Force Of Nature » :

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Southern Rock

Sam Morrow : un air de liberté

S’il n’était pas aussi personnel, on pourrait penser que le Texan rend ici hommage aux pionniers du genre que sont le Allman Brothers Band ou Marshall Tucker. Presque hors du temps, l’énergie employée par SAM MORROW avance dans un élan brut, mais d’une grande finesse d’écriture comme d’interprétation. Assurée et pourtant assez discrète, sa voix porte des textes touchants, provocateurs, sans prétention et toujours justes. Enfin, « Southern Boogie » est aussi accrocheur que groovy.

SAM MORROW

« Southern Boogie »

(Copaco Records/Blue Elan Records)

Sorti en début d’été, « Southern Boogie » était passé entre les mailles de mes filet et c’eût été dommage de ne pas se faire l’écho de ce très bon album. Pour rappel, le natif d’Austin a sorti son premier album, « Ephemeral » en 2014, après être allé vivre un temps en Californie. Après ce rapide retour au Texas il y a trois ans, SAM MORROW est parti s’installer à Nashville, où il a clairement électrisé et dynamisé l’Americana Roots de ses débuts. Avec ce sixième opus, il plonge avec délectation dans le Southern Rock le plus authentique.

La fusion du Blues, du rock, de l’Americana et de la Country proposée par le songwriter n’est pas inédite, c’est vrai, mais il en ressort une saveur à la fois originale et familière. Et pour mener à bien son entreprise, SAM MORROW s’est entouré d’un groupe de très haut niveau. Matt Hubbard (claviers), Bryan McGrath (batterie), John Michael Schoepf (basse) et Joseph Wullard (saxophone) apportent toute leur virtuosité à la mise en relief de ce « Southern Boogie » aussi soigné dans le jeu que dans son enregistrement analogique si chaleureux.

Derrière une apparente décontraction, « Southern Boogie » se démarque aussi par le nombre imposant de guitaristes qui œuvrent sur ces dix morceaux. Ricky Ray Jackson, Damon Atkins, Eli Wulfmeier et Leroy Powell sont de la partie, et les chœurs de Tameca Jones et de Paice Plaisance offrent toute la lumière nécessaire à l’éclat de ce nouvel effort. SAM MORROW signe probablement son disque le plus abouti et le plus complet (« Cruisin’ », « Lucretia », « South Texas Women », « Saturday Night », « Juanita », « Wedding Ring »). Incontournable.

Photo : Leddo

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Blues Soul Southern Blues Rock

Ruthie Foster : a spiritual joy

C’est une sorte de célébration de la joie et de la vie que présente la chanteuse et guitariste avec ce « Just Say Yes », qui met en avant sa puissance vocale et toute la délicatesse de son approche Soul et Gospel du Blues. Avec une touche Rock, un son organique et moderne, RUTHIE FOSTER réinvente une certaine tradition, bien aidée en cela par un jeune couple de musiciens confirmés, inspirés et ayant grandi avec une culture musicale également très sudiste. Et le résultat est flamboyant.

RUTHIE FOSTER

« Just Say Yes »

(Sun Records)

Récemment auréolée d’un Grammy Award pour son album « Mileage » (2024), RUTHIE FOSTER a renouvelé sa confiance à Tyler Bryant de The Shakedown pour la production et la composition de ce quatorzième opus, enregistré dans le propre studio du musicien à Nashville. D’ailleurs, cette fois encore, l’accent est mis sur les guitares, puisqu’on y retrouve Rebecca Lovell, sa femme également partie prenante à l’écriture, ainsi que sa sœur Megan seconde moitié de Larkin Poe, aussi présente sur le titre « Come On Up », qui rayonne de toutes parts.

Ecrit à trois, il faut reconnaître que les parties instrumentales sont incroyables. Porté par un groove enveloppant et chaleureux, par les notes de l’orgue Hammond de Michael Webb et par les harmonies des cordes et de la slide, « Just Say Yes » est d’une énergie positive à chaque instant. Mais c’est bel et bien la voix de RUTHIE FOSTER qui illumine l’ensemble. La Texane est tout simplement phénoménale et semble même, à 62 ans, au sommet de son art. Elle fait bien plus que d’interpréter ses chansons, elle les incarne littéralement.

Entre Southern Rock, Soul, Country et Blues plus classique, « Just Say Yes » est une balade apaisante dans le Sud américain et quand RUTHIE FOSTER laisse sa guitare pour le piano, l’instant devient magique (« Sitting Still »). Et là où l’artiste prend sa véritable dimension, c’est lorsqu’elle se fond dans ce Gospel Blues, où elle s’affiche en vraie patronne de ce genre typique de son Texas. Très variée et bien relevée, cette nouvelle réalisation est l’expression-même de la musique roots américaine contemporaine (« Thank You », « Hold On », « Tangled »). Incomparable !

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Bluesy Rock Roots Rock Soul

Grace Potter : une classe XXL

Magnétique et sensuelle, GRACE POTTER conduit sa carrière comme sa chaotique Volkswagen Atlas 2020, c’est-à-dire avec une folle énergie et une liberté totale. Après « Mother Road », elle offre une nouvelle vision, façon carte postale, de son Amérique à elle avec cet envoûtant « Trespasser ». Sans filtre, elle fait le lien entre une Cyndi Lauper survoltée et une Aretha Franklin version Rock’n’Roll et hors de contrôle. D’un naturel assez déconcertant et absolu, elle peint en musique les joies comme les déboires des protagonistes qui jalonnent ce sixième opus solo.

GRACE POTTER

« Trespasser »

(Mother Road Records/Thirty Tigers)

Toujours tellement radieuse, GRACE POTTER livre une très belle suite à « Mother Road » paru en 2023. Ce road-trip très personnel est aussi enivrant que le précédent et ce malgré la teneur de certains textes. D’ailleurs, plutôt que de road-trip, il conviendrait plutôt de parler d’allers-retours. En effet, pour ses deux dernières réalisations, c’est sur la route, la main sur le volant, séparant sa maison de Topanga Canyon en Californie et celle située dans son Vermont natal qu’elle a imaginé et commencé à tisser ce voyage kaléidoscopique et haut en couleur.

A nouveau produit par son mari Eric Valentine (QOTSA, Slash), on retrouve avec délectation le son et atmosphère de « Mother Road », qui illustrent à merveille des paroles qui nous plongent dans l’univers intime de la chanteuse, sous couvert de rencontres improbables dans des endroits qui le sont tout autant. GRACE POTTER joue avec les émotions. Tantôt exaltée, puis touchante l’instant suivant, elle se meut dans des ambiances traversant le Rock américain en titillant le Blues, la Soul et la Country avec beaucoup d’audace et une touche de psychédélisme.

Subtilement vintage, on a parfois l’impression de se promener dans un film de Tarantino avec tout ce que cela suppose d’insouciance et de chaleur humaine. Mais au-delà de ce périple où l’asphalte défile et monte en température au fil des morceaux, c’est la performance vocale de GRACE POTTER qui impressionne. Intense et sensible, rien ne lui résiste et elle électrise « Trespasser » sur chaque refrain et chaque couplet « Main St. USA », le génial « Ride Or Die », « Gazoline, « Love Me Not », «  Run Baby Run », « The Voice » et le morceau-titre). Epoustouflant de vérité !

Photo : James Mountford

Retrouvez la chronique de « Mother Road » :

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International Rock Hard

Jasmine Cain : the way to rock [Interview]

En plus de vingt ans et à travers huit albums, la chanteuse et multi-instrumentiste américaine a su non seulement se forger une solide réputation sur disque comme en concert, mais aussi imposer un style enveloppant un Rock vaste et fédérateur, aux frontières du Hard Rock. Tenant aussi la basse sur scène, c’est sur un groove massif et avec une voix puissante qu’elle emmène ses musiciens et son public sur des morceaux aussi mélodiques que percutants, et toujours emprunts de vérité. Authentique et directe, JASMINE CAIN passe une grande partie de sa vie sur la route et cela s’en ressent dans son écriture. Rencontre avec une artiste complète, indépendante, joyeuse et sans fard.

– Tout d’abord, j’aimerais que tu me définisses ton style, car c’est un Rock dans lequel on retrouve beaucoup de choses. Et puis, il  y a aussi une forte empreinte féminine. J’ai presque l’impression que c’est même le plus important, non ?

Ma musique est essentiellement du Rock mélodique, porté par des mélodies entraînantes et des histoires authentiques. J’écris à partir de mes expériences de vie, qui capturent les joies, les peines et tout ce qui se trouve entre les deux. Elle est faite pour être ressentie autant qu’écoutée. Personnellement, le fait d’être une femme n’est pas un thème central de mon écriture. Je veux que mes chansons parlent à tout le monde.

– D’ailleurs, ce qui te caractérise aussi, c’est une forte personnalité et une attitude sans compromis. Cela a commencé avec ton arrivée à Nashville en provenance du Dakota du Sud il y a plus de 20 ans et où tu t’es imposée. La ville a aussi beaucoup changé, tout comme l’industrie musicale qui y est très concentrée. Comment y as-tu fait ta place ?

Il y a vingt ans, déménager à Nashville pour poursuivre une carrière dans le Rock paraissait un peu étrange. Mais je suis vraiment contente d’avoir fait ce choix, car cela m’a permis de participer dès le début à la construction de la scène Rock locale et de m’implanter durablement dans la ‘Capitale de la Musique’. Ces dernières années, la ville a beaucoup changé avec l’arrivée de gens venus de partout, qui n’apprécient pas forcément ce qui faisait son charme.

– Et puis, l’une de tes autres particularités est d’être l’une des premières femmes à être coutumière des rassemblements de bikers. En tant que pionnière, comment est née ton attirance pour cette communauté a priori très masculine ?

C’était incroyablement difficile à mes débuts dans les événements de bikers. J’ai dû faire face à beaucoup d’irrespect de la part d’autres groupes qui n’appréciaient pas que j’empiète sur leur territoire, et il était très difficile de gagner le respect du public, car c’était tellement inhabituel. En coulisses, je retrouvais mes affiches profanées et déchirées. J’ai choisi de rester digne et de me concentrer sur l’avenir, car je savais que dans cinq ans, ils seraient toujours sur la même voie et que je serais la tête d’affiche de ces concerts. Ces événements avaient désespérément besoin de quelque chose de nouveau et d’exubérant, et je savais que je pouvais l’apporter… (Sourires)

– Tu as donc ce caractère bien trempé que l’on retrouve jusqu’au titre de ton huitième album, « Attitude Is Everything ». Est-ce que tu te retrouves dans le monde actuel de la musique, qui semble assez loin de tes valeurs ?

Je ne me compare pas à la scène musicale actuelle. Je me compare à ce que j’étais hier pour évaluer mon évolution. Tant que je progresse, je considère cela comme une réussite. Je refuse de suivre les tendances éphémères et de me laisser entraîner dans cette course effrénée. Je veux composer une musique qui a du sens et qui me touche, et si par hasard elle trouve un écho chez d’autres, comme cela semble être le cas, j’en suis ravie ! (Sourires) Mes valeurs sont à la base de ma réussite et de mon activité, et je leur resterai toujours fidèle.

– A ce sujet, tu as sorti le single « Hurt » en mars dernier et il fait suite à une prise de position forte, qui a même créé une polémique en lien avec le magazine « Easyriders ». C’est une chanson très engagée. Que s’est-il passé pour que tu te sois sentie obligée de réagir de cette façon et en musique ?

J’ai été profondément déçue par la position du magazine ‘Easyriders’ concernant un article. Ce n’était un secret pour personne qu’ils avaient lancé ma carrière à mes débuts. John Green, le patron de la partie événementielle, m’avait donné l’opportunité de réaliser de grandes choses que je n’avais pas forcément méritées. Grâce à sa confiance en moi, en ma capacité à assurer un spectacle impeccable jour après jour et à gérer seule le rythme effréné des tournées, j’ai acquis une notoriété nationale et je me suis constituée une solide base de fans en quelques mois, chose qui m’aurait pris des années toute seule. Il était généreux et bienveillant, et je l’admirais beaucoup pour sa bonté envers les autres. Il est décédé il y a plusieurs années.

Le magazine était une entité indépendante et, impressionnés par le succès des spectacles, ils ont décidé de me consacrer un article dans leur numéro de juin 2006. C’était l’une des premières fois qu’un artiste musical apparaissait dans le magazine ‘Easyrider’… Une véritable révolution ! (Sourires) Imaginez donc ma joie lorsque les nouveaux propriétaires ont voulu me consacrer un autre article 20 ans plus tard ! C’était un moment symbolique pour moi et j’étais ravie. L’interview était terminée et il ne manquait plus que la séance photo. J’avais choisi de travailler avec la fabuleuse photographe Allison Lynn à Tampa et de mettre en avant la ‘Triumph’, voiture primée de Jared Weems, sur les photos. Avant même de recevoir les photos, j’ai appris que le nouveau propriétaire, Keith ‘Bandit’ Ball, avait publié une story sur Facebook faisant l’apologie de la pédophilie. J’ai été vérifier l’information moi-même et je l’ai vue. Ensuite, l’un des rédacteurs lui a demandé s’il approuvait cette publication, car si c’était le cas, il ne pouvait plus travailler pour lui. Sa réponse a été : « Au revoir ».

C’était tout ce que j’avais besoin de savoir : je devais m’éloigner le plus possible d’’Easyrider’ avant d’être entraînée dans cette histoire. C’était choquant et très décevant. J’ai sorti « Hurt » quelques semaines plus tard pour boucler la boucle. Ça me brise le cœur de voir cet empire devenir ce qu’il est devenu. John Green aurait été déçu lui aussi. Le magazine ne sera peut-être bientôt plus là, mais cette chanson, elle, restera toujours.

– A ce sujet, « Attitude Is Everything » est sorti en 2024 et l’inédit « Hurt » il y a quelques mois. Est-ce que tu travailles en ce moment sur ton nouvel album ?

Les albums studio se font rares ces temps-ci. Tout le monde veut de la musique tout de suite et la préparation d’un album est très chronophage. Je vais donc privilégier des sorties plus fréquentes, sans forcément construire à un album. Beaucoup de singles et d’EPs aussi. On commence généralement à travailler dessus à l’automne, une fois la tournée d’été terminée. Comme je suis en tournée toute l’année, il faudra donc prévoir des plages horaires dédiées à l’écriture et à l’enregistrement, dès que j’aurais quelques jours de congés… (Sourires)

– Outre tes prises de position, il y a aussi beaucoup d’humour dans ta démarche artistique et je pense notamment à « Evil Disco » et « Stupid Pop Song », deux morceaux assez ironiques de ton dernier album. Est-ce important aussi pour toi d’apporter un peu de légèreté à ton répertoire ?

Je plaisante sur tout. J’essaie de ne rien prendre trop au sérieux dans la vie, car il faut en profiter sinon on devient morose en permanence. J’ai la chance d’être entourée de musiciens formidables, qui rient sans cesse. Ça allège la vie, même dans les moments difficiles. J’adore notre sens de l’humour, il est contagieux ! (Rires) On veut que les gens s’amusent avec nous. On se moque de nous-mêmes sur scène, on dit et on fait des choses ridicules juste pour le plaisir. On a tous commencé la musique par plaisir et on compte bien que ça continue comme ça ! (Sourires)

– Tu es compositrice et aussi multi-instrumentiste. Pourtant, tu as choisi la basse pour la scène. Quel est ton lien et ta relation avec cet instrument ? C’est une histoire de groove ?

Je ne crois pas avoir choisi la basse. C’est plutôt elle qui m’a choisi. En grandissant, je jouais de la guitare rythmique, ou d’autres instruments, dans des groupes et il y avait toujours un imprévu qui empêchait le bassiste de jouer. Du coup, je devais prendre sa place. C’était tellement fréquent que j’ai fini par m’y consacrer pleinement pour ne plus avoir à m’en soucier. Au fil des années, des professeurs m’ont conseillé d’abandonner la basse et de me concentrer sur le chant, mais elle est devenue presque une extension de moi-même. Je l’utilise autant comme un accessoire que comme un instrument. Je ne suis pas une bassiste virtuose, mais mon jeu est solide et c’est ce qui nous unit. J’aime aussi le fait de pouvoir emmener le groupe dans une direction expérimentale en plein morceau, si l’envie me prend d’essayer quelque chose. Avoir un instrument me permet d’improviser sur scène. Et c’est justement ce qui rend les concerts si intéressants : ils ne se ressemblent jamais ! (Sourires)

– Par ailleurs, ton dernier album se conclue avec « The Toast (Pub) », une chanson à l’esprit et aux sonorités Country. Est-ce une sorte d’hommage à Nashville, qui a accueilli et où tu as réellement pris ton envol ?

A l’origine, je rêvais d’être chanteuse de Country. Mes racines sont profondément ancrées dans cette musique. J’ai grandi en chantant des chansons de cow-boy pour mon père et dans le groupe Country de mon frère. Après le lycée, j’ai chanté du Bluegrass dans un spectacle familial pendant un été… j’ai même appris à yodler ! (Rires) J’ai participé à des rodéos et débourré des chevaux durant l’été. Je suis partie à Nashville en pensant devenir la version Rock’n’Roll de Gretchen Wilson, mais le destin en a décidé autrement ! (Sourires) J’écris toujours dans un esprit Country, car il est indéniable que trois accords et la vérité restent les maîtres mots. Je suis une fille simple dans un monde complexe… (Sourires)

– Enfin, tu seras chez toi à Sturgis en ce moins d’août. Est-ce que les concerts dans ta ville d’origine ont une saveur particulière pour toi ?

Oui, c’est vrai ! (Sourires) On a parlé de ce moment symbolique et c’est quelque chose que je ressens chaque année en rentrant chez moi. Je revois les membres de mon groupe avec qui j’ai joué dans ces petits bars enfumés, et ils me regardent comme si j’avais gagné au loto ! (Rires) Je suis vraiment heureuse de les revoir tous. Ils m’ont façonné. Ils n’ont peut-être pas perçu ce dont j’étais capable à l’époque, mais ils me voient maintenant et je leur suis toujours reconnaissante de venir à mes concerts. J’ai travaillé dur pour en arriver là, et cette fierté d’appartenir à ma ville natale est indéniable… (Sourires)

Le dernier album de JASMINE CAIN, « Attitude Is Everything », ainsi que ses autres productions, sont disponibles sur le site de l’artiste : https://jasminecain.com/

Photo : Chuck Arlund Photography (3)

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Blues Chicago Blues

GA-20 with Charlie Musselwhite : l’âme de la tradition

Frais et vivifiants, les dix morceaux enregistrés par le grand CHARLIE MUSSELWHITE avec le jeune combo GA-20 en six jours seulement revisitent un pan de l’œuvre de l’harmoniciste, mais pas seulement. Même si la magie de « Stand Back », son premier opus sorti en 1967, flotte sur « Blues Now » qui en contient d’ailleurs deux titres. Très roots dans l’approche, on retrouve ici l’essence-même du style, sans fioritures, ni effets de manche. Complices, les voix s’entremêlent dans une rugosité chaleureuse et attachante et sur des accords sauvages et rugissants de plaisir.

GA-20 with CHARLIE MUSSELWHITE

« Blues Now »

(New West Records)

En l’espace de huit ans seulement, GA-20 a su s’imposer comme la relève du Blues urbain made in Boston avec la manière et un habile mélange de Rockabilly, de Soul, de Country et de quelques éléments Psych. Mais l’explosif trio possède une solide expérience et notamment son leader et guitariste Matthew Stubbs, qui a officié une décennie durant aux côtés d’une légende bien vivante qu’il retrouve ici pour une première collaboration. CHARLIE MUSSELWHITE est, en effet, l’invité de marque de ce « Blues Now » sur lequel il se prête à une sorte de choc générationnel enjoué.

Figure incontournable de l’harmonica et chanteur d’une grande élégance, il est né dans le Mississippi et a grandi dès l’adolescence auprès des plus grands noms de Chicago. Des bases, un savoir-faire et un talent que CHARLIE MUSSELWHITE a savamment distillé sur une quarantaine d’albums et tout autant de collaborations. Cela dit, avec les musiciens de GA-20, c’est surtout la camaraderie et le plaisir de partager un amour commun pour les pionniers du genre qui prend le dessus. L’ensemble est profond, authentique et son aspect brut le rend irrésistible.

Hormis une composition de CHARLIE MUSSELWHITE (« Strange Land »), la formation est allée creuser dans l’extraordinaire répertoire Blues de la fin des années 50 jusqu’au début des 60’s. De Willie Dixon à Elmore James en passant par Junior Wells, John Lee Hooker et bien sûr Muddy Waters, GA-20 électrise ces classiques avec fougue, bien aidé par un mentor qui semble lui aussi galvanisé par le projet. Complété par les instrumentaux, « Universal Rock » et « Christo Redentor », « Blues Now » est d’une bonne humeur contagieuse. Un grand moment, qui mérite une suite !

Photo : Elizabeth Ellenwood

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Americana Roots Rock Southern Rock

Duane Betts : un sanctuaire musical

Plus intimiste qu’à l’habitude, DUANE BETTS ouvre un nouveau chapitre de sa carrière, même s’il ne change évidemment pas de registre. Très roots dans l’approche, ses nouvelles compositions sont parfaitement écrites, toujours aussi authentiques et se distinguent aussi par beaucoup de sensibilité. Original et mettant en avant le jeu de guitare de l’Américain, « Isle Of Hope » est d’une finesse et d’une chaleur qui le rendent déjà incontournable. Il fait ici bien plus que d’entretenir un héritage assumé, il le bonifie et lui donne une nouvelle dimension.

DUANE BETTS

« Isle Of Hope »

(Sun Records)

Son talent et son inspiration ne sont plus à démontrer depuis longtemps et pourtant DUANE BETTS reste plein de surprises. Alors qu’il s’était lancé en solo il y a trois ans avec le solaire et très positif « Wild & Precious », après l’aventure du Allman Betts Band aux côtés de son ami Devon Allman, il fait son retour avec un deuxième album très introspectif. Emprunt d’une certaine mélancolie, mais non sans une belle lueur d’espoir, « Isle Of Hope » sort deux ans après la perte de son père et mentor Dickey, dont l’ombre plane sur ces nouveaux morceaux.

Ecrit avec son collaborateur de longue date Stoll Vaughan, DUANE BETTS navigue toujours entre Southern Rock, Roots Rock et Americana avec une légère touche Country, mais c’est le ton qui change. Plus posé aussi, il explore en profondeur une multitude de sentiments et d’émotions, le tout porté de bout en bout par son incroyable jeu de guitare. Enregistré en seulement cinq jours dans son studio de Savannah, « Isle Of Hope » est produit par le grand Dave Cobb (Chris Stapleton, Rival Sons) lui garantissant un son organique et chaleureux.

A la fois intemporel sans être nostalgique, le chanteur et guitariste dévoile un aspect plus personnel de son univers. En respectant la tradition tout en se construisant une identité bien à lui, DUANE BETTS montre une grande polyvalence, qui reste spontanée et naturelle. Les titres présentent des sonorités riches et captivantes, tandis que ses textes sont d’une rare sincérité (« Heartache », « Reckless », « Pills And Liquor », « Winners Of War », « Down To Houston », « Best Wiches »). La slide est envoûtante, les arrangements soignés et le chant délicat : un must !

Retrouvez la chronique de son premier album solo :

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Americana Dark Folk International Roots Rock

Jay Buchanan : une sérénité rayonnante [Interview]

Incontournable frontman de Rival Sons depuis plus de 15 ans, JAY BUCHANAN a quitté un temps la bruyante civilisation pour s’isoler dans le désert de Mojave pour y trouver l’inspiration dans le calme. Très introspectif, « Weapons Of Beauty » révèle un tout autre visage du Californien, qui nous a habitué à livrer un Rock musclé et sauvage devant des foules denses avec son groupe. Très aéré, ce premier album solo s’aventure dans des sonorités Americana, teinté de Country et puisant ses fondations dans un Roots Rock américain interprété avec une précision d’orfèvre. Le chanteur, guitariste et compositeur est allé chercher ces chansons au plus profond de lui-même pour faire jaillir un disque magistral, délicat et profond. Les émotions, les sentiments et les paysages défilent et nous imprègnent de cette douceur apparente, qui émerge de cet écrin musical rare. Entretien avec un artiste passionné, passionnant et dont la vision de son art sort des carcans d’une industrie artistique qui étouffe.

– Ma première sensation à l’écoute de cet album a été de me dire qu’il te ressemblait beaucoup. « Weapons Of Beauty » est très personnel et on te découvre aussi dans un autre registre. Est-ce un projet que tu avais en tête depuis longtemps ?

Oui, c’est un projet auquel je pense depuis très longtemps. D’ailleurs, depuis ces dix dernières années, c’est même quelque chose à laquelle je pense tous les ans. J’ai cette intention de faire cet album gravé en moi, mais la vie s’est mise en travers à chaque fois. Il y a toujours quelque chose d’autre à faire, même quand tu sais très bien que tu n’as besoin de la faire ! (Rires)

– On est très loin du Rock puissant de Rival Sons et tu évolues cette fois dans un Roots Rock américain, proche de l’Americana et parfois même de la Country. Avais-tu l’envie de montrer une autre facette de te personnalité, ainsi que de ta propre culture musicale ? Ou est-ce plus simplement la musique dont tu rêves depuis longtemps ?

Je pense que c’est tout simplement la musique que je voulais faire. Je n’ai pas regardé les choses en fonction de ce qu’elle reflète de moi, ou pour montrer quelque chose d’autre de bien spécifique en termes de sonorités. La seule chose que je savais à partir du moment où est née l’idée de l’album, c’est que je souhaitais que la musique contienne beaucoup d’espace autour d’une bonne histoire et d’intervalles de vide, en quelque sorte. Je voulais écrire une musique qui évoque la patience. Tu vois, typiquement, le Rock’n’Roll n’a rien de patient, il y est toujours question d’immédiatement. Et il y a beaucoup d’informations dans un disque de Rock, parce qu’il y a aussi énormément de son en termes de volume et c’est précisément ce qu’il représente. C’est son essence. Et c’est aussi quelque chose que je suis habitué à faire. Avec cet album solo, j’ai voulu aller exactement à l’opposé.

– L’ensemble est assez apaisé, introspectif aussi et très serein. A son écoute, on a vraiment envie de grands espaces, tant il y a un aspect cinématographique et narratif qui renvoie à un univers très visuel. Est-ce aussi cette impression que tu as cherché en composant ?

Oui, absolument. C’est d’ailleurs l’environnement dans lequel je me suis mis et où j’ai plongé pour terminer la composition de l’album, au cœur du désert de Mojave. Je pense que cet isolement a été un précieux collaborateur pour moi, une sorte de co-compositeur. Il m’a aidé pour beaucoup de chansons de l’album. Etre isolé dans cet espace si vaste m’a permis de discerner aussi les fréquences que j’étais prêt à utiliser et la ligne instrumentale vers laquelle je voulais me diriger… dans une espèce d’économie de l’attention. Je pense que c’était très important pour moi de ne pas écraser l’auditeur, mais plutôt de lui offrir suffisamment d’espace pour sa propre introspection.

– Si tu ne joues pas sur la puissance comme avec Rival Sons, « Weapons Of Beauty » est d’une grande intensité. Bien sûr, la force de ta voix aide beaucoup, mais tu utilises aussi d’autres leviers. De quelle manière t’y es-tu pris pour faire émerger cette profondeur et cette émotion à travers des chansons apparemment plus calmes ?

(Silence)… Je pense qu’écrire depuis un endroit aussi particulier pour moi était la seule chose dont j’étais vraiment sûr dès le début en composant cette musique. Je voulais être sûr que ce que j’écrivais résonnerait très fort. Je pouvais simplement m’asseoir et écrire une chanson. Mais tu sais, François, ce n’est non plus nécessairement lié à un endroit spécifique. A la fin de l’interview, je pourrais très bien sortir de ce lieu qui me rend nerveux et le faire de la même manière. En fait, je devais trouver ces chansons, elles devaient naître et venir à moi d’une façon bien précise. Elles devaient résonner en moi d’une façon très spéciale. Quand j’étais dans le désert, j’ai vraiment écrit beaucoup de musique que personne n’entendra jamais. C’est une sorte d’exercice qui me permet de rester libre et créatif, flexible aussi et suffisamment ouvert pour que des chansons profondes viennent à moi.

– Il y a également une ambiance très romantique et sauvage sur tout l’album, qui se traduit par une sorte d’Americana un peu dark. Est-ce que cela a été un véritable exercice de style pour toi, ou au contraire l’album s’est écrit de manière très naturelle ?

Je n’avais pas d’histoire précise en tête, ni de concept particulier pour l’album. Il n’y avait pas vraiment de ligne directrice. Je pense que toutes ces années à tourner, puis le paysage dans lequel je me suis retrouvé dans le désert de Mojave, ont aidé à ce que les chansons viennent à moi naturellement. En ce qui concerne l’aspect Americana et de ballades Country, cela vient du fait que j’ai écrit une musique plus lente, plus axée sur le songwriting en mettant en avant les paysages sonores et l’histoire. C’est l’une des particularités et des qualités de l’Americana, c’est vrai. Et donc, j’ai voulu me trouver à travers cette écriture et ces récits, qui sont nichés dans cette dialectique. Finalement, tout s’est passé de manière très naturelle. J’ai trouvé tout ça en moi-même, de manière très instinctive. Rien n’était prémédité, ce n’était pas prévu, mais c’est venu de cette façon-là.

– Il est beaucoup question de sentiments et d’une sensation de nature sur l’album avec le désir de se reconnecter à des choses essentielles. Et l’un des thèmes principaux est aussi l’espoir, qui parcourt toutes les chansons. Trouves-tu qu’on en manque aujourd’hui ? D’une manière ou d’une autre ?

Je pense que l’espoir n’arrive jamais sans style et sans action, c’est-à-dire que c’est un outil qui fait partie d’une boîte à outils. Quand à la reconnexion… (Silence)… Je pense que rester calme est très important. Il faut se définir par nos propres actions, prendre le temps de réfléchir à vos propres pensées et se demander pourquoi on ressent tel ou tel sentiment. Et prendre aussi le temps d’examiner tout ça est très important, plutôt que toujours se précipiter et foncer tête baissée. Je pense qu’en se donnant l’opportunité d’avoir cette patience de faire ce travail d’introspection est ce qui peut apporter des réponses à des questions que vous ne seriez même pas prêts à vous poser. Si l’espoir est considéré sous cette forme, je sais que je vis dans l’espoir quotidiennement. Ce n’est pas juste une question d’optimisme, c’est un outil pragmatique, très utile et c’est une solution au final. L’espoir n’est pas seulement de savoir exactement que vous voulez. Le futur est demain, il n’est pas aujourd’hui. Il ne sera peut-être pas comme tu le souhaites, mais ça ne veut pas dire que tu ne l’apprécieras pas. Ça ne veut pas dire que tu seras heureux, non plus, c’est pour ça qu’il faut faire des projets.

– A l’écoute de « Weapons Of Beauty », je n’ai pu m’empêcher de penser au film et à la musique de « Into The Wild », signée Eddie Vedder, Il y a ce côté un peu dépouillé et acoustique, bien sûr, mais aussi une sorte de cri face à une société de plus en plus fragile. Est-ce quelque chose que tu avais aussi en tête en l’écrivant ?

Je pense que lorsque tu es profondément plongé dans une chanson, elle révèle ce pourquoi elle est faite, elle se révèle d’elle-même. Et quand bien même tu aurais un projet quand tu commences à écrire, une idée dans la tête, la chanson te le dira. Elle va révéler ses attentes en te donnant une idée de ce qu’elle va être et devenir. C’est très similaire à un enfant. Quand il naît, les parents pensent qu’elle peuvent façonner une personne. Mais c’est finalement l’enfant qui va vous leur montrer qui ils sont. Il va leur montrer leur vraie nature. Puis, il montrera la personne qu’il est et qu’il est né pour être, malgré tout ce qu’on aura essayé de faire pour le former de telle ou telle façon. L’enfant se développe par lui-même. Je pense que c’est la même chose avec une chanson, pour les meilleures en tout cas. J’en ai fait l’expérience. Une chanson comme « Weapons Of Beauty », par exemple, était là surtout pour exprimer les sentiments qui me submergeaient à une certaine époque, plutôt que de n’être que le calcul de quelque chose d’éloquent.

– En parlant de film, tu as participé au biopic « Sprinsgteen : Deliver Me From Nowhere ». Tu y joues d’ailleurs un rôle dont tu es proche dans la vraie vie. Comment as-tu vécu cette expérience, et t’a-t-elle donné des envie de cinéma ?

(Rires) Etre acteur ? Soyons sérieux, François ! (Rires) Non, l’expérience a été très, très amusante, mais on ne peut pas parler de performance d’acteur. J’ai été entouré de gens très talentueux comme le réalisateur et producteur Scott Cooper et c’était incroyable de travailler avec eux. Jeremy Allen White a un talent incroyable et c’était vraiment génial d’être à ses côtés, ainsi qu’avec mon frère de cœur Dave Cobb et les autres personnes qui étaient sur scène. C’était vraiment une très, très belle expérience ! Et en ce qui concerne la profession d’acteur, j’ai un agent et je reste ouvert à tout, bien sûr, car c’était vraiment marrant à faire. Mais être comédien, je n’ai pas vraiment eu à l’être sur le film. J’ai juste pris le micro et chanté quelques chansons sur scène. Et c’est quelque chose que je fais habituellement, en fait ! (Rires) Mais, blague à part, j’ai vraiment passé du bon temps.

– Pour en revenir à l’album, un mot tout de même sur le groupe qui t’accompagne et qui est composé du gratin des musiciens de Nashville. Tout d’abord, le lieu t’a-t-il paru évident par rapport au style du disque, de même de la présence de Dave Cobb à la production ?

Chacun d’entre-eux a été un choix naturel, car ce sont tous de très bons amis. Par exemple, pour le batteur et le joueur de pedal steel, nous jouons ensemble depuis que nous sommes enfants, nous avons grandi ensemble. Avec Leroy Powell et Chris Powell, nous avons fait nos premières armes ensemble dans des groupes de Blues, puis dans mon propre groupe quand j’étais beaucoup plus jeune. Donc, jouer avec eux a été quelque chose de très naturel, car ce sont des musiciens phénoménaux. Et puis, à l’autre guitare, il y a aussi JD Simo, qui est un monstre. Et ce qui est intéressant, c’est que je ne lui ai pas demandé de faire des solos incroyables ou des choses complètement folles. Je lui ai simplement demandé de jouer de la guitare acoustique, de nous détendre et de donner beaucoup d’espace aux chansons. Je pense que la virtuosité qui est vraiment à l’œuvre sur ce disque est l’entente que vous pouvez entendre sur l’aspect instrumental. Et c’est valable pour tout le monde, que ce soit Phil Towns au piano et à l’orgue, qui est génial, Brian Allen à la basse et également Dave Cobb qui a aussi joué beaucoup de guitares acoustiques. Mais tout cet aspect instrumental à proprement parler, cette virtuosité qu’on peut entendre et cette qualité dans le jeu viennent de la capacité et de la maturité de ces musiciens à se détendre. Ils ont vraiment été incroyables. Et enfin, nous avons enregistré l’album en Georgie, à Savannah. Ils ont tous fait le chemin depuis le Tennessee, depuis Nashville.

– Enfin, bien sûr, une petite question au sujet de Rival Sons. J’imagine que cet album solo va t’occuper un certain temps. Avez-vous déjà commencé à travailler sur le successeur de «Darkfighter » et « Lightbringer » sortis en 2023, ou pas encore ?

Oh oui, oui ! Tu sais, Rival Sons est supposé être en studio au moment où je te . Mais j’ai du annuler et reporter l’enregistrement, car je dois rester auprès de ma femme. Elle se bat actuellement contre un cancer et je me dois de rester à la maison à ses côtés. Donc, pas d’enregistrement, ni de tournée pour le moment. Je vais juste faire quelques concerts, notamment à Paris bientôt d’ailleurs ! Mais en ce qui concerne le groupe, nous avons composé le nouvel album et nous prévoyons de l’enregistrer dès que possible. Et ensuite, tu sais, nous repartirons en tournée comme nous le faisons toujours ! (Sourires)

L’album solo de JAY BUCHANAN, « Weapons Of Beauty », est disponible chez Thirty Tigers/Sacred Tongue Records et il sera en concert le 25 février aux Etoiles à Paris.

Photos : The Cult Of Rifo (1, 3), Matthew Wignall (2, 5).

Retrouvez les chroniques des deux derniers albums de RIVAL SONS :

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Classic Hard Rock Hard 70's

Bad Company : golden years

Presque aussi éphémère que Free, BAD COMPANY a pourtant sorti quelques albums majeurs jusqu’au départ de son chanteur Paul Rodgers. De cette épopée, il reste des disques qui connurent le succès sur le label de Led Zeppelin, Swan Song. Les années 80 ont eu raison de cette belle aventure, malgré une suite avec un line-up remanié peu convaincant. Mais le Hard Rock très bluesy des Londoniens résonne encore chez quelques un. Ils livrent ici un beau témoignage avec une nouvelle génération, qui semble toujours s’en inspirer.

BAD COMPANY

« Can’t Get Enough : A Tribute To Bad Company »

(Primary Wave Music)

Fondé en 1973 dans la foulée de la séparation de Free par Paul Rodgers (chant) et Simon Kirke (batterie), accompagnes d’Andy Fraser (basse) et Paul Kossoff (guitare), BAD COMPANY est probablement l’un des groupes les plus sous-estimés de la scène Rock britannique. Avec le succès sous l’ère Rodgers, il en a inspiré beaucoup. Aujourd’hui, seuls le frontman et le batteur sont toujours en vie et ils peuvent se réjouir de ce bel hommage rendu par une dizaine de groupes et d’artistes, d’ailleurs étonnamment presque tous américains.

Nul n’est prophète en son pays, donc, puisque BAD COMPANY semble avoir laissé bien plus de traces outre-Atlantique que sur son île. Sur l’album, on retrouve seulement le jeune combo The Struts, originaire du nord de l’Angleterre, pour une version explosive de « Rock’n’Roll Fantasy » et Joe Elliot et Phil Collen de Def Leppard sur « Seagull ». Et le morceau est d’autant plus réussi qu’on se régale de la présence des rescapés Paul Rodgers et Simon Kirke, qui en font un moment tout en émotion et d’une réelle authenticité.

Direction les Etats-Unis pour la suite avec huit formations parmi les plus emblématiques du Hard Rock, du Southern Rock et même de la Country avec Hardy et Charley Crockett. Après la jeune garde menée par Dirty Honey et The Pretty Reckless avec une étonnante reprise de ces derniers de « All Right Now » de Free, l’artillerie lourde fait ensuite parler la poudre avec Halestorm, Black Stone Cherry, Slash avec Myles Kennedy & The Conspirators et Blackberry Smoke accompagné de Brann Dailor de Mastodon. Beaucoup d’énergie et de sincérité.

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Americana Blues International Soul / Funk

Laura Evans : le scintillement d’une étoile [Interview]   

« Out Of The Dark » est un album qui emporte par ses mélodies soignées, cette voix aussi proche qu’attachante et une osmose de chaque instant sur des compositions aux arrangements très soignés. Entre Americana et Blues Rock, LAURA EVANS glisse quelques touches vocales Pop malicieuses et sensuelles. L’univers de la Galloise est aussi vaste qu’authentique et si ce n’est pas la précision et le feeling des guitares qui vous saisissent, ce sera à coup sûr ce chant aussi puissant que familier et troublant. La frontwoman et compositrice affiche aujourd’hui un style très personnel, qui vient se nourrir de vécu et de musiques aux horizons variés. Entretient avec une artiste, qui a façonné un disque où elle va à l’essentiel dans une liberté totale.

– Beaucoup de gens vont te découvrir avec ce nouvel album, « Out Of The Dark », dont tu as déjà sorti quelques singles. Pourtant, l’aventure a commencé en 2014 avec ton premier EP « Remember When ». Le style était plus épuré et très acoustique. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur tes débuts ?

Je repense à cette époque avec beaucoup d’émotion. « Remember When » a été mon premier véritable pas dans le partage de ma musique avec les gens. A l’époque, le son acoustique et épuré me semblait la manière la plus authentique de m’exprimer. Je n’avais ni de grande équipe, ni une production élaborée. J’étais seule avec les histoires que je voulais raconter. Ces débuts étaient purs et bruts, et ils ont véritablement posé les bases de tout ce que j’ai fait depuis.

– Tu as ensuite sorti deux singles en 2020 avant ton premier album « State Of Mind » deux ans plus tard. C’est à ce moment que tu as rencontré le producteur et multi-instrumentiste Josiah J. Manning du Kris Karras Band. Sachant que tu es aussi auteure et compositrice, qu’est-ce qui a changé à ce moment-là dans ta manière de concevoir ta propre musique ?

Ma rencontre avec Josiah a été un tournant pour moi. J’avais écrit tellement de chansons pour l’album suivant, et Josiah m’a encouragé à oser mes arrangements et à me tourner vers des textures plus naturelles et organiques, qui me plaisaient naturellement. Cela a insufflé une nouvelle énergie à mon écriture et m’a aidé à façonner « State of Mind » en quelque chose d’authentique mais de plus vaste.

– D’ailleurs, de toutes tes réalisations, « State Of Mind » est celle qui possède le son le plus brut et le plus roots. L’album t’a aussi distingué du reste de la scène féminine de l’époque. Etais-tu guidée par le désir d’une sorte de retour aux racines sans fioritures de l’Americana, du Blues et du Rock ?

Absolument. A ce moment-là, je voulais me débarrasser de tout artifice superflu et me concentrer sur l’essentiel des chansons : l’émotion, la narration et la musicalité. Je voulais aussi me démarquer en tant qu’artiste. Avec « State of Mind », je pense que j’ai pu apporter ma touche personnelle au son Blues Rock, et je pense que c’est cette honnêteté qui le distingue.

– On te retrouve donc aujourd’hui avec « Out Of The Dark », qui porte d’ailleurs très bien son nom, puisque ce deuxième album est très lumineux et propose aussi une production plus claire et moderne. L’idée première était-elle de faire sonner un registre intemporel avec un aspect très actuel ?

Oui, c’était vraiment l’objectif. Je voulais créer quelque chose qui conserve la chaleur et la sincérité de mes premiers travaux, mais en les transposant dans un espace plus contemporain. « Out Of The Dark » marque un nouveau chapitre, tant sur le plan personnel que musical. Il était donc naturel de viser un son à la fois intemporel et frais, capable de trouver un écho auprès des auditeurs de longue date comme auprès du nouveau public. Je voulais aussi faire quelque chose de différent pour moi-même : j’ai été profondément inspiré par de nombreuses musiques et sonorités nouvelles, et c’était tellement excitant de créer et de me dépasser avec cet album.

– Cette fois, c’est avec le producteur Ian Barter (Amy Winehouse, Paloma Faith) que tu as travaillé et on te découvre aussi dans d’autres tonalités. Ton talent de conteuse est intact et ta musique offre une autre dynamique et un nouvel élan. Avais-tu besoin d’un nouveau collaborateur pour faire évoluer un peu plus tes chansons ?

Absolument. Je pense qu’il est important d’évoluer et de se remettre en question sur le plan créatif. Travailler avec Ian a apporté une perspective différente à ma musique. Il a une excellente oreille pour mélanger des éléments organiques et modernes, et il m’a vraiment poussé à explorer de nouvelles textures et dynamiques. C’était rafraîchissant d’entrer en studio avec quelqu’un qui avait un parcours musical et une vision différents. Cela a permis aux chansons de se développer de manière inattendue et magnifique.

– La première chose que l’on remarque sur « Out Of The Dark » est ton incroyable performance vocale. Il y a beaucoup plus de liberté et de puissance dans ta voix. Comment as-tu travaillé cet aspect et est-ce que Ian Barter est pour quelque chose dans ce qui ressemble à une véritable éclosion ?

Merci, ça me touche beaucoup. Vocalement, j’ai abordé cet album avec plus d’assurance. Ces dernières années, j’ai beaucoup progressé en tant qu’interprète et j’ai appris à vraiment faire confiance à ma voix. Ian a grandement contribué à créer un environnement, où je me sentais libre d’expérimenter et de repousser mes limites. Il m’a encouragé à abandonner mes idées préconçues et à chanter, et cette liberté transparaît vraiment dans les enregistrements.

– D’ailleurs, « Out Of The Dark » rassemble plusieurs couleurs musicales qui vont du Blues Americana aux ballades plus Soul, en passant par des ambiances plus Pop, Rock, Funky, ainsi que Country et Southern. C’est dans l’assemblage de tous ces styles que tu trouves ta véritable identité artistique et que tu te révèles vraiment ?

Oui, à 100 %. Je ne me suis jamais sentie confinée à un seul genre, et « Out Of The Dark » m’a donné l’occasion de m’y immerger pleinement. Tous ces styles font partie intégrante de mon ADN musical, et les mélanger m’a semblé naturel plutôt que forcé. Pour moi, le fil conducteur est la narration. Quel que soit le style, les chansons sont authentiques. Cet album m’a permis de révéler d’autres facettes de moi-même et, d’une certaine manière, de révéler ma véritable identité artistique.

– On l’a dit, tu écris toutes tes chansons et notamment les textes. Est-ce que tu as voulu installer uns sorte de fil conducteur sur « Out Of The Dark », car il y a une réelle unité dans l’aspect musicale et dans les paroles, et tout s’enchaîne parfaitement ?

Oui, il y a clairement un fil conducteur. « Out Of The Dark » parle de croissance, de résilience et de retrouver la lumière après des moments difficiles. Même si les styles musicaux varient, les thèmes ont tous un lien entre eux : c’est un voyage, tant au niveau des paroles que de la sonorité. J’ai voulu créer un album cohérent, où chaque chanson participe à un récit plus vaste.

– Ce deuxième album est très fédérateur et complet. Est-ce l’objectif que tu t’étais fixé dès le départ, et est-il aussi le plus personnel des deux ?

C’est vrai. Dès le départ, je voulais que cet album soit une œuvre complète, un reflet de qui je suis aujourd’hui, en tant qu’artiste et en tant que personne. Il est clairement plus personnel. Beaucoup de chansons sont nées d’expériences réelles et de moments de découverte personnelle. Je pense que c’est ce qui le rend si rassembleur. Il est sincère du début à la fin.

– Enfin, tu es aussi actrice, même si la musique semble passer aujourd’hui au premier plan. Qu’en est-il de ce côté-là ? Accordes-tu définitivement la priorité à ton activité actuelle, au-delà de la sortie de l’album, ou tu ne fermes aucune porte ?

La musique est sans aucun doute ma principale préoccupation en ce moment, surtout avec la sortie de « Out Of The Dark » et tout ce qui va avec. Mais le métier d’acteur a toujours fait partie de moi, et je ne le considère pas comme quelque chose que je vais abandonner. J’aime garder les portes ouvertes et suivre mon énergie créative. Pour l’instant, cette énergie est principalement centrée sur la musique, mais qui sait ce que l’avenir nous réserve ! (Sourires)

Le nouvel album de LAURA EVANS, « Out Of The Dark », est disponible sur le site de l’artiste : https://thelauraevans.com/shop

Photos : Rob Blackham