En moins de trois ans, le quintet australien s’est forgé une belle réputation sur son île-continent en enchaînant les tournées aux côtés de pointues du genre. Aguerrie et déterminée, la formation féminine ne s’en laisse pas compter et renoue avec un Rock vintage qui empiète généreusement sur le Hard Rock avec une explosivité très actuelle. Avec « Comin’ In Hot », HOT MACHINE conjugue puissance et mélodie et livrent un premier opus convaincant, qui devrait leur ouvrir bien des portes à l’international.
HOT MACHINE
« Comin’ In Hot »
(Independant)
HOT MACHINE avaient déjà sonné la charge il y a deux ans avec un premier EP, « Leather And Steel », certes un peu poussif et basique, mais qui laissait présager de bien bonnes intentions animées d’une fougue décomplexée. Quelques singles plus tard, lesquels figurent d’ailleurs sur ce premier album, les cinq musiciennes de Melbourne font un bond considérable en avant avec ce « Comin’ In Hot » explosif et chaud comme la braise. Les compositions sont plus affinées, le jeu aussi et surtout la production est méconnaissable, ce qui était sûrement le plus grand service à leur rendre. Preuve que l’écrin compte tout autant.
Car il y avait déjà chez elles, et dès « She’s On Money », premier single sorti en 2023, une volonté farouche de mettre un sérieux coup de pied dans la fourmilière Hard Rock. Et puis, quand on parle Australie, on pense bien sûr Pub Rock et HOT MACHINE en est fortement imbibé. On sent que les jeunes femmes ont été bercées au son des guitares bien saturées et grasses, des rythmiques effrénées et aussi des chanteuses Rock des années 80’s. De quoi se constituer une solide base pour avancer leurs beaux arguments. Aujourd’hui, le moteur est chaud bouillant et elles ne demandent qu’à brûler l’asphalte.
Bien qu’autoproduit, « Comin’ In Hot » n’a pas à rougir face aux réalisations du même genre, bien au contraire, on avait d’ailleurs pu s’en rendre compte lors des sorties de « Night Rider » et « Burnt ». Enregistré au Hothouse Audio, à St Kilda, puis mixé par Tim Maxwell et masterisé par Joseph Carra, on perçoit enfin toute la pertinence du style de HOT MACHINE. Riffs aiguisés et tranchants, rythmique en béton et un chant nettement plus fluide et maîtrisé, ces nouveaux morceaux les font entrer dans une autre sphère avec beaucoup d ’enthousiasme (« Gone In A Flash », « Sweet Lick », « 8 Ball Blues », « Speed Machine »). Volcanique !
A croire ce premier album, la relève de l’institution Hard’n Heavy britannique semble entre de bonnes mains. En moins de deux ans, la formation de Nottingham s’est forgée une belle fan-base outre-Manche grâce à des concerts survoltés. Old School dans son inspiration, mais moderne dans son approche, RATTLESNAKES déborde d’enthousiasme et de vigueur, et « Shadows Of The Night » est une réalisation très aboutie compte tenu d’une expérience qui n’en est qu’à ses prémisses. A suivre, donc…
RATTLESNAKES
« Shadows In The Night »
(Listenable Records)
Biberonné à la NWOBHM, ces cinq jeunes Anglais ont saisi leur héritage Heavy Metal à bras le corps pour en livrer une version personnelle et contemporaine. La manière dont ils abordent le style est d’ailleurs assez surprenante, tant ils n’ont vraiment pas froid aux yeux. Assez intrépide même, RATTLESNAKES nous replonge quelques décennies en arrière et démontre avec brio qu’il a bien retenu la leçon et qu’il entend bien faire perdurer la belle tradition née sur son île. Et après un EP remarqué, le voici dans le grand bain et plutôt assez assuré.
A l’instar de ses compatriotes de Tailgunner, le quintet entend bien réoxygéner le Metal Made In UK et « Shadows In The Night » est déjà une belle première pierre posée à l’édifice. Bien sûr, ce revival suit parfaitement les codes du genre et ne bouscule en rien les fondations. Cependant, le mix entre Heavy Metal et Hard Rock fonctionne bien et les décharges d’adrénaline ne manquent pas. RATTLESNAKES maîtrise son sujet, déploie les twin-guitars, les solos héroïques, les rythmiques galopantes et les refrains accrocheurs. Mais la nouveauté vient d’ailleurs.
En effet, c’est la chanteuse Rowena Neal qui, de sa voix puissante, donne le ton à ces nouvelles compositions. Habituellement, les frontwomen sont surtout inspirées par leurs consœurs, et pourtant ici les références sont clairement masculines, comme celles de Rob Alford et Bruce Dickinson. Mais RATTLESNAKES impose sa marque sur des titres solides (« Breakdown, », « Forever », « The Other Side Of Midnight », « Spellbound », « Where The River Meets The Sea »). Bien produit, « Shadows Of The Night » laisse entrevoir un bel avenir à cette fougueuse jeunesse.
Une décennie après leur premier opus, les Suédois reviennent renforcés et plus expérimentés aussi sur la scène Heavy européenne, ainsi que sur un nouveau label. Forcément, leur jeu s’est affiné et ils se montrent également très inspirés. Avec « Guardians Of Time », SCARBLADE remet les pendules à l’heure et même s’il reste toujours ancré dans un registre Old School et underground, il est plus affûté que jamais, grâce également à une frontwoman au chant clair et puissant.
SCARBLADE
« Guardians of Time »
(Wormholedeath Records)
Ce qu’il y a d’exceptionnel avec le Heavy Metal dans ce qu’il a de plus traditionnel, c’est qu’on n’est pas prêt d’en faire le tour. Avec beaucoup de passion et de cœur à l’ouvrage, la formation de Göteborg a bâti le sien avec sincérité et énergie. Depuis une dizaine d’années et un premier album, « The Cosmic Wrath » en 2016, SCARBLADE a surtout tenté de stabiliser un line-up changeant. Récemment, il a sorti quatre morceaux en 2023 et 2024, ainsi « Guardians Of Time » marque le retour en force du combo, couronné par une signature chez Wormholedeath Records.
Toujours mené par sa chanteuse Aliki Kostopoulou, le quintet enregistre aussi le renfort du guitariste Josip Markovic en remplacement de Mathias Helgesson, qui continue cependant à travailler avec ses anciens partenaires. Et le tableau ne saurait être complet sans le claviériste Johan Karl Bernspång, le batteur Viktor Erik Gustaf et le bassiste Jorge Arturo Alfaro Randel. SCARBLADE est donc en ordre de marche et ce deuxième opus est particulièrement convaincant. Classique, mais contemporain, le style est à la fois incisif et mélodique.
Situé quelque part entre Rainbow, version Dio, et Rites To Ruin pour ce qui est plus proche de nous, les Scandinaves parviennent à créer un élan original entre riffs tranchants, claviers savamment distillés et des parties vocales solides et déterminées. Très 80’s sur « Craving Heart », « Alive » et le morceau-titre, SCARBLADE sort les crocs sur le Power/Symphonique « Judas The Serpent » et se fait plus narratif sur « Damnation » et le mid-tempo « A Sign Of Heaven ». Aguerri et créatif, le quintet confirme ses ambitions et postule à s’installer durablement.
Toujours aussi bouillonnante, la blueswoman joue à nouveau avec les atmosphères en préservant une belle unité sur ce « Camino Diablo », tout en nuances. Très électrique, sans dédaigner l’acoustique, passant d’un Blues Rock musclé à une Country-Rock relevée, SUSAN SANTOS garde aussi des éclats Southern vissé à un style insaisissable et toujours plein de ressources. Et si un voile hispanique demeure, c’est pour mieux nourrir une inspiration déjà fertile. Plus orientée Americana, cette nouvelle réalisation de la compositrice propose un voyage plein de rebondissements.
SUSAN SANTOS
« Camino Diablo »
(Rattlesnake Records)
Entre deux tournées, la Madrilène a pris le temps d’enregistrer son septième album, deux ans après le très bon « Sonora ». Entourée de musiciens qu’elle connaît bien, à savoir le bassiste José Vera, Mario Carrión à la batterie et Paco Arroya, lui-même accompagné par SUSAN SANTOS, aux percussions. Enregistré, mixé et masterisé aux Black Betty Studios dansla capitale ibérique, c’est José Nortes et la musicienne qui ont produit « Camino Diablo ». Et même s’il sonne différemment que son prédécesseur, le thème du désert façon road-trip n’a pas changé.
Ces nouveaux morceaux s’inspirent de la célèbre ‘El Camino Del Diablo’ (la route du diable) reliant les terres arides d’Arizona au Mexique en passant par la Californie. C’est en quelque sorte la bande originale de ce périple qu’a mis en musique la chanteuse et guitariste. Peut-être moins Rock que « Sonora », « Camino Diablo » montre un visage plus Americana et dans un Blues assez classique. Toujours aussi intuitive, SUSAN SANTOS aime à ne pas se répéter et c’est encore lecas ici, même si son identité artistique et son toucher restent, quant à eux, toujours aussi évidents.
La gauchère prend un virage Country-Rock sur plusieurs chansons, même si quelques élans Boogie Rock très texans, tout comme des saveurs propres au Hill Country Blues, sont aussi présentes. En songwriter accomplie, elle déploie sa créative polyvalence. Dès l’entame avec « Camino » jusqu’au final avec « El Diablo Is Goin’ On », SUSAN SANTOS impose sa patte sur un opus dynamique et complet, grâce à un jeu toujours aussi fluide et virtuose (« Down On The Bayou » et son ambiance vaudou, « Faith », « Bad Little Susie », « The Bluesome Stranger’s Waltz »). Intense !
Retrouvez SUSAN SANTOS en interview à l’occasion de la sortie de « Sonora » :
Entre instants très roots et d’autres plus suaves, le Blues Rock de LITTLEBIG6STER sait aussi se mouvoir sur des rythmes chaloupés, guidés par de chaudes percussions et surtout par une chanteuse aussi explosive que délicate. Une voix terriblement Soul et si vivante qui n’hésite pas à s’embraser sur des ambiances plus funky, Boogie, Southern et même légèrement Hip-Hop, donnant ce ton si particulier et sans retenue à « Mue », un troisième effort enthousiaste où les chœurs s’imposent comme le sixième membre du combo. Spontané, incisif et authentique !
LITTLEBIG6STER
« Mue »
(Independant)
Aujourd’hui, lorsqu’on pense ‘tribal’, cela évoque surtout la vague néo-Folk très ancestrale déferlant de Scandinavie. Et pourtant, c’est plutôt du côté amérindien notamment qu’il faut se pencher pour entrer dans l’univers de LITTLEBIG6STER. Depuis près de dix ans, la formation angevine distille son Blues Rock loin des conventions et hors des sentiers battus. Ici, la cigar-box et l’harmonica côtoient le didgeridoo en toute liberté dans des perspectives musicales réjouissantes et originales. Après « Cobra » (2017) et « LB6 » (2021), les Français opèrent déjà leur « Mue » sur un troisième album d’une grande richesse.
Très organiques et directes, ces nouvelles compostions peuvent au départ paraître un peu intrigantes compte tenu des multiples instruments à l’œuvre. Pourtant, l’ensemble est d’une fluidité absolue et évolue sur un groove très naturel. Capable de se montrer entraînant et rugueux, puis d’une grande douceur l’instant d’après, le groupe semble guidé par un souffle harmonieux, qui le rend imprévisible. Cela dit, LITTLEBIG6STER avance tout en maîtrise dans un style où il ne fait qu’effleurer quelques références familières comme autant de clins d’œil. Car, ne vous y trompez pas, ici, la découverte est totale.
C’est cette finesse que l’on retrouve tout au long de « Mue », dont la production est elle aussi très soignée. Vocalement, Virginie Pinon livre une prestation incroyable et rien ne lui résiste. Mais c’est l’homogénéité du quintet et sa complicité qui rendent ce nouvel opus si attractif et débridé. Les guitares et la slide sont affûtées et en imposent, les tempos libèrent des variations étonnantes et solides et la magie opère dans un même élan (« Running Wild », « Modern Tribe », « Fight 2 B », « Soul’s Sacrifice », « Step Aside », « Toy » et aussi la reprise de « Heavy Soul » des Black Keys). LITTLEBIG6STER captive avec brio.
Dans une ambiance presque cosmique et pleine de mysticisme, le quatuor invoque la puissance du Doom pour guider son Stoner. Entre Occult Rock et déflagrations Metal, TERRA BLACK sort son deuxième album avec beaucoup de certitudes et un jeu qui a gagné autant en maturité qu’en maîtrise. « Mirage » fait suite à « All Descent » sorti il y a trois ans et qui avait tapé dans l’œil du label Bonebag Records. A forte dominante féminine, l’approche des Suédoises et de leur guitariste-chanteur offre beaucoup de nuances à des compositions, qui évitent les clichés en privilégiant un aspect plus aérien qu’écrasant. Enregistré en conditions live, ce nouvel opus est aussi fin que massif et sa production très organique renvoie à des atmosphères presque charnelles. Sombre et dense, l’univers des Scandinaves est à la fois profond et incantatoire, et son identité musicale est désormais claire. Ezgi, chanteuse principale de la formation, revient sur l’évolution de TERRA BLACK, la sortie il y a quelques semaines de « Mirage » et les caractéristiques du Stoner Doom à l’œuvre sur ce nouvel effort.
– Vous avez fondé TERRA BLACK en 2020 et vous avez enchaîné rapidement avec les EP « Triple Goddness » (2021) et « Capra » (2022). A l’écoute de ces quatre morceaux, on a le sentiment que vous vous cherchiez encore musicalement. Cette période a-t-elle été un terrain d’apprentissage et d’expérience pour définir votre son ?
Oui, absolument. Elle était bien sûr davantage une phase d’expérimentation qu’une période où nous avions un son clairement défini dès le départ. Nous apprenions à nous connaître en tant que groupe, mais aussi musicalement, à travers ce que nous aimions, ce que nous voulions faire et la direction que nous souhaitions donner à notre musique. L’idée principale de TERRA BLACK n’a cependant jamais vraiment changé. Dès le début, nous étions attirés par le mysticisme et cela a toujours été un élément important de notre démarche créative. Mais musicalement, il nous a fallu du temps pour trouver notre propre façon de l’exprimer. Je pense que nous l’avons trouvée en expérimentant, en jouant ensemble et, tout simplement, en faisant de la musique.
– D’ailleurs, avec la sortie d’« All Descent » sorti en 2023 et que vous aviez autoproduit, TERRA BLACK est apparu avec un tout autre visage. Y a-t-il eu un déclic, car votre style s’est vraiment affirmé et affiné au point que l’on croirait à la véritable naissance du groupe ?
En réalité, je pense que le tournant pour nous s’est produit un peu avant « All Descent ». Quand Isak a rejoint le groupe et que nous avons commencé à composer ensemble, nous avions déjà amorcé progressivement l’élaboration de notre propre son et la définition de nos aspirations musicales. Donc oui, je dirais qu’« All Descent » est vraiment le fruit de ce processus. C’est à ce moment-là que tout ce que nous avions développé a commencé à se concrétiser et que le son de TERRA BLACK s’est affirmé.
– Justement depuis l’arrivée d’Isak en 2021, TERRA BLACK a conservé le même line-up avec une dominante féminine assez peu courante. Est-ce, selon vous, cette particularité qui offre la finesse et l’aspect plus délicat de votre Stoner Doom ?
Je pense qu’il est difficile de répondre à cette question d’un seul point de vue. Mais je ne crois pas que la présence de femmes dans le groupe rend forcément notre musique plus délicate, car nous écoutons tous des styles très différents. Je pense que ce qui nous unit, c’est notre goût pour les ambiances mélancoliques et c’est probablement de là que vient cette facette de notre son. Mais s’il y a bien une chose que l’on peut retenir du fait d’être un groupe majoritairement féminin, c’est notre ponctualité et notre discipline ! (Rires)
– D’ailleurs, au niveau du chant, l’évolution a été éclatante avec « All Descent ». TERRA BLACK se distingue par un Doom plus enveloppant qu’écrasant, avec même parfois des chuchotements. L’idée est-elle aussi de pouvoir apporter plus de nuances grâce à ces nuances vocales ?
Oui, il y a eu une nette évolution au niveau du chant avec « All Descent », surtout parce qu’avant, j’étais la seule à chanter. Partager le chant avec Isak a vraiment donné une nouvelle dimension au groupe, et je pense que ça a très bien fonctionné. Mais ce n’était pas vraiment une décision consciente d’avoir deux chanteurs juste pour ajouter des nuances. C’est venu assez naturellement pendant la composition. On essayait des choses comme : ‘tiens, tu chantes cette partie et je prends celle-ci’, ou ‘peut-être que cette partie fonctionnerait mieux avec ce type de chant’. Ce sont donc vraiment ces petites décisions prises pendant l’écriture, qui ont façonné notre style vocal au final.
– Parlons de « Mirage », qui sort chez Bonebag Records. Tout d’abord, est-ce que la signature sur un label est une étape importante pour vous, et peut-être aussi une certaine confirmation de l’originalité et du talent d’écriture de TERRA BLACK ?
Je pense que signer avec un label est une étape importante, mais je ne le vois pas forcément comme une confirmation de notre originalité ou de nos talents d’auteurs-compositeurs. Ce sont des choses qui se construisent avec le temps, et on ne peut pas les confirmer et les établir simplement en signant avec une maison de disques.
Pour nous, l’aspect passionnant de travailler avec un label, c’est que cela offre à notre musique davantage de canaux et d’opportunités de toucher un public plus large. C’est ce qui représente un véritable pas en avant pour nous. C’est aussi un atout d’avoir quelqu’un comme Max Malmer (le patron du label – NDR), qui est très au fait de la scène musicale avec qui échanger des idées. Même si nous avons une grande liberté créative, un regard extérieur peut parfois s’avérer très utile.
– Ce nouvel album a été enregistré en conditions live, afin de capturer les vibrations de votre jeu et l’authenticité de l’endroit où vous étiez avec sa réverbération naturelle. Etait-ce la meilleure façon, selon vous, pour retrouver l’intensité et le côté organique de la scène et mieux les restituer ?
Oui, sans aucun doute. Ce type de musique, selon nous, se prête particulièrement bien à l’enregistrement en direct, avec tout ce que cela implique : la repisse des micros, l’ambiance de la salle et un groove plus organique. C’est aussi beaucoup plus efficace, pour être honnête, puisque la plupart des instruments peuvent être enregistrés en une seule prise. Nous insistons rarement sur les détails ou les performances individuelles dans nos morceaux, mais plutôt sur l’atmosphère générale. De ce fait, ces petites imperfections n’ont pas vraiment d’importance, et contribuent même parfois à l’authenticité du morceau.
– J’aimerais que l’on parle du morceau « Thorn », qui se distingue du reste de l’album, car il est entièrement parlé et par une voix d’homme. Que représente-t-il dans la construction de « Mirage » et quelle signification a-t-il pour vous ? D’ailleurs, l’avez-vous imaginé en version instrumentale au départ, car il s’y prête bien ?
« Thorn » est assurément un peu à part, mais pour nous, elle joue un rôle bien précis dans l’album. Elle est née tout naturellement d’une mélancolie profonde dans laquelle nous étions plongés, et les paroles nous sont venues lors d’une nuit au bord d’un lac perdu dans la campagne suédoise. Le premier riff a été entièrement improvisé en studio, un soir arrosé (en grande quantité) de vin de cerises maison ! (Sourires) Isak et moi avons commencé à jouer et j’ai rapidement enregistré. L’enregistrement nous a tous profondément touchés. Nous avons senti qu’il exprimait quelque chose d’important et d’authentique. Je pense qu’il symbolise un désespoir quasi-total, une fin dystopique, un monde dénué de toute humanité.
– Enfin, votre Stoner Doom oscille entre Rock et Metal avec beaucoup de fluidité et de relief. A la fois puissant et intense, « Mirage » est plus aérien que pesant. Etait-ce votre premier objectif après trois ans de travail ?
En fait, nous n’avions pas vraiment d’objectif précis au départ. Ce sont plutôt les morceaux qui ont pris forme et qui ont façonné l’album. Puis, un peu plus tard, pendant l’enregistrement, nous avons réalisé que cette constellation de riffs sombres, denses et imprégnés de Doom avait une dimension plus ancrée et viscérale que nos précédents albums. On y retrouve cette atmosphère étrange et éthérée qui, selon nous, définit en quelque sorte notre son, mais avec une intensité presque claustrophobique.
Le nouvel album de TERRA BLACK, « Mirage », est disponible chez Bonebag Records.
Généreuse et enflammée, la virtuose guitariste venue du grand Nord a célébré son anniversaire avec panache, se faisant plaisir sur scène, mais surtout en offrant à son public une prestation intense. Avec 13 albums studios et ce cinquième live à son actif, ERJA LYYTINEN est parvenu à braquer les projecteurs sur son Blues Rock, bien sûr, mais aussi son pays. La compositrice a également imposé un style très identifiable, finalement assez éloigné des standards habituels dans les mélodies notamment. Ce « 50th Birthday – Live 2026 » vient ponctuer une carrière exemplaire, toujours pleine de surprises, et explosive.
ERJA LYYTINEN
« 50th Birthday – Live 2026 »
(Tuohi Records)
Lorsque la fougueuse chanteuse et guitariste fête son anniversaire, elle ne fait pas les choses à moitié. Tout d’abord, c’est dans le bel écrin de la ‘House of Culture’, surnommé ‘Kultsa’ à Helsinki qu’elle a soufflé ses bougies devant un public acquis et enthousiaste. Comme on le comprend ! Le 21 mars dernier, ERJA LYYTINEN a donc offert un beau cadeau à ses fans à travers une performance comme toujours électrique et pleine d’émotion. Pendant 90 minutes, la musicienne a parcouru sa discographie, et l’on mesure ainsi facilement son statut d’icône nationale dans sa Finlande natale.
A travers 15 morceaux soigneusement sélectionnés, on replonge dans la belle carrière de la blueswoman. Forcément, toutes ces chansons sont autant de moments qu’ERJA LYYTINEN joue et vit intensément. Parmi elles, on retiendra « One Thing I Won’t Change », sur laquelle le bassiste Sami Yaffa (Hanoï Rocks, New York Dolls, Joan Jett) l’accompagne aussi aux chœurs. Un beau moment de complicité. Bien sûr, et vu la proximité d’avec son dernier album studio en date, on retrouve plusieurs titres de « Smell The Roses ». Un disque qui vient marquer le second cadeau.
En effet, c’est un double-live qu’offre la Scandinave avec un autre concert enregistré durant sa dernière tournée au ‘Tempo’ de Mikkeli, toujours en Finlande, et en octobre 2025 cette fois. L’ensemble est plus Rock, à l’image de « Smell The Roses », et ERJA LYYTINEN est fascinante sur « Dragonfly », « Abyss », « Stoney Creek », « The Ring », le délicat « Empty Hours », sans oublier les versions dantesques de « You Talk Dirty » et « Wedding Day », désormais des classiques de son répertoire. Rayonnante, la rockeuse fait vibrer le Blues avec une approche nordique irrésistible.
Photo : Elsa Wellamo
Retrouvez l’interview d’ERJA LYYTINEN à l’occasion de la sortie de « Smell The Roses »…
Réalisée en indépendant, cette première réalisation de REBEL ROSE est convaincante à plus d’un titre. Mélodies entêtantes, rythmes effrénés, parties de guitares explosives et une voix aussi assurée que Rock’n’Roll, le quintet suisse n’a pas fait les choses à moitié et sa combinaison Hard’n Heavy fait des ravages. Très contemporains dans l’écriture, les dix morceaux sont directs et puissants. Mené par une artiste pleine de panache, « In The Dark She Grows » montre une belle unité artistique.
REBEL ROSE
« In The Dark She Grows »
(Independant)
Fondé il y a deux ans et ayant commencé à distiller des singles dès l’année dernière, quatre au total, REBEL ROSE sort enfin son premier album et « In The Dark She Grows » est une bonne surprise. Créé par Sara Runco, ancienne frontwoman d’Out Of Gravity et Chapter Seven, le groupe s’est développé autour du guitariste Dario Michielini (ex-Megawatt, Fallout) et du batteur Stefan Häberli (Comaniac), avant que le bassiste Fabian Volkers et le six-cordiste Sandro Vanetti se joignent à l’aventure pour faire décoller l’ensemble.
Bien armée, la formation helvétique est à l’image de son line-up, à savoir artistiquement chevronnée et efficace. La chanteuse, qui porte le projet, affiche beaucoup de détermination et ce savoureux mélange de Hard Rock et de Heavy Metal a parfaitement intégré l’héritage traditionnel du genre avec une vision moderne claire. REBEL ROSE ne propose aucun revival, mais se projette avec beaucoup d’énergie dans un registre très maîtrisé et solide. Loin de s’engouffrer dans les modèles féminins du genre, Sara Runco est vocalement très Rock.
Bien pêchu, on passe d’un Hard Rock racé et rugueux à des pistes plus Heavy et « In The Dark She Grows » varie les ambiances avec autorité en posant un jeu très personnel. Produit par Reto Burrell accompagné du bassiste de MSG Barend Courbois, ce premier effort se pare d’un son organique et nerveux. Les deux guitaristes se font plaisir entre riffs racés et solos accrocheurs, le duo basse/batterie bastonne dans les règles et la performance vocale de la Suissesse ne faiblit pas un instant. REBEL ROSE amorce une ascension inéluctable.
Basé à Asheville en Caroline du Nord, décidément creuset de très nombreux talents, CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST livre ce très attendu nouvel album. Et « Heirloom » se montre très largement à la hauteur de ce qu’on pouvait légitimement espérer, tant le précédent EP était d’une incroyable luminosité. Certes, la chanteuse de la formation américaine est un atout majeur, mais la qualité d’écriture et de composition est d’un tel feeling et d’une telle précision, qu’il est difficile d’y résister. Le style s’affirme aussi pour être désormais immédiatement identifiable, et ce Blues teinté de Soul, de Rock et d’Americana est aussi entraînant qu’émouvant.
CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST
« Heirloom »
(Independant)
Malgré une quinzaine d’années d’existence, c’est avec l’EP « Blueprints », sorti il y a deux ans et qui a vu le nom de sa chanteuse accolé à celui du groupe, que les Américains ont renversé la communauté Blues, et cet engouement a été renforcé grâce à des tournées dont les prestations ont marqué les esprits jusqu’en Angleterre. CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST revient avec un long format une fois encore exceptionnel. La tonalité globale est clairement plus sudiste que ce soit dans les envolées Soul, Rock et Blues. Un Roots Rock porté aussi par un son organique à la dynamique actuelle et à la saveur légèrement vintage et savamment dosée.
Dévoilé au fur et à mesure sur les plateformes, « Heirloom » a été enregistré aux studios Blackbird de Nashville et produit par Aaron Austin, guitariste du groupe. Ainsi, grâce à son musicien de mari, CAITLIN KRISKO se trouve portée par un environnement sonore à la hauteur de sa performance vocale. Car le six-cordiste donne une autre dimension à ces nouvelles chansons, grâce à des accords subtils, des riffs délicats et des solos magistraux. D’ailleurs, l’ensemble de THE BROADCAST est sur la même longueur d’onde, à savoir un jeu d’une grande finesse et d’une authenticité rayonnante. Il suffit aussi d’écouter l’orgue Hammond pour s’en convaincre.
Comme pour « Blueprints », il est bien difficile de mettre en avant certaines chansons plutôt que d’autres, tant elles nous racontent des histoires captivantes. Le récit est souvent profond, les refrains deviennent très vite entêtants et donnent la sensation d’une proximité, tout en se faisant très fédérateurs. Un tour de force réellement bluffant. Et si la puissance vocale de CAITLIN KRISKO emporte tout, on se raccroche volontiers à ces notes bleues distillées par THE BROADCAST avec fougue et émotion (« Keep On Trying », « Heart Of Gold », « Homeless », « Hole In My Heart », « Let It Ride », « Something Sweet », « Fuel My Fire »). Renversant !
Retrouvez la chronique du précédent EP, « Blueprints » :
Résolument Rock, l’univers artistique de HANNAH WICKLUND ne semble pourtant pas connaître de frontières. Passant de la Soul et du Gospel à des notes plus funky ou Folk, elle semble pourtant guidée en profondeur par un Blues qui ne dit pas son nom. Originaire de Caroline du Sud, la multi-instrumentiste, compositrice, productrice et même rédactrice en chef d’un magazine qu’elle a créé, sort « War On Women ; Calling All Good Men », son quatrième album et sans doute le plus personnel. Marquée par les luttes qu’elle a mené, elle met sa puissance vocale au service des émotions pour délivrer sa vérité. Lumineuse et envoûtante, la redoutable guitariste se présente comme une militante passionnée au style terriblement addictif. Rencontre avec une artiste hors-norme renforcée par les épreuves et les combats et surtout animée d’une intense liberté .
– Tout d’abord, j’aimerais que l’on revienne sur ces deux dernières années, celles qui ont suivi la sortie et l’acclamation de « The Prize ». Malgré cette belle reconnaissance, tu as rencontré de nombreux problèmes, et non des moindres. Pourtant, tu donnes l’impression sur ce nouvel album d’être encore plus forte aujourd’hui. Comment as-tu vécu cette période douloureuse à bien des égards ?
La sortie de mon album « The Prize » a été l’un des plus grands défis de ma vie, un véritable parcours du combattant, marqué par le sabotage et l’oppression. Nombreux sont ceux qui ont œuvré contre sa sortie, et alors même que je m’apprêtais enfin à le sortir selon mes propres conditions, j’ai été contrainte de collaborer avec un label qui, j’en suis convaincue, n’a jamais eu l’intention de s’investir pleinement dans mon projet et qui a, au contraire, semé le chaos. Ce sabotage, lié à cet album, a persisté pendant des années dans ma carrière. J’ai mes théories à ce sujet et une grande partie de ces agissements est liée à la volonté de ceux qui, au sein de l’establishment, ne souhaitent pas que le Rock’n’Roll féministe trouve sa place. J’ai subi de profondes trahisons de la part de nombreux hommes en qui j’avais confiance, et l’année dernière, j’ai finalement découvert une complicité et un complot à grande échelle au sein de ma carrière et de ma vie. J’ai enfin eu la preuve de ce que je pressentais depuis longtemps et cette preuve irréfutable m’a libérée. Je suis plus forte que jamais après cette expérience et je crois que mon nouvel album en est la preuve.
– Malgré cette environnement toxique, tu reviens avec « War On Women ; Calling All Good Men », au titre évocateur, qui est un album engagé et vraiment lumineux. Est-ce qu’il a été pour toi une façon d’inverser les choses et de panser aussi quelques plaies ?
Cet album est sans conteste l’œuvre la plus importante que j’aie jamais créée. J’ai vu le monde à travers le prisme de ma propre vie et vécu des choses absolument incroyables et je crois au pouvoir de la transformation. En tant qu’artiste, notre plus grande force est de transmuter la douleur en vérité, et c’est ce que j’ai entrepris de faire. Quand mon monde s’est obscurci, j’ai dû être ma propre lumière et me guider seule à travers l’abîme. Cet album témoigne de ce processus et j’en suis incroyablement fière.
– Justement, ce quatrième album est autoproduit et tu t’es occupée de tout, de l’écriture jusqu’à l’enregistrement. Etait-ce nécessaire pour toi de gérer entièrement le processus de création pour repartir de de bonnes bases ?
Ma confiance avait été complètement brisée et je savais que je devais mener ce projet à bien seule. Plus important encore, je savais que j’en étais capable. Des visuels au son de la guitare, je savais que je voulais maîtriser le processus et devenir pleinement l’artiste que j’avais toujours su être.
– Tu es compositrice et multi-instrumentiste, et d’ailleurs les parties de guitare et de piano sont assez incroyables. Ta musique est également très riche avec un mélange de Rock, de Soul, de Blues, de Folk et même de Gospel. Pourtant, ton style est limpide, fluide et très identifiable. As-tu aussi le sentiment d’avoir conçu ton album le plus abouti à ce jour avec « War On Women ; Calling All Good Men » ?
Sans conteste, c’est mon plus beau cadeau au monde. J’y ai mis tout mon être, mentalement, spirituellement, émotionnellement et physiquement. C’est un véritable voyage à travers ma vision de la société et je pense qu’il reflète très clairement qui je suis en tant qu’artiste, mais surtout en tant qu’être humain.
– D’ailleurs, j’aimerais qu’on parle aussi du contenu de tes textes, qui sont très revendicatifs, engagés et presque politiques d’une certaine manière. C’est clairement un appel au changement, que ce soir au niveau des relations humaines comme de l’environnement. Est-ce quelque chose que tu portes en toi depuis longtemps, ou est-ce que les évènements actuels dans le monde et dans ta vie ont pu accélérer cette prise de conscience et l’envie d’en parler ?
J’ai toujours été ainsi. J’ai agi avec passion et je me suis toujours considérée comme une militante de la justice sociale. L’art est politique et la vie est politique. Je refuse l’indifférence et d’édulcorer mon expression, même si le monde préférerait que je me taise et que je me contente de mes solos de guitare… Les épreuves de la vie m’ont façonnée et ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui : une personne intrépide, sans complexe et surtout profondément, radicalement moi-même.
– Pour en revenir à ta musique, j’aimerais que l’on parle de « Cowards & Kings » et son monumental solo très hendrixien, qui renvoie d’ailleurs à celui de « Hide And Seek » sur « The Prize ». Malgré une apparence qui paraît sage et douce, tu es une guitariste et une chanteuse fougueuse et redoutable. Est-ce une façon d’exalter certaines émotions, ou plus simplement de te faire plaisir et de dévoiler l’étendue de ton jeu ?
Ce solo en particulier me semble être le morceau de guitare le plus authentique que j’aie jamais enregistré. Pour un musicien, jouer en live est l’apogée. C’est dans cet échange énergétique avec le public que réside la véritable magie. Je me considère comme une musicienne très différente en studio et sur scène, mais cette chanson était différente. J’ai l’impression d’avoir réussi à retranscrire en une seule prise toute la fougue qui m’anime sur scène. J’étais en colère et je venais justement de parler de la trahison et de la connivence entre mon avocat, mon manager et ma maison de disques. J’ai donc enregistré ce morceau avec une rage viscérale. Ce solo de guitare sonne comme le cri guttural d’une femme bafouée. Et c’est exactement ce qu’il est.
– Il y a également une chose remarquable sur ce nouvel album, c’est l’équilibre qu’il présente. Tu joues sur les émotions avec beaucoup de justesse et d’authenticité en passant par plusieurs styles et même des chansons a cappella. Est-ce que tu penses à l’équilibre de l’ensemble au moment de la composition, ou tu crées finalement la tracklist en toute fin, avec un fil narratif précis ?
J’avais une idée précise de la structure de l’album dès le départ. Je savais, par exemple, qu’il s’ouvrirait sur « War On Women ». Mais j’ai laissé les morceaux, dans leur version finale, choisir leur place dans la tracklist. L’agencement des titres est un art et je souhaite que l’auditeur se sente embarqué dans cette aventure épique à mes côtés. Tout a donc été mûrement réfléchi, et les paroles s’enchaînent harmonieusement pour raconter une histoire de prise de conscience, de chagrin, de rage, de compréhension et d’espoir.
– Parallèlement, tu publies « The Strawberry Moon Tribune », qui est un magazine indépendant dédié à l’art et à la culture. Est-ce que tu le considères comme un prolongement de ta musique, ou plutôt comme une activité annexe qui vient en complément ?
En fin de compte, il est les deux à la fois. C’est un prolongement de moi-même et de ma musique, mais c’est aussi un espace où la créativité d’autres artistes côtoie la mienne. Nul n’existe, ni ne crée en vase clos et je souhaitais immortaliser ce moment intense et proposer un projet écrit et ambitieux pour accompagner cet album.
– Par ailleurs, et comme nous sommes sur un site français, tu as aussi une belle histoire avec la France. En effet, la créatrice de mode Deborah Baumgarten t’a conçu plusieurs tenues pour la scène. Est-ce que tu peux nous dire quelques mots au sujet de cette rencontre assez étonnante ?
Deb est un ange, j’en suis convaincue. Elle a partagé son art avec moi pour la première fois à Paris, en jetant sur scène un châle qu’elle avait créé spécialement pour moi après mon concert, puis en me surprenant avec une succession de robes. C’est une créatrice de robes de mariée véganes très talentueuse et recherchée et je ne me suis jamais sentie autant moi-même que dans ses créations. Son travail magnifique me permet d’être avant tout une femme, et ensuite seulement une artiste et une guitariste, ce qui n’a pas toujours été le cas. J’avais si bien joué le rôle de la rockeuse, que mon véritable moi s’était enfoui sous ce déguisement constant de femme rebelle. En réalité, je suis une femme aérienne, presque féerique, qui joue aussi de la guitare et du Rock. La juxtaposition de mes moments plus intenses sur scène avec la fluidité de ses robes est devenue une part essentielle de mon identité d’artiste. Je serai toujours reconnaissante à Deb de m’avoir aidée à devenir une version encore plus authentique de moi-même.
– Enfin, si ton registre est vaste, il conserve une dominante Blues et Soul dans ton Rock. Où est-ce que tu te situes, toi qui est originaire de Caroline du Sud où cette âme Southern possède des racines fortes et que l’on ressent aussi dans ta voix ?
J’ai du mal à me définir autrement que comme une pure rockeuse. La beauté du Rock, c’est qu’il laisse place à toutes les influences. Etant originaire du Sud, je crois qu’il y a un je-ne-sais-quoi dans ma musique, un peu comme un reflet de mes racines. Nous sommes tous influencés par notre environnement et je suis profondément reconnaissante à celui de mes origines.
Le nouvel album de HANNAH WICKLUND, « War On Women; Calling All Good Men » est disponible chez Strawberry Moon Records, directement sur le site de l’artiste : www.hannahwicklund.com/
Photos : Fay/Money Photography (1) et Aliegh Shields (4).