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Psychedelic Rock Rock 70's

Svindel : une ode chaleureuse

Assez nonchalant de prime abord, c’est avec beaucoup d’assurance que la formation nordique livre sa première réalisation et, tout en décontraction, propose un voyage aux saveurs vintage dans les méandres Psych du Rock 70’s. Une balade sincère et sans fioritures vers des sommets où le présent rejoint le passé dans une belle harmonie. L’ambiance est positive et les compositions rayonnent littéralement. Avec « Drömfeber », SVINDEL se façonne une avenir flamboyant sur de solides fondations.

SVINDEL

« Drömfeber »

(Ripple Music)

C’est une sensation de légèreté, de liberté et de joie qui émane de la première écoute de « Drömfeber », qui signifie « Fièvre Onirique » en suédois . Car l’une des particularités du trio est de s’exprimer dans sa langue maternelle, ce qui est assez rare pour être souligné. Si le parti-pris de SVINDEL peut surprendre, il est pourtant parfaitement en phase avec l’atmosphère et, passé le barrage linguistique, on se laisse vite séduire par cet univers psychédélique qui nous renvoie quelques décennies en arrière avec le sourire.

Depuis quatre ans maintenant, Jan Lindblad (guitare, chant), Johannes Braf (batterie) et Daniel Forsberg (basse) écument les scènes de leur pays, enflamment les radios locales et il n’en fallait pas plus pour que cela parvienne aux oreilles de Ripple Music. L’aspect brut de la musique de SVINDEL combiné à une infaillible authenticité libère un Rock efficace et mélodique, qui donne le sentiment que le combo survole son sujet, tant il sait se faire aérien. Il ne contente pas de se réapproprier le style, il est véritablement habité par son héritage.

Sans jouer de trop sur l’effet de puissance et en s’appuyant plutôt sur l’aspect planant du registre, les Scandinaves déploient une énergie lumineuse et inspirée. Les couleurs se détachent entre bien-être, rêverie et une douce mélancolie. SVINDEL a su se créer une identité originale, qui se nourrit aussi de touches jazzy avec quelques notes bluesy et funky bien senties. Le groove est constant, le chant clair et captivant et la guitare ne demande qu’on la suive (« Jupiterbarn », « Drömfeber »,  « Atlantide », « Chimar »). Convaincant !

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Rock Progressif

North Sea Echoes : une sérénité à toute épreuve

L’univers musical de NORTH SEA ECHOES reste énigmatique, même si ce deuxième opus se veut plus lumineux. C’est en premier lieu la démarche des Américains qui semble avoir été mieux définie, là où leur entrée en matière pouvait dérouter par son aspect énigmatique et mystérieux très prononcé. « How To Cast A Shadow » est plus Rock dans l’approche et s’éloigne de cet esprit de caste qui régnait un peu sur « Really Good Terrible Things ». Entraînants et offrant un travail d’orfèvre sur les mélodies et les arrangements, ces nouveaux morceaux paraissent plus ouverts.

NORTH SEA ECHOES

« How To Cast A Shadow »

(Metal Blade Records)

Partenaires de longues avec Fates Warning au sein duquel ils œuvrent depuis quelques décennies, le chanteur Ray Adler et le multi-instrumentiste Jim Matheos mènent aussi des carrières parallèles au sein des groupes Redemption, A-Z et en solo pour le premier, et OSI, Kings Of Mercia et sous son nom pour le second. C’est donc assez naturellement qu’ils ont lancé ce projet commun un peu hors-norme il y a deux ans, qui les a mené à sortir « Really Good Terrible Things » sous la bannière de NORTH SEA ECHOES. Un premier disque très contemplatif flirtant avec l’Ambient et le Soft Rock.

Avec « How To Cast A Shadow », ils renouent avec un style où on a plus l’habitude de les retrouver. Ce deuxième opus navigue dans des atmosphères plus progressives, plus Rock aussi et nettement moins sombre que son prédécesseur. Pour autant, la touche de NORTH SEA ECHOES est toujours très reconnaissable. L’album a surtout gagné en accessibilité, même si le travail sur les ambiances reste essentiel. Ray Adler fait parler sa puissance vocale et les guitares de Jim Matheos trouvent une place de choix parmi les éléments électroniques et les claviers. Le style est donc plus appuyé.

Très riche, la production est aérée et les compositions beaucoup plus variées aussi. On retrouve les élans progressifs auxquels les deux protagonistes nous ont habitué au fil des ans, mais NORTH SEA ECHOES reste assez difficile à décrire dans son ensemble. Capable de se montrer costaud (« All That Comes After », « Enjoy The View », « I’ll Leave A Light On », « Villains Or Saints »,) grâce à la participation du batteur Dennis Leeflang (Ron Bumblefoot, ex-Within Temptation) qui offre un côté organiques aux morceaux, le duo sait aussi se montrer plus sensible. D’une grande finesse.

Photo : Jeremy Saffer

Retrouvez la chronique du premier album:

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Alt-Country American Roots Rock

American Aquarium : le déclin de l’empire américain

Plein d’autodérision et sans compromis, AMERICAN AQUARIUM poursuit sa route dans une Amérique qu’il peine de plus en plus à comprendre et surtout à reconnaître dans son âme première et profonde. Vous l’aurez compris, « New Ways To Lose » fait partie de ces disques politiques, au bon et véritable sens du terme, et pas seulement rempli de ‘protest songs’, plus ou moins insipides, très convenues et pleines de lieux communs. Et si cette indépendance chèrement acquise fait le bonheur d’un certain circuit underground, ce n’est pas pour déplaire à ses membres… et à nous aussi !

AMERICAN AQUARIUM

« New Ways To Lose »

(Losing Side Records/Thirty Tigers)

Si BJ Barham n’a pas choisi le chemin le plus facile pour mener son groupe, il le fait en revanche en toute liberté. Fondé à Rayleigh en Caroline du Nord, AMERICAN AQUARIUM est plutôt prolifique, puisqu’il en est à une vingtaine d’albums en deux décennies. Et si le rythme semble effréné, c’est que son leader a beaucoup de choses à dire. Ainsi, sur « No Ways To Lose », il dépeint la réalité, les épreuves et les combats que les gens affrontent quotidiennement au cœur-même de l’actuel déclin de l’empire américain. Un opus résolument engagé, donc.

Cultivant un art du songwriting doté d’un sens de la narration touchant et parfois cru, AMERICAN AQUARIUM ne donne pourtant pas dans le manifeste. C’est bien plus subtil, d’autant que les lueurs d’espoir en manquent pas. Attaché à un Roots Rock authentique et obstiné, il y a aussi un petit côté Springsteen, même si le combo possède une touche bien à lui. Intense et mélodique, « No Ways To Lose » traverse des émotions diverses, toujours autour de l’humain, de ses faiblesses, de ses forces aussi et d’un système qui cherche justement à le déshumaniser.

Enregistré en dix jours à Los Angeles et toujours produit par Shooter Jennings, ce nouvel opus tient son aspect instinctif au fait que l’essentiel ait été capté en conditions live. Le sextet se fait percutant (« Dollar General », « Can’t Into Could ») avec une savoureuse ambiance Country-Rock (« Just Like You », « Favorite Hello » et son étincelante slide). L’univers d’AMERICAN AQUARIUM est si vaste qu’il en est rafraîchissant, y compris quand la mélancolie pointe le bout de son nez (« Out There Is The Dark », « Bad Habits »). Touchant et complet, c’est une vraie réussite.

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Garage Rock Heavy Blues Stoner Blues

Quintana Dead Blues eXperience : rebell yell

Radical et percutant, ce premier album de QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE est aussi très rafraîchissant. Hyper-Rock’n’Roll et instinctif, le style des Français est pourtant nappé de Blues, ce qui lui confère une chaleur familière. Flirtant avec le Stoner Rock, « Ashes » concilie mélodie et distorsion pour obtenir une unité musicale riche en variations. Efficace, l’ensemble garde aussi une touche empirique et un charme très DIY.

QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE

« Ashes »

(Independant)

Après une longue période dans une formule en one-man-band, Piero Quintana double la mise avec l’arrivée d’Adrien Shiavone derrière les fûts. Et le duo fait des étincelles. Brut et sauvage, « Ashes » est le reflet d’une musique authentique et viscérale. Dans un esprit très Garage Rock, c’est bel et bien un Heavy Blues ravageur et tendu que livre QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE. D’ailleurs, le parallèle patronymique avec le Blues Explosion d’un certain Jon Spencer évoque quelques similitudes dans l’intention.

Enregistré en trois petits jours aux studios Silver Recordings de Bilbao sous la houlette de Martin Guevera (Capsula), « Ashes » respire la vérité du live et la complicité entre le chanteur-guitariste et son batteur est d’une incroyable spontanéité. QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE ne triche pas et va à l’essentiel avec beaucoup de liberté. Cela dit, il est loin de manquer de finesse. Elle se dissimule dans la puissance des riffs et entre les lignes des textes du Bordelais. L’identité du tandem se dévoile sans filtre dans une émotion palpable.

Propulsé par une énergie débordante, le combo présente un mur du son infranchissable. L’épaisseur des guitares et la force de frappe du cogneur en chef offrent une étonnante densité aux morceaux, à travers lesquels quelques effluves Grunge émergent. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si QUINTANA DEAD BLUES EXPERIENCE se fend d’une reprise de Nirvana, « School ». Et le timbre profond et bluesy du frontman, posé sur des titres rugueux à souhait, donne aux compostions un élan très communicatif (« Spell On Me », « Wild As Fire », « Still Haunted »). Costaud !

Photo : Jessica Calvo

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Alternative Rock

The Pretty Reckless : a spiritual impulse

D’une incroyable profondeur, « Dear God » voit THE PRETTY RECKLESS parvenir à une certaine apogée musicale sur cette nouvelle et surprenante réalisation. Sur près d’une heure, les New-yorkais font preuve d’une constante cohérence, ce qui leur avait peut-être fait défaut auparavant. La voix de Taylor Momsen montre enfin toutes ses capacités, et que ce soit dans des instants fulgurants qu’elle affectionne ou dans des moments plus calmes, voire spirituels, elle guide le jeu avec l’habileté et l’envergure d’une grande artiste.

THE PRETTY RECKLESS

« Dear God »

(Fearless Records)

Il semblerait que la formation menée par la magnétique Taylor Momsen soit à un tournant de sa carrière. En tout cas, c’est ce que ce cinquième album laisse entendre. Mature, plein de confiance et affichant toujours autant d’audace, THE PRETTY RECKLESS paraît plus libre que jamais. Produit comme d’habitude par Jonathan Wyman avec la chanteuse et le guitariste Ben Philips, « Dear God » atteste que les Américains ne sont plus en quête d’identité, bien au contraire, ils l’affirment haut et fort et avec la manière.

Occupant une place à part sur la scène Alternative Rock, le groupe est parvenu depuis la fin des années 2000 à se frayer un chemin et se faire une place au milieu d’une sorte de panier de crabes assez uniforme. L’originalité de THE PRETTY RECKLESS se niche essentiellement dans un savoureux mix de riffs puissants, de mélodies accrocheuses et d’une écriture très introspective. D’ailleurs, c’est une frontwoman presque à fleur de peau que l’on retrouve sur ce « Dear God », tellement authentique et sincère.

En se montrant aussi vulnérable qu’indéboulonnable, le quatuor joue les équilibristes avec beaucoup d’assurance et de précision. Et Mark Damon (basse) et Jamie Perkins (batterie) sont des artisans indispensables à la solidité de « Dear God ». Souvent acoustique dans les ambiances, THE PRETTY RECKLESS reste toujours très explosif et si les quatre interludes « Life Evermore » ponctuent de manière aléatoires ce nouvel opus, c’est pour mieux mettre en avant des compositions sans faille. A écouter dans son entier et de bout en bout.

Photo : Steph Gomez

Retrouvez la chronique de « Death By Rock And Roll » :

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Classic Rock Psychedelic Rock

Gin Lady : magic trip

Avec ce premier opus live, les Suédois établissent une belle et solide connexion entre leurs terres nordiques et la chaleur espagnole. Dans une ambiance vintage, solaire et un brin expérimentale, GIN LADY présente le premier volume de « Toads & Diamonds » en laissant d’ailleurs penser qu’il y en aura d’autres. Original et virtuose, le Classic Rock très Psych des cinq musiciens prend toute sa dimension en concert en se faisant aussi instinctif que mélodique, grâce à une setlist très soignée.

GIN LADY

« Toads And Diamonds Volume One : Live In Spain »

(Ripple Music)

Pour qui apprécie l’époque, les années 60 et 70 ont quelque chose de réconfortant et de fascinant, et on ne parle pas ici de nostalgie, mais plutôt d’un son organique et chaleureux qui a sérieusement tendance à disparaître. C’est justement le credo choisi par GIN LADY qui œuvre dans un Classic Rock aux couleurs psychédéliques littéralement envoûtant. Avec déjà sept réalisations au compteur, dont « Before The Dawn Of Time » sorti l’an dernier, le groupe originaire du nord de la Suède s’est déjà taillé une solide réputation scénique.

Et c’est justement l’aspect live de sa musique que le quintet a souhaité partager avec « Toads And Diamonds Volume One : Live In Spain », enregistré l’hiver dernier lors de sa tournée ibérique. Et l’offrande est belle. Parfaitement captée, GIN LADY nous transporte au cœur de sa musique grâce à une production remarquable et un goût du détail prononcé. Très immersif, l’album brille par les prestations des deux guitaristes et les harmonies vocales à trois offrent un incroyable relief à des morceaux vraiment accrocheurs. Un régal.

D’une incroyable fluidité, le Rock de GIN LADY emporte le public dès « Call The Nation », suivi de « Mighty River » qui confirme que le voyage ne fait que commencer. Il s’agit un peu de ça, car la formation se laisse aller à de délicieuses improvisations sans perdre pour autant l’auditeur. Les morceaux ne s’étalent pas en longueur et respirent autant qu’ils entraînent comme le bluesy « Tingens Sanna Natur », le sudiste « I’m Your Friend », « Flower People » ou le génial et aérien « Brothers Of Canyon » qui clot ce magnifique live. Le quintet s’affirme vraiment sur scène.

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Pub Rock Stoner Blues Stoner Pysch

Datura4 : raw trip

DATURA4 ou l’art de créer un mythe en six albums. C’est à peu près en ces termes que l’on pourrait définir le quintet. Fondamentalement Rock, mais aussi Stoner, Blues, Psych et Garage, il semble évoluer avec la même classe en brouillant les frontières musicales avec une facilité déconcertante. « High On The Low Bow » est à la fois déroutant et envoûtant, et cette petite touche vintage et underground offre un charme supplémentaire à ce nouvel opus hors du temps.

DATURA4

« High On The Low Brow »

(Alive Natural Sound)

Du côté de Perth, Dom Mariani, icône Rock et ex-leader de The Stems, a créé en 2009 DATURA4, une formation devenue elle aussi légendaire et qui distille des réalisations déjà cultes. C’est « Demon Blues » qui avait ouvert la voie en 2015 et « High On The Low Bow » est déjà le sixième album. Et il présente encore une fois quelques surprises. Le sentiment qui ressort de son écoute est que les Australiens sont parvenus à une quintessence du Rock qui caractérise le mieux leur île-continent. Entre Stoner, Boogie Blues et psychédélisme délicieusement rétro, la fusion est parfaite.

S’il reste quelques effluves des atmosphères Garage et Pub Rock propres au pays, DATURA4 est tellement fin dans la composition et l’interprétation qu’il serait très réducteur de le résumer à ça, malgré une démarche finalement assez underground. Le groupe n’a pas son pareil pour nous faire parcourir les grands espaces, entre l’aridité du désert et la tiédeur de ses lieux de perdition. Percutants et mélodiques, les musiciens jouent autant une expérience très riche que sur des fulgurances musicales hors-normes avec une grande facilité à mélanger et à assembler les genres.

Comme les autres productions, « High On The Low Bow » est terriblement organique et chaleureux avec une réelle et palpable proximité dans le son. L’épaisseur des riffs Stoner Blues combinée à de la slide et du dobro donne pourtant une assise très Rock. Les embardées Psych offrent un dépaysement total, tout comme les éclairs proto-Metal ou encore le saxophone sur « See My Way ». Avec cet éclectisme à toute épreuve, DAZTURA4 est hypnotique et très inventif (« Under A Rock », « Another Fool’s Gate » « Double Dealer », « Dirty Laundry », « Mind Sailor »). Monumental !

Photo : Jon Tarry

Retrouvez la chronique du précédent album, « Neanderthal Jam » :

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Americana Roots Rock Southern Rock

Duane Betts : un sanctuaire musical

Plus intimiste qu’à l’habitude, DUANE BETTS ouvre un nouveau chapitre de sa carrière, même s’il ne change évidemment pas de registre. Très roots dans l’approche, ses nouvelles compositions sont parfaitement écrites, toujours aussi authentiques et se distinguent aussi par beaucoup de sensibilité. Original et mettant en avant le jeu de guitare de l’Américain, « Isle Of Hope » est d’une finesse et d’une chaleur qui le rendent déjà incontournable. Il fait ici bien plus que d’entretenir un héritage assumé, il le bonifie et lui donne une nouvelle dimension.

DUANE BETTS

« Isle Of Hope »

(Sun Records)

Son talent et son inspiration ne sont plus à démontrer depuis longtemps et pourtant DUANE BETTS reste plein de surprises. Alors qu’il s’était lancé en solo il y a trois ans avec le solaire et très positif « Wild & Precious », après l’aventure du Allman Betts Band aux côtés de son ami Devon Allman, il fait son retour avec un deuxième album très introspectif. Emprunt d’une certaine mélancolie, mais non sans une belle lueur d’espoir, « Isle Of Hope » sort deux ans après la perte de son père et mentor Dickey, dont l’ombre plane sur ces nouveaux morceaux.

Ecrit avec son collaborateur de longue date Stoll Vaughan, DUANE BETTS navigue toujours entre Southern Rock, Roots Rock et Americana avec une légère touche Country, mais c’est le ton qui change. Plus posé aussi, il explore en profondeur une multitude de sentiments et d’émotions, le tout porté de bout en bout par son incroyable jeu de guitare. Enregistré en seulement cinq jours dans son studio de Savannah, « Isle Of Hope » est produit par le grand Dave Cobb (Chris Stapleton, Rival Sons) lui garantissant un son organique et chaleureux.

A la fois intemporel sans être nostalgique, le chanteur et guitariste dévoile un aspect plus personnel de son univers. En respectant la tradition tout en se construisant une identité bien à lui, DUANE BETTS montre une grande polyvalence, qui reste spontanée et naturelle. Les titres présentent des sonorités riches et captivantes, tandis que ses textes sont d’une rare sincérité (« Heartache », « Reckless », « Pills And Liquor », « Winners Of War », « Down To Houston », « Best Wiches »). La slide est envoûtante, les arrangements soignés et le chant délicat : un must !

Retrouvez la chronique de son premier album solo :

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Blues Blues Rock Rock 70's

The Trevor B. Power Band : la vérité d’une vie

Originaire du New Jersey, le bluesman en est déjà à son quatrième opus en seulement sept ans, c’est dire l’inspiration qui l’anime. Complice et virtuose, THE TREVOR B. POWER BAND livre une copie très enthousiasmante sur ce « Two Crows », qui multiplie les ambiances. Compositeur, chanteur et guitariste, ses chansons sont à la fois personnelles et universelles dans les thèmes abordés. Sobres et mélodiques, ces dix nouveaux titres sont parfaitement retranscrits dans une production soignée et délicate. Une intensité qui prend vie dans un réalisme saisissant.

THE TREVOR B. POWER BAND

« Two Crows »

(Farm 189 Records)

Certaines carrières se font sur le tard et TREVOR B. POWER fait peut-être partie de ceux qui ont eu besoin de l’expérience d’un pan de vie avant de s’exprimer en musique. En effet, c’est en 2019 qu’il a pris son envol avec « Everyday Angel », un premier effort produit tout de même par Anthony Krizan (Spin Doctors, Lenny Kravitz). Une ambition qui le guide donc depuis ses débuts. Aujourd’hui, il surgit avec « Two Crows », qui est déjà son quatrième album. Et c’est en collaboration avec le guitariste Dave Fields qu’il l’a passionnément élaboré.

A 63 ans, le chanteur pose ses accords avec une grande liberté et un sens du songwriting où la narration prend tout son sens. Sa voix éraillée et rocailleuse à l’occasion fait des merveilles, parfaitement accompagnée par un groupe de musiciens chevronnés. THE TREVOR B. POWER BAND captive et libère des atmosphères envoûtantes. Souvent très roots dans l’approche, « Two Crows » se montre au fil des morceaux d’une incroyable richesse. Passant d’un Blues épuré à des intentions plus Blues Rock, il traverse le style avec brio.

L’émotion transparaît dès les premières notes de « Bobby Lane » porté par un chant profond. Si la formation avance dans un Blues Rock convaincant sur les premiers titres de « Two Crows », le virage vers un Rock 70’s a lieu avec « Horizon », marqué par l’apparition de la flûte de Jasper Fields, qui l’ensoleille littéralement. THE TREVOR B. POWER BAND se distingue donc par son éclectisme, même si l’ensemble reste évidemment bluesy (« Ain’t Got No Bread », « The Message », « Puddles Of Blood », « The Fire Burns »). Une belle alchimie !

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Desert Rock post-Rock

Yawning Balch : natural feeling

Après trois volumes qui ont laissé une empreinte forte dans le paysage Desert, Psych et post-Rock, place au quatrième et il reste dans la même veine. Avec quatre musiciens de ce calibre, YAWNING BALCH n’en est même plus à expérimenter un style, mais préfère plutôt combiner les inspirations à travers des sessions où les musiciens se confrontent autant qu’ils se complètent. Si le registre a déjà proposer ce genre d’exercice, on touche ici l’excellence. Le ciel est bleu, la température monte d’un cran et les accords s’échappent de la manière la plus naturelle qui soit.

YAWNING BALCH

« Volume Four »

(Heavy Psych Sounds)

Quand il n’est pas avec son groupe Fu Manchu, qu’il ne s’autorise pas une escapade avec Slower, Axemaster ou Big Scene Nowhere, Bob Balch retrouve ses amis de Yawning Man pour des jams aussi hallucinantes qu’hallucinatoires. Démarré en 2023, cette collaboration avec Gary Arce (guitare) Mario Lalli (basse) et Bill Stinson (batterie), tous regroupés sous l’emblème YAWNING BALCH, lui offre aussi l’occasion de satisfaire sa curiosité musicale à travers un Desert Rock psychédélique instrumental, où seules l’imagination et la créativité les guident et ont leur mot à dire.

Réunis dans le désert de Mojave en Californie, le quatuor a désormais pris ses marques et ses habitudes au Gatos Trail Studio de Joshua Tree, et la jam peut donc reprendre son cours. Pour ce « Volume Four », YAWNING BALCH utilise les mêmes recettes. Et cela se traduit par une sorte de laisser-aller onirique, immersif à souhait et où chaque musicien semble a priori dans sa bulle. Sauf que nos quatre experts sont hyper-connectés les uns aux autres et font corps pour un seul et même voyage. Aérien et insaisissable, leur jeu est d’une fluidité incroyable et d’une grande variété.

Comme précédemment, ce quatrième effort se déroule en deux actes de vingt minutes chacun. Ainsi, on se perd d’abord dans les méandres de la chaleur de « Pyramid Of Djoser » avant de plonger dans le très aride « Water Ritual ». Bien sûr, ce sont Gary Arce et Bob Balch qui donnent le ton et l’atmosphère de chaque titre, rivalisant chacun de prouesses pas forcément techniques, mais au service d’une ambiance générale, qui se veut au contraire une sorte de dialogue entre les deux guitaristes. YAWNING BALCH est une expérience musicale unique et presque nécessaire.

Retrouvez les chroniques des trois précédents volumes de l’odyssée YAWNING BALCH :